Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national - 11/04
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Politique en compagnie d'Edwige Chevrillon, David Ducan et notre invité, donc eurodéputé, vice-président du Rassemblement National, c'est Jordan Bardella. Je voudrais commencer, Jordan Bardella, commander le lapsus, c'est intéressant, parce que je voudrais commencer avec ces histoires de restaurants clandestins. À Saint-Ouen, dans le 19e arrondissement de Paris, des restaurants qui ont été démantelés, intervention des forces de police. Est-ce que vous condamnez les restaurateurs et les clients qui se trouvent dans ces restaurants ?
Je vais vous dire, j'ai du mal à condamner des gens qui ne peuvent plus travailler depuis un an. Je rappelle que les restaurants ont été fermés sur les 12 derniers mois, ont été fermés 9 mois sur 12, dont beaucoup aujourd'hui sont arrivés au bout de la trésorerie, de ce qu'ils peuvent mettre pour payer les charges, quand on a 1 500 euros d'aide, comment faire face à 10, 15, 20 000 euros de charges fixes ? Donc je vous dis qu'effectivement, il faut respecter la loi.
Alors, lorsqu'il y a des restaurants clandestins, lorsqu'il y a des dîners clandestins qui sont organisés de manière massive, sous les dorures de palais parisiens, on a un peu le sentiment, si vous voulez, qu'il y a d'un côté des gens qui respectent le confinement, et les Français, ils ont tout respecté depuis un an. Les restaurateurs, en grande partie, ont respecté très largement les règles sanitaires. Et c'est vrai que quand les Français voient que certains ne respectent pas...
À Saint-Ouen, dans le 19e arrondissement de Paris, il n'y avait pas de dorures.
Non, mais c'est vrai. Non, mais c'est vrai. Et je vous dis, quand on se met à la place des Français qui voient ces images-là, évidemment que ça choque, évidemment que ça heurte, et que ça pose un problème de deux fois deux mesures.
Moi, je n'ai pas compris votre réponse, M. Bardella. Vous voulez qu'on respecte la loi, et vous ne condamnez pas ?
Je dis que j'ai du mal à condamner moralement, évidemment, qu'en tant que responsable politique, évidemment que l'application de la loi doit être stricte, elle doit être la même pour tous. Mais je dis juste qu'humainement, moralement, comme lorsqu'on voit des rêves partis par-ci, par-là, lorsqu'on voit des jeunes se rassembler, évidemment que politiquement, je les condamne. Mais humainement, c'est difficile d'en vouloir à des gens à qui on a tout imposé depuis un an, qui ont respecté toutes les restrictions. Vous faites du en même temps, M. Bardella.
C'est du en même temps, votre réponse ?
Non, ce n'est pas du en même temps, mais je dis qu'il ne faut pas non plus utiliser ces sujets comme des diversions, parce que ça reste assez minoritaire, et qu'en grande partie, en très large partie, il n'y a pas eu, comme en Italie, des manifestations, il n'y a pas eu des rébellions. Est-ce que ce n'est pas plutôt ça ? Les partis d'opposition ont joué le jeu en disant qu'on va s'en sortir collectivement, et il faut que tout le monde respecte les règles. Je dis juste qu'il ne faut pas que ces sujets, notamment que l'affaire Chalençon, soient utilisés comme une diversion. Et moi, j'ai le sentiment que ça fait une semaine qu'on utilise ces faits-là comme une diversion.
Diversion par rapport aux 900 000 chômeurs de plus, qui vont probablement arriver par rapport à la chute des entreprises en cascade, qui vont arriver à compter de la rentrée.
Est-ce que c'est justement, Jordan Bardella...
Et par rapport, évidemment, à la crise de l'insécurité, qui continue en parallèle et en pendant de cette crise sanitaire.
On va y revenir, évidemment, largement au cours de cette émission. D'abord, bonjour, Jordan Bardella. Bonjour. Est-ce que ce n'est pas plutôt symptomatique d'une espèce de ras-le-bol ? Ras-le-bol des Français, ras-le-bol des jeunes, ras-le-bol d'un an confiné. Est-ce qu'il y a une envie de vivre ?
Les Français, ils ont tout accepté. Et ils voient des mesures tout autant absurdes qu'inefficaces continuer de se mettre en place. J'ai vu que la nouvelle... Ça, c'est bien absurde de continuer à faire miller. Non, mais j'ai vu que la nouvelle actualité du week-end consistait à cartographier quelles étaient les plages avec lesquelles on pouvait aller avec un masque et quelles étaient les plages où on ne devait aller sans masque. On a imposé aux Français des restrictions qui n'avaient pas grand sens.
Mais est-ce que sur les restaurants, vous dites qu'il faut les rouvrir ? Avec certaines normes, évidemment.
Je dis qu'on est en train de payer aujourd'hui dans le pays le waterloo vaccinal. Et que quand les Français voient d'autres pays qui ont bien géré cette épidémie... Alors, il ne s'agit pas de compter les morts. Il s'agit juste de regarder les pays qui ont anticipé, qui ont mis en place des mesures de bon sens, qui ont anticipé sur les commandes de vaccins, par exemple. Quand on regarde la Grande-Bretagne, nous, on est l'otage aujourd'hui de la bureaucratie européenne. On regarde le train passer. Et quand on voit effectivement d'autres pays rouvrir, quand on voit Israël, qui a vacciné 60% de sa population, rouvrir les restos, les cafés, les bars... Prenons la Grande-Bretagne.
La Grande-Bretagne, qui a une économie à peu près similaire à la nôtre, a indiqué que, compter les prochaines semaines, elle allait travailler à la réouverture au moins des terrasses, des pubs, des salles...
Nous allons reparler de tout ça, Jordan Bardella. Hier, Pierre-Jean Chalançon, en bas de chez lui, au Palais de Vivienne, à Paris, il y avait des gens qui manifestaient en portant des gilets jaunes. Est-ce que ces histoires-là sont en train, selon vous, t'auraient alimenter cette espèce de fracture sociale, ces crises qu'on a vécues à répétition durant les mois qui se sont écoulées ?
Quand vous avez du mal à boucler les fins de mois, si vous voulez, et que vous voyez des turlupins, aussi sympathiques soient-ils, faire la fête sous les dorures dans des palais parisiens... Non, mais il y a une histoire avec des dorures. Moi, je ne suis pas à la police des meurtres. Si vous voulez, il y a ce climat un peu malsain qui me dérange, qui consiste à balancer son voisin parce qu'on entend de la musique. Moi, ce climat malsain me gêne.
Lorsqu'on voit des vidéos circuler par ce qu'on a vu dans le ministère de l'Enseignement supérieur, des jeunes qui étaient à 5-6 en train de faire de la fête avec de la musique, je veux dire, ce jeu de cluedo qui consiste à savoir qui est avec qui, qui a dîné avec qui...
Vous avez été faire la fête, vous, Jordan Bardella ?
Non, je n'ai pas été faire la fête, mais j'aimerais bien, d'ailleurs, un peu comme tous les Français, pouvoir revivre normalement. Mais, vous voyez, ce climat, moi, un peu malsain de délation, il me gêne aussi.
Mais non, il ne faut pas non plus, si vous voulez, c'est pas non plus l'affaire du siècle.
Les images avec la poli judiciaire, avec les gardes à vue, etc. Il faut savoir raison garder. Il faut savoir non plus ne pas se détourner des véritables problèmes. Et du fait qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de secteurs qui doivent pouvoir repartir, à qui on doit fixer, évidemment, un horizon avec l'enjeu de l'ouverture.
Ouverture de la vaccination à tous les plus de 65 ans, à le début de demain, annonce... 55 ans, en 55 ans, pardon, évidemment. Et le début de demain, annonce d'Olivier Véran ce matin. Ça y est, la campagne accélère.
Ça fait un an qu'on nous explique que la semaine qui vient va être décisive. Donc, on accélère, moi, je m'en réjouis. Je regarde qu'Emmanuel Macron vaccine encore aujourd'hui beaucoup moins que le roi du Maroc, qu'on est derrière l'Uruguay, qu'on est derrière le Chili, qu'on est derrière des pays comme la Serbie ou comme la Grande-Bretagne. Donc, si ça s'accélère, et c'est très bien, il faut que ça s'accélère, je dis tant mieux. On fait beaucoup d'images avec les vaccinodromes, mais ce qu'on oublie de dire, c'est que les pharmaciens, ils n'ont pas de dose, que les médecins, ils n'ont pas de dose. Et on voit bien que nous sommes gouvernés par des irresponsables.
