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Juan Branco : “Coup d’État : Manuel insurrectionnel”

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Franck Branco, bienvenue chez Livre Noir. Vous êtes avocat et vous êtes l'auteur de coup d'état manuel insurrectionnel aux éditions du Diable Vauvert. Selon la tradition de l'émission, nous allons commencer par une citation, cette fois de Charles Maurice de Talleyrand.

Je cite, « Dans les temps de révolution, on ne trouve d'habilité que dans la hardiesse et de grandeur que dans l'exagération. » Est-ce que vous vous identifiez à cette maxime ? Bonjour, merci de m'inviter.

Je crois au courage et à la conséquence. Je considère que les révolutionnaires de salon qui font de cette notion un concept romantique, complètement défasé et en dehors des réalités, sont des inconséquents. J'ai inauguré avec Crépuscule, qui est un texte qui, comme vous le savez, a provoqué beaucoup de remous, un vrai travail personnel aussi de détachement d'un certain nombre de croyances à laquelle j'avais été formé au cours de mon parcours, qui consistait à m'accrocher à un système que je croyais démocratique et à me permettre et me pousser à y trouver une place.

Ça m'a amené à accompagner les Gilets jaunes, après avoir accompagné Julian Assange et quelques autres, et à écrire un ouvrage qui s'appelait « Abattre l'ennemi », qui était une conception de l'après. C'est-à-dire que si une révolte comme celle des Gilets jaunes avait abouti, si les quelques maîtres qui nous avaient séparés de l'Elysée avaient été franchis, quel était le projet politique qui aurait permis de réunifier la France et de lui redonner un destin, au-delà des brisures partisanes auxquelles on est confrontés ? C'est un vrai travail d'élaboration politique, extrêmement précis, avec même un plan de Paris détaillé, où on reconfigure les institutions, on ouvrait Paris au reste de la France à nouveau, à ses classes les plus populaires, ainsi de suite.

Et il restait, en fait, après avoir dévoilé le fonctionnement non démocratique et complètement spectacularisé de notre pseudo-régime politique avec crépuscule, et donc cette conception de l'après, il restait à réfléchir au comment. Comment, en fait, provoquer cette bascule ? Comment s'assurer qu'un mouvement populaire comme celui des Gilets jaunes pourrait arriver à ses fins ?

Et comment il pourrait produire des conséquences ? Parce que si vous restez dans...

On l'a vu, là, sur la réforme des retraites, sur les débats absolument incandescents et artificiels sur les questions des violences policières, et Paris-Cochet, du coup, des violences des manifestants, on rentre dans une dialectique qui est le plus méchant, sur un jugement moral, une forme d'indignation complètement vaine, on ne cesse de dénoncer l'absence de démocratie tout en cherchant à faire évoluer cette absence de démocratie au sein du jeu dont on dénonce les règles. Et en fait, ce que l'on fait lorsque l'on fait ça, c'est tout simplement chercher à trouver sa place dans ce système. Et c'est tout.

Donc la question, c'est comment on sort de cette dialectique infamante et comment est-ce que l'on propose véritablement des alternatives qui permettent au peuple de retrouver sa souveraineté. Ça m'amuse par ailleurs que vous citiez Talleyrand, parce que j'ai une petite anecdote, mais qui à mon avis assez...

Parce qu'évidemment, une des sources principales de cette forme de révolte qui m'habite par rapport à l'existant, c'est ma pratique d'avocat. Et la violence avec laquelle la justice en France traite ses populations, son incapacité à réguler la violence, pour le coup, et à ne pas fabriquer plus d'injustices qu'à en réparer. Et je représentais des victimes dans le cadre du procès de l'attentat de Nice, sur deux procès-spectacles complètement ridicules, qui a été mis en scène à Paris, donc déjà à plusieurs centaines de kilomètres des lieux, où on a essayé de trouver trois, quatre boucs émissaires pour donner l'impression qu'une justice passait, alors qu'en parallèle, tout ce qui a trait aux responsabilités de l'État était complètement enterré.

Ça m'a permis d'y interroger Hollande, Cazeneuve, Estrosi, sur leurs responsabilités respectives, en dehors évidemment du cadre, ce qui avait le don d'irriter beaucoup le président. Et vous allez voir comment on retombe sur nos pattes, qui était fou furieux, en fait, que j'essaye de mettre à nu cette mise en scène, ce procès instrumental qui n'avait que pour fonction de donner l'impression aux victimes et aux Français que la justice faisait quelque chose, là où, en vérité, l'objectif était d'enterrer le scandale qu'a constitué cet attentat et la dérélection complète des autorités face à cette violence de masse. Et donc je fais ma plaidoirie, qui est une plaidoirie où j'énonce vouloir le scandale, c'est-à-dire vouloir l'inverse de ce qu'ils étaient en train de produire, cet enterrement de première classe de ce sujet particulièrement polémique, et chose extraordinairement rare, et quasiment unique dans un procès aux Assises, le président a repris la parole, après ma plaidoirie, il s'en est excusé, il a dit lui-même, je le fais souvent, et je le fais rarement, et il a dit, comme le disait un grand penseur, tout ce qui est excessif est insignifiant.

Or, cette citation n'est pas d'un grand penseur, mais d'un homme de pouvoir plutôt de droite, qui s'appelle Talleyrand, et j'ai trouvé en fait, dans l'ignorance de ce pauvre homme, bourré de tics, complètement perdu à l'humanité, et à son asservissement, à ce système qui va à volo, dans la citation Évenne, qu'il a essayé de sortir pour faire l'intelligent, sa confusion entre un penseur et un homme de pouvoir disait tout de son positionnement idéologique. Évidemment, il n'y a pas de pensée lorsque l'on sert le pouvoir, lorsque l'on est à la position, par exemple, de ce président de Cour d'Assise, Laurent Raviot, et de façon générale, lorsque l'on sert de quelconque façon une avarie. Et donc, comme il n'y a pas de pensée, on confond le penseur et le puissant.

Vous l'aurez compris, durant cet entretien, nous allons échanger principalement sur votre livre, mais aussi les tensions sociales et politiques suite à la réforme des retraites. J'en profite pour remercier nos fidèles auditeurs et internautes. N'hésitez pas, comme à chaque fois, à commenter, partager et aimer cette vidéo.

C'est très important. Pour le référencement, je vous cite l'article 412.5 du Code pénal.

Le fait de diriger ou d'organiser un mouvement insurrectionnel est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750 000 euros d'amende. C'est ce que vous faites très clairement dans votre livre, si je ne me trompe pas. Ah, vous faites erreur.

Je ne dirige rien à partir de mon livre. Dès lors, je pense ne pas être concerné par cette provision. Je serais ravi.

Est-ce que c'est le bon article ? Ce crépuscule avait déjà été signalé au procureur de la République par Aurore Berger, qui était à l'époque porte-parole du groupe parlementaire En Marche, pour provocation à commission de crimes et délits. Elle avait eu cette phrase magnifique, comme quoi on peut être poète malgré soi.

Elle disait qu'il y avait pire que celui qui frappait ou qui ordonnait les violences. Il y avait celui qui armait les esprits. Et j'en ai tiré une grande fierté d'être accusé publiquement, et qu'il y ait eu une tentative de la part d'un représentant du pouvoir de m'entraîner dans une procédure judiciaire pour avoir supposément armé les esprits, parce que je trouvais qu'il y avait une forme d'aveu de leur part, en fait, de la puissance et de la véracité de ce texte.

Avec le présent, que j'imagine que vous avez lu, on rentre sur une dialectique plus frontale avec le pouvoir, qui a essayé depuis, parmi le moyen, de m'éliminer. Il y a eu des accusations de viol qui sont absolument indécentes. Il y a eu, avant, l'affaire Pawlensky.

On a essayé de me faire passer pour l'auteur de la diffusion de la vidéo du sexe de Benjamin Griveaux. Grand traumatisme dans l'espace bourgeois parisien. On ne s'en est toujours pas remis.

Et ça continue à faire trembler certains esprits, je ne sais pas si étriqués ou qui se croient libertins. Et donc, avec à chaque fois des poursuites pénales, des tentatives de ce qu'on appelle d'assassinat de caractère, pour faire un anglicisme. C'est un terme qui provient des États-Unis, qui sont les grands spécialistes de ces manœuvres.

En somme, une violence qui tentait de s'appliquer sur moi, de façon croissante et surtout de façon de plus en plus sale. Et donc, en fait, je serais quelque part ravi s'ils essayaient de me poursuivre frontalement. C'est-à-dire que s'ils assumaient la réalité des raisons qui les amènent à se comporter comme ils le font à mon égard, je n'aurais aucune difficulté à leur faire face devant un tribunal pour me défendre.

J'ai la chance d'être avocat, d'avoir fait des études, entre autres, de droit, et d'avoir assez conscience non seulement de mes droits, mais de mes capacités à porter un discours qui soit insurrectionnel ou révolutionnaire, si je le considère nécessaire. Donc, vous considérez que cet article ne vous concerne pas ? Non, parce que je ne me considère pas comme un dirigeant politique, en tout cas à ce stade.

J'aimerais voir le dirigeant politique faire preuve d'un peu plus de courage et se saisir de leur accès qui est régulé par l'État. Vous savez, lorsque vous avez un certain pourcentage dans les élections, on vous octroie des temps de parole, et on distribue comme ça un peu l'accès à l'espace du visible, institutionnel du moins. Et ces personnes-là, en fait, devraient avoir le courage dans des situations comme celle-ci, où le peuple, se sentant méprisé, pourrait avoir vocation à transformer les modalités de représentation et de gouvernance, à les inciter à le faire.

Ils ne le font pas parce qu'ils ont peur, une peur tremblante de s'effondrer. Je représente au Sénégal M. Sonko, qui est le principal opposant au président en cours.

Et on a tenté de l'éliminer par différents moyens, socialement, judiciairement, physiquement. Et maintenant, il y a une tentative, à travers un procès en diffamation, de le faire condamner à une peine quelconque, dans le seul but de le rendre inéligible. Je peux vous dire que le peuple sénégalais n'a pas tremblé au moment de sortir dans la rue pour défendre non pas la personne qu'il représentait, mais à travers lui, la possibilité d'être représenté et de faire entendre leur voix.

Et ils ont mis le pouvoir face à une telle difficulté que celui-ci a fini par sortir des armes réelles, non pas les pseudo-armes de guerre qu'on invoque dans les manifestations françaises, avec plusieurs morts à la clé. Et ça n'a intimidé personne. Ça n'a intimidé personne parce que, lorsque votre liberté et votre souveraineté sont en jeu, et que vous avez des dirigeants politiques qui ont le courage et la dignité de considérer que ce sont des enjeux véritablement essentiels, qu'il ne s'agit pas juste de beugler sur les plateaux de télé ou à l'Assemblée nationale en prétendant à l'outrage du peuple et de la démocratie sans en tirer les conséquences.

Bien évidemment, il y a un esprit de corps et une forme aussi de vitalité qui émerge au sein de la société et qui permet de mettre en place des rapports de force qui font tomber les systèmes dérivants. Et je considère qu'en France, on est vraiment dans une configuration où il y aurait une légitimité à le faire, où ce que j'ai décrit comme un système oligarchique dans Crépuscule, que j'ai essayé de détailler par la suite dans un certain nombre de conférences, ne laisse aucun espace à une représentation réelle des intérêts des Français et ne laisse aucun espace à un acteur politique sans qu'il entre dans des compromissions extraordinairement basses avec des puissances de l'argent notamment, mais aussi des puissances idéologiques et du coup une forme de trahison par rapport aux mandats qui lui ont été octroyés. Et d'ailleurs, c'était la déduction des Gilets jaunes après le scandale de la taxe carburant et qui a très vite débouché de façon extraordinairement intuitive et du coup intelligente de la part de ce peuple que l'on considérait sombre et inintelligent à des dispositifs de type RIC, de référendum d'initiative citoyenne, de mandats impératifs et révocatoires, c'est-à-dire des instruments de démocratie directe qui leur permettent de ne plus être dépendants de cette petite caste de représentants parfaitement avariés et dont ils avaient compris qu'ils ne pourraient plus jamais honnêtement les représenter.

Donc quel est l'objectif de ce livre « Coup d'État » ? Donner des instruments au peuple pour retrouver sa souveraineté. Alors c'est une façon un peu...

C'est une périphrase. Abstraite de le dire, mais c'est un manuel. Donc ça donne des instruments et ça permet de sortir de la théorisation intellectuelle assez, j'allais dire infâme.

Oui, elle est infâme lorsqu'elle ne vise pas en fait à...

Vous voyez, il y a une forme de satisfaction à dénoncer ou même à sentir que ce que l'on dit est pertinent et de trouver des personnes qui l'écrivent ou vous confirment vos intuitions ou ce que vous avez toujours pensé. Et on a une forme d'adhésion aux intellectuels qui passe souvent par ces mécanismes. On essaie de regarder à la télévision dans des chaînes comme la vôtre, de trouver quelqu'un qui va dire de préférence mieux que nous ce que l'on pense et dont on va considérer qu'il est suffisamment légitime pour nous donner un argument d'autorité pour ensuite pouvoir imposer cette pensée à d'autres.

Là, le livre, il a deux aspects. Un premier qui est en effet analytique qui consiste à voir quelle est la meilleure solution pour changer, sortir de l'ornière dans laquelle on est plongé. Donc, on analyse successivement l'élection, la révolution et le coup d'État en essayant de peser le pour et le contre de chacune des options.

