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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 15 octobre 2021 57 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéÉducation & rechercheInstitutions & élections

⚫ Assassinat de Samuel Paty : un an après, l'hommage de la France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quel quelle réflexion vous inspire ces hommages nombreux en mémoire de Samuel Paty ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Qui était Samuel Paty ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a provoqué la haine et le passage à l'acte du terroriste ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Comment travaillent les enquêteurs sur un dossier comme celui-ci ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les moyens pour empêcher l'influence grandissante des réseaux sociaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Jean-CiolaFait
    « Depuis depuis le début de cette vague d'attentat terroriste qui n'a qui n'a pas cessé depuis janvier 2015, il y a eu beaucoup d'hommages. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

tous. Merci de nous retrouver en direct sur Figaro Live et puis sur YouTube sur notre chaîne Figaro Live. Le 16 octobre 2020, Samuel Patti était assassiné à proximité du collège dans lequel il enseignait à Conflanc Sainthonorine dans les Yvelines.

Un an après, la France rend hommage à ce professeur d'histoire géo de 47 ans, décapité par un terroriste islamiste pour avoir montré des caricatures de Mahomè à ses élèves afin d'évoquer la laïcité. Aujourd'hui, veille du premier anniversaire du drame, un hommage est organisé dans les établissements scolaires. Les écoles et les établissements pourront notamment organiser une minute de silence en mémoire de Samuel Patti et consacrer 1 heure de cours à un temps d'hommage et d'échange.

Nous devrions pouvoir vous faire vivre en direct à midi tout à l'heure. La minute de silence organisée par le lycée Jean de la Fontaine dans le 16e arrondissement de Paris en présence du ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Deux cérémonies sont prévues au collège du Bois d'Alne à Confl Saintonorine où enseignait Samuel Patti.

La première entre enseignant et élève doit se dérouler en fin d'après-midi aujourd'hui. La seconde aura lieu demain samedi avec les professeurs, les élèves, mais aussi quelques parents d'élèves et des officiels dont Jean-Michel Blanquer. Demain toujours, un moment de recueillement sera orchestré par la ville dans laquelle habitait le professeur à Erani sur Oise dans le Valdoise.

Et enfin, un hommage plus institutionnel se déroulera également demain matin au ministère de l'éducation nationale où une plaque sera dévoilée avant une rencontre des proches et de la famille de Samuel Patti avec le chef de l'État Emmanuel Macron et le Premier ministre Jean Castex. Et je précise également qu'en parallèle de toutes ces commémorations et hommages, un squar Samuel Patti sera également inauguré samedi demain donc en face de la Sorbonne lors d'une cérémonie que la mairie de Paris veut simple et recueillie. Bonjour Jean-Ciola.

Bonjour. Merci d'être en direct avec nous ce matin pour parler de de Samuel Patti en cette veille du premier anniversaire de de l'assassinat dont il a été la victime, de l'attentat dont il a été la victime. Vous êtes rédacteur en chef adjoint au Figaro société, spécialiste de terrorisme.

Quel quelle réflexion vous inspire ? Quelle réflexion doit nous inspirer ces hommages nombreux en mémoire de Samuel Patti ? Alors euh malheureusement depuis euh maintenant euh 6 ans hein, depuis depuis le début de cette vague d'attentat terroriste qui n'a qui n'a pas cessé depuis janvier 2015, il y a eu beaucoup d'hommages.

Celui-ci est naturellement très particulier. Euh d'abord parce que il y a le l'horreur et le choc, la décapitation d'un professeur. Euh par définition, les terroriste essaie toujours de franchir une étape dans l'horreur.

Ils égorgent un prêtre, euh ils massacrent des spectateurs d'un concert, euh ils essayent de tuer des euh gens venus assister à un match de football. Voilà, à chaque fois, il y a naturellement la décision consciente de franchir un pas dans l'horreur et de terroriser la population. Euh là particulièrement la victime était vraiment une victime euh exceptionnelle, un professeur d'histoire géographie, un collège de banlieu parisienne.

Euh et je pense que voilà, ça englobe l'ensemble de la communauté nationale, les professeurs, l'éducation nationale, les parents d'élèves, d'où d'où le d'où l'ampleur de ce de cet hommage. Alors la l'assassinate Samuel Patti avait suscité la sidération et l'émotion dans la France entière. Son visage nous est devenu euh évidemment familier à travers deux portraits qui sont parus rapidement dans les jours qui ont suivi euh sa décapitation et son son meurtre.

Euh j'aimerais qu'on revienne quelques minutes sur l'homme qui était Samuel Pati. Qui était Samuel Patti Jeanquisola ? Alors comme je l'ai dit donc il avait il venait juste d'avoir 47 ans au moment de de son assassinat enfin un mois un mois auparavant. un professeur d'histoire géographie euh quelqu'un qui été décrit par ses élèves dont j'ai rencontré certains le soir même de de l'assassinat euh à Conflanc devant le collège euh qui était décrit donc par certains comme un un prof euh un bon professeur euh et et quelqu'un qui en fait visiblement d'après les témoignages qui sont apparus depuis notamment le témoignage de sa sœur récemment dans le quotidien La Croix euh qui qui véritablement avait une approche très à la fois respectueuse et précautionneuse he puisque son cours qui va amener l'attentat, il avait été visiblement pensé, réfléchi euh crois qu'il avait interrogé des membres de sa famille pour savoir all dans la bonne direction.

Il avait demandé à sa mère institutrice, il y avait une discussion familiale. Euh il y a il y a vraiment quelqu'un conscient de son de son devoir d'enseignant euh quelqu'un de courageux parce que faire ce qu'il a fait en octobre 2020 euh après donc encore une fois une vague d'attentat ininterrompue, c'était quelque chose qui pouvait entraîner un certain risque. Je pense qu'il il en était conscient.

Euh mais mais voilà, c'est un bon prof euh et visiblement un prof qui a qui a marqué euh une bonne partie de ses élèves. Il s'intéressait aussi aux religions puisque je crois qu'il avait étudié le Coran également euh euh en amont euh de de ses cours et de et de sa carrière quelques années auparavant. C'est ce que disait je crois sa sœur Gaë dans dans la croix.

Donc il avait effectivement un regard assez euh ouvert et pédagogique, on va dire, sur sur les événements dans leur ensemble et puis sur ce qui faisait naître chez certains la discorde et et le débat. Absolument. Euh oui, effectivement, je pense que c'était vraiment encore une fois quelqu'un qui était bah comme un bon prof d'histoire géo.

Euh on en a tous connu euh curieux, curieux de l'histoire, curieux du monde, euh curieux de ce qui se passe et et et désireux de de comprendre un peu les les événements de son temps. J'aimerais qu'on revienne Jean-Cola alors qu'on voit l'image de de Samuel Patti à l'image, cette photo bien connue de de tout le monde désormais. Que s'est-il passé ce 16 octobre 2020, il y a bientôt 1 an jour pour jour, donc le jour de l'assassinat de Samuel Paty.

