Marine Le Pen condamnée: sa prise de parole en réunion de groupe du RN en intégralité
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Merci de votre présence à cette réunion de groupe un petit peu particulière. Je vais évidemment, en introduction de cette réunion, avant de laisser la parole à Marine, vous dire quelques mots sur le déroulé de ces dernières heures. Marine l'a exprimé hier soir, je l'ai exprimé ce matin.
Vous avez été très nombreux à vous exprimer sur ce sujet, sur les réseaux sociaux, dans les médias, en vous faisant aussi l'écho de l'indignation des millions de Français qui ont regardé cette décision hier et qui ont regardé cette journée du 31 mars 2025, qui, à l'évidence, va rester dans l'histoire de la démocratie française comme une date extrêmement sombre, date où des juges ont décidé de manière partiale, partisane, de fausser la grille de départ, en tout cas d'essayer de fausser la grille de départ de la prochaine élection présidentielle dans ce qui apparaît comme une négation de l'État de droit. Ce n'est plus l'État de droit, là, c'est la négation de l'État de droit.
Dans ce qui ressemble non pas à ce que nous avons eu l'habitude d'appeler, ça a été aussi, je crois, le ressenti de beaucoup de Français ces dernières années, le gouvernement des juges, mais la tyrannie des juges, puisque nous avons été privés à la fois d'un procès équitable. Ça avait été rappelé pendant le déroulé du procès il y a plusieurs semaines.
Souvenez-vous de cette procureure qui avait, s'agissant de l'un des dossiers, notamment de celui de Jean-François Jalc, sur lequel elle n'avait pas d'éléments indiqués que ça lui ferait trop mal de demander la relaxe, qui dit tout, d'ailleurs, de la manière dont nous avons, dans notre ensemble, été considérés, à commencer évidemment par nous, par Marine, par le parti, traité dans ce dossier. Et évidemment, le droit au recours qui nous a été privé, puisque cette décision hallucinante d'exécution provisoire, justifiée non pas en droit par, ils n'ont même pas fait semblant, d'aller sur le terrain d'un potentiel risque de récidive.
C'est un lien très clair et assumé avec la prochaine élection présidentielle, qui consiste à dire qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public si Marine Le Pen est élue présidente de la République, alors qu'elle a été condamnée en première instance, faisant fi d'ailleurs de toute possibilité d'appel. Nous devons rappeler sans cesse que s'il existe des cours d'appel, c'est parce que les tribunaux de première instance peuvent se tromper, et que s'il est prévu la possibilité de se pourvoir en cassation, c'est parce qu'il peut y avoir aussi des erreurs commises, non pas seulement en première instance, mais aussi en appel.
Je crois pouvoir dire que nous n'avons jamais vu une motivation aussi politique que celle qui a été exprimée hier par le tribunal. Cette décision nous prive de manière absolument ahurissante d'un deuxième degré de juridiction, s'agissant de la peine d'inéligibilité. Et je crois que beaucoup de Français ont été, pas seulement indignés, mais ils ont été touchés hier de ce qui s'est passé.
J'ai le sentiment, mais comme je crois beaucoup d'entre vous, que les Français considèrent que ce n'est pas tant Marine, en réalité qu'on élimine, c'est leur propre voie, ce sont leurs propres espérances, et c'est la confiance qu'ils placent en Marine et qu'ils placent dans notre mouvement depuis maintenant, je ne vais pas dire plusieurs mois, mais en fait depuis plusieurs années, davantage encore ces derniers mois, avec les élections législatives, mais encore plus ces dernières années. Nous sommes dans une situation qui est brutale, qui est violente, qui est injuste.
qui prive des millions de Français d'une candidate qui n'est pas seulement donnée au second tour, mais qui est aujourd'hui la favorite de l'élection présidentielle et donc de la prochaine présidente de la République. Moi, je vous appelle d'abord à vous indigner. Je crois que des millions de Français sont indignés. Et notre rôle est aussi de permettre aux Français qui sont en colère de s'exprimer pacifiquement, démocratiquement, contre ce qui leur apparaît comme une décision, non pas de justice, mais d'injustice, et comme une décision qui est disproportionnée. Je rappelle qu'on ne parle pas d'un... Allons même sur le fond de l'affaire, d'enrichissement personnel, d'emploi fictif.
