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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 1 novembre 2025 20 minContradictoireActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleBudget & impôtsRetraites

Dégel des pensions de retraites, coupes budgétaires... Le "8h30 franceinfo" de Christophe Robert

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Bonjour Christophe Robert, vous êtes avec nous ce matin pour parler du début de la trêve hivernale, de la crise du logement mais avant cela on voulait avoir aussi votre regard sur ce qui se passe en ce moment à l'Assemblée Nationale

  • 0:15OuverteRéponse directe

    On voulait avoir votre regard sur les événements politiques autour du vote du budget, vous qui êtes au contact de ceux qui peuvent le plus souffrir de ces économies

  • 0:26ComplaisanteÉludée

    Je vous propose d'abord d'écouter Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste qui a réagi hier soir à cette avancée de Sébastien Lecornu qui se dit prêt aujourd'hui au dégel des pensions de retraite et des minima sociaux, réaction d'Olivier Faure

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Donc dans le projet de loi du gouvernement, il y a le gel pour l'année prochaine des minima sociaux, ça peut être les APL, les allocations familiales, les pensions de retraite aussi

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Mais donc le Premier Ministre est favorable à un dégel pour vous qui vous occupez des plus précaires, Christophe Robert, ça veut dire quoi ? C'est un grand ouf ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Comment vous avez perçu la journée d'hier avec ces débats sur la taxation des plus riches, finalement la taxe Zuckman qui n'a pas été adoptée

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40InvitéChiffre
    « Nous venons de récupérer en quelques minutes l'ordre de 5 milliards, puisqu'il y a à la fois 3,6 milliards qui correspondaient au gel des pensions et des prestations sociales »
  • 0:50InvitéChiffre
    « et un milliard de plus qui devraient arriver sur l'hôpital, donc je considère qu'il y a la 4 milliards et demi que nous venons de récupérer »
  • 1:18InvitéChiffre
    « Oui, mais quel gâchis, pour en arriver là, évidemment gelé, prenons la prestation, le RSA, qui est vraiment le dernier filet de sécurité, 650 euros pour une personne seule »
  • 1:40InvitéChiffre
    « mais demandez à des personnes qui n'ont rien, qui vivent, qui survivent avec 650 euros par mois, de perdre encore 100 euros par an »
  • 4:21InvitéChiffre
    « Le chèque énergie c'est pour aider les personnes qui ont peu de ressources à se chauffer. Qui sont souvent dans des passoires thermiques. C'est 150 euros par an »
  • 4:32InvitéChiffre
    « Et là on nous dit qu'il va y avoir une coupe de 250 millions d'euros »
  • 4:44InvitéChiffre
    « La capacité à construire du logement social en France qui a chaque année une coupe de 1,3 milliard d'euros sur les bailleurs sociaux »
  • 5:08InvitéChiffre
    « C'est qu'on construisait 125 000 logements sociaux en 2018. Aujourd'hui c'est 85 000 »
  • 6:22InvitéFait
    « On a atteint l'année dernière avec les chiffres de l'INSEE un taux de pauvreté qu'on n'avait jamais connu depuis 30 ans »
  • 6:32InvitéChiffre
    « Vous trouvez ça normal de savoir qu'il y a 10 à 12 millions de pauvres selon les indicateurs que l'on retient de l'INSEE »
  • 11:18InvitéChiffre
    « En 2024, 24 000 ménages ont été expulsés de leur logement. Des chiffres qui ont plus que doublé en 10 ans »
  • 11:39InvitéFait
    « Vous savez que le poste du logement est devenu le premier poste de dépense des ménages. Autrefois c'était l'alimentation. Et ça s'est inversé »
  • 14:07InvitéChiffre
    « Plus de 2,7 millions de ménages attendaient l'année dernière un logement social »
  • 17:38InvitéFait
    « On a appris qu'il était visé par 12 nouvelles accusations de violences sexuelles dont 7 concernant des mineurs selon le rapport d'un cabinet spécialisé EGAE en juillet. Au total 45 témoignages »
  • 18:37InvitéChiffre
    « C'est un tiers sur les dons de particuliers. Ça fait 15% de moins du budget de la fondation »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 213 %
  • Invité 35 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Christophe Robert, vous êtes avec nous ce matin pour parler du début de la trêve hivernale, de la crise du logement mais avant cela on voulait avoir aussi votre regard sur ce qui se passe en ce moment à l'Assemblée Nationale évidemment les événements politiques autour du vote du budget, vous qui êtes au contact de ceux qui peuvent le plus souffrir de ces économies je vous propose d'abord d'écouter Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste qui a réagi hier soir à cette avancée de Sébastien Lecornu qui se dit prêt aujourd'hui au dégel des pensions de retraite et des minima sociaux, réaction d'Olivier Faure