Vous y ét y étiez ce jour-là en fin de journée sur place également ? Oui. Euh je je je me suis rendu effectivement de devant ce ce collège.

Bon, ce qui s'est passé auparavant euh c'est connu et malheureusement euh trop bien connu. Euh un terroriste islamiste euh Abdouah Kanzorov euh âgé de de 18 ans. Euh l'âge à la limite ajoute encore plus à l'horreur du fait.

Je veux dire, un jeune homme totalement radicalisé qui euh qui l'attend à la sortie, qui le suit, qui le le le décapite. Et ensuite et ensuite après cette horreur donc cette attente devant le collège dans le soir qui descend en attendant les autorités, le chef de l'État et puis ces collégiens en fait qu'on voit arriver alertés par les réseaux sociaux qui vont jouer un rôle qui ont joué un rôle dans cette tragédie également alerté par les réseaux sociaux. des collégiens qui arrivent par petit groupe euh et qui commencent à discuter euh qui échangent avec les nombreux journalistes qui sont présents sur place.

Euh et donc une ambiance euh euh pour tout dire euh un peu euh un peu surréaliste en fait euh de de cet échange entre des collégiens qui sont tout d'un coup plongés dans une réalité euh totalement atroce euh et et qui en même temps ont la ont l'attitude de leur âge, hein, c'est-à-dire un mélange de de peut-être de légèreté ou d'inconscience. Euh voilà, il y a un événement qui vous a frappé plus particulièrement dans vos échanges avec ces ces jeunes collégiens ? Alors, justement quand on quand on discute avec ces avec ces jeunes, il y a plusieurs choses en fait qui frappent.

D'abord euh il y a ces réfl Bon d'abord il y a d'abord il y a pour une partie d'entre eux cette volonté de de chahuter un petit peu devant les les quelques équipes de télévision présentes. Bon là on est on est dans une ambiance on est dans une ambiance collégienne et en même temps à côté à quelques centaines de mètres du corps d'un professeur décapité. Euh il y a également la réflexion de certains très jeunes souvent sur euh Oui.

Euh effectivement euh on en parlait au collège, il avait insulté le prophète euh et tout en rajoutant tout de suite que naturellement ça ne ça ne justifiait pas euh la mort. Euh et puis cette scène totalement surréaliste d'une d'une gamine haute comme trois pommes qui euh au milieu de la conversation vous dit soudain "Mais vous voulez le voir ? H et il vous faut il vous faut 5 secondes pour comprendre de quoi elle parle." Et elle a son portable comme nous tous et elle vous montre la la photo de la tête décapitée du professeur qui qui circule sur les réseaux sociaux qui a été diffusé je crois par le terroriste lui-même après son acte hein.

Absolument. Absolument. dans voilà dont on a pensé dans un premier temps que c'était un fake tellement elle était tellement l'image était était surréaliste et qui malheureusement était la était la l'image de de de cette tête.

Et donc voilà, c'est un moment totalement surréaliste et vraiment une soirée totalement surréaliste de télescopage entre encore une fois entre l'univers du terrorisme et l'univers d'un collège de banlieu parisienne. Qu'est-ce qui a provoqué la haine et le passage à l'acte du terroriste qui en vient à à décapiter un enseignant dans devant un collège dans une ville moyenne de de l'Île-de-France ? On en arrive là.

Comment ? Qu'est-ce qui a suscité cette haine chez cet individu ? Alors, j'apporterai deux réponses et là, il faut effectivement s'éloigner de ce soir devant le collège de Confluence Saintonorine et prendre un tout petit peu de de distance.

Euh la haine d'Abdouah Kanzorov, c'est celle de Mohamed Mera en mars 2012 quand il met une balle dans la tête d'une petite fille euh devant une école juive à Toulouse. Euh cette haine, c'est la haine du terrorisme islamiste euh qui nous frappe régulièrement depuis maintenant euh des années. J'aurais tendance à dire même des décennies, hein, puisque les attentats de 1995 étaient également des attentats islamistes.

Ça c'est le contexte. Depuis janvier 2015, nous avons eu 39 attentats islamistes dont 21 ont abouti, 19 ont échoué, 18 pardon ont échoué, mais ça fait quand même 39 tentatives de tuer au nom du terrorisme islamiste. Bon, cette haine, elle est fondée donc sur on va pas faire un cours sur donc le le l'islamisme et le le dhadisme qui considère qu'il faut frapper les mécréants et les mauvais croyants.

Après, il y a un contexte un peu plus immédiat. Euh Abdouah Kanzorov, il est aussi animé non seulement par cette haine qui remonte à plusieurs décennies en arrière, mais également par un contexte qui démarre au début de septembre 2020 avec le procès des attentats de l'attentat contre Charlie Hebdo, avec le fait que Charlie Hebdo republie les caricatures de Mahomè et là si on parle caricature du prophète, on revient encore en arrière avec ce qui s'est passé au Danemark dans les années 2000 et ça permet de rappeler que l'islamisme n'est pas un phénomène qui concerne la France mais est un phénomène mondial. C'est toujours important de le rappeler qui a une distance historique et également une étendue géographique.

Et donc à partir de là, la France en septembre 2020 est visée euh par euh plusieurs groupes terroristes, l'ensemble des groupes terroristes euh et par euh toute la mouvance djihadiste euh avec l'idée de frapper ceux qui insultent le prophète. Euh il faut se rappeler qu'avant l'assassinat de Samuel Patti, il y a en septembre un terroriste pakistanais qui attaque deux personnes qui se trouvent devant l'ancien siège de Charlie Hebdo. Il pensait que le le journal y était encore qu'il les blesse grièvement.

Et donc l'acte du terroriste Anzorov, il se comprend dans cette succession de de de menaces de visant la France et après cet attentat de septembre qui sera ensuite suivi après l'assassinat de Samuel Pati comme on le sait par un troisème attentat dans cet automne 2020 contre des croyants à Nice. Alors, vous l'avez cité, hein, Onzorov. Abdouah Onzorov, c'est le nom de ce de ce terroriste.

Il avait 18 ans. C'était un un individu d'origine russe tetchen. Qu'est-ce qu'on peut dire d'autre de cet individu, de ce terroriste qui a donc assassiné Samuel Patti ?

Alors, le premier point, vous l'avez dit, il est issu de la communauté tetchen. Il est il est il est sa famille a obtenu euh le statut de réfugié politique. Donc, il l'a obtenu grâce à sa famille.