Parce que lorsqu'on entend qu'avec toutes les restrictions sanitaires qui ont été imposées au pays, alors que la Grande-Bretagne, que le Portugal a coupé, par exemple, ses liaisons aériennes avec le Brésil, qu'on continue, qu'on continue aujourd'hui d'avoir des liaisons aériennes avec un pays comme le Brésil, d'avoir des vols qui continuent d'arriver chaque jour en promenance de Sao Paulo ou de Rio de Janeiro, alors qu'on sait qu'il y a là-bas un variant brésilien extrêmement dangereux, c'est ce que disent aujourd'hui une grande partie des médecins, à savoir que les vaccins ont probablement une efficacité relative sur le variant brésilien.
Et qu'on voit qu'on continue d'avoir des liaisons aériennes avec ces pays, que les frontières continuent d'être ouvertes, alors même qu'on a eu 60 000 morts sur un mois au Brésil, enfin, je veux dire, c'est fou. C'est fou. Il faut quoi, en fait, pour qu'on prenne conscience qu'on ne peut pas avoir des liaisons aériennes avec des pays où se diffuse très largement l'épidémie ? Ça change tout, selon vous ? Il y a de l'irresponsabilité. Ça change tout si on ferme nos liaisons ? En tout cas, ça évite que le variant brésilien n'entre dans un pays où il représente pour l'instant une très minoritaire des cas.
Donc on voit bien qu'on est gouverné par des irresponsables, par des irresponsables qui continuent d'infantiliser les Français, les prendre pour des enfants. Je vais vous prendre un exemple. Les autotests. Ça fait des mois que nous réclamons qu'on mise massivement sur les autotests. Les pays comme la Grande-Bretagne, comme l'Autriche, envoient massivement entre 2 et 5 autotests par semaine à la population pour que les gens puissent l'utiliser de manière préventive. M. Véran a bloqué cette distribution. M. Véran, sur demande du lobby pharmaceutique, il a réservé la vente des autotests, par exemple, aux officines de pharmacie. Et il donne une raison, M. Véran.
Il dit parce que les Français ne savent pas les utiliser. En gros, c'est ce qu'il dit. Un peu comme les masques. Ça peut être dangereux. Oui, un peu comme les masques. Vous vous souvenez, on nous expliquait au début que les masques, c'était dangereux, il ne fallait pas les utiliser. Alors maintenant, on nous explique que c'est dangereux de se rentrer un coton-tige à 2 cm dans le nez. C'est dangereux. C'est quasiment pire que d'être exposé au Covid. Ça, c'est plus de 2 cm. Oui, c'est un peu plus de 2 cm si vous l'avez fait. Enfin, en Grande-Bretagne, je ne parle pas d'un pays à des milliers de kilomètres.
En Grande-Bretagne, dans les écoles primaires, les enfants de 6 ans doivent faire 2 autotests par semaine. Et on nous explique que les Français...
Les tests aujourd'hui en France, ils sont gratuits. Ils sont gratuits pour les Français. Je ne vous parle pas des tests, je parle des autotests. Oui, moi je vous parle des tests. Ils fonctionnent plutôt bien. Et aujourd'hui, les autotests vont être commercialisés, donc ils ne seront pas gratuits. Et si le taux de test est positif, il faudra un test derrière. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? Est-ce que ce n'est pas juste, vous disiez, le lobby pharmaceutique ? Est-ce que ce n'est pas juste une histoire de sous ?
Mais merci de confirmer que nous sommes en France l'otage d'une bureaucratie folle.
Non, mais vous dites à l'instant qu'il fallait les multiplier.
Franchement, les autotests sont faits pour être utilisés de manière préventive. Que vous puissiez faire un autotest avant d'aller au travail, avant de sortir à l'extérieur, et peut-être même demain avant d'aller dans une salle de spectacle ou d'aller devant un restaurant, ça me semble être encore une fois une mesure préventive de bon sens qui est généralisée dans l'intégralité des pays européens. Non, mais je dis juste que M. Véran est l'otage du lobby pharmaceutique. Et que plutôt que d'utiliser les autotests de manière massive, franchement, si on avait tout bien fait depuis le début de cette épidémie, on pourrait se permettre d'être un peu arrogant.
Or, on voit bien que quand on est à rebours de tout ce que font les autres pays européens, et bien effectivement, ça pose question. Donc il faut évidemment multiplier les autotests. Et lorsque j'entends M. Véran nous expliquer qu'on a en France une logistique du feu de Dieu, je me dis que probablement on ne vit pas dans la même planète et que le gouvernement devrait être rappelé à un peu plus d'humilité. Vous savez ce qu'il a dit le président de la République ? Quand il nous dit maintenant on fabrique M. Macron...
On va y revenir, on va y revenir, on va y revenir.
Jordan Bardella, la position du Rassemblement national, la vôtre, sur la vaccination, vous êtes d'accord pour dire que l'objectif est d'atteindre une couverture vaccinale collective dans le pays ? Vous êtes d'accord avec ça, avec cette vision-là ? Vous savez que pour y parvenir, il faut atteindre 80, peut-être même 90% de couverture. Est-ce que vous êtes favorable ou non à la vaccination des enfants ?
Non. En l'état, je ne suis pas favorable à la vaccination des enfants parce que je n'ai pas, encore une fois, les données scientifiques qui me permettraient d'aller en ce sens.
Il y a une étude de l'Institut Pasteur qui a été publiée la semaine dernière et qui montre que si nous ne vaccinons pas les enfants, nous n'atteindrons pas cette couverture vaccinale collective.
Mais la vérité, c'est qu'aujourd'hui, les publics qui sont les plus à risque, je ne vous l'apprends pas en termes de mortalité à l'égard du Covid-19, ce sont les personnes âgées. Donc il faut permettre aujourd'hui la vaccination à la fois des personnes âgées, des publics prioritaires, des enseignants. Si, c'est un peu le sujet. Je vous rappelle que vous me parlez des écoles. Je vous rappelle qu'on devait vacciner, que M. Blanquer s'était engagé.
Vous vous intéressez sur la couverture vaccinale collective ?
L'immunité collective.
Je vous rappelle qu'en l'occurrence, si on parle des écoles, on parle des enfants, M. Blanquer avait d'ores et déjà indiqué qu'à compter du mois d'avril, l'intégralité des soignants pourraient être vaccinés. Ce n'est pas le cas. Encore un objectif qui n'a pas été tenu. Donc il faut permettre aujourd'hui la vaccination des personnes âgées, de tous ceux qui le souhaitent, bien au-delà des EHPAD. Il faut aller au-delà effectivement des plus de 55 ans. Et permettre la vaccination de tous les publics à risque. Qui le souhaite ? Je pense aux enseignants, mais je pense aussi aux forces de l'ordre, aux pompiers et aux gens qui sont aujourd'hui en première ligne dans la société française.
Donc vous faites une croix sur l'immunité collective ?
Je ne fais pas une croix sur l'immunité collective. Je regarde la mortalité du Covid. Et la mortalité aujourd'hui n'est pas massive et flagrante chez des jeunes entre 0 et 30 ans qui ne risquent pas grand-chose. Mais tant que le virus circule, il peut muter. Donc la vérité, c'est qu'aujourd'hui, je veux bien qu'on discute de... C'est comme quand on parle du pass sanitaire. On nous parle du pass sanitaire alors même qu'on est un foutu de vacciner plus de 15% de la population en France, quand Israël a déjà vacciné plus de 60% de la population. Donc il ne faut pas se cacher derrière des faux débats. La vérité, c'est que...
Et probablement on fera le bilan dans les quelques années qui vont venir, c'est que l'Union Européenne a eu un rôle criminel dans cette gestion épidémique. Elle a eu un rôle criminel lorsqu'elle a refusé la maîtrise des frontières et qu'elle a intimé l'ordre de maintenir les frontières ouvertes alors même qu'on savait que dans des régions voisines se diffusait l'épidémie. Elle a eu un rôle criminel lorsqu'elle a souhaité négocier à bas coût les vaccins.
Criminel, c'est un beau fort quand même, non ?
Je ne veux pas m'avancer. Mais lorsque dans un pays voisin se diffuse une épidémie qui amène à des confinements locaux comme ça a été le cas en Chine et que l'Union Européenne intime l'ordre aux États membres de maintenir les frontières ouvertes... Ce qui n'a pas été respecté. Alors oui, je pense qu'on peut parler d'une responsabilité très lourde.
Vous dites intime l'ordre mais ça n'a pas été respecté. Parce qu'il y a des pays qui ont fermé leurs frontières de manière unilatérale. L'Allemagne avec l'Autriche par exemple et la France.