Oui, pour vous, il y a trois options. C'est ça. Et après, il y a les modalités pratiques.

C'est un chapitre à part entière qui consiste à dire, OK, dans le cas où on voudrait mettre en œuvre une révolution, quels sont en fait les outils qu'il faudrait mobiliser, quels seraient les points dont il faudrait s'assurer qu'ils soient neutralisés, et comment est-ce qu'on peut, sans violence physique, sans atteindre au corps, sans chercher à embraser le pays, au contraire, essayer de produire une transition politique vers un meilleur modèle. Et donc, ça passe par une organisation de...

J'allais dire une organisation de la violence. Mais ce n'est pas tout à fait ça. C'est-à-dire que, par exemple, lorsque vous pensez à envoyer vos charges d'oligarques dans un bagne au Kerguelen ou sous un plexiglas dans les bas-fonds de la place de la Concorde, c'est une forme de violence, évidemment.

Mais l'idée, c'est justement d'institutionnaliser. Ce n'est pas de créer une forme d'alalie dans laquelle chacun pourrait se venger, ainsi de suite, créer une forme de désordre comme ça qui serait anarchisant et destructeur. C'est comment est-ce qu'on rétablit une forme d'autorité au sein de ce pays, de façon à mettre un coup d'arrêt au pillage systématique de nos ressources.

Parce que je rappelle quand même que l'État, la fonction principale de l'État, c'est de concentrer les ressources que l'on produit tous au sein du territoire, de les concentrer à Paris avant de les redistribuer. Dans un système idéal, cette redistribution, elle se fait selon les préférences du peuple et donc on décide collectivement de sacrifier un peu de notre bien-être personnel pour permettre des projets collectifs qui, sur le long terme, nous rendront plus forts. La réalité aujourd'hui, c'est qu'une grande partie des ressources qui sont ainsi collectées sert en fait à créer des sortes de petites aristocraties sans le talent, c'est-à-dire sans mérite, ce qui consiste simplement à s'alimenter du travail et des ressources du reste des Français et à vivre en courtisant dans une sorte de petite sphère que j'appelle le petit Paris et dans laquelle en fait, par votre accès au pouvoir, vous allez pouvoir vivre avec un grand confort.

C'est le cas notamment de la plupart de nos propriétaires de médias qui sont, non sans hasard, des propriétaires de licences téléphoniques, donc des gens comme Xavier Niel, Patrick Drahi ou Martin Bouygues. C'est-à-dire que l'État leur accorde un droit à participer à un marché qui est celui du téléphone portable, qui est un droit très limité. Il n'y a que quatre personnes qui ont le droit d'intervenir sur ce marché.

Donc, ça crée ce qu'on appelle un oligopole en économie, c'est-à-dire que vous n'avez pas de concurrence externe, vous êtes à quatre en concurrence et du coup, en fait, vous trouvez un accord tacite ou explicite sur les prix qui stabilisent vos revenus et qui leur permettent d'engranger de façon récurrente des centaines de millions, voire des milliards pour une raison très simple. Personne ne peut se passer de téléphone portable et vous n'avez que le choix qu'entre quatre opérateurs. Donc, c'est une rente qui est évidemment extraordinairement désirée parce qu'en plus, il suffit d'investir un peu au départ, mais pas vraiment.

Xavier Niel, par exemple, il s'est contenté de piller les infrastructures d'Orange les premières années. Il n'avait pas d'infrastructures en propre, et peu à peu, il a construit les siennes avec les bénéfices qu'il tirait de cette participation oligopolistique. Et donc, évidemment, beaucoup de gens rêvent de devenir un de ces oligarques et d'avoir accès à ce marché.

Et donc, ceux qui y ont accès sont redevables à ceux qui leur ont donné accès. Et qui leur donne accès à ça ? Officiellement, c'est l'ARCEP.

En réalité, c'est les politiciens. En l'occurrence, pour Xavier Niel, ça a été François Fillon. Et après, pour Patrick Drahi, lorsqu'il a voulu racheter SFR, et qu'il a racheté SFR, provoquant le licenciement de plusieurs milliers de personnes, ça a été Emmanuel Macron comme secrétaire général de l'Elysée et François Hollande comme président de la République.

Et c'était raconté par la main droite de Patrick Drahi, donc le propriétaire des SFR aujourd'hui. Lorsqu'il est reçu par Emmanuel Macron et François Hollande, on lui explique qu'en retour, il faut qu'il fasse un petit effort pour eux, qu'il les aide. Et qui consiste en quoi ?

C'était raconté dans un article notamment de Vanity Fair, de Sophie Desdéserts, pour ceux qui cherchent des sources et qui craindraient que je sois en train de leur inventer une histoire tellement elle est fascinante. Et ça passe par quoi ? Ça passe par le fait de racheter un certain nombre de médias, en l'occurrence BFM, L'Express et Libération, ce qui va lui permettre d'y placer des têtes de pont, en l'occurrence ce même Bernard Morad, qui était conseiller de Patrick Drahi, qui va devenir conseiller de Macron pendant la campagne présidentielle, et qui entre-temps avait des postes de responsabilité au sein de BFM, L'Express et Libé, et qui ensuite, in fine, sera nommé à Bank of America, évidemment, en récompense des services rendus pour gagner des fortunes.

Eh bien, on y place des têtes de pont, pourquoi ? Pour s'assurer que le traitement médiatique de tel ou tel candidat ira dans telle ou telle direction et que donc, on pourra en assurer la réélection ou l'élection, ce qui permettra évidemment par ricochet de s'assurer que l'on gardera sa place dans cet oligopole qui rapporte des milliards. Et le coût d'acheter un média, de financer un média, est si faible par rapport aux bénéfices d'avoir accès à cette rente qui est faite au détriment des Français, qu'évidemment, ils acceptent parfaitement et c'est pour ça que Patrick Drahi, qui ne s'intéressait pas du tout aux médias français, a investi dans ces médias et que ces médias ont pris progressivement cette orientation complètement traître par rapport à leur idéologie de départ, que ce soit L'Express ou Libé, où sont devenus tout simplement les relais du pouvoir les plus indécents, allant jusqu'à provoquer la nomination de Marc-Olivier Fogiel à la tête d'une rédaction, ce qui je pense est assez inespéré au regard du parcours et de l'intelligence de la personne, sans que ça produise de scandale, parce qu'évidemment, tout cela se fait à bas bruit.

Et donc, on a une fabrique de l'illusion de la démocratie qui se met en œuvre. Ça permet de propulser des personnes que même Emmanuel Macron dans l'espace public sans aucune difficulté, de descendre des opposants si nécessaire. Tout ça avec une forme de complicité passive des journalistes qui pour la plupart ne s'intéressent pas à ces sujets, donc ne sont même pas conscients d'être...

C'est la figure de style qu'avait énoncé, enfin le symbole, oui symbolique qu'avait énoncé Chomsky qui disait, écoutez, comment se rendre compte que l'on est compromis lorsque l'on n'a pas les moyens intellectuels pour ne serait-ce que comprendre dans quel système on agit. Donc c'est un peu l'image du chien et de la laisse. Tant qu'il ne tire pas sur la laisse, il ne se rend pas compte qu'il y a une laisse.

Et s'il est très bien dressé, peut-être qu'il ne se rendra jamais compte qu'il y a une laisse et peut-être qu'on pourra même lui retirer la laisse parce qu'en fait, il aura appris à réfléchir et à agir dans un cadre que l'on aura déterminé nous-mêmes. Et c'est exactement ce qui se passe avec une partie des journalistes français. Je ne veux pas être insultant, mais c'est ce qui explique aussi le niveau extraordinairement moyen de beaucoup d'entre eux qui surprendent les Français, qui se demandent comment ça se fait qu'on ne trouve pas des gens plus intelligents, plus fins, moins partisans.

Et en fait, derrière, évidemment, une médiocralisation générale de l'espace politique français parce que le niveau d'exigence baisse dans l'espace médiatique. Le niveau, du coup, des politiciens qui réussissent à monter avec des manœuvres plus ou moins fragiles baissent par écochet. Les Français se désintéressent du politique et le circuit de la corruption a ainsi commencé, finit par dégrader jusqu'à s'étouffer complètement.

C'est pour ça qu'en fait, l'hypothèse révolutionnaire ou insurrectionnelle est déductive. Je n'ai pas vocation à devenir révolutionnaire, je n'ai pas du tout un parcours qui m'y prête, je n'ai pas souffert dans ma chair des violences que ce système produit. Mais en fait, par rationalité, par analyse, par déduction et surtout par découverte du fonctionnement de l'intérieur du système, c'est imposé comme une évidence.

Donc, vous voyez, je ne suis pas dans une...

Je ne suis pas une sorte de chien enragé, radicalisé ou compagnie. C'est très froidement que j'ai compris que ce système allait à sa perte et qu'il fallait cesser de participer à cette comédie pseudo-démocratique ou institutionnelle et reprendre la main sur nos devenirs. Vous disiez que votre action serait sans violence ?

Sans violence sur les corps, c'est très important, bien sûr. Mais aucun pouvoir ne se laisse destituer gentiment ? Non, il faut un rapport de force.

Il faut évidemment un rapport de force et j'établis les modalités de ce rapport de force. Mais le symbolique peut être extraordinairement violent, la capacité. Moi, je parle dans ce livre, je reviens sur le geste de Piotr Pawlenski dont on a brièvement parlé.

L'ombre de choc extraordinaire de déstabilisation que cet homme a créé tout simplement en rediffusant une vidéo produite par Benjamin Grévaud lui-même. Ce n'est pas comme on a tenté de le dire, un compromat ou une tentative de...

Non, non. L'homme produit sa vidéo pornographique, il envoie une jeune étudiante qu'il connaît à peine et qu'il a passablement maltraité lorsqu'il a couché avec elle pour rester dans l'euphémisme. Il en subit les conséquences quelques mois plus tard et tremblement de terre.

Tremblement de terre et s'il n'y avait pas eu la crise sanitaire, on n'en parlerait encore parce que, pour l'avoir vécu de première main, ça a commencé le 14 février 2020 avec la démission de Benjamin Grévaud et lorsque l'on est confiné, je pense que c'était le 16 mars, c'était encore en bandeau BFM en continu, donc près d'un mois à tourner en boucle sur le sexe d'un politicien de seconde zone. Donc, vous voyez, en fait, il est assez facile lorsque vous savez comment les toucher et où les toucher de mettre à bas un système. Évidemment, il faut un rapport de force, il faut des mobilisations populaires très importantes et il faut être chirurgical sur les points sur lesquels appuyer et sur lesquels travailler pour s'assurer qu'elles puissent réussir et c'est d'où la description extraordinairement précise et qui couvre l'ensemble du territoire que je propose dans ce texte qui consiste à donner ces instruments pour que le cas échéant, si jamais on se retrouvait dans une situation, c'est très important de le conditionnaliser, dans une situation où il y avait un mouvement populaire qui recueillait comme c'était le cas pour les Gilets jaunes, près de 85% de l'assentiment de la population française, c'est-à-dire qui faisait en gros l'unanimité à l'exception du bloc bourgeois qui ne sont pas concernés voire inquiets que l'on cesse le pillage des ressources françaises, et bien si jamais on retrouve cette situation, il faut absolument que cette fois on ait les clés pour retrouver notre souveraineté et il faut absolument qu'on ait cette préparation et cette maturité suffisante pour provoquer cette bascule et là, ça, vous voyez, les black blocs et l'extrême gauche sont assez déficients dans leur analyse politique, c'est-à-dire qu'ils pensent que c'est la confrontation directe avec les forces de l'ordre qui pourraient provoquer des bascules, alors que les forces de l'ordre ne sont qu'un instrument en fait du pouvoir relativement neutre, évidemment, il peut y avoir des dérives ou ainsi de suite, selon que vous formez plus ou moins bien vos forces de l'ordre, elles vont être plus ou moins disciplinées, elles vont être plus ou moins capables d'autorégulation, elles vont être plus ou moins aussi capables de s'opposer à des formes d'ordre, enfin, des formes d'ordonnancement de violence politique comme c'est le cas aujourd'hui, aujourd'hui, on demande aux forces de l'ordre.

Les forces de l'ordre, on n'est pas face à un système de violence policière, on est face à un système de violence politique où le gouvernement décide de mettre en place un rapport de force avec les populations et utilise comme pur instrument, presque neutre, vous voyez, transitif, les forces de l'ordre afin d'accroître cette violence ou pas. Et donc, évidemment, ce ne sont pas les forces de l'ordre qu'il faut viser, c'est derrière elles, celles qui donnent les ordres. Et moi, en fait, ce que j'essaie de réfléchir dans ce texte, c'est comment on contourne cet obstacle, cette violence légitime qui est exercée par jusqu'à 15 000 policiers, ce qui est très peu sur l'ensemble du territoire dans les moments de tension les plus importants.

Et comment est-ce qu'on évite ce genre de confrontation sanglante qu'un grand penseur de gauche avait déjà dénoncé, Pasolini, qui consistait pendant mai 68 à dire « quand je vois les gamins étudiants de Saint-Germain-des-Prés et les policiers face à eux, je vois des prolétaires qui se font agresser par des bourgeois ». Enfin, vous voyez, on sort de cette dialectisation stupide et qui en plus décale à chaque fois les débats et qui font qu'alors qu'on commence à avoir l'unanimité sur un sujet comme celui des retraites, tout d'un coup, on se retrouve à s'entre-déchirer sur savoir lequel est le plus violent, etc. Et on bascule sur quelque chose Et qui donne finalement raison au gouvernement.

