Alice Corteval, directrice de l'institut Analgésia
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Chapitres
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Questions et réponses
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Déjà, de quoi on parle quand on parle de douleurs chroniques ? Est-ce que c'est le mal de hanche, l'arthrose, la migraine ? Est-ce que c'est des maladies plus spécifiques ?
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Et alors avant de parler juste des traitements, peut-être parler de l'impact sur la vie quotidienne.
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Et alors rapidement, pourquoi on arrive à ce chiffre de 23 millions ? Vous disiez, on en parle plus, c'est ça ? Ou est-ce que aussi nos modes de vie ayant évolué, on est plus sujet à ces douleurs-là ?
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Vous menez des recherches, on en est où ? Vous cherchez notamment des traitements.
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Un mot pour terminer peut-être de cette marche.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est les douleurs qui durent plus de 3 mois en pratique et qui viennent impacter le quotidien des patients. »
- 1:05Invité politiqueChiffre
« Et donc l'ensemble de ces pathologies en fait touche 42% des Français. »
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Ça fait plus de 20 millions de Français qui vivent avec ces douleurs et pour lesquelles on n'a pas beaucoup de solutions. »
- 2:05Invité politiqueChiffre
« On s'est rendu compte que l'impact sur le quotidien était également très élevé avec plus de 30% des patients qui avaient un vrai handicap dans leur vie quotidienne. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Le Covid est passé par là et a laissé des traces, notamment des Covid longs qui sont sources de douleurs. »
- 3:40Invité politiqueChiffre
« Quasiment du double. Entre 10 millions et 23 millions désormais de personnes touchées. »
- 4:45Invité politiquePromesse
« Et aujourd'hui, on est dans l'attente d'une demande de remboursement par la Sécurité sociale. »
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Jusqu'à 9h C'est un mal qui touche 40% des français, les douleurs chroniques, on en parle ce matin avec votre invitée Delphine Marion Boumou. Oui, avec une marche solidaire organisée demain matin sur le plateau de Gergovie. On en parle avec l'Institut Analgesia, l'équipe de recherche Neurodol, la faculté de médecine de Clermont-Ferrand. Alice Corteval, bonjour. Bonjour. Vous êtes la directrice de cet institut clermontois qui mène notamment des recherches sur ce domaine. Déjà, de quoi on parle quand on parle de douleurs chroniques ? Est-ce que c'est le mal de hanche, l'arthrose, la migraine ? Est-ce que c'est des maladies plus spécifiques ?
Alors en fait, c'est tout ça. C'est les douleurs qui durent plus de 3 mois en pratique et qui viennent impacter le quotidien des patients. Donc si on réunit tout ça, on va retrouver en effet l'arthrose, on va retrouver le mal de dos qui dure, la lombalgie. Puis on va retrouver toutes les pathologies dont on entend un peu plus parler aujourd'hui. L'endométriose qui touche les femmes, la fibromyalgie qui touche aussi beaucoup de femmes, les spondylarthrites, les migraines chroniques. Donc tout un tas de maladies, les séquelles des cancers, parce qu'on peut être guéri d'un cancer et garder des séquelles douloureuses toute sa vie.
Et donc l'ensemble de ces pathologies en fait touche 42% des Français. C'est énorme, ça fait combien de millions ? Ça fait plus de 20 millions de Français qui vivent avec ces douleurs et pour lesquelles on n'a pas beaucoup de solutions. Aujourd'hui, les traitements sont les traitements que vous connaissez, les anthalgiques, donc les dérivés, le paracétamol, l'aspirine, les anti-inflammatoires. Et puis on arrive très vite aux dérivés de la morphine qui ont été développées pour les douleurs dites aigües, c'est-à-dire les douleurs quand vous vous blessez, quand vous avez une chirurgie. Mais qui ne sont pas vraiment faites pour les douleurs qui durent. Et qui peuvent rendre addicts en fait.
Exactement, qui sont sur énormément des chiens indésirables.
Et depuis 50 ans, on n'a pas trouvé mieux. Et alors avant de parler juste des traitements, peut-être parler de l'impact sur la vie quotidienne. Quand on est migraineux, et je sais de quoi je parle, c'est un impact, on a peur de sortir, on a peur d'aller souvent aussi. Il y a un impact sur la vie sociale par exemple, mais pas que, sur le travail aussi on imagine.
Exactement, sur toute la vie quotidienne des patients. Dans l'enquête qui nous a permis de mettre à jour ces chiffres assez importants de ce qu'on appelle la prévalence de 42% des adultes. On s'est rendu compte que l'impact sur le quotidien était également très élevé avec plus de 30% des patients qui avaient un vrai handicap dans leur vie quotidienne. parce que ça vient impacter le sommeil, la santé mentale. Parce que quand on a mal tous les jours, c'est en perspective d'amélioration. On est plus déprimé, on est plus anxieux, on a plus de mal à se projeter dans l'avenir, on a plus de mal à avoir une vie sociale comme vous dites, et du coup on peine à travailler.
