Face-à-Face : Clémentine Autain
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Il est 8h33 sur BFM TV et RMC. Bonjour Clémentine Autain. Bonjour. Vous êtes députée NUPES, France Insoumise de Seine-Saint-Denis. On va parler dans un instant de ce qui se passe à Sainte-Solie. Mais d'abord, un mot de l'information de la nuit. La victoire de Lula, l'ancien président brésilien, va revenir au pouvoir. Il a réussi à battre le président sortant, Jair Bolsonaro. Victoire sur le fil, beaucoup plus serré qu'on ne l'imaginait il y a encore quelques semaines. Comment est-ce que vous analysez ce résultat ?
D'abord, c'est une immense joie pour les Brésiliennes et les Brésiliens.
Un soulagement aussi ?
Bien sûr, un soulagement. Bien sûr, un soulagement. Surtout qu'on a vu les conditions de la campagne et la violence d'un pouvoir autoritaire qui voulait en découdre avec Lula par des moyens qui sont des moyens de violence, des moyens antidémocratiques. Donc, le peuple s'est manifesté et a permis cette victoire. Donc, c'est en effet une grande joie. Vraiment, d'un fil, moins de deux points d'écart. Et ça ne va pas être simple. Ça ne va pas être simple parce que quelque chose peut s'écrire à nouveau. Un espoir s'élever au Brésil. Mais on sait très bien que pour gouverner, il va avoir besoin de notre soutien à travers le monde et du soutien populaire sur place.
Et d'ailleurs, à cette heure-ci, Jair Bolsonaro n'a toujours pas reconnu sa défaite. Vous craignez qu'il comptait ses résultats un peu comme Donald Trump aux États-Unis il y a deux ans ?
On peut toujours craindre. Mais c'est pour ça qu'il y a besoin du soutien international dans ce moment-là pour que la volonté populaire brésilienne puisse être respectée. Et par ailleurs, il faut aussi entendre l'espoir que soulève cette victoire parce que les vents mauvais, des espèces de fantômes de l'histoire avec ce néofascisme qui menace à travers le monde, eh bien au fond, je crois que nous toutes et tous qui sommes attachés au progrès humain, à l'émancipation, on est heureux de voir qu'il est possible d'arrêter, d'arrêter, de stopper et peut-être de commencer une nouvelle page de l'histoire mondiale avec des victoires qui sont des victoires au service du peuple.
Alors Clémentinota, on va parler de Sainte-Solines, c'est cette petite commune des Deux-Sèvres qui se retrouve au centre de l'actualité. Il y a encore plus d'un millier de gendarmes qui sont mobilisés ce matin sur place après un week-end de manifestations assez violentes contre une réserve, un projet de réserve d'eau qui permettrait d'irriguer certaines exploitations agricoles localement. Il y a eu plusieurs milliers de personnes qui ont manifesté samedi, 1700 gendarmes mobilisés, 61 blessés dont 22 sérieusement. Il y a eu aussi une cinquantaine de blessés côté manifestant. Et le ministre de l'Intérieur a dit que cette manifestation, je cite, relève de l'éco-terrorisme.
Comment est-ce que vous avez compris ce mot de Gérald Darmanin ?
D'abord, je pense que c'est une insulte. L'éco-terrorisme, c'est une insulte aux militants de l'écologie. Et c'est aussi une insulte...
Il ne les inclut pas tous là-dedans. Il parlait des plus extrémistes.
Il s'agit d'une cause défendue, là, avec une manifestation qui pour l'essentiel était bon enfant, je veux dire, qui se tramait de façon tout à fait classique par rapport à des mobilisations de ce type. C'est quand même interdite. Et c'est une insulte aux victimes du terrorisme, d'associer le mot terrorisme à écologie. C'est une manière aussi de banaliser. C'est aussi une manière de banaliser. Et j'ajoute une chose, c'est aussi une façon de créer une polémique. Dans la polémique, il y a quelque part un écran de fumée par rapport au contenu du combat.
Vous voulez dire qu'il fait de la provoque ? C'est-à-dire qu'il lâche un mot comme ça ? Il sait très bien que la presse va s'étonner, que les oppositions vont s'indigner ?
