Attaque de Nice, confinement, tests... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse
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Et Pécresse, pour la troisième fois en un mois, la France vient d'être prise pour cible par des terroristes, cette fois à Nice, trois morts dans une église. A chaque fois, il s'agissait d'attaques au couteau. Est-ce que vous avez peur ?
Ce que je crois, c'est qu'aujourd'hui, la France a été atteinte dans sa chair et elle a un genou à terre. Elle est frappée par trois chocs. On a le choc sanitaire, le choc social et on a en même temps le choc du terrorisme islamiste. Donc le sujet aujourd'hui, c'est comment on se relève tous ensemble, comment on se remet debout. Et pour ça, il faut prendre des mesures qui soient extrêmement puissantes. Et je crois qu'il faut déclarer hors la loi l'islam radical, l'islam politique sur notre sol. Il faut que chaque mosquée qui ne condamnerait pas ses actes abominables, chaque association se réclamant de l'islam et qui ne condamnerait pas ses actes abominables, soit fermée, soit interdite.
Parce qu'on est aujourd'hui avec la République ou contre la République.
Et je crois que notre réponse doit être implacable. Vous allez demander à tous les musulmans de France ou à tous les représentants des musulmans de France de se désolidariser de ce qui s'est passé hier ?
Oui, je crois que nous gagnerons contre l'islamisme radical si tous nos compatriotes musulmans se lèvent à nos côtés et déclarent d'une voix extrêmement forte que ce n'est pas en leur nom. Parce que c'est eux qui sont les mieux placés pour éradiquer ce venin de ce qui est une idéologie destinée à nous détruire l'islam politique.
Valérie Pécresse vous demandait des mesures fortes ce matin. Éric Ciotti, le député des Républicains des Alpes-Maritimes, était l'invité de France Info. Pour lui, la réponse de l'État n'est pas suffisamment adaptée à l'ampleur de la menace terroriste. On l'écoute. Je l'ai dit hier et je l'ai dit au Président de la République, je crois que la lutte contre le terrorisme doit changer de cadre. Ça veut dire une législation adaptée à cette situation de guerre. Il est temps que la France s'exonère des lois de la paix pour anéantir l'islamo-fascisme, c'est ce que dit Christian Estrosi, le maire de Nice. Et Marine Le Pen demande une législation de guerre. Vous êtes d'accord ?
C'est quoi une législation de guerre ?
Ce qui est certain, c'est que notre arsenal juridique n'est pas suffisant aujourd'hui pour faire face à la gravité de la menace. Vous vous souvenez peut-être que lors de la dernière présidentielle, François Fillon avait proposé que toutes les personnes radicalisées, présumées dangereuses, parce qu'elles avaient des sympathies avec l'État islamique, puissent être inculpées pour intelligence avec l'ennemi, avant qu'elles aient commis des attentats. Et je crois qu'il faudrait que cette mesure... Comment fait ça dans le droit ? Elles sont présumées dangereuses ? Non, c'est un article du Code pénal qui s'appelle « L'intelligence avec l'ennemi ».
Ça veut dire que si vous avez commis des actes qui laissent présumer votre dangerosité, et le fait que vous détestez la France, que vous avez la haine de la France, vous pouvez être inculpé pour intelligence avec un ennemi qui serait évidemment l'islamisme, le terrorisme islamique. Je vous donne un exemple très simple. Si vous vous rendez de manière régulière sur des sites qui montrent des égorgements, si sur les réseaux sociaux vous participez à des forums où on appelle à la haine de la France, on appelle à tuer les Français, ça doit être des signaux qui ne sont pas aujourd'hui suffisamment exploités et qui doivent permettre votre inculpation, et pas seulement votre surveillance.
On n'est pas à l'état de droit à ce moment-là ?
Non, il suffit d'appliquer le Code pénal. C'est effectivement une disposition qu'on applique quand on est en guerre, « intelligence avec l'ennemi », mais on est en guerre aujourd'hui.
Est-ce que le gouvernement doit ajouter un volet « immigration », « réduction », « lutte contre l'immigration » au projet de loi contre les séparatistes comme le réclame une partie de la droite ?
