Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 15 septembre 2025 36 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraitesInstitutions & élections

Sébastien Lecornu : peut-il éviter la censure immédiate ?

Source d'origine 7 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse partielle

    Les agriculteurs vont-ils eux aussi manifester ?

  • 0:31OuverteRéponse partielle

    Les médecins sont-ils en colère ?

  • 1:41OuverteRéponse partielle

    Quels sont les détails de l'expérimentation des radars privés ?

  • 6:30OuverteRéponse partielle

    Quels sont les points clés de l'interview de Sébastien Lecornu ?

  • 11:05OuverteRéponse partielle

    Quelles sont les premières mesures de Sébastien Lecornu ?

  • 13:16OuverteRéponse partielle

    Sébastien Lecornu a-t-il réussi ses premiers pas à Matignon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:21Locuteur 4Fait
    « Il a évoqué la suppression des deux jours fériés annoncés par François Bayrou. »
  • 7:28Locuteur 4Fait
    « Il y avait notamment tout ce qui a trait à la décentralisation, à la simplification. »
  • 7:47Locuteur 4Fait
    « Il dit qu'il veut engager une nouvelle phase de concertation. »
  • 11:32Locuteur 4Promesse
    « Retirer la suppression des jours fériés exigera de trouver d'autres sources de financement, mais ce que nous ferons devra fondamentalement protéger le travail. »
  • 11:56InvitéFait
    « Il faut un rétablissement des finances publiques, sans doute pas avec la même ampleur que ce qu'avait prévu François Bayrou. »
  • 12:04InvitéChiffre
    « Est-ce que c'est les 22 milliards demandés par le PS ? »
  • 12:15PrésentateurFait
    « Quand les 500 plus grosses fortunes de ce pays ont vu leur patrimoine multiplié par 3 depuis 2017, pendant que chaque jour dans ce pays, il y avait plus de pauvres et de plus en plus pauvres. »
  • 12:26PrésentateurFait
    « Sébastien Lecornu ne ferme pas la porte à la taxation des plus riches. »
  • 29:38Locuteur 8Fait
    « Il faut qu'il pose des actes de rupture immédiat. Et ça commence par l'abrogation de la réforme des retraites, cette blessure démocratique et sociale. »
  • 29:58Locuteur 8Fait
    « Il faut qu'il prenne des mesures pour augmenter les salaires et les pensions. »
  • 30:05Locuteur 8Chiffre
    « Nous en sommes à quasiment 450 plans de licenciement en un an. »

Temps de parole

  • Présentateur52 %
  • Locuteur 525 %
  • Locuteur 414 %
  • Locuteur 63 %
  • Présentateur 22 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et Alexandre, c'est avec vous qu'on va voir les unes de la presse régionale. Et d'abord, les agriculteurs vont-ils eux aussi manifester ? C'est la une de l'Union.

0:20
Locuteur 4

Oui, on le rappelle, le syndicat agricole FNSEA

0:22
Locuteur 8

appelle à une grande journée d'action le 26 septembre pour protester notamment contre le traité de libre-échange

0:28
Présentateur

entre l'Union européenne et les pays du Mercosur en Amérique de Sud. Alors, hier à la foire de Sedan dans les Ardennes, les agriculteurs étaient interrogés par le journal L'Union sur ce sujet

0:38
Locuteur 4

mais ils ne sont pas certains d'aller manifester. En tout cas, ils se disent toujours en colère et même lassés après avoir manifesté sur les routes durant toute l'année 2024.

0:48
Présentateur

Ils ont vraiment cette forme de lassitude. Regardez ce que dit Angélique qui est éleveuse dans les Ardennes. Les responsables politiques, je la cite, ont endormi les agriculteurs. L'agriculture, c'est juste aujourd'hui une monnaie d'échange. Tant qu'on aura un Premier ministre qui change tout les quatre matins, on ne pèsera pas car c'est l'Europe qui décide. Les médecins sont en colère également. Oui, c'est à la une du journal L'Aisne Nouvelle. Dans le département de L'Aisne, les médecins n'ont pas du tout apprécié le courrier envoyé par l'assurance maladie

1:15
Locuteur 4

qui estime qu'il y a une forme d'abus dans les arrêts de travail, qu'ils sont délivrés de manière trop généreuse. Alors du coup, le président de l'Ordre des médecins de L'Aisne a réfuté ces arguments. Il considère que c'est une stigmatisation de professionnels qui sont responsables. On le rappelle, avant sa chute, le gouvernement Bayrou avait donné cette consigne à l'assurance maladie d'inciter les médecins à prescrire moins d'arrêts de travail pour faire des économies.

1:39
Présentateur

On en parle à l'instant avec Christelle Bertrand. La lutte de la dépêche du midi, le flash des voitures radar privées.

1:44
Locuteur 4

Oui, à partir de ce lundi, sur les routes toulousaines et pendant deux mois, les voitures privées avec radar embarqué vont être expérimentées. Alors concrètement, ce sont des prestataires privés

1:52
Présentateur

mandatées par l'État qui vont parcourir des milliers de kilomètres pour détecter les excès de vitesse et les flasher. Un dispositif qui est soutenu par l'association Prévention routière et critiqué, logiquement, par l'association 40 millions d'automobilistes qui estime, je cite, que c'est une machine à cache et pas un outil de sécurité routière. Allez, on finit par du sport. Et un cocorico, c'est une belle victoire hier, c'est à la une de la Voix du Nord. Oui, ça paraissait impossible, alors il l'a fait. Jimmy Gressier a été sacré hier, champion du monde du 10 000 mètres en athlétisme à Tokyo.

