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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 25 janvier 2012 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalRetraites

Marine Le Pen

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Dans la querelle franco-turque sur le génocide arménien, où vous situez-vous ?

  • 0:35RelanceRéponse directe

    Électoraliste, c'est-à-dire pour plaire à la communauté arménienne ?

  • 0:59OuverteRéponse directe

    La Turquie a raison, donc, de crier au scandale.

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, comme le suggère François Hollande, c'est une bonne idée ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Et vous vous prononcez pour une application ferme de la loi de 1905.

  • 2:38OuverteRéponse partielle

    L'économie à présent, la sortie de l'euro, je pensais que c'était l'une de vos priorités.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19PrésentateurFait
    « Je considère que Nicolas Sarkozy, pour des raisons purement électoralistes, a mis le feu aux poudres. »
  • 0:25PrésentateurFait
    « C'est une absurdité, évidemment, que de s'être lancé dans le vote de cette loi qui ne concerne pas du tout la France. »
  • 3:30PrésentateurChiffre
    « qui fait qu'en 40 ans, nous avons versé 1 400 milliards d'intérêts sur 1 700 milliards d'euros de dettes. »
  • 4:04PrésentateurPromesse
    « J'ai dit très clairement que je voulais organiser la sortie de l'euro avec nos partenaires européens. »
  • 4:20PrésentateurFait
    « Je pense que l'euro n'est pas viable. »
  • 4:30PrésentateurFait
    « sans que nous ayons prévu organiser cet effondrement de l'euro. »
  • 6:20PrésentateurPromesse
    « J'ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation. »
  • 6:45PrésentateurFait
    « 60 ans, je crois que c'est un âge correct. »
  • 7:19PrésentateurFait
    « il fallait changer d'option en matière de retraite et se détourner de la retraite par répartition pour entrer dans une retraite à caractère privé. »
  • 8:23PrésentateurPromesse
    « recruter des hauts fonctionnaires qui croient en la France et qui défendent leur pays. »
  • 8:40PrésentateurFait
    « la vraie fracture n'est pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Marine Le Pen28 %

8,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 8h22, France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.

0:09
Marine Le Pen

La candidate et présidente du Front National est notre invitée ce matin. Bonjour Marine Le Pen. Deux questions d'actualité rapides pour commencer. Dans la querelle franco-turque sur le génocide arménien, où vous situez-vous ?

0:19
Présentateur

Je considère que Nicolas Sarkozy, pour des raisons purement électoralistes, a mis le feu aux poudres. C'est une absurdité, évidemment, que de s'être lancé dans le vote de cette loi qui ne concerne pas du tout la France.

0:35
Marine Le Pen

Électoraliste, c'est-à-dire pour plaire à la communauté arménienne ?

0:37
Présentateur

Évidemment. Je veux dire, Nicolas Sarkozy a une vision commerciale de la politique. Par conséquent, il essaye de s'attraire des parts de marché. Alors, il y a les Arméniens, il y a eu un petit peu les homosexuels. Je pense que les prochains, ce sont le Yarki, qui fera des grandes œillades pour tenter d'obtenir leur vote. Tout cela est en même temps dangereux sur le plan diplomatique et assez pitoyable sur le plan humain.

0:59
Marine Le Pen

La Turquie a raison, donc, de crier au scandale.

1:02
Présentateur

Mais la Turquie a raison, surtout, de demander à la France de s'occuper de ses affaires. Parce que quitte, honnêtement, là, pour le coup, à reconnaître un massacre, on aurait pu reconnaître celui des Harkis, peut-être, qui nous concerne beaucoup plus que le massacre des Arméniens.

1:19
Marine Le Pen

Autre question, Marine Le Pen. Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, comme le suggère François Hollande, c'est une bonne idée ?

1:29
Présentateur

Oui, enfin, la loi de 1905 s'applique, ça fait un petit peu plus de 100 ans maintenant. Bon, par conséquent, je ne vois pas en quoi le fait de l'inscrire changera quelque chose. De tout, c'est de la faire appliquer.

1:38
Marine Le Pen

C'est aussi un peu ce que vous suggérez dans votre programme.

1:42
Présentateur

Non, non, moi, je suggère d'inscrire dans la Constitution la République ne reconnaît aucune communauté. Ça, c'est pour répondre. C'est pour faire appliquer le principe que la République est une et indivisible.

1:55
Marine Le Pen

Et vous vous prononcez pour une application ferme de la loi de 1905.

1:58
Présentateur

Oui, bien sûr, mais ça, je l'ai toujours dit, encore une fois, encore faut-il l'appliquer. Je remarque que les socialistes, qui font des grands discours au niveau national, régulièrement trompent ces discours au niveau régional ou communal. Ils sont les premiers à détourner la loi de 1905 en accordant des baux amphithéotiques à 1 euro, des cessions de terrain pour la construction de mosquées, ce qui est clairement une violation de la loi de 1905. Donc, ils commencent par l'appliquer sur le terrain. Et si M. Hollande a la moindre autorité sur ses troupes, eh bien, voilà une chose qu'il pourrait commencer à faire dans les 90 jours qui nous séparent de l'élection présidentielle.