Absolument, il faut reprendre d'une main de fer les sujets et de l'immigration et de l'intégration. On ne peut plus aujourd'hui donner l'asile à nos ennemis, parce que c'est ça ce qui se passe aujourd'hui. On a donné asile, on l'a vu avec ce Tchétchène, on a donné asile à...
Ça c'était pour Confluence-Saint-Honorin ?
Pour Confluence-Saint-Honorin, pour l'attentat de Confluence-Saint-Honorin, on a donné asile à nos ennemis. Là aujourd'hui, dans le drame abominable qui endeuille Nice et qui frappe tous les catholiques à nouveau après Saint-Étienne-du-Rouvray, c'est un Tunisien en situation irrégulière qui aurait dû être expulsé par les autorités italiennes, qui a fini par arriver à Nice pour commettre son sinistre forfait.
Valérie Pécresse, tous les demandeurs d'asile ne sont pas des terroristes en puissance, alors comment on fait la différence ?
Mais vous avez tout à fait raison. Il y a des migrants pour qui la France c'est le pays rêvé, pour qui la France c'est le pays des Lumières et qui aiment profondément la France. Et puis il y a ceux qui peuvent être d'ailleurs nés en France. Il peut y avoir des Français qui aujourd'hui n'aiment pas leur propre pays et qui aujourd'hui vont porter les armes contre lui. Alors nous devons aujourd'hui être beaucoup plus fermes. La première des choses c'est évidemment que tous les étrangers qui aujourd'hui sont radicalisés, fichés par l'antiterrorisme, soient expulsés de notre pays. Il faut l'accord des pays. Sur la foi des fiches S uniquement, sans décision de justice ?
Non, sur la foi d'une présomption de critères qui montre que ces personnes sont radicalisées. Vous savez, les juges savent faire cela, les autorités administratives savent le faire. Aujourd'hui, il faut une décision de justice. Moi ce que je souhaite c'est que cette décision de justice puisse être remplacée par une décision administrative sous le contrôle du juge.
Est-ce que vous demandez à ce que tous les élus soient au courant des fichés S qui sont dans leur territoire, les maires, les présidents de région comme vous ?
Je vous rappelle que c'est une promesse que le président de la République avait fait à tous les maires de France de leur donner l'information sur les personnes radicalisées qui se trouveraient sur le sol de la commune. C'est une promesse qui n'a pas été tenue. Or, il est évident que comme il y a aujourd'hui des comités locaux de prévention de la délinquance, il doit y avoir aujourd'hui des comités locaux de prévention du terrorisme. Les maires qui ont énormément de pouvoir sur leur territoire doivent savoir où ils mettent les pieds et notamment vis-à-vis d'un certain nombre d'associations qu'ils ne doivent pas subventionner.
Vous savez que la région de France est la première région de France à avoir fait voter une charte de la laïcité pour interdire les subventions à toute association qui serait prosélite. Nous l'avons fait. Je rappelle que la gauche et le Rassemblement national ont voté contre cette disposition et continuent de présenter des amendements mois après mois pour faire abroger cette charte de la laïcité. Il y a eu une naïveté coupable, un angélisme ou simplement une obstruction coupable de la part de mon opposition.
On s'interrompt quelques instants, Valérie Pécresse pour le Filinfo à 8h40 avec Victor Vasseur.
Un homme de 47 ans interpellé est placé en garde à vue hier après l'attaque de Nice, soupçonné d'avoir été en contact avec l'assaillant avant son passage à l'acte. L'auteur présumé de l'attaque d'hier dans la basilique Notre-Dame est un Tunisien de 21 ans. Il est toujours hospitalisé, gravement blessé. Un conseil de défense est organisé ce matin à l'Elysée. Comme au printemps, la France se confine. Retour des attestations à partir d'aujourd'hui. La dérogation pour faire ses courses, rendre visite à un proche malade ou dans une maison de retraite, mais aussi prendre l'air dans un rayon d'un kilomètre. L'amende s'élève toujours à 135 euros.