Euh il est issu d'une d'une communauté euh qui pose euh pas mal de problèmes au service de renseignement en ce qui concerne la radicalisation car une petite minorité et notamment chez les jeunes affiche une très grande radicalité qui parfois d'ailleurs euh pose des problèmes également au tchchen eux-mêmes, au responsables de la communauté eux-mêmes et qui sont souvent qualifiés par les experts du terrorisme qu'on peut croiser quand on est journaliste dans ces matières, des magistrats, des policiers, des des des personnes des services de renseignement, des haut fonctionnaires qui qualifient vraiment ces jeunes encore une fois d'une très grande radicalité, d'une très grande spontanéité et d'un très grand risque de passage à l'acte en raison de leur culture, en raison du fait que visiblement il y a un côté entre guillemets guerrier très affiché. Euh donc Abdouah Kanonzarov, il est dans cette euh dans cette euh école, si je puis dire terroriste. Euh parallèlement à ça, c'est un individu qui euh a posé des soucis euh quand il était euh quand il était plus jeune, hein.

Tu étais scolarisé ? Absolument des scolarisés, donc des problèmes personnels euh et quelqu'un qui est en même temps euh un garçon de son temps, si je puis dire, puisque il est totalement scotché euh au smartphone et aux réseaux sociaux et qu'en fait il nourrit haine des réseaux sociaux. Il cherche voilà, il cherche il cherche des cibles en réalité.

Voilà, voilà qui est un était. On découvre en en lisant vos votre pap, il on on va préciser qu'il a été abattu par la police. Il a été abattu par la police après les faibles.

On découvre en lisant votre papier ce matin qu'on peut découvrir dans dans le print dans le Figaro dans les kiosques et puis également sur le Figaro.fr euh papier écrit coécrit avec Christophe Cornevin du service société du Figaro également qu'il s'agit véritablement d'un d'un engrenage infernal, un engrenage fatal qui a conduit à la fin atroce de Samuel Pat. C'est tout un un un toute une une succession de de strat absolument infernal qui qui font qu'on en arrive à à la décapitation d'un homme.

Et ça part d'un d'un mensonge d'une d'une collégienne de 13 ans. Absolument. Ça ça part de de du mensonge d'une collégienne et on en revient à l'univers du collège qui va aboutir à l'horreur de l'univers du terrorisme.

Ce qui est intéressant dans enfin ce qui est significatif dans cet attentat contre dans cet assassinat de Samuel Patti, c'est que il y a quelques années, on aurait pu imaginer une organisation terroriste comme l'État islamique ou comme Al-Qaïda, mandater, commanditer un attentat comme d'ailleurs ça a été le cas contre Charlie Hebdo en janvier 2015, envoyer des terroristes et et décidé de frapper Siamment un professeur. Voilà, là c'est un phénomène différent. C'est-à-dire que euh il y a un islamiste extrêmement radical qui cherche des cibles, c'est Abdah Kanzarov.

Euh il y a des gens qui dénoncent un comportement jugé absolument inadmissible et insultant envers le prophète euh sur les réseaux sociaux avec donc au départ, vous l'avez dit, le mensonge d'une collégienne qui n'était pas présente à un cours puisqu'elle avait été euh expulsée expulsée du de l'établissement en question. Voilà. et qui en fait reprend au vol reprend au vol probablement une une information qui circulait dans le collège, d'où malheureusement le 16 octobre au soir ces collégiens qui vous disent on en parlait entre nous.

Oui. Euh donc qui saisit cette cette information et qui pour se couvrir entre guillemets de façon peut-être euh peut-être maligne, peut-être aussi naïve mais ou peut-être un mélange des deux, confie cette information à son père euh qui lui-même est un islamiste euh au tendance assez euh assez marqué euh et qui lui dit voilà notre professeur a porté atteinte au prophète, à insulter le prophète. Et là, ça démarre.

Le père fait cette vidéo que beaucoup ont vu extrêmement violente en donnant le nom du professeur, le nom du collège. Euh ensuite, cette information est reprise par un prédicateur islamiste euh connu des services de renseignement. Euh démarche auprès euh du du collège euh susite un entretien avec la la direction de l'établissement également.

Absolument. Euh pour mettre en cause le professeur Samuel Patti. Voilà.

On remet en question sa ça sa sa sa compréhension de la laïcité même. J'ai lui. Oui.

Oui. En fait, on on on alors l'attaque est naturellement assez subtile, c'est-à-dire qu'on ne se présente pas devant le principal en disant que on en veut à monsieur Patti parce queil a insulté le prophète. un tout petit peu plus subtil euh mais en réalité euh ça revient à ça.

Samuel Patti, comme on le sait, lui-même réalise que les choses commencent à prendre une ampleur assez grave, porte-pinte et en marge de ça, vous avez donc ces réseaux sociaux qui commencent à bruisser de cette rumeur qui sont à la fois des réseaux sociaux qui sont constitués de gens qui dénoncent euh les gens qui insultent le prophète et puis aussi des réseaux sociaux qui sont constitués de gens qui eux pensent à des choses beaucoup plus radicales euh s'appuyant sur les premiers euh et et le drame de de de Conflence Saintonorine, c'est quand effectivement Anzorov qui lui-même est sur beaucoup de réseaux sociaux euh obtient cette information et trouve sa cible. Un an après, on en est où de l'enquête ? Je crois qu'elle n'est pas achevée encore.

Elle en est où ? Non, elle n'est pas achevée. Il y a encore des travaux nécessaires, d'après ce que je sais sur notamment un certain nombre de de de messages euh qui n'ont pas encore été totalement élucidés ou décryptés.

Donc, il est possible qu'il y ait d'ailleurs d'autres interpellations un jour ou l'autre. Euh, on en est à combien d'interpellations ? Alors, on en est à 15 personnes mises en examen dont euh des mineurs euh puisque'en fait les les si on prend le le spectre des des 15 mises en examen, c'est aussi intéressant parce que précisément il y a les différents éléments de ce de cette chaîne qui amène à à l'horreur.

Il y a les proches d'Abdouah Kanzorov, hein, qui donc venait d'Evreux en fait, il habitait à Hvreux avec sa famille, hein. et donc venait le jour même d'HVreux. Donc des proches de de des des des des relations de de d'zerov qui l'ont accompagné lorsqu'il a acheté le couteau euh et l'arme à plomb euh avec laquelle il a agi en ce qui concerne le couteau et qu'on retrouvera euh près de son corps euh lorsqu'il sera tué par les policiers.

Il faut préciser que les policiers ont fait feu car en fait Anzerov a ignoré les sommations et visiblement souhaitait en fait les atteindre à leur tour. Euh donc si vous voulez, il y a il y a ses proches, il y a euh le père de famille et euh le père de la jeune collégienne qui a menti. Le père, voilà, le le père de la jeune collégienne, le parent d'élèves et l'islamiste prédicateur qui l'a aidé qui sont mis en examen pour complicité. la jeune collégienne pour dénonciation calomnieuse.

