Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
speechyoutube.com· 11 mai 2026 16 min

Fabien Roussel -"discours d'inauguration de la fédération PCF du 37" - vidéo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Fabien Roussel

Merci Fabien. Et effectivement, quand on s'appelle Fabien et qu'on est communiste, il n'y a jamais de hasard. Je suis très content d'être là. J'ai tout de suite répondu positivement à l'invitation pour venir inaugurer votre belle fédération, parce que c'est un événement toujours dans un parti quand on inaugure de nouveaux lieux dans lesquels on va faire de la politique. Je voudrais donc vous remercier pour cette invitation, pour votre accueil. Merci Fabien. Enfin, l'échange aussi que nous avons eu avec les autres secrétaires fédéraux, Mathieu et Emmanuel, du Loiret et du Loiret-Cher. Et puis, nous sommes venus avec Christophe Grasulot et Émilie Legros, qui suit la région.

Je sais qu'il y a Jacques Chaballier aussi qui est là, qui est chez vous, qui travaille avec nous à Paris. Et Marie-France Beaufils qui devrait arriver. Je voudrais saluer le travail de l'architecte, parce qu'effectivement, ce que vous avez décidé de faire, vous, les camarades de la fédération, et que l'architecte a réussi à transcrire, à dessiner, à rendre vivant, et bien c'est un beau travail. Et on le voit, et je suis jaloux, moi qui suis d'une fédée du Nord qui a été refaite il y a quelques années, et bien vous avez peut-être une des plus belles fédées de France ici. Elle est vraiment très très belle. Et vous avez fait un merveilleux travail. Bravo à vous.

Alors vous avez parlé de renaissance. Bon, on n'est pas mort. Et nous en sommes la preuve vivante. C'est que nous sommes ici nombreux rassemblés. Et c'est vrai en même temps qu'il n'y a jamais eu autant besoin de communisme dans notre pays et en Europe. Et c'est aujourd'hui au cœur de l'actualité et de l'Europe, mais aussi de la France, à travers le mouvement social qui s'exprime depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, mais je dirais même depuis plus longtemps que ça.

Et donc je voudrais en dire un mot parce que cette colère qui s'exprime, bruyamment d'ailleurs, en fait derrière cette colère, il y a beaucoup, beaucoup de nos concitoyens, qu'ils aient un gilet jaune ou non, qui n'en peuvent plus de ne pas pouvoir vivre dignement de leur travail ou de ne pas pouvoir vivre dignement après avoir travaillé toute une vie et cotisé toute une vie. Et c'est tout simplement cette situation qui devient insupportable dans notre pays.

Et quand on voit que sur les ronds-points et à la tête de ceux qui ont fait le choix d'endosser un gilet jaune, on trouve beaucoup de retraités, ça ne nous étonne pas, nous, qui avons, dès le début, dénoncé la politique de ce gouvernement qui, dans ses premières mesures, a décidé d'augmenter la CSG des retraités et donc de baisser les pensions des retraités. C'est absolument intolérable, inadmissible. Nous l'avons dénoncé quand nous avons vu que ça allait se faire. Ils l'ont fait. Et c'est seulement au début de l'année 2018, quand les retraités ont vu leur pension baisser, qu'ils se sont rendus compte de l'arnaque, et que la colère a commencé à monter.

Et cette colère est tout à fait justifiée. Et c'est pour ça que dans les dix propositions que nous avons présentées auprès du Premier ministre la semaine dernière, nous allons demander à ce que l'on baisse la CSG sur nos retraités, mais surtout à ce qu'il n'y ait plus de retraite dans notre pays, inférieure au SMIC. Et le SMIC, nous le voulons à 1 400 euros net, donc plus ou plus de pensions en dessous de 1 400 euros dans notre pays. C'est le minimum de justice fiscale pour nos retraités. Je dirais un mot aussi en direction des femmes, qui sont elles aussi à la tête du combat qui se mettent depuis des semaines.

Et là aussi, comme les retraités, ce n'est pas étonnant, puisque les femmes sont celles qui, dans notre pays, subissent le plus les politiques d'austérité et de précarité du travail. Ce sont les femmes qui subissent des inégalités salariales absolument inadmissibles dans notre pays, qui se dit à la pointe dans ce domaine. Et lors de ce 8 mars dernier, et dans ces manifestations auxquelles nous avons participé, nous avons dénoncé une fois de plus la nouvelle loi qu'a mis en place ce gouvernement, pour dire que depuis ces 30 dernières années, il y a eu 7 lois pour l'égalité salariale, hommes-femmes.

7 lois qui, à chaque fois, promettaient que, promis juré, c'est fini, maintenant les femmes gagneront autant que les hommes. 7 lois qui n'ont servi à rien. Les femmes restent aujourd'hui les plus touchées par le travail partiel, ou le chômage partiel, c'est comme vous voulez. Les femmes gagnent 9% de salaire en moins à travail égal par rapport à un homme, et les femmes, à l'issue de leur carrière, toucheront 25% de salaire en moins qu'un homme. Chaque loi qu'ils ont écrite n'avait aucune contrainte en direction des employeurs, et la nouvelle loi qui a été mise en oeuvre par ce gouvernement n'impose aucune contrainte aux employeurs.