Oui, parce que le gouvernement finit en fait par récupérer la crainte du désordre qui habite une grande partie de la population qui certes n'a pas envie de se faire exploiter deux ans de plus pour engraisser les ploutocrates qui nous gouvernent mais qui n'a pas non plus envie de se retrouver dans une situation où elle va avoir peur de participer à des manifestations parce qu'il y a aussi ce fantasme du riot porn cette sorte de surdiffusion permanente des violences policières dans laquelle on reste fasciné Pourquoi est-ce qu'on fait ça ? Parce que ça nous donne l'impression d'être dans le juste Il n'y a plus de propos politique c'est juste il y a le méchant il y a le gentil celui qui frappe et celui qui ne frappe pas Or, souvent c'est plus complexe c'est le premier point et d'autre part évidemment ça dépolitise complètement ça nous sort en fait du rapport de force qu'on avait mis en place et des enjeux fondamentaux qu'on essayait de ben voilà qu'on essayait tout simplement de soulever et donc là il y a une forme de bêtise et l'autre bêtise c'est que je dénonce dans ce livre en camarade sans présomption morale ou quoi que ce soit c'est tout l'aspect anarchisant du comité invisible qui consiste à penser que les atteintes aux infrastructures et compagnies ponctuelles ont une quelconque utilité politique moi je les vois un peu comme des bourgeois en dimanche qui ont envie un peu de se distraire et qui donc vont essayer de couper des câbles ou de poser des catenères et évidemment que la riposte politique est ridicule quand Nicolas Sarkozy et Michel Alliomari envoient 300 gars du GIGN arrêter 5 étudiants en philosophie qui sont à Tarnac parce qu'ils ont mis un catenère sur un TGV évidemment que tout ça est ridicule qu'il faut le dénoncer les mois de prison préemptive etc. mais il ne faut pas oublier le ridicule de l'acte initial aussi qui consiste à penser qu'on va déstabiliser le système en allant ponctuellement sur un point donné de temps en temps saboter quelque chose non le sabotage ne fonctionne que s'il s'inscrit en fait dans une dynamique révolutionnaire c'est à dire dans des mouvements de type gilet jaune et à ce moment là en effet ça peut avoir un sens de produire ce rapport de force avec le pouvoir si vous dégradez ponctuellement de temps en temps et c'est vraiment un appel à à mûrir à ces individus c'est dire vous êtes dans une immaturité politique une inconséquence extraordinaire la stratégie de l'attention elle ne marche que si vous avez une capacité à vraiment créer de l'attention si vous cassez quelque chose pour que deux semaines après ce soit réparé que personne ne s'en soit rendu compte sauf le gus qui a perdu sa fibre pendant deux semaines pour bosser vous n'allez évidemment jamais créer d'adhésion sur la population ce qui quand même est un préalable important et surtout vous n'allez avoir aucune effectivité politique donc là on sort de ça vous voyez il y a une vraie bascule qui rejoint en fait le discours que j'avais sur la question de l'intellectuel inconséquent j'essaie de déconstruire aussi dans ce livre un certain nombre de fabricants d'impuissance politique et moi sortir du discours purement critique et essayer de tenter de proposer une alternative mais le plus urgent n'est-il pas de réconcilier les français mais c'est en fait c'est notre objectif premier c'est pour ça que c'est d'abaisser le niveau de violence au sein de la société je pense qu'on est c'est vrai vous avez raison de me reprendre parce que j'aurais peut-être dû commencer par là ce qui me fait le plus violence aujourd'hui c'est le sentiment de solitude généralisée c'est vraiment c'est quelque chose qui m'effraie au dernier niveau notamment parce que moi j'ai vécu à un âge parce que c'est quelque chose qui s'est installé récemment ces dernières années ces dernières décennies et que j'ai vécu à l'âge où théoriquement il y a justement le plus d'émancipation sociale le plus de fréquentation entre les 20 et 30 ans et je suis dévasté de voir du fait de décisions politiques par exemple à Paris c'est les politiques immobilières c'est en fait toute cette politique monétaire qui elle-même alimente la spéculation immobilière qui fait qu'il est devenu impossible de se loger en provenant de classes populaires en étant étudiant et ainsi de suite et à fortiori de construire une famille et du coup de s'aimer en fait quelque part dans cette ville et ça ça crée un déracinement et une violence extraordinaire par ricochet et vous allez avoir et moi je suis convaincu par exemple que cette sorte de guerre civile qui a commencé à s'enclencher depuis quelques années autour des questions de genre et de la violence conjugale, sexuelle, etc elle est en fait une répercussion de cette violence sociale qui traverse cette société de cette perte de sens et ainsi de suite donc la question c'est très bien le discours très bien de dire tout ça qu'on est contre ça c'est déjà important parce que nos politiciens sont clairement dans une bulle incapable de se rendre compte de la laideur qu'ils charrient et qu'ils produisent au quotidien mais la question c'est comment est-ce qu'on on sort de cette incantation et comment est-ce qu'on sort de ces vidéos YouTube où d'une façon ou d'une autre on tient un discours qui va permettre de rassurer et de faire du bien aux gens mais qui vont en fait n'être qu'un moment dans leur vie qui elle va continuer à se dégrader parce que le pillage l'exploitation vont continuer à croître et donc là on est obligé de penser sérieusement de façon structurelle en fait une rupture avec le système existant et d'essayer de transmettre des outils pour permettre à chacun de s'émanciper il ne s'agit pas comme vous l'avez vu il ne s'agit pas de proposer dans ce texte une sorte de violence insurrectionnelle qui viendrait du haut qui consisterait il s'agit vraiment de rendre en fait des instruments à l'ensemble de la population française leur dire voilà à l'instant T c'est très important c'est à un moment ne commencez pas maintenant à faire n'importe quoi préparez-vous organisez-vous sur l'ensemble du territoire vous avez les moyens de le faire et à l'instant où vous pourrez enfin trouver la fenêtre pour provoquer cette bascule et bien engagez-vous dans celle-ci avec un sens de l'héroïsme et du sacrifice non pas au sens vous n'exposez pas au bal mais du rapport de force qui sera pourquoi cette dernière phrase je suis désolé que je fais des tunnels mais j'ai défendu un gamin de 18 ans qui avait jeté une pierre sur un CRS il y a trois semaines lors d'une des manifs contre les retraites et en fait j'étais très désemparé pour lui c'est à dire que en fait ils avaient les éléments pour le condamner il était démontré qu'il avait bien lancé la pierre donc il allait se prendre une peine il fallait juste éviter qu'il aille en prison enfin vous voyez 18 ans pas de casier il voulait devenir ébéniste donc éviter le drame de détruire cette personne envoyée en prison avec une peine avec sursis mais je me suis quand même dit mais quelle tristesse quelle tristesse de voir ce gamin brisé à la fois par impuissance ou par excitation parce qu'on le pousse en fait à rentrer dans ses dispositions de rapport de force avec la police etc alors même qu'il n'y a aucun encadrement potentiel de cette révolte aucune façon de lui donner un effet politique et je trouve que le discours de la France insoumise reste dans un entre deux vous voyez enfin c'est-à-dire qu'à la fois on sent bien qu'ils essayent d'alimenter justement cette chaleur révolutionnaire de lui donner de la force et ainsi de suite cette stratégie de l'attention voilà et en même temps sans vouloir leur manquer de respect et enfin ils restent planqués enfin ils sont là dans les palais de la république ils sont relativement contents d'avoir accès aux ressources de l'état et il y a une forme d'ambiguïté là qui me semble potentiellement délétère dont des gamins comme mon client dont je parlais à l'instant paye le prix en fait parce qu'ils se retrouvent un peu comme des sacrifiés de cette démarche et je trouve ça je trouve ça désolant en fait je trouve ça désolant et humblement pour le coup ce texte même s'il pourrait il peut ne pas sembler être humble a pour vocation à dire moi j'essaye j'essaye d'éviter cette aporie j'essaye d'éviter d'envoyer les gens dans une situation intenable j'essaye de leur donner des instruments et d'essayer de leur donner en fait des clés de compréhension mais qui leur permettent effectivement d'être efficaces politiquement vous semblez en vouloir à la France insoumise pas du tout vous avez été candidat j'ai été candidat ils m'ont soutenu pendant la législative en 2017 on s'était présenté en fait j'avais envie de rendre service à Mélenchon qui m'avait beaucoup ému qui était votre client qui est devenu mon client après en fait c'est des histoires de petits paris mais j'avais sorti un livre qui est une critique de la Cour pénalentationale en 2016 et j'avais une éditrice très en vogue dans Paris qui essayait de me faire monter Sophie de Closet donc elle a réussi à me faire inviter à une émission qui s'appelle le supplément sur Canal Plus qui était présentée par Libadou qui faisait des portraits de ses intervenants donc j'avais eu droit à 26 ans un portrait de 15 minutes très laudateur qui moi m'effrayait beaucoup j'étais déjà en tension par rapport à cette tentative d'absorption et j'étais sur le plateau avec Mélenchon qui lui aussi avait eu droit à ses 15 minutes c'est aussi pour vous dire le niveau d'importance que très rapidement il est possible d'obtenir lorsque l'on est dans les bons chemins la semaine d'avant ou deux semaines d'avant c'était Emmanuel Macron qui était encore assez inconnu enfin vous voyez donc j'étais là-dedans et Mélenchon je pense a été séduit en fait ça laissait avoir par la fiction que créent ces émissions et il a essayé de me draguer à mort pendant des mois courant 2016 et moi j'avais pas du tout envie de me réimpliquer dans la politique institutionnelle et j'ai quand même été très ému pendant la campagne de 2017 à la fois par son rapport à la langue française qui est quelque chose d'extraordinairement précieux mais d'extrêmement rare au sein de cette classe politique complètement avariée j'étais assez ému par son rapport à la Méditerranée il vient de Tanger il est né à Tanger moi je suis né dans le sud de l'Espagne on voit le Maroc de chez moi très ému par son discours donc sur ces questions-là on a enfin c'est un peu je pense que je l'ai raconté mais on a pleuré avec ma mère et ma soeur en l'écoutant et je pense que beaucoup de gens ont aussi parce que c'est quelque chose que votre camp évidemment décide de façon volontaire d'ignorer et je vois bien les enjeux idéologiques mais il faut quand même prendre en compte la blessure extraordinaire que produisent les discours sur les politiques migratoires au sein d'une partie de la population qui a tout fait pour tout simplement soit survivre soit vivre et s'intégrer et ainsi de suite et se voit directement visé ou directement touché par des discours qui peuvent être extraordinairement violents et c'est des choses qui peuvent se répercuter bien au-delà de ce que l'on pourrait penser y compris chez ma mère qui pourtant est espagnole enfin vous voyez c'est pas quelqu'un qui vient du fin fond de la terre et qui du coup en fait a ressenti je pense comme beaucoup beaucoup de personnes un grand soulagement quand Mélenchon à ce moment-là s'est adressé à eux en quelque part leur rendant hommage en disant moi aussi je viens de ces espaces-là moi aussi j'ai traversé la Méditerranée et ainsi de suite donc moi j'étais très ému par ce discours et je l'écris à ce moment-là on s'était vus quelques heures fin novembre 2016 où il m'avait demandé quels étaient mes personnages historiques préférés donc j'avais aussi été touché par ce côté vous voyez l'ancrage dans un rapport à l'histoire et ainsi de suite pour l'humanité en général et quels sont vos personnages ? et moi j'avais répondu il avait été très choqué j'avais répondu en fait j'avais parlé de Luc XIV et il m'avait regardé comme ça mais bon déjà parce que j'étais un peu pris de court enfin vous voyez c'est des questions à moins de faire beaucoup de médias enfin c'est comme des questions un peu bizarres qu'on vous pose pas au quotidien et je l'ai dit parce qu'en fait il a mis en place enfin pour une seule raison il a mis en place les fondements industriels d'une partie de la France qui encore aujourd'hui perdure y compris par exemple l'industrie du luxe vous voyez c'est quelqu'un qui a eu un rapport cette centralisation de l'État c'est-à-dire cette captation de ressources de la plupart il a réussi à la rendre quelque part productif pour l'ensemble du pays ce qui n'était pas le cas jusqu'alors on était surtout sur des systèmes de pillage d'accaparement et ainsi de suite partiellement évidemment il y a eu des excès bref qu'importe et donc là j'écris pour lui dire que j'étais prêt à faire ce qu'il voulait pour essayer de lui filer un coup de main très effrayé déjà par Macron que j'avais dénoncé dès 2013 parce que je suis de très loin j'ai publié dès juin 2017 un long texte analytique sur les dangers que présentait cet individu pour la France et dans cette dialectique dans cette difficulté je me disais que là il y avait quand même quelque chose à faire et il m'avait dit écoutez on serait ravi si vous pouviez vous présenter au législatif par exemple symboliquement que j'étais l'avocat de Wikileaks à cette époque ça pourrait ça pourrait produire quelque chose donc il m'avait proposé quelques circonscriptions notamment à Saint-Denis où il avait fait 40% dès le premier tour donc où en fait j'aurais été élu sans difficulté et on n'était pas vraiment dans une vocation d'institutionnalisation et moi j'avais une attache à Clichy-sous-Bois liée à Zia Débouna parce que j'avais accompagné les familles de ces deux enfants qui avaient été morts électrocutés après une confrontation avec les policiers c'est-à-dire qu'ils les avaient soupçonnés à tort d'avoir braqué un chantier ils leur avaient couru après ils ne s'étaient pas arrêtés et du coup ils n'avaient pas essayé de les sauver c'était un vrai drame pour ces gamins et ce qui avait provoqué les émeutes de 2005 donc je m'étais dit j'ai un lien j'y suis allé plein de fois j'ai donné des cours etc l'alliance Wikileaks bourgeois parisien et Clichy-sous-Bois et compagnie symboliquement ça a du sens il y a peu de chances qu'on gagne mais ça nous permettra en plus à l'époque personne ne savait qui c'était mais il y avait un certain Jordan Berdella qui avait décidé de planter son drapeau de croisé à Clichy-sous-Bois et s'y était présenté dans la même circonscription que moi et qui avait tenu des propos que je considérais assez affreux sur cette affaire qui était quand même un drame intime important et pour beaucoup de gens et donc on avait eu ce sorte de petit duel amusant et voilà et donc j'aurais rendu service j'étais très heureux de faire cette campagne et ensuite il m'a demandé d'être son avocat parce qu'il a été visé par un projet d'attentat terroriste je l'avais fait également et après on a eu un désaccord sur les perquisitions sur sa réaction par rapport à ça sur la ligne de défense que je voulais adopter et donc j'ai décidé d'arrêter et je commençais à voir les limites de la chose et surtout j'avais besoin de récupérer une forme de distance pour pouvoir publier Crépuscule et je