Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 26 janvier 2026 38 minAutoproduitMixte

La télé a 100 ans : nos sacrées soirées !

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • Invité31 %
  • Présentateur27 %
  • Invité 213 %
  • Invité 39 %
  • Invité 47 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 53 %
  • Invité 63 %
  • Auditeur3 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès

0:10
Invité

Je suis née l'année des animaux du monde et d'Aglé et Sidonie. Je peux encore chanter ces génériques, ne me jugez pas. Je passais évidemment mes mercredis devant Récréa 2, beaucoup de samedis soir devant Champs-Elysées. Je suis assez vieille pour me souvenir de Striptease. Je rentrais de la fac en courant pour regarder nulle part ailleurs. Je me suis évidemment moqué de sacrée soirée mais je savais exactement ce que c'était. Je vous épargne la suite je pourrais citer des dizaines d'émissions je ne suis pas sûre que mon neveu et ma nièce qui ont autour de 30 ans soient capables de faire la même chose.

Et je me souviens surtout de l'ENA Situation en 2019, invitée chez Sonia de Villers et disant ceci la télé, tout le monde devant la même chose et la même heure, je ne comprends pas le concept. Et bien aujourd'hui que la télé a 100 ans est-ce qu'on la jette ? Ou est-ce qu'on n'est pas justement sur cette vieille idée qui peut encore créer du commun exactement ce dont nous avons besoin dans un monde aujourd'hui, en France comme ailleurs où nous voulons tous entendre ce qu'on pense exclusivement en disqualifiant d'office, ceux qui ne pensent pas comme nous. Alors bien sûr que les plateformes, le streaming, le web les chaînes YouTube, tout ça sont regardés nettement plus que la télé aujourd'hui.

La bascule évidemment, elle est là, on ne va pas remettre le dentifrice dans le tube. Toutes les chaînes d'ailleurs ont démultiplié leurs offres et mises sur le numérique tous les supports et tous les supports, pardon. La télé linéaire, c'est un peu la télé de papa mais peut-être qu'il ne faudrait pas envoyer tout de suite la centenaire à l'EHPAD. Parce que même si on râle devant Quotidien ou devant C'est à vous, on râle au moins ensemble. On joue encore devant la télévision, on chante, on embrasse la Minagi, en se demandant d'ailleurs comment ces gens connaissent autant de chansons. On vote pour la Starac, qu'on regarde à plusieurs. On a notre préféré dans Top Chef.

On est ensemble devant un match de foot, devant les JO. On découvre ensemble des documentaires qui, sans la télé, ne s'adresseraient jamais au plus grand nombre. Et si la télé méritait quand même d'être sauvée parce que c'est ce qui nous reste à la télé. d'universel. À quoi donc pourrait-elle bien ressembler au XXIe siècle ? Eh bien, c'est le Téléphone Son. Soyez les bienvenus.

2:00
Présentateur

Le Téléphone Son. 0145 24 7000.

2:04
Invité

Voici Tess qui est avec nous. Bonsoir, Tess. Oui, bonsoir. Soyez la bienvenue. Merci. Oui, mais je veux dire que je suis partie bien mais à ces gens qui sont d'habitude, mais je trouvais ça important quand même de défendre la bonne partie de la télé, on va dire. C'est-à-dire que nous, on a un couple de 25 ans et je pense qu'on est les seuls à avoir une télé et à la regarder toujours. Pardon, vous avez tous les deux 25 ans ou ça fait 25 ans que vous êtes ensemble ? Non, non, non. On a tous les deux 25 ans. D'accord, ok. C'était très important dans l'argument, le fait qu'on soit jeune et que je sais que pratiquement plus personne de notre âge ne regarde la télé.

Mais moi, je trouve ça très sympa de ne pas toujours choisir ce qu'on va regarder et de découvrir aussi des nouvelles choses. C'est aussi pour ça que j'aime écouter la radio parce que je ne sais pas toujours moi qui choisis la musique que j'écoute et ce que je vais apprendre aujourd'hui. Et à la télé, c'est ça qui est sympa, c'est de pouvoir regarder des films qui déjà ne sont pas forcément toujours accessibles sur les plateformes, notamment les vieux films ou des choses comme ça. Et il y a toujours des super documentaires aussi, des choses qu'on n'aurait jamais pensé à chercher de nous-mêmes parce qu'on n'y aurait pas pensé.

Et Tess, puisque je vous tiens, parlez-moi de vos plaisirs coupables parce qu'on a tous des plaisirs coupables à la télé. Si vous me dites non, je ne vous crois pas. Je vous avoue qu'on est des grands fans de The Voice. Et depuis l'année dernière, on a beaucoup apprécié regarder Danse avec des stars. D'accord. Non mais c'est bien, vous avez raison, on a tous des plaisirs coupables. Il faut y aller, j'en ai aussi, ne vous inquiétez pas. Je vous remercie beaucoup Tess pour votre appel et votre entrée en matière pour discuter ensemble autour de cette table. Je vais commencer avec vous, il y a Eva Roch, bonsoir Eva. Bonsoir Fabienne, bonsoir à tous.

Vous êtes journaliste média ici chez nous à France Inter, on vous entend dans le 5-7 évidemment. Il y a Frédéric Lopez qui est avec nous, bonsoir. Bonsoir, je regardais les mêmes programmes que vous. Merci beaucoup, ça me fait plaisir. Peut-être que vous chanterez à GLA ici Denis à la fin de l'émission. Vous êtes animateur et producteur moi aussi. de télévision à dimanche à la campagne, à 16h le dimanche sur France 2, c'est vous. Vous avez créé Rendez-vous en Terre Inconnue, on y arrivera sûrement. Et Stéphane Cid-Bongomez est là également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le directeur des antennes et des programmes de France Télévisions.

Je trouve ça intéressant, je vais commencer avec vous Stéphane Cid-Bongomez, je trouve ça intéressant ce qu'elle dit Tess parce qu'elle a raison, elle a jeune, elle est jeune, elle a l'impression d'être un peu une espèce d'ovni avec sa télévision, j'allais dire la vraie en fait, celle qui est sur un meuble. C'est évidemment des choses que vous avez en tête, vous quand vous discutez, fabriquez les programmes, mais au fond est-ce qu'elle est aussi ovni que ça Tess, à votre avis ?