0:40
Invité

Nous venons de récupérer en quelques minutes l'ordre de 5 milliards, puisqu'il y a à la fois 3,6 milliards qui correspondaient au gel des pensions et des prestations sociales et un milliard de plus qui devraient arriver sur l'hôpital, donc je considère qu'il y a la 4 milliards et demi que nous venons de récupérer vous voyez que nous n'avons pas rien obtenu dans la journée

1:00
Présentateur

Donc dans le projet de loi du gouvernement, il y a le gel pour l'année prochaine des minima sociaux, ça peut être les APL, les allocations familiales, les pensions de retraite aussi mais donc le Premier Ministre est favorable à un dégel pour vous qui vous occupez des plus précaires, Christophe Robert, ça veut dire quoi ? C'est un grand ouf ?

1:18
Invité

Oui, mais quel gâchis, pour en arriver là, évidemment gelé, prenons la prestation, le RSA, qui est vraiment le dernier filet de sécurité, 650 euros pour une personne seule Quand on a entendu le gel, on avait rencontré, parce que c'était déjà dans le projet de M. Bayrou, on avait rencontré M.

Bayrou, on lui a dit mais attendez, vous dites que tout le monde doit participer à la même hauteur, tout le monde doit faire des efforts, tout le monde doit faire des efforts dans la vie en général mais demandez à des personnes qui n'ont rien, qui vivent, qui survivent avec 650 euros par mois, de perdre encore 100 euros par an Alors pour certains, on voit un petit peu le décrochage qu'il y a entre la réalité de ce que vivent les plus fragiles et puis les décisions politiques Oui, mais tout le monde doit faire des efforts, bah non, 100 euros c'est pas rien, c'est pas rien quand on n'arrive pas à finir les mois quand on doit arbitrer entre s'alimenter convenablement, se soigner, se loger Donc oui, j'ai entendu le Premier Ministre hier dire finalement qu'il est renoncé à ce gel, c'est une bonne nouvelle Mais si vous voulez, vous vous rendez compte qu'on est en train de dire, on va pas couper davantage pour ceux qui sont en difficulté Alors oui, c'est une bonne nouvelle, heureusement qu'on a retrouvé la raison

2:22
Présentateur

Alors il y renonce lui, mais il faudra que ce soit évidemment adopté par les députés, que le budget soit voté aussi Donc il y a quand même beaucoup d'étapes à passer Comment vous avez perçu la journée d'hier avec ces débats sur la taxation des plus riches, finalement la taxe Zuckman qui n'a pas été adoptée Comment vous avez perçu ces débats ?

2:38
Invité

De deux façons, d'abord je trouve qu'enfin nous avons un débat sur le juste effort de qui ?

Des entreprises, de ceux qui ont plus de ressources On sait aujourd'hui que pour financer notre modèle de protection sociale, nos routes, la sécurité, l'éducation, le logement Bref, que nous avons besoin de ressources importantes On sait aussi que les enjeux écologiques qui sont devant nous vont coûter C'est-à-dire qu'il nous faut intervenir dans le domaine du logement, dans le domaine des mobilités Donc on doit avoir un débat sur la capacité du pays à maintenir un haut niveau de protection sociale Et répondre à ces défis écologiques Donc que nous ayons ce débat c'est une bonne chose On ne voit pas où ça va aller Vous regrettez que la taxe Zuckman et ses dérivés n'aient pas été adoptés hier ?

