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interviewRMC· 3 juillet 2024

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Xavier Bertrand, prĂ©sident LR de la rĂ©gion Hauts-de-Fran...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Mais je vais d'abord commencer par vous demander de rĂ©agir Ă  ce qu'Éric Ciotti annonce Ă  l'instant. Il dit avoir entamĂ© une procĂ©dure d'exclusion de Xavier Bertrand. Il dit « Je suis le prĂ©sident de LR pendant encore trois ans et j'ai entamĂ© cette procĂ©dure ».

Comment vous rĂ©agissez ? Il est au RN, Éric Ciotti. Je crois que c'est clair pour tout le monde.

On sait pourquoi il est parti au RN. Parce qu'il pensait avoir un poste de ministre, voiture, chauffeur, gyrophare. C'est ça le rĂȘve de sa vie.

Alors de quoi il se mĂȘle ? Pourquoi il la ramĂšne encore ? De toute façon, on le voit bien aujourd'hui.

Il est en service commandé. Il est en service commandé pour Marine Le Pen pour essayer de créer le trouble. Mais ça ne crée aucun trouble.

Aujourd'hui, vous prenez les Républicains. Grùce à l'ancrage de nos candidats, on est aujourd'hui revenu à plus de 10% de la réalité des votes au premier tour alors qu'on n'était pas présent partout. C'est-à-dire deux fois ce que nous avions fait à l'aprÚs-midi.

Et ça vous permet aujourd'hui d'ĂȘtre vĂ©ritable arbitre et peut-ĂȘtre mĂȘme demain. Et c'est ce que vous espĂ©rez. Vous avez raison.

Parce que du coup, aujourd'hui, au moment oĂč je vous parle, on a une centaine de candidats, les RĂ©publicains comme les IndĂ©pendants. Nous avions 60 sortants chez les RĂ©publicains, une vingtaine notamment chez Lyot, c'est-Ă -dire les IndĂ©pendants, des Ă©lus des territoires. Aujourd'hui, nous sommes bien placĂ©s dans beaucoup de circonscriptions.

Et plus il y aura de suffrages pour nos candidats, plus nous aurons de dĂ©putĂ©s Ă©lus, plus nous pourrons faire en sorte qu'il y ait un vĂ©ritable sursaut rĂ©publicain et un projet. Et qu'on ne soit pas condamnĂ© Ă  se dire, c'est soit le RN avec une majoritĂ© absolue, soit le blocage Ă  l'AssemblĂ©e. On va y revenir, mais quand mĂȘme, je vous repose la question.

Vous, vous considĂ©rez que vous ĂȘtes membre des RĂ©publicains ? Oui. Et puis vous voyez, pas seulement par la carte, mais par aussi ce que je ressens, ce que je suis.

C'est-Ă -dire, je crois Ă  une droite 100% rĂ©publicaine. Enfin, vous Ă©tiez parti, on se souvient quand mĂȘme, Ă  un moment, vous Ă©tiez parti des LR. Gaulliste un jour, gaulliste toujours.

D'accord, donc pour vous, les LR, ça reste le parti gaulliste ? C'est une droite 100% républicaine, une droite 100% indépendante, pardon. Et aussi, ce qui ne plaßt certainement pas à celui qui est parti sur le Rassemblement National, une droite de rassemblement.

Vous rassemblez les gens qui vont bien, les gens qui ne vont pas bien. Ceux qui habitent dans les métropoles comme ceux dans la ruralité. Mais il est temps, Apolline de Malherbe, que ceux qui dirigent, ceux qui gouvernent, les partis, comme le pays, comprennent bien qu'on ne peut pas avoir des Français qui visent dans deux mondes parallÚles.

On ne peut pas avoir des Français qui forment autre chose qu'une communautĂ© nationale. Ça va demander du travail parce qu'on en est loin aujourd'hui. Mais c'est ça l'enjeu de tous les responsables politiques.

PrĂ©cisĂ©ment, depuis deux jours, on parle beaucoup des partis et assez peu des Ă©lecteurs eux-mĂȘmes. Je voudrais juste que vous puissiez entendre le tĂ©moignage qu'on a reçu ce matin sur RMC. Il s'agit du tĂ©moignage d'Émilie.

Émilie, elle est de votre rĂ©gion. Elle est infirmiĂšre libĂ©rale dans la rĂ©gion de Lille. Elle a quatre enfants.