Et donc, tant qu'il n'y aura pas de contrainte, il n'y aura pas de changement. Et c'est bien la raison pour laquelle nous proposons, dans les 10 propositions que nous avons remises au Premier ministre, que demain, pour faire vivre l'égalité salariale, hommes, femmes, il faudra taper aux porte-monnaies les entreprises qui ne respectent pas ce droit. Et c'est pour ça que nous voulons le mettre en tête de nos propositions pour les salaires, pour le droit des femmes d'avoir un vrai travail et un vrai salaire comme les hommes. Et enfin, pour ne pas être plus long, je parlais de ce mouvement, je dis bien sûr qu'il va falloir l'entendre, cette colère.

Et j'ai le sentiment que ce gouvernement n'est pas prêt à entendre cette colère. Ce gouvernement a fait le choix de répondre à ceux qui exigent de vivre dignement, à ceux qui ont faim, tout simplement, de répondre par le bâton et la matraque. A la réponse politique, il préfère la réponse sécuritaire, voire militaire. C'est absolument indigne, indécent de la part de notre pays, de ce gouvernement, d'oser envisager de mettre des militaires face à des manifestants. Ça s'est déjà vu dans notre pays, mais ce n'est pas la vocation de l'armée.

Ça s'est déjà vu parce que, nous le savons, nous dans le Nord-Pas-de-Calais, la dernière fois que l'armée a été utilisée contre des manifestants, c'était contre les mineurs en Grève. En 1948, c'était le ministre Jules Mock qui avait envoyé l'armée contre les manifestants et il y a eu six morts parmi les grévistes mineurs. Et aujourd'hui, ils veulent commettre la même erreur. Alors que l'armée est là pour défendre le pays contre un envahisseur, contre un ennemi extérieur. Le peuple français ne sera jamais un ennemi. Jamais. Et ils font le choix aujourd'hui de mettre des militaires pour protéger les bâtiments. Et qu'est-ce qui se passera cet après-midi ou l'après-midi suivant ?

Si des manifestants s'en vont vers l'Elysée, ils auront leur FAMAS à l'épaule pour y répondre. Et le général a dit qu'ils étaient prêts à tirer. On s'en va vraiment. On se dirige vers une escalade de la violence insupportable. Et oui, il peut y avoir des risques de blessés graves, de morts. Alors que la seule réponse qui est à apporter, c'est de permettre à chacun de pouvoir vivre dignement, comme je le disais tout à l'heure. Et pour sortir de cette crise, il n'y aura pas d'autre issue que d'apporter des réponses politiques.

Et le plus rapidement possible, parce que ce gouvernement, c'est ce que nous a dit le Premier ministre le sable d'y mai dernier, quand nous l'avons rencontré, envisage de prolonger le débat au-delà du mois d'avril. puisque quand ils vont faire leur proposition de sortie de crise, eh bien ils vont les mettre en débat parmi les Français. Et là, nous aurons à choisir ce que les économies qu'il faudrait faire pour gagner d'un côté, il faudra dire ce que nous voulons perdre de l'autre. Et ils vont mettre ça en débat dans le pays. Bref, ils vont encore remettre une pièce dans la machine et ça va partir pour plusieurs mois jusqu'à la fin de l'année.

C'est vraiment insupportable et si vraiment ils vont jusqu'au bout et qu'ils font ça, je crains qu'il y ait une colère plus forte qui s'exprime dans le pays. Et donc, il faudra que nous, on se serre les counes et qu'on maintienne les mobilisations, car jusqu'au bout, il faudra qu'on se batte pour permettre à chacun de pouvoir vivre normalement de son travail. Je tiens un dernier mot sur les élections européennes avant que le micro tombe en panne. Parce que cette élection est déterminante, nous avons fait le choix de présenter une liste à cette élection avec Yann Brossat pour faire vivre nos idées et nos propositions dans cette campagne nationalement.

C'est important, c'est important parce que notre parti, depuis toujours, a dénoncé et alerté sur ces traités libéraux économiques qui n'ont eu d'autre vocation que de libéraliser totalement le marché, de mettre les peuples en concurrence les uns entre les autres ici, au sein de cette Union européenne. Ces traités, nous les avons toujours dénoncés, nous avons alerté sur les méfaits qu'ils allaient provoquer sur notre industrie, sur nos services publics, sur l'emploi chez nous. Et on voit aujourd'hui le résultat dans cette Union européenne. 87 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en Europe, 9 millions en France.

Pour sortir de cette spirale infernale, il faudra changer profondément les traités européens. Il est urgent de sortir de ces traités européens et de construire d'autres traités européens avec l'ensemble des forces progressistes de l'Union européenne. Et c'est le choix que fait le parti communiste français, c'est de se battre pour changer les traités européens et de permettre à chacun de pouvoir, eux aussi, vivre avec des services publics de santé, de transport, de l'école, l'accès à la connaissance pour tous, et sans mettre les peuples en concurrence avec un salaire moyen, un SMIC européen qui permettra à ce que les travailleurs d'Europe ne soient plus en concurrence les uns avec les autres.

