Défense européenne, États-Unis, Russie...La prise de parole de François Bayrou en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les États-Unis et la Russie ont choisi de porter atteinte au pacte de respect des nations et du droit. Évidemment, c'est pour l'Union européenne tout entière et pour tous ceux qui travaillaient en confiance avec l'Union européenne, c'est un bouleversement complet. Mais ce bouleversement va entraîner pour tous les pays européens et pour la France une remise en cause complète des hiérarchies et des urgences.
Le Président demande des propositions au gouvernement. Comment vous allez vous en paraître ?
Je vais assumer la fonction qui est celle du gouvernement, qui est en effet de se prononcer sur l'avenir, de choisir des priorités. La France est le seul pays de l'Union européenne qui avait depuis longtemps prévu que ça pourrait arriver. Le général de Gaulle l'avait dit de la manière la plus incroyablement visionnaire. Et donc, c'est notre responsabilité. Et notre responsabilité, plus que jamais, c'est de choisir les priorités et les hiérarchies. La défense est désormais une priorité évidente pour tous, mais ça n'efface pas d'autres priorités. Par exemple, le souci des finances publiques. Par exemple, le souci du pacte social.
Et tout cela, j'avais dit, en prenant l'image de l'Himalaya, qu'on allait faire l'ascension de tous les 8000 mètres qui étaient devant nous. Nous ne laisserons aucun des problèmes du pays de côté. Et j'aurai l'occasion de m'exprimer, dans les jours qui viennent, sur les choix que le gouvernement a l'intention de porter et de mettre en œuvre pour répondre à la situation que le président de la République a décrite hier, si justement.
Ça suscite beaucoup d'inquiétude, justement, les choix budgétaires courageux que demande le président, sans augmenter les impôts. Ça suscite beaucoup d'inquiétude.
Oui, je ne suis pas sûr que ça soit arrangé dans le chapitre de l'inquiétude. C'est arrangé dans le chapitre de la volonté. Est-ce qu'on peut laisser les choses aller à volo ? C'est proprement inimaginable. En tout cas, pour des hommes politiques, femmes et hommes politiques responsables, c'est impossible. Donc il faut renouveler complètement la vision, les projets pour l'avenir. On va le faire, sans rien abandonner. Le modèle social fait partie de l'identité française.
Il n'y aura pas de priorité donnée à la défense ?
Bien sûr que si. Vous voyez bien qu'il s'agit non seulement de donner priorité à l'accomplissement de la loi de programmation militaire, mais aller au-delà pour une loi de réarmement, ou en tout cas pour une loi de sécurité. On voit bien que l'Europe toute seule, aujourd'hui, avec la guerre d'Ukraine à ses portes, quasiment sur son sol, l'Europe n'a pas les moyens de faire face, en particulier parce qu'elle est totalement dépendante de l'appareil industriel et technologique des États-Unis. Et donc nous avons à construire ce que l'avenir sera. Mais j'aurai l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. Ce que le président de la République a défini hier, c'est simplement le devoir de toute la nation.
Avec des sacrifices à faire pour les Français ?
Oui, moi, je ne parle jamais en termes de sacrifice. Le sacrifice vrai et insupportable, ça serait de laisser la situation aller à volo. Qu'est-ce que vous répondez aux activations de tropinage dans les...
François Bayrou