Euh et puis il y a également euh des des jeunes collégiens puisqu'il faut savoir que quand Anzorov arrive au collège euh il visiblement il il aurait donné de l'argent à des collégiens pour que les collégiens lui désignent la cible. Faut préciser que les collégiens naturellement sont donc âgés de 13 à 15 ans placés sous contrôle judiciaire. La question de cette enquête dans de cette enquête dans son ensemble est pour quasiment toutes les personnes indiquées, les proches d'Anzorov, euh le parent d'élèves et euh son ami ou sa relation islamiste, les jeunes collégiens.

La question c'est que savait-il du projet terroriste d'Anzorov ? Était-il au courant ? Jusqu'à quel point ils étaient au courant des et jusqu' jusqu'à quel point était-il au courant ?

Et jusqu'à quel point était-il au courant ? C'est véritablement la question centrale naturellement de de cette enquête. Ces derniers jours, on a vu passer des informations concernant une personne mise en examen qui qui serait une jeune femme de 33 ans et qui résiderait dans dans le sud de la France.

Priscilla M qui avait un surnom sur les réseaux sociaux et qui aurait eu une influence assez importante sur Anzorov. Est-ce que on peut en dire un peu plus sur cette sur cette femme ? Alors euh elle est elle-même, elle a un profil de de radicalisé, hein.

Euh elle est l'épouse du d'une personne qui a été condamnée dans une affaire terroriste. Elle a des relations euh dans le dans le milieu de de l'islam euh radical. Euh effectivement euh il semble qu'elle ait joué un rôle enfin c'est du moins ce que euh les enquêteurs pensent dans le fait de transmettre à Anzorov qui faisait partie de sa petite communauté sur les réseaux sociaux euh transmettre donc la vidéo et donc euh signaler l'affaire de conflance intonine à Anzorov.

Euh après, ce qu'il faut savoir c'est que dans cette affaire euh il y a eu beaucoup d'interpellations. Effectivement, il est évident que les enquêteurs ont euh se sont intéressés et ont détaillé euh l'ensemble des correspondants euh d'Anzorov. Euh parfois ça a donné quelque chose, parfois euh parfois euh il n'a pas été possible de mettre en cause les les les personnes.

Euh mais en l'occurrence cette précis là qui qui n hein euh farouchement euh visiblement en tout cas aurait selon euh les enquêteurs pu jouer un rôle de d'éléments déclencheur. Euh on le voit hein, 15 personnes mises en examen, on est face à une véritable chaîne criminelle, on peut appeler ça comme ça, avec aussi des appuis quand on lit votre papier à l'étranger pour Anzorov. Alors euh Abdouah Kanzorov était en contact sur internet avec des personnes séjournant actuellement en zone siro-Iraakienne.

Bon en l'occurrence en Syrie, dans le nord de la Syrie, he qui est qui est encore un petit bastion de l'islam radical. Euh et effectivement notamment en contact avec deux personnes euh russophones euh qui auraient pu jouer effectivement un rôle de de de mentor, de conseillers. Euh voilà.

Euh donc on on est loin du terroriste isolé ou du loup solitaire comme ça aurait pu être évoqué au début de de l'affaire. Euh que risque les personnes impliquées aujourd'hui, les les les suspects qui ont été mis en examen et en particulier les plus jeunes. Quel risque pèse sur eux d'un point de vue ?

Alors voilà, dans dans ces 15 personnes pour le moment, le le l'éventail aussi des peines, d'abord encore une fois l'instruction n'est pas terminé hein. Donc il faudra voir ce que les les magistrats instructeurs et ce que le parquet antiterroriste décide à la fin de ces investigations. Il est évident que entre la collégienne qui est mise en examen pour non dénonciation pour dénonciation calomieuse et et les et les personnes qui sont mises en examen pour complicité d'assassinat, on n'est pas du tout dans le même registre de peine.

Voilà. Donc à mon avis, il est encore un peu trop tôt tout bêtement pour répondre véritablement à votre question puisque pour le moment encore une fois euh l'enquête, elle continue à essayer de de véritablement déterminer les responsabilités des uns et des autres. Enfin, je pense qu'on aura euh à l'arrivée un résultat assez euh assez contrasté.

Euh comment travaillent les les enquêteurs sur un dossier comme celui-ci ? Euh on remonte comment la chaîne ? Il y a combien de personnes qui travaillent sur cette enquête ?

Euh on aimerait savoir parce que c'est véritablement un événement qui a choqué massivement les Français, les plus jeunes comme comme nous. Qu'est-ce qui est mis en place comme dispositif de de de d'enquêteur de service de de police, de service de renseignement pour finalement dérouler la pelote jusqu'au bout ? Bon, alors bien évidemment, vous avez ça c'est c'est une priorité absolue.

Vous avez à la fois la police judiciaire, la sous-direction antiterroriste qui est à qui est à l'œuvre. Vous avez la direction générale de la sécurité intérieure qui est le chef de chef de fil de la de la lutte antiterroriste en France qui également mobilise ses équipe. Vous avez également une coopération internationale pour savoir si cet individu avait des connexions à l'étranger puisqueencore une fois le phénomène terroriste islamiste un phénomène international avec souvent des connexions, ne serait-ce que des connexions sur internet, d'où les les deux individus dans la zone en Syrie.

Voilà, vous AZ vous avez une mobilisation massive pour d'une part savoir très vite si cet individu a des complicités et surtout des complices qui sont susceptibles de passer à l'acte juste après lui, hein. Parce que naturellement que la peur également dans ce dans ce cas de terrorisme islamiste, c'est le multiattentat. Et puis après, c'est naturellement quelque chose qui mobilise parce que parce que l'attentat lui-même et la personnalité de la victime justifie ce fait.

Est-ce que c'est c'est ces policiers, ces enquêteurs qui travaillent sur euh sur cette enquête-là euh travaillent sur d'autres enquêtes euh liées au terrorisme en parallèle ? Euh non, d'habitude ce qui se passe c'est que on essaie quand même d'avoir des équipes qui sont un peu dédiées à à une enquête. Euh après, euh le problème des enquêteurs sur ces affaires euh antiterroristes depuis maintenant encore une fois 6 ans, c'est que les les affaires se succèdent.

Euh le l'attentat d'Anzorov encore une fois euh est est juste intervient juste quelques jours avant l'attentat de la la Basilique de Nice, hein, contre des des catholiques. Euh et comme on le sait, le dernier attentat euh terroriste islamiste remonte à avril dernier à Rambouillet où une policière municipale a été a été tuée. Ça suppose à chaque fois naturellement la mobilisation d'effectif, mais dans la mesure du possible, je veux dire les les les vous avez toujours des enquêteurs qui sont entre guillemets spécialistes d'un d'un dossier.