Et conséquence, le gouvernement table désormais sur une récession de 11% cette année, chiffre donné par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. En tout, 15 milliards d'euros seront débloqués chaque mois pour soutenir les entreprises, des aides pour les loyers, les charges sociales ou encore l'activité partielle. Pas de prix Goncourt cette année, une marque de solidarité. Et car les librairies ferment à cause du confinement, contrairement aux magasins de bricolage, par exemple. Fermer les librairies, c'est nous priver du meilleur bataillon pour affronter l'obscurantisme, estime François Bunel. Sur France Info, le critique littéraire lance aujourd'hui une pétition pour ouvrir les librairies.
France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Vous avez fait récemment, Valérie Pécresse, une proposition pour lutter contre les terroristes. C'est de mettre en place la reconnaissance faciale dans les transports en commun. Ce qui en a fait sourire quelques-uns parce que ces temps-ci, dans les transports en commun, on a tous le masque. Comment ça fonctionnerait dans les transports en commun ? Et est-ce que ça fonctionne avec le masque aussi ? Absolument. Donc on a eu tort de sourire.
Ça marche quand même juste avec le regard. Le sujet aujourd'hui, il est simple. Nous avons désormais, avec la région, nous avons placé des caméras dans tous les réseaux de transport. Et ces caméras aujourd'hui, nous ne pouvons pas les utiliser pour lutter contre le risque terroriste. Nous n'avons pas le droit d'utiliser l'intelligence artificielle qui nous permettrait de repérer des mouvements suspects. Supposer quelqu'un qui rôde, quelqu'un qui repère, quelqu'un où on verrait une ceinture explosive, on n'a pas le droit de faire ces repérages.
Pour être précis, ce sont les mouvements qu'on repérerait, que repérerait l'intelligence artificielle, ou ce sont les identités des personnes ?
Alors il y a plusieurs sujets. Je vous parle de l'intelligence artificielle parce que vous parliez des masques, mais nous avons, lors du confinement, essayé une expérimentation avec une start-up pour repérer tous ceux qui portaient le masque, ceux qui ne le portaient pas, de façon à assurer la garantie sanitaire des transports en commun. On nous a suspendu cette expérimentation parce que la loi ne le permet pas. Donc vous voyez, on a une loi qui est extrêmement restrictive. On ne peut même pas compter les personnes qui ont des masques dans le métro. Donc je demande qu'on puisse utiliser l'intelligence artificielle pour la sécurisation des réseaux de transport, l'intelligence artificielle.
Et je demande en outre qu'on puisse créer un comité d'éthique en lien avec l'État, État-région, pour pouvoir débattre de la question de la reconnaissance des identités. Vous savez que dans les aéroports aujourd'hui, notamment à Nice, on expérimente la reconnaissance faciale à l'entrée de l'aéroport. C'est-à-dire qu'une personne qui est fichée comme personne recherchée, eh bien si elle matche son visage avec la caméra, eh bien elle peut être interpellée dans un aéroport. Alors on peut le faire dans un aéroport, on ne peut pas le faire aujourd'hui dans une grande gare. Je pense qu'il faut que le niveau de sécurité soit le même qu'on soit dans un aéroport ou qu'on soit dans une gare.
Valérie Pécréti, hier à Nice, ce sont des policiers municipaux armés qui ont agi pour arrêter l'assaillant. Est-ce que vous demandez que toutes les polices municipales soient armées sur tout le territoire ?
C'est la prérogative des maires, c'est à eux d'apprécier le niveau de sécurité dans leur ville. Mais ce que je pense, c'est qu'il faudrait rendre obligatoires les polices municipales. Dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants, donner aux maires les moyens d'assumer cette compétence parce que c'est eux la vraie police de proximité. Et dans les zones les plus dangereuses, les plus denses, je pense à Paris notamment, il est évident qu'il faut une police municipale armée. Parce que cette police, elle seconde la police nationale et la police nationale a besoin de ces renforts.
Nous sommes collectivement, Valérie Pécréti, rentrés dans le deuxième confinement de cette année depuis 8h44 minutes très précisément et sans doute pour au moins un mois. Est-ce que vous soutenez la décision du gouvernement de faire ce choix face à la flambée de l'épidémie ?