Elle travaille du matin au soir. Elle a voté LR et elle a décidé de voter blanc par dépit dimanche qui vient. Mais elle est aussi la premiÚre témoin dans votre région de cette France qui vote RN.

Et elle le raconte. Moi, j'ai énormément de patients qui votent Front National et je peux les comprendre. Il y a un sentiment de déclassement chez les Français qui est trÚs important.

Du moins, ils ont l'impression de ne pas ĂȘtre entendus. Il y a vraiment un trĂšs gros dĂ©calage en ce qui se passe chez eux et au sommet de l'État. Donc, vous voyez, nous-mĂȘmes, on est confrontĂ©s Ă  une misĂšre sociale qui est terrible et grandissante.

Encore hier, j'ai dépanné une patiente de 20 euros pour finir le mois. Et ça, c'est plus possible. J'ai dépanné une patiente de 20 euros pour finir le mois.

Et hier, on était le 2, le 2 du mois. C'est-à-dire que les fins de mois, ce n'est pas le 30 du mois. On disait que c'était le 10 du mois, le 5 du mois, c'est le 2 du mois.

Et cette patiente, je ne sais pas quelle est sa vie. Mais vous avez aussi des gens qui travaillent et qui n'y arrivent plus. Je pense que ce qui est trĂšs important, on peut se poser sur le cas.

Qu'est-ce qu'on leur dit Ă  ceux qui ont votĂ© RN et qui, peut-ĂȘtre, demain, on va leur dire « Non, non, mais c'est tout sauf vous. Est-ce qu'ils ont mal votĂ© ? Est-ce qu'on n'aurait pas dĂ» les laisser voter ? » Non, mais je veux dire, allant au bout d'une sorte de logique de ce qui se passe depuis deux jours.

Cette angoisse-là, cette colÚre qu'ils ont, on ne peut pas dire aprÚs chaque élection « On a compris, mais on passe à autre chose ». Il faut que la politique, aujourd'hui, se mette à la place des gens, à la place des Français. Et pas seulement de ceux qui vont bien, de tous et tous.

Sans oublier ceux qui sont au milieu, les classes moyennes. C'est ce que j'essaye de faire dans ma rĂ©gion et c'est ce qu'on doit faire au niveau national. Mais vous voyez, cette crise, elle remonte Ă  beaucoup plus que cela. 2005. – Maastricht. – Non, pas Maastricht, le rĂ©fĂ©rendum.

Les gens votent en disant « On ne veut pas de la mĂȘme construction ». Et ils ont le sentiment qu'on s'assoit sur leurs dĂ©cisions. Et c'est ce qui nous amĂšne aussi, d'une certaine façon, la crise des Gilets jaunes.

C'est ça aussi le fond du PrĂ©my. – Vous estimez que les racines de ce qu'on vit aujourd'hui, c'est le refus d'avoir Ă©coutĂ© le suffrage de 2005 ? – Oui, c'est pas seulement
 2005 est un rĂ©vĂ©lateur. – Mais est-ce que les partis ne sont pas en train de refaire un peu la mĂȘme chose ? – Je pense que certains n'ont rien compris au film.

Ça, vous avez entiĂšrement raison. Allons jusqu'au bout, parce qu'il y a deux choses diffĂ©rentes. Il y a cette souffrance de la part de beaucoup de Français.

Il y en a une partie qui, aujourd'hui, pense sincĂšrement que les solutions peuvent venir du Front National ou de se dire « On ne les a pas essayĂ©es, ça ne peut pas ĂȘtre pire ». Si, ça peut toujours ĂȘtre pire, surtout pour ceux qui ont peu. Le deuxiĂšme sujet, c'est qu'il y a aussi la colĂšre vis-Ă -vis du prĂ©sident de la RĂ©publique.

Parce qu'il pense que depuis sept ans, la politique de M. Macron a accentué leurs difficultés, ne les a pas respectées. Il y a les choix qui ont été faits d'une politique pas assez forte sur la sécurité, d'une politique qui n'a pas pris en compte leurs besoins de pouvoir d'achat par le travail.

Et puis, il y a aussi un autre phénomÚne, c'est l'arrogance et le mépris. TroisiÚme sujet, c'est la peur de M. Mélenchon.