Est-ce que d'autres complices pourraient être impliqués, pourraient être trouvés, retrouvé et être impliqué dans dans cet assassinat de de Samuel Pat en plus des 15 personnes mises en examen ? Est-ce qu'on est à la recherche d'autres d'autres ramifications ? Alors, c'est voilà, je je le disais tout à l'heure, c'est c'est possible euh puisque visiblement le le la ramifications de de du terroriste euh sur les réseaux sociaux sont pas encore peut-être totalement explorés.

Euh il est toujours possible que de nouveaux noms émergent. Euh il y a encore des zones d'ombre, des points d'interrogation. Euh ce qui est certain, c'est que la personnalité même du terroriste fait que ça l'étendue de ces de ces contacts était était relativement large.

Et ce qui est important de de souligner, c'est que sa radicalité était telle que sa famille s'en était rendue compte et que sa famille en fait l'espionnait. intéressant parce qu'effectivement vous en parlez dans le papier, la famille était au courant des des en tout cas des sites sur lesquels Anzorov se baladait et les sites, ils en avaient ils avaient conscience de la dangerosité des des explorations qu'il menaient sur les réseaux sociaux et sur les sites internet. Oui.

En tout cas, ils étaient conscients du fait que leur leur leurs proches, leurs fils étaient très radicalisés au point même qu'effectivement ils s'inquiétait et que ils espionnaient son téléphone portable. euh pour essayer de voir font pas de signalement officiel et pourtant ils ne font pas de signalement officiel. Euh et et effectivement ça pose l'une des questions probablement central dans ce dans ce terrorisme depuis maintenant un an et demi hein.

Nous en sommes avec Rambouillé au 9e attentat perpétré par des gens qui ne sont pas véritablement connus des services de renseignement comme des comme des terroristes potentiels. Et à partir de là, ce qu'on appelle en jargon le le signalement, hein, donc le fait effectivement de signaler aux autorités la dérive d'un proche, d'un ami, peut-être même d'un voisin, c'est quelque chose qui peut être absolument décisif. En l'occurrence, ça ne s'est pas passé dans le cas d'Anzorov et c'est également d'ailleurs le cas, par exemple, du terroriste de Rambouillet.

Ça pose la question effectivement de de du signalement par les proches. Comment ils auraient pu faire ce signalement ? Comment ça se passe quand on veut signaler effectivement que on a un proche, une connaissance, on soupçonne quelqu'un d'avoir des agissements qui qui peuvent aboutir à un danger extrême.

Oui, il y a il y a il y a il y a un élément tout simple, c'est ce qu'on appelle le numéro vert, donc en fait un numéro de téléphone qu'on peut appeler où on est pris en charge par des par des spécialistes, où ça peut se faire de façon totalement discrète, anonyme. D'ailleurs, ça se passe hein, il y a a y a ça se ça se passe relativement régulièrement. un certain nombre de personnes qui rentrent dans le spectre dans les dans la dans dans les radars des services de renseignement parce qu'ils sont signalés.

Euh ça peut être ça. Et puis sinon, il peut y avoir d'autres méthodes plus classiques tout bêtement d'aller se rendre à la brigade de gendarmerie ou commissariat de police. Euh mais mais bon voilà, visiblement ça n'a pas ça n'a pas été fait.

Bon, de toute façon, dans le cas d'Anzor, il y avait peut-être également un autre élément qui aurait dû alerter l'attention des autorités, c'est son activité, encore une fois sur les réseaux sociaux, activité d'une telle radicalité qu'elle avait précisément euh alors là pour le coup euh attirer et et déclencher les signalements d'internautes qui ne le connaissaient pas ou même d'associations qui ne le connaissaient pas non plus et qui dénonçait ces ces ces messages. particulièrement agi sur les réseaux sociaux. Bon là, visiblement, il y a pas eu donc il n'était pas on peut dire qu'il n'était pas observé, il a été ça a été signalé mais il n'y a pas eu de d'observation suffisante pour anticiper le passage à l'acte ou un éventuel passage à l'acte.

Absolument. C'est-à-dire qu'il a pas été considéré comme comme entre guillemets suffisamment dangereux. Alors, ça soulligne aussi un autre phénomène qui est le phénomène de la France de 2021 ou d'ailleurs de l'Europe de 2021, c'est que la quantité de ces messages est extrêmement importante.

Il y a malheureusement sans sans tomber dans la dans la paranoï et dans dans mais il il y a beaucoup beaucoup de de radicaux qui se passez-moi l'expression qui se lâche sur internet et qui nécessitent des moyens pour essayer de les détecter, pour essayer de les comprendre pour essayer de savoir si effectivement il représente une dangerosité. Des moyens très importants. Justement, quels sont-ils ces ces moyens pour pour éviter et pour empêcher un éventuel passage à l'acte ?

On a souvent entendu parler de ces fameux algorithmes qui repèrent les mots clés, on va dire, mais on sait bien que parfois on peut contourner justement ces mots-clé pour essayer de d'afficher une colère ou une haine autrement que de façon simpliste, on va dire. Alors, il y a il y a une formule qui a été tellement répétée qu'elle qu'elle parfois qu'elle qu'elle apparaît vide de sens. Euh mais c'est la stricte réalité.

Euh je je en tout cas c'est ce que c'est ce que disent les spécialistes et je je le crois, c'est que il y a pas naturellement de risque zéro. C'estàd que euh c'est particulièrement compliqué euh de traquer des gens qui ne sont plus dans des organisation structurées euh qui se contentent d'être inspirés euh par leur entourage ou par leur fréquentation sur internet. C'est c'est extrêmement complexe.

À partir de là, il y a des outils. Je pense que les algorithmes euh c'est un outil important. Le renseignement de terrain euh c'est également un outil important.

Euh la plateforme, qu'est-ce qu'on appelle le renseignement de terrain ? Bah, c'est-à-dire tout bêtement le le renseignement qui qui consiste à à récupérer sur place des éléments de de de la part de de la part d'élus, de la part de membres d'association, de la part de d'honorable correspondant, de la part voilà, c'est d'essayer d'essayer d'essayer un petit peu de comprendre. Mais est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui il y a des consignes massives nationales pour inciter justement, vous parlez d'élus ou d'associations pour faire remonter dès qu'il il y a des des événements, des actions menées ou des propos tenus euh de tout de suite faire remonter et euh les informations pour parvenir à euh détecter euh des individus potentiellement dangereux.