Le Boulonnais de 28 ans a réalisé un final de légende, c'est-à-dire que dans les 100 derniers mètres, il était à peu près en cinquième position et il a sprinté, il a doublé tous ses adversaires pour gagner.

2:33
Locuteur 4

Alors après avoir battu des records ces derniers temps, des records de France, des records d'Europe, il a désormais un titre mondial. Je le cite, cette médaille, on ne me l'enlèvera pas. Elle va être chez Pépé pour l'éternité.

2:45
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Alexandre. Et c'est l'heure de notre reportage en région. Et vous le verrez, on va beaucoup parler des municipales dans cette émission. On est maintenant à six mois de l'élection. Et cette question, nos élus locaux sont-ils en danger ? Les menaces et agressions se multiplient. Alors Cécile Cixou est allée à la rencontre d'élus en Seine-Saint-Denis. On regarde. Le 28 février dernier, comme tous les jours, Faouzi Goueli, élu de Seine-Saint-Denis, rentre chez lui.

3:13
Locuteur 6

La route que je prends tout le temps pour aller chez moi, c'est cette route. Et voilà, en arrivant à la maison, je lui ai la belle surprise.

3:20
Présentateur

La surprise, deux hommes l'attendent devant son domicile. Coup de poing au visage, coup de pied sur le corps, il est jeté à terre, tabassé devant sa porte. Faouzi s'en sort grâce à son épouse qui chasse ses agresseurs. En partant, ils mettent le feu à sa voiture. Quelques mois plus tard, remis sur pied physiquement, il reste traumatisé.

3:42
Locuteur 6

Ce genre de moment, même si on fait tout pour l'oublier, moi je prends le même chemin tous les jours, je me garde au même endroit tous les jours et je reviens devant chez moi tous les jours. Donc voilà, et puis parfois j'ai de l'angoisse. On ne peut pas vivre comme ça dans l'angoisse, c'est pas possible.

4:00
Présentateur

Après son agression, la préfecture de Seine-Saint-Denis a proposé à Faouzi un soutien psychologique, mais aussi ce bouton d'appel, un boîtier qui joint ses proches en cas de danger.

4:10
Locuteur 5

Si j'appuie deux fois sur le bouton,

4:14
Présentateur

là, ça les alerte que je suis en danger, qu'il se passe quelque chose, ça me géolocalise. Moi, le dispositif que j'ai,

4:20
Locuteur 6

c'est pas lié avec la police, c'est lié juste avec des personnes qui elles-mêmes appellent la police. Et voilà, je trouve que c'est déjà un départ, on va dire, mais ça ne suffit pas.

4:32
Présentateur

Pas suffisant non plus pour cet édile de Seine-Saint-Denis, également bénéficiaire de ce dispositif. Azeddin Taïbi est maire de Stain depuis 2014. Il reçoit chaque année de plus en plus de lettres anonymes, des menaces ou encore des insultes sur les réseaux sociaux. En juillet dernier, il a été agressé verbalement devant son domicile. Si la préfecture et la police sont présents et à l'écoute, il ne se sent pas pour autant en sécurité.

4:58
Locuteur 1

Je me sens soutenu, en tous les cas. Après protégé, non, on ne se sent jamais bien protégé. À chaque fois que je me déplace, à chaque fois que je sors de l'hôtel de ville, de mon bureau, je regarde systématiquement autour de moi s'il n'y a pas un individu ou un groupe d'individus qui serait capable de passer à l'acte. Je fais maintenant très, très, très attention.

5:17
Présentateur

À l'approche des municipales, la lutte contre les violences est devenue une préoccupation du président de l'AMF de Seine-Saint-Denis. Car si depuis 2023 et la loi de protection des élus, ils peuvent bénéficier de kits de traçage, de formation ou encore d'accompagnement policier, le suivi psychologique fait encore défaut.

5:37
Locuteur 6

On est en train de travailler avec France Victime sur tous les sujets autour de les troubles psychologiques et le harcèlement moral auprès des élus où on constate qu'il y a de plus en plus d'élus qui ont des risques psychosociaux, qui sont touchés, impactés par un niveau de violence persistant et permanent qui oblige à se faire accompagner.

6:05
Présentateur

Malgré les agressions et le harcèlement de certains habitants, les deux élus de Seine-Saint-Denis ne comptent pas abandonner leur engagement politique, même s'ils y ont pensé. Et on continue à faire le tour de l'actualité dans nos régions. Autre sujet cette fois, on va aller voir nos partenaires de la presse quotidienne régionale. On va à Rouen. Bonjour Stéphane Cyré. Merci beaucoup d'être avec nous Stéphane, rédacteur en chef adjoint à Paris-Normandie. Et évidemment, on va parler avec vous de Sébastien Lecornu, élu de votre région. Sébastien Lecornu d'abord, qui a accordé hier une interview, longue interview aux journaux régionaux.

6:42
Locuteur 4

Oui absolument. Sébastien Lecornu a accordé cette interview à la presse quotidienne régionale. C'était donc vendredi soir à Matignon. C'est paru samedi sur les sites internet, samedi en fin de journée sur les sites internet de la PQR et dans les éditions de dimanche. Le choix de Sébastien Lecornu d'accorder sa première interview à la presse quotidienne régionale, ce n'est pas tout à fait un hasard. Sébastien Lecornu est souvent décrit comme un élu de terrain qui se veut proche des gens, proche des territoires. Donc on voit par là un signe qu'il a voulu envoyer. Au-delà de la forme, il y a également le fond. Il a évoqué la suppression des deux jours fériés annoncés par François Bayrou.