C'est ça qui amĂšne beaucoup de gens, clairement, Ă  voter Ă©galement pour le Rassemblement National, alors que le Rassemblement National n'est en rien un rempart contre l'autre extrĂȘme qui est LFI. Donc, vous dites, on n'a pas essayĂ©, ça, ce serait la premiĂšre raison, on est anti-Macron, on est anti-MĂ©lenchon. Mais qu'est-ce que vous dites Ă  ceux qui disent, j'ai votĂ© RN pour des questions de pouvoir d'achat, de sĂ©curitĂ© et d'immigration, qui sont les trois points qu'ils avancent ?

Qu'est-ce que vous dites sur ces deux points-là ? C'est le projet, clairement, sans les outrances, sans l'inexpérience des candidats, les républicains, en y ajoutant aussi autre chose. Sur ces trois points, vous dites, c'est nous les plus crédibles sur pouvoir d'achat, sécurité, immigration ?

Et sur la question de la crédibilité, mais regardez, la droite républicaine, elle gÚre le plus de villes dans notre pays, des départements, des régions. Et encore une fois, c'est aussi ça qu'on apporte, et c'est ça qu'apportent aujourd'hui les candidats des républicains. Mais on va aller jusqu'au bout parce qu'il y avait aussi autre chose.

Vous avez dit, cette dame a votĂ© LR au premier tour et elle a l'intention d'aller voter blanc. Elle dit par dĂ©pit. VoilĂ , moi, je suis prĂȘt Ă  voter blanc si j'ai le choix entre l'ERN et LFI.

Ce sera pour vous ni RN ni LFI ? Clairement, clairement. Je le dis trĂšs clairement.

Et ensuite, parce que ce n'est plus l'heure des consignes de vote, moi, en tant que prĂ©sident de rĂ©gion, je soutiens le candidat qui n'est pas LFI, qui n'est pas RN, qui est le mieux placĂ© pour battre les extrĂȘmes. Ma prioritĂ©, c'est le candidat Les RĂ©publicains, un candidat indĂ©pendant. Mais pour le reste, ni LFI ni RN.

Les deux sont des dangers qui, d'une part, sont incapables de diriger le pays, mais qui, en plus, cÚdent les uns les autres. Vous avez vu la déclaration de M. Mélenchon dimanche soir.

Vous croyez qu'il a mis Mme Rima Hassan comme ça par hasard. C'est honteux ce qu'il a fait. C'est une provocation parce qu'il prend en plus en otage les musulmans de France en laissant penser qu'ils sont, comme beaucoup des dirigeants de LFI, antisémites.

Ce n'est pas vrai. Mais ça, c'est la logique de dresser bloc contre bloc. Ce pays est fracturé.

Et si on laisse les deux extrĂȘmes, M. Bardella, Mme Le Pen, vous avez vu ce qu'ils ont dit avec les binationaux ? Ça rĂ©vĂšle aussi ce qu'ils ont au fond d'eux.

On commence à trier les Français. Il y a déjà trop de nos compatriotes qui, par leur couleur de peau, leur religion, leur prénom, se sentent stigmatisés. Mais on ne va pas continuer comme ça plus longtemps.

Donc vous dites pas une voix pour le RN, pas une voix pour LFI. Qu'est-ce que vous dites de la stratégie multiple, d'ailleurs, de la majorité sortante ? Qui dit tout sauf le RN et qui ensuite dit mais pour les partis républicains, sans forcément mentionner LFI, comme le fait Gabriel Attal.

Comme Jean-François CopĂ© sur votre plateau hier, je trouve ça indigne. Ça ne peut pas ĂȘtre Ă  gĂ©omĂ©trie variable, l'Ă©thique et les valeurs. Les deux extrĂȘmes doivent ĂȘtre Ă  combattre, pour les raisons que je vous ai expliquĂ©es.

Et je pense qu'il faudrait qu'il y ait cette clarification de la part de ceux qui ne sont plus aujourd'hui la majorité. On continue d'appeler la majorité, ça n'est plus du tout le cas. Il y a un autre point.

Vous savez, encore une fois sur cette dame, le tĂ©moignage Ă©tait vraiment important tout Ă  l'heure. Elle dit, je vais aller voter blanc. Aujourd'hui, il y a une large majoritĂ© de Français en colĂšre et on n'a pas intĂ©rĂȘt Ă  oublier cette colĂšre et Ă  ne pas vouloir y apporter des rĂ©ponses.

Mais qu'est-ce que vous en faites ? Y apporter des réponses, bon sens. C'est ça que font mes candidats.