Oui, il y a il y a depuis 2014 un certain nombre de plans contre la radicalisation qui qui ont été mis en place avec notamment le le la sensibilisation, l'incitation à signaler ces éléments. Euh je l'ai dit depuis donc le l'été 2019, depuis un premier attentat à Lyon et puis l'attentat de la préfecture de police de Paris en octobre 2019. Depuis ces attentats qui sont perpétrés par des individus qui sont moins directement impliqués dans une mouvance terroriste identifiée, il y a aussi vraiment, ça a encore été répété par le ministre de l'intérieur début octobre à l'occasion de de l'hommage qui était rendu au policiers tués à la préfecture de police de Paris en octobre 2019.

Il y a un accent qui est mis justement sur la détection de ces signaux de radicalisation. Il y a véritablement quelque chose qui est mise en place. Après, est-ce suffisant ?

Euh, on peut se poser la question. Et de toute façon, ce qui est certain, c'est que le signalement, encore une fois, il est pas total. Visiblement, il y a encore des failles, il y a encore des choses qui ne sont pas dites.

Euh je parlais tout à l'heure de l'activité de du terroriste sur les réseaux sociaux, la plateforme Pharaos he qui recueille ses signalements. Si vous si vous êtes si vous surfez sur internet et que vous voyez quelqu'un qui s'exprime de façon extrêmement radicale, vous pouvez le signaler. Et ensuite, c'est quelque chose qui est pris en charge, qui est décortiqué, analysé et les éléments les plus dangereux sont pris en charge par les les les services de renseignement.

Voilà, c'est et c'est une plateforme qui fonctionne 24 he sur 24, 7 jours sur 7. Qui qui est derrière cette plateforme ? Qui sont les les individus qui travaillent ?

Ah bah, ce sont ce sont des des policiers, des gens qui sont qui sont formés à à la fois à la recueil du renseignement parce que vous pouvez avoir tout et n'importe quoi naturellement. Euh et justement à une première un premier écramage. Euh bon, il faut savoir que la plateforme Pharo justement est montée en puissance après l'attentat de contre Samuel PT qui est bien la preuve que il y avait il y avait peut-être une lacune auparavant.

Euh voilà, donc ça ça peut être également quelque chose qui est mise en place. Euh maintenant euh il faut savoir que l'adversaire il est redoutable, euh qu'il est euh euh relativement nombreux quand même hein. Vous avez quand même au fichier ce qu'on appelle le FSPRT, le fichier de signalisation euh de prévention de de la radicalisation terroriste, vous avez encore en fiche active environ 10000 personnes qui sont qui sont fichées.

Ça ne veut pas dire qu'il y a 10000 personnes qui sont prêts à passer à l'acte demain dans un collège ou ou ailleurs. Mais ça veut dire que ce sont quand même des individus qui sont surveillés. Ils sont surveillés 24 heures sur 24.

Non, ils sont pas surveillés 24 heures sur 24 parce que pouriller 24 heures sur 24 euh environ 10000 individus, ça demande des moyens totalement euh euh en tout cas large dépassant largement ce qui est ce qui est disponible aujourd'hui. En revanche, les plus dangereux, ceux qui sont jugés les plus dangereux sont effectivement surveillés et de toute façon leur cas sont régulièrement réanalysés et réexaminés dans le cadre de de de de groupe d'évaluation départementale de la radicalisation qui réunissent sous l'autorité des préfets les principaux responsables des services de renseignement, des services de police et de gendarmerie de la justice. Voilà.

Donc il y a il y a effectivement une une veille relativement permanente, mais ça veut dire quand même que depuis la guerre en Syrie, depuis le dhadraco-syrien, depuis l'émergence de l'État islamique, le phénomène du terrorisme islamiste est devenu un phénomène de masse qui qui nous pose problème. Vous comprenez que quand vous citez le chiffre de 10000 individus fichés S en France, même si euh tous ne sont pas potentiellement des individus qui passeraient à l'acte, euh ça ne permet pas de nous euh euh rassurer, de rassurer les gens qui qui nous écoutent, qui qui savent qu'on commémore aujourd'hui euh et demain la la l'assassinat de Samuel Patti. Comment on fait pour rassurer aujourd'hui face à une menace qui est permanente ? vous citez en particulier dans votre papier cosigné avec Christophe Cornevin que que que l'influence est majeure des réseaux sociaux en particulier.

Donc il y a aussi des choses qui sont absolument pas palpables, qui nous dépassent, qui sont peu contrôlables et pourtant qui agissent très largement sur les passages à l'acte. Comment on fait aujourd'hui et quels sont les moyens peut-être qui vont être mis en œuvre à l'avenir pour empêcher justement cette influence grandissante ? Je je vois que à l'image, nous avons donc Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale qui vient d'arriver dans cet établissement parisien du 16e arrondissement, en l'occurrence le lycée Jean de la Fontaine où ont lieu comme dans les établissements scolaires français aujourd'hui à la demande justement de Jean-Michel Blanquer des commémorations qui sont une minute de silence qu'on devrait entendre à midi et puis il est censé les professeurs sont censés passer au moins moins une heure ou permettre pendant une heure de cours des échanges, des débats au sujet justement de de la laïcité, la liberté de d'expression.

Je sais pas si Raphaël Bekir en régie peut nous mettre le son des images que l'on que l'on obtient en ce moment en direct et qu'on vous diffuse les enjeux et l'importance et euh et en fait c'est une classe avec laquelle nous travaillons sur euh nous avons lancé un projet le terrorisme léger de l'année. parce que nous sommes engagés dans un projet avec le musée mémorial. Alors le son n'étant pas très bon.

Jean-Vola, je me permets de vous relancer donc sur cette question que je vous posais sur les moyens qui pourraent être mis en œuvre pour justement parvenir à à à observer de façon plus prignante peut-être et empêcher des actes qui seraient menés au travers d'une influence majeure des réseaux sociaux comme vous le vous en parlez dans votre papier aujourd'hui. Alors euh sans sans sans sans sans être trop technique, c'est pas quelques 10000 fichiers S, c'est quelques 10000 fichiers au FSPRT. Bon, peu importe, c'est c'est juste voilà, c'est pas c'est pas la distinction est assez technique.

Bon, peu importe. Euh bon, d'abord la première chose, c'est euh pour rassurer les gens, euh, il faut déjà dire la vérité. Euh c'est ce cette menace, elle est sans cesse euh dénoncée, désignée, mise en avant par les autorités, par les responsables politiques, par les les les responsables judiciaires ou policiers quand ils s'expriment.

C'est une réalité. Voilà, je pense que c'est c'est c'est important de savoir que le combat il continue, qu'il est loin d'être terminé, qu'il faudrait peut-être cesser de penser que après 6 mois sans attentat, la page du terrorisme est est tournée. Je pense qu'il y a derrière des gens qui ont un agenda, qui ont une volonté euh et qui frapperont dès qu'ils peuvent frapper.