On parle d'un désaccord sur la façon dont travaillent des assistants, de députés européens. Et pour cet état de fait et cet état de droit qui nous oppose depuis très longtemps au Parlement européen, on prive les Français de leurs candidats à l'élection présidentielle. Quel est ce pays ?
Quelle est cette démocratie où, en quelques jours, on ferme une chaîne de télévision, la première chaîne de télévision de la TNT, où l'on empêche celle qui est la leader de l'opposition et la favorite de l'élection présidentielle de concourir au suffrage des Français, où l'on requiert de la prison ferme contre un ancien président de la République et où l'on met à mort sur le plan financier le premier parti de France. Je pense que cela indigne les Français, mais cela disqualifie aussi la France, pays des droits de l'homme, pour aller donner des leçons de démocratie au monde entier.
Que n'aurait pas dit un certain nombre de gens, à commencer par l'Union européenne, si dans la Hongrie de Viktor Orban, une décision de justice était venue empêcher l'opposant numéro un à Viktor Orban de se présenter à l'élection ? Je pense que la Commission européenne organiserait, diligentrait d'ores et déjà des enquêtes et aurait menacé la Hongrie en indiquant que cela reflèterait une atteinte à l'état de droit. Mais comme ça se fait en France, dans le pays qui a la réputation d'être les droits de l'homme, le pays des droits de l'homme, ça passe. Je pense que ça ne passe pas pour beaucoup de gens.
Alors, nous allons organiser, et c'est un peu le sens du message que j'ai souhaité vous adresser hier dans la réunion Argue et dans cette adresse au cadre hier soir, des mobilisations qui seront évidemment pacifiques et démocratiques, parce que je pense que les Français ont besoin de s'exprimer. Nous avons lancé hier sur le site du Rassemblement national une pétition qui a déjà recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. Ce week-end, il y aura des opérations de tractage et des points de rencontre qui seront organisés partout en France.
Nous demandons aux parlementaires de prendre l'initiative d'une conférence de presse aussi dans leur département et dans leur circonscription, parce que je crois important que, peut-être dans la presse dans laquelle les Français ont toujours une confiance certaine qu'est la PQR, ils puissent lire notre expression et qu'ils puissent évidemment lire nos prises de position et que nous puissions aussi évidemment être un peu les relais de ce sentiment d'injustice qui touche aujourd'hui des millions et des millions d'électeurs français. L'audience du 20h de TF1 hier soir, au-delà des signatures sur notre site internet, je pense témoigne de cette indignation.
Il y a près de 8 millions de Français qui ont regardé le JT de TF1 hier soir, c'est considérable. Je ne sais pas s'ils ont été 8 millions à nous écouter ce matin sur CNews et sur Europe 1, mais en tout cas, les Français nous attendent, les Français nous écoutent et je crois que c'est extrêmement important que tout le monde soit sur le pont, que nous fassions bloc. Je dois dire que j'ai été encore très impressionné à la fois par la prestation et par la solidité de Marine hier soir. Je ne vais pas empiéter sur votre intervention, Marine, mais vous avez l'habitude de dire que le combat judiciaire, il fait partie du combat politique.
Et là, honnêtement, c'est un peu gros parce que je pense qu'il y a beaucoup de Français qui ont le sentiment que tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir. Moi, je leur réponds que rien ne nous empêchera de nous battre pour que nous arrivions au pouvoir. Plus des entraves se mettront sur notre route, plus nous serons déterminés à avancer. Et je peux vous assurer que nous étudions d'ores et déjà, évidemment, tous les chemins, même s'ils sont étroits, pour lever l'injustice qui nous est appliquée de manière préventive. Nous allons mener ce combat, évidemment, ensemble. Nous avons besoin de vous dans cette bataille qui est en train de se jouer en ce moment et en ces heures.
Mais je crois encore une fois que c'était hier un jour très sombre pour la démocratie française, peut-être le plus sombre que la démocratie française ait connue. Et moi, en tout cas, j'ai été extrêmement fier hier en regardant le 20h de TF1. Et je crois que notre devoir et le devoir du Rassemblement national, comme celui de tous les Français et tous les électeurs patriotes, c'est d'être unis, soudés, mobilisés, auprès de quelqu'un dont, me semble-t-il, la seule faute et le seul tort est de s'être retrouvés en capacité de gagner la prochaine élection présidentielle. Voilà, mes chers amis, le message que je souhaitais vous délivrer ce matin. Je vais laisser Marine intervenir.