Et d'ailleurs, non, c'est pas ça. C'est d'ailleurs de quoi on va parler, de ce terme, de quoi on va parler, d'une toute petite fraction qui en effet avait envie d'en découdre, et pas du fond du sujet, qui est de savoir si, oui ou non, il est juste, oui ou non, il est juste, de réserver pour 12 agriculteurs des immenses bassines qui vont dérégler le cycle de l'eau et qui sont en plus financées à 70% par de l'argent public. C'est ça le sujet. Vous savez, vous savez, M. Corbet, il y a mille projets de méga-bassines à horizon très proche, en fait.
C'est pour adapter la France à la sécheresse.
Mais non, ça n'adapte pas du tout la France à la sécheresse. Ça continue d'engloutir la France dans un modèle productiviste qui ne permet pas de résoudre les enjeux environnementaux qui sont les nôtres et qui profite un tout petit nombre d'agriculteurs et donc qui s'abat sur la majorité des agriculteurs. Au moment où il faudrait basculer d'une agriculture productiviste à une agriculture qui soit soutenable sur le plan environnemental et qui profite à nous tous et tous, y compris en produisant une alimentation de qualité. Donc vous voyez, ce n'est pas du tout ce qu'il faut faire. Pas du tout ce qu'il faut faire.
Juste pour comprendre et après on passera autre chose, mais est-ce que selon vous, le ministre de l'Intérieur jette de l'huile sur le feu alors qu'il devrait essayer d'apaiser la situation ?
D'abord, il y a un problème de doctrine de maintien de l'ordre. Il faut le dire. Parce que quand vous avez 1700 gendarmes qui viennent avec des lacrymaux, qui viennent avec des hélicoptères pour une simple manifestation et qui n'est pas autorisé, j'aimerais bien savoir pourquoi. Pourquoi une semaine avant, à Lyon, vous avez une manifestation avec des milices d'extrême droite où on se demande où sont les policiers et où on se demande où sont les mots violents d'ailleurs de M. Darmanin et on se demande que fait au fond la police face à eux.
Et là, vous avez une manifestation dont la cause est éminemment juste parce qu'elle est d'intérêt général et vous avez une présence policière hors normes et un ministre qui essaie de, non pas de trouver des formes pour apaiser avec une doctrine qui est une doctrine qui n'est pas celle de l'escalade, mais une doctrine qui permet à la démocratie de se faire entendre.
C'est parce que les renseignements avaient indiqué qu'il y avait non pas l'ensemble des militants écologistes, mais il y aura aussi des groupes d'ultra-gauche qui profiteraient de cette situation. Et quand il y a l'ultra-droite, il ne se passe rien ? On a vu d'ailleurs de fait des tirs de mortier, des boules de pétanque jetés contre les forces de l'ordre. Et d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur dit qu'il y avait une quarantaine de personnes fichées S à l'ultra-gauche qui ont été repérées dans cette manifestation. Donc il ne parle pas de l'ensemble des militants écolos, mais du groupuscule extrémiste.
D'accord. Donc je vous dis qu'il y a un groupuscule extrémiste qui attire son attention et qui mobilise 1700 policiers. Et il y a d'autres groupuscules extrémistes qui ne semblent pas l'intéresser puisque je vous évoquais la situation de Lyon où le ministère de l'Intérieur était aux abonnés absents. Donc il y a un deux poids, deux mesures. Deuxièmement, quand on est ministre de l'Intérieur, on se doit de créer les conditions d'un apaisement et pas d'une escalade. C'est le rôle du ministre de l'Intérieur. Or, il me semble que la surprésence policière est de nature pas du tout à apaiser les choses, mais au contraire, à les mettre, vous voyez, à les tendre. Et que par ailleurs,
et que par ailleurs... Si il y avait des extrémistes aux manifestations à Lyon d'ultra-droite, vous les comparez au fond à des militants d'ultra-gauche, à une minorité de gens qui participent aux manifestations écologues ? Non, ce n'est pas du tout
cette comparaison que je suis en train de faire. Je suis en train de dire que le ministre de l'Intérieur choisit quels sont ses ennemis numéro un. Voilà. Et que ça, ça fait écho à l'ambiance du pays général. Excusez-moi, à l'ambiance du pays général où en gros, les militants écologistes, la gauche est la cible, la NUPES en l'occurrence, est la cible numéro un du pouvoir en place qui banalise l'extrême droite et qui, justement, renvoie dos à dos les extrêmes, mais au fond, en s'occupant essentiellement de la partie qui est celle qui prône un progrès humain. C'est ça, c'est ça la situation politique dans laquelle on est.