Oui, mais j'ai quand mĂȘme l'impression que vous dites tout ça depuis des annĂ©es. Des rĂ©ponses comment ? Essayons d'imaginer Ă  quoi peut ressembler...

Dans ces cas-lĂ , dans cette rĂ©gion, dans la rĂ©gion oĂč le Front National aux Ă©lections nationales, parce qu'ils en ont marre de M. Macron, sont si hauts, comment se fait-il, moi qui ne suis pas un magicien, je ne suis pas superman, comment se fait-il que je rĂ©ussis Ă  les faire reculer 17 points ? Parce que je me bats et qu'il y a des rĂ©sultats.

Vous rĂ©ussissez Ă  les faire baisser 17 points, mais enfin, ils s'apprĂȘtent Ă  peut-ĂȘtre avoir un grand chelĂšme dans votre rĂ©gion. Il est possible...

Grand chelĂšme, non, mais derriĂšre aussi autre chose. Il est possible qu'il y ait quasiment la totalitĂ© des dĂ©putĂ©s du Nord qui soient RN. Ils sont arrivĂ©s en tĂȘte dans de nombreuses circonscriptions.

Non, je me battrai contre ça jusqu'au bout et nous veillerons à ce qu'il y ait des candidats qui soient présents. Pourquoi ? Ce n'est pas encore une fois, faire barrage au Front National, au Rassemblement National, ce n'est pas un projet en soi.

Parce que dans ces cas-là, ça veut dire que vous laissez la colÚre là ou vous la laissez monter. Mais il faut la faire retomber en apportant des solutions. Alors lesquelles ?

Essayons d'imaginer ce gouvernement provisoire dont vous parlez. 20 secondes. Je veux aller jusqu'au bout de ce que je voulais dire.

Allez-y, allez-y. C'est trÚs important. Une large majorité de Français est en colÚre.

Il n'y a pas une majoritĂ© de Français qui votent Rassemblement National ou qui veulent le Rassemblement National. Un tiers des voix, c'est important. C'est le mouvement qui est arrivĂ© en tĂȘte, le Rassemblement National.

Mais il y a donc beaucoup plus de Français qui ne veulent pas de la victoire de l'extrĂȘme droite dans notre pays. Et je dis Ă  toutes celles et ceux qui ne veulent pas du Rassemblement National au pouvoir d'aller voter ou de retourner voter dimanche prochain. Cette dame qui dit, au deuxiĂšme tour, je vais m'abstenir, elle fait comme elle veut.

Il n'y a pas de consigne de vote Ă  lui donner. Elle est adulte, elle est responsable. Mais si on ne veut pas que notre pays soit dirigĂ© par les extrĂȘmes et par l'extrĂȘme droite, il faut retourner voter.

Peut-ĂȘtre dans une circonscription oĂč elle se retrouve, comme vous disiez tout Ă  l'heure, face Ă  LFI-RN. Et dans ces cas-lĂ , vous feriez comme elle. Est-ce que vous parlez des Français maintenant ?

Xavier Bertrand, les alternatives d'abord. Essayez quand mĂȘme de se projeter. Le RN parle d'un gouvernement d'union et lance un appel aux dĂ©putĂ©s LR.

Gabriel Attal, lui, parle de dessiner un troisiĂšme chemin avec une majoritĂ© plurielle. Et vous, vous parlez d'un gouvernement provisoire. Est-ce que votre gouvernement provisoire, c'est la mĂȘme chose que Gabriel Attal quand il dit une majoritĂ© plurielle ?

Non. Non, parce que la majoritĂ© plurielle, ça veut dire qu'on va continuer la mĂȘme politique qu'avant en proposant des postes. Je veux un changement complet de politique.

Je veux une politique qui, clairement, sur la sécurité, permette qu'on puisse sortir à nouveau de chez soi sans se poser mille questions. Je veux qu'on ait le pouvoir d'achat par le travail. Je veux que l'on renforce ce qu'on a d'essentiel dans notre pays, les services publics.

C'est une prioritĂ© sur la question, notamment, de la santĂ©. Ça fait partie des sujets sur lesquels on peut avoir des rĂ©sultats trĂšs rapidement. La crise agricole, ce que vivent nos agriculteurs, n'est pas passĂ©e.

Là aussi, c'est une priorité. Mais vous feriez ça avec qui ? Alors, avec celles et ceux qui sont de bonne volonté.