4:38
Présentateur

Je crois que la télévision ça peut être aussi en mauvais français un safe space aujourd'hui, tout le monde regarde beaucoup de vidéos, beaucoup d'écrans, on est noyé d'écrans même et c'est pas toujours très agréable et très doux ce qu'on y trouve.

Et puis, vous l'avez dit, c'est quelque chose qu'on regarde ensemble et regarder ensemble quelque chose d'éditorialisé, de sécurisé, où on fait attention à la qualité de l'information, où on fait attention à la qualité des créations, c'est aussi quelque chose qui permet à la société de tenir ensemble et ça a été dit par Tess et je pense que c'est vécu par beaucoup de français, la télévision c'est aussi un espace de respiration dans la grande jungle qui est devenue la vidéo aujourd'hui.

5:19
Invité

Le tenir ensemble, on y viendra bien sûr. Frédérique Lopez, qu'elle dit aussi que j'ai trouvé très joli, Tess, c'est des fois c'est bien de ne pas avoir le choix en fait. Et pas le choix, ça veut dire, c'est la sereine des piti, on ne choisit pas et on tombe sur quelque chose et on s'y arrête. Vous savez ce qu'il y a un fois, j'avais fait une émission sur le bonheur et des chercheurs nous avaient expliqué qu'ils ont étudié cette question du choix et ils ont découvert que le choix est l'ennemi du bonheur.

Et donc regardez quand vous êtes dans un restaurant et qu'il y a trois entrées, trois plats, observez ce que vous ressentez et quand il y en a 150, c'est la même chose pour tout, ça marche pour les applications de rencontres et ça marche aussi pour le choix des programmes. Qu'est-ce qu'on va regarder ? Calculez le temps que vous passez, moi sur une plateforme qui diffuse des films, je me suis vu regarder alors seul 45 minutes à deux, une heure et demie pour choisir un film. Et donc effectivement, quand d'un seul coup quelqu'un a choisi pour nous, en général assez de qualité, sinon ce ne serait pas là, je passe du bon temps. C'est votre boulot ça ?

Oui, c'est pour ça que je suis là, je me sens utile tout d'un coup, tous les matins. Non mais c'est vrai, après ce que dit Tess, c'est qu'elle parle de l'objet télé, on a de moins en moins l'objet télé tel qu'on l'a dans notre imaginaire, ce meuble, le truc qui prend de la place. Mais je pense que les jeunes de 25 ans regardent la télé, pas forcément comme on le faisait il y a 20 ans, il y a même 5 ans, mais ils regardent la télé. On va retourner au standard, mais Stéphane, j'ai vu que vous vouliez intervenir, moi je me demandais si quand on est directeur des antennes, de toute façon à chaque fois qu'on invente une émission, on l'a en tête ça.

En fait on se dit alors, je sais que les plus jeunes ne sont pas forcément là, ou ce sera plus difficile d'aller les chercher, je sais qu'il faudra peut-être les accrocher donc il faut les étonner, je sais qu'il faudra faire plus court peut-être, est-ce que c'est des choses qui vous traversent l'esprit ça ou pas ?

6:59
Présentateur

Je pense qu'on est même obsédé aujourd'hui par cette idée de dire comment dans cet univers, le streaming aujourd'hui comme on dit, il est devenu majoritaire dans l'espace vidéo, aux Etats-Unis il le sera dans pas longtemps en France, donc comment nous services publics, on pèse dans ce marché du streaming, notre plateforme France.tv aujourd'hui est devenue la première plateforme en France, avec 40 millions de Français qui la regardent tous les mois.

mais on cherche à garder notre ADN éditorialisé de services publics, c'était dit tout à l'heure par Frédéric, mais sur les grandes plateformes de streaming il y a quelques années, le premier problème c'est qu'on passait 40-45 minutes à choisir un programme. L'obsession des plateformes c'est comment réduire ce moment, et nous on se dit, dans cet univers du streaming, on propose quelque chose, on propose un choix. Il y a plein d'autres choses où on a compris qu'il fallait un peu s'émanciper, se libérer de tout ça, mais on met en avant des créations françaises, des créations qui nous semblent d'intérêt général.

7:58
Invité

Voici Étienne qui nous attend, bonsoir Étienne. Oui, bonsoir Fabienne. On vous écoute Étienne. Moi je voulais témoigner un peu de la pratique qu'on a avec ma conjointe de la télévision linéaire, parce qu'on regarde un petit peu de streaming, mais ce qu'on va regarder en direct, c'est vraiment les grands événements, les grands événements sportifs, les cérémonies, les Jeux Olympiques, les allocutions, les soirées électorales, ou l'actualité, mais vraiment quand il y a quelque chose, un attentat, des choses vraiment qui nécessitent, qui donnent envie de regarder immédiatement.

Après tout le reste, on regarde quelques émissions en replay, mais on regarde, c'est dans l'air, en replay, des choses comme ça. Mais sinon les films, etc., on ne regarde pas du tout, notamment à cause de la publicité en fait, je pense. Et puis le fait aussi qu'il faille que ça démarre à l'heure fixe. Les films démarrent très tard, généralement, à 21h15, c'est trop tard. On veut démarrer à 20h30 si on regarde un film, à 20h15, pas d'heure. Merci beaucoup Etienne, et je retiens ce que vous dites sur les grands moments et les grands rendez-vous.

Effectivement, Frédéric Lopez, avant qu'on aille sur ces grands rendez-vous, est-ce que quand vous fabriquez, vous, un dimanche à la campagne, vous savez et vous vous dites de toute façon, peu importe en fait ce qu'on me regarde en linéaire ou qu'on me regarde ensuite en replay, cette émission est regardable de toute façon, de toutes les manières qu'il soit, et même il n'y a aucune notion de temps à l'intérieur, et vous le faites exprès, j'imagine. Voilà, c'est exactement ce que vous dites. On ne parle pas d'actualité, les gens ne donnent pas leur avis. Vous avez remarqué qu'aujourd'hui, c'est un peu le fléau du siècle, on donne notre avis sur tout.