Sans reprendre l'argument du ministre de l'Intérieur et sans reprendre ce mot de terrorisme... Et vous voyez qu'on n'arrive pas à parler du fond et des mégabastines. Sans reprendre l'accusation d'apologie de la violence...
Non, mais vous êtes d'accord que là, on va passer trois plombes à parler du maintien de l'ordre et de ces problèmes-là et certainement pas du combat de fond. C'est juste pour comprendre. Mais non, mais c'est juste
pour comprendre, mais c'est un... Sans vous accuser de faire l'apologie de la violence, est-ce qu'au fond, d'une certaine manière...
Vous nous connaissez, non ?
Mais justement, je ne reprends pas cette accusation-là. Jamais, jamais,
nous n'avons cautionné la violence comme méthode politique. Mais est-ce qu'au fond, est-ce que vous ne défendez pas
l'idée d'une forme de désordre ? Vous assumez une forme de désordre dans les manifestations ? C'est ce que Sandrine Rousseau appelait par ambir sur BFMTV une désobéissance. Est-ce que vous assumez l'idée qu'au fond, il faut parfois, même quand un projet comme celui-là a été validé par la justice, en tout cas, les recours ont été épuisés, même quand une manifestation est interdite, vous défendez l'idée qu'il y a des manifestants, je ne parle pas des extrémistes, mais qu'il y a des manifestants écolo qui protestent contre un projet qui a été validé par la justice, il y a une forme de désobéissance. Est-ce que ce n'est pas l'idée de valider un désordre ?
Non, je pense que ceux qui créent le désordre aujourd'hui, c'est ceux qui mettent en œuvre des projets, qui sont des projets délirants, des projets...
Mais ils ont été validés par la justice ? Et alors ? Et alors ? Donc, si vous vous y opposez, il y a une forme
de désordre assumé ? Mais enfin, c'est une question politique. Savoir si on fait des méga-bassines qui vont, encore une fois, ne pas permettre de partager l'eau, ne pas permettre d'avancer vers une nouvelle agriculture indispensable si on veut faire face aux défis climatiques, si on veut faire face aux enjeux écologiques. Est-ce que vous pouvez comprendre ça ? Donc, vous avez les militants qui sont pour une cause d'intérêt général, là, pour défendre ces choses-là, et vous avez un gouvernement qui s'en prend à eux, qui s'en prend à eux.
Même Yannick Jadot qui protestait contre ce projet a été pris pour CIP, sa voiture a été taguée, il a été écrit crevure, il est député écolo, ça fait des dizaines d'années qu'il fait des manifestations contre des projets d'OGM, aujourd'hui, contre Sébastien, il est légitime. Pourquoi est-ce que lui-même est attaqué ? Il y a bien une forme de désordre.
Mais non, ce n'est pas une forme de désordre. Moi, je regrette que Yannick Jadot, qui vient apporter son soutien à la manifestation, voit sa voiture taguée, bien sûr. Encore une fois, je ne suis pas favorable à ce qu'on ait des méthodes violentes. En revanche, je dis que le pouvoir en place interdit cette manifestation, ne donne pas l'autorisation, c'est un problème démocratique. Et que le gouvernement s'en prenne à des gens qui visent à interdire un projet qui est un projet délirant, délirant, et qui va se multiplier partout en France, eh bien oui, je suis du côté de celles et ceux qui ont manifesté. Et je dis que ceux qui sèment le désordre, c'est le gouvernement.
C'est le gouvernement parce qu'il n'entend nulle part. Il fait les 49-3 à l'Assemblée nationale et il met 1700 gendarmes pour une manifestation sur une cause qui est d'intérêt général. Eh bien, excusez-moi, ça me met en colère et ça me met en colère qu'avec ce terme d'éco-terrorisme, ce dont on parle, c'est d'un tout petit noyau qui était présent dans cette manifestation et non pas du sens de la cause qui y était défendue ou alors de la façon dont ce gouvernement, et ça fait 5 ans déjà qu'on en a sur le rable, c'est-à-dire son incapacité à avoir une doctrine de maintien de l'ordre. On l'a vu avec les gilets jaunes. On l'a vu avec les gilets jaunes.
C'est l'escalade et non la désescalade à chaque fois qu'il engage.
