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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 21 décembre 2023 23 min

Immigration : "voter une loi qu'on sait inconstitutionnelle" est un "comble", estime François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien Président de la République dans le grand entretien du 7-10. Question, réaction, amis auditeurs, amis auditrices, au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. François Hollande, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Après des coups de théâtre et des rebondissements, le projet de loi immigration a finalement été adopté mardi par le Sénat et l'Assemblée Nationale. C'est une version durcie par la commission mixte paritaire qui a été retenue. Le texte a été voté par les LR, par le Rassemblement National. Emmanuel Macron assume sa loi, on va en parler.

Mais première question, comment qualifiez-vous le moment que nous traversons en ce moment en France, François Hollande ?

0:44
François Hollande

C'est un moment qui n'est pas d'ailleurs coupé de la réalité du monde. Il y a une montée des peurs, du populisme, de tout ce qui peut être une forme de droitisation, en pensant que la fermeté qui est nécessaire peut être une solution à tous les sujets. Et dans ces moments-là, où les divisions peuvent être profondes, liées à des contextes internationaux que nous connaissons, liées à une société qui s'interroge sur son destin, le rôle du Président de la République, c'est d'assurer l'unité, la cohésion, d'apaiser les esprits. Or, tout ce qui se fait depuis maintenant plusieurs jours, mais c'était déjà engagé depuis plusieurs mois, a l'effet exactement inverse.

C'est-à-dire que plutôt que d'assurer finalement ce qui doit être le destin commun de la nation, il y a aujourd'hui une division profonde.

1:39
Invité

Mais une division profonde, c'est ce que vous dites ce matin, à la télévision hier soir, Emmanuel Macron a assumé une loi utile et courageuse, une loi qui est le bouclier qui nous manquait pour protéger les Français, et il s'est appuyé au fond sur les sondages d'opinion, qui vont dans son sens. Il dit, vous vous parlez de division, quand on voit le sondage élabe d'hier, 70% des Français soutiennent la loi.

2:01
François Hollande

J'évoquais ce qu'est la mission du Président de la République, surtout qu'il n'est pas soumis à réélection. C'est bien sûr d'entendre les inquiétudes de l'opinion, le souci d'avoir des réponses efficaces à l'immigration, et c'est nécessaire, à lutter contre les violences, à faire en sorte que nous puissions être protégés du terrorisme. Ça fait partie des exigences de la fonction. Mais sa mission n'est pas de céder à l'opinion. Si nous faisions des sondages, comme vous dites, sur les retraites, que demande l'opinion de travailler moins longtemps ? Si on fait un sondage sur les salaires, c'est de gagner davantage.

Si on fait un sondage sur le nombre d'enseignants ou le nombre d'agents dans les hôpitaux, c'est d'en avoir encore plus.

2:49
Invité

Oui, mais sur l'immigration, c'est d'avoir moins d'immigration. C'est ce que disait Eric Ciotti à votre place à 7h50. C'est de dire que les sondages sur l'immigration vont dans le sens de la loi qui a été votée.

2:58
François Hollande

Mais non, ils ne vont pas forcément dans le sens... Qu'est-ce qu'ils veulent, les Françaises et les Français ? Ils veulent qu'il y ait de la fermeté quand il y a des risques pour leur sécurité. Qu'on puisse expulser, écarter des individus dangereux. Ça, c'est une nécessité. Il y a déjà des éléments dans la loi de la République, heureusement. Et moi-même, comme président, j'en ai fait expulser. On peut améliorer encore un certain nombre de dispositions. Il y en avait, d'ailleurs, dans le texte initial.