Notre choix, fondamentalement, c'est de construire une Europe des travailleurs, une Europe de la paix, une Europe des services publics, et une Europe qui se battra véritablement et sincèrement contre l'évasion fiscale, qui est le fléau qui fait le plus de mal à toutes les finances publiques de tous les États. Tant qu'on ne s'attaquera pas à ce fléau d'évasion fiscale, ils pourront faire promettre tout ce qu'ils veulent sur l'Europe. On n'apportera aucune réponse aux défis climatiques, aux défis de l'emploi, aux défis des salaires.

Donc ce combat, nous allons le mener jusqu'au bout, et le Parti communiste a une voix à faire entendre dans ce pays, dans cette Europe, avec d'autres forces politiques. Nous avons plus de 50 députés qui siègent au Parlement européen, donc nous sommes avec d'autres forces alliées dans ce combat. Le Parti communiste en France va faire entendre sa voix. C'est important, par notre histoire, parce que nous avons toujours été clairs sur les traités européens. Nous sommes la seule liste composée à 50% d'ouvriers, de salariés, et nous avons l'ambition d'envoyer Marie-Hélène Bourlard, l'ouvrière deuxième sur la liste, siégée au Parlement européen.

Et nous sommes la seule liste aussi à avoir été aussi clairs sur les traités européens depuis que cette Europe existe. C'est la raison pour laquelle nous irons jusqu'au bout. Nous continuons de tendre la main aux autres forces politiques qui, comme nous, souhaitent remettre en cause ces traités européens, parce que plus nous aurons rassemblés sur cette idée, sur cette ligne, plus nous serons forts. Et effectivement, la dispersion à gauche n'est pas admissible si nous partageons la même volonté, les mêmes idées. C'est pour ça que je continue de m'adresser notamment à nos camarades de génération et à Benoît Hamon pour que nous nous retrouvions sur une seule et même liste.

Plus nous serons ensemble, plus nous serons forts. Et nous mettons toujours à disposition la candidature de l'État de l'Assemblée pour conduire cette liste. Et enfin, je terminerai là-dessus, la gauche quand même, la gauche est mal. Et je sais qu'ici, il y a des représentants des différents forces politiques de gauche. Personne ne peut se satisfaire que la gauche, quand on a dit sur tous les résultats, face 25%. Les valeurs de justice sociale, de congrès social, les valeurs que la gauche a toujours défendues et portées sont aujourd'hui au plus bas dans notre pays.

Eh bien, c'est de la responsabilité de chacune de ces formations politiques de savoir retrouver son électorat, de savoir redonner de l'espoir à gauche. Nous ne pensons pas que c'est en étant unis derrière à chaque fois un seul candidat ou une seule liste que l'on y parviendra. Et d'ailleurs, combien même aujourd'hui on serait tous derrière une seule liste avec des idées différentes, parce que la gauche, sur l'Europe, on n'est pas tous pareil. Ça se saurait, sinon on serait dans le même parti. Il y a ceux qui veulent changer l'Europe sans changer les traités. Et il y a ceux qui, comme nous, pensons que pour changer l'Europe, il faut changer les traités.

Mais en revanche, je souhaite sincèrement que chaque force de gauche, dans ce pays, retrouve de son influence, renoue avec son électorat, retrouve de la force et de l'influence. Parce que l'objectif, ce n'est pas que nous fassions 25%. L'objectif, c'est que nous arrivions demain en nous additionnant, chacun en construisant nos listes, nos candidats, mais en nous rassemblant dans les villes demain ou au Parlement après-demain, en faisant en sorte que cette gauche ne fasse plus 25%, mais plus de 50%, pour qu'elle redevienne majoritaire dans ce pays, qu'elle engage véritablement les transformations dont nous avons besoin, qui sont urgentes aujourd'hui.

Il faut que la gauche redevienne majoritaire, mais pour ça, il faut que chaque force de gauche se reconstruise, aille chercher tous les abstentionnistes qui ont été déçus par les politiques que la gauche a menées ces dernières années. Il faut qu'on renoue chacun avec son électorat, et c'est comme ça que l'on pourra demain redonner confiance et faire en sorte que cette gauche soit majoritaire dans le pays. C'est le souhait le plus sincère que je formule. Vous savez, j'utilise toujours une image, l'architecte comprendra certainement, mais pour moi, la gauche, c'est comme un meuble. Un meuble en bois, il est fait de plusieurs bois.

Il y a du bois exotique dedans, il y a du bois dur, il y a du bois noble, il y a du bois vert, et il y a du bois dur, solide. Et bien, la gauche s'est faite de plein de forces politiques, pareilles, qui ont des courants différents, des courants de pensée différents, mais on a besoin que toutes ces forces politiques soient unies, rassemblées, pour faire un meuble qui sera solide et qui redonnera de l'espoir à notre pays. Je vous souhaite ça à tous, et puis bon courage, et bravo à votre belle fédération pour ce beau ciel.