Marine Le Pen
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Dans la querelle franco-turque sur le génocide arménien, où vous situez-vous ?
- 0:35RelanceRéponse directe
Électoraliste, c'est-à-dire pour plaire à la communauté arménienne ?
- 0:59OuverteRéponse directe
La Turquie a raison, donc, de crier au scandale.
- 1:20OuverteRéponse directe
Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, comme le suggère François Hollande, c'est une bonne idée ?
- 1:55RelanceRéponse directe
Et vous vous prononcez pour une application ferme de la loi de 1905.
- 2:38OuverteRéponse partielle
L'économie à présent, la sortie de l'euro, je pensais que c'était l'une de vos priorités.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je considère que Nicolas Sarkozy, pour des raisons purement électoralistes, a mis le feu aux poudres. »
- 0:25PrésentateurFait
« C'est une absurdité, évidemment, que de s'être lancé dans le vote de cette loi qui ne concerne pas du tout la France. »
- 3:30PrésentateurChiffre
« qui fait qu'en 40 ans, nous avons versé 1 400 milliards d'intérêts sur 1 700 milliards d'euros de dettes. »
- 4:04PrésentateurPromesse
« J'ai dit très clairement que je voulais organiser la sortie de l'euro avec nos partenaires européens. »
- 4:20PrésentateurFait
« Je pense que l'euro n'est pas viable. »
- 4:30PrésentateurFait
« sans que nous ayons prévu organiser cet effondrement de l'euro. »
- 6:20PrésentateurPromesse
« J'ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation. »
- 6:45PrésentateurFait
« 60 ans, je crois que c'est un âge correct. »
- 7:19PrésentateurFait
« il fallait changer d'option en matière de retraite et se détourner de la retraite par répartition pour entrer dans une retraite à caractère privé. »
- 8:23PrésentateurPromesse
« recruter des hauts fonctionnaires qui croient en la France et qui défendent leur pays. »
- 8:40PrésentateurFait
« la vraie fracture n'est pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus. »
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Il est 8h22, France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.
La candidate et présidente du Front National est notre invitée ce matin. Bonjour Marine Le Pen. Deux questions d'actualité rapides pour commencer. Dans la querelle franco-turque sur le génocide arménien, où vous situez-vous ?
Je considère que Nicolas Sarkozy, pour des raisons purement électoralistes, a mis le feu aux poudres. C'est une absurdité, évidemment, que de s'être lancé dans le vote de cette loi qui ne concerne pas du tout la France.
Électoraliste, c'est-à-dire pour plaire à la communauté arménienne ?
Évidemment. Je veux dire, Nicolas Sarkozy a une vision commerciale de la politique. Par conséquent, il essaye de s'attraire des parts de marché. Alors, il y a les Arméniens, il y a eu un petit peu les homosexuels. Je pense que les prochains, ce sont le Yarki, qui fera des grandes œillades pour tenter d'obtenir leur vote. Tout cela est en même temps dangereux sur le plan diplomatique et assez pitoyable sur le plan humain.
La Turquie a raison, donc, de crier au scandale.
Mais la Turquie a raison, surtout, de demander à la France de s'occuper de ses affaires. Parce que quitte, honnêtement, là, pour le coup, à reconnaître un massacre, on aurait pu reconnaître celui des Harkis, peut-être, qui nous concerne beaucoup plus que le massacre des Arméniens.
Autre question, Marine Le Pen. Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, comme le suggère François Hollande, c'est une bonne idée ?
Oui, enfin, la loi de 1905 s'applique, ça fait un petit peu plus de 100 ans maintenant. Bon, par conséquent, je ne vois pas en quoi le fait de l'inscrire changera quelque chose. De tout, c'est de la faire appliquer.
C'est aussi un peu ce que vous suggérez dans votre programme.
Non, non, moi, je suggère d'inscrire dans la Constitution la République ne reconnaît aucune communauté. Ça, c'est pour répondre. C'est pour faire appliquer le principe que la République est une et indivisible.
Et vous vous prononcez pour une application ferme de la loi de 1905.
Oui, bien sûr, mais ça, je l'ai toujours dit, encore une fois, encore faut-il l'appliquer. Je remarque que les socialistes, qui font des grands discours au niveau national, régulièrement trompent ces discours au niveau régional ou communal. Ils sont les premiers à détourner la loi de 1905 en accordant des baux amphithéotiques à 1 euro, des cessions de terrain pour la construction de mosquées, ce qui est clairement une violation de la loi de 1905. Donc, ils commencent par l'appliquer sur le terrain. Et si M. Hollande a la moindre autorité sur ses troupes, eh bien, voilà une chose qu'il pourrait commencer à faire dans les 90 jours qui nous séparent de l'élection présidentielle.
