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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 14 septembre 2025 7 min

Plan budgétaire de Sébastien Lecornu : «Ce n'est pas un virage à gauche avec un budget moins important»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

8h13 et Alexis de Lafléchère, vous recevez maintenant Philippe Vigier, député Modem de Réloir et ancien ministre délégué chargé de l'Outre-mer. Bonjour Philippe Vigier. Bonjour. François Bayrou, président du Modem, le parti auquel vous appartenez, n'est plus Premier ministre. Son plan d'économie à 44 milliards d'euros n'a pas convaincu un nombre suffisant de députés. Et désormais Sébastien Lecornu, le nouveau chef du gouvernement, cherche des solutions pour ne pas subir le même sort. Et ça y est, la ligne de route se dessine petit à petit. La suppression de deux jours fériés s'est terminée, il le dit ce matin dans la presse régionale.

Le nouveau Premier ministre dit aussi vouloir mener des discussions avec les socialistes, les écologistes, le parti communiste, rien avec l'ERN. C'est un virage à gauche qui se profile, Philippe Vigier, avec le risque d'avoir un budget moins ambitieux ?

0:49
Philippe Vigier

Non, ça n'est pas un virage à gauche avec un budget moins ambitieux. C'est l'expression que le diagnostic posé par François Bayou reste. La preuve, c'est que la dette de la France, comme vous le savez, a été dégradée cette semaine. Ça veut dire qu'on doit impérativement faire des économies et sinon la charge de la dette sera insupportable. Mais la deuxième chose, Sébastien Lecornu a annoncé une rupture dans la forme et également dans le fond.

Sur la forme, il va essayer de plus de solidifier, mais d'abord avec le bloc central, si vous regardez ce qu'il a déclaré hier dans son premier déplacement, c'est comment déjà toutes les forces politiques du bloc central se mettent d'accord sur ce plan d'économie et ensuite comment on discute avec les oppositions et tous les partis du gouvernement, que je sache les écologistes, les socialistes et bien sûr les communistes sont les partis du gouvernement.

Le RN, quoi qu'il arrive pour l'instant, a dit très simplement qu'il ne se retrouvait absolument pas dans l'économisation de Sébastien Lecornu et puis qu'un tout insoumis, il n'y a qu'une chose qu'ils attendent, c'est le départ du président de la République, une nouvelle dissolution. On ne peut pas laisser ces pays dans l'instabilité pendant les 20 mois qu'ils ne séparent l'élection présidentielle.

1:53
Présentateur

J'insiste, Philippe Vigier, ce n'est pas moi qui le dit, c'est Sébastien Lecornu. Il dit vraiment, je vais aller sur l'aile gauche, c'est avec les socialistes, les écologistes et donc les communistes qu'il veut travailler. Forcément, il va devoir faire des concessions et on se demande comment ce budget va être aussi ambitieux puisque la gauche dit clairement, par exemple, qu'elle veut une taxe Zuckmann sur les ultra-riches. Vous voyez, il y a beaucoup de choses sur lesquelles M. Lecornu va devoir reculer.

2:20
Philippe Vigier

Mais pourquoi vous dites, écoutez, ce n'est pas reculer. Il explique très simplement que naturellement, il y a des mesures que l'on n'aurait pas mis en place et qu'on va mettre en place. Par exemple, François Béreau voulait mettre qu'un fameuse cotisation, c'est d'être revenu. Puis ça s'appellera différemment, ce n'est pas la taxe Zuckmann parce qu'on sait qu'elle est inapplicable. Il est évident que si on veut trouver des accords de non-censure, on ne peut pas dire, vous prenez mon paquet et voilà. Et ensuite, tout se passe bien. Ça ne marchera pas.

Ce qu'il faut, c'est d'écouter naturellement avec les forces du gouvernement de Gaulle dont vous parlez à l'instant et puis voir comment on trouvera des voies de passage. Je vais prendre des exemples sur l'optimisation fiscale. Quand je dis optimisation fiscale, ce n'est pas triché, ce n'est pas de la fraude fiscale. Ce sont certaines personnes qui bénéficient et profitent de systèmes qui ont été mis en place. Il y a cette optimisation fiscale. Il y a des mesures que nous portons, nous les centristes, depuis longtemps. Ce n'est pas une posture du jour. Eh bien, nous pouvons aller chercher plusieurs milliards d'euros et on le proposera à Sébastien Lecornu.

Les fameux deux jours dont vous parlez, évidemment, c'était extrêmement abrasif. Il fallait aussi montrer qu'il y avait eu une évolution sur certains sujets. Cette mesure est enterrée pour autant. Leur travail ne sera pas de côté. Regardez ce qu'a déclaré Sébastien Lecornu, une fois, dans son premier déplacement. Dans ces pays, il faudra bien travailler plus d'une façon ou d'une autre. On va essayer de voir avec les autres forces politiques comment en sortir. On ne leur demande pas de participer au gouvernement.

