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interviewLe Média (sur Podcast)· 9 juillet 2026 25 min

Condamnée, mais candidate : Marine Le Pen intouchable ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mercredi 8 juillet et ça y est, on est fixé. Bah oui, Marine Le Pen est une délinquante. La justice l'a reconnue coupable par deux fois d'avoir tapé dans la caisse d'argent public. Et ce, avec tous ses petits copains du FNRN là, et ce, encore une fois, pendant plus de dix ans. Voilà. Et d'ailleurs, tout porte à croire qu'ils ne se sont jamais vraiment arrêtés. C'est en tout cas ce que soupçonne la justice européenne. On en parlait la semaine dernière dans le récap. Mais ce n'est pas tout. On est aussi fixé sur la suite. Eh bah oui, l'héritière de la dynastie Le Pen a tranché son propre sort, excite le remplaçant, un peu neuneu.

Elle reprend la place, celle qui mène tout droit à l'Elysée. Et peu importe si elle doit passer la porte avec un bracelet électronique à la cheville. Après tout, on n'est plus à une contradiction près au Rassemblement national. Mais juste avant de vous parler de tout ça, j'ai un message important à vous faire passer. Le média pourrait disparaître dans les semaines à venir. Pour sauver notre chaîne et pouvoir être au rendez-vous en 2027, on a un plan. On s'est fixé l'objectif de réunir 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet. Alors c'est ambitieux, mais on y croit grâce à vous qui nous suivez depuis toutes ces années.

D'ailleurs, un grand merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent déjà. Et si vous voulez apporter votre pierre à ce bel édifice collectif, c'est à partir de 5 euros par mois. Et c'est défiscalisable. Pour ça, rendez-vous sur capsurdicap.lemédiatv.fr. Et on repasse à l'actu du jour. Marine Le Pen, sa candidature et surtout ses petites manigances pour faire oublier ce légère déconvenu judiciaire. Hier, mardi 7 juillet, la cour d'appel s'est donc prononcée. Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds européens. Elle a écopé de trois ans de prison, dont un an ferme. Ce qui lui permet donc de prétendre à un aménagement de peine sous bracelet électronique.

Elle pourra demander conseil à Sarko. Au besoin, entre délinquants en col blanc, on se comprend. Et tout d'un coup, je ne sais pas si vous avez remarqué, on ne les entend plus du tout se plaindre que les peines de prison ne seraient pas effectuées dans leur intégralité ou que la justice serait trop laxiste. Museau ! Enfin, c'est comme le reste. Tout ça, c'est bon que pour les autres. Et puis bon, la liste des réjouissances ne s'arrête pas là.

La fille du Borgne écope aussi d'une amende coquette, 200 000 euros, et d'une peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 15 mois fermes, pile poil, ce qu'il lui fallait pour être en mesure de se présenter à la prochaine présidentielle, puisqu'elle s'est déjà acquittée de cette peine depuis le jugement en première instance rendu en mars 2025. Alors, si l'inéligibilité n'est plus un problème, reste encore cette foutue histoire de bracelet qui lui colle à la cheville. Pas du meilleur effet pendant une campagne présidentielle, surtout quand on disait ça il y a encore quelques semaines.

2:52
Locuteur non identifié

Vous imaginez bien que si la Cour suit le tribunal qui m'a condamné au port d'un bracelet électronique, je ne pourrais pas faire campagne.

3:01
Présentateur

Bon, vous allez me dire qu'elle n'est pas une contradiction près, la Marine. En ce moment, d'ailleurs, tout le monde s'amuse à rouvrir les archives et à ressortir les petites vidéos, comment dire, à un tant soit peu gênantes ou compromettantes. Petit florilège d'ailleurs, juste pour vous.

3:15
Locuteur non identifié

Moi, j'ai entendu le président de la République dire « Oui, ce qu'il faudrait, c'est rendre inéligible la vie, ceux qui ont été condamnés. » Jusque-là, j'étais parfaitement d'accord, c'était dans mon projet présidentiel. Pour corruption et fraude fiscale. Ah bon ? Et pourquoi pas le reste ? Mais alors pourquoi pas pour favoritisme ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? Allez, allez, allez, allez. Maxime ? Si Marine Le Pen est condamnée ? Si, avec des si, un appel. Oui, bien, on fait le… Ça veut dire que si Marine Le Pen est condamnée, même s'il n'y a pas d'inéligibilité, même s'il n'y a pas d'exécution provisoire, il n'y a pas de candidature possible pour Marine Le Pen.