Mais ce n'est pas le moment de flancher. La politique est un chemin de croix. Les clés du pouvoir ne nous seront pas données. Et en tout cas, je veux dire aux Français qui nous écoutent ce matin, sans doute par l'intermédiaire de la presse, que nous n'abandonnerons pas et que s'ils pensent qu'une décision de justice va nous empêcher de faire de la politique et va nous empêcher de continuer à porter l'espoir de millions de Français. Non seulement c'est mal nous connaître, mais je pense que c'est aussi mal la connaître.
Merci beaucoup, Jordan, pour cette introduction. D'abord, merci à tous. Merci de vos marques de soutien, de vos marques d'affection. Le système a sorti la bombe nucléaire. Et s'il y a une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections. Voilà. Et qu'ils se disent que tout ce qu'ils ont mis en œuvre n'a pas servi et que donc peut-être faut-il passer à la vitesse supérieure. Alors, les choses sont extrêmement claires. On ne se laissera pas faire.
Et on ne se laissera pas faire, non pas tant pour nous défendre seulement nous-mêmes, mais pour défendre les Français qui ont le droit de voter pour qui ils le souhaitent, et puis pour défendre le pays. Parce qu'aujourd'hui, le pays est en train de vaciller. Il vacille sur ses principes, il vacille sur ses valeurs. Et tous ceux qui n'ont que l'État de droit à la bouche sont en général ceux qui sont les premiers à chercher à violer cet État de droit. Ils nous ont volé les législatives par des manœuvres scandaleuses. Que les choses soient très claires, on ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle.
Et donc, nous allons permettre aux Français de choisir leur dirigeant. Et nous allons gagner. Voilà. Parce que la vérité et la justice doivent gagner. Et que ce qui vient de se dérouler, Jordan a raison de le rappeler. M. Navalny, le principal de M. Erdogan, qui est actuellement emprisonné de l'élection annulée et du candidat empêché en Roumanie.
Lorsque dans notre propre pays, par la voie d'une exécution provisoire, encore une fois, avec ce qui fait le principe même de notre État de droit, qui est le double degré de juridiction, c'est-à-dire le recours, mais pas seulement le recours, le recours effectif, c'est celui qui permet de ne pas se voir imposer en première instance une décision dont les conséquences sont irréparables. Déclarer de la magistrate, je vous le rappelle, je l'ai dit hier soir, c'est de m'empêcher d'être élue à la présidence de la République. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est elle le dit avec toute la candeur de ceux qui sont convaincus d'être dans le camp du bien.
Si Marine Le Pen pouvait se présenter à la présidentielle en bénéficiant d'un appel suspensif, alors que condamnée en première instance, en première instance, décision non définitive, cela constituerait un trouble à l'ordre public. L'ingérence de ces magistrats dans le processus électoral suprême qui est celui de l'élection présidentielle, voilà où est le trouble à l'ordre public. Et les Français ne l'accepteront pas qu'ils soient électeurs du RN ou qu'ils ne soient pas d'ailleurs électeurs du RN. Oh, vous savez, dans cette affaire, dans des affaires aussi graves que celles-là, ce sont toutes les masques que tombent.
Vous avez des adversaires politiques qui sont des gens attachés à la démocratie. Ceux-là disent, écoutez, moi, je ne partage pas les idées de Marine Le Pen, mais honnêtement, empêcher un candidat en première instance, sans que les voix de recours aient été épuisées, de concourir à l'élection présidentielle alors qu'elle est la favorite de l'élection présidentielle, ce n'est pas possible. Et puis, vous avez ceux qui n'ont ni foi ni loi, ceux qui, en réalité, se réjouiraient si vous preniez un coup de lame en sortant dans la rue pour peu que ça leur permette d'éviter d'avoir à vous combattre dans les urnes. Cela, je ne veux même pas en parler.