2:38
Marine Le Pen

L'économie à présent, la sortie de l'euro, je pensais que c'était l'une de vos priorités. Vous avez même présenté un chiffrage, imaginez un niveau d'évaluation pour le franc, en cas de retour au franc. Et puis, j'ai entendu Jean-Marie Le Pen hier soir sur Public Sénat expliquer que la sortie de l'euro se ferait sous condition, si c'est l'intérêt de la France, que cela posera un problème vis-à-vis de nos prêteurs, et que de toute façon, ce n'est pas du tout, disait-il, un élément central de votre programme présidentiel ? Qu'en est-il exactement ?

3:06
Présentateur

Non, mais c'est un élément central, mais pas unique. Voilà, je crois que c'est ça que Jean-Marie Le Pen a voulu dire.

3:11
Marine Le Pen

Il a dit, ce n'est pas du tout un élément central.

3:13
Présentateur

Non, mais c'est un élément central, mais pas unique. Voilà, c'est-à-dire que, si vous voulez, la simple sortie de l'euro ne réglera pas les difficultés que nous avons. L'intérêt de la sortie... La sortie de l'euro était un instrument. C'est un passage obligé. D'abord, c'est un passage obligé pour revenir sur la loi de 73, qui a donné, comme vous le savez, un monopole au marché financier qui fait qu'en 40 ans, nous avons versé 1 400 milliards d'intérêts sur 1 700 milliards d'euros de dettes. Donc, c'est une des raisons de notre ruine.

Et pour pouvoir monétiser une partie de la dette et donc envisager un désendettement, il faut que nous ayons une monnaie nationale et que nous maîtrisions notre politique monétaire.

3:48
Marine Le Pen

Donc, en cas d'arriver au pouvoir, vous engageriez résolument dans la voie d'une sortie unilatérale de la France, de la zone euro.

3:56
Présentateur

Voilà, vous voyez, c'est ce genre de choses que je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas ce que j'ai dit. Parce qu'il y a des étapes dans une réflexion politique. J'ai dit très clairement que je voulais organiser la sortie de l'euro avec nos partenaires européens. Si tant est d'ailleurs, je craigne que l'euro existe encore au moment où on en parlera. Parce qu'on sait très bien que la zone euro est sur le bord de s'effondrer. Et je le crois plus que jamais. Je pense que l'euro n'est pas viable. Par conséquent, ce que je crains, c'est qu'il implose dans un véritable cataclysme économique sans que nous ayons prévu organiser cet effondrement de l'euro.

4:35
Marine Le Pen

S'il n'y a pas d'accord européen, la France ne sort pas de l'euro.

4:37
Présentateur

Sans l'avoir anticipé. Ah si, de toute façon. Mais il y aura un accord européen, M. Cohen, parce qu'il y a un certain nombre de peuples aujourd'hui qui sont pour la sortie de l'euro. Par exemple, les Allemands. Le peuple allemand est aujourd'hui très majoritairement pour la sortie de l'euro. Non, mais ne faites pas la mousse. Ce sont des sondages qui ont été faits et c'est une réalité. Donc je crois que la situation va apparaître très rapidement aux yeux des peuples comme insoutenable. Parce que pour maintenir l'euro en vie, ce sont des centaines de milliards d'euros qu'on va demander à un certain nombre de peuples de sortir de leur poche.

Nicolas Sarkozy a indiqué il y a quelques jours qu'il était d'accord pour renforcer le fonds de soutien européen. Il faut quand même que les Français sachent qu'une fois de plus, ça va sortir de leur poche. Nous allons donc emprunter à nouveau, non pas pour nous, mais pour renflouer d'autres pays de la zone euro. Ça ne tiendra pas.

5:29
Marine Le Pen

Donc si je résume, vous êtes sûr que vous trouverez avec vos partenaires, les partenaires de la France au niveau européen, un accord...

5:35
Présentateur

J'en suis absolument persuadé.

5:37
Marine Le Pen

Un terrain d'entente pour une sortie de l'euro

5:39
Présentateur

J'en suis absolument persuadé.

5:40
Marine Le Pen

Dans les cinq ans à venir. L'euro resterait monnaie de réserve pour la France ?

5:44
Présentateur

Il resterait, oui, il pourrait rester... Monnaie commune ? Oui, oui, il pourrait y avoir une monnaie commune. Ça, ça ne pose aucune difficulté. Du type de l'écu, ça je crois que c'est quelque chose de raisonnable de conserver une monnaie commune. Mais plus une monnaie unique. C'est-à-dire que chaque pays conserverait sa monnaie nationale.