Là, les gens témoignent, donc c'est intemporel, voilà, tout dans la réalisation, dans la musique, etc. Et c'est vrai que les gens me disent, soit qu'ils le regardent, parce que c'est un rendez-vous, c'est un point de repère, c'est quelque chose de rassurant. À 16h sur France 2, je profite pour le rappeler, mais beaucoup me disent qu'ils l'ont vu en replay, et puis ça permet aussi de voir des épisodes qu'on a ratés. Et c'est vrai que nous, quand on le fabrique, on n'y pense pas. Après, je vous dis la vérité, le lendemain matin à 9h15, on nous donne une audience, je trouve ça triste parce qu'on n'est jamais comptabilisé, on n'est jamais annoncé le nombre de gens qui l'ont regardé finalement.

C'est toujours un chiffre qui ne veut de moins en moins rien, de moins en moins dire quelque chose. Oui, je vous entends, c'est pareil pour nous le rappeler. Voilà, donc en fait, on est un peu jugé sur ces audiences-là, mais qui finalement ne disent pas tout aujourd'hui. Et là-dessus, Eva Roch, c'est pour ça qu'on se dit parfois que peu importe, en fait, et vous qui chroniquez des choses qui ne feront pas forcément une super audience, etc., mais qui justement ont amené les gens par là, peu importe. Peu importe, mais ça, ça a vraiment changé, je dirais, les cinq dernières années. Peut-être que c'est facilement de dire qu'on n'a pas le droit de dire peu importe, s'agissant de l'audience.

Je pense que peu importe. Super, attendez, Eva va finir et puis je vous passe la parole derrière. Oui, mais je pense que ça a changé, enfin en tout cas, de mon point de vue d'observatrice, ça a changé réellement depuis environ cinq ans. de pouvoir chroniquer, par exemple, le matin, un programme qui a été mis en ligne une semaine avant sa diffusion, d'en parler alors qu'il a été diffusé, mais j'en parle 24 heures ou 48 heures après. Mais jamais je n'aurais imaginé ça. Avant, j'étais vraiment dans le timing de la télévision linéaire, c'est-à-dire pour le soir même. Et ça, je ne le fais quasiment plus.

Et pour répondre à Étienne, Étienne, c'est tout à fait juste ce qu'il raconte de cette consommation de grands événements d'informations et de sports. Si on regarde les 100 premières audiences de l'année, c'est le sport, c'est les grands rendez-vous d'infos et c'est les séries, les séries françaises, ce qui a été un point de bascule aussi parce que si on regarde les 100 meilleures audiences il y a 15 ans, c'était les séries américaines. Et là, bravo France Télévisions et bravo aussi TF1, notamment avec HPI, mais France Télévisions, vous êtes largement en tête dans les 100 premières audiences en matière de fiction. Donc, il y a vraiment un désir de regarder ces programmes-là non linéaires.

C'est pas le problème. Sauf le sport et les événements politiques. Ce qui a changé aussi, Stéphane Cidmon-Gommet, c'est que vous, vous le faites beaucoup à France Télé, mais vous n'êtes pas tout seul. Vous donnez la série toute entière, en fait. C'est fini le moment où, moi, en tant que consommatrice de télévision, mais jamais de ma vie je peux faire ça désormais, très honnêtement. Accepter d'attendre la semaine d'après. Bien sûr. Jamais. Alors, dommage, sûrement, après tout, parce qu'on avait cette espèce de moment d'attente, etc.

12:11
Présentateur

Aujourd'hui, sur beaucoup de nos séries et de nos fictions, plus de la moitié les consomment pas en direct, en attrapage ou à l'avance ou peu importe. Et pour moi, vous disiez, je vous disais, moi aussi, je dis peu importe parce que ça a été une bagarre avec, y compris des animateurs, des producteurs qui ont la culture de la télé linéaire. Moi, je leur dis, je m'en fiche de l'audience le lendemain matin. Ce qui compte, c'est la part de voix que tu vas avoir dans le pays, l'impact, la manière dont... Et d'une certaine manière, on s'en fiche de savoir où est-ce qu'on a vu la série, où est-ce qu'on a vu l'émission, où on l'a vu en direct ou en rattrapage.

Et ça a une valeur immense, c'est que ça remet au centre de la conversation le contenu, la qualité du contenu qu'on propose. On n'est plus aujourd'hui, et c'est aussi une libération pour beaucoup de créateurs, plus soumis à la part d'audience, qui était en plus une estimation d'audience qui tombait le lendemain, moyenne, qui n'était pas vraiment un nombre de gens touchés. On est plus en conversation avec le téléspectateur.

13:10
Invité

En même temps, j'ai un peu du mal à vous croire, Stéphane Tidbongomos, quand vous dites que l'audience, ce n'est pas grave, quelqu'un qui ne marche pas du tout en linéaire, je peux imaginer que vous devez dire, on va la laisser sur le numérique, cette émission-là, et puis on va changer le linéaire, non ?

13:22
Présentateur

Non, la bagarre qu'on a fait, c'est justement de plus demander qui on met en linéaire et qui on met en numérique. En fait, on est assez agnostique, peu importe le canal, l'important, c'est que tu trouves ton contenu. Et je pense que les auditeurs qui nous écoutent aujourd'hui, c'est comme ça qu'ils fonctionnent. Ce qui compte, c'est la qualité de la série. C'est plus dur dans notre métier, parce qu'il faut se repérer dans cet univers. Avant, il y avait six chaînes, vous allumiez, vous zappez, à la grande époque des émissions dont vous parliez, et je vais vous dire, le métier que je fais aujourd'hui, c'était un peu plus simple, tu devais être le moins mauvais des six.