Mais il y avait aussi d'autres choses dans cette interview. Il y avait notamment tout ce qui a trait à la décentralisation, à la simplification. À la simplification, on a l'impression que c'est un refrain qui revient à chaque changement de gouvernement. On attend des mesures de simplification. Je suis pas sûr qu'on les voit toujours, mais en tout cas c'est son vœu. Et en matière de décentralisation, c'est important. Il dit qu'il veut engager une nouvelle phase de concertation. On a été cette semaine sur la décentralisation pour voir ce qui pourrait être simplifié, pour sortir un peu de ce feuille administratif dont on parle depuis des années et des années.

Sébastien Lecornu, il faut se souvenir qu'en janvier 2019, c'est lui qui avait été à l'origine du grand débat public, post-Gilet jaune, un grand débat public qui avait lieu dans son département de l'heure pendant 6 ou 7 heures. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cet épisode avec Emmanuel Macron. Il avait été un peu le monsieur loyal au milieu d'une santé, je crois que c'était 2 ou 300 maires de la région qui étaient présents. Il était apparu là, en fait, très à son aise. Sébastien Lecornu, ça me rappelle un peu ce que dit souvent Jean-Pierre Raffarin quand il parle des élus de province.

C'est-à-dire qu'il dit souvent qu'il faut que les élus soient un peu bilingues, c'est-à-dire qu'ils aient les codes pour parler dans les allées du pouvoir à Paris et puis qu'ils aient les codes aussi pour parler dans les territoires. Bon, Lecornu, il maîtrise ce bilinguisme.

8:58
Présentateur

Et Stéphane, la Normandie, c'est bien sûr la terre d'élection du nouveau Premier ministre.

9:03
Locuteur 4

Oui, absolument. Il a commencé très jeune, Sébastien Lecornu, en Normandie, d'abord dans les pas d'un ancien député, Franck Gilla, et puis ensuite aux côtés de Bruno Le Maire, qui a été député de l'Eure, qui a été ministre de l'Agriculture. Et puis en 2014, il n'a pas 30 ans, en 2014, il prend la mairie de Vernon, qui est une grosse ville dans le département de l'Eure. C'est la deuxième ville avec 26 000 habitants, derrière Évreux. L'année suivante, il prend le département. En 2020, il devient sénateur, donc c'est vraiment sa terre d'élection.

Alors, tous ces détracteurs qu'on a rencontrés ici avec la rédaction de Paris-Normandie nous disent que Sébastien Lecornu, il a monté un peu son système, Lecornu. Il apparaît aujourd'hui un peu comme un baron à 39 ans, un baron dans l'heure. Alors, c'est sûr que celui qui lui a succédé à la mairie de Vernon, François Osillot, celui qui lui a succédé au département de l'Eure, Alexandre Assert, sont des purs produits, c'est Alexandre Assert qui le dit, de l'école Lecornu.

C'est un peu d'école où on fait la politique à l'ancienne, un peu à la Chirac, entre guillemets, où on tape dans le dos des gens, où on fait la bise à tout le monde, où les collègues de Paris-Normandie qui le suivent depuis des années à Vernon, racontent souvent ça, qu'en fait, il fait guerre de pas dans Vernon sans s'aimer tout le monde. Par contre, il y a quand même quelque chose, c'est sa terre d'élection, mais il n'y a pas que de réussite. Je rappelle quand même que depuis 2022, quatre des cinq circonscriptions sont tenues par le Rassemblement national.

10:40
Présentateur

– Merci beaucoup Stéphane, merci d'avoir été avec nous. La Une de Paris-Normandie, tout autre sujet à TMO, voit son budget fondre, c'est le département de la Seine-Maritime, le seul de votre région à financer l'Observatoire de la qualité de l'air depuis sa création, qui ne veut plus payer. Merci beaucoup Stéphane Cyré, justement. Merci Stéphane. Et justement, vous parliez de cette interview de Sébastien Lecornu à la presse régionale, c'est le thème de notre débat. On va revenir sur les premières mesures de Sébastien Lecornu dans quelques secondes avec nos éditorialistes, mais d'abord, on va voir ce qu'il a dit dans cette interview et les réactions politiques. C'est avec Audrey Vuetaz.

Il avait promis une rupture avec son prédécesseur et cela commence par l'abandon d'une mesure totem de François Bayrou. Devant la presse quotidienne régionale, Sébastien Lecornu renonce à la suppression de deux jours fériés, mais il prévient.

11:32
Locuteur 4

Retirer la suppression des jours fériés exigera de trouver d'autres sources de financement, mais ce que nous ferons devra fondamentalement protéger le travail.

11:40
Présentateur

Le nouveau Premier ministre assure vouloir travailler avec les 210 députés de la droite et du centre avant de discuter avec les oppositions et notamment avec la gauche hors LFI. Une gauche qui refuse tout entrer au gouvernement, mais pose des conditions de négociation.

11:56
Invité

Il faut un rétablissement des finances publiques, sans doute pas avec la même ampleur que ce qu'avait prévu François Bayrou.

12:02
Locuteur 5

Donc pas les 44 milliards de François Bayrou, est-ce que c'est les 22 milliards demandés par le PS ?

12:06
Invité

Est-ce que c'est entre les deux ? Ça peut être finalement un peu plus que 22, surtout si on trouve des recettes supplémentaires.

12:12
Présentateur

Évidemment que je vais lui parler de justice sociale. Quand les 500 plus grosses fortunes de ce pays ont vu leur patrimoine multiplié par 3 depuis 2017, pendant que chaque jour dans ce pays, il y avait plus de pauvres et de plus en plus pauvres, il sait que ça n'est pas acceptable. Justement sur ce point, Sébastien Lecornu ne ferme pas la porte à la taxation des plus riches.