Et la France, vous voyez bien qu'on continue... Vous voyez bien qu'on continue... Expliquez-moi quel est le bien fondé de continuer d'avoir des liaisons RN avec des pays comme le Brésil. Alors même qu'on sait que s'ils diffusent un variant contre eux... On nous explique encore une fois ce que disent les médecins. Les vaccins ne seraient pas efficaces pour avoir une efficacité relative.
À ce sujet, pour que nos téléspectateurs aient des informations précises. Les arrivées depuis le Brésil comme depuis de nombreux pays sont strictement réglementées. Il faut avoir fait un test PCR. Il faut un motif impérieux pour pouvoir se rendre du Brésil...
Un test PCR de combien de temps ?
Jusqu'au 72 heures de mémoire.
Donc si vous avez été contaminé par le variant brésilien à moins de 72 heures avant votre arrivée en France. Eh bien le variant brésilien il rentre quand même en France. Donc vous voyez, nous nous sommes responsables. Motif impérieux pour revenir en France. On ne fait pas du tourisme avec le Brésilien. Il y a un certain nombre de Français qui continuent de prendre l'avion et qui se sont bien aperçus que les contrôles sont quand même extrêmement légers aux frontières. Je dis juste que quand on gouverne, il faut être responsable.
Et on ne peut pas continuer d'avoir des liaisons aériennes avec des pays où se diffuse un variant dont on nous explique qu'il est beaucoup plus offensif que le variant.
Est-ce que vous dites en gros, ça enferme tout et pour tout le monde et tout le monde arrête de voyager ?
Non, je dis juste qu'il faut faire preuve d'un peu de bon sens. Moi je veux bien, si vous voulez, qu'on continue d'expliquer qu'on est des cadors, qu'on est des génies, qu'on est les meilleurs. La vérité c'est que Covid saison 1 comme Covid saison 2, la gestion épidémique elle a été pitoyable. On a un peu raté durant cette crise.
Parce que par exemple, juste en dernier mois, je me souviens que Marine Le Pen en pleine pandémie, elle s'est rendue au Portugal pour soutenir un candidat.
Les frontières étaient-elles fermées ?
Non, elles n'étaient pas fermées.
D'accord, il y avait-il un variant portugais qui menaçait la situation sanitaire en France ? Non, mais il y avait une situation sanitaire difficile au Portugal. Il y avait exactement la même situation sanitaire en France qu'au Portugal. Donc, je veux dire, il ne s'agit pas de mettre des murs, il ne s'agit pas de mettre des barbelés, il s'agit juste de faire preuve de bon sens. Quand on nous explique qu'en Afrique du Sud, par exemple, on a un variant contre lequel nous n'avons pas aujourd'hui de traitement, que ce soit médicamenteux ou vaccinal, eh bien à ce moment-là, on applique ce principe de bon sens qui est de couper les liaisons aériennes avec l'Afrique du Sud.
Oui, sur les vaccins, on voit bien que ça avance pour le coup, parce qu'il y a le vaccin de Johnson & Johnson qui va arriver, mais il y en a d'autres vaccins qui sont sur la place, genre le Sputnik V, il y a même aussi un vaccin cubain. Est-ce que vous êtes pour qu'on ouvre à tous les vaccins, à condition évidemment qu'ils fassent le test de l'EMA, qui est l'autorité de contrôle européenne ?
Je pense que nous sommes en train de regarder le train passer. Et que chaque seconde de perdue dans la lutte contre le Covid-19 va être un risque supplémentaire pour une entreprise française de mettre la clé sous le rideau. Lorsque je vois que l'Italie, par exemple, indiquait qu'elle allait fabriquer sur son sol le vaccin Sputnik, le vaccin russe, et qu'elle allait se tourner directement vers Moderna, lorsque je vois l'Allemagne, par exemple, indiquer qu'elle allait elle-même aussi se tourner vers la Russie, vers le vaccin russe, je me demande, mais qu'est-ce qu'on attend pour sortir de cette idéologie, de cette espèce de russophobie primaire ?
Non, non, mais on est dans une espèce de russophobie primaire. M. Le Drian a lui-même indiqué, il l'a déclaré il y a quelques semaines, qu'il ne souhaitait pas se tourner vers le vaccin russe de peur d'avoir trop de vaccins. Donc vous voyez bien, toujours l'espèce d'arrogance, d'une suffisance.
Pardon, mais il a dit que le vaccin russe aurait le droit de citer en France s'il répondait aux mêmes autorisations médicales. Mais pour l'instant, il ne souhaitait pas.
Il a ajouté qu'il ne souhaitait pas se tourner vers le vaccin russe, parce qu'il ne souhaitait pas non plus qu'on ait beaucoup trop de doses alors que d'autres commandes arrivaient. Mais ce n'est pas le plus important. La France est le seul pays de l'industrie pharmaceutique, du Conseil de sécurité de l'ONU, à ne pas avoir de vaccins. C'est déjà un échec, et c'est déjà un échec pour la souveraineté sanitaire française, premièrement.
Deuxièmement, la Grande-Bretagne est en train de se réjouir,
j'ai entendu les dirigeants britanniques se réjouir il y a quelques jours, de la réussite d'un vaccin, qui est un vaccin français, qui est le vaccin qui a été produit par Valneva. Et en France, nous avons des start-up, nous avons un génie industriel. Et quand on voit l'échec du gouvernement sur Valneva, encore une fois, j'aimerais vous dire que ça va dans le bon sens, mais on avait un vaccin en France.
L'État français est actionnaire de Valneva, vous le savez.
C'est la Grande-Bretagne qui a mis l'argent sur la table. Et si bien que les usines de Valneva ont été financées par la Grande-Bretagne, non pas par la France, mais par la Grande-Bretagne en Écosse. Ils vont être conditionnés en Suède, et résultat, c'est donc la Grande-Bretagne qui va bénéficier en premier lieu, en premier lieu, d'un vaccin qui est un vaccin français. Donc je veux dire, on a tout durant cette crise. Et lorsque j'entends Emmanuel Macron, je n'ai pas pu aller au bout de cet exemple tout à l'heure, lorsque j'entends Emmanuel Macron nous dire que, finalement, on va maintenant créer un vaccin en France, où on va avoir des usines de production en France, il ment.
Parce qu'en vérité, le vaccin Pfizer, il ne va pas être fabriqué en France. Il va être mis en flacon en France. Et on voit bien que derrière ça, derrière tous les ratés de cette gestion épidémique, il y a quand même la victoire idéologique du Rassemblement national et des nationaux. Parce qu'on voit bien qu'Emmanuel Macron, il est obligé d'en appeler la souveraineté industrielle. Il est obligé de faire croire qu'on va fabriquer des choses en France. Parce que la vérité, c'est que tout ce qui a été raté durant cette épidémie a donné raison au Rassemblement national. L'échec de la maîtrise des frontières.
Jordan Bardella, il y a 4 enquêtes préliminaires qui sont en cours pour des décès par thrombose après une injection du vaccin AstraZeneca. Est-ce que vous êtes inquiet ?
A titre personnel, si j'avais le choix, et en tant que citoyen, je ne me ferais pas vacciner par AstraZeneca. L'ARN messager sur lequel on a émis beaucoup de doutes, parce que c'était une technique nouvelle, et à juste titre, dans une période où nous n'avions que les communiqués des laboratoires, semblent être la technique vaccinale qui aujourd'hui a les résultats les meilleurs. Au regard de la situation, par exemple, d'Israël, qui a pu vacciner aujourd'hui une grande partie de sa population et revivre normalement.
Mais, si vous voulez, quand on a changé d'avis dix fois sur ce vaccin, quand on a expliqué qu'il n'y avait pas de problème, puis qu'il y avait un problème, quand on a expliqué qu'il n'y avait pas de problème, puis qu'on l'a suspendu, évidemment que ça crée un climat de défiance à l'égard de ce vaccin.
– En tant que responsable politique, vous venez de dire « je ne me ferai pas vacciner à l'AstraZeneca ». D'abord, je ne me souviens plus de votre âge, vous n'avez même pas 30 ans. – J'ai 25 ans. – Oui, vous avez 25 ans, donc de toute façon, il est interdit pour les moins de 55 ans, donc vous n'aurez pas à être confronté à ce choix.