On va voir comment on en sort, parce qu'il faut qu'il y ait plus de partage Il faut qu'il y ait une réforme fiscale qui fasse que chacun contribue à sa juste hauteur Mais ça ne suffira pas, même la taxe Zuckman si vous voulez C'est-à-dire que c'est la question des revenus, c'est la question effectivement du patrimoine C'est la question aussi peut-être de dépenses qu'il faut conditionner socialement et écologiquement Donc c'est un énorme chantier, nous à la Fondation pour logement Mais aussi avec le pacte du pouvoir de vivre On a fait beaucoup de propositions et on voit qu'on peut agir dans pas mal de domaines Pour essayer d'avoir un budget qui soit en capacité de répondre aux défis d'aujourd'hui Justement pour le moment dans l'hémicycle on a assisté au débat sur les recettes Donc c'est pour ça qu'on a beaucoup parlé de l'imposition, de la taxation, etc Bientôt c'est le volet dépenses qui va arriver dans l'hémicycle Puis le volet très technique mais très sensible de la sécurité sociale et son financement Vous avez peur de quoi précisément ?

J'ai peur que nous allions vers des régressions Mais c'est pas seulement cette année Et concrètement il y a des mesures qui vous inquiètent plus que d'autres ?

Ah bah oui, couper sur le chèque énergie par exemple Le chèque énergie c'est pour aider les personnes qui ont peu de ressources à se chauffer Qui sont souvent dans des passoires thermiques C'est 150 euros par an Et là on nous dit qu'il va y avoir une coupe de 250 millions d'euros Alors le gel c'était un sujet d'inquiétude majeure On voit par exemple dans les sujets qui nous tiennent à coeur La capacité à construire du logement social en France Qui a chaque année une coupe de 1,3 milliard d'euros sur les bailleurs sociaux Qui empêche de produire massivement du logement social Et de rénover ce logement social Valérie Létard, la précédente ministre du logement Ava réussi à avoir une petite baisse On était passé de 1,3 milliard à 1,1 milliard Il faut redonner de l'air par exemple aux bailleurs sociaux Pour être en capacité de produire Juste les coupes que nous avons eues depuis 2018 maintenant C'est qu'on construisait 125 000 logements sociaux en 2018 Aujourd'hui c'est 85 000 Donc toutes ces décisions faites petit à petit Produisent des effets

5:16
Présentateur

Et qui sont télétères sur le plan social Et on prend du retard effectivement sur ce sujet des logements sociaux On s'en rend compte chaque année On a l'impression que le mal logement est aussi très absent De ce débat là De façon générale Est-ce que vous avez le sentiment que la pauvreté, la précarité Ne sont pas des thèmes qui sont porteurs ?

5:33
Invité

Oui mais c'est une question de dignité C'est une question de responsabilité politique C'est pas parce que c'est pas porteur Qu'il ne faut pas le traiter Il faut qu'on pense, qu'on écoute les souffrances Il faut voir ce que ça signifie aujourd'hui d'être expulsé Quand on a plus de 60 ans Quand on a une femme seule avec ses enfants Quand on n'arrive pas à finir les fins de mois Moi j'en appelle nos responsables politiques A écouter, aller au devant de ces personnes On est à un moment On va dire où on est au milieu du guet Notre protection sociale Qui est pas mauvaise si on la compare au niveau international A diminué sur un certain nombre de pans Soit on choisit d'aller dans le sens De lui redonner sa force Pour protéger les plus fragiles Tendre la main à ceux qui sont en souffrance Écouter tous ces gens dans les quartiers populaires En zone rurale, dans les métropoles Qui sont en souffrance, qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois Ou faire comme si on ne les voyait pas Je vais vous donner juste un exemple On a atteint l'année dernière Avec les chiffres de l'INSEE Un taux de pauvreté qu'on n'avait jamais connu depuis 30 ans Il n'y a pas eu un commentaire politique Vous trouvez ça normal ?

De savoir qu'il y a 10 à 12 millions de pauvres Selon les indicateurs que l'on retient de l'INSEE Et qu'il n'y ait pas un Premier ministre Un Président de la République Un ministre qui dise quelque chose Vous avez le sentiment qu'ils sont sourds à cette question ? J'ai le sentiment qu'on cherche Alors est-ce qu'on cherche ?