Encore une fois, les Français jugeront des comportements des uns et des autres. Mais Jordan a dit quelque chose de très juste hier. Il a dit, mais qu'ils ne se réjouissent pas trop vite car nous avons été toujours les premiers à être victimes des malhonnêtetés du système. D'autres suivent toujours. Aujourd'hui, c'est nous. Mais demain, évidemment, ce sera eux. Et ce jour-là, ils viendront pleurer car ils ne pleurent que lorsqu'il s'agit d'eux-mêmes. Nous, nous pleurons sur notre pays quand il s'agit, encore une fois, de l'ensemble des Français qui sont privés d'un fonctionnement démocratique. Et parce que nous avons des principes, nous appliquons toujours nos principes à nos adversaires.
Nous ne les réclamons pas que pour nous-mêmes. Si demain, un candidat était empêché de se présenter, nous serions les premiers, même, et plus même, si c'est un adversaire politique, à venir le défendre. Nous l'avons toujours fait. Nous avons toujours défendu la présomption d'innocence, y compris quand nos adversaires politiques étaient mis en cause dans de multiples affaires. Nous ne sommes jamais montés au créneau pour profiter de l'occasion. Jamais. Qu'il soit LFI, qu'il soit Modem, qu'il soit LR. Nous n'avons jamais fait cela. Nous n'avons jamais crié avec les loups parce que nous sommes attachés à la présomption d'innocence. Nous avons des principes.
Et pour beaucoup d'entre eux, ils n'ont pas de principes. Ils brandissent ces principes lorsqu'ils sont eux-mêmes empêchés ou gênés. Mais lorsque leurs adversaires le sont, ils se réjouissent. Eh bien, nous avons l'honneur de ne pas nous comporter comme ça. Et c'est peut-être pour ça, après tout, que nous sommes le premier parti de France. Formellement, les accusations qui ont été portées contre nous et qui font l'objet de ce procès. Procès dont je vous rappelle qu'il a été engagé par des adversaires politiques. M.
Schultz, président socialiste du Parlement européen, main dans la main Mme Taubira, donc ce n'est pas besoin de vous rappeler tout de même qu'elle est une opposante absolument farouche de notre mouvement. Nous avons dit le bénéfice du doute, tiens, aux magistrats qui vont nous juger. En pensant que, peut-être, ne vont-ils pas nous juger politiquement. Mon doute a duré deux heures. Au bout de deux heures d'audience, le premier jour, j'ai compris que nous ne serions pas jugés normalement. Et l'intégration de la rédaction de ce jugement est une folie. J'espère que les juristes vont se pencher sur la rédaction de ce jugement qui est une folie.
Une folie parce que, encore une fois, le droit est tordu, parce que l'élection présidentielle est l'autre. Des magistrats, après tout, la magistrate aurait pu dire « je mets l'exécution prévisoire pour l'empêcher d'être candidate aux élections ». C'était déjà honteux, mais c'était plus général. Mais là, la magistrate, elle enjambe les élections municipales, elle enjambe les potentielles élections législatives anticipées pour dire « non, je mets l'exécution prévisoire pour l'empêcher d'être candidate et d'être élu à l'élection présidentielle ».
Parce que moi, magistrate de première instance, je n'admets pas l'idée que les Français puissent élire quelqu'un que j'ai condamné en première instance. Mais qui est souverain dans notre pays, en fait ? C'est le peuple ou c'est les magistrats, ces magistrats de première instance ? C'est quand même une vraie question. Il me semble que c'est le peuple. Et par conséquent, vouloir forcer, tordre le bras des électeurs en disant « vous risquez de voter pour elle, alors je vais vous dire moi je considère que je m'autorise le pouvoir de vous interdire de le faire ». Mais c'est une honte absolue. Il n'y a pas un seul pays en réalité dans lequel les choses se déroulent ainsi.
Donc cette justification est la justification politique par excellence. Donc quand on me dit c'est une décision judiciaire, non, c'est une décision politique. Et c'est la magistrate qui le dit elle-même. Mais il n'y a pas que ça. Il y a dix raisons de se scandaliser de ce jugement. Au passage, je rappelle que ce jugement les avocats ne l'ont pas eu. Ils l'ont eu ce matin à 9h30 du matin. Oui ? 9h. Mais hier soir, tous les journalistes avaient le jugement. Bon, ça n'est qu'un élément supplémentaire. Mais enfin, c'est un élément quand même assez révélateur. Moi, je suis arrivé sur le 20h, M. Boulot, M. Boulot avait le jugement. Mes avocats ne l'avaient pas.