La deuxième chose qu'ils demandent, c'est qu'on puisse accueillir dignement des personnes, et notamment celles qui relèvent de l'asile, et qu'on puisse raccompagner celles qui n'ont pas leur place. Est-ce que ça se trouve dans le texte ? Non. Le vrai texte sur l'immigration, celui dont on n'a pas parlé, celui qui n'a pas fait débat, il n'était pas dans l'enceinte du Parlement ces derniers jours. Il est à Bruxelles. C'est là que ça s'est négocié depuis déjà. Et là, il y a eu un accord il y a deux jours. Et là, il y a eu la mise en place de ce qu'on peut appeler un bouclier.

C'est-à-dire, en fait, de pouvoir contrôler aux frontières de l'Europe celles et ceux qui arrivent, de pouvoir les accueillir dignement, de pouvoir raccompagner celles et ceux qui n'ont pas droit à rester sur le territoire européen. Donc, la vraie réforme de l'immigration, celle qui correspond à l'attente... C'est un bon texte, le texte de l'accord ? Oui, c'est un texte qui est un compromis toujours. Mais c'est un texte qui assure un progrès par rapport à ce qui se produisait jusqu'alors. Un progrès pour la dignité. On accueille des personnes, on les retient pendant quelques jours, quelques semaines, ça peut même aller jusqu'à six mois.

Et puis ensuite, si elles ne peuvent pas rentrer sur le territoire européen, on les raccompagne. Et celles qui sont acceptées, ces personnes-là, et qui relèvent du droit d'asile, et qui peuvent avoir de fortes chances d'y accéder, eh bien, ils sont répartis sur le territoire européen. Donc on a parlé d'un texte, le texte qui vient d'être voté, qui est en fait le texte écrit par les LR sous la dictée du Rassemblement National. C'est ça le texte qui est passé.

4:50
Invité

C'est ça pour vous ce texte ?

4:51
François Hollande

Oui, c'est ça. Bien sûr que c'est ça.

4:52
Invité

C'est le texte LR voté sous la dictée de Marine Le Pen ?

4:56
François Hollande

Oui, c'est le texte qui est venu du Sénat, écrit par la majorité LR du Sénat, confirmé d'ailleurs par les LR au niveau national, et sous l'influence du Rassemblement National. Puisque est intégré même, ce que nous pensions inimaginable, il y a encore quelques mois, c'est-à-dire la différenciation des aides selon la nationalité, et c'est-à-dire la préférence nationale.

5:15
Présentateur

Alors, hier à ce micro, à la question de savoir si différentes dispositions de la loi enterrinaient précisément la préférence nationale, Elisabeth Borne a répondu non, ou alors, et je la cite, vous nous dites que Michel Rocard et François Hollande, en donnant 5 ans pour bénéficier de la prime d'activité, ont porté la préférence nationale. Nous ne nous inscrivons pas dans les thèses du Rassemblement National, mais dans celles de Michel Rocard et de François Hollande, qui assument des distinctions entre les Français et ceux qui ne le sont pas. Fin de citation. Que répondez-vous à ça ? Avez-vous fait de la préférence nationale sur la prime d'activité ? Alors, c'est à la fois faux juridiquement

5:53
François Hollande

et fallacieux politiquement. C'est faux juridiquement. Il y a deux types de prestations. Les prestations que l'on dit universelles, c'est-à-dire celles qui s'attachent à une situation sociale. Vous avez des enfants, vous avez des allocations familiales, vous allez dans un logement social ou conventionné, vous avez une APL, une aide pour le logement. Vous êtes dans un établissement pour personnes âgées, dans le cadre d'un EHPAD, ou parce que vous êtes très diminué, vous avez le droit à une aide personnalisée à l'autonomie. Ça, c'est une prestation universelle. On peut poser quelques conditions, c'est légitime. Il faut être en situation régulière.