sentais en fait qu'il était réticent parce que j'étais très associé à lui en termes d'image très présenté comme l'avocat Jean-Luc Blanchon et compagnie qu'un texte aussi radical sur le fonctionnement oligarchique des médias risquait en fait de le mettre en difficulté vous noterez qu'il n'en parle jamais il ne parle jamais des rapports entre Niel Bernard Arnault Bolloré compagnie et les médias et ils n'ont pas du tout parlé de Crépuscule alors que théoriquement c'était ma famille politique et ils se sont complètement tués sur le sujet et donc j'ai eu cette intuition de sortir et ce qui m'a amené à pouvoir défendre les gilets jaunes en toute autonomie dès la veille dès le 16 novembre ce qui est sur le plateau d'Arte le plateau plus bourgeois que la télé parisienne enfin même si c'est à vous maintenant est en compétition avec eux en disant qu'il fallait que ça prenne et en étant complètement de leur côté donc donc voilà ça a été assez heureux et donc non j'ai pas de ils ont été franchement très corrects avec moi j'ai beaucoup de respect pour Mélenchon en tant qu'intellectuel un peu moins sur justement ses hésitations politiques ses flottements et ainsi de suite je pense qu'il est dans une impasse qu'il mène le pays à une forme d'impasse enfin c'est Macron qui mène le pays à une forme d'impasse pardon mais en tout cas il mène l'opposition à Macron dans une forme de malgré lui c'est pas sa faute mais le fonctionnement politique et médiatique tel qu'il en place aujourd'hui tient pas et voilà et je suis assez heureux d'avoir une forme de liberté à l'égard de tout parti de dépendre de personne d'être souverain donc non non pas de voilà je suis en désaccord avec plein de trucs qu'ils font mais c'est pas c'est pas une question de querelle ou quoi que ce soit d'accord vous avez évoqué donc Louis XIV dans votre livre vous citez aussi Napoléon et Charles de Gaulle comme les auteurs donc de coups d'état donc vous vous situez un peu dans leur ligne non j'essaie pas de je pense qu'il faut une forme d'aveuglement à soi-même pour devenir un personnage historique vous voyez il faut pas avoir peur du ridicule il faut pas avoir peur du délire mégalomaniac qui consiste nécessairement quand vous voulez devenir Napoléon c'est qu'il y a quelque part quelque chose qui fonctionne différemment du reste de la population j'ai pas cette ambition particulière et par contre je mesure l'importance que ces personnages ont eu dans la façon de notre pays et dans l'émergence de formes de beauté au sein de celle-ci alors on pourrait évidemment on peut être très critique je suis très critique de la décision de Napoléon pour des raisons purement économiques de rétablir l'esclavage on peut rentrer dans ces discours-là mais sur leur capacité à marquer de leur empreinte notre histoire et même esthétiquement parlant quand j'ai plaidé j'ai obtenu une victoire devant le conseil constitutionnel j'ai plaidé devant Laurent Fabus et Alain Juppé et compagnie sur une annulation d'élections que j'ai essayé de fonder sur la haute abstention en disant ce que ça n'a pas plus quelque chose tout le conseil constitutionnel et encore c'est drôle d'ailleurs que ça n'ait pas été actualisé c'est encore les signes napoléoniens il y a encore le N dans les dorures dans les portes donc c'est dire vous voyez c'est à dire qu'en deux siècles on n'a pas trouvé d'esthétique plus puissante pour se substituer et de grandeur en fait de moment de grandeur plus important pour ce pays pour se substituer à cette construction qui avait été mise en place par Napoléon donc ça quoi qu'il arrive en fait il y a une forme de respect pour après moi je m'identifie aussi à des responsables politiques très radicaux ou non politiques justement de gauche en France ou à l'étranger c'est à dire des gens comme Malcom X ou autres sont des références absolues pour moi en termes de et je pense que je vais plus dans cette direction vous voyez c'est à dire vraiment de tenir une ligne éthique absolue d'engagement d'une forme de pureté en fait qui me permettent d'aider les gens en fait à s'émanciper c'est ça mon objectif plus que d'essayer de les diriger de les orienter je ne pense pas avoir cette ambition vous n'aimez pas le pouvoir c'est difficile d'aimer le pouvoir de façon générale et en particulier dans la situation actuelle le considérer comme une nécessité de voir l'accepter et éventuellement pour le coup comme des personnes peut-être comme DeWall à un moment donné se mettre en position de l'exercer c'est une chose mais le désirer c'est pour moi un symptôme disqualifiant d'office c'est d'une vue le pouvoir le politique en général c'est la gestion de la conflictualité et donc en fait c'est se retrouver par volonté au croisement de toute forme de violence et donc il faut avoir un réflexe sain de mise à distance et de le considérer qu'avec nécessité par contre il ne faut pas être inconséquent si à un moment donné l'histoire vous appelle il faut y aller il faut y aller parce que vous ne pouvez pas abandonner des personnes qui à un moment donné ont besoin de vous et c'est ce que je fais et ça me coûte en tant qu'avocat déjà la violence que ça suscite de devoir porter la parole que je porte devant des tribunaux et de devoir défendre des personnes comme celles que je défends elle est extraordinaire mais elle est nécessaire parce que sinon vous laissez en fait un corps potentiellement atteint et dégradé vous écrivez nous n'avons jamais été aussi près du coup d'état c'est à dire on est dans une il y a deux dimensions il y a le coup d'état considéré comme une révolution de palais et c'est l'ébouillantement des milieux de pouvoir qui peut le susciter et il y a ensuite à côté la conscientisation d'une partie du peuple de ce que on le prive de souveraineté effective directe ou par représentation qu'importe nos considérations sur la pertinence d'être sur un régime de démocratie directe ou indirecte ou représentative c'est pas le sujet donc ils sentent cette déprise sur leur souveraineté et nécessité existentielle liée tout simplement à leur capacité à survivre encore une fois à leur capacité à aimer à désirer qui les amène dans un premier temps à s'indigner à vouloir lutter à se rebeller ce qui explique une partie des violences qui émaillent les manifestations actuelles à s'entredéchirer ce qui est aussi le risque auquel on est confronté aujourd'hui de façon toujours plus présente et à un moment donné à prendre conscience de la nécessité de s'organiser pour renverser le pouvoir plutôt que pour se détruire et on est à mon sens un moment de cet ordre et mon ouvrage a vraiment vocation à tenter de faire pencher la balance du côté de cette bascule par l'organisation du peuple plutôt que de la dévastation que l'on voit monter et naître depuis des années vous dites qu'on est déjà en guerre civile il y a pour moi encore une fois la reconfiguration actuelle ce que l'on pourrait avoir espéré comme une reconfiguration actuelle par exemple sur la question de rapport entre sexes ça parente de plus en plus à une guerre civile c'est vraiment une destruction mutuelle qui abat le désir et la capacité à se relier c'est très dangereux c'est très dangereux alors que ça aurait pu être en effet un mouvement émancipateur ça pourrait le devenir encore qu'importe mais qui pourrait évidemment protéger les femmes de violences extraordinaires qu'elles peuvent subir un certain nombre de communautés aussi y compris au sein des communautés LGBT qui sont statistiquement celles les plus prônes à subir des violences y compris à l'intérieur des relations de couple et pour moi c'est un symptôme c'est un symptôme parce que quand vous commencez à vous déchirer sur quelque chose d'aussi fondamental que la façon de se lier à l'autre c'est que tout le tissu sociétal est déchiré c'est une guerre des sexes on est en train de rentrer non non j'espère pas mais on est en train d'essayer d'infiltrer un rapport de violence paradoxalement enfin vous voyez en prétendant vouloir le guérir qui est extraordinairement dangereux ça c'est un premier point et donc symptomatique de quelque chose de plus général qui en effet une dissolution du lien social vous voyez par exemple sur la politique migratoire moi j'ai une inquiétude extraordinaire par rapport au discours sur le grand emplacement pourquoi ? parce que ma thèse elle porte sur les violences de masse j'ai si en fait c'est pour ça aussi que ce texte enfin toute une articulation de la réflexion sur la notion de violence toute ma vie jeune vie je l'ai passé à essayer de réfléchir à la question de la violence et comment l'éviter parce que je suis quelqu'un qui a toujours réussi à sublimer j'ai jamais frappé quelqu'un de ma vie j'ai jamais eu la tentation même de le faire pourquoi ? parce que j'ai toujours eu des instruments pour sublimer les moments de colère et compagnie parce que j'ai été élevé dans un milieu où on peut en être protégé ainsi de suite je l'ai subi quelques fois mais je pense de façon assez faible relativement à beaucoup d'autres personnes ok donc naturellement moi je me pose la question qu'est-ce qui suscite qu'est-ce qui engendre les violences de masse au sein d'une société qu'est-ce qui va faire qu'on va basculer on va s'entredéchirer on va finir par commettre des violences génocidaires ou des crimes de l'humanité etc et l'un des éléments fondamentaux dans l'autorisation à cette violence c'est le discours et en particulier le discours qui crée une menace existentielle fantasmatique qui permette aux individus de se dire ok maintenant c'est moi ou eux en fait parce que si c'est pas moi qui prends les armes le premier je vais être la première victime et mes enfants vont le venir etc et le grand remplacement c'est un non pas j'accuse pas ceux qui l'ont théorisé d'avoir eu cette intention mais a pour effet en fait d'autoriser ce rapport en fait de violence vis-à-vis de l'autre parce que on a créé une menace existentielle sur notre devenir notre civilisation et ainsi de suite or pour moi et donc j'en reviens à la question de ma position sur la politique narratoire la crise que l'on connaît extraordinairement violente sur ces questions qui est là aussi une forme d'entre-déchirement qui n'est pas d'ordre de la guerre civile mais qui pourrait éventuellement y amener il est avant tout lié moi j'ai une analyse entre guillemets de gauche par rapport à ça c'est-à-dire au dépérissement complet de l'état qui fait qu'on n'a même pas les moyens de gérer en fait ces flux migratoires c'est pas tant d'accueillir c'est-à-dire d'intégrer dans des structures les personnes qui arrivent sur le territoire de s'assurer d'une part qu'il y a un filtre relatif évidemment mais surtout qu'une fois que l'on est sur le territoire français et bien en fait on va être impliqué dans les structures qui vont nous amener à apprendre la langue française à développer des compétences qui vont nous permettre en fait de nous intégrer au sein de la société de devenir des individus utiles et ne pas basculer rapidement dans des circuits paralégo que ce soit de trafic divers ou variés ou de devenir anomique en fait par incapacité d'intégration donc moi je suis un vrai étatiste c'est-à-dire je crois fondamentalement dans la capacité de l'état selon sa capacité à investir et à construire des structures à s'assurer et évidemment lorsque vous avez un effondrement général des services publics effondrement général de l'école effondrement général des hôpitaux etc ça devient d'autant plus compliqué de faire cet effort supplémentaire pour les primo-arrivants mais qui est pourtant essentiel parce que si vous ne le faites pas en fait vous créez potentiellement des ennemis demain des gens qui en fait vont susciter de la violence ainsi de suite parce qu'ils n'auront pas eu les moyens de s'intégrer ainsi de suite et la volonté et je ne suis pas du tout d'accord avec le discours de droite ou d'extrême droite qui consiste à tout mettre c'est un discours cohérent parce que ça met toujours l'individu au centre la volonté on ne peut pas dépendre de la volonté lorsque l'on vient je ne sais pas de la Mauritanie enfin qu'on ne parle pas français qu'on s'est enfui un peu avec trois années ou qu'on est un migrant économique de la classe moyenne de Dakar mais qui pareil on n'a pas les codes pour s'intégrer ainsi de suite donc l'effondrement de l'état provoque non seulement la crise migratoire mais l'entre-déchirement de la société française au sujet des questions migratoires et la fixation sur ces questions quand vous rajoutez à ça les violences économiques terribles qu'on a subies après la crise de 2008 de 2011 maintenant le Covid etc il y a évidemment une nécessité de purgation de cette violence et là vous avez l'éventail vous allez avoir ceux qui vont basculer dans la violence au sein du couple ou de la famille violence intraconjugale qui explose et compagnie ceux qui pour éviter ça vont retourner la violence contre eux vont se suicider ainsi de suite ceux qui vont chercher le bouc émissaire et évidemment la figure de l'étranger de l'autre va devenir une forme de fixation assez instrumentale pour pouvoir évidemment surtout s'y s'alimenter ou enfin si on arrive à avoir un discours politique cohérent conséquent ainsi de suite elle va se retourner contre les véritables responsables de notre malheur c'est à dire nos dirigeants et elle va nous permettre de refaire peuple mais à travers évidemment des manœuvres insurrectionnelles est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de questions identitaires à poser sur les questions religieuses et compagnie etc mais ça aussi je réponds ça à l'extrême droite écoutez les cocos si d'autres religions ont un attrait si important y compris au sein de nos populations il faut peut-être se poser une question sur nous quel modèle spirituel on a à proposer à nos populations comment ça se fait en fait que cet effondrement à la fois de l'idéal républicain des idéaux qui l'ont précédé et qui l'ont nourri aussi qu'ils soient chrétiens, catholiques et ainsi de suite protestants ou autres comment ça se fait qu'en fait on est désarmé complètement face à un idéal différent du nôtre qui ne correspond pas forcément à nos traditions ainsi de suite et comment ça se fait qu'on rentre c'est un vrai reproche que j'ai pour le coextrême droite dans un discours victimaire par rapport à ça et non pas un discours justement qui s'assume et qui reprend l'offensive en disant mais non mais nous nos valeurs c'est ci etc et on va recréer du désir par rapport à notre modèle de société notre crise pour moi c'est une divergence d'analyse elle est avant tout une crise de nous-mêmes de faiblesse oui c'est ça et d'incapacité à ressusciter y compris pour nous-mêmes une forme de désir de rapport de puissance et compagnie de virilisation non pas de virilisation nécessairement parce qu'il faut enfin c'est ce que j'ai tout un pas vous avez vu j'ai toute une partie sur la France enfin la France c'est une chose très sensuelle à mille niveaux il n'y a pas du tout besoin justement d'en passer par le rapport de force à chaque fois au contraire c'est notre échec en Afrique de l'Ouest c'est d'avoir joué la virilisation d'avoir pensé qu'en fait c'était en envoyant des militaires qu'on allait réussir en fait à rétablir une forme d'influence et ainsi de suite alors que la crise de la France en Afrique qui s'est complètement effondrée sous le mandat d'Emmanuel Macron elle est mais complètement à des niveaux