Qu'on invisibilise si vous voulez Moi, j'ai jamais connu ça Ça fait plus de 20 ans que je suis à la fondation On se bat tous pour limiter au maximum Les expulsions locatives Année après année, on se bat tous pour lutter contre la pauvreté Le Président de la République lui-même en 2018 a dit Je vais éradiquer la grande pauvreté Et petit à petit Parce qu'il y a d'autres considérations qui dominent Et qui sont importantes aussi dans le pays Eh bien, on finit par Ne plus regarder toutes ces réalités sociales Mais la colère, elle est là C'est-à-dire que la souffrance, elle est là Et cette souffrance, elle donne lieu à de la colère Et on peut bien comprendre Allons dans le détail Dans le projet du gouvernement Il y a une mesure sur laquelle vous vous êtes mobilisé Contre laquelle vous vous êtes mobilisé C'est la suppression des APL Les aides au logement pour les étudiants étrangers extra-européens C'est l'article 67 du projet de loi de finances Vous êtes parmi les initiateurs d'une pétition Pour dire non, il ne faut pas supprimer ces APL Pour les étudiants étrangers C'est le début de la préférence nationale dans le logement, vous dites ?

Oui, en tout cas, c'est triste Et ça nous met en colère Les APL, c'est un des leviers avec le RSA Pour faire sortir les personnes, les familles, les jeunes De la pauvreté dans notre pays C'est vraiment un levier très important Et là, j'en invite aussi les responsables politiques Aller dans les files d'attente des distributions alimentaires Voyez à quel point les étudiants sont en difficulté aujourd'hui Pour un certain nombre d'entre eux Et voyez à quel point c'est vrai Notamment du côté des étudiants étrangers Oui, oui, c'est la porte ouverte vers une autre lecture Qui consiste à, finalement, arrêter la logique D'universalité des aides On dit, parce que vous êtes étrangers Mais vous pouvez avoir des difficultés sociales Vous avez l'impression que cette idée qui est très présente Ça fait depuis longtemps partie des revendications du Rassemblement National Par exemple, de préserver, de favoriser les logements D'exclure les étrangers de ces demandes Par exemple de logements sociaux Cette idée qui lirait dans la tête de l'opinion Et la présence des étrangers est crise du logement Vous avez l'impression que ça progresse ?

Oui, oui J'ai l'impression que plutôt que de se coller au problème On essaye de trouver des moyens de contourner le débat public Le logement social n'est pas accessible aux personnes étrangères Si vous voulez Donc c'est déjà le cas En revanche, là nous sommes en train de parler avec les APL Comme on parlerait du RSA De permettre à des gens de vivre dignement Qu'est-ce que ça veut dire Que d'accueillir des étudiants qui n'ont pas de ressources Et tout simplement leur dire A partir de maintenant Alors que depuis des décennies c'est comme ça Toi, tu n'auras plus le droit aux APL Ça veut dire quoi ?

Que tu vas vivre dans de mauvaises conditions Tu ne vas pas pouvoir étudier dans de bonnes conditions Et je crois que même la capacité du pays A accueillir des personnes du monde entier Pour faire leurs études ici C'est un rayonnement de notre pays Donc c'est une lecture Le logement social il est accessible aussi aux étrangers Pardon, je vous corrige juste Non, le logement social ce n'est pas pour les étrangers Il n'y a aucun étranger dans les logements sociaux en France Le logement social il faut avoir un titre de séjour Il faut avoir une situation régulière

9:37
Présentateur

Le mal-logement justement On va continuer d'en parler avec vous Christophe Robert Directeur général de la Fondation pour le logement des défavorisés De la trêve hivernale qui commence également aujourd'hui Ce sera après le fil info à 8h44 avec Manon Lombard-Brunel