Et il faut avoir eu, à un moment, une activité, pas nécessairement d'ailleurs. Mais il y a après, ce que sont des prestations, des revenus de complément. Les revenus de complément supposent un parcours professionnel. Pour avoir la prime d'activité, il faut être dans un parcours professionnel. Pareil pour le RSA. Ce n'est pas pour avoir une prestation pour toute sa vie. Donc, on est dans une distinction que les juges constitutionnels auront de nouveau à rappeler entre ce que c'est qu'une prestation universelle et un revenu de complément. Et je vais donner des exemples. Parce qu'on dit, ce texte est fait pour lutter contre l'immigration irrégulière. Mais pas du tout.

La différenciation-là, ça touche des personnes qui sont en situation régulière. On va prendre encore une illustration. Une femme, famille monoparentale, qui a plusieurs enfants et qui est là depuis déjà plusieurs mois, ne touchera plus d'allocations familiales et d'APL ? Elle devra attendre 5 ans de présence sur le territoire ? Ce qui veut dire quoi ? C'est une mesure.

7:31
Invité

Mais pourquoi il le fait ?

7:32
François Hollande

Pour décourager ce qu'ils disent. Ce qui veut dire quoi ? Décourager, on verra. Ce qui veut dire quoi ? Une personne qui a déjà depuis plusieurs mois, qui est là, quelquefois depuis plusieurs années, elle ne touchera plus les allocations familiales. Elle a des enfants. Elle ne touchera plus l'APL. Elle vira de quoi ? Donc on accentue la pauvreté dans ce pays. On ne lutte pas contre l'immigration irrégulière. Parce que vous pensez que c'est parce qu'il y a l'APL qui est versé à une femme monoparentale dans notre pays que des étrangers vont traverser la Méditerranée avec les barques, risquant de mourir pour toucher l'APL ? Vous pensez que c'est ça qui les motive ?

8:07
Invité

C'est Éric Ciotti qui était là à votre micro et Gérald Darmanin. C'est comment faire pour décourager l'immigration irrégulière ?

8:13
François Hollande

Je ne vous parle pas comme tel ou tel. C'est leur revendication, François Hollande. Tout citoyen de la République doit avoir comme principe on doit lutter contre l'immigration clandestine, sévèrement, lutter contre les filières, raccompagner les personnes qui n'ont rien à voir sur le territoire, écarter les éléments dangereux. Mais l'intégration, ça veut dire que les personnes qui sont en situation régulière, qui même travaillent et ne peuvent plus toucher les allocations familiales, c'est une entorse aux droits fondamentaux. C'est ça la préférence nationale.

8:42
Invité

Vous pensez que ce sera... Pour vous, clairement, parce qu'Emmanuel Macron a dit clairement qu'il ne voit pas la préférence nationale dans ce texte, ou alors vous l'avez fait la préférence nationale, ou Michel Rocard l'avait. J'entends bien. Mais vous pensez que ces mesures vont être censurées par le Conseil ?

8:55
François Hollande

Moi, je n'ai pas à influencer le Conseil constitutionnel, ni même à l'utiliser. Mais quand même, c'est incomble de dire qu'on fait voter une loi dont on sait qu'elle est inconstitutionnelle. Et donc, on se défausse sur le Conseil constitutionnel pour annuler un certain nombre de dispositions. Mais quel courage ! Et quel comportement ! Et quelles conséquences ! M. Ciotti, qui était dans votre studio il y a quelques minutes, dit quoi ? Comme d'ailleurs le Rassemblement national. Il dit, si c'est censuré par le Conseil constitutionnel, ça a été voté par le Parlement, et bien on va demander la révision de la constitution. On va même demander un référendum sur ces dispositions.

Donc, on induit un débat qui va être extrêmement dangereux pour les principes fondamentaux de la République. Un président de la République ne peut pas accepter une loi dont il sait, dont il avoue qu'elle est inconstitutionnelle.