13:56
Invité

Ça, on est d'accord. Est-ce que ça vous a, pardon pour la question, Stéphane, mais est-ce que ça vous a libéré aussi en matière de format ? Est-ce que justement cette capacité à se dire, bon, on verra bien pour les audiences, ça veut dire aussi qu'on ne vous a re-bouté pas sur des formats de 52 minutes pour la fiction dans une série en plusieurs épisodes, ou un 90 minutes, ou un documentaire qui ferait 1h30 parce qu'il est censé être diffusé à 21h10 ?

14:21
Présentateur

C'est tout notre projet, on l'a plus fait en série de fiction avec le passage aux 52 minutes, avec des séries, mais aujourd'hui on travaille sur les écritures documentaires, et on dit aux documentaristes français qui sont parmi les meilleurs aujourd'hui au monde, on fait 1000 documentaires par an, on leur dit mais libère-toi du format, peu importe si l'histoire est importante à raconter en 3 fois 40 minutes, ou en 5 heures, ou en une heure, ce qui compte c'est ce que, et d'ailleurs la radio le fait aussi, dans les podcasts aujourd'hui, le podcast a libéré beaucoup de manières de la contrainte horaire du rendez-vous linéaire.

14:53
Invité

Et en même temps, est-ce qu'on peut avoir le même raisonnement quand on parle de fiction, ou quand on parle d'émissions, quand elles sont hebdomadaires, et encore plus quand elles sont quotidiennes, est-ce qu'on peut vraiment avoir le même genre de raisonnement ?

Est-ce qu'on ne fabrique pas toute autre chose quand on fabrique un access prime time, quand on fabrique un après les films, donc ce qu'on voit autour de 22h-23h, le raisonnement est très différent, très souvent d'ailleurs ancré dans l'actualité, donc quand même le replay, c'est une autre forme de replay, c'est compliqué, moi par exemple je n'écoute jamais, y compris sur ma chaîne, je ne réécoute pas une émission d'actu, parce que l'actu

15:27
Présentateur

est passée. Chaque émission a son format, mais l'émission de Frédéric Lopez, elle peut se regarder à n'importe quelle heure, à n'importe quel moment de la journée, et elle vous apportera toujours le même réconfort et le même intérêt. Quand vous traitez d'information et de sport, c'est sûr que le replay sur un match, après le match, tu connais déjà le résultat, c'est globalement moins intéressant pour le public, mais il y a aujourd'hui, l'auditeur parlait de c'est dans l'air, c'est dans l'air, ça s'est complètement transformé avec le rattrapage, et les gens regardent c'est dans l'air à n'importe quelle heure de la journée.

16:01
Invité

Et n'importe quel jour aussi, ou pas ? Oui, globalement, après souvent on rattrape le lendemain. Parce qu'une émission comme la vôtre, Frédéric Lopez, je peux l'écouter 15 jours après, ça ne fait pas de différence, je peux même choisir. Et moi je me demande en fait dans quelle mesure, quand même ça ne fait pas un peu de peine, parce qu'en effet je peux choisir, je regarde qui est invité, lui je l'aime bien, je vais regarder, lui je l'aime moins, donc j'y vais pas. Et c'est pareil chez moi, on regarde les thèmes et on dit, bon ça je m'en fous, ça je m'en fous, ah oui ça je vais regarder. Et du coup j'ai l'impression qu'on perd aussi de la spontanéité quand même.

Linéaire ça veut dire spontanéité, ça veut dire plantage. Ouais, et à la fois quand les gens regardent l'émission, les plus beaux compliments qu'on puisse me faire c'est, ah j'aimais pas machin et j'aimais pas Bidule et finalement je l'aime bien. Donc c'est une émission où on apprend à connaître, en l'occurrence parce que je parle de la mienne, où on apprend à les connaître en profondeur. Et donc du coup si on n'a pas trop de préjugés, ça aussi c'est un peu le fléau de l'époque, du coup on vient voir ces gens qu'on croit connaître ou qu'on n'aime pas. Et du coup je, voilà, j'ai pas l'impression de subir tellement ça aujourd'hui.

Mais justement Eva Rock, moi c'est mon regret du linéaire en fait, parce que désormais tout est très propre, parce que forcément ça va être revu, etc. Donc tout ça est très très lissé. Ah vous êtes nostalgique du direct, comme en radio. Ouais, oui, en radio mais ça existait aussi en télé en fait, et de ces moments où il peut se passer quelque chose, on est sorti du liste, c'est fini cette période. C'est quoi, un cendrier qui vole par exemple ? Alors pas forcément. C'est arrivé qu'une seule fois. Pas forcément.

17:28
Présentateur

Pour m'assurer, je pense que le direct va revenir et que l'événement, Eva Rock le disait tout à l'heure, c'est quelque chose qui prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure de cette évolution des usages, on a besoin de ça. Moi ma crainte c'est l'algorithme, c'est l'enfermement dans ce que t'aimes déjà. Absolument, je suis bien d'accord avec ça. Et ça, la vraie lutte qu'on doit mener, et là où les médias publics ont un rôle, qu'aucune plateforme ne fera jamais, toutes les plateformes vous donneront toujours ce que vous aimez d'avance, ce que vous aimez déjà. Et nous, notre rôle, c'est la découverte.

17:59
Invité

C'est l'avantage du direct aussi. C'est ça qui est très fort. Mais moi je crois beaucoup au direct, et d'ailleurs les formats que les jeunes regardent, notamment sur Youtube, de plus en plus des talkshows sur Youtube, on voit qu'ils reviennent à des formats télé quelque part, des formats qu'on a développés en télé. Et il y a ces faux directs aussi, ces émissions qui ne sont pas forcément directes, mais enregistrées en condition directe, et on garde une forme de spontanéité, et on garde de l'événementiel dans chaque rendez-vous.

Donc je pense qu'effectivement on peut regretter de temps en temps que l'émission ne soit pas en direct, que ce soit montée, qu'on ait un peu cette impression de propreté. Mais ça reste quand même des événements, et dans le divertissement, il se passe toujours quelque chose quand même. Mais je crois que la plupart des animateurs adorent le direct. Et en vérité, si ce n'est pas fait en direct, dimanche à la campagne ça dure 24h. Vous ne le faites pas en direct si on est d'accord. Mais c'est aussi, je crois que Thierry Ardisson par exemple, ça a duré 7h ces enregistrements. C'est terrible.