Autre exemple d'action militante dont on parle beaucoup dans l'actualité ces derniers jours. Il y a des activistes qui se mettent en scène avec des œuvres d'art dans des musées. C'est encore arrivé au musée d'Orsay ces derniers jours. Il y a une jeune femme qui a été interrompue alors qu'elle voulait coller son visage sur un autoportrait de Van Gogh. Elle projetait aussi de jeter de la soupe sur un tableau de Gauguin. Elle se demande ce que Van Gogh, Gauguin et dans d'autres musées, c'était Monet et Vermeer ont à voir avec la question du dérèglement climatique. En fond, ça convainc qui ce type d'action ? Ça convainc qui ?
Écoutez, le problème devant lequel on est c'est qu'on se demande qu'est-ce qu'il faut pour convaincre. On a 25 ans. On a 25 ans. Vous comprenez ? 25 ans, si on ne change pas notre modèle de développement, on va être très au-dessous des deux degrés, très au-dessus et donc on met en péril la possibilité pour les êtres humains d'habiter cette terre.
Mais c'est le meilleur moyen de convaincre ceux qui ont un doute ou ceux qui ont du mal
à aller dans la transition écologique. Je veux juste dire qu'on fait des conférences citoyennes comme a fait M. Macron avec des propositions sur lesquelles il s'assoit. On fait des grandes copes à travers le monde et puis on a des États qui ne respectent même pas les engagements qu'ils ont pris eux-mêmes. Donc comprenez qu'il y a une jeunesse aujourd'hui qui cherche le moyen de faire entendre sa voix et qui cherche le moyen...
En opposant la culture et la nature par exemple.
Attendez, laissez-moi terminer. Qui cherche le moyen de faire entendre sa voix et de savoir par quel biais on le fait. Ça ne marche pas par un biais classique. C'est-à-dire quand on est dans la conférence citoyenne on fait gentiment des propositions et le gouvernement s'assoit dessus. Vous voyez, il y a plein de méthodes qui sont des méthodes traditionnelles j'ai envie de dire et ces méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas. Ce qui est un problème. Ce qui est un problème.
C'est-à-dire quand le gouvernement s'en fiche qu'il y ait la jeunesse dans la rue pour réclamer toute une série de changements et que le gouvernement ne le fait pas et s'entête dans l'inaction climatique et bien à un moment donné en effet elle se radicalise. Alors vous prenez cet exemple-là. C'est vrai que moi j'ai sur le coup pas compris je n'aime pas l'opposition nature-culture mais ce que j'observe c'est que c'est le moyen d'avoir un débat ici et de dire
Donc c'est légitime ?
Non, moi je ne suis pas très fan de cette opposition nature-culture et je ne la comprends pas très bien. Mais ce que je comprends en revanche c'est qu'il y ait une jeunesse en colère et qui cherche des voix pour faire entendre une cause qui est une cause juste.
Or vous voyez bien que pour l'instant les gouvernements s'entêtent dans des politiques qui sont des politiques productivistes consuméristes et ne veulent rien faire et en plus choisissent leur ennemi principal et c'est là où je suis très en colère c'est-à-dire qu'ils banalisent l'extrême droite qui elle est climato-sceptique on le sait et s'en prennent directement à ceux qui veulent essayer de faire avancer avec des solutions concrètes pour un modèle qui soit un modèle soutenable vivable désirable pour le plus grand nombre.