9:45
Invité

M. Ciotti, vous l'avez fait !

9:46
François Hollande

M. Ciotti, quand ?

9:47
Invité

M. Ciotti, la déchance de la nationalité.

9:48
François Hollande

M. Ciotti, est-ce que c'était inconstitutionnel ? Non, c'était une révision de la constitution. M. Ciotti, oui mais... M. Ciotti, ah bah, donc c'est tout à fait différent. Je changeais la constitution. Il fallait une majorité des trois cinquièmes. J'ai constaté qu'il y avait une division dans le pays, c'est pas parce que c'était inconstitutionnel, il y avait une division dans le pays, parce qu'une partie du pays, et je pouvais les entendre, notamment en débilation, disaient même si c'est pour les crimes terroristes, on ne veut pas qu'il puisse y avoir cette distinction. J'ai retiré le texte.

10:12
Présentateur

M. Ciotti, sur la critique qui est faite au gouvernement sur la déchéance de nationalité, vous renvoie la balle, François Hollande. La déchéance de nationalité, elle est dans le code civil, et c'est M. François Hollande, sauf erreur de ma part. C'est ce qu'il a déclaré hier à l'Assemblée nationale.

10:28
François Hollande

C'est une erreur de sa part, c'est pas la première. Il devrait être un professionnel du droit. La déchéance de nationalité, elle existe depuis des décennies. Elle concerne des binationaux qui ont été naturalisés. Et donc, la déchéance de nationalité relève de la loi. Et elle peut être étendue, c'est ce qui vient d'être fait, pour les...

10:48
Invité

Ceux qui sont coupables d'un crime contre les forces de l'ordre.

10:51
François Hollande

Donc, la déchéance de nationalité relève de la loi. Elle existe déjà. Ce que je faisais, c'est ce que M. Dupond-Moriti, visiblement, n'a pas comme information, c'est dommage, c'est que je faisais en sorte qu'elle se soit de caractère constitutionnel et uniquement par rapport aux criminels terroristes. Uniquement.

11:08
Invité

François Hollande, Emmanuel Macron a également dit hier que lutter contre le Rassemblement national, ce n'est pas refuser de traiter les sujets qui le nourrissent. Et affirmant que cette loi combat leurs idées, c'est même, dit-il, une défaite du Rassemblement national, cette loi, puisqu'il traite les sujets qui nourrissent et qui font monter le Rassemblement national. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

11:28
François Hollande

Heureusement que tout gouvernement démocratique, que tout président de la République digne de ce nom doit lutter contre l'insécurité, l'immigration, le terrorisme, qu'a-je fait d'ailleurs quand j'étais aux responsabilités du pays.

11:43
Invité

D'ailleurs, il vous envoie, je ne sais pas si vous visez nommément ou pas, il a pas cité votre nom, mais il a rajouté qu'on fait toutes les bonnes âmes qui étaient au pouvoir et qui me donnent des leçons aujourd'hui.

11:51
François Hollande

Oui, depuis 40 ans, je n'étais pas au pouvoir il y a 40 ans, mais quand on prend cette séquence justement des 40 ans, il y a eu une succession de présidents et de majorités, gauche, droite, elles ont agi, ces majorités. Bien ou mal, pour certains, mais elles ont agi. Laissez penser qu'il arriverait, lui, à remettre en cause l'ensemble de nos principes pour trouver la solution. Mais c'est une, comme vous auriez dit dans une autre époque, c'est une plaisanterie de penser que c'est une défaite pour le Rassemblement National, qu'on vient de découvrir qu'il fallait lutter contre l'immigration, qu'il n'y avait rien eu avant lui. Non, tout ça est une présentation. Ce n'est même pas son texte.

Il défend un texte qu'il n'a lui-même pas présenté. Il défend donc que la ligne des LR et du Rassemblement National. Et ça ira jusqu'au bout, jusqu'à la fin de son mandat.

12:40
Présentateur

Allez, passons au standard d'Inter. Cécile nous y attend. Bonjour, vous nous appelez de la belle ville de Rennes.

12:47
Auditeur

Bonjour France Inter, bonjour M. le Président.

12:50
Présentateur

Bonjour.