L'économie à présent, la sortie de l'euro, je pensais que c'était l'une de vos priorités. Vous avez même présenté un chiffrage, imaginez un niveau d'évaluation pour le franc, en cas de retour au franc. Et puis, j'ai entendu Jean-Marie Le Pen hier soir sur Public Sénat expliquer que la sortie de l'euro se ferait sous condition, si c'est l'intérêt de la France, que cela posera un problème vis-à-vis de nos prêteurs, et que de toute façon, ce n'est pas du tout, disait-il, un élément central de votre programme présidentiel ? Qu'en est-il exactement ?
Non, mais c'est un élément central, mais pas unique. Voilà, je crois que c'est ça que Jean-Marie Le Pen a voulu dire.
Il a dit, ce n'est pas du tout un élément central.
Non, mais c'est un élément central, mais pas unique. Voilà, c'est-à-dire que, si vous voulez, la simple sortie de l'euro ne réglera pas les difficultés que nous avons. L'intérêt de la sortie... La sortie de l'euro était un instrument. C'est un passage obligé. D'abord, c'est un passage obligé pour revenir sur la loi de 73, qui a donné, comme vous le savez, un monopole au marché financier qui fait qu'en 40 ans, nous avons versé 1 400 milliards d'intérêts sur 1 700 milliards d'euros de dettes. Donc, c'est une des raisons de notre ruine.
Et pour pouvoir monétiser une partie de la dette et donc envisager un désendettement, il faut que nous ayons une monnaie nationale et que nous maîtrisions notre politique monétaire.
Donc, en cas d'arriver au pouvoir, vous engageriez résolument dans la voie d'une sortie unilatérale de la France, de la zone euro.
Voilà, vous voyez, c'est ce genre de choses que je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas ce que j'ai dit. Parce qu'il y a des étapes dans une réflexion politique. J'ai dit très clairement que je voulais organiser la sortie de l'euro avec nos partenaires européens. Si tant est d'ailleurs, je craigne que l'euro existe encore au moment où on en parlera. Parce qu'on sait très bien que la zone euro est sur le bord de s'effondrer. Et je le crois plus que jamais. Je pense que l'euro n'est pas viable. Par conséquent, ce que je crains, c'est qu'il implose dans un véritable cataclysme économique sans que nous ayons prévu organiser cet effondrement de l'euro.
S'il n'y a pas d'accord européen, la France ne sort pas de l'euro.
Sans l'avoir anticipé. Ah si, de toute façon. Mais il y aura un accord européen, M. Cohen, parce qu'il y a un certain nombre de peuples aujourd'hui qui sont pour la sortie de l'euro. Par exemple, les Allemands. Le peuple allemand est aujourd'hui très majoritairement pour la sortie de l'euro. Non, mais ne faites pas la mousse. Ce sont des sondages qui ont été faits et c'est une réalité. Donc je crois que la situation va apparaître très rapidement aux yeux des peuples comme insoutenable. Parce que pour maintenir l'euro en vie, ce sont des centaines de milliards d'euros qu'on va demander à un certain nombre de peuples de sortir de leur poche.
Nicolas Sarkozy a indiqué il y a quelques jours qu'il était d'accord pour renforcer le fonds de soutien européen. Il faut quand même que les Français sachent qu'une fois de plus, ça va sortir de leur poche. Nous allons donc emprunter à nouveau, non pas pour nous, mais pour renflouer d'autres pays de la zone euro. Ça ne tiendra pas.
Donc si je résume, vous êtes sûr que vous trouverez avec vos partenaires, les partenaires de la France au niveau européen, un accord...
J'en suis absolument persuadé.
Un terrain d'entente pour une sortie de l'euro
J'en suis absolument persuadé.
Dans les cinq ans à venir. L'euro resterait monnaie de réserve pour la France ?
Il resterait, oui, il pourrait rester... Monnaie commune ? Oui, oui, il pourrait y avoir une monnaie commune. Ça, ça ne pose aucune difficulté. Du type de l'écu, ça je crois que c'est quelque chose de raisonnable de conserver une monnaie commune. Mais plus une monnaie unique. C'est-à-dire que chaque pays conserverait sa monnaie nationale.