– Après, qu'on nous ait dit, reconnaissez qu'on nous ait dit qu'il devait être… – Non, mais je vous fais juste remarquer que,
de toute façon, vous n'êtes pas concerné par ce vaccin. – Je ne sais pas, tout à l'heure, il y a dix minutes, vous m'avez dit que vous vouliez vacciner les enfants. – Oui, mais pas à l'AstraZeneca, il est interdit au moins de 55 ans. – Ah, bon, finalement, on est d'accord. – Non, on n'est pas du tout d'accord, mais je vous interroge sur cette déclaration que vous venez de faire en tant que responsable politique. Vous dites « je ne me ferai pas vacciner à l'AstraZeneca ». – Oui, j'ai le droit quand même. – Vous avez évidemment le droit de toutes vos opinions, c'est évident.
Ceci étant posé, est-ce que vous ne pensez pas que vous participez à un climat de psychose et à mettre en danger la vaccination collective en inquiétant nos concitoyens, alors que le nombre de cas, certes grave, est très faible par rapport aux millions de doses qui, vous citiez le Royaume-Uni, ont été injectées à nos amis britanniques.
– Mais je n'ai pas envie de me faire vacciner à l'AstraZeneca, je ne le ferai probablement pas et c'est mon droit. – Non, mais de toute façon, vous n'êtes pas concerné. – Vous m'accusez de créer un climat de défiance à l'égard d'un vaccin.
– Je ne vous accuse de rien, je vous pose la question. – Est-ce que vous êtes inquiet à l'idée de créer un climat de psychose qui fait que l'opération de vaccination va échouer ?
– Vous pensez sérieusement que c'est nous qui créons un climat de défiance à l'égard d'AstraZeneca ? – Vous croyez sincèrement que lorsque le gouvernement, en une semaine, change trois fois d'avis sur AstraZeneca, que M. Véran, M. Castex, que les autorités sanitaires françaises nous expliquent qu'il n'y a aucun problème sur AstraZeneca, et que M. Macron le suspens en prenant d'avoir averti ses ministres 48 heures après, sans doute probablement parce qu'il n'y avait pas de dose, vous ne croyez pas que c'est ça qui crée un climat de défiance à l'égard d'AstraZeneca ?
Donc moi je suis ravi que vous nous prêtiez plus d'orat que nous n'en ayons, mais la réalité c'est qu'ils sont responsables aujourd'hui du climat de défiance. Je veux dire, quand on a menti depuis le début de cette épidémie sur les masques, quand on infantilise les Français en les prenant pour des enfants, avec les masques, sur les plages, pas sur les plages, le masque est dangereux, puis il est obligatoire, il ne faut pas le mettre à l'extérieur, il faut le mettre quasiment sous l'aide.
– La question d'avis, elle est complètement légitime, elle porte uniquement sur le poids de la parole d'un leader politique, dans un contexte sanitaire extrêmement compliqué, c'est ça la question d'avis.
– Je ne suis pas médecin, je ne suis pas épidémiologiste, je vous donne simplement mon avis de citoyen éclairé, qui se renseigne, qui regarde l'actualité au quotidien, et effectivement si j'avais le choix, je ne me ferais pas vacciner par AstraZeneca.
– Mais votre déclaration, vous êtes d'accord que ça freine la vaccination de la population française ?
– Merci beaucoup, mais je pense que ma déclaration n'a aucun impact.
– Ça contribue, ça contribue en tous les cas au malaise autour d'AstraZeneca, où déjà il y a des tas de doses qui ne trouvent pas preneur. – Comme dans le Pascalet récemment.
– Non mais ce qui provoque le malaise sur AstraZeneca, c'est d'abord les déclarations du gouvernement, c'est le changement de position du gouvernement tous les quatre matins, enfin pardon, et ce sont les nombreux cas de thrombose qui ont été recensés à la suite de la vaccination par AstraZeneca. Donc voilà, vous me demandez mon avis, je vous le donne, maintenant effectivement je ne fais pas partie d'un public qui est concerné, mais encore une fois, je pense qu'en matière vaccinale, on a raté beaucoup de choses, y compris les commandes. J'ai fait le temps de... Pourquoi est-ce qu'on n'a pas de doses aujourd'hui ? Parce que l'Union Européenne a été négociée les doses au moins chères, voilà.
Et qu'en réalité, les pays qui ont négocié à tarif raisonnable les vaccins, eh bien sont aujourd'hui les premiers servis. Sauf que l'argent qu'on n'a pas mis dans les commandes de vaccins pour les avoir en priorité, c'est de l'argent qu'on doit mettre dans le confinement, parce que c'est évidemment du retard pour la reprise et les entreprises françaises.
– Il y a un plan de réouverture des lieux de culture qui se dessine également des restaurants, le chef de l'État a parlé de la mi-mai pour l'ouverture au moins des terrasses, notamment pour les cafetiers, les restaurateurs. Est-ce qu'il faut accélérer selon vous ? Est-ce qu'il faut aller plus vite ?
Est-ce que c'est une date qui vous semble raisonnable ? – Je n'ai jamais, pour être très franc, M. Boursier, moi je n'ai jamais compris, et je pense que c'est le cas de beaucoup de Français, qu'on puisse pendant longtemps se rendre dans le métro, qu'on puisse se rendre dans les grandes surfaces, mais qu'on ne puisse pas aller dans un musée, qu'on ne puisse pas aller dans une salle de spectacle. On sait que l'art, la culture, c'est important pour les Français, y compris dans cette période d'anxiété, pour ce climat particulièrement anxiogène qu'on vit depuis un an.
Je n'ai jamais compris que, vous voyez, je n'ai jamais compris le bien-fondé à la fois politique, administratif, sanitaire, d'une type de mesure. Non, je pense qu'il faut rouvrir les musées, il faut rouvrir les lieux de culture, il faut permettre, avec un protocole sanitaire, à ce corps de métier qui a été très impacté, de pouvoir retravailler.
Et quand on voit aujourd'hui, et je pense que ça blesse beaucoup de Français, quand on voit que le château de Chantilly, que le musée du Louvre, que le château de Versailles, le château de Chantilly, sont notamment au bord de la faillite, ben oui, je pense que ça fait mal aux Français, parce que je pense qu'ils tiennent à leur patrimoine, à leur patrimoine immatériel, mais aussi, évidemment, à leur patrimoine matériel. Et c'est peut-être là l'occasion de généraliser les autotests.
On voit tout ça, évidemment, ça coûte cher. On parlait des autotests qui coûtent cher, mais surtout les PCR, c'est la sécurité sociale qui coûte. On voit bien que tous les lieux de culture qui sont fermés, les entreprises qui sont fermées, tout ça a un coût assez faramineux. Est-ce que pour vous, le quoi qu'il en coûte, qu'il faut quand même l'arrêter à un moment, ou en tout cas, diminuer cette injection d'argent, ou sinon, ça peut remettre en cause le modèle social français ? Parce qu'à un moment, il ne faudra pas bien qu'on paye l'addition.
Oui, mais aujourd'hui, on a la double peine, parce qu'on partage cet argent de crise, et cette solution de crise, à la fois dans les tests, qui sont effectivement pris en charge par la sécurité sociale, et à la fois dans les aides aux entreprises. Je pense que la première des aides qu'attendent aujourd'hui nos chefs d'entreprise, nos restaurateurs, nos commerçants, les acteurs du milieu culturel, c'est de pouvoir retravailler. Voilà, c'est de pouvoir relancer la machine économique. Aujourd'hui, on les empêche de travailler. Tout le monde le souhaite. Et ce terme d'aide est un peu humiliant. Ils ne sont pas aidés.
Compensation, c'est de compensation.
Ils sont indemnisés, parce qu'on les empêche de travailler. Donc je pense que la première des aides, c'est de leur permettre de retravailler, c'est de rouvrir secteur par secteur. Donc il faut vacciner. Mais attention, mais attention, de ne pas lâcher du jour au lendemain, en coupant les aides, en coupant le robinet totalement, parce qu'il y a énormément, parlé des 900 000 chômeurs qui sont attendus, il y a énormément de secteurs qui vont être en difficulté. Et nous attendons surtout que, dans cette reprise économique, dans cette relance, on tire les enseignements du passé, qu'on arrête avec ce modèle économique qui a consisté à nous faire abandonner notre souveraineté sanitaire.
On a vu qu'on a manqué tout durant cette crise, qu'on est même allé jusqu'à implorer la Chine de nous livrer des masques. Donc il faut des filières françaises, il faut des filières en France, il faut ce que nous nous défendons, c'est-à-dire le patriotisme économique, le localisme, pouvoir produire au plus près des lieux de consommation. Arrêtez d'avoir, par exemple, 95% de nos filières de médicaments qui sont fabriquées en Chine, parce qu'évidemment que dans des périodes de tension, évidemment que dans des périodes de crise, eh bien nous manquons de tout, et un pays qui manque de tout n'est pas un pays.