12:50
Auditeur

Vous avez permis l'ascension d'Emmanuel Macron. Que pensez-vous de sa politique, du mépris profond qu'il a des Français et son mode de fonctionnement disruptif ? J'en veux l'apprendre les propos qu'il a eus sur M. Gérard Depardieu hier dans l'émission. Voilà.

13:07
Présentateur

Merci Cécile. Alors, il y a plusieurs choses dans cette question. Le marche-pied d'Emmanuel Macron, que pensez-vous de sa politique et puis on viendra à Gérard Depardieu après ?

13:18
François Hollande

Je vais demander deux heures, comme le Président de la République hier a cet avou, pour répondre à toutes ces questions. Un, je ne suis pas responsable de l'évolution du Président Macron. Il a commencé, c'est ce qu'il nous disait au centre-gauche. Il finit par avaliser un texte de la droite dure. Nous le voyons sur chacun des sujets changer de pied selon les circonstances, selon les contextes, selon les interlocuteurs, et ce qui fait qu'il n'y a pas de direction, il n'y a pas de cohérence et que le pays, de ce point de vue-là, est divisé aussi parce qu'il ne comprend pas vers quoi un Président de la République le conduit.

13:56
Invité

Pour vous, il n'y a plus d'en même temps, aujourd'hui ?

13:58
François Hollande

Peut-être qu'il n'y a jamais eu d'en même temps. Il y a eu une succession d'allers et venus et peut-être une habileté de considérer qu'il fallait du dépassement, que la gauche et la droite s'étaient finis. C'est un discours qui a pu d'ailleurs intéresser, capter une partie de l'opinion, parce que c'est une vieille affaire de laisser penser qu'il faut dépasser les clivages, supprimer la droite et la gauche. On en voit le résultat. Vous dites que vous voulez dépasser les clivages et vous finissez entre la droite et l'extrême droite. Ensuite, sur Gérard Depardieu, puisque...

14:28
Invité

Alors, on rappelle, juste parce que c'est vrai que c'est sans doute la phrase d'hier soir qui a le plus fait réagir depuis hier soir. Gérard Depardieu, mis en examen pour viol et agression sexuelle, le Président a dit son admiration pour l'acteur, victime, selon lui, d'une chasse à l'homme. Il ne voit pas, d'ailleurs, en quoi il faudrait lui retirer à ce stade la Légion d'honneur parce que ce n'est pas un ordre pour faire la morale. Sa réponse sur Gérard Depardieu vous est-elle surpris ?

14:50
François Hollande

Il a parlé de Gérard Depardieu, de son talent et de la présomption d'innocence. Moi, je vais vous parler des 14 femmes agressées. Je vais vous parler des femmes humiliées. Je vais vous parler des femmes bouleversées par les images qu'elles ont vues. Je vais vous parler de toutes ces femmes qui, au travers de Gérard Depardieu, voient à chaque fois ce qui peut être la violence, la domination, le mépris. C'est ça qui était attendu du président de la République. C'est de parler des femmes et pas simplement de dire que Gérard Depardieu était un grand acteur. En plus, il a eu une formule qui dit « Nous sommes tous fiers de Gérard Depardieu. » Non.

Nous ne sommes pas fiers de Gérard Depardieu quand, regardant une jeune fille faisant du cheval à peine âgée de 12 ans, il la sexualise. Non, nous ne sommes pas fiers. Et ce que doit être la Légion d'honneur pour tous ceux qui la reçoivent, c'est la fierté. La fierté parce que c'est une action accomplie au service de l'intérêt général.

15:45
Invité

Quand il dénonce la chasse à l'homme, vous n'êtes pas d'accord ?