9:49
Invité

Il n'y a pas de surprise hier à l'Assemblée nationale En plein examen du projet de budget Les députés ont rejeté la mise en place de la taxe Zuckman Sur le patrimoine des grandes fortunes La mesure était portée par la gauche Avec qui Sébastien Lecornu tente toujours de trouver des compromis Le Premier ministre Cédie Preyer a renoncé au gel des pensions de retraite Et des minimas sociaux Quasiment 2 tonnes de résine de cannabis ont été saisies cette semaine en Essonne Une dizaine de personnes ont été interpellées C'est le résultat de plusieurs mois d'enquête Elle a permis aux policiers de démanteler ce réseau de trafic De stupéfie entre le Maroc, l'Espagne et la France En Allemagne, le trafic aérien a été suspendu pendant deux heures Hier soir à l'aéroport de Berlin Comme à Munich il y a plusieurs semaines Et encore une fois à cause de ce survol de drones Certains vols ont été détournés vers d'autres aéroports Et puis en football, ce sont leurs supporters Que les Marseillais se déplacent Aujourd'hui sur la pelouse d'Ausser Interdit déplacement par la préfecture de Lyon Onzième journée du championnat de Ligue 1 Trois matchs à suivre Aujourd'hui le PSG reçoit l'OGC Nice Le Paris FC va de son côté à Monaco France Info Le 8.30 France Info Benjamin Fontaine Camille Vigone Lequat Christophe Robert, vous êtes toujours sur France Info Avec nous, directeur général de la Fondation pour le logement des défavorisés On voulait vous parler aujourd'hui de la trêve hivernale Qui commence aujourd'hui, samedi 1er novembre Ce début de ces cinq mois de l'année les plus froids On n'a pas le droit d'expulser les locataires En 2024, 24 000 ménages ont été expulsés de leur logement Des chiffres qui ont plus que doublé en 10 ans Ça raconte quoi ?

Ça raconte deux choses D'une part la fragilité de beaucoup de nos concitoyens A pouvoir payer leur loyer, payer leur charge Dans un moment on a des ressources pour beaucoup qui sont en baisse Ou qui ont stagné Mais surtout l'augmentation du coût du logement Vous savez que le poste du logement est devenu le premier poste de dépense des ménages Autrefois c'était l'alimentation Et ça s'est inversé Donc pour beaucoup, l'écart entre les coûts du logement d'un côté Et les ressources dont ils disposent Ne permettent pas toujours de pouvoir passer le cap à un certain nombre de difficultés Mais ça raconte aussi que nous sommes moins dans une logique de prévention des expulsions C'est-à-dire que la main tendue pour essayer par exemple d'aider des personnes à ouvrir des droits Il y a des gens qui ne savent même pas qu'ils peuvent avoir des aides Donc ils se trouvent en un pays, ils ne savent pas que le conseil départemental peut apporter des aides Via le fonds de solidarité logement Qu'est-ce qui s'est passé alors ?

Alors d'abord il s'est passé une augmentation des coûts du logement Il s'est passé la fragilisation de ressources, le phénomène des travailleurs pauvres, la précarisation dans l'emploi Donc ça c'est la première dimension Sur la question de la prévention, il s'est passé, et notamment avec la loi qu'on appelle Casbarian-Berger Une logique plus sécuritaire que préventive C'est-à-dire que de tout temps, on s'est battu collectivement, le pays Pour pouvoir tendre la main à ceux qui sont en difficulté Là, avec cette loi, on a passé un cap On a commencé à dire, bon ben on va réduire les délais ou les procédures Je ne vais pas rentrer dans le détail technique On va limiter ce que le juge peut accorder comme échelonnement de paiement de la dette par exemple Et du coup, de fait, ça a conduit à une accélération des expulsions de cadavres Y compris parfois pour centaines, quelques centaines d'euros Ce qui évidemment n'est pas acceptable On met des personnes dans une situation incroyable Encore hier, nous à la Fondation, il y avait des personnes qu'on accompagne Qui ont été expulsées, des personnes de plus de 60 ans Des femmes seules avec enfants, qui se retrouvent sans rien Même pas à l'hébergement

13:09
Présentateur

Mais vous entendez aussi, j'imagine, les bailleurs, les propriétaires privés Qui disent aujourd'hui, on a des charges qui sont importantes On ne peut pas se permettre d'avoir des loyers qui ne rentrent plus Parce que nous aussi, ça nous met quelque part dans une situation de précarité à un moment donné Mais bien sûr, mais bien sûr

