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interviewFrançois Ruffin· 24 janvier 2018 5 min

BURN OUT : "LES EMPLOYEURS DOIVENT PAYER !" (Europe 1)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ll'heure du rendez vous : "Les 3 questions à". Patrick Cohen votre invité est député la France Insoumise de la Somme. Bonjour, François Ruffin Bonjour, Patrick Cohen.

Vous êtes donc l'auteur avec les autres députés du groupe la France Insoumise d'une proposition de loi pour que le burn-out soit reconnu comme maladie professionnelle d'abord qu'est ce que ça changerait aujourd'hui un salarié en burn out et pris en charge par l'assurance maladie ? D'abord ça lui assurerait une rente pour ainsi dire quelque chose qui soit plus dans la durée et surtout ça serait pas la collectivité qui payerait, parce qu'aujourd'hui ce sont les assurés qui payent. Y compris, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, le reconnait, qui payent les dégâts des défaillances managériales.

J'ai un copain de chez Lidl, avec qui je joue au foot, il débarque un jour chez moi il a dû prendre des tas de rendez-vous de psychiatres parce qu'il s'est fait broyer par la direction de Lidl et il me dit : "Mais moi ce que je comprends pas c'est pourquoi c'est pas possible que ça soit Lidl qui paye ?" Là, c'est vous, c'est moi qui payons. C'est le financement qui change, vous voulez que les burn out soient pris en charge par la branche accidents du travail qui est financée par les employeurs.

Accidents du travail, maladies professionnelles pour moi c'est une conséquence importante en terme de prévention parce que aujourd'hui la sanction est une prévention, pour moi. Quel est l'intérêt d'un employeur de vraiment prendre en compte les risques psychosociaux si derrière il a pas du tout à payer les dépressions qu'il peut produire en série, les troubles psychiques qu'il engendre ? J'ai eu des cas, par exemple, dans une Caisse d'Epargne, sur la Côte d'Azur, il y a une dame qui se jette sous un train avec deux enfants ça produit pas de changements dans le management, derrière y a un gars qui a un autre gars qui se suicide ça produit pas de changements dans le management, il y a un mec qui fait un AVC en pleine plénière des résultats ça produit pas de changements dans le management...

Vous pensez qu'il y aurez une prise de conscience collective si c'est les employeurs qui sont en charge de ce type de risques ? Si jamais ça apparaît dans leur bilan comptable aux employeurs ils vont avoir un intérêt direct à se demander mais comment on résout ça Il y a un économiste de la santé qui s'appelle Philippe Askenazy qui a très bien étudié ça dans le cas des entreprises américaines et qui a montré que les entreprises américaines avaient eu un très grand intérêt à résoudre leurs problèmes d'accidents au travail et de maladies professionnelles parce que sinon leurs assurances elles augmentaient Ce qu'on vous rétorque généralement, François Ruffin c'est qu'il est compliqué d'identifier l'élément déclencheur, un ouvrier qui se blesse sur une machine ou qui tombe d'une échelle c'est un accident du travail, c'est factuel, un salarié sous pression dans son travail peut basculer en burn-out il peut craquer à la suite d'un problème personnel. Ouais, mais non, vous savez c'est ce qu'on a dit pour tout.

Sur la silicose on a dit pareille, on a dit mais ça peut être le tabac A chaque fois qu'il y a une avancée sur le terrain des maladies professionnelles on va répliquer que c'est multifactoriel tout est toujours multifactoriel, en effet, mais maintenant quand on interroge un psychiatre, le Pr Patrick Légeron qui est membre de l'Académie nationale de médecine il nous dit : "Pour nous psychiatres, on n'a aucune difficulté à mettre les cas qu'on reçoit dans une case pathologique liée aux troubles, liée à l'organisation du travail. Alors c'est la reprise d'un combat qui avait été mené par Benoît Hamon il y a quelques mois. Vous aurez des soutiens à gauche à l'Assemblée nationale ?

J'espère bien oui mais c'est un combat qui dure depuis une dizaine d'années. Ca s'inscrit dans toute une série de rapports il s'agit d'avancer maintenant il s'agit de passer de la parole aux actes, quelque part, et aujourd'hui quand on se bagarre pour économiser là c'est plusieurs milliards d'euros qui sont en jeu. A savoir est-ce que la collectivité va pouvoir se décharger de ça ?

François Ruffin rien à voir avec le burn-out l'Assemblée nationale va se doter d'un dress code aujourd'hui avec une liste de tenues autorisées et interdites et ça c'est de votre faute depuis que votre votre montée à la tribune avec un maillot du club de foot d'Eaucourt-sur-Somme. Comme ça se sera clair pour tout le monde ? J'étais condamné quand même même s'il n'y avait pas de dress code.

Vous avez eu une amende de combien ? De 1400 euros, mais on s'en fiche. De toute façon, je n'ai pas choisi de faire de l'Assemblée nationale un lieu de défilés, non plus.

Vous n'aviez pas l'intention de récidiver ? Non, pas forcément. Après si ça se présente...

Je pense que la question intéressante là dedans c'est qu'en fait il y a eu tout un débat sur combien de millions de vues au sein du bureau de l'Assemblée nationale j'ai fait avec ce maillot et en fait ce qui les inquiète c'est que cette Assemblée nationale devienne une tribune populaire parce que jusqu'à maintenant personne ne regardait ce qui passait à l'Assemblée nationale et en effet à partir de quelques coups d'éclats, de choses comme ça l'Assemblée nationale peut devenir une tribune populaire et comme ils savent pas faire ça, ça les embête et donc il faut qu'ils nous passent les menottes aux poignets un petit peu pour que on n'attire plus l'attention de la même manière. Merci François Ruffin, député du groupe la France Insoumise de la Somme.