15:48
François Hollande

C'est souvent ce qui est dit. Je connais les excès. Je connais aussi l'accumulation de ce que peuvent être les réseaux sociaux. Mais il y a un moment, il faut aussi parler clair et dire ce qu'une action pour les femmes suppose. Il a fait de cette cause la grande affaire de son quinquennat et voilà comment il traite la question de Gérard Depardieu. C'est la grande question de la violence faite aux femmes. Mais c'est une violence qui s'est produite, y compris avec les images qui ont été diffusées.

16:18
Présentateur

On retourne au standard. Brice nous y attend. Bonjour, bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute.

16:24
Invité

Oui, je voulais poser une toute première question vite, rapidement avant ma vraie question. C'est à partir de combien de dizaines de milliers de morts en Palestine on va enfin décider à poser la question à tous vos intervenants s'ils condamnent sans ambiguïté les atrocités de l'armée israélienne parce que là, on est à 20 fois plus de morts que de l'autre côté. Au début, pendant quelques jours, vous égrégnez le nombre de morts de chaque côté. Vous vous êtes arrêté à 1 200. Je m'en rappelle bien Nicolas Demorand. Vous vous êtes arrêté à 1 200 au moment où c'était égalité. Maintenant, on est à 20 fois plus.

Donc, il serait peut-être temps de demander à chacun s'il condamne sans ambiguïté tout ça. Mais après, sur la loi immigration, c'était sur la montée de l'extrême droite en général dans toute l'Europe, dans toute la France. C'est moi ce qui me fait le plus peur avec les catastrophes écologiques et pas seulement climatiques. Mais bon, ça fait des dizaines d'années qu'on fait la courte échelle au Front National, y compris M. Hollande, y compris toute la classe médiatique parce qu'encore il y a quelques jours, Jordan Bardella, on lui a servi toute l'histoire sur un plateau. Il a fait sa conclusion quand vous avez cité Olivier Véran que la plupart des gens détestent et trouvent détestable et nul.

Vous lui avez donné l'occasion de faire une belle conclusion qui a mis d'accord tout le monde parce qu'on est tous d'accord avec ce qu'il a dit à la fin sauf que moi, Jordan Bardella, je le vomi. Donc, ça ne me fait vraiment pas plaisir que sur votre antenne on serve la cause de Jordan Bardella qui peut se permettre de faire une conclusion qui met tout le monde d'accord. Quant à M. Hollande, je vous demande comment ça se fait que vous êtes aujourd'hui maintenant là où on dirait que vous êtes de retour au gouvernail de la gauche face à l'extrême droite.

La seule gauche qui se bat vraiment contre l'extrême droite je crois que ça a été prouvé c'est la France insoumise mais vous avez passé votre temps à torpiller l'union de la gauche y compris ici sur France Inter même en général toute la classe médiatique a torpillé la NUPES y compris vous François Hollande et donc maintenant je vous demande qu'est-ce que vous avez l'intention de faire de concret pour l'union de la gauche pour battre l'extrême droite qui va de toute façon évidemment très certainement passer grâce à vous tous quoi.

18:22
Présentateur

Merci Brice pour cet ensemble

18:24
Invité

d'abord sur l'union de la gauche puis sur Gaza.

18:27
François Hollande

Oui c'est deux questions très différentes et d'ailleurs l'auditeur l'a reconnu. La gauche si elle se met simplement à vomir comme vous avez pris cette expression sur l'autre gauche comment peut-elle se rassembler ? Si la gauche n'est pas capable de définir une ligne crédible audacieuse sur beaucoup de sujets y compris ceux que vous avez évoqués sur la question climatique et la question sociale comment peut-elle espérer gagner l'élection ? Moi je ne crois pas du tout que ce soit fatal d'avoir l'extrême droite au pouvoir en France. C'est un risque c'est vrai mais ce n'est pas fatal.

19:09
Invité

Quand on regarde les sondages

19:11
François Hollande

ça ne dépend pas du rassemblement national ça dépend de nous. Quand je dis nous c'est la droite républicaine à condition qu'elle se distingue par ses idées de l'extrême droite et de la gauche de la gauche républicaine et de l'union qu'elle peut produire.