Clémentine Autain vous citiez la convention citoyenne l'une des propositions de cette convention citoyenne ça avait été de passer sur autoroute à 110 km heure au lieu de 130 pour faire des économies d'énergie au nom de la sobriété ça avait été rejeté d'emblée par le président de la République est-ce que vous souhaitez et c'est ce que demandent des personnalités que sans attendre que le gouvernement légifère sur le sujet et le président de la République l'avait écarté que des français spontanément essayent de respecter ce principe est-ce que vous vous limitez sur autoroute à 110 km heure
en tout cas je trouve ça intéressant comme proposition honnêtement pourquoi pas pourquoi pas avancer vers ces 110 km heure puisqu'on voit que c'est à la fois bon pour le climat bon pour le pouvoir d'achat et bon pour la sécurité routière et qu'en plus on a plus de 67% de mémoire des français qui sont favorables à cette en tout cas prêts à réduire à 110 km heure vous êtes pas telle ça vous le faites déjà oui pourquoi pas non non j'avoue que ces derniers temps non non je vais pas raconter de salade je suis plutôt à 120 pas très haut mais je vais pas raconter de salade mais du coup ça m'interpelle en tant que citoyenne et effectivement quand je vois cet appel là je m'interroge et je me dis tiens c'est bien oui passons aux 110 km donc pourquoi pas mais je voudrais vous dire une chose c'est qu'en fait ce qui m'inquiète c'est que pour rendre l'écologie populaire on a besoin aussi de mettre sur la table des propositions qui ne soient pas que de l'ordre de la restriction ou de l'initiative individuelle vous voyez
ça compte quand même les gestes gestes plus un geste
oui mais aujourd'hui face au défi qui est un défi macroéconomique gigantesque il me semble qu'il faut donner la priorité à un investissement collectif à des mesures et des solutions collectives si vous voulez il faut aussi qu'on arrive à ce que la majorité de la population identifie l'écologie à un mieux-être à un mieux-vivre donc je prends des exemples c'est à dire que pour moi il faudrait investir dans les énergies renouvelables de façon massive ça c'est pas une restriction ni pour vous ni pour moi ni pour personne vous pouvez voter le texte
qui arrive au Sénat enfin au Sénat cet après-midi oui s'il y avait des choses dedans et en décembre à l'Assemblée
écoutez s'il y avait des choses sérieuses dedans on le voterait mais enfin pour l'instant c'est absolument pas le cas
parce qu'il ne passera pas sans des voix de gauche vous n'excluez pas de le faire
attendez je vais attendre de voir ce qu'il y a dedans parce que l'investissement nécessaire
mais vous n'excluez pas de le faire d'emblée vous verrez
on en reparle je reviens je reviens chez vous pour en parler de ce qu'il y a dedans ça s'en descend mais il faut investir massivement dans les énergies renouvelables il faut faire par exemple si on fait des cantines bio gratuites c'est possible voilà une manière aussi de faire vivre l'écologie qui n'est pas de comment dire de l'ordre de la restriction de la contrainte mais au contraire d'un apport qui améliore le quotidien les transports publics vous parliez des 130 km heure enfin vous savez très bien que la vérité c'est que ce sont les trajets courts notamment dans les zones urbaines qui posent un maximum de problèmes donc si on n'avait pas des RER et des TER saturés qui arrivent en retard donc il faut investir massivement il faut investir massivement donc ce que je veux dire c'est que dans le choix des propositions qu'on met en avant il me semble essentiel que ça soit perçu majoritairement non pas comme des contraintes supplémentaires mais comme quelque chose qui va améliorer la vie et je le crois profondément par ailleurs ça serait bien aussi si les hyper riches y donnaient un peu le là
c'est le débat sur les super profits
pas que les super profits pas que les super profits vous savez qu'ils sont les premiers responsables de la crise climatique
la motion de censure que vous déposez avec des insoumis aujourd'hui à l'Assemblée avant d'en parler dans le détail il y a un sondage qui était intéressant qui a été publié par le JDD alors c'est un sondage qu'il faut prendre avec des pincettes sondage IFOP puisque c'est un sondage virtuel si l'élection présidentielle avait lieu ces jours prochains est-ce que les Français revoteraient comme au printemps et ce qui est frappant c'est de voir que Emmanuel Macron progresserait un peu c'est surtout Marine Le Pen qui prendrait 6 points et demi et Jean-Louis Mélenchon perdrait 4 points et demi il serait donc distancé par le duo Le Pen-Macron comme si au fond la stratégie d'opposition que vous développez depuis 6 mois avait surtout bénéficié un peu à Emmanuel Macron et surtout énormément à Marine Le Pen qui semble être en meilleure situation que jamais pour s'approcher du pouvoir