Mais ce n'est pas tellement pour lisser, parce qu'au contraire, il n'est pas quand c'était lisse, mais c'était pour éviter l'ennui, tout simplement. Pour épuiser ses invités, franchement, 7h. Ça c'était sa technique. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on a l'impression que parce que ce n'est pas en direct, on rate des trucs importants. Mais c'est plutôt le contraire. Quand c'est intéressant, on va le garder. On va rejoindre Paul dans une toute petite seconde. Paul, pardonnez-moi, mais il y a quand même un message qui est pour vous, Frédéric Lopez, je vous le donne. C'est Hervé qui dit, pour un dimanche à la campagne, merci beaucoup, perso, je l'écoute en podcast 59% du temps.

C'est extrêmement précis, 59% du temps. J'ai appris ça et ça me fait plaisir, parce qu'effectivement, France Télévisions a pris l'initiative de diffuser l'émission en podcast. Et honnêtement, comme je ne suis pas un grand consommateur de podcast, je ne comprenais pas très bien comment ça pouvait fonctionner. Et j'ai beaucoup de témoignages de gens qui me disent que ça s'écoute et ça fait plaisir. Bonsoir Paul. Soyez le bienvenu. Pardon d'avoir attendu. On vous écoute. J'ai vraiment passionné, en effet.

19:47
Présentateur

Oui, je vous appelle d'Angers, où j'habite. Je disais à votre collègue en ligne que la consommation de la télé, par rapport à l'où on se trouve et par rapport à qui on est, peut être différente, en fait. Et moi, je différencie du type de télé. Il y a les télévisions classiques, France 2, TF1, et les chaînes de télévision. Et les chaînes d'info, autant pour moi. Donc, France Info, TVFM et autres. Et pour mettre le pied dans le plat, autrement. Donc, je pense que lorsque, en fonction de qui on est, par exemple, moi qui ai un noir, qui est de l'Europe, quand on regarde les télés aujourd'hui, on a l'impression de ne pas être représenté. On est traqué, on est chassé, on est pourchassé.

À la télé, aujourd'hui, c'est dur de regarder la télé pour nous, aujourd'hui, en France, en fait. C'est carrément dur. On a l'impression qu'on est stigmatisé, on est pointé du doigt tous les jours dans la télé. Ce n'est plus du tout évident. Lorsque on regarde des chaînes d'info, par exemple, comme France Info ou bien CNews, on a parfois l'impression d'écouter les mêmes gens, en fait. Avec Alif Bouyagui, d'un côté, avec Nathalie Saint-Crick, Nathan de Verre et Paul Melan, de l'autre côté, il n'y a pas trop. On ne reconnaît plus qui est qui, en fait. Ça allait être les mêmes chaînes, en fait.

Lorsqu'on veut sortir des chaînes d'info, aller écouter les télés classiques pour écouter juste peut-être la culture ou alors des émissions infotainment. Avec, d'un côté, on peut avoir l'éas à la nez, on a l'impression qu'elle est coup après l'extrême droite ou est Arthur de l'autre côté. C'est complètement pas possible, en fait. Lorsqu'on veut descendre...

21:11
Invité

Paul, on ne va pas faire l'intégralité du PAF, mais on a bien compris où vous nous emmenez. Et j'aime bien ce que Paul nous dit au début, Stéphane Tite-Bongomé, sur le fait qu'il ne se reconnaît pas, Paul, dans la télé qu'on regarde aujourd'hui. Lui qui... Alors, je ne me souviens plus s'il a dit s'il était noir ou noir. C'est ça. Il ne se reconnaît pas dans la télé d'aujourd'hui. On a essayé de bouger là-dessus ? Oui, c'est une question depuis longtemps.

21:37
Présentateur

Et moi, je dirais quand même que la question de la représentation à la télévision de toute la population a quand même beaucoup, beaucoup bougé ces dernières années. Très largement, ça nous est d'ailleurs assez régulièrement reproché. Mais on travaille beaucoup sur cette question de la représentation et notamment de la diversité. Après, moi, je pense qu'il y a une question essentielle qui se pose aujourd'hui et qui est sous-estimée. La télévision publique, ça n'existe pas dans tous les pays. Ça n'existe pas dans tous les pays. Et dans beaucoup de pays, en fait, on est en prise, en effet, avec une chaîne ou des réseaux qui jouent le jeu de la polarisation.

Nous, ce qu'on essaye de faire, pas toujours bien, et j'ai bien compris que Paul n'était pas satisfait de la manière dont on le fait, c'est d'être un rempart pour la démocratie. C'est d'être capable de mettre autour de la table des gens qui n'ont pas le même point de vue, qui discutent, qui débattent, et de le faire. Et d'ailleurs, France Inter le fait aussi, et ce n'est pas uniquement nous, c'est tout l'audiovisuel public. Et je voudrais dire à Paul que je comprends son inquiétude, mais que c'est une mission qui est de plus en plus délicate et de plus en plus importante à préserver.

22:42
Invité

Après, il y a une vraie différence entre la télé de divertissement, Paul appelait ça la télé classique, et les chaînes info. Évidemment que ça a changé tout le débat. Et là, pour le coup, on est dans le direct tout le temps, et cascade y compris.

22:58
Présentateur

C'est pour ça qu'on montrait tout à l'heure l'éloge du direct. Je ne suis pas sûr que le direct 24 heures sur 24 est toujours un bienfait pour le débat, en tout cas en matière de télévision. Mais en revanche, les chaînes info ont changé la grammaire de la télévision partout dans le monde. Ce qui se passe en France, on l'a eu aux Etats-Unis, avec Fox News, plein de choses. Garder un levier pour ne pas polariser, pour ne pas confronter, pour ne pas affronter, je pense que c'est quelque chose d'essentiel.