12:32
Invité

Des bougés qui ne convainquent pas le Rassemblement national. Nous avons besoin, au vu de la situation actuelle, d'un retour aux urnes. Mais c'est vrai que la seule solution pour ça à court terme, c'est de dissoudre l'Assemblée nationale.

12:46
Présentateur

Face à la pression, Sébastien Lecornu poursuit ses consultations. Aujourd'hui, il reçoit les organisations patronales et syndicales. Et Yves Tréhard nous a rejoint. Bonjour Yves. Bonjour Aurélien. Bonjour à tous. Directeur adjoint de la rédaction de Figaro. Vous serez avec nous tous les lundis. Eh bien, écoutez, avec grand plaisir. On ne change pas les bonnes habitudes. Et Frédéric David. Bonjour Frédéric. Bonjour Aurélien. On est également ravis de vous retrouver. Vous serez également très régulièrement avec nous pendant cette saison de directeur général de l'Institut de sondage IFOP. Alors, on a vu cette première interview de Sébastien Lecornu, les réactions des oppositions. On va y venir.

Est-ce qu'il a réussi ses premiers pas, ses premiers jours à Matignon, Sébastien Lecornu ? Vous savez, c'est compliqué parce qu'évidemment, il montre un visage qui est très différent de ses deux prédécesseurs. Ses deux prédécesseurs, et notamment François Bayrou, avaient beaucoup pusé des médias tout de suite et étaient partis à la conquête, je dirais, de l'opinion. On sent que là, c'est différent. Sébastien Lecornu, il cherche d'abord à parler à ses interlocuteurs politiques, syndicaux, aussi à l'opinion, donnant quelques signes. Il est beaucoup plus discret, donc. Est-ce que ça sera plus efficace ?

Est-ce que ça sera le moyen de faire travailler ensemble des gens qui ne s'aiment pas beaucoup, il faut dire la vérité, qui n'ont pas tout à fait les mêmes opinions ? C'est le but. Donc, il arrive en plus dans un climat social qui est assez chargé. Il y a eu la manifestation, le bloquant tout, de jeudi dernier. Il y a maintenant deux rendez-vous sociaux qui se présentent le 18 et le 25 septembre. C'est pas... Je veux dire, il est sur un chemin qui est un chemin étroit. On a parlé d'un trou de fourmi. Ben, le trou de fourmi, il faut qu'il le trouve. – Et Frédéric, vous avez déjà testé la popularité de Sébastien Lecornu. Bon, il part pas de très haut.

14:30
Locuteur 5

– Oui, c'est le baromatif abogidédé qui est le plus ancien de la cinquième à public. On peut le comparer même jusqu'à Michel Debray en 1958. Alors, c'est vrai qu'il fait un peu mieux que François Bayrou en janvier 2025. Il a une cote de popularité appréciable, 38%, mais bien sûr, pas d'état de grâce, pas d'attente particulière. Mais je suis frappé de voir, et je partage ce que Yves Tréhard a dit, il a pas raté ses débuts. La PQR, c'est un bon point. Retirer les deux jours fériés, c'est un bon point. Parler du sujet qui intéresse le plus les Français avec l'insécurité, la santé, l'accès aux soins, ça ne peut pas ne pas intéresser.

15:06
Présentateur

– C'était son premier déplacement samedi. – Oui, c'était à Mâcon. – Il est temps en son éloir sur cette question de la santé des armes.

15:11
Locuteur 5

– Tout à fait. Et c'est vrai qu'il est fin politique. Les Français dans l'enquête qualitative qui suivent ce baromatif abogidédé qui permet de faire parler ce 38% qui ne veut pas dire grand-chose, trouvent qu'il est expérimenté. Il y a l'acte lourd des trois ans passés au ministère des Armées, une certaine sobriété, quelqu'un qui apparaît simple, proche d'eux, qui incarne une forme de renouvellement. Mais il y a une sorte de péché originel qui va devoir, si je puis dire, retourner. C'est le proche de Macron. C'est Macron-Midas qui transforme en plan, si je puis dire, tout ce qu'il touche.

C'est-à-dire qu'un peu comme le Laurent Fabius de 84, rappelez-vous le titre de Libération, François Mitterrand se nomme à l'hôtel à Matignon quand il avait nommé un très très proche. Il va devoir créer des éléments de distinction parce qu'effectivement, l'émetteur Macron est très abîmé chez les Français. Mais je trouve que…

16:00
Présentateur

– On va juste voir la cote de popularité de Macron, vous l'avez testé également.

16:03
Locuteur 5

– 19 %, c'est son moins bon score depuis 2017, depuis son arrivée.

16:06
Présentateur

– Frédéric Dhabi, je trouve qu'il y a quelque chose qu'il faut noter. Je trouve que cette association Macron-Lecornu, elle est un peu rapide et elle n'est pas très fondée. Pourquoi ?

16:20
Locuteur 5

– C'est le discours des Français.