C'est le vide qui crée le rassemblement national c'est la dénonciation telle que vous l'avez fait d'ailleurs de tout ce qui peut être les médias le pouvoir les élites faites attention à ce discours là c'est le même que celui qui est prononcé par l'extrême droite je ne dis pas que vous avez les mêmes intentions pas du tout mais vous voyez le fait qu'on dénonce tout quand on dénonce tout il n'y a plus rien et c'est le plus rien qui fait que le rassemblement national peut venir.

Donc l'enjeu c'est de reconstituer le clivage gauche-droite tel qu'il existait avec des formes différentes avec des parties sans doute différentes de reconstituer une force pardon de le dire une force socialiste ou sociale-démocrate parce que c'est elle qui peut être motrice et de rassembler toute la gauche et je n'en carte aucune

20:11
Invité

sur la question de Gaza je n'en écarte aucune

20:14
François Hollande

je n'écarte aucun des électeurs c'est-à-dire l'union

20:16
Invité

ne peut aller jusqu'à

20:17
François Hollande

aucun des électeurs les insoumis qui peuvent voter insoumis qui ont voté insoumis je ne vais pas dire non vous je ne vous demande pas

20:25
Invité

sur les dirigeants

20:26
François Hollande

sur les dirigeants écoutez sur Jean-Luc Mélenchon je pense que c'est lui qui par ses positions par ses excès et par son talent aussi oratoire a brisé l'union de la gauche et ce n'est pas sur la ligne de Jean-Luc Mélenchon qu'il est possible de gagner d'ailleurs je ne suis pas sûr qu'il veuille lui-même gagner sur la guerre au Proche-Orient

20:44
Invité

Emmanuel Macron a dit hier soir que lutter contre le terrorisme ce n'est pas tout rasé à Gaza

20:48
François Hollande

alors d'abord par rapport à ce qu'a dit l'auditeur s'il y a eu cet enchaînement de violences et cette réponse qui est disproportionnée il faut le rappeler toujours c'est parce que le Hamas a attaqué des civils les a massacrés et donc à partir de là il y a la réponse Israël qui est excessive et exagérée et surtout qui est une fuite en avant car on ne voit pas jusqu'à quel moment il sera possible d'imposer une fin de conflit donc vous m'interrogez comment arrêter le conflit aujourd'hui il y a des négociations quoi qu'en dise Netanyahou il y a des négociations parce qu'il faut qu'il y ait plus qu'une pause humanitaire il faut qu'il y ait un cessez-le-feu un cessez-le-feu provisoire sans doute en attendant quoi en attendant quoi un plan de paix il ne pourra pas y avoir de fin de conflit s'il n'y a pas un plan de paix le rôle de la France c'est de proposer ce plan de paix

21:45
Invité

François Hollande juste une dernière question en quelques secondes hier soir Emmanuel Macron a dit j'assume de prendre mon temps sur la fin de vie le projet de loi qui devait être présenté avant Noël finalement sera présenté en février pour être voté probablement après les européennes vous comprenez qu'il assume de prendre son temps sur ce sujet

22:03
François Hollande

est-ce que les personnes concernées ont du temps est-ce qu'elles peuvent attendre encore moi-même j'avais fait faire des rapports etc j'ai regretté de ne pas l'avoir fait voter j'ai fait voter une loi la loi Claes-Léonetti qui est un progrès mais qui ne va pas jusqu'au suicide assisté ou à l'euthanasie pour parler clairement mais c'était déjà un progrès ça a permis de régler un certain nombre de situations mais là ça fait déjà beaucoup d'années qu'il y a des débats que les comités d'éthique se sont prononcés qu'il y a maintenant des propositions je ne comprends pas pourquoi il faut attendre davantage

22:44
Présentateur

merci François Hollande d'avoir été à notre micro ce matin