Je crois que nous n'avions pas d'autre choix et que nous sommes forcés d'accepter ce reconfinement. Alors j'entends la sidération, parfois la colère des Français. J'entends aussi le désespoir de certains qui vont devoir fermer boutiques, qui n'ont plus un euro de revenu lors des confinements, qui n'avaient pas un euro de revenu lors des confinements, qui sont aujourd'hui au chômage. Mais je crois que nous devons aujourd'hui tout faire pour sauver des vies et que l'hôpital ne supportera pas le choc de cette deuxième vague. C'est le bon choix qui a été fait et au bon moment ? Écoutez, aujourd'hui vraiment, la priorité c'est l'action.
Ce que je souhaiterais, c'est qu'on gagne la bataille des tests. La bataille des tests, elle est très importante. Vous savez que les régions ont été en première ligne sur la bataille des masques l'année dernière. Aujourd'hui, c'est la bataille des tests que nous devons remporter. Pourquoi ? Parce que si on arrive à tester en temps réel, extrêmement rapidement, à ce moment-là, on pourra maintenir l'activité et l'enseignement. Or, ce nouveau confinement ne peut pas être le même que le premier. On doit maintenir l'activité économique au maximum. On doit maintenir l'enseignement au maximum. C'est pour ça que la région va se mobiliser sur deux aspects des tests. D'abord, former des préleveurs.
Vous savez que le goulet d'étranglement pour faire des tests massivement, c'est de savoir prélever. Donc nous allons former, avec l'accord de l'ARS, des secouristes pour pouvoir prélever. Et puis, nous allons déployer, acheter, diffuser des tests minutes qui viennent il y a quelques jours. Les tests antigéniques ? Les tests antigéniques qui viennent il y a quelques jours d'être validés, enfin, par les autorités sanitaires. Nous allons les déployer autour des 50 plus grandes gares d'Île-de-France. Nous allons les déployer aussi dans le rural. D'ores et déjà, la région a testé, a mis des bus de tests dans plus de 100 villes.
Donc nous allons, aujourd'hui, nous les avons fait circuler dans plus de 100 villes. Nous allons continuer à faire circuler ces bus, notamment en milieu rural. Et puis, je souhaiterais distribuer 100 000 tests antigéniques dans les lycées pour permettre aux enseignants, aux agents, mais aussi aux élèves, sur autorisation des parents, de se faire tester en temps réel. Et enfin, une grande opération devrait être menée pour les sans-abri, notamment les sans-abri des transports en commun, du métro, ce qu'on retrouve dans les transports en commun, une grande opération de tests avec mise à l'abri. Et la région est prête à en prendre toute sa part.
Vous parliez à l'instant des lycées. C'est vous qui en avez la compétence, la région. Vous comprenez la décision du gouvernement qui laisse les lycées ouverts, alors qu'on sait qu'un adolescent de 15 ans contamine autant qu'un adulte ?
Alors, je suis favorable au maintien de l'ouverture des lycées, parce que je ne peux pas accepter qu'il y ait une génération sacrifiée de jeunes Covid qui ratent complètement, deux années de suite, leur scolarité. Donc, je suis favorable à l'ouverture. Mais, vous avez raison de dire que la situation est très complexe dans certaines régions, singulièrement en Ile-de-France. J'ai hérité, en 2016, de dizaines de lycées surpeuplés. J'ai lancé la construction de 12 lycées neufs. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que dans les lycées d'Ile-de-France, on va devoir faire du sur-mesure.
Avec un protocole sanitaire renforcé ?
Le protocole sanitaire, c'est celui de l'État, c'est celui que nous devons appliquer. Mais nous allons voir comment et dans quelles conditions nous pouvons l'appliquer. Ça veut dire que je réunirai les recteurs, je réunirai les syndicats de proviseurs, je réunirai les proviseurs, et nous verrons comment nous pouvons, lycée par lycée, lycée par lycée, gérer la situation. Ah, mais qu'est-ce que vous voulez ? Oui, ne me le dites pas. Moi, je me plie aux contraintes que le gouvernement met sur mes épaules.