Après, il faut naturellement plus de moyens, il faut plus de détection, il faut plus de finesse dans la détection, il faut plus de rigueur dans l'application des lois et des et des règlements. Voilà, c'est ça la c'est ça la la la la la solution. Mais je pense qu'il faut quand même qu'on soit conscient que la lutte contre le terrorisme islamiste, elle est loin, malheureusement très loin, d'être d'être terminé euh parce que les fondamentaux, comme on dit, euh sont toujours les mêmes.

Alors, qu'on le voit en ce moment sur les images que nous vous diffusons, euh le ministre de l'éducation nationale qui s'est rendu donc ce matin et qui est en ce moment dans cet établissement euh euh scolaire, ce lycée euh en à Paris, Paris 16e, le lycée Jean de la Fontaine en ce moment, au côté de la de la directrice de l'établissement, on devrait pouvoir assister à la minute de silence qui a été demandée aux établissements scolaires, aux écoles aujourd'hui en mémoire de Samuel Patti, donc ce professeur assassiné, décapité il y a un an, le 16 octobre 2020 devant le collège dans lequel il enseignait à Conflonorine. Alors, je crois que Jean-Michel Blanquer répond à quelques questions d'élèves en ce moment, des images qui nous sont fournies par la par l'AFP. Je je vous prie de nous excuser pour la qualité hein des images.

Et là, on voulait aboutir un petit peu à voilà pour rejoindre un peu leur leur sujet sur le combat à mener contre leur une partie des élèves euh qui vont aussi écrire un réquisitoire contre le terrorisme. Voilà, il ficre dans un dans un procès procès du terrorisme et et ils vont produire un histoire pour essayer de trouver des des des arguments pour essayer de voilà la professeure ou la directrice de de l'établissement qui est en train d'expliquer au ministre de l'éducation nationale les travaux qui vont être menés pendant 7 heures consacrées aux commémorations de Samuel Patti. Jean-Michel Blanquer avait demandé au aux enseignants de consacrer une heure de leur temps aujourd'hui en fin de journée, une heure de cours à des débats ou tout autre travaux qui leur semblerait utile et bien en échange avec leurs élèves.

On écoute un élève qui parle dénoncer un peu comment dire les que je suis un peu intimidé donc on vaer général pour euh voilà et promouvoir et promouvoir les valeurs de la République puisque on disait on on a fait on a mené un travail, vous pouvez en parler un petit peu sur la démocratie. Euh on a beaucoup parlé de la démocratie parce que c'est aussi à leur programme, c'est une classe de spécialité histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques et on a travaillé pendant là une partie de l'année sur la démocratie et sur les nécessités. Vous voulez peut-être en parler de là d'ailleurs, c'est on est dans l'enseignement de spécialité là.

Oui, tout. C'est pour ça ce sont des des élèves qui sont dans l'enseignement de spécialité et qui sont donc engagés dans ce projet et qui sont très engagés sur la démocratie. Est-ce que vous voulez en parler un petit peu sur les problèmes qui se posent à la démocratie, sa fragilité peut-être ?

J'ai des élèves un peu d'ailleurs si si le but du terrorisme c'est de faire peur, ça ça rejoint la question de votre professeur. C'est quoi la bonne réaction par rapport à quelque chose qui cherche à nous faire cela ? Oui.

Exactement, c'est exactement c'est ce qu'on fait là. C'est ce qu'on est en train de faire là et ce qu'on fait aujourd'hui et demain en particulier. c'est on montre premièrement qu'on n pas peur et deuxièmement qu'on est un deux choses qui sont fondamentales puisque c'est précisément ça que le terrorisme cherche à abattre et cherche à à créer.

Donc le et et parfois le terrorisme réussit certaines choses parce que c'est vrai que crée la terreur. Une société démocratique forte, une société démocratique républicaine doit montrer sa solidité tout simplement qui passe notamment par vous, c'està-dire par la jeunesse, c'est-à-dire le fait d'avoir les bonnes grilles de lecture pour analyser ce qui arrive et et avoir l'attitude qui va bien, c'est-à-dire être un et uni, ça n'interdit pas le débat, au contraire, c'est précisément parce qu'on est un qu'on a un socle commun que sur ce socle commun, on peut avoir la liberté d'expression et toutes les libertés en général et puis montrer de la sérénité. Or, dans ce genre de moment, il y a toujours des gens pour essayer qu'il n'y ait pas de sérénité.

Et ce qui est très important, c'est sentir à la fois fort et serein. Et on est fort et serein quand on a des valeurs claires, ça tombe bien, notre pays a des valeurs claires, c'est les valeurs de la République et c'est pas quelque chose de subjectif, c'est quelque chose qui permet de de bien vivre ensemble. Et c'est ce que vous êtes en train d'étudier à partir du cas du terrorisme, mais on pourrait prendre n'importe quelle autre porte d'entrée, on arriverait au même aux mêmes choses parce que c'est la condition inéquanum pour être dans un contrat social que vous devez étudier par ailleurs en philosophie.

Donc c'est très important il y a eu une atteinte à la République et on doit réagir de de la manière adéquate. Et le plus important dans tout ça, c'est vous, c'est la jeunesse, les enfants, les adolescents, les jeunes pour que vous prépariez une société qui justement soit solide face à ce genre de chose. Mais il y a toujours eu ça.

J'ai vu récemment les les les possédés ou les démons de Dostoyevski, ça dépend des traductions. Euh la société russe a connu des choses comme ça et c'est ça fait partie des des défis qui sont posés à une société. Nous nous sommes une démocratie et on en veut aux valeurs démocratiques.

La démocratie n'est pas la le mode de gouvernement le plus répandu. Forcément, c'est pas quelque chose de de donné. C'est quelque chose pour lequel il faut se savoir se battre parfois ce qui s'est passé pendant la deuxième guerre mondiale par exemple de se battre pour la démocratie et pour la République.

Et là il y a ce genre d'atteinte et on doit montrer que la démocratie c'est pas quelque chose de faible, c'est quelque chose de fort et c'est fort pour permettre la liberté. Et la liberté n en aucun cas une faiblesse. C'est au contraire une force.

Quand on dit liberté, vous avez dit tout à l'heure liberté d'expression. Vous pensez à quelles autres libertés ? Oui, très important.

La liberté de culte, ça va avec la laïcité justement parce que là aussi les par exemple les adversaires de la laïcité disent que ce serait contre le culte, mais pas du tout, c'est le contraire. C'est pas ce qui a la laïcité qui a la neutralité et le respect de toutes les religions. Ça c'est un point extrêmement important et c'est la laïité est faite pour respecter chacun dans ses convictions métaphysiques qu'on croit ou qu'on ne croit pas. et et quelle que soit la religion, c'est ce message, il est très simple aussi, il est très il est très important.