Si, au début de l'année, un juge décide de condamner, peu importe la condamnation, il y aura un appel. L'appel vous rend plus blanc que blanc. Très bien, et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027, ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée, c'est ce que vous venez de dire ? Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. Oui, mais bon. Mais bon, quoi ? Ça, c'est ce que vous dites. Non, mais c'est ce que je crois, c'est la conviction. Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire s'il y a condamnation, il n'y a pas de candidature.

Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord. Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde. Mais Marine Le Pen est innocente, M. Switek. Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'interdiction de l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ?

4:47
Présentateur

Eh bien, mon petit doigt me dit que ce n'est pas près d'arriver. Alors, pour se sortir de ce mauvais pas, alourdi par la breloque de chevilles, Marine Le Pen et ses avocats ont trouvé un petit trou de souris dans lequel s'engouffraient à l'issue de ce second procès, perdant probablement le seul trou de souris à leur disposition d'ailleurs à ce stade, j'ai nommé le pourvoi en cassation. Une petite pirouette légale qui permet à la patronne des députés RN de suspendre pour l'instant le port du fameux bracelet électronique dont elle a hérité pour une année. Et hop, ni vu ni connu, je t'embrouille.

Marine Le Pen est débarrassée de son problème numéro un et en prime, elle et ses petits copains peuvent répéter en boucle sur les plateaux qu'elle est innocente, enfin présumée innocente, malgré une double condamnation pour détournement de fonds publics à son actif. Et autant vous dire qu'il ne se gêne pas pour le faire, quitte à légèrement patauger comme Jean-Philippe Tanguy sur France Inter encore ce matin.

5:47
Locuteur non identifié

Aucune contradiction avant Marine Le Pen condamnée deux fois, en première instance et en appel. Non, mais non, parce que dans ce cas-là... Elle va se présenter à l'élection présidentielle. Non, mais moi je comprends votre question et sans doute certains nombres d'auditeurs se la posent. Elle promettait l'inéligibilité à vie pour les politiques condamnées notamment pour détournement de fonds publics. Oui, mais elle n'est pas condamnée définitivement. Et il faut bien comprendre que l'éthique, ça va dans les deux sens. L'éthique, c'est accepter évidemment l'état de droit, c'est accepter la justice, mais ce n'est pas accepter l'injustice.

Et je suis désolé de vous le dire, Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. Elle est innocente. C'est la justice qui est la mieux placée pour savoir si les règles ont été respectées ou non. En l'occurrence, la justice dit que les règles du Parlement repéré étaient parfaitement claires. et que le système de détournement a duré 11 ans. Monsieur Le Baron, par définition, une personne sait avant tout autre si elle est innocente ou coupable. Et la justice établit ou reconnaît ou pas votre innocence. Mais vous ne pouvez pas dire que des tiers qui ne sont pas dans la vie et la tête de Marine Le Pen savent mieux qu'elle-même sa vie à ce qu'elle a fait.

Ce serait un peu facile. Vous qui réclamez la sévérité pour les délinquants, ceux qui nous écoutent ce matin peuvent dire « je m'estime innocent, je suis le mieux placé pour le dire ». Et vous avez le droit de vous défendre jusqu'au bout.

6:59
Présentateur

Alors le filon cassation est bon pour Marine, mais il y a quand même un petit hic. Le calendrier. Bah oui, si la Cour décide de passer la seconde sur ce dossier, comme ça a déjà été le cas à plusieurs reprises dans cette affaire, pour les besoins démocratiques, n'est-ce pas ? Et qu'elle déboute Marine Le Pen avant l'élection présidentielle, elle pourrait bien se retrouver à faire campagne avec son encombrant bijou de cheville. Ça la fout mal quand même quand on se revendique comme le parti de l'ordre et de la lutte contre la délinquance. Alors soudainement, au RN, on est beaucoup moins pressé.

On prend son temps, c'est la dolce vita de l'été et on espère que les magistrats en font d'eux-mêmes « piano piano », comme on dit chez Mélanie.