Vous irez plus loin que les mesures qui ont été annoncées hier soir par Jean-Michel Blanquer, qui laissent pas mal d'enseignants sceptiques.
C'est pas aller plus loin, c'est voir comment est-ce qu'on peut les adapter. Je vous donne un exemple.
Quand il dit partout où on peut, il faudra garder ses distances, partout où on peut, il faudra errer, partout où on peut.
À la cantine, par exemple, un mètre de distance, c'est possible, ça ? Eh bien, ça n'est pas possible partout. Voilà, je vous le dis clairement comme ça. Ça ne sera pas possible partout, parce qu'on ne va pas pouvoir faire déjeuner des enfants à 3 heures de l'après-midi.
Alors là où ce ne sera pas possible, qu'est-ce qu'on fait ? Si effectivement, on a des règles, des distances qui ne sont pas respectées à la cantine, des adolescents de 15, 16 ou 17 ans qui mangent sans masque à 50 cm les uns des autres, vous faites quoi ? Vous les laissez faire ?
Je proposerai des solutions alternatives, lycée par lycée. Je pense par exemple à des chèques repas ou à des plateaux repas, des paniers repas. Mais il est évident que nous allons nous plier au protocole. Les chèques repas, on va les dépenser où, puisque les restaurants sont fermés ? Nous allons dans des boulangeries. Dans des boulangeries, d'accord. Nous allons nous plier au protocole sanitaire, c'est-à-dire que nous respecterons des distances qui permettront de ne pas propager le virus dans les lycées.
Vous parliez de lycées bondées, est-ce que vous pourriez envisager de faire classe
en demi-groupe par exemple ? Absolument, absolument. La demi-jauge est aussi une option que nous envisagerons avec les proviseurs, lycée par lycée. C'est d'autant plus possible en Ile-de-France que, vous le savez, j'ai distribué, la région a distribué des ordinateurs à tous les élèves de seconde en cette rentrée. Nous avons la moitié des lycées qui sont 100% numériques. Ça veut dire que dans ces lycées, on peut faire du cours en distanciel sans pénaliser les élèves.
Est-ce que vous allez acheter, comme votre collègue de la région Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, des aérateurs pour installer dans les lycées, pour filtrer les particules et les aérosols de Covid ?
Écoutez, aujourd'hui, nous sommes déjà en train de fournir les masques. Vous savez que nous avons fourni deux masques à la rentrée. Nous avons un réassort de masques qui va arriver en cette rentrée de vacances de la Toussaint pour tenir jusqu'à Noël. Donc 1,4 million de masques pour les lycéens et leurs enseignants. Il faut évidemment aérer l'air des lycées. Vous le savez peut-être, mais la région Île-de-France a aussi lancé un certain nombre d'expérimentations de dépollution de l'air. Mais je crois qu'aujourd'hui, le protocole sanitaire est clair. Il faut aérer les salles de classe au moins 10 minutes. C'est ce que nous ferons.
On va parler des commerces, des transports aussi dans quelques instants. Valérie Pécresse avec vous. Ce sera juste après le Filinfo à 8h50 avec Victor Vasseur.
Encore des zones d'ombre après l'attentat d'hier dans la basilique Notre-Dame de Nice. Un homme de 47 ans a passé la nuit en garde à vue, soupçonné d'avoir échangé avec l'assaillant avant l'attaque. L'auteur présumé des coups de couteau à 21 ans, toujours hospitalisé. Il a quitté son pays, la Tunisie, il y a quelques semaines et emprunté la route des migrants. Un conseil de défense est organisé à l'Elysée. Et ce matin, l'opération Sentinelle est renforcée. 7000 militaires seront déployés pour protéger les lieux de culte et les écoles. Le retour du confinement. Aujourd'hui, ces mesures drastiques, le jogging et les sorties dans les parcs autorisés. Les lieux de culte restent ouverts.