On leur dit simplement, est-ce que nous, non, vous émettons à votre pays que même si ces mesures de gauche ne nous vont pas, et est-ce que nous, non, vous n'êtes plus à faire un pas aussi vers les autres ?

3:47
Présentateur

En tout cas, aucun pas envers le Rassemblement national, il l'a dit, Sébastien Lecornu. Ça veut dire qu'il ne faut pas s'attendre à des avancées majeures sur l'aide médicale d'État. Par exemple, je rappelle qu'elle est destinée aux étrangers en situation irrégulière et que certains soins proposés sont considérés par beaucoup de Français comme totalement déconnectés. On a cru un temps, d'ailleurs, que le Modem voulait faire bouger les lignes sur cette question.

4:09
Invité

Je vous propose juste d'écouter François Bayrou qui parlait de bon sens. C'est une mesure de bon sens. Par exemple, il y avait dans la liste des soins de la balnéothérapie. Ce n'est pas normal, ce n'est pas raisonnable. Voilà, ce n'est pas raisonnable. Est-ce que, par exemple, sur ce type de mesures,

4:25
Présentateur

Sébastien Lecornu va faire quelque chose ? Ou le fait d'aller séduire à gauche, excusez-moi l'expression, sur ce type de mesures, il n'y a rien à attendre ?

4:34
Philippe Vigier

Non, mais je crois que je m'ai très expliqué sur le fait qu'il faut, de première façon, rester dans les fameux 40 milliards, 44 milliards d'économie. Deuxièmement, sur la fiscalité, on trouvera les chemins de passage avec celles et ceux qui veulent avancer. Et je suis persuadé qu'on trouvera, dans les toutes prochaines semaines, mais une fois de plus, tout ça demande un peu de méthode. Il a posé une nouvelle méthode sur la table. Sur l'AME, écoutez, François Bayrou lui-même a fait une ouverture.

Je fais partie des députés de la Commission des Affaires Sociales qui ont proposé, depuis déjà au moins plus de deux ans, des modifications d'utilisation de l'AME, quand j'en connais certains dévoiements. Il n'y a aucun sujet, on ira les chercher. Sébastien Lecornu va parler également de sécurité, d'immigration. Mais on verra bien, là, le Front National, et le Rassemblement National sera obligé de laisser les masques. On verra bien sur les mesures que nous prenons, si ou non, ils se retrouvent sur ce que nous faisons. On ne fait pas un parti du gouvernement avec nous, on ne gouvernera pas jamais avec eux. Mais ils seront placés devant leur responsabilité.

Ils verront, si ou non, ces mesures que nous prenons, ils les votent ou ils ne le veulent pas. Les Français regarderont tout ça.

5:33
Présentateur

Sur l'immigration, Philippe Vigée, je voulais vous faire réagir aussi à cette image hier à Londres. Vous avez sûrement vu ces milliers de personnes, plus de 110 000 personnes dans la rue, pour dire stop à l'immigration. Un rassemblement vraiment massif. Est-ce qu'on peut s'attendre aussi à ça un jour en France si Sébastien Lecornu ne veut pas mettre les dossiers de l'immigration sur la table, comme ça semble être le cas ?

5:56
Philippe Vigier

Je pense que vous allez un peu vite. Hier, il apparaît dans le premier thème, je voudrais quand même qu'on y revienne une seconde, sur l'accès aux soins. C'est la première priorité absolue des Français. C'est les maisons France Santé, à l'image des maisons France Service, il y a plein de maisons médicales, de centres de santé qui veulent habiliser, et on va accélérer, accélérer, accélérer encore.

Le sujet de la sécurité de l'immigration, rassurez-vous, je connais très bien Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, il connaît cette thématique parfaitement, il ne restera pas les bras croisés, je peux vous le dire, car c'est une impérieuse nécessité que de mieux juguler l'immigration, peut-être ira-t-il à l'immigration choisie, s'il pense au chemin. Moi, ça me bat très bien, avec les quotas sur les métiers en tension, aucune difficulté, et je suis un centri, parce que je sais qu'on ne peut pas accepter tout le monde, parce que sinon se produisent ce que vous décrivez, et ce qu'on a vu à Londres hier.

6:41
Présentateur

Merci beaucoup Philippe Vigy, on va suivre attentivement évidemment les prochaines, il y aura sûrement d'autres annonces de Sébastien Lecornu, merci en tout cas d'avoir été en direct sur Europe 1 ce matin.