Et donc cet impact global finalement, c'est aujourd'hui presque plus la cible des actions, en tout cas des actions portées par la fondation, que de simplement faire disparaître la douleur parce que je crois que c'est un petit peu une utopie.
Et alors rapidement, pourquoi on arrive à ce chiffre de 23 millions ? Vous disiez, on en parle plus, c'est ça ? Ou est-ce que aussi nos modes de vie ayant évolué, on est plus sujet à ces douleurs-là ?
Eh bien les deux, nos modes de vie ont en effet évolué, on est beaucoup plus sédentaire, plus stressé. Et donc ces éléments-là sont des facteurs favorisants. Quand on bouge moins, on est moins musclé, donc on a plus de chances de développer des douleurs. On est plus figé, plus statique, et puis aussi on est également beaucoup plus stressé. Donc ça, ça explique. Et puis ensuite, on a des pathologies qui sont aujourd'hui reconnues. L'endométriose, la fibromyalgie, c'était des choses dont on ne parlait pas. Et encore une dizaine d'années, c'était complètement tabou. C'était normal. Exactement. Et donc aujourd'hui, les gens en parlent plus parce que c'est plus reconnu.
Les gens parlent aussi globalement plus de leur santé. On avoue plus facilement quand on a des problématiques de santé mentale, et donc des problématiques de santé en général. Et puis ensuite, il y a les séquelles du Covid. Le Covid est passé par là et a laissé des traces, notamment des Covid longs qui sont sources de douleurs. Donc tout ça fait que deux études à 20 ans d'écart ont montré une différence. Quasiment du double. Quasiment du double. Entre 10 millions et 23 millions désormais de personnes touchées.
Vous menez des recherches, on en est où ? Vous cherchez notamment des traitements. Il n'y a pas de traitement miracle, mais vous disiez, c'est vrai, entre l'aspégique et des dérivés morphiniques, il y a un énorme trou entre les deux.
C'est ça que vous cherchez ? Exactement. Il y a un énorme trou. Il y a des solutions qui sont possibles. Aujourd'hui, la prise en charge de la douleur, comme on voyait, est un trait complexe puisque ça touche toutes les sphères de la vie des patients. La prise en charge doit aussi être aussi complexe, c'est-à-dire ce qu'on appelle multidimensionnelle. Il faut prendre en charge les répercussions de la douleur sur la vie du quotidien, la vie du patient, pardon. Et ça, les médecins généralistes peinent un peu à le faire parce que ce n'est pas des médicaments, justement. Dans les centres de la douleur, c'est bien fait.
On propose un accompagnement de l'éducation thérapeutique, de la remise en mouvement progressif, toutes ces choses-là. Et aujourd'hui, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on essaie de numériser ces solutions pour proposer des outils pour les patients, pour les aider à mieux vivre au quotidien. Donc, on a travaillé sur des projets depuis dix ans. Et aujourd'hui, on a ce qu'on appelle une thérapie numérique, c'est-à-dire une application que les patients peuvent utiliser sur leur smartphone une fois qu'elle a été prescrite par leur médecin et qui va les accompagner dans leur quotidien à mieux gérer leurs symptômes.
Et aujourd'hui, on est dans l'attente d'une demande de remboursement par la Sécurité sociale. Un mot pour terminer peut-être de cette marche. Demain, tout le monde peut participer. C'est à dix heures et demie, c'est ça ? Exactement. C'est une marche solidaire. C'est à l'occasion d'une initiative internationale qui s'appelle Walk Against Pain qui a lieu demain dans plusieurs pays du monde, jusqu'au Canada. Et c'est la première fois en France. Et donc, on le porte avec la Fondation Analgesia et l'équipe Neurodol. Et c'est à Gergovi, c'est plat. Donc, c'est accessible à tout le monde, même des personnes douloureuses. Mais c'est aussi accessible à des gens qui ont juste envie de bouger un peu.
Des boucles entre 1 et 3 kilomètres. Donc, c'est assez facile. On peut faire plusieurs boucles si on le souhaite. Et le but, c'est de faire le plus de kilomètres globalement. Pas à chaque personne, mais globalement pour montrer que cette initiative a été efficace. À 10h30 demain matin sur le parking 2 de Gergovi.
Eh bien, c'est bien noté. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin à Lise Corteval pour parler des douleurs chroniques. Bonne journée à vous. Bonne journée, merci beaucoup. Et vous retrouvez cet entretien sur ICI.fr.