Les enterrements et mariages possibles en petits comités. Des services publics toujours accessibles. Le télétravail doit être obligatoire, affirme la ministre Elisabeth Borne. Une banderole, encore debout, de main à genoux. Manifestation de commerçants, de chefs d'entreprise hier à Castres pour dénoncer les mesures de confinement. Rassemblement également à Toulouse, Paris et Besançon. Et puis Lille montre du caractère en Europa League de football. Mener 2-0, ils s'en sortent avec un match nul. Deux partout hier contre le Celtic Glasgow. Nice s'impose 1-0 contre Bercheva.
France Info. Le 830 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Valérie Pécresse, vous êtes la présidente d'une région qui s'est vidée ces derniers jours des milliers et des milliers d'automobilistes sur les routes d'Ile-de-France pour partir ailleurs, peut-être en famille, peut-être dans leur résidence principale. Vous les comprenez ?
Je crois que vivre le confinement, c'est extrêmement dur. C'est extrêmement dur et c'est particulièrement dur dans les grandes métropoles quand on vit dans un logement très exigu. Donc oui, bien sûr, je comprends qu'on fasse le choix de se confiner dans un espace plus large. Vous savez qu'en Ile-de-France, nous accueillons aussi beaucoup d'habitants de la province qui sont là pour des raisons de travail et c'est aussi assez logique qu'ils souhaitent retourner dans leur famille.
Valérie Pécresse, les transports en commun font aussi partie de vos compétences. Le télétravail devient la règle, dit le gouvernement. Mais ce matin encore, on a vu des métros bondés, des RER bondés. Est-ce que vous allez imposer à nouveau le protocole sanitaire qui a été appliqué lors de la première vague parce que là, il n'est plus du tout, à savoir un siège sur deux ?
Alors d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que nous n'avons plus que 70% aujourd'hui des passagers habituels dans les transports en commun. Donc il y a effectivement quelques points noirs sur quelques lignes, mais ils sont extrêmement localisés. Et la plupart des transports en commun aujourd'hui circulent tout à fait normalement. La semaine prochaine, nous allons continuer évidemment les transports comme normalement. Et nous allons ensuite observer ce qui se passe. Il n'y aura pas de baisse du trafic ? Pas la semaine prochaine. La semaine prochaine, nous maintiendrons intégralement les transports. En revanche, nous ajusterons le service en fonction des besoins.
Vous l'avez dit, parfois le matin très tôt, les personnels qui sont en première ligne, ceux qui ont des métiers les plus pénibles et qui doivent continuer de se rendre au travail, sont plus nombreux. En revanche, il est possible qu'à certaines heures creuses de la journée, on puisse retirer un certain nombre de transports. On le fera en concertation avec les associations d'usagers, comme on l'a fait pour le couvre-feu. Pour le couvre-feu, nous avons rajouté des trains entre 20h et 21h. Et nous avons en revanche allégé complètement les trains,
puisqu'il n'y avait plus personne qui circulait à partir de 23h. Alors le problème, c'est que si on incite les Français à ne plus prendre les transports en commun, c'est l'économie qui va en prendre un coup. On écoute Jean-Baptiste Djebary, le ministre des Transports. Pendant les prochains mois, nous aurons à avoir une discussion très sérieuse avec les régions. Je le lis sur le sujet, je l'aurai dit en direct. Parce que si nous observons sur un temps long un décrochage, comme c'est le cas maintenant de la fréquentation des transports en commun, nous aurons un problème de modèle économique des transports en commun. Comment on s'en sort alors, entre l'économie et la santé ?
Écoutez, à ce stade, ce n'est pas la situation. La situation, c'est que nous avons des transports en commun qui vont fonctionner pendant le confinement. et nous prendrons vraiment une attention maximum pour tous ceux qui travaillent, y compris ceux qui travaillent la nuit, qui doivent avoir des solutions de transport. Et je pense notamment aussi au personnel soignant.
Toute petite question pratique pour tous ceux qui passent au télétravail 5 jours sur 5. Les passes navigo seront remboursées, comme ça avait été le cas ?