7:42
Locuteur non identifié

Il n'y a techniquement pas de risque. Aujourd'hui, Marine Le Pen est présumée innocente. Elle est d'ailleurs innocente dans les faits. Le jugement a été très clair. Il dit dans ce jugement que la liberté de candidature doit être maintenue. C'est très important. C'est une progression énorme que nous a donnée la Cour d'appel. Eh bien, chiche, oui, évidemment, le droit de se présenter de Marine Le Pen va être utilisé parce qu'elle est innocente. Elle ne portera pas le bracelet et elle sera face aux Français. C'est aux Français de choisir. Mais ça, c'est la méthode coué.

Vous dites chiche, c'est la méthode coué parce que la Cour de cassation peut parfaitement décider dans quelques mois maintenant que Marine Le Pen doit porter un bracelet électronique avant la présidentielle. Le temps moyen pour que la Cour de cassation se prononce, c'est deux ans. Il y avait une possibilité qu'elle se prononce plus tôt parce qu'il y avait une inéligibilité provisoire qui était prononcée sur Marine Le Pen. Ça y est, la Cour d'appel a rendu son éligibilité à Marine Le Pen. Donc tout cela n'a plus lieu d'être. Donc on peut continuer à faire des scénarii improbables. Ce soir, Marine Le Pen est candidate à la présidence de la République.

Jordan Bardella est candidate pour être son Premier ministre. Elle n'aura pas de bracelet. Elle est innocente et présumée comme tel. Donc vous jouez la montre, en fait. Ce que vous êtes en train de nous expliquer, c'est que vous tablez sur le fait que la Cour de cassation se prononcera après le scrutin présidentiel. Ce serait étonnant, du coup, qu'elle change ses calendriers

8:55
Présentateur

et je ne vois pas pourquoi elle le ferait. À ce stade, le RN joue la montre et croise les doigts. Et pendant ce temps-là, les juristes peuvent se casser la tête sur les probables suites de cette affaire qu'on peut raisonnablement qualifier d'inédite compte tenu du contexte politique. Mais tout porte à croire que, quelle que soit l'issue du feuilleton judiciaire, avec ou sans son bracelet à la cheville, Marine Le Pen se présentera à la fonction suprême aux Français de faire leur choix, dira-t-elle. Et puis, emballer, c'est peser. Mais au passage, il y en a un qui a très vite été renvoyé à la niche.

C'est évidemment le petit prodige, Jordan Bardella, qui aura donc tout le temps d'aller siroter des cocktails à Monaco avec sa princesse chérie. Après avoir rêvé du Palais de l'Elysée pendant plus d'un an, dopé par les sondages qu'il donnait plus haut que son aîné, le réveil a dû être un peu raide. Et c'était ce matin, parce que maman l'a traîné au marché de La Flèche, dans la Sarthe. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a dû sentir le changement d'ambiance. Alors ça, c'était au même endroit, à La Flèche donc, en novembre dernier, à l'occasion d'une de ses dédicaces de bouquins.

10:07
Locuteur non identifié

Bonjour.

10:09
Présentateur

Bonjour. Et ça, c'était ce matin, au lendemain de la grande annonce de la candidature de maman Le Pen. Il est où le prince de Bourbon des deux trucs là ? Il est parti garer la voiture ou quoi ? Ah si, attendez, regardez. On l'a retrouvé, il lutte pour se frayer un chemin jusqu'à la baronne qui le calcule à peine. C'est triste. Alors Jordan Bardella, qui s'est découvert une passion récente pour la monarchie, découvre qu'il n'est pas le premier dans l'ordre de succession de la grande maison des fachelards français. Le droit du sang prime toujours et Marine vient de cruellement lui reprendre la couronne qu'elle lui avait vaguement prêtée le temps de se sauver les fesses.

Je suis à deux doigts de lui envoyer le bouquin du prince Harry, le suppléant. Il y a des chances pour que ça lui évoque des choses au petit Jordan. Bah oui, après un gros coup de boost d'égo, te voilà relégué au rang du numéro 2. La figure interchangeable. Alors pour l'instant, Marine Le Pen la joue fine. Elle te garde sous le coude, mon Jordan. Sait-on jamais que la justice lui joue encore des tours et qu'elle ait besoin de sa doublure ? Alors elle nous vend le ticket gagnant à l'américaine. Elle sera présidente, lui, premier ministre. L'éternel sous-fifre. Le fusible qu'on peut faire sauter à tout moment au gré des manœuvres politiques et des alliances.