Alors, j'amorce la transition vers des sujets un petit peu plus politiques. Vous avez vu que depuis vendredi soir, les maires ont reçu un courrier des préfets leur demandant leur avis sur la tenue des élections départementales et régionales. Ils ont jusqu'à lundi midi, demain midi, pour répondre à cette enquête. Qu'est-ce que vous pensez de ces hésitations sur les dates des élections départementales et régionales ?
Je pense que ces tergiversations sont une nouvelle preuve de l'amateurisme du gouvernement qui a souhaité organiser un débat à l'Assemblée nationale mardi, probablement en début de semaine, mardi ou mercredi sur la tenue, avec un vote exactement mardi ou mercredi sur la tenue des élections départementales dont le dépôt des candidatures en préfecture devrait intervenir 13 jours plus tard. Ça fait plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années, qu'on sait qu'il va y avoir des élections départementales et des élections régionales. Et on se pose la question maintenant, à 15 jours du dépôt des candidatures, de savoir si oui ou non on va maintenir les élections.
S'agissant de la situation sanitaire, nous, on est extrêmement clair là-dessus. Nous n'avons pas les données scientifiques auxquelles a accès le gouvernement, et nous suivrons le gouvernement. Si le gouvernement nous dit qu'il n'y a pas de risque sanitaire, que les élections aient lieu au mois de juin, alors nous ferons campagne et nous appellerons nos électeurs à voter très massivement pour les régions départementales et régionales, qui sont les dernières élections avant l'élection présidentielle.
Si le gouvernement estime que la situation sanitaire est tendue, qu'elle exposerait la population, et les gens qui vont s'occuper du dépouillement, par exemple, qui vont s'occuper de la tenue des élections, et qu'elle exposeraient ces personnes-là à un risque, alors à ce moment-là, nous soutiendrons un report à la rentrée. Mais je dis juste qu'on ne peut pas faire repartir le pays. On ne peut pas indiquer qu'on va vacciner massivement, qu'on va permettre la réouverture des lieux de culture, des restaurants, des commerces, mais qu'en même temps, on paralyserait et on confinerait la démocratie. Mais puisque la période qu'on vit aujourd'hui, elle est très faible.
En revanche... Vous faites des réponses beaucoup trop longues. C'est comme si vous étiez en meeting. Sinon, on fait une interview écrite. C'est comme si vous étiez en meeting. Vous m'envoyez vos questions avant et puis je vous réponds par écrit. Nous pouvons de temps en temps vous interroger au milieu d'une réponse. Les maires sont interrogés, nous le disions depuis vendredi. Que vous disent vos maires, Rassemblement National ?
Les maires, ils sont inquiets parce que les maires, ils vont avoir deux élections à organiser le même jour. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais les Français voient le bon côté de l'élection. C'est-à-dire qu'on se déplace au bureau de vote, on participe au scrutin et puis on attend le résultat après la campagne, on attend le résultat le soir à 20h à la télévision. Mais c'est un travail de dingue d'organiser une élection parce qu'il faut mettre en place les panneaux électoraux, parce qu'il faut organiser les bureaux de vote avec le protocole sanitaire, parce qu'il faut aussi des assesseurs. C'est-à-dire des gens qui vont surveiller les bureaux de vote, qui vont organiser le député.
Donc vous plaidez pour dissocier régional et départemental ?
Je pense que dissocier les élections départementales et les élections régionales serait peut-être à quelques jours d'intervalle, serait à quelques jours, quelques semaines d'intervalle, serait la solution qui permettrait à la fois de maintenir des conditions de protocole sanitaire assez raisonnables et en même temps de permettre aux mairies, aux élus locaux des 36 000 communes de France d'organiser dans des conditions décentes, correctes, raisonnables et équilibrées ce scrutin d'un point de vue logistique.
Alors justement, les régionales, sondage ce matin chez nos amis du Parisien. Vous êtes candidat en Ile-de-France. Vous êtes donné deuxième derrière Valérie Pécresse. 17% d'intention de vote pour vous, le double pour l'ancienne ministre. 34%, on le voit à l'écran. Est-ce que c'est sans espoir pour vous ?
Et ce que je regarde, c'est que nous sommes pour l'instant la seule liste en dynamique et la seule liste à monter. Madame Pécresse était crédité du même sondage il y a quelques mois. La gauche s'est effondrée. Madame Pulau-Bas
s'est effondrée. Val-Ronde-Saint-Just en 2015 faisait 18,5.
Oui, dans un contexte où il n'y avait pas la République en marche. Donc évidemment que la répartition en pourcentage n'est pas la même. Maintenant, on ne va pas se mentir. L'Île-de-France est pour nous la région la plus difficile. Moi, j'ai tenu à être candidat en Île-de-France parce que je suis originaire de la Seine-Saint-Denis, parce que je serai candidat également en Seine-Saint-Denis pour ces élections régionales, parce que l'Île-de-France c'est la France en miniature.
C'est de là que par tous les débats de société qu'on a pu avoir ces derniers mois, à la fois sur les événements de Trappes, sur Samuel Paty, sur l'explosion de l'insécurité aujourd'hui à la fois dans les transports, dans les rues,
dans notre sondage, on voit que la préoccupation numéro un des citoyens d'Île-de-France, c'est la délinquance. Vous, vous avez à ce sujet une proposition que vous avez portée ces dernières semaines, c'est de dire deux agents de sécurité armés dans toutes les gares d'Île-de-France. J'ai bien résumé votre proposition. Combien y a-t-il de gares en Île-de-France ?
Dites-moi. Vous ne le savez pas ? On est en train de chiffrer la mesure, il y en a un peu plus de 300, je crois ?
Non, on est à plus de 800 gares, selon les chiffres de Île-de-France Mobilité, plus de 800 gares sur l'ensemble de la région, ce qui est un chiffre, je pense, utile pour vous puisque vous proposez de mettre deux agents armés dans chacune de ces gares. Ces agents armés, ils sont 24-24, en tout cas, tant que le trafic ferroviaire est en cours ?
Oui, bien sûr, c'est une mesure qu'on avait chiffrée, c'est une mesure qu'on avait déjà faite en 2015, que nous avions chiffrée dans le programme, nous allons la chiffrer également et on la présentera dans quelques semaines lors de la présentation du programme. Les franciliens aujourd'hui, il n'y a pas un francilien qui peut affirmer qu'il se sent en sécurité en toute quiétude lorsqu'il prend les transports en commun. Donc si je suis élu président de la région Île-de-France, je ferai de la sécurité la priorité de mon mandat et la priorité de la mandature.
Et je dis aux franciliens qui nous regardent, s'ils font le choix du bulletin de vote Rassemblement National en juin prochain, si les élections ont lieu en juin prochain, alors ils auront la certitude que nous allons nous attaquer avec la plus grande fermeté à la situation d'insécurité dans la région, à la fois dans le démantèlement des guettos et à la fois effectivement dans votre chiffrage.
Dans votre chiffrage, il va falloir que vous vous rajustiez très sérieusement parce que si vous partez de 300 alors que le chiffre réel est 800, vous allez avoir un écart de budget qui est colossal. Je ne suis pas candidat
au grand oral de l'ENA. Enfin, je pense qu'on a l'occasion de parler de l'ENA. Excusez-moi,
c'est votre proposition principale. Vous n'êtes pas en mesure
de la chiffrer. Je ne suis pas candidat au grand oral de l'ENA. Nous l'avions chiffré en 2015. Nous le ferons également pour cette mesure. Mais je ne crois pas que ce soit l'essentiel.
Vous avez une proposition qui est très précise et qui interpelle deux agents armés dans toutes les gares d'Île-de-France. Je vous ai demandé combien il y avait de gardes. Nous l'avons établi. Mais ces agents, s'ils sont armés, ils sont formés. Tout à fait. On est d'accord.
Ils sont des agents soit de la police de la RATP, soit de la SUG qui est la police de la SNCF.
Donc ça veut dire qu'il y a aussi cette formation à prendre en compte dans votre chiffrage.
Oui, oui, monsieur. Comme lorsqu'on recrute par exemple des policiers, comme lorsqu'on recrute des policiers municipaux, comme lorsque la RATP ou la SNCF recrute déjà pour sa police des transports qui était une proposition que nous avions déjà faite en 2015.