13:20
Invité

Non mais il ne s'agit pas de faire reposer sur les propriétaires cet effort-là D'ailleurs, une de nos propositions Vous savez, il y a un fonds d'indemnisation des propriétaires C'est-à-dire que quand le préfet décide De ne pas appliquer la décision de justice d'expulsion Immédiatement, parce que les gamins sont à l'école Parce qu'il y a une situation Quelqu'un qui a un problème de santé majeure On va dédommager le propriétaire Ce fonds, il a diminué très fortement Il avait un peu augmenté pendant le Covid Parce qu'on disait, il faut prévenir les expulsions locatives Et bien ce fonds, il faut le réalimenter Pour que le préfet ait l'attitude D'accompagner, de demander à des associations Par exemple comme nous, d'accompagner La famille menacée d'expulsion Plutôt que de la mettre en bas de la cage d'escalier Avec les meubles et les enfants Et changer la serrure De les accompagner vers une solution alternative Et pendant ce temps, il faut dédommager le propriétaire Mais Christophe Robert, le problème c'est aussi Qu'on manque cruellement de logements sociaux Plus de 2,7 millions de ménages Attendaient l'année dernière Un logement social On a l'impression que ça s'aggrave Chaque année, c'est quoi les solutions ?

Écoutez, on est à un niveau de demande De logement social qu'on n'avait jamais atteint dans l'histoire Donc ça veut dire que pour beaucoup C'est la seule solution Et pendant ce temps-là Pendant ce temps-là, on le disait tout à l'heure La production de logements sociaux baisse Donc c'est quoi la solution ? C'est redonner de l'air aux bailleurs sociaux pour construire On leur a ponctionné 1,3 milliard d'euros par an Mais on entend aussi qu'on n'a plus d'argent dans les caisses Qu'il faut économiser 30 milliards d'euros par an Rester sous 5% de déficit Non mais...

Oui mais dans ce cas-là, on ne fait plus rien C'est-à-dire que c'est là où il y a un débat Et c'est votre première question Sur la fiscalité dans ce pays Nous donner la capacité d'agir Je reviens d'ailleurs sur le logement social Je crois que vous me posez la question des personnes Parce qu'avec l'extrême droite, il y a souvent un débat De dire qu'il y a plein de locataires sans papier, sans titre de séjour Qui sont dans le logement social Ce qui n'est pas le cas Donc oui, c'est une question de choix Est-ce qu'on se dit Alors on n'a plus d'argent Donc on ne finance plus l'école On ne finance plus la santé On ne finance plus le logement social Ou est-ce qu'on se dit Ce pays est un grand pays Qui a toujours bénéficié d'une protection sociale plutôt performante Est-ce qu'on veut continuer comme ça Ou on veut voir comme dans l'hôpital De décision en décision Une régression comme on l'a tous vu en 2020 Alors même qu'on est en capacité de pouvoir le financer A condition d'avoir une fiscalité juste Et qui serve ce projet de société en France

15:30
Présentateur

Sur le logement social justement Christophe Robert Il y a un député qui a un modèle à proposer Il était à votre place ici il y a une semaine C'est le député LR Philippe Juvin Voilà sa proposition

15:38
Invité

L'idée générale c'est que je crois que la France doit devenir une France de propriétaires Mais l'idée c'est que Tous les 5 ans vous avez un abattement sur le prix Et au bout de 20 ans cet abattement tombe Et vous devenez propriétaire du logement Mais pas du foncier

15:51
Présentateur

Alors vous approuvez Christophe Robert cette idée Qu'on puisse devenir propriétaire au bout de 20 ans Quand on est locataire d'un logement social

15:58
Invité

Alors il y a deux choses L'idée de dissocier le foncier du bâti Moi quand le président de la république m'avait demandé D'animer le conseil national de la refondation pour le logement Avec Véronique Bédague La directrice générale de Nexity C'était une de nos propositions Pourquoi ?