Mais ça va jusqu'oĂč, la bonne volontĂ© ? Eh bien, on va savoir dimanche. Parce que, honnĂȘtement, si vous posez la question Ă  quelqu'un, ĂȘtes-vous de bonne volontĂ© ?

Je ne connais personne qui va vous dire « Non, je ne suis pas de bonne volontĂ©. » Vous avez raison. Mais dans ces cas-lĂ , il va falloir ĂȘtre au rendez-vous des preuves, se hisser Ă  la hauteur des responsabilitĂ©s dimanche soir.

Mais si vous voulez que dans ce gouvernement, que j'appelle un gouvernement provisoire, parce qu'on ne va pas faire croire que ça peut durer...

Gouvernement provisoire, vous faites évidemment référence au gouvernement du général de Gaulle, à la sortie de la DeuxiÚme Guerre mondiale. Il n'y a plus de général de Gaulle, c'est vrai. Mais l'esprit qui était celui de savoir est-ce qu'on est capable de s'ouvrir, de se rassembler sur des priorités pour apporter des solutions aux Français...

Mais des priorités, c'est quoi ? C'est trois points essentiels ? La sécurité, le pouvoir d'achat par le travail...

Mais la sĂ©curitĂ©, comment ? Est-ce que vous avez la mĂȘme vision de la rĂ©ponse Ă  apporter la sĂ©curitĂ©, vous, que des socialistes qui se sont associĂ©s, par exemple, Ă  LFI, qui n'ont pas la mĂȘme vision de la police, me semble-t-il, que vous ? Ça va ĂȘtre le rendez-vous de la clarification.

Il y a eu notamment des ministres de l'Intérieur, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, qui ont été au rendez-vous, clairement, de la sécurité, de l'autorité. Mais il ne vous aura pas échappé que l'un comme l'autre ont condamné le nouveau Front populaire ? Oui, mais surtout en condamnant quoi ?

L'emprise de LFI et la dérive de LFI. Là, vous savez, dimanche prochain, on ne sera pas à la fin d'une crise qu'a ouverte le président de la République. La crise que nous vivons, ce n'est pas de la faute des Français, c'est de sa faute à lui.

Donc trĂšs clairement...

Vous avez vu d'ailleurs que le pÚre d'Emmanuel Macron s'exprime ce matin. Il a répondu à une interview de la presse écrite et il raconte qu'Emmanuel Macron, il dit « mon fils m'avait parlé de la dissolution il y a déjà deux mois, il ne l'a pas du tout décidé dimanche soir des Européennes ». Il a plongé notre pays dans des difficultés plus graves.

Encore, écoutez, au moment des Européennes, des millions de Français vont voter et ils donnent ce résultat-là. Le président qui a donné la fiÚvre, prend la fiÚvre et dit « tiens, je vais vous la reprendre dans trois semaines ». Qu'est-ce qui se passe ?

C'est le mĂȘme niveau de fiĂšvre, bien Ă©videmment. Sauf que derriĂšre, attention, c'est qu'il faut bien comprendre une chose, c'est la stratĂ©gie aujourd'hui de LFI. LFI veut la victoire du Rassemblement national.

Et le Rassemblement national, quand vous les voyez bien aujourd'hui...

LFI, ils appellent aujourd'hui, ils se dĂ©sistent parfois, leurs propres candidats. Ils n'ont pas hĂ©sitĂ© Ă  se dĂ©sister pour empĂȘcher que le RN arrive, non ? LFI, M.

Mélenchon, n'a qu'une envie. N'a qu'une envie. C'est que le Front national arrive au pouvoir pour lui prendre le pouvoir dans la rue.

Cette attitude-là est scandale. Dans la rue ? Cette attitude-là est anti-républicaine.

Ce que souhaite M. MĂ©lenchon, c'est l'affrontement. Et le Front national, on le voit bien aujourd'hui, mais n'est absolument pas prĂȘt.

ZĂ©ro solution au problĂšme des Français. Vous avez vu les rĂ©tro-pĂ©dalages permanents. Quand ils disent « on a un gouvernement, on est prĂȘt », ben attendez, ils sont seuls.

Ils ont essayé de débaucher. Alors, Jordan Bardella dit qu'il est en discussion et qu'il appelle les républicains à suivre le chemin avec le RN. Ce sont des menteurs, ce sont des pipoteurs, ce sont des charlots, Rassemblement national.

Vous avez Mme Le Pen qui va venir demain. Tiens, demandez-lui des noms. Hier, elle a été incapable d'en donner parce qu'ils n'en ont pas.