Bah oui, parce que c'est à ça que ça sert un chef de gouvernement normalement. C'est d'ailleurs pour ça qu'en général, on s'abstient de le désigner trop tôt. Sait-on jamais ce qui pourrait arriver ? Mais enfin, vous savez ce que c'est. Les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Et d'ailleurs, à ce sujet, ils en pensent quoi, les électeurs du RN, là, tout ça ? Après tout, c'est aussi leur argent qu'a volé Marine et toute sa clique pendant plus de dix berges. Eh bien, M6 leur a tendu le micro et c'est instructif.

12:00
Locuteur non identifié

Elle ne mérite pas ça. Elle ne mérite pas d'être punie comme... Il y en a qui ont fait pire et puis qui n'ont pas été punis comme elle. Parce qu'en fin de compte, elle est fauche. Et puis bon, elle est quand même dénable au mot. Et puis on est peut-être plus habitués avec. Elle est plus simple, plus ça sert. Je pense que Marine Le Pen fait les choses bien. Moi, je pense que ça serait bien de mettre une femme au pouvoir. C'est une dame qu'elle est franche. Elle dit la vérité. Son père, je l'aurais pas mis. Ça, c'était sûr. Mais elle, elle est différente. Maintenant, il faut voir. Le dire, le faire, c'est d'autant dire. Je croise les deux voies pour qu'elle puisse se présenter.

Comme ça, j'espère pour elle.

12:42
Présentateur

Très fort, très fort, très fort. Toute cette histoire a au moins un mérite. Remettre la mairie au milieu du village et faire voler en éclats le compte qu'on nous sert depuis des années. Celui selon lequel les électeurs du RN voteraient avant tout contre l'insécurité, la délinquance, le système ou la corruption, carrément. Les faits racontent exactement l'inverse. Si c'était vraiment, là, leur priorité, les condamnations de Marine Le Pen et des autres, les affaires judiciaires à répétition, les mensonges et l'abîme entre ces discours et ces actes auraient un prix politique. Or, ils n'en ont aucun.

Que la fille Le Pen tape dans la caisse, qu'elle soit condamnée pour ça à deux reprises, qu'elle étale au grand jour son absence de probité totale, entraînant avec elle, d'ailleurs, tout son parti, rien n'y fait, ils sont tous pourris. Oui, et alors, voilà la seule réponse que tout cela inspire à une bonne partie de l'électorat RN, parce que ce n'est tout simplement pas ce qui motive leur vote. Leur moteur, il est ailleurs. Il s'appelle la désignation d'un bouc émissaire, le racisme, le rejet de l'autre. La promesse qu'il suffirait de montrer du doigt les immigrés pour régler tous leurs problèmes, pourtant bien réels.

La précarité, les salaires qui stagnent, voire qui baissent, l'absence de perspectives absolues dans ce pays, les services publics enruinent, le déclassement total. Et pendant que le RN vote à l'Assemblée, main dans la main, avec les macronistes et la droite sur quantité de textes, qui prolonge précisément ces politiques délétères, eh bien, le RN, il continue de vendre la même fable, celle selon laquelle l'étranger serait responsable de tout qu'en expulsant des millions de personnes, les salaires subitement grimperaient, les hôpitaux fonctionneraient à nouveau, le pouvoir d'achat reviendrait et tous les problèmes disparaîtraient comme par enchantement.

C'est une promesse d'une simplicité enfantine et un mensonge d'une efficacité redoutable, portée par une héritière qui a grandi dans un manoir et un arriviste bling bling, tout va bien. La haine n'a jamais rempli un frigo, en revanche, elle remplit les urnes. Et avant de continuer avec le reste de l'actualité, je vous rappelle notre objectif de 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour sauver Le Média, la seule télé indé de France. Aidez-nous à continuer à vous informer, c'est à partir de 5 euros par mois et c'est défiscalisable. Pour ça, rendez-vous sur cap sur dica.lemédiatv.fr Notre survie ne dépend que de vous.

Et puis, vous savez, si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de choisir et de proposer des sujets, je vous attends sur le canal Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos YouTube. Sacré désaveu pour la gendarmerie et le ministère de l'Intérieur. La défenseure des droits, Claire Edon, dénonce l'action des forces de l'ordre lors de la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Soline. L'autorité indépendante parle de manquements déontologiques graves et demande l'ouverture de procédures disciplinaires contre une vingtaine de gendarmes. Alors rappelez-vous, c'était en mars 2023.