Mais c'est combien au fond ? Deux agents armés dans toutes les gares d'Île-de-France. Combien est-ce que c'est budgété ?
Non mais je ne vais pas rentrer dans un débat économique de chiffrage avec vous. Cette mesure, nous allons la chiffrer. Il viendra le temps du programme. Les élections sont dans quelques semaines. Donc nous aurons l'occasion et si vous voulez, on reviendra sur tel et tel chiffrage. Pour préciser les choses. Mais je pense que ça a peu d'importance. Le coût de la mesure, je pense que ça n'intéresse personne. Oui, je pense que ce n'est pas la priorité. La priorité pour les franciliens, c'est de savoir ce que nous allons mettre en œuvre. Les franciliens sont aussi décontribuables.
C'est de savoir comment est-ce que nous allons répartir le budget de la région et de savoir quelles sont les mesures que nous allons mettre en œuvre pour améliorer leur sécurité dans les transports en commun et comment est-ce que nous allons le faire pour le harcèlement notamment des femmes dans les transports. Un dernier mot, je suis dérégionale.
À propos des régionales, il n'y a aucune région pour l'instant qui est détenue par le Rassemblement National. Est-ce que vous êtes fixé un objectif en disant qu'on voudrait en gagner au moins une ? Vous n'êtes pas les deux France mais au moins une, ce n'est pas votre objectif.
Nous partons de zéro région aujourd'hui. Donc une sera une victoire, deux sera une grande victoire et ainsi de suite. La vérité, c'est que dans tous les sondages qui sont faits aujourd'hui,
nous sommes donnés
en tête dans un certain nombre de régions que vous connaissez bien, que ce soit la PACA, que ce soit les Hauts-de-France, que ce soit la Normandie où nous avons également été donnés très très hauts dans un sondage de premier tour, que ce soit l'être. Nous avons des très bons sondages partout. Maintenant, je suis très prudent. Les élections, les sondages, pardon, ne font pas les élections. Ce que je regarde juste, c'est que nous sommes à quelques mois de l'élection présidentielle et que ces élections seront un peu le dernier arrêt au stand avant l'élection de la présidentielle. Alors justement,
j'ai dit l'élection présidentielle. C'est un dimanche de sondage, matinée particulière pour les hommes politiques, les journalistes sans doute. Dans le JDD, cette fois, il y a des projections nationales au sujet de l'élection présidentielle. Le match Macron-Le Pen tient toujours la corde, toujours au désavantage de votre candidate. Comment est-ce que vous l'analysez ?
Vous savez, après la dernière élection présidentielle, tout le monde nous avait enterrés. Tout le monde nous a expliqué que le Front National, à l'époque, s'est terminé, que Marine Le Pen s'est terminée. La vérité, c'est que tous les Français, aujourd'hui, voient bien que tous les analyses que nous avons faites, que ce soit sur la mondialisation sauvage, sur la montée de l'insécurité de l'islam radical dans notre pays, sur l'immigration aussi également, dont les flux se poursuivent dans notre pays, les Français voient bien que nous avions eu raison avant tout le monde.
Et que lorsqu'on nous a dit « vous en faites trop, vous en rajoutez », ce n'est pas exactement comme ça que se passe la réalité.
Mais si vous aviez raison pour tout, pourquoi est-ce que Marine Le Pen, et on va y revenir dans un instant, mais elle est battue dans quasiment tous les cas de figure ?
Mais la campagne n'a pas démarré.
Voilà, la campagne n'a pas eu lieu.
Les sondages qui nous donnent...
Mais c'est évident.
Mais parce que, vous savez, une élection, c'est la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple français. Et la campagne électorale, elle va avoir lieu. Lorsqu'Emmanuel Macron, souvenez-vous, en 2017, a été élu, c'était peut-être d'ailleurs l'un des seuls qui a eu cette clairvoyance. À l'issue de la campagne, il a dit « si j'échoue », dont je crois que vous comprenez vos confrères du point, « si j'échoue en 2022, ce sera le Rassemblement national. » Que ce soit durant cette crise sanitaire, que ce soit avec la crise des Gilets jaunes qui a montré aussi une révolte sociale importante auprès du pays. M.
Macron, il cherche probablement à faire oublier que durant tout son mandat, il aura été le président des premiers de cordée. Probablement au mépris, bien souvent, avec les petites phrases un peu arrogantes, mesquines, blessantes qu'il a pu avoir au détriment des premiers de corvée. Or, nous, nous souhaitons aujourd'hui remettre la politique au service de l'intérêt général, au service du bien commun et surtout rétablir l'autorité de l'État. L'autorité de l'État est en train de s'effondrer aujourd'hui dans le domaine de la justice, dans le domaine de l'éducation, dans le domaine de la sécurité.
Or, nous voulons, nous, à la fois parler aux gens qui viennent de la droite, qui viennent de la gauche, pour servir le bien commun et faire en sorte que la politique puisse reprendre ses lettres de noblesse.
Vous rappeliez à l'instant, Jordan Bardella, que l'élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et une femme ou une femme et le peuple français. Marine Le Pen a essayé par deux fois, déjà, de réussir cette rencontre sans succès. Qu'est-ce qui, selon vous, fait qu'elle n'a pas réussi jusqu'à présent ? Et sur quoi doit-elle, à vos yeux, évoluer, s'améliorer pour que peut-être la troisième soit la bonne ?
Pour la Ve République, il y a quand même eu plusieurs candidats qui sont arrivés au bout de la troisième élection présidentielle. Aujourd'hui, le clivage, il est clair. Peut-être l'un des seuls points d'accord qu'on a avec Emmanuel Macron, c'est le fait que le clivage gauche-droite aujourd'hui est totalement dépassé et que la recomposition politique était plus longue avec nous. Nous, on a eu tout le système coalisé contre nous pendant des années et des années.
Ce n'est pas du tout la question que je vous ai posée. Qu'est-ce que Marine Le Pen doit changer pour, cette fois-ci, convaincre plus de 50% des Français dans un second tour ?
Je pense qu'il y a peut-être un certain nombre de points de notre programme qui, aux yeux des Français, ont pu paraître parfois un peu clivants, un peu anxiogènes, le rapport qu'on avait avec l'Union européenne, qu'on souhaitait quitter de manière franche, assumer, rompre en quelques mois avec les institutions européennes. Beaucoup de Français partagent le constat qu'on fait aujourd'hui d'une Union européenne qui rate tout, on l'a vu encore une fois durant cette crise sanitaire, à l'égard de la monnaie unique.
Beaucoup de Français nous ont fait le reproche de vouloir rompre avec la monnaie unique, sortir de l'euro, alors qu'on voit aujourd'hui que le contexte a beaucoup évolué puisque la rigidité de la Banque centrale européenne qui fait largement de la planche à billets n'est pas la même qu'elle l'était il y a quelques mois et surtout qu'une grande majorité de Français nous a dit on a des critiques à faire à l'égard de cette monnaie unique mais on souhaite la conserver. Donc on a évolué sur un certain nombre de choses.
Je pense que l'occasion de la campagne présidentielle et de la reprise économique va aussi être l'occasion de parler de simplification des normes de baisse de la fiscalité aujourd'hui sur les TPE, PME de réforme des droits de succession tous ces sujets sur lesquels nous avons peut-être été moins audibles mais en tout cas sur l'essentiel je pense que les Français nous accordent
il y a la personnalité de Marine Le Pen aussi qui est souvent a été jugée clivante je voudrais qu'on l'écoute justement il y a un sens où on voit bien qu'il y a presque une nouvelle Marine Le Pen en tous les cas qui veut émerger on écoute après vous nous direz comment vous réagissez
J'ai une pudeur qui ne m'a jamais trop poussé à fendre l'armure comme vous dites je pense que oui maintenant il faut le faire il faut fendre l'armure ça ne veut pas dire qu'il faut devenir un pudique d'ailleurs je n'y arriverai pas
pudique pudeur je veux fendre l'armure ça vous touche quelle réaction vous avez si un peu une nouvelle Marine Le Pen qui doit absolument émerger comme je le disais à l'instant
Marine Le Pen ça fait 20 ans qu'elle est en première ligne 10 ans qu'elle est présidente du Front National puis du Rassemblement National ensuite c'est trop on n'aborde pas non c'est pas trop lorsqu'on aborde une troisième candidature à l'élection présidentielle je pense qu'on est plus fort je pense qu'on est plus fort parce qu'on a appris parce qu'on a souffert parce qu'on a pu connaître l'échec aussi Emmanuel Macron lui n'a pas connu n'a pas connu cela il est arrivé très très vite très très haut il a eu cet effet de mode pendant quelques mois mais finalement
mais est-ce qu'elle a raison Marine Le Pen est-ce que vous comprenez quand elle dit il faut que je fende l'armure
c'est-à-dire
je vais en donner plus personnellement enfin on va dire les choses
bien sûr mais vous savez que Marine elle a souvent souffert de caricatures d'anathèmes qui ont été d'abord ceux utilisés contre le Front National et je pense qu'on a souffert beaucoup de caricatures d'anathèmes et on se rend compte que plus les Français nous connaissent plus les Français nous connaissent à la fois individuellement humainement personnellement plus ils vont voir concrètement ce qu'on propose moi je dis aux Français et y compris aux Français qui sont encore en désaccord avec nous qui ont des réticences à notre regard allez voir par vous-même
allez regarder ne repartons pas dans un argumentaire de campagne s'il vous plaît juste une question simple Marine Le Pen toujours elle elle va se mettre en retrait de la présidence du Rassemblement National pour être candidate uniquement candidate c'est vous qui allez lui succéder ?