23:29
Invité

Nous sommes en train de parler de télévision, la télé qui a 100 ans, et que devient-elle au XXIe siècle, avec Frédéric Lopez, producteur et animateur d'Un dimanche à la campagne, avec Stéphane Cid-Bongomas, qui est le directeur des antennes et des programmes de France Télé, avec Eva Roch, qui est journaliste média ici à France Inter. Et avec vous, Guillaume, aussi. Bonsoir à vous. Oui, bonsoir. Bienvenue, Guillaume.

23:56
Auditeur

Je vous appelle pour faire un petit témoignage, car j'étais très accro à la télé, et avant, je regardais, quand j'étais jeune, donc moins de 20 ans, 5 à 6 heures par jour à la télé. Et du coup, quand j'allais au restaurant et tout, il y avait un écran. Si je me mettais devant, j'étais absorbé par n'importe quel écran. Et du coup, j'ai commencé à me désintoxiquer en n'ayant plus de télé quand j'ai déménagé en Guyane. Et par la suite, j'ai même quitté tous les réseaux sociaux, parce que je scrollais beaucoup, et que ma femme me reprochait de regarder beaucoup la télé, d'être scotché sur les écrans tout le temps.

24:31
Invité

Donc vous vous êtes guéri, Guillaume, si j'ai bien compris.

24:32
Auditeur

Pas tout à fait, mais il vous reste.

24:36
Invité

Mais du coup, qu'est-ce qu'il vous reste ? Puisque vous avez fait maintenant des choix qui sont plus drastiques et draconiens, que vous ne voulez pas vous faire avaler par l'écran, qu'est-ce que vous avez gardé à la télé, 100 ans ?

24:45
Auditeur

J'écoute beaucoup France Inter. Que ce soit en différé, parce que je suis en Guyane, donc je réécoute le soir et le programme du matin, quand je les ai loupés. Et puis après, je vais chercher les informations sur les chaînes France Info ou sur les chaînes WhatsApp du Parisien ou du 20 Minutes.

25:07
Invité

Donc vous avez déserté effectivement la télé, Guillaume. Je vous remercie beaucoup. A l'inverse de Guillaume, on a sur WhatsApp Estelle qui dit ceci, nous avons la chance d'avoir pu mettre la télévision dans un placard du salon. Donc on ouvre les portes du placard, on se pose dans le canapé, le soir où nous avons choisi de regarder un truc qui nous convient à tous les trois. Nous avons Marc sur WhatsApp aussi qui dit j'apprécie beaucoup d'avoir un rendez-vous avec une émission directe ou avec les films. Je sais que je pourrais le voir en différé, mais s'organiser pour le rendez-vous me reconnecte aussi à mon enfance et à la jouissance de ce moment.

Et c'est pour ça que moi aussi j'aime le linéaire en fait. Cette idée de se dire, non, je n'ai pas que le choix, donc c'est l'heure, et c'est maintenant ou c'est jamais en fait. Et puis la sensation aussi, nous, notre génération, le lendemain, on se retrouvait à l'école et on parlait de ce qu'on avait vu avec la télévision. Et je crois que ça existe encore. Je pense à Rendez-vous en Terre inconnue, on a de la chance qu'après 20 ans de diffusion, les gens sont encore là. Maintenant que c'est Laurie Tillman qui le présente. Et c'est vrai qu'on est heureux de savoir que d'un seul coup, ça bat des records d'audience.

Parce que nous, personnellement, on est heureux que ce message continue de persister, puisque c'est n'ayons pas peur des autres. Mais c'est vrai aussi qu'on aime l'idée que... Et puis je vois beaucoup de témoignages. Beaucoup de gens nous disent qu'ils le regardent en famille et que c'est intergénérationnel. Et c'est quelque chose qui réjouit, effectivement, cette télé qui rassemble. Et en même temps, Eva Roch, et je le dis, pardon Stéphane-Sylmon-Gomez, on ne va pas citer que France Télévisions, mais enfin dans la cour de l'école, et je pense que ça compte encore. Qui a été éliminé à la Starac ? Qui a été éliminé à Koh-Lanta ? Elle danse avec les stars. Elle danse avec les stars. Bien sûr.

Chez Top Chef, ou les autres, etc. On ne parle que d'éliminer, c'est ça ? Parce qu'en général, on élimine celui qu'on préférait, évidemment. Mais ça, ça existe encore quand même. Bien sûr. Et ça dit quand même que cette télé de flux-là persiste en réalité, et qu'elle a encore du sens. Moi, je suis très agassée par le discours « la télé va mourir » ou « la télé est morte ». Parce que je n'entends même pas ce message. Il suffit de voir les millions de gens qui sont réunis encore devant une télé pour un JT, pour un événement sportif, pour un divertissement ou pour une série. En linéaire, en l'occurrence.

Et ça vous conforte quand même dans l'idée qu'il se passe encore quelque chose devant un écran, en tout cas de façon collective. Après, les modes de consommation ont changé. Tout le monde le prend en compte et c'est parfait. Mais effectivement, c'est encore un sujet de discussion. Et vous parliez des divertissements, parce que c'est vraiment là où il y a des communautés qui se forment, évidemment. Mais je pense aussi aux séries qui font beaucoup discuter. Parce que pareil, il y a quelque chose de très générationnel qui se joue dans les séries. Mais moi, je trouve ça assez fascinant qu'on arrive à discuter de tout ça autour du café. Le lendemain, évidemment, ça fonctionne encore.

Parce que je repense, Stéphane Cidban-Gomez, à notre auditeur précédent qui disait « Moi, finalement, il ne me reste que les grands événements. » Et c'est peut-être ça le risque, en fait. La seule chose qui va rester en linéaire. Alors, le risque ou pas, d'ailleurs, j'en sais rien. Mais la seule chose qui va rester, effectivement, en linéaire, c'est ça. Les grands événements. Donc, c'est le sport. Partiellement, la politique et encore. Et quoi d'autre, finalement ?