16:21
Présentateur

– Oui, mais justement… – Il a de quoi le retourner, effectivement. – Oui, mais les Français ne connaissent pas Sébastien Lecornu. Et Lecornu, c'est l'anti-Macron, justement. Lecornu, c'est quoi ? Moi, je le connais depuis très longtemps. Ce n'est pas un type qui sort d'une grande école. Il n'a jamais fait l'ENA, il n'a jamais fait Polytechnique, il n'a pas fait HEC, il n'a pas fait tout ça. Contrairement à tous les autres. Ce n'est pas un type d'appareil, il n'a pas un gros réseau politique. – Si, il a un réseau politique, justement. Mais contrairement à…

Ce n'est pas un type de la haute administration, c'est un type qui a commencé comme militant, qui est devenu, moi je l'ai connu, maire de Vernon. – Vernon ? – Il avait 27 ans. C'est quelqu'un qui va, pardonnez-moi l'expression, au cul des vaches, c'est l'anti-Macron. – Et c'est un élu local, ce n'est pas du tout Emmanuel. – C'est Macron, c'est l'anti-Macron. Et donc c'est pour ça que de l'associer à Macron, c'est un peu bizarre. Et puis il est malin, il est malin. C'est-à-dire qu'il est rusé,

17:23
Locuteur 5

c'est quelqu'un qui flattera facilement celui qui doit lui donner les ordres. – Non mais attendez, on est d'accord. Moi je vous restitue le discours des Français. Mais effectivement, à travers ce parcours très original, quelqu'un qui était le plus jeune attaché parlementaire de l'Assemblée nationale, un élu local qui en 2014 a participé à la vague bleue, quelqu'un qui a dit non à François Fillon, sa proximité avec Gérald Darmanin et Édouard Philippe, il a de quoi effectivement créer des éléments d'adhésion. Mais aujourd'hui, les Français, beaucoup de Français disent, Emmanuel Macron n'a pas écouté les résultats du 7 juillet en nommant des gens proches de lui. Mais effectivement…

17:59
Présentateur

– Donc ça va être son premier défi vis-à-vis des Français, montrer qu'il n'est pas l'homme d'Emmanuel Macron.

18:03
Locuteur 5

– Il a un défi vis-à-vis des Français, c'est celui-là, et s'inscrire comme un anti-Bayrou. Il ne faut pas sous-estimer à quel point François Bayrou est sorti sous les huées de l'opinion publique, qui n'a pas apprécié son interminable tournée des adieux, son sépoukou harakiri politique, ce suicide en direct qui était en décalage avec l'intérêt général et ce qu'attendent les Français. Et son deuxième défi, il n'est pas par rapport à l'opinion, il est par rapport au système parlementaire.

Essayez d'éviter une censure dans quelques semaines et c'est là qu'il y a une ligne de crête extrêmement compliquée, sachant qu'il a un seul objectif, comme Marine Le Pen lui fera aucun cadeau, c'est le PS, le PS, le PS.

18:43
Présentateur

– Et justement, on va parler du PS, puisque vous le disiez Frédéric, l'un des enjeux pour Sébastien Lecornu, c'est de trouver un compromis avec le Parti Socialiste. Alors, on va écouter ce qu'en disait ce matin Olivier Faure, le patron du PS, s'il était l'invité de France 2.

18:57
Locuteur 8

– Moi, je suis favorable à l'idée qu'effectivement, chacun comprenne que dans ce Parlement, il n'y a pas de majorité absolue, ni pour la droite, ni pour la gauche. – J'ai compris, mais la conclusion de ça,

19:08
Locuteur 5

c'est de dire que ça ne sera pas mon budget.

19:10
Locuteur 8

– Ça suppose à un moment que chacun comprenne que ce ne sera le budget de personne, ce sera le budget qui sera discuté au Parlement et qui permettra à un moment de trouver ce qui peut permettre de faire accord entre nous, si accord il y a.

19:22
Présentateur

– On entend Olivier Faure, est-ce que la porte est entre-ouverte pour un accord avec les socialistes ? – Oui, oui, bien sûr, à mon avis, elle est entre-ouverte, mais ils vont quand même se vendre très cher. Alors, il y a une chose qu'il faut faire aussi, c'est additionner les voix. Je parle sous le contrôle de Frédéric Dhabi, mais si on additionne toutes les voix du bloc central, des LR, du PS, on arrive à 266.

19:50
Locuteur 5

– Oui, oui, c'est ça, on est près de la majorité. – Eh bien, on n'est pas à la majorité. – On n'y est pas.

19:54
Présentateur

– Ça veut dire que le destin de ce Premier ministre et du gouvernement, s'il arrive, qui va suivre, il est entre les mains du Rassemblement National. Et on connaît la détermination du Rassemblement National. Et on sait que le Rassemblement National, vous avez donné un extrait de Mme Le Pen tout à l'heure, veut faire tomber, veut retourner aux urnes. – Donc voilà, c'est très clair. Alors, une fois qu'il a eu, qu'il a consolidé les LR, son bloc central, et qu'il a réussi à accrocher le PS, accrocher pour ne pas qu'il vote la censure, il n'est pas sorti de l'auberge. Il n'est pas sorti de l'auberge.

– Et hier, dans son entretien à la presse régionale, il ne dit pas d'accord avec le Rassemblement National, mais on va discuter. – Non, mais ce qu'il veut, ce qu'il essaye de faire, ce qu'il va essayer de faire, c'est de ne pas fâcher le Rassemblement National, comme avait pu le faire François Bayrou. Alors là, je ne sais pas comment il peut s'y prendre, parce que ça me paraît très compliqué, très très compliqué. Et il faut qu'il sorte sur le front régalien, il faut qu'il sorte des idées, à mon avis, ou quelques propositions, qui seront de nature

20:58
Locuteur 5

aussi à consolider l'arrimage des LR. – Oui, mais ce que dit Yves Tréard est très juste, on en revient au 7 juillet 2024, au résultat du second tour des élections législatives de cette chambre, non pas introuvable, parce que c'est un terme historique connoté, mais ingouvernable, quand on se met loin du rapport de force, on a trois blocs qui sont à peu près équivalents, alors c'est vrai, vous avez donné cette arithmétique, il devra aussi convaincre d'Eliott, espérer une censure des députés communistes, c'est quand même pas évident, pour pouvoir trouver… – Espérer une non-censure. – Une non-censure, merci, pour essayer de trouver ce trou de souris, ce trou de fourmis.