6:03
Marine Le Pen

Autre sujet économique, les retraites. Dans votre programme, vous ne dites pas précisément ce qu'on fait de l'âge légal ou de la durée de cotisation. Est-ce qu'il faut modifier ou non la réforme accomplie par le gouvernement actuel ?

6:13
Présentateur

Ah si, il me semble, au contraire, que c'est très clair. J'ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation.

6:23
Marine Le Pen

Une retraite à la carte avec 40 annuités. Donc on reviendrait à 40 annuités de cotisation.

6:29
Présentateur

Avec une retraite pleine à 40 annuités. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous travaillez moins, deux ans de moins, vous avez une légère décote et vous pouvez obtenir votre retraite avec une légère décote. Si vous travaillez plus, vous pouvez obtenir une retraite qui soit supérieure. 60 ans, je crois que c'est un âge correct.

6:48
Marine Le Pen

Vous devriez l'inscrire clairement dans le programme qui est sur votre site internet. D'accord, monsieur Cohen. Je vois les têtes de chapitre pérenniser le système des retraites. Une politique réaliste et ambitieuse, etc. Mais je ne vois pas de mention précise de la durée de cotisation et de l'âge légal.

7:02
Présentateur

Vous savez, pérenniser le système des retraites, c'est très intéressant. Parce qu'au moment où Nicolas Sarkozy et son gouvernement privatisent à tour de bras et où madame Rousseau-Debord a expliqué il y a quelques mois qu'il fallait changer d'option en matière de retraite et se détourner de la retraite par répartition pour entrer dans une retraite à caractère privé. Oui, c'est un vrai grand sujet, c'est un vrai choix que de savoir si les candidats sont pour une retraite par répartition ou s'ils sont pour une retraite par capitalisation.

7:32
Marine Le Pen

Dans votre programme, beaucoup d'autres mesures qui vous rendent effectivement différentes des autres candidats. J'ai noté pour la fonction publique la suppression de l'école de la magistrature, l'interdiction faite aux juges de se syndiquer et à l'ENA, là, vous ne supprimez pas l'école nationale d'administration, vous veillerez à recruter des hauts fonctionnaires patriotes. Quels seront les critères pour mesurer le patriotisme des hauts fonctionnaires ?

7:56
Présentateur

C'est quand même la moindre des choses, non ? Je ne sais pas, ça paraît tellement évident. Vous me direz, ça va s'en dire ? On l'évalue sur quelques critères ? Ça va s'en dire, mais je vois que ça va mieux en le disant. Vous savez, il y a un grand oral. Par conséquent, l'attachement à la France et la croyance dans son propre pays au moment où l'ensemble de nos élites sont devenues européistes et considèrent que la France est dépassée et que sa structure doit se diluer et doit disparaître au profit d'une structure européenne, oui, je pense qu'il est temps de recruter des hauts fonctionnaires qui croient en la France et qui défendent leur pays. Patriotes, c'est être anti-européens ?

Patriotes, oui. Patriotes, ça veut dire croire en la France, M. Cohen. C'est-à-dire que, si vous voulez, vous voyez bien la fracture qui existe aujourd'hui dans le monde politique. Je crois que la vraie fracture n'est pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus. Nos élites ne croient plus en la France. Ils pensent que c'est quelque chose de dépassé et qu'encore une fois, il faut qu'elle se dilue dans une super structure européenne avec un gouvernement européen. Eh bien moi, si je suis élu, je veux des hauts fonctionnaires qui croient en la France.

8:59
Marine Le Pen

Et donc ça, c'est les mauvais Français, ceux qui pensent qu'il y a un patriotisme européen et qu'aujourd'hui, les frontières dépassent celles de notre pays.

9:06
Présentateur

Non, mais ça, c'est votre analyse. Non, je vous pose la question. Je vous la laisse. Il ne s'agit pas de savoir si ce sont des mauvais Français. Je vous dis qu'il y a des gens

9:12
Marine Le Pen

qui... Essayez de trouver un antonyme.

9:15
Présentateur

Il y a des gens qui, politiquement, ne croient plus en la France, pensent que la France, la nation, l'État-nation est dépassée. Et ces gens-là,

9:22
Marine Le Pen

il vaut mieux ne pas les avoir dans la haute fonction publique.

9:25
Présentateur

Ah ben je préfère avoir effectivement des hauts fonctionnaires patriotes. Il y en a plein, vous me direz. À mon avis, ça va se bousculer au portillon.

9:33
Marine Le Pen

France Inter jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs d'Inter. 01, 45, 24, 7000. Celles de Thomas Legrand et de Bernard Guetta qui sont là autour de la table dans 30 secondes, la rue de Bresse.

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