28:10
Présentateur

Je crois que la télévision doit se réinventer. D'ailleurs, ça m'a été reproché plusieurs fois de dire « Si on ne bouge pas, on va crever. » Parce qu'à un moment, si on est tous enfermés un peu dans un truc d'habitude et que la télévision, c'est juste le vieux doudou. Moi, mes enfants, au bout d'un moment, le vieux doudou, il finit au placard. Mais regarde la télé vos enfants, sérieux ou pas ? Non, c'est le mèche du doudou. C'est le doudou, surtout. Mais par contre, oui, on doit bouger. On doit bouger. Et ce qui compte, c'est la création. Moi, je ne vais pas vous cacher, je suis inquiet. Aujourd'hui, sur un téléviseur, quand vous l'achetez, il y a un bouton Netflix.

Il n'y a plus un bouton 1 ou 2. Le sujet, le cinéma français après-guerre, il s'est battu pour ne pas devenir le cinéma italien et qu'il n'y ait que du cinéma américain partout. Si on continue comme on est en train de le faire, demain, tous les programmes que vous regarderez, ils seront décidés par Netflix, par Paramount, peu importe comment ils fusionnent, à Los Angeles ou à San Francisco. Il y a un enjeu de défendre la création française. Moi, ça ne me choque pas du tout que vous défendiez les programmes de TF1, d'M6. C'est très bien. Il faut que les créateurs français de documentaires, de fictions, ils aient la part de voix nécessaire qu'on puisse rendre accessibles les meilleurs films.

Et pour ça, il faut qu'on bouge, il faut qu'on se réinvente, il faut qu'on sorte de nos habitudes, il faut qu'on soit plus créatif qu'eux. On est en train de mener une bataille de créativité. Et après, je reviens sur ce que disait l'auditeur. Moi, j'ai peur de l'addiction. Pas de l'addiction à la télévision. Moi, je vois autour de moi le scrolling sur les réseaux sociaux dont parlait l'auditeur. On est en train d'être dans une civilisation de l'addiction où les gens regardent avant de se coucher pendant une heure des stories sans intérêt sur Instagram de gens qui ne connaissent pas de photos de vacances qu'ils n'ont jamais vues. Et ça ne les rend pas plus heureux.

Je pense que la création, elle peut éveiller notre imaginaire et qu'il faut travailler là-dessus.

29:57
Invité

Mais est-ce que le fait que les gens scrollent d'ailleurs comme des fous, en effet, vous avez raison, est-ce que ça ne change pas aussi des choses dans les émissions qui sont fabriquées ? Parce que nous savons tous qu'il va en rester des bouts et que ce qu'on va scroller, c'est les bouts. Et donc, il faudra effectivement des moments, et c'est ce qui casse aussi beaucoup de choses, il faudra des moments d'épic, il faudra des moments où on s'engueule, il faudra des bouts d'émotion et de je ne sais quoi. Parce que c'est ça qui va être sur le screaming.

Et quand on dirait, est-ce que tu as vu tel truc, telle émission, on ne répondra pas qu'on a vu l'émission, mais ouais, je l'ai vu passer sur Insta. Et ça, c'est la cata, non, ou pas, Stéphane Cid-Bangomez ? Si je dis ça, c'est la catastrophe parce que ça ne m'envoie pas sur la télé, si ?

30:32
Présentateur

En tout cas, aujourd'hui, ça vous envoie en partie sur la télé. Pendant longtemps, on s'est posé cette question, on s'est dit, il faut aller sur les réseaux, d'ailleurs comme la radio, pour amener le téléspectateur, l'auditeur. Et moi, ce que je vois aujourd'hui, c'est que ça fait découvrir aussi des films, des documentaires, comme les livres d'ailleurs. Moi, mon libraire, il me raconte comment aujourd'hui, il y a plein de jeunes qui viennent chercher un livre parce qu'ils l'ont vu sur TikTok ou sur Instagram. Donc, on a cet enjeu-là d'exposer le meilleur contenu, d'exposer le meilleur film.

Moi, mon enjeu, c'est qu'un documentaire puisse être vu le plus largement possible et touche tous les publics. Et pas juste qu'il soit cantonné à si tu l'as raté à 23h sur France 2, c'est tant pis pour toi.

31:14
Invité

Vous vouliez ajouter quelque chose ? Après, on retrouve Robin. Non, mais c'est un appel d'offres, je pense, ce que vous voyez comme extrait sur les réseaux sociaux. Et je pense que l'émission de Frédéric Lopez, elle est parfaite aussi comme exemple pour ça. Le nombre de fois où il m'est arrivé de voir un extrait d'un dimanche à la campagne parce que je ne suis pas devant mon écran le dimanche après-midi, je vois un extrait et je vais voir l'émission après parce qu'il est assez fort pour m'amener et me tenir après pendant l'heure d'émission. Et puis, il y a un autre phénomène aussi qui vient un peu définir aussi ce qui pourrait être la télé de demain. Je parlais de communauté tout à l'heure.

On se retrouve dans la communauté des gens qui regardent Top Chef, on se retrouve dans la communauté des gens qui regardent Danse avec les Stars. Ce sont des programmes qui ont aussi compris et ingurgité la culture du numérique et donc ils font appel aussi en termes de candidats, je pense notamment, à des gens qui viennent du monde du numérique, des jeunes, de YouTube, etc. Et ça amène aussi un autre public, je pense quand même, devant les écrans. Danse avec les Stars, là le fait, notamment avec le lancement de la nouvelle saison, on a trois YouTubeurs qui sont parmi les candidats. Alors peut-être que les vieux comme nous, on ne connaît pas.

C'est ça, je voulais dire, on ne connaît pas les personnalités en question. C'est ça, mais c'est une vraie question. Oui, mais pour les jeunes, ça en est, ça en est. Et moi, je pense que ça amène quand même un nouveau public devant la télévision. Voici Robin qui nous attend depuis un moment. Bonsoir Robin. Oui, bonsoir. Soyez bienvenus. Merci, merci de prendre mon intervention et puis merci pour la qualité de vos émissions. Voilà, rapidement, je suis directeur général d'une petite chaîne de télé locale basée en Haute-Savoie qui s'appelle Huit-Mont-Blanc. Ah ben oui. Plus de 30 ans d'existence.