Ils l'ont eu ce matin à 9h30 du matin. Mais je veux dire, c'est encore une fois, c'est vraiment une caricature, en quelque sorte, de l'abandon de tout principe, de tout démocratique, de toute... la violation de toutes les règles de fonctionnement de nos institutions. Mais il n'y a pas que ça. Je vous dis, il y en a beaucoup d'autres. Il y a une criminalisation dans ce jugement, en fait, des droits de la défense. C'est-à-dire que si vous vous défendez, eh bien, je vais vous condamner deux fois plus durement. Mais il me semble que les droits de la défense, le principe même, c'est de pouvoir se défendre. Eh bien non, vous n'avez pas le droit de vous défendre. Voilà.
Et le simple fait de se défendre, eh bien, justifie la condamnation à mort. Mais ça existe où, ça ? Enfin, dans quel pays ça existe ce type de fonctionnement ? On nous a même reproché d'avoir défendu l'idée que les faits qui étaient soumis au tribunal étaient prescrits. Non mais pardon. Vous nous direz la prochaine fois. Vous nous ferez la liste de ce qu'on a le droit de dire. Peut-être faut-il arriver avec la robe de bure, un genou et la corde au cou pour vous faciliter le travail. Ben non, on ne va pas faciliter le travail.
Parce que nous, nous considérons encore une fois qu'il y a énormément de choses à dire sur le fond, de ce dossier et que ce dossier a été utilisé en réalité exactement dans le but qui est intervenu hier. Le seul objectif, c'était celui-là. Alors, mes chers amis, on va nous dire qu'il ne faut pas contester les décisions de justice. Bon, en l'occurrence, ce n'est pas une décision de justice. Ça tombe bien. Donc, du coup, on a le droit de la critiquer. Mais qu'est-ce que c'est aussi que ce système qui consiste à dire vous n'avez le droit de ne rien dire, vous n'avez pas le droit de vous défendre parce que vous n'avez pas le droit de contester les décisions de justice ?
Ben, à ce moment-là, il faut qu'il supprime l'appel puis accessoirement la cassation parce que si on n'a pas le droit de contester une décision de justice, alors supprimons les degrés de juridiction. Puis après tout, supprimons le procès puisque de toute façon, vous êtes obligés de plaider coupable. Par conséquent, pourquoi s'ennuyer à passer deux mois comme je l'ai fait dans une salle d'audience pour pouvoir développer des arguments que la présidente semblait clairement ne pas vouloir entendre ? Je ne peux m'empêcher de la mettre en résonance avec le communiqué du syndicat de la magistrature qui a été diffusé au mois de juin dernier.
Au mois de juin dernier, le syndicat de la magistrature en appelle aux magistrats et aux magistrates, pas aux électeurs, pas aux citoyens, aux magistrats et aux magistrates pour empêcher le Rassemblement national d'accéder au pouvoir. Ce matin, on explique que les magistrats font l'objet de menaces. Je trouve qu'il est scandaleux que ces magistrats fassent l'objet de menaces, que les choses soient très claires, d'injures, de menaces. C'est inadmissible. Nous faisons tous l'objet d'injures et de menaces.
Toute personne, tout responsable politique, tout journaliste, tout écrivain, tout magistrat, aujourd'hui, dans notre société, qui prend une position quelle qu'elle soit, se fait menacer, se fait injurier. Est-ce qu'on s'en félicite ? Pas du tout. On le déplore. Mais c'est, hélas, devenu d'une grande banalité. Le Conseil supérieur de la magistrature, ce matin, que j'entendais à la radio, est venu dire qu'il est absolument scandaleux de menacer les magistrats. Nous partageons cela. Mais quand le syndicat de la magistrature dit qu'il faut empêcher le Rassemblement national d'arriver au pouvoir, c'est aussi une menace. C'est aussi une menace. C'est une menace à l'égard du Rassemblement national.
C'est une menace à l'égard des électeurs du Rassemblement national. C'est une menace à l'égard des élus du Rassemblement national. Et cet appel, encore une fois, il est fait aux magistrats et aux magistrates. Qu'est-ce qu'on est censé comprendre de cela ? Et qu'a dit le Conseil supérieur de la magistrature ? S'est-il soulevé contre ce communiqué ? Non. A-t-il engagé une procédure contre la procureure qui a indiqué qu'elle ne pouvait pas plaider à la relax parce que ça lui ferait trop mal ? Rompant ainsi avec la neutralité qui s'applique aussi au parquet. Pas seulement au juge du siège. Ça s'applique aussi au parquet. Non. On n'a rien entendu du Conseil supérieur de la magistrature.