C'est elle qui fera son choix la 5ème République c'est la rencontre entre un homme et le peuple français et on peut difficilement être chef d'un clan chef d'un mouvement politique chef d'une famille politique et être le candidat de tous les Français donc elle a indiqué qu'elle quittera probablement à la rentrée de septembre la présidence du Rassemblement National donc vous êtes vice-président aujourd'hui vous allez devenir président ?
ça c'est elle qui fera son choix je serai à ses côtés quoi qu'il arrive je mènerai cette bataille en Ile-de-France et probablement cette bataille à la présidentielle non mais moi je suis candidat à rien je suis candidat parce qu'on réussisse donc c'est elle qui choisit cette campagne présidentielle c'est elle qui va choisir c'est la chef et c'est elle qui prendra sa décision dans l'intérêt à la fois du mouvement et de sa propre campagne vous ne pourrez pas voter les militants là-dessus c'est un intérim c'est pas...
oui c'est un intérim c'est de la remplacer le temps de la campagne présidentielle mais il y aura un congrès un grand congrès qui sera organisé à Perpignan qui sera le congrès du Rassemblement National au mois de juillet et qui a vocation à accorder à Marine Le Pen la confiance du Rassemblement National et à la plébiscité pour cette campagne présidentielle cette présidentielle
la division peut aussi peut-être affecter votre famille y aura-t-il peut-être un candidat sur votre droite une candidature populiste certains le souhaitent ardemment écoutez cette archive c'était avec vous Jean-Baptiste Boursier le 28 mars dernier
je le rêverais je le rêverais c'est pour ça que quand vous me demandez ce que je pense d'un Éric Zemmour je dis je dis pas je suis contre et tout ça Robert Ménard il en rêve d'une candidature populiste
quelle est votre réaction à ça certains rêvent d'être Miss Monde d'autres rêvent d'être président de la République mais si vous voulez il y a à un moment donné une sélection qui s'opère et encore une fois une rencontre avec les Français qui s'instaurent la vérité c'est que Marine Le Pen elle est encore une fois je vous prends un témoin vous qui analysez qui publiez qui regardez les sondages la meilleure candidate à la fois du Rassemblement National elle est celle vers qui la confiance des sympathisants du Rassemblement National à 90-95% se porte le plus ce que aucun autre ce que personne aujourd'hui n'est en capacité de rassembler donc elle est évidemment la meilleure candidate mais elle sera la candidate du dépassement on se mentirait si on se dirait que Marine Le Pen n'est que la candidate du Rassemblement National parce que 2022 ça va être un choix de société est-ce qu'on continue avec la mondialisation sauvage qui est défendue par Emmanuel Macron ou est-ce qu'on revient à la souveraineté nationale est-ce qu'on continue avec l'ensauvagement de la société le laxisme en matière pénale l'impuissance de l'Etat aujourd'hui dans tous les niveaux ou est-ce qu'on rétablit l'autorité
ce que dit Robert Ménard ce que disent une partie des électeurs potentiels d'ailleurs c'est qu'ils vous trouvent un peu trop light ils vous trouvent un peu ils ont besoin d'une candidature je veux bien
qu'on pousse la mauvaise foi jusqu'au bout la mauvaise foi de qui ? personne la vôtre personne il n'y a aucune mauvaise foi c'est une question n'aurait pu dire il y a un an il y a encore un an qu'on serait aujourd'hui crédité à 48% au second tour de la préhentielle et je vais vous dire la victoire elle est crédible la victoire elle est probable et la victoire elle est possible et moi j'ai la conviction que nous allons gagner l'élection présidentielle et je peux vous dire que beaucoup de français qui nous regardent se disent que cette fois-ci sera la bonne
un petit commentaire rapide on vient d'apprendre que Fabien Roussel est investi officiellement par le parti communiste ils vont se prononcer ensuite définitivement au début du mois de mai mais il y aura très vraisemblablement un candidat communiste pour l'élection présidentielle il y avait au cours du dernier scrutin Jean-Luc Mélenchon soutenu par les communistes vous avez un commentaire là-dessus ?
non pas spécialement moi je remarque que monsieur Mélenchon est depuis maintenant 2017 dans une dérive inquiétante voilà dans une dérive inquiétante dans un discours à la fois anti-flics nous explique qu'il faut désarmer les policiers dans un discours extrêmement ambigu à l'égard de l'islamisme et de l'islam politique dans notre pays lorsqu'il était avec monsieur Jadot et d'autres amis de gauche et d'extrême gauche aux côtés du CCIF dans cette grande manifestation de la honte en novembre 2019 lorsqu'il manifestait à côté des militants et des islamistes du CIF qui hurlaient à la Akbar à 100 mètres du Bataclan lorsqu'il a au sein de son mouvement des gens qui assument une idéologie racialiste indigénie je pense par exemple à madame Obono donc monsieur Mélenchon est dans une longue décente anti-républicaine et dont moi certaines de ses positions m'inquiètent parce que je considère aujourd'hui que toute une partie de la gauche est un danger pour la République et si aujourd'hui Marine Le Pen est la candidate qui bat très largement l'intégralité des candidats de gauche c'est bien aussi parce que la gauche sur ces questions
ce qu'il dit c'est que dans son parti on n'a pas le petit doigt sur la couture du pantalon et qu'il y a des opinions et que les opinions ont le droit de s'exprimer
oui enfin moi je serais gêné honnêtement à la place de monsieur Mélenchon moi je serais extrêmement gêné d'être à côté des islamistes du CCIF qui hurlent à la Akbar en novembre 2009 dans les rues de Paris à 100 mètres du Bataclan personnellement ça me gêne et je pense que ça gêne d'ailleurs beaucoup d'électeurs de gauche je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs de gauche qui sont attachés aux valeurs républicaines davantage sur le bulletin de vote Marine Le Pen que sur le bulletin de vote et Emmanuel Macron
vous avez plusieurs fois depuis le début de cette émission vous avez dénoncé la bureaucratie la technocratie là vous partagez un sentiment avec le président de la république qui a décidé qu'il fallait moderniser l'état moderniser la fonction publique il a annoncé jeudi la suppression de l'ENA l'école nationale d'administration de l'ENA est-ce que vous dites que c'est quand même une mesure qui est il a cédé un peu à la démagogie au populisme aux gilets jaunes
c'est surtout qu'Emmanuel Macron dans cette période où il aura tout raté il cherche désespérément des coupables avec Emmanuel Macron on a un peu le sentiment en permanence que c'est le commandement qui se défausse sur l'infanterie le problème n'est pas tant l'ENA je crois n'est pas tant l'école en soi que l'élite formatée qui en ressort une élite formatée qui se complaît bien souvent dans le pantouflage on voit beaucoup de sortants de l'ENA faire des allers-retours à la fois entre les grands ministères entre la fonction publique et entre eux des fonds privés et par exemple des banques ou des entreprises des entreprises privées très implantées dans les milieux économiques et puis l'ENA c'est aussi je pense que beaucoup de français font ce constat une génération encore une fois pas tous ceux qui sortent de l'ENA mais une génération de liquidateurs une génération de gens qui se partagent le pouvoir depuis des années dans notre pays et qui plutôt que de travailler pour l'intérêt national plutôt que de travailler pour le bien commun et pour le patriotisme et pour l'intérêt général encore une fois travaille pour des intérêts privés en ayant par exemple bradé des entreprises françaises en ayant bradé le tissu industriel français on l'a vu avec Alstom c'était le cas d'Emmanuel Macron d'ailleurs avec Technique avec Alcatel Hussène avec des entreprises et des fonds privés
donc pour vous ils sont tous pareils
non je dis pas ça mais le reflet qu'on a aujourd'hui de l'ENA est une déconnexion entre l'intérêt général le bien commun et parfois ce que les élites formater défendent une question rapide s'il vous plaît je ne crois pas que le changement de nom
soit il change quelque chose une question rapide l'Assemblée nationale a voté l'interdiction des courtes liaisons aériennes en France Lyon, Nantes, Bordeaux depuis Paris c'est terminé c'est une décision que vous saluez