Donc voilà, on fait partie de ce modèle et en fait, ce qui est intéressant, j'écoute vos intervenants depuis tout à l'heure, le modèle économique a quand même sacrément changé et notamment pour nous, nos chaînes de télé locale qui ont vécu sur des modèles beaucoup de subventions, notamment et aujourd'hui, c'est évidemment très compliqué et du coup, la décision a été prise nous il y a quelques années d'essayer de changer un petit peu de modèle. Donc nous sommes une chaîne thématique avec des informations locales, un JT quotidien, une rédaction, etc.

comme toute chaîne de télé mais aujourd'hui, c'était plus suffisant et donc depuis 6 ans maintenant, on a pris un virage de production et notamment dans le sport donc on a une région évidemment qui est peut-être plus propice ou en tout cas très propice au sport et en fait, on a intégré en interne de la production, c'est-à-dire qu'on est à la fois, on réalise, on capte, on produit des contenus sportifs en direct, des trails, des courses, des courses de vélo, etc. et en fait, l'intérêt, c'est que pour un organisateur, on lui propose une production comme toute boîte de production mais avec la diffusion qui va avec.

En fait, pour nous, ça a été une bouée de saussage au début qui est aujourd'hui un vrai modèle économique, c'est-à-dire, du coup, on intègre la production et la diffusion directement dans nos contrats et... Et vous le faites en direct, Robin ? Exactement, on fait beaucoup d'heures de direct. Et c'est intéressant parce que en télé, télé privé comme ça, petite télé privée, vous êtes le dernier des Mohicans, non, à Vite-Mont-Blanc, sérieusement ?

C'est ça, c'est-à-dire qu'on est le dernier Mohican et malheureusement, l'actualité encore très récente le montre, les modèles de télé locales sont très très fragiles et si on ne trouve pas des solutions, si on ne cherche pas un peu d'innovation et ça fait un peu sens avec ce que vous disiez avant, on est tout simplement mort dans les prochains mois et prochaines années et en fait, avec ce modèle-là et finalement, une télé qui devient presque thématique à 360, on utilise aussi nos réseaux sociaux, on fait beaucoup de contenu, des petites capsules vidéo pendant ces directs-là pour venir attirer un public un petit peu plus jeune, un public sportif justement et on vient et on les ramène sur notre chaîne linéaire, on est maintenant en plus sur les box donc c'est vrai que ça donne une dimension nationale et finalement, on se voit créer une vraie audience, une vraie audience pour le sport, notamment le sport de pleine nature qui plaît et du coup, on a créé un modèle, en tout cas, ce n'est pas encore gagné évidemment, ça fait 5 ans qu'on travaille et notamment avec des modèles de captation plus légère avec beaucoup de remotes par exemple avec vous.

Robin, merci beaucoup, vous parlez très bien de votre chaîne, je voudrais finir avec mon émission, merci beaucoup Robin, longue vie à Télé 8 Montblanc, moi je me souviens quand j'étais CDD à Chambéry, on travaillait déjà avec Radio 8 Montblanc, c'est fou Stéphane Cidbon-Gomez, mais le sport, à un moment, cette manne-là, ça ne disparaîtra jamais et s'il n'en reste qu'un, ce sera probablement que ce soit une descente de ski, de la rando à Télé 8 Montblanc ou du rugby, du foot, les JO.

35:37
Présentateur

D'abord, il y a un risque majeur sur le financement de la télévision. La télévision publique a perdu 200 millions dans ses programmes, 20% des budgets ont été coupés ces 3 dernières années, ces 3-4 dernières années à France Télévisions et on coupe tout le temps en disant la télévision s'est dépassée. La pub, elle est en train de bouger de plus en plus parce qu'à fort et à mesure, on dit c'est le streaming, c'est les réseaux sociaux, donc les acteurs privés aussi sont fragisés.

Moi, ce que je veux dire aux auditeurs et ça vaut aussi pour le sport, si on continue comme ça, si on ne se pose pas la question du financement de la création, il ne faudra pas s'étonner que demain, il n'y a que Netflix qui finance les créations. On a besoin de financement pour financer les oeuvres, on a besoin de financement pour financer l'information à la radio, à la télé, de qualité, l'information publique, on a besoin de ces moyens-là.

Alors oui, le sport, ça fait partie de cette équation parce que oui, c'est ce qui amène le plus d'audience, c'est aussi là où ça concentre beaucoup d'argent et là aussi, c'est fragilisé et la fragilisation de l'écosystème télé, elle fragilise aussi le mouvement sportif aujourd'hui. Donc, il y a besoin d'une mobilisation pour défendre la création de l'information de qualité audiovisuelle.

36:44
Invité

Il nous reste une minute, Frédéric Lopez, est-ce qu'à un moment, vous vous dites, vous, d'ici la fin de ma carrière, peut-être que ce que je fais, ce que je produis finira directement de toute façon sur une plateforme. Ce que je fais aujourd'hui, y compris le métier que je fais aujourd'hui, n'existera pas tel que je le fais aujourd'hui. Sur une plateforme, je ne sais pas, mais il se trouve que puisqu'il reste 30 secondes, je viens de réaliser ma première fiction. C'était mon rêve d'adolescent et j'en profite parce que la fiction a été sélectionnée à Luchon et je voulais dire parce que si les gens sont dans le coin, ils pourront voir le film le jeudi 5 février.

Vous avez le droit d'en profiter, vous avez bien fait ça. C'est de ça que vous parlez, c'est qu'en fait, au fond, aujourd'hui, on n'arrête pas de dire que la télé est morte, mais on continue de regarder encore plus les écrans qu'avant. Donc, c'est juste que la forme de l'écran a changé. Voilà, on dit la télé est morte, vive la télé, Eva Rock. Sinon, j'ai plus de boulot le matin, donc excusez-moi, mais oui. Profitez-en pour nous dire ce que demain matin, non ? Demain matin, grande soirée sur France 2 avec un programme assez exceptionnel qui s'appelle La France. Il était une fois demain. Eh bien voilà, j'étais sûre que ça plairait à notre invité.