Parce que du coup Quand vous n'achetez pas le foncier qui reste dans les mains de la collectivité Par exemple la ville, la métropole Et bien ça permet à la fois de baisser le niveau de l'achat Donc ça redonne du pouvoir d'achat à ceux qui veulent devenir propriétaire Sans faire monter non plus les prix Parce que vous gardez la maîtrise du foncier Donc c'est un très bon outil Il est utilisé dans les pays nordiques en Europe En Amérique du Nord Donc ça s'appelle le BRS Il faut le développer En revanche sur la vente à chier Alors il y a toujours eu de la vente de logements sociaux à leurs locataires Autour de 6, 7, 8 000 par an Donc c'est pas un problème en soi C'est pas une opposition de principe Là où ça pourrait devenir un problème C'est si on disait On va financer la construction de nouveaux logements sociaux Par ce moyen là Parce que du coup on braderait ce patrimoine de la nation C'est un peu ça le logement social C'est quelque chose dont tous les Européens nous envient en quelque sorte Et c'est vraiment un très bon modèle économique Ce serait de forcer un petit peu la vente Accélérer Ce qui pourrait occasionner les copropriétés dégradées de demain Il faut être vigilant Donc pas à n'importe quel prix Et sans monter Sans multiplier par deux ou par trois Mais en soi il n'y a pas de dogmatisme Mais ça ne peut pas être comme ça Qu'on va relancer le logement social Ça c'est sûr que non Christophe Robert On voulait aussi vous parler de la fondation Pour le logement des défavorisés que vous présidez Elle est moins connue Son nom est moins connu que son ancien nom Celui de fondation Abbé Pierre Vous avez changé de nom d'identité Après les scandales d'abus sexuels de la part de votre fondateur On a appris qu'il était visé par 12 nouvelles accusations de violences sexuelles Dont 7 concernant des mineurs Selon le rapport d'un cabinet spécialisé EGAE en juillet Au total 45 témoignages Vous avez vécu comment ces derniers mois ?

Alors d'abord ce cabinet C'est nous qui l'avons missionné avec le mouvement Emmaüs La fondation après un premier témoignage On a ouvert une cellule d'écoute Donc à chaque fois qu'on me parle de ça Ça me bouleverse Donc je pense aux victimes Je pense à celles qui pendant des décennies n'ont rien dit Parfois dans les années 40, 50, 60 Donc c'est ça le sujet Et c'est pour ça qu'il fallait impérativement changer de nom Par respect pour les victimes Et puis parce qu'on ne pouvait pas faire autrement Alors maintenant la fondation elle est au combat Vous savez la fondation elle agit que grâce aux dons 97% de nos ressources c'est du don Vous disiez que vous avez perdu 30% de baisse Et ces dons se transforment en solution pour les mal logés En financement d'association ou réponse directe de la fondation Et les besoins sont colossaux Alors oui Suite à ce changement de nom Le fait qu'on ait rayé l'abbé Pierre de notre nom De notre identité Il y a eu une baisse de dons Notamment de gens qui nous en veulent d'avoir rayé l'abbé Pierre C'est toujours un tiers de baisse ?

Alors c'est un tiers sur les dons de particuliers Ça fait 15% de moins du budget de la fondation Ça veut dire 15% de moins d'aide qu'on peut apporter Aux mal logés Aux associations qu'on soutient Parce qu'on finance 800 projets par an portés par 500 associations Oui le soutien à l'action C'est votre priorité C'est là que vous vous distinguez entre guillemets des autres Ça veut dire concrètement quoi ? Vous allez moins soutenir, fermer certains projets Arrêter de déder certaines associations Licenciés peut-être ?

Non On a déjà réduit la voilure sur une partie de nos aides Ça nous ramène au budget de 2020 C'est pas une catastrophe C'est 15% de budget en moins C'est vraiment triste Parce que le moment où nous nous parlons Les plus pauvres sont plus pauvres Les mal logés souffrent Les associations sont en difficulté Du fait des coupes budgétaires, nationales et locales On les a entendues sur France Info Ben oui, j'essaie Et on voit bien que là on peut moins aider C'est ça qui me rend en colère C'est-à-dire que cette histoire de l'abbé Pierre Il fallait qu'on agisse Mais en même temps Voilà, ça produit une baisse Mais on a besoin d'être soutenus

19:30
Présentateur

Et vous avez besoin de dons Donc on l'a bien compris encore aujourd'hui Et on rappelle votre nouveau nom

19:34
Invité

Fondation pour le logement des défavorisés

19:37
Présentateur

Merci beaucoup Christophe Robert d'avoir été avec nous Merci Camille Vigogne Le Quoi ton voulis Bien évidemment dans les pages du Nouvelle Obs On se retrouve demain L'info continue sur France Info Sous-titrage ST' 501