C'est vrai que l'idée de jouer l'opinion, dès le début, François Bayrou a été impopulaire, l'affaire Depeau, Bétharam qui lui a empoisonné ses neuf mois, alors il y a eu le vote du budget qui lui a permis de sortir un peu la tête de l'eau, c'est vrai que Sébastien Lecornu peut utiliser la carte de l'opinion publique, s'il y arrive, ces sondages progressent pour pouvoir jouer l'opinion sur le mode « les Français veulent de la stabilité », les Français sont fatigués.

22:01
Présentateur

– Mais voilà, parce que qu'est-ce qu'ils attendent aujourd'hui les Français ? Est-ce qu'ils souhaitent que maintenant que Sébastien Lecornu est nommé, il reste, il construise un budget, il construise un gouvernement, ou est-ce qu'ils se disent « non, il est trop proche de Macron, c'est pas ça ».

22:12
Locuteur 5

– C'est la bonne question. Un, ils sont en position d'attentisme, il va lui laisser sa chance. Deux, c'est vrai qu'il y a une sorte de fatigue face à cette éclipse du politique, face à ce politique qui dysfonctionne, qui ne joue plus son rôle, l'inaction des précédents gouvernements. Mais trois, on l'a vu dans des enquêtes IFOP beaucoup de Français, pour une majorité d'entre eux, pour une écrasante majorité de sympathisants LFI et RN, pour trancher le nœud gordien de cette crise, retournons aux urnes.

Donc il y a cette ligne de crête par rapport auxquelles l'opinion se tient, et c'est à Sébastien Lecornu de faire pencher vers l'idée « je suis l'homme stable » qui va permettre de finir le quinquennat, si je puis dire, tranquillement, parce qu'il y a aussi une autre dimension, les Français ne veulent pas de présidentielle anticipée, ils veulent un vrai débat présidentiel, quand bien même, je le disais tout à l'heure, Emmanuel Macron est très impopulaire.

23:02
Présentateur

– Alors justement, vous parlez d'une présidentielle anticipée, il y a la question d'une destitution d'Emmanuel Macron qui se pose notamment par une partie de la gauche. On va écouter ce qu'en disait hier la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, invitée du grand jury public sénat Le Figaro. Et on va l'écouter dans quelques instants, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes. Yves, je vais vous… on va en parler. Marine Tondelier, hier, elle disait que si elle, elle avait été parlementaire… On va l'écouter, allez-y. – Je ne vous dis pas que cette destitution, elle va aboutir demain.

Je vous dis que c'est une possibilité qu'ont les parlementaires de signer une motion de destitution. Je l'aurais signée parce qu'on ne peut pas se laisser comme ça marcher dessus par un président de la République qui a décidé de n'en faire qu'à sa tête, de ne plus écouter ni les parlementaires, ni les Français. – Est-ce que c'est un risque pour Emmanuel Macron ? Est-ce que l'échec de Sébastien Lecornu, c'est la fin d'Emmanuel Macron ? – Non, mais attendez, il y a deux choses. Emmanuel Macron est exposé, très exposé, effectivement, à la pression populaire, à la pression de l'opinion publique, à la pression générale. Il est exposé. Et face à cette pression, est-ce qu'il tient ?

Est-ce qu'il pourrait éventuellement démissionner ? Ça, c'est une chose. Et puis, vous avez une deuxième chose qui est la destitution, qui est un acte juridique qui est, au titre de l'article 68 de la Constitution, si je me souviens bien, eh bien, vous votez une motion de destitution. Mais la motion de destitution, elle correspond à des critères précis. Il faut qu'il y ait manqué à ses devoirs de président de la République. Et ça, c'est assez vaste, si vous voulez. Et sauf à faire en sorte qu'il est livré des secrets d'État à Vladimir Poutine ou à Donald Trump, je ne vois pas très bien comment on pourrait faire aboutir une procédure de destitution.

Et puis, si j'ai bien compris, il y a aussi une grande majorité de députés dans l'hémicycle qui ne sont pas du tout favorables à voter ce genre de... – Il y en a 104 qui ont signé. – Oui, d'accord, mais bon, on est loin du compte, quand même. Donc, ça, c'est une chose. Après, il y a... Est-ce qu'il pourrait être amené à démissionner ? Bon, c'est une question qui se pose, effectivement. Et c'est sûr que si Sébastien Lecornu échoue, se posera la question de la dissolution de l'Assemblée nationale. Ça, c'est évident.

Et si le résultat de la dissolution, enfin, de l'élection législative qui suit, c'est d'avoir une chambre qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle qu'on a aujourd'hui, ça posera la question, évidemment, de sa démission. – Que veulent les Français là-dessus ?

25:48
Locuteur 5

– Les Français, je le disais, veulent une vraie présidentielle. Le drame pour le pays, c'est qu'il n'y a pas eu de vraie campagne en 2022. Elle a été phagocytée par le Covid, percutée par la guerre en Ukraine. Il n'y a pas eu de vraie campagne en 2024 parce qu'il y a eu trois semaines de campagne au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale. Spontanément, je suis frappé de voir que les Français ne demandent pas la démission d'Emmanuel Macron. Ils demandaient le départ spontanément de François Bayrou pour toutes les raisons dont on vient de parler, mais veulent qu'Emmanuel Macron finisse son mandat. Il a quand même l'atout international.