Quelle autre liberté vous pensez très fondamental aussi la liberté de manifestation, c'est vraiment le propre de la démocratie et on a on a besoin de ça, sauf raison particulière pour comme sanitaires ont pu parfois être une exception mais qui justement doit très vite cessé pour que pour qu'on retrouve une liberté démocratique fondamentale. En France, on exerce beaucoup cette liberté. Est-ce qu'il y a d'autres libertés auquel vous pensez ?

L'opinion ? Oui, la liberté d'opinion c'est ça va avec. Tout ça est lié d'ailleurs.

Tout ça fait système. La liberté d'opinion, c'est pas loin de la liberté de culte. C'est liberté d'exercer sa conscience et c'est fondamental.

Et nous qui viv qui sommes nés dans une période de paix et de démocratie, c'est vrai de vous, mais c'est même vrai de moi, on est on le respire le la liberté d'opinion comme l'oxygène. On trouve ça normal et naturel et et heureusement et c'est bien mais il faut jamais oublier que ça ça se défend aussi. Parfois, il faut savoir se battre pour ça.

La liberté de la presse. La liberté de la presse fondamental aussi. Personne ne va niillier ça ici, je pense.

Et et ça va avec évidemment, c'est très voisin aussi. D'ailleurs, il y a liberté de de conscience et puis il y a la liberté d'expression de la conscience. Et donc la liberté de la presse en fait partie.

Voyez ça, dès qu'on dit liberté, il y a beaucoup de d'illustrations de de la liberté. C'est des choses qui nous sont naturelles mais qui dont on ne saurait être privé au même titre que des de l'oxygène ou de des choses dont on a un besoin vital. Et c'est le sens aussi de tout ce queon fait aujourd'hui.

Et si euh Samuel Pati est est mort pour quelque chose, c'est bien pour ça. Et le le meilleur hommage qu'on a à Burante, c'est de faire ce que vous faites. Pensez à ces sujets, travailler à ces sujets, les approfondir et et consolider la République de façon à ce que nous sortions plus fort de ça.

Je vous laisse pardon. Non non mais c'était je ne sais que dire. Je suis moi-même un peu intimidé par cette liberté de la presse qui est devant moi.

Mais c'est important de souligner ce que vous avez dit madame sur le le projet que vous avez en lien avec le musée du terrorisme. Est-ce que je pense que ce projet est important de de musée et que vous soyez déjà en anticipation de la création de ce musée ? Oui, les élèves réfléchissent beaucoup et puis ils sont très touchés.

Alors ça là, ils sont un petit peu intimidés mais c'est un sujet qui les mobilise beaucoup et qui les touche beaucoup. Et puis euh c'était en lien avec notre programme hein parce que comme Samuel Pat, moi je fais aussi mon programme, c'était aussi un fonctionnaire de la République et le programme c'était la démocratie et c'est vrai que on travaille aussi sur des démocraties qui disparaissent, vous rappelez et sur la nécessité de créer et de d'approfondir une culture démocratique, hein. Vous rappelez le le pays dont qu'on était en train de traiter là parce que parce que c'est un point de passage mais qui est quel pays voulez retomber un petit peu là rappeler de 2 minutes ce qu'on a vu mais ouais c'est pas en tout cas qu'il faut être vigilant et que c'est vrai que le terrorisme c'est la peur, c'est la mise en scène, mais que nous on doit rester clair, au clair avec les avantages de nos de notre démocratie, de nos libertés.

Et on expliquait tout à l'heure, les élèves expliquaient tout à l'heure que c'est vrai que on finit par oublier qu'on qu'on les a. C'est comme la bonne santé. Euh on finit par oublier qu'on est en bonne santé et on finit par oublier qu'on a ces libertés démocratiques et il faut en user.

Et donc juste avant que vous arriviez, on est en train de parler de de la liberté de pour le pluralisme de critiquer les opinions et de la particularité du droit français qui est un droit laïque hein. Et est-ce que vous voulez réexpliquer un petit peu ce que les Lola les conséquences de de cela sur le fait que le droit est est laïque ? par rapport à ce qu'on a dit sur les religions dans Oui, c'est important ce débat démocratique.

On a étudié Tocville, vous vous rappelez ? J'espère que vous vous rappelez. Et que disait Tokville ?

Pourquoi il quels étaient les points de vigilance qu'il auquel il nous appelait ? de vis le déf et la doctural parce que Oui. Alors ça c'était c'était plutôt c'était pas Tomville mais c'était Pierre Rosanon.

Ils ont mené une réflexion un peu approfondie pour essayer de voir un petit peu quelles étaient les fragilités de la démocratie et les points de vigilance et que c'était des libertés à expérimenter, que c'était pas seulement des libertés à énoncer, mais que c'était des libertés à faire vivre et qu'une façon de faire vivre ces libertés, c'était effectivement de de lutter et voilà contre ceux qui essayent de créer la peur voilà et d'alimenter les peurs et les patients. Voilà. Très bien.

C'est on voit les ponts qu'il y a entre vos travail sur l'histoire et et le travail de philosophie. Par ailleurs, c'est c'est évident. Je crois qu'on va devoir vous vous laisser madame Gam, vous descendrez vers l'auditorium par l'escalier D.

D'accord. Exceptionnellement. Exceptionnellement.

Et les élèves aussi ? Et les élèves aussi, vous conduisez vos à l'auditorium. Merci à vous tous.

Merci. Merci. Voilà, vous venez d'entendre, on vient de voir en direct l'intervention de de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale qui était en direct depuis le lycée Jean de la Fontaine dans le 16e arrondissement de Paris pour rendre hommage à Samuel Patti.

Il était demandé aujourd'hui à l'ensemble des écoles et des établissements en France de consacrer une heure de cours à des exercices, des travaux en rapport avec la liberté d'expression, la liberté de la presse, la laïcité ainsi qu'une minute de silence. Euh cette minute de silence sera euh établie en tout cas préparée par les établissements en fonction de de ce qu'ils ont décidé les uns les autres. Pour ce qui concerne le lycée Jean de la Fontaine, on pensait avoir cette minute de silence.

Euh visiblement, elle n'aura pas lieu maintenant. Donc euh notre émission s'achève. Merci de nous avoir suivi en direct sur Figaro Live.

Merci beaucoup Jeanquis Zola pour tous vos éclairages sur ce drame, cet assassinat de Samuel Patti dont on célèbre, dont on commémore aujourd'hui le premier anniversaire. Ce sera donc demain 16 octobre 2021. Ça fera 1 an que cet enseignant de 47 ans a été assassiné par un terroriste islamiste devant le collège de Conflance Intonorine dans les Iyblines où il enseignait.

Merci encore de nous avoir suivi sur Figaro Live et sur notre chaîne YouTube. À très vite sur Figaro Live. M.