Autre sujet économique, les retraites. Dans votre programme, vous ne dites pas précisément ce qu'on fait de l'âge légal ou de la durée de cotisation. Est-ce qu'il faut modifier ou non la réforme accomplie par le gouvernement actuel ?
Ah si, il me semble, au contraire, que c'est très clair. J'ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation.
Une retraite à la carte avec 40 annuités. Donc on reviendrait à 40 annuités de cotisation.
Avec une retraite pleine à 40 annuités. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous travaillez moins, deux ans de moins, vous avez une légère décote et vous pouvez obtenir votre retraite avec une légère décote. Si vous travaillez plus, vous pouvez obtenir une retraite qui soit supérieure. 60 ans, je crois que c'est un âge correct.
Vous devriez l'inscrire clairement dans le programme qui est sur votre site internet. D'accord, monsieur Cohen. Je vois les têtes de chapitre pérenniser le système des retraites. Une politique réaliste et ambitieuse, etc. Mais je ne vois pas de mention précise de la durée de cotisation et de l'âge légal.
Vous savez, pérenniser le système des retraites, c'est très intéressant. Parce qu'au moment où Nicolas Sarkozy et son gouvernement privatisent à tour de bras et où madame Rousseau-Debord a expliqué il y a quelques mois qu'il fallait changer d'option en matière de retraite et se détourner de la retraite par répartition pour entrer dans une retraite à caractère privé. Oui, c'est un vrai grand sujet, c'est un vrai choix que de savoir si les candidats sont pour une retraite par répartition ou s'ils sont pour une retraite par capitalisation.
Dans votre programme, beaucoup d'autres mesures qui vous rendent effectivement différentes des autres candidats. J'ai noté pour la fonction publique la suppression de l'école de la magistrature, l'interdiction faite aux juges de se syndiquer et à l'ENA, là, vous ne supprimez pas l'école nationale d'administration, vous veillerez à recruter des hauts fonctionnaires patriotes. Quels seront les critères pour mesurer le patriotisme des hauts fonctionnaires ?
C'est quand même la moindre des choses, non ? Je ne sais pas, ça paraît tellement évident. Vous me direz, ça va s'en dire ? On l'évalue sur quelques critères ? Ça va s'en dire, mais je vois que ça va mieux en le disant. Vous savez, il y a un grand oral. Par conséquent, l'attachement à la France et la croyance dans son propre pays au moment où l'ensemble de nos élites sont devenues européistes et considèrent que la France est dépassée et que sa structure doit se diluer et doit disparaître au profit d'une structure européenne, oui, je pense qu'il est temps de recruter des hauts fonctionnaires qui croient en la France et qui défendent leur pays. Patriotes, c'est être anti-européens ?
Patriotes, oui. Patriotes, ça veut dire croire en la France, M. Cohen. C'est-à-dire que, si vous voulez, vous voyez bien la fracture qui existe aujourd'hui dans le monde politique. Je crois que la vraie fracture n'est pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus. Nos élites ne croient plus en la France. Ils pensent que c'est quelque chose de dépassé et qu'encore une fois, il faut qu'elle se dilue dans une super structure européenne avec un gouvernement européen. Eh bien moi, si je suis élu, je veux des hauts fonctionnaires qui croient en la France.
Et donc ça, c'est les mauvais Français, ceux qui pensent qu'il y a un patriotisme européen et qu'aujourd'hui, les frontières dépassent celles de notre pays.
Non, mais ça, c'est votre analyse. Non, je vous pose la question. Je vous la laisse. Il ne s'agit pas de savoir si ce sont des mauvais Français. Je vous dis qu'il y a des gens
qui... Essayez de trouver un antonyme.
Il y a des gens qui, politiquement, ne croient plus en la France, pensent que la France, la nation, l'État-nation est dépassée. Et ces gens-là,
il vaut mieux ne pas les avoir dans la haute fonction publique.
Ah ben je préfère avoir effectivement des hauts fonctionnaires patriotes. Il y en a plein, vous me direz. À mon avis, ça va se bousculer au portillon.
France Inter jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs d'Inter. 01, 45, 24, 7000. Celles de Thomas Legrand et de Bernard Guetta qui sont là autour de la table dans 30 secondes, la rue de Bresse.
Marine Le Pen