Et sur la question aujourd'hui, vous voyez l'Ă©tat du pays. SeptiĂšme puissance mondiale. Un pays oĂč il y a une dette comme ce n'est pas possible, des failles comme ce n'est pas possible.

Et on va dire, un jeune homme de 28 ans qui a peut-ĂȘtre du talent parce qu'il est bien peignĂ©, parce qu'il a un beau costume, parce qu'on l'a bien formatĂ©, c'est lui qui va diriger notre pays sans expĂ©rience. Et un jeune Ă  la tĂȘte de l'État, on a dĂ©jĂ  essayĂ©. On a payĂ© pour voir, on a vu ce que ça donnait.

Un peu d'expérience. Vous faites un peu en saquille au président, Emmanuel Macron ? Mais bien sûr, l'expérience, ça compte.

Une expĂ©rience d'Ă©lu, quand vous n'avez jamais eu en face de vous des gens qui sont venus vous voir parce qu'ils Ă©taient dans la difficultĂ© et la solution pour eux passe par vous. Quand vous n'avez jamais Ă©tĂ© aux Ă©preuves du pouvoir, vivre des crises, je suis dĂ©solĂ©. Vous dites donc qu'ils ne sont pas prĂȘts.

J'en dĂ©duis aussi qu'Ă  l'inverse, vous dites que l'expĂ©rience qui a Ă©tĂ© la vĂŽtre, vous avez Ă©tĂ© ministre, vous ĂȘtes prĂ©sident de rĂ©gion, vous avez Ă©tĂ© aussi Ă©lu local. Est-ce que ça, c'est important ? Est-ce que vous, vous seriez prĂȘt Ă  aller dans ce gouvernement provisoire ?

On me pose souvent la question, je suis prĂ©sident de rĂ©gion, je ne suis pas Ă  la recherche d'un emploi. Une chose est certaine, lĂ  oĂč je suis, Ă  la place qui est la mienne, moi je n'hĂ©siterai jamais Ă  jouer la carte de l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, au moment de la crise des Gilets jaunes, il y a un peu une panne de solutions et c'est moi qui propose ce qui est la prime de 1 000 euros qui est devenue la prime Macron.

Je n'ai jamais hésité à faire des propositions, à apporter des solutions pour sortir mon pays de la crise. Parce que mon pays, c'est beaucoup plus important que les références d'un parti. C'est ça ma conviction et je ne dévierai jamais de cette ligne.

Maintenant, autre question. Vous dites, il faudrait ce gouvernement qui apporte des réponses sur le pouvoir d'achat, la sécurité, l'immigration, les services publics, la santé, dites-vous, toutes ces mesures d'urgence. Mais avec qui partagez-vous une vision là-dessus ?

C'est-Ă -dire, est-ce que franchement, au-delĂ  des vƓux pieux, est-ce que dans les faits, vous imaginez une seule seconde qu'aprĂšs avoir Ă©tĂ© membre du nouveau Front populaire et avoir Ă©tĂ© Ă©lu sur l'Ă©tiquette du nouveau Front populaire, des socialistes, des communistes, des Ă©colos, je n'ai bien compris pas LFI, mais vous rejoindrez sur des questions de sĂ©curitĂ©, d'immigration, de pouvoir d'achat ? C'est Ă  eux de le dire. Moi, ce que je veux, c'est montrer qu'entre le Rassemblement national avec une majoritĂ© et le blocage, il y a une autre solution.

Il y a un autre espoir. Et si on ne se rend pas compte dimanche qu'il faut absolument trouver une solution, on n'a rien compris à ce qui se passe. Parce que le blocage à l'Assemblée, ça voudrait dire une chose.

Ça voudrait dire trĂšs clairement qu'on laisse les Français dans leurs difficultĂ©s. Je veux les sortir de leurs difficultĂ©s. Et mĂȘme si c'est compliquĂ©, c'est possible.

Il n'y a aucune fatalitĂ©. Ni avoir le Rassemblement national gagnĂ©, ni avoir l'enguisement de notre pays. François Ruffin, qui est un de ceux dont le gouvernement a estimĂ© qu'il Ă©tait rĂ©publicain, en tout cas acceptable de le soutenir, au point que le prĂ©sident de la RĂ©publique a appelĂ© lui-mĂȘme la candidate Renaissance qui Ă©tait face Ă  lui pour qu'elle se dĂ©siste et tentait de faire Ă©lire M.