inattendus et c'est un scandale enfin dont personne ne parle elle est liée avant tout à notre impuissance à proposer quoi que ce soit aux populations sénégalaises maliennes et compagnie c'est à dire qu'on arrive on fait les gros bras on dit oui oui on va vous aider contre les djihadistes et compagnie nanana on se retrouve on finit par interviewer le chef d'ACMI je ne sais pas si vous avez vu sur France 24 il y a deux semaines c'est-à-dire que c'est des inversions après avoir prétendu qu'on le combattait que c'était notre ennemi premier et en fait on n'a plus les ressources économiques on n'a plus les capacités créatives on n'a plus la capacité aussi à fabriquer du désir par la culture par le savoir par l'art Paris au début du 20ème siècle était riche de ces immigrés il était riche de Pablo Picasso il était riche de tous les grands artistes candidats qui compagnie qui sont tous venus en fait en exil sur ce territoire alors l'extrême droite va me répondre ah oui mais c'est parce qu'ils étaient catholiques etc mais non mais aller plus loin que ça pourquoi ? parce que en fait Paris pouvait encore accueillir des espaces populaires pouvait encore les mêler à des gens qui étaient il y avait encore plus il y avait du mélange c'était la capitale du monde donc nécessairement en fait on intégrait beaucoup plus facilement et surtout on pouvait les rendre français et après en tirer une force qui nous est rayonnée ça fait 50 ans qu'on a complètement perdu ça et moi ce rapport à la France il me vient beaucoup en fait l'une des dernières grandes incarnations de la France vous voyez qui a rayonné à l'échelle mondiale c'est quelqu'un qui était très très proche de ma famille parce que ma famille travaillait dans le cinéma c'était Catherine Deneuve Catherine Deneuve vous voyez si vous regardez quelles sont les dernières personnalités françaises qui ont réussi à avoir cette puissance et cette influence parce que vous avez des joueurs de foot aujourd'hui mais ça n'a pas du tout le même impact que ça avait avant parce que à travers des acteurs on porte un mode de vie on porte un discours on porte des films on porte toute une vision de la société et je vois et je vois avec cette personne qui m'a construite qui était vraiment quelqu'un d'extraordinaire à mille niveaux pour moi avec son effacement par l'effet du temps et son non-remplacement par des filles enfin je vois l'effondrement d'une idée en fait il faut rappeler que moi je suis né en Espagne d'un père portugais et d'une mère espagnole c'est-à-dire que je vis dans un rapport de désir et de fantasme par rapport à ce pays qui n'est pas le mien au départ vous voyez j'ai été naturalisé à 20 ans et j'ai la chance dans cette configuration-là alors que mes parents venaient de milieux modestes de par la chance que leur a offert la France de fréquenter de rencontrer de me nourrir de certaines des personnes qui ont le plus fait rêver et rayonner la France dans le monde et ça crée une forme d'exigence naturelle vis-à-vis des autres vis-à-vis de nos politiciens vis-à-vis du discours qui me laisse très seul et vulnérable à plein de niveaux mais qui fait que pour moi la seule façon de me montrer à la hauteur de ces espaces et de ces héritages c'est de tirer des conclusions de là on va et d'essayer vraiment de réfléchir à tous les moyens par lesquels on pourrait quelque part sauver ce pays donc les moyens de recouvrer sa souveraineté c'est un discours souverainiste que vous donnez mais complètement parce que les moyens de la puissance vous voyez les divergences que j'ai exprimées par rapport à la droite dure ou l'extrême droite enfin qu'importe comment on l'appelle c'est des divergences qui sont fondamentales qu'il s'agira de traiter mais il faut d'abord avoir les moyens de sa souveraineté pour pouvoir avoir cette délibération cette discussion et comprendre quelles sont les solutions et là on pourrait avoir des débats politiques là l'Assemblée nationale servira peut-être à quelque chose là on pourrait à nouveau se confronter et suivre les désirs des populations dans le cadre de débats qui ont été organisés pour savoir s'il faut avoir adopté telle ou telle politique aujourd'hui on est une sorte de mélasse où ces questions-là en fait et ça a été pour moi c'est pas un hasard si pendant les gilets jaunes toute la phase de gilets jaunes n'a pas parlé de migration pourquoi ? parce que l'idée c'était d'abord on remet en place le système on remet en place un système dans lequel on peut discuter on peut délibérer et ensuite on traite les points de tension qu'il y a au sein de la société que ce soit la répartition des richesses enfin les questions identitaires et ainsi de suite mais dans un premier temps en effet comme vous repreniez ce terme il faut recouvrer sa souveraineté sinon si on se laisse décider par des élites qui sont nules je les connais enfin je les ai fréquentées j'ai été reçu par Ashton qui est à l'époque la haute représentante de l'Union Européenne la Commission Européenne avec le procureur de la Cour européenne internationale c'est des gens qui sont c'est des instruments donc on y met des gens d'un niveau vraiment médiocre de façon à s'assurer qu'ils suivront bien les ordres qu'on leur donne ou qu'ils mainteniront le système tel qu'il existe et évidemment ça nous amène à un effondrement qui pour le coup là est européen mais justement est-ce que le pouvoir est vraiment à Paris et pas à Bruxelles ? moi j'ai toujours été très marqué par j'ai toujours trouvé ça franchement ridicule qu'un président de la République puisse passer par exemple deux jours d'affilée à Bruxelles dans des réunions interminables et donc j'imagine même pas à quel point elles doivent être sans intérêt pour mettre en scène des sortes de débats pour savoir s'il faut sauver telle banque ou telle banque dans le cadre de la crise financière puis après la politique migratoire enfin moi président de la République pardonnez-moi mais je ne m'abaisserai jamais à quelque chose de cet ordre-là enfin j'envoie mon enfin vous voyez mon Sherpa ils envoient d'abord le Sherpa c'est ça qui est magnifique ils envoient leur Sherpa après avoir fait rencontrer leurs ambassadeurs qui eux-mêmes en fait font suite à des comités vous imaginez qu'ils ont quand même théorisé la comitologie enfin c'est comme les Shadok au sein du droit de l'Union Européenne que je connais très bien que j'ai travaillé vraiment en profondeur c'est un de mes sujets de spécialisation il y a tout un versant du droit de l'Union Européenne qui s'appelle la comitologie et qui consiste en fait à tout ce travail préparatoire c'est un terme officiel et c'est tout un aspect préparatoire des délibérations qui vont ensuite être couronnées entre guillemets par les chefs d'État mais ça à la limite qu'il y ait tout un travail préparatoire évidemment ça crée d'énormes problèmes de réactivité notamment face aux crises et ça nous a coûté la deuxième crise après celle de 2008 de 2011 où en fait le monde entier vous voyez son économie a démarré et l'Europe a une nouvelle fois coulé en partie du fait des dogmes complètement délirants trichés qu'il y a quelqu'un qui devrait partir en prison de ce fait mais aussi de l'incapacité de nos dirigeants politiques à se mettre d'accord dans des systèmes relativement efficaces mais bon donc il y a des actes préparatoires à la limite tout système fonctionne comme ça mais qu'on abaisse la fonction du plus haut représentant de l'État jusqu'à le faire mettre en oeuvre lui-même ses négociations pendant des heures enfin je veux dire il y a quand même aussi un truc d'inculture historique terrifiante qui se voit non seulement dans des incarnations des lieux des institutions européennes qui sont enfin c'est des meubles IKEA enfin rien ne va parce qu'ils n'ont pas de culture commune enfin c'est comme dans les billets où on a dû mettre des bâtiments imaginaires parce que on a tellement peur de l'histoire tellement peur de l'identité pour le coup au sens du terme qu'on en arrive à se dire bon ben il faut qu'on crée des faux ponts pour vexer personne mais il y a aussi cet aspect oui d'abaissement à perdre et perdre un temps fou au lieu de au lieu de faire comme tous les dirigeants politiques ont toujours fait c'est à dire en fait d'autres personnes préparent pour vous et vous en tant que figure d'incarnation vous arrivez pour signer pour marquer le moment et de façon souveraine parce que vous portez votre peuple avec vous et vous repartez et vous repartez vous laissez cette trace pour l'histoire vous vous abaissez pas à des querelles de chiffonnier pour négocier en plus sur des points qui en général sont d'une technicité qui n'est pas conséquente par rapport au niveau qu'on est censé avoir nos dirigeants ça c'est un grand méfait qui a été créé par Merkel Merkel adorait faire ça qui a vraiment aggravé en fait cette dérive de la politique technocratique bruxelloise et qui est parfaitement déficiente et là c'est marrant parce que moi c'est un point de désaccord théorique mais qui nous fait nous rejoindre c'est ça qui est extraordinaire c'est donc moi avec un ami pendant des années on a travaillé sur les politiques migratoires de l'Union Européenne en Méditerranée centrale entre Libye et l'Italie et on a considéré qu'au regard du statut de Rome donc qui a créé la Corpée internationale il pouvait être qualifié de crime contre l'humanité vous voyez le fait de laisser mourir volontairement des gens parce qu'il y a eu cette partie les gens oublient mais il y a eu vraiment une partie qui consistait notamment poussée par Bernard Cazeneuve donc que vous défendrez peut-être mais moi pour le coup je suis en opposition frontale avec ça il a laissé des gens mourir ils ont décidé de laisser des gens mourir volontairement au milieu de la Méditerranée pour envoyer un effet signal à ceux qui se retrouvaient en Libye une sorte d'exemple mais assumé comme tel vous voyez vraiment en disant peut-être que ces images vont réduire l'effet d'appel qui craignaient et par ailleurs ils ont lourdement financé des milices libyennes pour créer des camps de détention en Libye pour les parquer en fait sur place et essayer d'assécher comme ça les fumes migratoires donc on regarde ça d'un point de vue de juriste on voit que ça considère on considère que c'est un crime contre l'humanité on fait la communication ça a foutu un bordel monstre pardonnez-moi c'est un peu vulgaire mais on a été entendu au Congresso espagnol au Bundestag parce que pour la première fois en fait un outil qui était fait pour domestiquer les autres populations se retournait contre la CPI se retournait contre nous-mêmes et comme moi j'ai travaillé un an à la CPI là-bas j'avais quand même assez d'éléments pour pouvoir justifier du sérieux et donc on est parti sur une deuxième phase une fois après ça qui consiste à dire ok mais qui a ordonné ces crimes contre l'humanité et donc là on s'est lancé dans cette aventure folle qui consiste à dépiauter le processus décisionnel de l'Union Européenne comité par comité pour le coup vraiment c'est pour ça quand je vous dis que je connais bien c'est vraiment que je donc j'ai passé ces quatre dernières années une grande partie de mon temps de façon non visible à vraiment éplucher tous les documents qui ont été produits depuis 2013 par les chancelleries à Bruxelles par les ambassades pour comprendre en fait comment on est arrivé à ce truc délirant et comment on était arrivé quel que soit pour le coup ça fait exprès notre position idéologique sur le sujet qu'on soit pour ou contre qu'on est arrivé à cette crise extraordinaire qui a à ce point tendu nos sociétés certains en disant qu'on était débordés d'immigrés d'autres à l'inverse disant c'est impossible qu'on les accueille pas comme ça qu'on les laisse mourir et compagnie et du coup un entre-déchirements extraordinairement violent et en fait une des trucs une des conclusions que j'ai évidemment il y a un aspect volontaire qui consiste en fait à dépolitiser le sujet vous voyez donc en fait on crée les conditions d'une catastrophe mais personne n'est responsable on s'arrange pour que personne ne soit responsable mais il y a aussi quelque chose qui est de l'ordre de la dysfonction fondamentale des institutions européennes qui ne sont pas capables de réagir à la crise en fait c'est devenu une technostructure tellement immense avec tellement d'employés tellement de structures sous-structures étapes de validation et compagnie que dès que vous prenez une crise qu'elle soit monétaire ou autre ça se paralyse en fait et on l'a vu pendant le Covid on l'a vu pendant le Covid et du coup en fait ils ont fini par court-circuiter le truc avec les contrats de Pfizer complètement scandaleux où on a payé trois fois ce que payait le Brésil pour les doses qu'on avait prises une sorte de précipitation et ça n'a pas marché non plus et donc en fait structurellement l'Union européenne est incapable de répondre à la crise de proposer une gouvernance saine et elle nous coûte une fortune donc je suis devenu anti-européen anti-Union européenne enfin je pense honnêtement que ce bousin n'a plus aucun sens et je pense qu'il serait important pour les Français de réfléchir aux façons d'en sortir et vous voyez c'est marrant parce que à partir d'une position théoriquement diamétralement opposée à la vôtre mais il y a aussi il y a un moment donné quand il s'agit de l'outil de l'instrument on peut se dire ça marche ça marche pas point objectivement enfin quelle que soit notre pensée sur l'orientation idéologique que l'on devrait avoir par la suite après je pense qu'il y a aussi peut-être une perception commune sur les origines de cette crise la Libye ça c'est encore mais on a même évité ça vous voyez on n'est pas rentré dans évidemment la responsabilité délirante de Nicolas Sarkozy de ses acolytes moi j'aime pas parler de la responsabilité de Bernard-Henri Lévy parce que pour moi le fait que cet homme ait un rôle signe une défaillance extraordinaire de l'appareil politique qui nous gouverne en fait c'est pas de sa faute c'est-à-dire que cette personne devrait être considérée comme un guignol un clown que personne n'écoute point et qui continue et la plupart des gens le considèrent comme tel mais pour une raison qui nous échappe au sein du petit pari il a une telle influence et une telle capacité a pesé sur les décisions publiques qu'il est devenu inévitable son film sur l'Ukraine où il y a eu 900 spectateurs en tout je sais pas ou 1500 vous regardez le public qui assistait à ses avant-premières c'était Sébastien Lecornu ministre de la Défense Gérard Harrault tous les ambassadeurs et compagnie c'est-à-dire que il y a eu plus de membres de la technostructure que de citoyens qui ont vu ce film lourdement financé par des structures publiques ils y vont gratos en plus ils y vont gratos et donc à partir de là vous comprenez que c'est un problème de la soi-disant élite en fait c'est pas un problème du peuple français qui comprend parfaitement ce qui va ce qui va pas et qui est parfaitement capable d'identifier un imposteur on est sur un problème d'endogamie et de corruption qui atteint de tels niveaux qu'en fait ils n'ont même pas peur de ce genre de mise en scène parce que parce que tout simplement ils savent qu'ils n'en payeront jamais les conséquences en tout cas ils pensent savoir ils pensent savoir vous avez pas trop répondu à ma question est-ce que c'est l'Elysée ou c'est Bruxelles qu'il faut destituer ?