Alors, les passes navigo peuvent être désactivées, désactivées, puisque vous parlez des passes navigo annuelles. À distance, on peut faire. Ils peuvent être désactivées. Il faut se rendre dans une gare avant samedi, donc avant demain. Il y a une case sur l'attestation, ça ? On peut les désactiver en ligne. Et ensuite, il faut les désactiver, confirmer la désactivation à la borne. Là encore, c'est Commutitre qui gère la biétique de l'Ile-de-France. Moi, je souhaiterais que l'Ile-de-France Mobilité puisse reprendre cette compétence biétique pour qu'on puisse moderniser tout ça. Pour l'instant, il me faut un changement législatif pour ça.
Depuis ce matin, dans toute la France, 200 000 commerces ont fermé le rideau. Ce sera le cas au moins pour 15 jours, peut-être pour un mois. Valérie Pécresse, est-ce que la liste des commerces jugés non essentielle vous semble être la bonne ou est-ce qu'il faut la revoir ?
Je crois qu'il faut que le gouvernement puisse être souple sur cette question. Je l'ai dit, pour moi, lire, c'est aussi essentiel que de se nourrir dans une période de confinement. Et j'aurais aimé que les librairies soient inscrites au rang des commerces essentiels. Il y en a peut-être d'autres. J'ajoute que pour tout ce qui est numérisation des commerces, numérisation des restaurants, numérisation des lieux culturels, la région a des aides, des aides assez puissantes, 1500 euros. On en a déjà distribué 400 il y a quelques semaines.
Nous pouvons aujourd'hui aider directement tous les commerces qui souhaiteraient faire un site web pour faire du click and collect, tous les lieux culturels qui souhaiteraient faire de la captation d'œuvres pour pouvoir la diffuser. J'ai réuni d'ailleurs tous les acteurs culturels, tous les restaurateurs pour leur parler de ces aides. Et ces aides, on peut aussi les donner aux mairies. 10 000 euros si une mairie souhaite faire, vous savez, une place de marché virtuelle, par exemple, je ne sais pas, Vanve Commerce, Olney Commerce, en mettant toutes ces boutiques en ligne.
Ça permettra aux franciliens de continuer à garder ce lien avec leurs commerçants et surtout que les commerçants puissent avoir du chiffre d'affaires dans cette période.
Vous demandez des dérogations pour les théâtres, les cinémas ou les salles de spectacle qui doivent elles aussi fermer ?
Aujourd'hui, malheureusement, on n'en est plus là. On ne peut plus aujourd'hui recevoir du public dans ces établissements. C'est la règle, malheureusement. En revanche, ce que j'ai proposé aux acteurs du monde de la culture, c'est qu'on puisse leur financer les investissements en équipement numérique pour faire de la captation d'œuvres. Et pouvoir, par exemple, continuer à diffuser des pièces de théâtre, continuer à diffuser des concerts, y compris dans les établissements scolaires, y compris dans les EHPAD, y compris dans... même pourquoi pas sur les... à domicile. Pour le tourisme, Valérie Pectes...
Sur les plateformes de streaming, pardon. Pardon. Pour le tourisme, les touristes seront de retour en fin d'année, l'été prochain. Vous avez déjà un peu de visibilité là-dessus ou absolument pas ? Je parle des touristes étrangers.
Pour l'instant, vu la situation, nous n'avons absolument aucune visibilité sur le retour des touristes. Vous le savez peut-être, mais les prévisions de Noël étaient déjà désastreuses il y a quelques semaines. Alors aujourd'hui, évidemment, je pense que la situation du transport aérien, la situation du tourisme, la situation du secteur événementiel sont des situations absolument catastrophiques. C'est pour ça d'ailleurs que je suis montée au créneau pour défendre ce qu'on appelle les intermittents de l'événementiel, les intermittents du tourisme, qui ne sont pas protégés comme les intermittents de la culture par un statut particulier.
Vous savez que le président de la République leur a autorisé une année blanche. Les intermittents de l'événementiel et du tourisme, eux, ils se retrouvent malheureusement privés de toutes ressources. C'est pour ça que j'ai demandé qu'on puisse faire un geste pour eux.
Et on aura entendu également votre appel à la réouverture des librairies ce matin. Merci beaucoup Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Invité ce matin de France Info. Merci.
Merci. Merci.
Valérie Pécresse