Oui alors j'ai pas cette lecture là il faudrait rentrer dans le détail aussi de ce sondage parce que vous pouvez aussi vous dire
ça valide pas en tout cas votre stratégie d'opposition
je pense que c'est plus complexe plus complexe d'ailleurs en termes de stratégie d'opposition vous avez un autre sondage qui explique qu'on est et de loin les meilleurs opposants à Macron donc faisons attention il y a différents sondages qui disent des choses qui sont pas forcément totalement totalement mais je voudrais au moins dire deux choses sur ce trois même sur ce sondage d'abord oui je suis inquiète de la façon dont l'extrême droite engrange et si l'extrême droite engrange c'est aussi qu'il y a une banalisation une dédiabolisation qui est voulue par le pouvoir en place qui par exemple à l'Assemblée nationale dès le démarrage a cédé pour donner une vice-présidence à l'extrême droite au Rassemblement national et qui dans la manière dont il appréhende les choses regardez
et en même temps ils ont signé avec vous une motion de censure la semaine dernière c'est ce que répondrait le gouvernement
mais pas du tout c'est faux ce que vous êtes en train de dire
si ils ont signé la motion de censure du PS
mais bien sûr que non ils n'ont pas signé ils l'ont voté
ils ont voté ils ont voté la motion de censure que vous aviez déposée
ils pourraient le faire
d'ailleurs cet après-midi à nouveau vous déposez une motion de censure peut-être qu'ils vont la voter et bien
non mais voter ou signer vous voyez ça n'a strictement rien à voir vous savez qu'ils ont aussi voté la loi pouvoir d'achat de la Macronique voilà donc ne mélangeons pas les choses
vous avez pu rajouter dans la motion de censure que vous déposez cet après-midi vous avez signé
du coup sur le sondage vous n'avez pas répondu
vous auriez pu rajouter quelque chose qui aurait fait que l'URN ne pourrait pas la voter et en fait Jean-Luc Mélenchon assume il l'a expliqué dans sa note de bloc qu'il ne veut rien mettre qui soit totalement repoussoir pour les oppositions quelles qu'elles soient pour la voter
je ne suis pas d'accord dans ce texte il y avait notamment des choses d'ailleurs sur le climat il y avait aussi des choses sur la taxation des hyper-riches en tout cas sur les inégalités sur les inégalités sociales donc je crois que l'URN s'en fichait éperdument de ce qu'il y avait dans le texte l'a voté pour stigmatiser en fait LR et dire à LR vous n'êtes pas dans l'opposition c'est ça le sujet vous savez c'est pas la NIPA mais non je n'appelle pas du tout l'URN à voter la motion de censure ça ne se passe pas comme ça l'URN prend ses responsabilités nous prenons nos responsabilités mais cette fois-ci les autres parties gausses ne signent pas avec vous je vais vous dire franchement la petite musique sur les extrêmes commence vraiment ça commence vraiment à me courir sur le rab sur le haricot je ne sais pas toutes les expressions que vous voulez mais c'est juste que franchement c'est grossier en fait ce sont des grosses ficelles il y a tout oppose l'extrême droite à la NUPES tout oppose l'extrême droite à la NUPES
les autres parties gausses n'ont pas signé cette motion de censure ils ont peut-être la voté mais ils n'ont pas signé vous me dites
oui mais vous êtes d'accord ou pas tout oppose l'extrême droite et la NUPES ils sont obsédés par la crise migratoire et sécuritaire nous nous parlons de crise sociale et de crise climatique
pourquoi est-ce que les autres parties ne peuvent pas signer cette motion de censure avec vous désolé
c'est un parti autoritaire le rassemblement national c'est un parti autoritaire c'est un parti xénophobe c'est un parti antisocial nous nous sommes le mouvement qui veut l'écologie qui veut plus de liberté de droit qui veut du progrès humain c'est antinomique vous voyez donc il n'y a pas d'alliance donc il faut arrêter avec cette espèce de cirque sur les extrêmes qui est un vocable qui a un objet politique c'est quoi le sens politique c'est de dire qu'au fond vous voyez il y a les deux extrêmes c'est des dangers symétriques et le cercle de la raison va continuer à gouverner comme il le fait depuis trois décennies
donc ne nous laissons pas c'est une réponse à ce que disait le président de la République mercredi soir qui parlait d'alliance des extrêmes mais il n'y a pas
que le président de la République il y a le président de la République qui a cette responsabilité mais il y a aussi d'autres forces politiques d'autres responsabilités politiques et des éditorialistes et c'est pourquoi je dis et pourquoi je dis c'est pas ce que j'ai dit ce matin non non mais la NUPES est la solution et il serait temps dans les sondages à la présidentielle de sonder pas simplement Jean-Luc Mélenchon comme candidat LFI mais de sonder l'ensemble de la NUPES et peut-être que le résultat serait différent
c'est précisé merci Clémentine Autain d'avoir été ce matin sur BFM TV RMC 8h54 merci Clémentine Autain
Clémentine Autain