Ben c'est pas une pirouette mais je pense qu'il faut juste resouverainiser le pays donc il faut donner des instruments au peuple pour gouverner pour peser plus directement sur le pouvoir évidemment pour faire ça il faut rapprocher le pouvoir du peuple donc Bruxelles c'est loin pas au sens géographique du terme mais c'est loin au sens où la population française n'a pas de prise directe sur Bruxelles donc moi je suis vraiment pour une Europe des peuples c'est-à-dire moi je pense vraiment qu'il faut reconfigurer des alliances ponctuelles sans passer par cette technostructure bruxelloise oui clairement non non mais ça j'ai aucune ambivalence à cet égard peut-être que j'aurais pensé différemment si la commission était restée à Paris mais là dans l'état actuel des choses et avec la colonisation de la technocratie européenne par à la fois dans un premier temps les anglais et maintenant par les allemands en plus même si on pense en termes de pur rapport de force on est complètement écrasé donc ça n'a aucun sens oui et donc vous exposez aussi dans votre livre un programme assez souverainiste et transpartisan quelles sont vos principales exigences oui parce que moi j'ai pas vocation à des idées au nom du peuple français enfin vous voyez même en théorie sans me mettre en position de pouvoir je cherche pas on cherche pas ni moi ni les personnes qui travaillent avec moi on cherche pas à remplacer qui que ce soit en fait on cherche à c'est vraiment c'est vraiment enfin les idées jaunes m'ont vraiment transformé politiquement je suis passé du côté un peu petit marquis parce qu'il a fait les grandes écoles je sais pas quoi il est convaincu qu'il a la science infuse sur tout la conscience de classe voilà non ouais alors j'ai pris j'ai une conscience de classe du coup maintenant enfin de mon appartenance à une forme de classe et de la violence qu'elle suscitait ainsi de suite et surtout j'ai compris l'importance de ne pas me prononcer au nom d'eux enfin le drame de ce pays c'est qu'on parle au nom d'eux systématiquement vous voyez il y a une prise donc moi je peux me permettre de porter les jugements dont je vous fais part sur des questions qui ne sont pas idéologiques finalement qui sont des questions en fait de gouvernance de gestion et ainsi de suite et idéologiquement la seule chose que je m'autorise à dire c'est qu'il faut rendre il faut rendre à la fois des ressources des capacités de décision au peuple français et lui-même en fait lui faire confiance pour réorienter en fait la politique de notre pays et il faut construire les conditions d'information du peuple français c'est à dire il faut sortir de ce système médiatique oligarchisé il faut sortir de notre dépendance au GAFAM vous pouvez du jour en demain être écrasé par une décision qui sera prise à des milliers de kilomètres d'ici aujourd'hui les Etats-Unis n'ont pas intérêt mais il pourrait très bien y avoir demain et vous disparaissez vous disparaissez du jour en demain donc ça il faut absolument c'est une urgence démocratique fondamentale je vous cite service public démocratie directe sécurité honneur justice dignité liberté souhaité c'est pas compliqué se faire soigner avoir en fin droit une éducation qui nous permette de maîtriser la langue française qui nous permette d'avoir un chérissement par rapport à notre terre c'est aussi comprendre dans quel ancrage on est je l'avais dit je pense la dernière fois que j'étais venu mais le fait qu'on ait cessé du jour au lendemain d'enseigner les questions relatives aux religions et en particulier aux évangiles dans le fait religieux mais ça reste très très mais c'est sidérant comme comme en fait parce que non pas qu'il faille ou non être religieux mais c'est juste qu'en fait vous créez une terre d'ignard des gens qui pendant qui sont nés sur une terre qui pendant 2000 ans étaient structurés par une pensée parce que c'est une pensée la pensée qu'elle soit catholique chrétienne enfin qu'importe et qui se fondait sur des textes que des générations et des générations se sont transmis ont élaboré ont commenté ainsi de suite et du jour au lendemain en quelques générations enfin combien combien de personnes dans ma génération ont lu les évangiles encore une fois il s'agit pas de forcer la croyance il s'agit pas de dire que c'est ce qui devrait nous guider politiquement etc c'est juste si on ne sait pas qui on est ou en tout cas d'où on vient comment vous voulez vous projeter vous construire et ça c'est enfin pour moi c'est une pensée franchement c'est une pensée de gauche parce que c'est une pensée émancipatrice vous voyez ça consiste à dire il faut se connaître soi-même avant de vouloir et sinon en fait on rentre dans des dans un abétissement général qui est extraordinairement délétère justement la gauche elle est plutôt à la déconstruction avant la construction voilà mais la déconstruction il faut savoir ce qu'on déconstruit moi je suis très vous savez moi je suis extrêmement critique de Foucault mais à partir d'une déférence je commence en fait par dire extraordinaire ce qu'il a fait et après je trouve insupportable mais c'est la dernière phase de rayonnement intellectuel de la France avant les nouveaux intellectuels la déconstruction que ce soit Derrida Foucault et compagnie c'est des Deleuze surtout c'est des gens très importants c'est des gens très importants parce que en fait ils ont pris au sérieux leur rôle Foucault il a dérivé sur la fin il a commencé à vouloir la jouer intellectuel public et donc il a ouvert la voie au BHL et compagnie il y a eu cette phase où il est allé en Iran il a commencé à dire les ayatollahs c'est génial je ne sais pas quoi mais ça s'inscrivait déjà dans quelque chose il n'y a pas eu que cet épisode vous voyez où il commençait à mais Deleuze et compagnie et évidemment tous ceux qui les ont précédés c'est pas pour rien que le monde entier les a lus et les a appréciés évidemment dans le cas des Etats-Unis ils se laissons appropriés pour en faire n'importe quoi mais donc j'ai un vrai respect à leur égard mais en effet justement des gens qui en fait partaient de structures pour les déconstruire et pour du coup essayer d'en réfléchir d'autres si on part pas de ces structures de départ on s'effondre on s'effondre et on se fait la guerre en fait et la violence naît et ça croit et on finit par par se retrouver dans des situations comme celle que l'on vit aujourd'hui Donc vous parliez de la religion est-ce que vous êtes catholique ou de tradition catholique ? Moi je viens du Jude de l'Espagne donc je veux dire c'est des terres où on fait encore des processions qui sont assez intenses voire très très intenses c'est des terres aussi où il y a pour la semaine sainte pour la semaine sainte principalement mais aussi pour le 15 août le 15 août pour l'Assomption et ainsi de suite il y a des c'est aussi des terres où il y a des corridas encore c'est quelque chose qu'on ne supporte pas de plus dans certains espaces en fait c'est des endroits qui vivent encore en résonance avec leur terre justement de moins en moins c'est catastrophique en quelques années ce qui était un village et qui est devenu une ville où je suis né en train de se transformer en Mykonos c'est atroce mais vraiment je suis en train de le voir là vous voyez ça résistait et tout d'un coup vous commencez à voir toutes ces hordes de touristes on ne peut pas les qualifier autrement avec ces bars qui ne sont faits que pour eux ces hôtels de luxe sur la place où il y avait des orangés et vous basculez d'un monde où votre famille regardait encore la météo tous les jours parce qu'ils vivaient en partie de petits terrains qu'ils avaient avec des orangés des citronniers et compagnie à une sorte de qui nourrissaient localement avec les pêcheurs aussi et compagnie à une sorte de monstre monstre contemporain où tout le monde va faire ses courses au carrefour qui importe des trucs ça je le vois au Portugal incroyable on vient d'un village de pêcheurs votre père ma famille la famille de mon père avait un petit espace dans une presqu'île de pêcheurs qui est resté très préservé qui depuis quelques années est devenu un spot de surf donc là on a le désastre urbanistique que le reste de la planète connaît c'est pour commencer des trucs construits par des promoteurs très près de Nazaré à Péniche et maintenant donc à l'époque évidemment avec toute une industrie pêchière enfin pêchière n'importe quoi halieutique des ressources halieutiques locales qui étaient exploitées on va dire ça de façon technique mais bon bref il y avait une localisation de la production et là la dernière fois que j'y suis allé pareil maintenant c'est un intermarché et ils nous proposaient des poissons je pense qui venaient du Chili alors qu'on est vraiment sur une des zones où en fait les plus riches du Portugal et qui ont nourri en ressources halieutiques justement la nation et là je me dis compliqué quand même vous êtes dans un village de pêcheurs et en fait les seuls poissons qu'on vous propose ont été pêchés à 5000 km au chalut enfin ça commence à devenir très très très violent et ça moi je suis peut-être la dernière génération à le voir on est la dernière génération en Europe qui a encore quelques enracinements dans des lieux qui n'avaient pas été atteints il va y avoir encore les campagnes une partie des campagnes mais c'est une catastrophe c'est une catastrophe parce que c'est une richesse les traditions c'est une richesse même la foi enfin la croyance encore une fois sans vouloir la réinstaurer ou en faire un instrument politique c'est des choses qui permettent des transmissions des compréhensions de l'autre qui nous manquent potentiellement fondamentalement et je pense qu'il y a eu un aveuglement vis-à-vis du modernisme enfin là c'est vraiment des discours qui sont assez attendus enfin qu'on connaît mais qu'il est important en tout cas que moi j'ai vécu personnellement et c'est clair que ça m'influence beaucoup Vous parlez justement de libre circulation des biens ça pose aussi la question de la libre circulation des personnes Oui mais quelle est la problématique principale enfin vous voyez est-ce qu'on est d'abord sur moi pour moi la problématique principale c'est le fait qu'aujourd'hui chacun d'entre nous a besoin d'un nombre X d'esclaves pour pouvoir continuer à vivre comme vivaient il y a trois générations ses parents sans avoir justement à mettre en place ce travail d'exploitation en tout cas vis-à-vis de la production de biens parce que c'est vrai en fait qu'il y a une phase assez courte en France où on est passé d'un régime qui envoyait à la mort des dizaines de milliers de prolétaires pour aller exploiter le charbon et compagnie et qui n'hésitait pas à donner de la troupe pour les dresser donc il y avait un vrai régime d'exploitation de quelques-uns pour produire la richesse nationale il y a eu une phase d'émancipation à cet égard quand on est passé vers le pétrole et le gaz donc à partir des années 50 et le nucléaire dans un second temps mais très vite en fait cette substitution de l'exploitation et de la richesse et des sources de richesse a fait qu'on a commencé à exploiter à distance et pour moi le grand drame aujourd'hui c'est les masses d'esclaves du Bangladesh qui nous permettent de maintenir notre niveau de vie ce qui fait ce que je décris c'est un moment très important du livre qu'on est devenu une sorte de contre-maître de la mondialisation c'est-à-dire qu'on a un étage intermédiaire entre les élites dominantes qui elles bénéficient largement et puis sans limite qui appartiennent principalement à des empires notamment chinois et états-uniens principalement nous dans cet espace intermédiaire où notre commodité notre confort dépend de l'exploitation de tiers et dont il nous est demandé de s'assurer que cette exploitation va continuer vous voyez donc on est éthiquement sur une position un peu ambivalente où c'est vrai que si on fait une révolution qui nous sorte de ces systèmes intégrés de marchandisation et de mondialisation en fait on risque d'y perdre beaucoup à court terme d'où la nécessité c'est ce que je pense dans ce livre de la question d'une émancipation des peuples qui se limite pas à la France c'est-à-dire comment on fait c'est pour ça que ma défense de Ousmane Sonko au Sénégal est très importante pour moi et je pense que c'est pour ça qu'il m'a choisi aussi parce qu'il va probablement devenir le président du Sénégal l'année prochaine et l'idée c'est de se dire ok comment on sort des systèmes coloniaux néocoloniaux qui est en gros d'exploitation des ressources par les élites qui ne bénéficient qu'aux élites et aux classes dominantes et compagnie comment on crée à nouveau des