de toute manière il y en avait très peu donc ça aura peu d'impact ça aura peu d'influence
la Chambre de commerce à Bordeaux ne dit pas la même chose que vous mais si vous voulez
ce que je note c'est que nous sommes aujourd'hui en train de prendre dans notre pays des décisions sous la pression des Verts qui sont des décisions dingues qui sont contraires aux intérêts nationaux et que Emmanuel Macron est en train de céder à la pression des Ayatollahs Verts
pour le coup juste pour que ce soit clair pardon que je comprenne moi-même votre réponse vous c'est une décision vous condamnez
je pense que dans une période où le secteur aérien est dans une extrême difficulté je pense effectivement que c'est de remettre une pièce dans la balance et une pièce dans le jeu qui est inutile
autre sujet sur lequel nous avions envie de vous interroger ce matin parce que c'est un sujet de société important qu'il y a beaucoup de débats c'est la proposition de l'Ouphalorni sur la légalisation de l'euthanasie il était à l'Assemblée nationale ce jeudi l'opposition en tout cas les républicains ont déposé 4000 amendements c'est une technique politique qui arrive ça s'appelle du blocage au Parlement du coup le débat n'a pas pu avoir lieu puisqu'il y a un délai c'est normal pour tout débat à l'Assemblée nationale quelle est votre position sur cette question
d'abord moi je suis mal à l'aise avec le timing c'est à dire que à l'heure où notre pays se bat depuis notre société se bat depuis un peu plus d'un an maintenant pour sauver la vie que l'Assemblée nationale nous propose aujourd'hui en quelques heures parce que c'est ça en fait il s'agit de régler en quelques heures ce débat aussi important et délicat que l'euthanasie à l'heure où on se bat pour sauver la vie on nous propose de voter la mort donc je suis d'abord extrêmement mal à l'aise avec le timing sur les conditions dans lesquelles s'organise le débat maintenant sur le fond moi je suis attaché à titre personnel à cette troisième voie qui était défendue par Léonetti l'esprit de la loi Léonetti qui consistait à dire ni l'acharnement thérapeutique ni l'euthanasie et qui était d'investir en tout cas de mettre en lumière des pratiques de soins palliatifs alors la France est extrêmement défaillante aujourd'hui là-dessus il y a un rapport de l'inspection générale de la sécurité sociale qui pointait justement l'absence de soins et l'offre de soins palliatifs en France mais je dis que c'est un débat qui est délicat qui fait bien souvent appel à des expériences personnelles et je considère moi que les débats de société les sujets de société doivent se traiter par référendum donc le timing dans lequel s'organise cela dans lequel on essaie en quelques heures de réduire cette question qui appelle bien souvent l'intime et la situation personnelle me gêne et je suis moi à titre personnel attaché à la troisième voie qui était la troisième voie défendue d'ailleurs par Léonetti
Si Marine Le Pen devait l'emporter l'année prochaine la question de la fin de vie pourrait faire l'objet d'un référendum ?
On ne s'interdit rien par principe et nous avons toujours été nous favorables d'abord à l'utilisation du référendum et ensuite à ce que tous les sujets de société les débats de société que nous avons en France qu'on appelle plus largement les questions sociétales soient traités par référendum mais je pense qu'on peut faire beaucoup d'efforts sur les soins palliatifs en autorisant par exemple le cannabis à usage thérapeutique qui a de réelles vertus qui est utilisé dans un certain nombre de pays et qui aujourd'hui a été très très vite balayé en France
Jardin Bardella je vous montre quelques images c'est passé en Turquie la délégation européenne Charles Michels et Ursula von der Leyen reçue par M. Erdogan on voit cette séquence ils arrivent tous les trois dans un salon pour un entretien officiel les hommes vont s'asseoir sur les fauteuils et la présidente de la commission les regarde un peu interloqués et va finir sur un canapé à 3, 4, 5 mètres d'oeufs ça vous inspire quoi cette scène ?
le protocole n'empêche pas la galanterie on dit souvent qu'en politique étrangère les attitudes comptent autant que les faits et comptent autant que les actes la vérité c'est que les codes de courtoisie européenne veulent que quand une femme est debout l'homme ne s'assied pas avant je crois que c'est des codes que ne partage pas Recep Tayype Erdogan qui prend l'Europe depuis maintenant plusieurs mois voire plusieurs années comme un paillasson il faut dire les choses Erdogan est un danger pour la France Erdogan est un danger pour la France il bénéficie de la mensuétude des gens qui sont au pouvoir à la fois en France mais aussi à la tête de l'Union Européenne parce que lorsqu'ils reçoivent de cette manière M.
Michel et Mme Van der Leyen ils reçoivent en réalité avec une certaine forme d'humiliation d'ailleurs les dirigeants européens comme on reçoit des vaincus en temps de guerre et on voit que M. Erdogan est aujourd'hui en train par une stratégie extrêmement fine précise de mener une guerre d'influence
Il est en guerre
Il est en guerre lorsqu'il menace et j'étais d'ailleurs quelques mois avant le Covid à la frontière entre la Grèce et la Turquie il menace l'Europe il fait du chantage aux migrants il a eu un jeu de trouble d'ailleurs avec Daesh à l'égard des milices Vous feriez quoi face à lui ? Sanctions et fermeté C'est-à-dire ? Quelles sanctions ? A la fois à l'international avec des sanctions économiques nous avons donné ces 25 dernières années près de 50 milliards 47 milliards d'euros à la Turquie avec à la fois des prêts et des subventions européennes donc pas un euro d'argent public pour la Turquie
tant que la Turquie
aura un jeu ambigu à la fois à notre égard mais aussi à l'égard des islamistes et de Daesh et fermeté à l'intérieur de nos frontières parce que vous voyez pendant qu'on parle M. Erdogan par l'intermédiaire du Miligorus qui est une fédération islamique française qui a refusé de signer la charte de la laïcité et qui n'est toujours pas dissoute continue de nous mener une guerre d'influence sur notre sol de financer des mosquées radicales de financer des écoles coraniques et surtout il faut avoir des mesures de rétorsion aujourd'hui la moitié des imams étrangers qui sont détachés en France sont des imams turcs et bien il faut les renvoyer
chez eux et les reconduire à la France Jean-Dame Bardella un dernier mot 30 secondes s'il vous plaît est-ce que vous serez devant votre télé samedi prochain à 16h heure française pour regarder les obsèques du prince Philippe
est-ce que ça vous êtes touché
oui parce que
c'est un symbole ça va au-delà de la politique britannique c'est un symbole d'une élite européenne qui a connu d'abord qui a connu la guerre c'est le symbole évidemment de la monarchie britannique et surtout moi ça me fait relativiser quand même lorsque je vois ce type de parcours lorsqu'on nous dit aujourd'hui et lorsqu'on dit aux jeunes nous sommes en guerre moi ma génération je dirais la guerre qu'elle a connue ça va être le Covid pour l'instant et j'espère que ça le restera mais c'est vrai que ça nous fait quand même beaucoup relativiser lorsqu'on voit lorsqu'on voit évidemment ce type de parcours et des gens qui ont connu la guerre très rapidement parce que
cette information nouvelle des tags anti-musulmans ont été découverts sur les murs d'une mosquée à Rennes le ministre de l'Intérieur se rend sur place est-ce que vous condamnez ces graffiti ?
oui bien sûr que je les condamne vous attendiez autre chose comme réponse de ma part non mais bien sûr
bien sûr
que je les condamne et d'ailleurs les profanations de lieux de culte on en parle malheureusement trop peu mais il y en a beaucoup que ce soit d'ailleurs évidemment des mosquées comme aujourd'hui mais aussi surtout parce que ce sont les faits les plus nombreux des églises dans évidemment le silence général
merci beaucoup Jordan Bardet là devant être avec nous ce midi David Edwige merci dans un instant Philippe Godin à dimanche Dominique Rizet affaire suivante merci pour le faire
merci pour le faire merci pour le faire
Jordan Bardella