N'oublions pas qu'on est dans un moment où l'opinion publique s'intéresse de plus en plus à ces sujets et l'instabilité qui suivrait une démission, une campagne présidentielle, anticiper les Français n'en veulent pas. Mais effectivement, au-delà de ça, on a un président extrêmement abîmé. D'ailleurs, François Bayrou lui a fait un drôle de cadeau, si je puis dire. Quand on fait parler spontanément les Français sur Emmanuel Macron, il cite la dette. Et le premier responsable de la dette, de la ruine, entre guillemets, du pays, c'est Emmanuel Macron. Maintenant, Marine Tondelier se met dans la roue de LFI.

C'est peut-être pas très bien joué à quelques mois des élections municipales où les verts, les écologistes, ont beaucoup de villes à sauver. Et pour certaines, je pense à Strasbourg, c'est extrêmement compliqué.

27:05
Présentateur

– Est-ce qu'il peut, quand on entend les oppositions depuis deux, trois jours, Yves, trouver cet accord de non-censure, Sébastien Lecornu ? – Avec la gauche, avec éventuellement le RN. – Avec le RN, ça me paraît compliqué. – On va écouter Jean-Philippe Tanguy, juste avant de vous faire réagir. Jean-Philippe Tanguy, qui était ce matin. On va l'écouter.

27:29
Invité

– On vous bat Yrou, c'est Lecornu, Lecornu, c'est Bayrou, c'est pareil, c'est les mêmes ? – C'est Macron, tout ça, c'est Macron. – Vous êtes déjà passé à l'après, non ? J'ai écouté Marine Le Pen et Jordan Bardella hier à Bordeaux, vous jouez déjà le coup d'après. Sébastien Lecornu, vous n'avez pas envie de lui parler, vous n'avez pas envie de l'aider aujourd'hui, si ? – Mais ce n'est pas Lecornu, mais je pense que les Français ont compris.

27:46
Présentateur

On voit bien que les critiques se portent beaucoup sur M. Lecornu, nos militants ce week-end, d'ailleurs eux-mêmes, spontanément appelés à la démission d'Emmanuel Macron, au-delà de la dissolution. Parce qu'en fait, tout le monde a compris que M. Macron est en train de griller certaines personnes qui lui sont proches, qui sont sans doute sympathiques, pour son propre agenda. – Oui, vous me posez la question de savoir un accord de non-censure, ça me paraît difficile, vous voyez, avec le Rassemblement national, qui me paraît bien mal disposé à accorder cet accord de non-censure. Cet accord de non-censure, on le disait, c'est qu'il cherche à l'obtenir de la part des socialistes.

Alors je ne sais pas si ça peut prendre la forme d'un accord écrit très solennel, j'en sais rien, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y travaille. Aujourd'hui, je crois que l'énergie de Sébastien Lecornu, c'est à la fois de faire en sorte qu'il ne perde pas trop de voix de la droite tout en accédant à certaines demandes de la gauche.

Et c'est là où l'équilibre est précaire quand même, c'est très très compliqué, parce que si on a bien compris le discours de la droite, et d'ailleurs elle a raison de ce point de vue, parce qu'elle serait fidèle à son corpus idéologique, et des patrons, parce que les patrons sont dans la danse maintenant, c'est qu'il ne faut pas du tout d'augmentation de la fiscalité. Or, ça passe vraisemblablement par un bouger, comme on dit aujourd'hui, de ce point de vue, pour essayer de calmer le Parti Socialiste. Il est là le problème. Ça, c'est un problème majeur.

– Et d'autant que Sébastien Lecornu arrive à Matignon, vous le disiez, dans un contexte social compliqué, mobilisation syndicale annoncée jeudi, mobilisation des agriculteurs vendredi prochain, et justement on va écouter les syndicats. Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGTLT ce matin sur TF1. – Je vais lui dire que s'il ne veut pas rejoindre le cimetière des premiers ministres qui est déjà bien rempli, il faut qu'il pose des actes de rupture immédiat. Et ça commence par l'abrogation de la réforme des retraites, cette blessure démocratique et sociale. Il faut qu'il enterre le budget Bayrou définitivement.

Il faut qu'il débloque de l'argent pour nos services publics qui n'en peuvent plus. Il faut qu'il prenne des mesures pour augmenter les salaires et les pensions. Et puis je vais aussi lui remettre la liste des plans de licenciement. Nous en sommes à quasiment 450 plans de licenciement en un an. C'est une catastrophe. Je vais lui demander de prendre des mesures immédiates, un moratoire sur les licenciements. – Voilà, Sébastien Lecornu, qui a choisi de recevoir les syndicats avant même de recevoir les oppositions. Est-ce qu'il peut répondre aux demandes de Sophie Binet ? Et est-ce que c'est ce que les Français attendent, Frédéric ?

30:26
Locuteur 5

– Déjà, répondre à des licenciements, ça montre une méconnaissance de ce qu'est la réalité sociale du pays. Ce ne sont pas les dirigeants politiques qui mettent en place des plans de sauvegarde de l'emploi ou des plans de licenciement. On est en plus dans un moment où l'opinion publique est nettement plus bienveillante vis-à-vis des entreprises que par le passé. L'équation qu'on avait vue en 2012 au moment du choc fiscal de François Hollande, c'est-à-dire les Français qui disaient que les entreprises peuvent payer, c'est nettement moins le cas. Maintenant, il y a une prise de conscience qu'il ne faut pas toucher à l'appareil de production.