alliances de peuples qui nous permettent de nous souverainiser mais par des investissements mutuels vous voyez et par une régulation des flux par le fait qu'on n'ait pas besoin de prendre des barques pour pas aller aux Canaries quand on est Sénégalais pour essayer de fuir la misère mais qu'au contraire on retrouve des équilibres dans le rapport et qu'on investisse moi je pense que parce que sinon on va eux ils sont mal barrés et nous on va bientôt perdre le peu qu'il nous reste de souveraineté et de ressources parce qu'une fois qu'ils nous auront pillé une fois que les Etats-Unis et la Chine et compagnie on deviendra leurs esclaves comme les Bangladeschis aujourd'hui le sont donc c'est pas aussi c'est pas qu'une disposition éthique en mode sauvons les pauvres asiatiques du sud-est ce qui est qui est le discours un peu débile gauchiste des années 90 début des années 2000 c'est Kouchner ou Kouchner oui pour tout ce qui était de l'Afrique aussi comment est-ce qu'on sort enfin comment est-ce qu'on évite un sort similaire au leur et ça ça passe par un travail avec on a besoin en fait de construire ensemble cette alternative et justement est-ce que la guerre en Ukraine illustre cette désoccidentalisation du monde c'est encore trop tôt pour le dire parce que peut-être que ça illustrera le détachement des Etats-Unis de l'Europe occidentale surtout peut-être qu'en fait ils vont finir par ben oui peut-être qu'à terme en fait ils vont finir par nous soumettre complètement vous voyez il y a vraiment cette possibilité parce qu'ils font rien pour nous aider les Etats-Unis là par rapport aux conséquences de la guerre en Russie et en Ukraine enfin ils nous poussent à aller toujours plus dans le soutien aux autorités ukrainiennes mais en ce qui concerne les conséquences économiques alimentaires que ça peut avoir pour le coup aussi pour une partie de l'Afrique et compagnie là c'est débrouillez-vous et eux entre temps la machine tourne ça leur permet de faire tourner la machine à construire des armements à créer des pré-relais et ainsi de suite exactement en fait la politique qu'ils avaient adoptée après la seconde guerre mondiale avec le plan Marshall et nous un peu minablement on essaie de s'accrocher à ça on vient de créer un poste de délégué à la reconstruction ce que je trouve relativement prématuré si je peux me permettre ou en fait le seul objectif de la commune de Toto l'Ori oui mais cet objectif qui consiste en fait à quoi ? à rafler un maximum de marché pour essayer de piller à notre tour les ukrainiens une fois que la guerre sera finie ou même si la guerre n'est pas finie parce qu'on a peur de perdre notre place un peu comme ce qui s'était passé en Irak mais on voit bien qu'on va nulle part avec cette direction et moi si on réfléchit un peu plus profondément que nos dirigeants actuels un des grands dangers de cette guerre c'est l'asiatisation de la Russie on continue de penser que cette énorme expansion territoriale qu'est la Russie est inamovible la fragilisation de la Russie dans l'ampleur qui est en train d'intervenir parce qu'il n'y a pas d'alternative possible là il n'y a pas d'alternative au pouvoir de Poutine aujourd'hui en Russie il n'y a pas de il n'y a pas de enfin il a il a complètement détruit les oppositions il a il a affirmé affirmé un pouvoir unilatéral et on ne voit pas y compris au sein du pouvoir russe des figures qui seraient capables de s'y substituer vaguement les Etats-Unis ont compris que ça pouvait être un problème donc ils ont essayé de construire une forme de figure alternative qu'est Navalny mais qui ne prend pas du tout sur le territoire russe et du coup en fait ce à quoi on pousse potentiellement c'est un effondrement de ce pouvoir mais s'il y a une fragilisation à ce point important de Moscou la Chine elle est aux aguets et c'est très bien que là il y a un vecteur d'influence potentielle d'influence qui peut enfin où elle peut grignoter et prendre en fait une puissance extraordinaire et pas loin de chez nous du coup enfin vous voyez ça peut passer par mille choses ça peut passer par des stratégies de colonisation dans l'Est enfin dans la Sibérie orientale ça peut passer par des stratégies d'influence au sein de Moscou à travers notamment une partie de l'élite moscovite qui quand même provient de territoires qui sont du Caucase et de l'Est du Caucase donc qui ont une sensibilité notamment vis-à-vis de la Mongolie et compagnie qui peut être instrumentalisée et cette dimension là en fait on fait comme si rien n'était que de toute façon on réfléchit pas au risque que l'absence d'alternatives du pouvoir poutinien présente et au risque géopolitique profond pas de la géopolitique amateur là comme on en fait sur le plateau télé que ça peut engendrer pour le continent européen j'aimerais revenir sur votre livre pour Emmanuel Macron je le cite la foule la foule n'a pas de légitimité face au peuple qui s'exprime à travers ses élus pour vous ça bon je sais pas moi j'ai quand même plaidé devant le conseil constitutionnel sur cette élection là il y a 80% d'abstention enfin en législative je veux dire la légitimité de gugus qui se font lire par quelques milliers de personnes elle est c'est pas qu'elle est proche du néant c'est qu'elle est inexistante aujourd'hui et on le voit bien d'ailleurs quand Nuna traite comme il traite Louis Boyard c'est un symptôme enfin qu'est-ce qu'un député aujourd'hui ? rien du tout c'est du néant absolu donc la légitimité d'un député elle est inexistante le système politique est complètement effondré donc là Macron il essaie de s'inventer une histoire parce que enfin il se sent très bien en fait s'il en parle c'est que lui-même a conscience qu'il y a un vrai problème à ce niveau-là donc non aujourd'hui la légitimité qui est un terme compliqué parce que en fait là on est sur une question qui est plutôt de l'ordre du rapport de force qui a la force aujourd'hui et en fait on rentre de plus en plus dans cette question-là c'est-à-dire à qui le pouvoir ira à qui aura la force c'est pour ça que moi je pousse à une organisation du peuple dans une perspective révolutionnaire ou insurrectionnelle parce que sinon il va se faire piller il va se faire piller aujourd'hui je vois pas d'alternative politique dans les forces institutionnelles existantes qui permettent de nettoyer les écuries d'ogias en gros et qui permettent vraiment de rendre une partie de la société au peuple et de régler les problématiques auxquelles on est confronté de manques croissants de ressources dans l'édissement de nos vies et ainsi de suite et donc au moment il faut se reprendre en main enfin tout simplement d'accord et vous pensez pas que c'est justement finalement une crise d'autorité oui mais qui est liée à quoi qui est liée en fait à une corruption tellement généralisée que vous finissez par ne plus avoir les moyens de cette corruption et donc du coup en fait on n'arrivait plus à tenir le territoire Emmanuel Macron est-ce qu'il a vraiment du pouvoir comme on disait tout cela ben là on voit quand même qu'il est en train de se faire lâcher sévère enfin c'est intéressant c'est-à-dire à un moment donné on l'a utilisé on l'a poussé à piller au maximum les populations françaises d'où la réforme des retraites en question et une fois qu'on arrive au bout ben on trouvera quelqu'un d'autre enfin vous voyez le problème du système c'est sa capacité à se régénérer problème qui a lui-même donné lieu à l'émergence d'Emmanuel Macron souvenez-vous c'est-à-dire qu'en fait on est sur un système qui en fait est devenu tellement accaparant en termes de ressources qui a besoin de tellement de ressources pour s'alimenter qu'il a de plus en plus de difficultés à faire émerger des alternatives qui en fait suscitent du désir et compagnie d'où aussi l'inanité absolue de ce gouvernement et l'incapacité de Macron ou de qui que ce soit de proposer des gens qui suscitent une forme de respect auprès de la population de fascination de désir enfin qu'on m'explique qu'on m'explique comment Marlène Schiappa est devenue ministre et qu'on m'explique comment cette personne-là à un moment donné a pu considérer être récipiendaire d'une autorité quelconque j'ai eu de l'exemple là j'ai des parce que je connais des gens un peu partout et donc des policiers qui me racontaient la visite récente de Marlène Schiappa dans un commissariat parce qu'elle est quand même secrétaire d'État au ministre de l'Intérieur donc elle a un petit peu disparu d'ailleurs mais c'était une blague enfin c'est-à-dire que tout le monde se fichait de sa tête parmi les policiers enfin vous voyez il y avait un truc en mode mais qu'est-ce qu'elle fout là c'est ridicule etc on parle de quelqu'un qui est censé avoir une autorité une autorité une femme mais en même temps vous promouvez ministre une femme qui ne s'est démarquée que par la publication de romans pseudo-érotiques où elle exotise des Noirs pour raconter ses fantasmes enfin c'est compliqué quand même c'est compliqué un niveau d'intelligence qui est quand même très faible un niveau d'expérience et de vécu qui est inexistant et c'est là aussi où on se plaint beaucoup de la dégradation du niveau c'est un le fruit de la corruption et deux aussi le fait de la perte de rapport à l'histoire de la France des gens qui ont fait la guerre évidemment ils ont un rapport autre moi je considère qu'en fait le moment de bascule et de déracinement des élites politiques vis-à-vis des français c'est au moment où la génération de la résistance meurt et passe le relais c'est-à-dire que là on bascule sur quelque chose où on a des gens qui n'ont plus vécu plus vécu pardon l'histoire avec un grand H et qui n'ont plus du tout le même rapport à la nation à l'État à leur fonction et ça c'est encore une fois c'est transpartisan enfin c'est pas une question donc Chirac était le dernier grand président non parce que même Chirac il était déjà dans un vous voyez non Mitterrand pardon parce que Chirac Mitterrand c'est pas tant un grand président que quelqu'un qui avait la patine pour incarner la fonction moi je pense pas que c'était un grand président plutôt l'inverse je pense qu'il n'est pas du tout quelqu'un d'incarnant d'une forme de noblesse politique plutôt l'inverse aussi plutôt un bourgeois de la politique ce qu'il a toujours été y compris pendant la seconde guerre mondiale on le sait avec ses allers-retours et ses atterlements et ses tentatives mais du coup en fait cette traversée de cette période l'a amenée à vouloir faire des synthèses à vouloir trouver des équilibres à vouloir s'adresser au pays dans son ensemble le dernier qui a eu un vrai qui a vraiment été confronté à l'histoire mais qui était malheureusement trop suffisant et un but de lui-même et de droite pardonnez-moi c'était Giscard c'est assez extraordinaire que c'était à ce point en fait je pense qu'il s'est vu en roi d'où le fait qu'il partait pendant des mois pour faire des chasses enfin vous voyez coucher avec la femme du président centre-africain enfin des choses vraiment parce qu'il pensait en fait à une forme de permanence mais vous voyez mais c'est paradoxal parce que je pense qu'il pensait à une forme de permanence de la France je pense qu'il n'avait pas du tout pris conscience de la bascule qui a été le choc pétrolier ce qui explique d'ailleurs des décisions qu'il a prises complètement erronées par rapport aux états du Golfe qu'on paye encore aujourd'hui c'est-à-dire qu'on a soutenu notamment la monarchie saoudienne lors de la prise de la Mecque dans mon souvenir contre des fondamentalistes qui essayaient de remettre en jeu le pouvoir ce qui nous a liés en fait c'était un moment en fait où ces puissances émergeaient et il fallait décider entre garder la main sur les ressources ou créer des élites fantoches qui aujourd'hui font n'importe quoi avec leur argent argent qui est le nôtre enfin je veux dire parce que nous qui payons le pétrole et le gaz et on a accepté en fait cette absurde gestion de ressources dont on dépendait fondamentalement au lieu en fait d'imposer un accès direct à elle sans avoir à passer par ces rapports de corruption bon bref ça j'ai détaillé dans d'autres textes mais Giscard du coup je pense qu'en fait il ne prend pas du tout conscience qu'on a un moment de bascule qui est presque technologique enfin vous voyez qui est lié à nos ressources enfin la façon qu'on en avait de s'approvisionner en énergie et compagnie donc il s'installe un peu dans son truc mais pourtant c'est quand même quelqu'un qui si on regarde son parcours enfin il est rentré dans la résistance à 17 ans participe à la libération de Strasbourg enfin vous voyez qu'il y avait une potentielle enfin voilà