Donc, ce deux poids, deux mesures, je le dis poliment, est évidemment perçu. Nous l'avons compris. et nous ne nous soumettrons pas à cela. Donc, de manière pacifique, de manière démocratique, nous allons défendre nos droits. Et nous allons aussi défendre les droits de nos électeurs. Et le premier de ces droits l'a rappelé. Le Conseil constitutionnel, dans une réserve d'interprétation, il y a quelques jours de cela, c'est le droit de voter librement. C'est le premier des droits dans une démocratie. votez librement. Car si l'on ne vote pas librement, eh bien, à ce moment-là, on n'est plus véritablement dans une démocratie.
Si ce sont les dirigeants politiques ou des magistrats qui décident qui peut se présenter et pour qui les Français peuvent voter, alors nous ne sommes plus dans une démocratie. Voilà. Nous allons donc nous battre. Tous les moyens de droit seront analysés et utilisés. M. Chottel a fait une tribunière pour dire que la décision du tribunal s'asseyait sur la décision du Conseil constitutionnel. C'est un petit peu problématique pour l'État de droit quand même parce que les amoureux de l'État de droit devraient savoir que les décisions du Conseil constitutionnel s'appliquent immédiatement à l'intégralité des juridictions qu'elles soient judiciaires ou administratives.
Voilà peut-être un chemin étroit que nous ne manquerons pas de prendre. Nous allons bien entendu réclamer qu'un appel se déroule dans les plus brefs délais car nous n'avons pas la maîtrise de cela bien sûr. C'est évident que quand celui qui a la bouée de sauvetage c'est votre adversaire politique c'est un peu compliqué. Vous vous dites est-ce qu'il va la lancer quand est-ce qu'il va la lancer est-ce qu'il ne va pas la lancer trop tard on peut se permettre quand même de se poser la question.
Et puis il y a peut-être aussi une voie législative puisque j'ai entendu ce matin scandalisé comme nous par cette décision qui a évoqué une potentielle voie législative que nous allons donc analyser de très près.
Donc la défense de nos électeurs la défense de notre mouvement vous le rappel a été victime d'une condamnation qui engage son avenir parce que c'est ceinturé bretel il ne s'agit pas seulement d'éliminer la candidate à la présidentielle si on peut tuer le parti en même temps bon comme ça on est bien sûr qu'il n'y a pas de se disent se sont dit manifestement les magistrats nous battre contre cette condamnation qui nous apparaît tout à fait contraire par ailleurs à la jurisprudence je n'ose d'ailleurs défendre quelques arguments de peur d'être immédiatement considéré comme coupable et condamné peut-être deux fois plus mais on va le faire on va quand même tenter on ne va pas se laisser on ne va pas se laisser impressionner donc pour résumer mon propos et on vous adressera bien entendu l'ensemble des éléments d'analyse de ce jugement ceux qui sont en train de l'analyser ont les yeux qui sortent de la tête vraiment et pourquoi un peu qu'ils soient juristes ils sont au bord de l'apoplexie tellement c'est énorme mais on vous donnera tous ces éléments-là mais pour conclure je vais vous dire que surtout ne vous laissez pas intimider ne vous laissez pas démoraliser quand la décision arrive elle est elle est elle est dure elle est dure parce qu'elle est injuste et que en réalité vous connaissez très bien cette phrase de Montesquieu il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on existe que l'on exerce pardon à l'ombre et des lois et sous les couleurs de la justice c'est à dire que quand l'injustice vient directement de ceux qui sont censés rendre la justice il est évident qu'elle est plus insupportable encore que n'importe quelle autre injustice mais cette indignation cette blessure il faut s'en servir c'est un moteur voilà c'est un moteur de motivation c'est un moteur de persévérance si nous ne tenons pas à bon si nous ne sommes pas ceux qui exprimons cette solidité et cette persévérance qui le fera à notre place personne alors partout où vous allez dites aux français qui peuvent compter sur nous il n'y a aucun problème on sera là on sera là jusqu'au bout on sera là jusqu'à la victoire à la victoire
Marine Le Pen