Ruffin face Ă  un candidat RN. François Ruffin, il dit « Moi, je suis prĂȘt Ă  gouverner avec une sorte d'union nationale » Ă  deux conditions. Les deux conditions qu'il pose, c'est un, l'abrogation de la rĂ©forme des retraites, deux, le retour de l'ISF.

VoilĂ  les conditions qu'il pose. Est-ce que c'est des conditions qui permettraient de travailler ensemble ? Je vous ai dit quoi tout Ă  l'heure ?

Pas tout Ă  fait le mĂȘme programme. Sans les extrĂȘmes. Vous estimez par exemple que François Ruffin, pour vous, fait partie des extrĂȘmes ?

Il n'a pas rompu avec LFI. C'est quelqu'un avec qui, je le sais, je le vois. Vous ne comprenez pas donc que le gouvernement
 Je le sais.

Sans les extrĂȘmes, je vous l'ai dit. Sans les extrĂȘmes. Et les extrĂȘmes, c'est qui ?

C'est LFI et c'est le Rassemblement national. Monsieur Ruffin, j'ai travaillé avec lui pour essayer de sauver des entreprises avec notamment Roland Lescure, le ministre de l'Industrie. Il est élu de la SEM.

Notamment sur le dossier mĂ©taire. Il essaie de l'ĂȘtre. Mais il est LFI.

Il n'a pas rompu avec LFI. Je sais le travail qu'il est capable de faire, mais il est LFI. Et il n'a pas voulu, je dirais trĂšs clairement, rompre.

Il a dit, on verra peut-ĂȘtre aprĂšs les Ă©lections. Clairement, on dit les choses comme on les pense et ce qu'on ressent. VoilĂ  les diffĂ©rences de fond.

Est-ce que vous avez vu, Xavier Bertrand, cette chanson de rap anti-RN qui hier a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux par un collectif de rappeurs dans les paroles qui sont extrĂȘmement, non seulement machistes, les femmes sont traitĂ©es de putes. Marion, Marine, pute, baise la mĂšre de Bardella, anti-IsraĂ«l, il parle de la Palestine, de la Seine au Jourdain, anti-francs-maçons qui sont citĂ©s, qui reprĂ©senterait Shaitan, le Satan en arabe, complotiste Ă©galement sur les questions notamment du vaccin. Comment vous rĂ©agissez Ă  ces propos ?

J'attends que ce ne soient pas les responsables politiques qui s'en saisissent. Mais dans ces cas-là, que ce soit le procureur de la République. Parce qu'il faut bien faire la différence entre la liberté d'expression et au bout d'un moment la violation de la loi.

Notamment l'incitation Ă  la haine ou pas. Et donc sur tous ces sujets-lĂ , moi maintenant, c'est au procureur de dire si clairement il y a bien violation et qu'il engage le cas Ă©chĂ©ant des poursuites. Vous savez, on est dans un monde aujourd'hui oĂč au-delĂ  des faits, c'est l'Ă©motion, c'est l'exploitation des choses.

Là, on a besoin sur un sujet comme celui-là d'avoir la justice, le procureur qui nous dise clairement ce qu'il compte faire. Et ça évitera justement toutes les polémiques. L'un de ces rappeurs avait eu des propos à propos de mon confrÚre Laurent Ruquier en parlant de lui comme d'une monstruosité qui pue le sperme et d'une pute homosexuelle disant je n'ai rien à voir avec ces dégénérés.

Mais ça, ça n'est plus la liberté d'expression. Le Pau n'avait jamais été condamné. Ce n'est pas normal.

Il est l'un des auteurs de cette chanson antirenelle. Et lĂ , c'est le rĂŽle de la justice. C'est le rĂŽle de la justice.

Vous savez, on est Ă  un moment oĂč ça ne peut pas ĂȘtre en permanence l'inversion des valeurs. On a besoin aujourd'hui Ă  la fois de cohĂ©rence, de sang-froid, mais d'avoir des vrais repĂšres. La justice est un repĂšre.

Vous demandez donc Ă  la justice de se saisir de toutes ces paroles que je viens de mentionner. Et je pense mĂȘme, je suis Ă©tonnĂ©, que ça n'ait pas Ă©tĂ© fait depuis hier. Merci Xavier Bertrand d'avoir Ă©tĂ© avec nous ce matin.

Vous ĂȘtes prĂ©sident LR.