qui a traversé des choses avec un courage etc voilà il lui a manqué enfin il a été un peu trop fat un peu trop satisfait mais ouais après non parce que sinon je pourrais vous parler de Pompidou qui était une catastrophe aussi mais bon qu'importe on ne va pas refaire l'histoire de la 5ème république je vous cite encore il n'y a pas être plus prostituable au sein de ce système que son petit soldat par excellence le gardien de la visibilité le détenteur de ses clés le journaliste français bien sûr bien sûr en fait parce que c'est le c'est le sommet de l'hypocrisie le journaliste français pourquoi est-ce que Hanouna a gagné face à Boyard pourquoi est-ce qu'en fait il a doublé ses audiences en quelques semaines après cet épisode lors duquel pourtant il se montre une vulgarité crasse lors duquel Louis Boyard pourtant a potentiellement raison idéologiquement parlant enfin il dénonce un scandale qui existe il dénonce l'emprise d'un milliardaire parce que Hanouna est sincère à ce moment là là où aucun journaliste ne l'a dit bah ouais moi je ne mords pas la main de celui qui me nourrit il dit bah ouais moi je suis un employé de Bolloré voilà je l'assume et en fait vous demandez et mes camarades ils ne font pas ces scandales quand ils vont parler au monde ils ne font pas ces scandales quand ils vont parler à l'IB ils ne leur disent pas mais vous êtes les employés de Rayy vous êtes les employés de Niel donc il n'y a rien de plus insupportable que cette hypocrisie du journaliste du monde ou de l'IB ou de BFM non moi je suis indépendant moi je ne reçois jamais d'instruction etc non mon pote tu es le valet d'un oligar qui en fait tu es l'employé tu es l'employé d'un milliardaire et en fait tu fais le boulot qu'il te demande de faire et si tu le faisais autrement tu te ferais virer et c'est juste parce que tu n'essayes jamais de le faire que tu ne t'es jamais fait virer tu n'as jamais pris de coup de pression tu es tellement inséré déjà dans le système tu es tellement dépendant de ce système tu es tellement vassalisé et en besoin de cette reconnaissance que le système t'offre et des ressources qu'il t'offre que tu ne t'es jamais posé la question d'essayer de faire un pas de côté c'est seulement pour ça que tu te crois indépendant mais la réalité c'est que tu es tenu complètement tenu et c'est des gens qui font du mal parce que c'est des gens qui ont un pouvoir extraordinaire de conformation des opinions de la façon dont les gens pensent et qui vous orientent en fait de façon extraordinairement violente en détruisant des vies aussi de ceux qui essaient de s'émanciper de tout ça et donc c'est des gens qui fondamentalement me dégoûtent et qui orientent dans quel chemin ? dans le chemin alors c'est là où ça devient intéressant en général sur un non-chemin c'est-à-dire le maintien de l'existant c'est-à-dire la plupart d'entre eux n'ont pas d'agenda explicite il y a quelques agents de l'ordre très clairement qui sont placés au bon truc et qui ont une fonction d'orienter mais la plupart c'est juste des victimes consentantes et en fait souvent même inconscientes de servir les personnes qui les servent mais juste ils sont formatés chloroformés ils sont passés par leurs écoles de journalisme par des aînés qui les ont formés qui eux-mêmes ont été formés par des aînés qui eux-mêmes en fait reçoivent et ils ont des directeurs généraux qui sont ceux qui donnent des instructions aux directeurs de la rédaction qui sont ceux qui donnent les instructions aux rédacteurs en chef qui sont ceux qui donnent les instructions aux journalistes et du coup personne ne sait d'où il y a l'instruction initiale vous voyez enfin chacun pense ou se prétend autonome et dans tout ça vous faites vous nettoyez complètement l'influence qui vous a été un chien de garde et vous devenez malgré vous et parfois de parfaite bonne foi un chien de garde en effet et pourquoi est-ce qu'il y a peu d'esprits originaux voire aucun qu'il n'y a pas de réelle confrontation d'idées et compagnie dans l'espace médiatique c'est en grande partie à cause de cette façon inconsciente qui se soumet et du coup on se retrouve avec des situations complètement débiles comme pardonnez-moi les termes ne sont pas élaborés mais où on s'accuse et se contre-accuse d'être complotiste on rentre dans des trucs où il n'y a pas besoin d'avoir l'intention explicite d'être au service de quelqu'un pour le servir il suffit de ne pas penser assez moi quand je travaillais à Cour Pénétationale je croyais comment ne pas croire une institution qui vous donne un statut qui est vénéré qui vous paye super bien et compagnie enfin vous voyez j'ai commencé avec un stage à 20 ans au bout de 3 mois j'étais en train de rencontrer les chefs d'état avec le procureur parce qu'il m'aimait bien il m'a recruté dans la foulée je me retrouvais avec Wad, des billets et compagnie les mecs qui sont à Paris au Georges V avec leurs cours qui arrivent avec plein de sacs Hermès et compagnie bah oui on se dit c'est des salauds quoi c'est des sales types et ouais probablement qu'il faut les poursuivre ou quoi que ce soit sauf qu'elle n'est pas reconnue en fait par en fait elle est reconnue juste par l'Occident non non toute l'Afrique une partie de l'Afrique non toute l'Afrique c'est l'Afrique et le continent c'est incroyable qui a le plus cru en la CPI et donc où il y a le plus d'états membres et après c'est l'Europe sauf que en fait ils se sont rendus compte au bout de quelques années qu'elle était là juste pour servir de maintien de l'ordre et jusqu'au moment où j'ai pas fait ma thèse des années après sur une des affaires que j'avais eu à traiter parmi d'autres parce que quand vous êtes tout là-haut en plus vous êtes en surplomb vous voyez vous n'avez pas le temps de s'interroger ce détail je ne sais pas quoi je me suis rendu compte que le mec qu'on avait arrêté en voyant en taule Germain Katanga un petit militien qui a été envoyé à la CPI à 25 ans pourquoi ? parce que le Kabila qui est à l'époque président du Congo de la RDC avait voulu démontrer qu'il coopérait avec la CPI il a chopé un mec du Massissi de 25 piges il a nommé général et il l'a envoyé en disant je vous envoie des généraux donc le mec il a pris l'avion pour la première fois de sa vie il a entendu il a vu la télé pour la première fois de sa vie il m'a raconté quand j'ai rencontré les années après il m'a dit quand je suis arrivé à la CPI j'ai vu tous ces gens en noir je lui ai dit c'est quoi ces corbeaux pourquoi ils sont habillés en corbeau parce qu'il n'avait jamais vu une robe d'avocat il venait d'un autre monde et donc quand j'ai fini par me rendre compte de l'arnaque absolue ce mec n'était évidemment pas du tout le général criminel et compagnie et ça c'est grâce à des années de recherche de thèse et avant dans les mémoires là je me suis rendu compte que j'étais j'étais l'agent d'un édifice idéologique et d'un instrument de pouvoir que je n'avais pas assez réfléchi et donc en fait il n'y a pas là il n'y a pas de complot vous voyez vous avez été par la mise en scène par l'argent par la valorisation par vous réussissez à créer une accroche à quelque chose qui peut fondamentalement produire des injustices et la très grande majorité de nos dirigeants sont comme ça ils sont en fait par bêtise par vanité par ignorance se transforment en agent de l'existant d'un système qui en fait s'est façonné en grande partie de façon non intentionnelle et qui a produit des équilibres et donc le pillage des ressources que l'on connaît et après évidemment dedans il y a des pervers il y a des malades mentaux qui sont ceux qui essayent de remettre à chaque fois des pistes dans la machine pour récapérer encore plus et en général c'est ceux qui se retrouvent au sommet mais enfin vous voyez il ne faut pas avoir une fantasmatique il faut avoir une conscience aiguë de comment en fait on peut en devenir l'agent très facilement Vous parliez tout à l'heure de Bolloré Oui Vous donnez dans votre livre l'exemple d'Éric Zemmour Oui Et pourquoi en quoi en gros il y aurait émergé grâce aux médias Moi Oui Oui Il y a un truc qui n'a pas du tout été traité dans l'espace médiatique évidemment sans surprise c'est la vente des concessions portuaires que détenait Bolloré en Afrique de l'Ouest qui a été faite en fait grâce à l'Elysée un conglomérat italien et qui faisait partie du deal qui a été passé selon moi entre Bolloré et l'Elysée qui consistait après un rapport de force mis en oeuvre par Bolloré notamment pour des questions d'intérêt en partie aussi pour des questions idéologiques parce que je pense que Bolloré a un attachement sincère à une forme idéologique qui est proche de celle de Zemmour mais quand même en grande partie pour jouer un rapport de force qui lui permette face à la machine à prétation qui a été créée par Xavier Niel Bernard Arnault et compagnie qui eux sont très très proches du pouvoir actuel Bolloré l'était beaucoup moins qui consistait en fait à jouer à un jeu qui a à mon sens eu pour fonction et en tout cas pour effet de renforcer paradoxalement l'Elysée contre Marine Le Pen et qui a fait de Zemmour un instrument qu'on a promu le temps suffisant pour faire craindre l'Elysée une sorte de montée etc. qui a permis de dédiaboliser enfin bref qui a produit toute une série d'effets politiques sur lesquels on va parvenir et au moment où en fait on a fini par trouver un accord ce qui a amené notamment à la vente des concessions ouest-africaines là on a débranché Zemmour il n'était plus sur ses news enfin vous voyez c'est à ce moment-là tout d'un coup que la polémiques émergent on attend jusqu'en septembre 2021 c'était quand même relativement tardif et comme par hasard ça devient beaucoup plus difficile pour lui il a beaucoup moins de relais de visibilité et du coup en fait cette sorte de montée qui avait atteint jusqu'à 15% ça redescend la baudruche se dégonfle et partiellement et voilà tout rentre dans l'ordre et je pense que Zemmour a eu un mélange de naïveté d'acceptation de son rôle dans ce jeu oligarchique ou enfin c'est quand même quelqu'un qui est employé de Dassault pendant 25 ans et qui sait très bien voilà pourquoi on lui a laissé cet espace dans cette maison et à quelles conditions il pouvait le garder voilà c'est un peu enfin voilà ce qui est intéressant par contre c'est que je l'ai annoncé parce que là maintenant c'est facile de dire mais je me souviens d'une conférence que j'ai donnée je pense en octobre 2021 où j'explique ça et ils vont le couper et c'est ce qui s'est passé merci beaucoup Ron Brunco on finit sur Zemmour voilà merci vous avez un mot de la fin bah ouais quand même je pense que c'est important de vous dire qu'il faut tenir collectivement il faut il faut pas se laisser aveugler il faut pas se laisser séduire par un discours quel qu'il soit y compris le mien sans esprit critique mais qu'il faut je pense qu'il est vraiment venu le temps de s'organiser de commencer à prendre conscience que on est à un moment de bascule où on risque de passer du côté des esclaves de cette mondialisation de ce système contemporain et qui serait la conséquence de la perte de souveraineté définitive de ce pays perte de souveraineté qui sera la conséquence d'un pillage tellement exacerbé de nos ressources qu'on finira par ne plus savoir fabriquer de la beauté de la différence de l'énergie de l'amour etc il faut vraiment se reprendre en main et quand je vois vu que je suis sur un média qui est écouté par une partie de ce qu'on considère être l'extrême droite quand je vois les pères d'énergie de gamins qui s'amusent à se friter avec des gauchistes ou des antifas à Lyon et compagnie qui pensent que c'est là leur devenir les mecs réfléchissez plus large et dites vous que là il y a des ennemis autrement plus importants et difficiles à basculer mais c'est dans cette direction là qu'il faut commencer à réfléchir c'est pas dans les purelles idéologiques qu'on pourrait régler après on deviendra probablement ennemis dans un deuxième temps moi je serais ravi enfin ennemis au sens actif du terme je serais ravi de me confronter à vous de façon active mais là les cocos réfléchissez à votre capacité à tout simplement exister politiquement c'est plus la question de qui est votre adversaire ou pas c'est vraiment est-ce qu'on va vous blesser encore la chance d'avoir une existence politique et une forme de souveraineté merci à nos auditeurs et aux internautes de nous avoir suivis pendant cette émission n'oubliez pas de vous abonner de commenter de partager d'aimer cette vidéo encore un grand merci à vous Ron Banco d'avoir accepté notre invitation ça a été très long de vous inviter et très bonne soirée à tous merci à tous