Maintenant, Sébastien Lecornu veut montrer qu'il est un homme de dialogue, il va recevoir les oppositions, il reçoit en parallèle les organisations syndicales. Dans un contexte, effectivement, il y avait une enquête IFOP pour l'humanité qu'on a appelée les raisons de la colère il y a quelques jours, en prélude de la fête de l'HUMA, qui montre une opinion publique qui est révoltée plus que résignée. Une opinion publique qui, quand on nous fait parler de la situation économique et sociale de la France, il y a moins de 8% des gens qui la trouvent satisfaisante ou qu'elle susciterait une certaine fierté.

Et effectivement, il faut répondre à des inquiétudes et des colères des Français sur les services publics, notamment la santé et l'éducation, sur le travail qui paye mal. C'est ça qui a été au cœur, qui a été le carburant du mouvement des Gilets jaunes. Et puis, il faut le dire, cette fameuse taxe Zuckmann, l'idée qu'il faut ponctionner, taxer les plus hauts patrimoines, c'est absolument majoritaire. C'est du 90-95%. Donc, ça va au-delà du simple peuple de gauche, parce que pour les Français, il y a l'idée que les efforts sont prêts à être faits, mais il faut une réciprocité et il faut une juste répartition. C'est ça qui a été le plus fortement critiqué au moment du plan de François Bayrou.

32:15
Présentateur

Et ces mobilisations sociales, c'est une épine de plus dans le pied de Sébastien Lecornu ? Oui, c'est-à-dire que ce n'était pas inattendu. Ça passe souvent par là. Il y a une pression. Alors, la mobilisation sociale, telle qu'elle se présente le 18 septembre, je dirais qu'elle est assez classique. Et peut-être qu'elle est moins à redouter pour un gouvernement qu'une mobilisation comme celle du 10 septembre. On ne sait jamais trop d'où ça sort, qui est derrière. Alors là, on le sait un peu mieux, parce qu'on sait que c'était quand même beaucoup la gauche radicale qui était à la manœuvre et qui avait essayé de fédérer le mouvement.

Mais vous voyez, les mouvements comme ça qui sortent de la société civile, type gilet jaune, on ne sait jamais jusqu'où ça va, on ne connaît pas les revendications exactes. C'est assez diffus. Et ça, c'est pour un pouvoir, à mon avis, pour des autorités, c'est assez dangereux. En revanche, une mobilisation syndicale comme celle de jeudi prochain ou celle des agriculteurs la semaine suivante, c'est assez cadré, comme vous savez à peu près à quoi vous en tenir. Mais est-ce que le fait qu'ils reçoivent d'abord les organisations syndicales, ça, ça marque déjà une rupture puisqu'il a employé du mouvement ? Oui, bien sûr, ça.

Oui, parce que ce sont eux qui sont au cœur de la vie sociale, de la vie économique, qui sont proches des Français, précisément. Donc, il y a aussi, et il en est conscient, le Premier ministre, c'est le dossier central là-dessus, c'est aussi les retraites. Et donc, les retraites, vous avez vu, le discours n'a pas beaucoup évolué pour ceux qui sont hostiles à cette réforme. Oui, et puis lui, dans la presse régionale, dit « je ne vais pas rouvrir le conclave » et pour ce modo, c'est un sujet de la présidentielle. Oui, mais il va sans doute aborder le dialogue social de façon différente, justement. La réforme des retraites, c'est attendu ?

34:08
Locuteur 5

Ça reste un point de fixation majeur. Dans l'enquête, il faut humanité, on a de mémoire 62% des Français qui souhaitent qu'on abandonne la retraite à 64 ans. C'est un sujet aussi qui va être discuté lors de la prochaine élection présidentielle. Mais il faut comprendre l'opinion publique par rapport au sujet des retraites. Il y a une logique d'air des d'air qui agace prodigieusement les Français. À chaque réforme, on leur dit « c'est la dernière réforme pour sauver le système » et puis ils entendent que certains parlent d'une retraite à 65 ans, à 67 ans, qu'il faut encore refinancer le système des retraites. Ça crée une vraie frustration dans un contexte.

Et là aussi, c'était une erreur de François Bayrou. Les Français soutiennent massivement les retraités. Ils ne font pas une distinction retraités, soi-disant riches, retraités modestes puisque la retraite, c'est aussi dans leur imaginaire un nouveau cap, une nouvelle vie dont ils voudraient peut-être un jour bénéficier.

35:02
Présentateur

Merci à tous les deux. Merci. Et désormais, on va terminer cette émission par l'histoire du jour. Et l'histoire du jour, elle nous emmène à Wattrelo. C'est à côté de Roubaix. Frédéric Yves, est-ce que vous savez ce que sont les berloufs ? Non. Alors, ça signifie guenille, chiffon, en jeti et par extension, ce sont des petites poupées en chiffon qui sont jetées dans la foule. C'est une véritable tradition dans le Nord. Et une semaine après la braderie de Lille, c'était hier qu'avait lieu l'édition des berloufs. Le matin, c'est un très grand vide-grenier avec 2300 stands.

Et puis, l'après-midi, comme vous le voyez sur cette une de Nord-Éclair, il y a un lancé de poupées et ils sont nombreux à lutter pour les récupérer. Cette fête, elle attire près d'un demi-million de personnes. Et pas seulement des chiens, il y a des gens qui viennent de Perpignan pour récupérer les berloufs. C'est donc, je vous le disais, une véritable tradition comme le lancé de Haran à Dunkerque, la ville voisine. On va dire que les poupées, c'est moins salissant et moins odorant. Merci beaucoup. Merci. Merci d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis pour cette première émission de la saison. On se retrouve évidemment avec grand plaisir demain.

Très bonne journée sur Public Sénat. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.