Les tirs tendus jugés illégaux de grenades lacrymogènes avaient provoqué de très graves blessures chez plusieurs manifestants. Mais les critiques ne s'arrêtent pas aux exécutants. Claire Edon met en cause toute la chaîne de commandement, estimant que des ordres illégaux ont été donnés de manière répétée. Et que la hiérarchie n'a rien fait et a même laissé faire. La défenseure des droits épingle aussi l'inspection générale de la Gendarmerie nationale, accusée de ne pas avoir mené une enquête objective, ainsi que le ministère de l'Intérieur, auquel elle reproche son absence de réaction pendant plus de deux ans, malgré les nombreux signalements et les révélations de la presse.

Et puis cet autre élément accablant, les vidéos des caméras piétons des gendarmes qui sont passées en boucle dans les médias, notamment grâce au travail de Mediapart. On y voit des gendarmes appelant à mutiler ou à tuer des manifestants, se félicitant des blessures qu'ils infligent. Regardez, on en a déjà longuement parlé sur le média.

16:59
Locuteur non identifié

Des propos qui sont jugés indignes par Claire Hédon.

17:30
Présentateur

Claire Hédon qui va quitter son poste. Le nouveau défenseur des droits devrait être François-Noël Buffet. Il a été proposé par Emmanuel Macron. Et sa nomination inquiète. Mais alors, qui est-il ? Eh bien, un sénateur LR avec des positions, disons, très arrêtées. On ne va pas toutes les lister, mais déjà, sachez qu'il était contre le mariage pour tous. Étrange pour un défenseur des droits, vous en conviendrez. Il a aussi voté contre l'extension de la procréation médicalement assistée et s'était opposé à la constitutionnalisation de l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse. Sur l'immigration, il passait son temps à répéter tolérance zéro.

18:12
Locuteur non identifié

Il faut avoir une tolérance zéro sur l'immigration irrégulière. C'est ce que nous faisons avec Bruno Retailleau. Mais il faut en parallèle, et j'insiste là-dessus, travailler sur l'immigration régulière. Il faut la réduire. Considérablement. Car nous n'avons pas, aujourd'hui, le niveau d'intégration nécessaire.

18:27
Présentateur

Et sur le soi-disant islamo-gauchisme, qu'on nous sert à toutes les sauces, eh bien, François-Noël Buffet a des arguments. C'est la faute de LFI qui jouerait le jeu de l'islam radical. Écoutez-le. À l'époque, il était ministre délégué auprès de Bruno Retailleau.

18:44
Locuteur non identifié

On sent bien que, depuis maintenant quelques années, il est soutenu d'ailleurs par un parti politique bien connu, désormais à l'Assemblée nationale. Et les filles ne peuvent pas perdre de vue que ce système-là est insidieux, qu'il correspond à une stratégie, une stratégie de fond de l'islam radical, pour dire les choses telles qu'elles sont, et cette stratégie qui n'est pas la stratégie de l'ensemble de nos compatriotes d'origine étrangère et singulièrement musulmane. Ce n'est pas forcément leur majorité à eux, mais une partie le fait. C'est une stratégie politique. Elle est organisée, elle est structurée, elle est soutenue par un parti politique qui est les filles, on l'a dit.

Et de ce fait-là, il faut y mettre fin le plus vite possible. À défaut, nous aurons des difficultés.

19:22
Présentateur

Et voilà, c'est certainement lui, notre prochain défenseur des droits. Et tant qu'à parler de François-Noël Buffet, LR convaincu, restons sur le même bord politique avec Éric Poget, le député qui a porté la loi sur la présomption de légitime défense des policiers. Déposée hier à l'Assemblée nationale et votée dans la soirée, dans une assemblée complètement fracturée, lors d'une séance particulièrement tendue, elle a été adoptée par 313 voix contre 199, avec le soutien du gouvernement et de l'alliance Rassemblement National UDR.

La gauche, unie cette fois-ci, a tenté de faire bloc, rappelant l'opposition ferme au texte de plusieurs organisations, notamment Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme, le syndicat de la magistrature. Pour ne citer qu'eux, ce fut en vain. Grâce à un procédé constitutionnel, le gouvernement a mis fin à tout examen d'amendement et a pu faire voter le texte qui doit désormais aller au Sénat. On le redit ici, cette loi figure dans le programme du RN depuis bien des années. C'était une idée de Jean-Marie Le Pen. Elle représente un recul historique. Désormais, un policier ou un gendarme qui tire sur un civil sera présumé innocent, avoir agi dans la loi.

C'est ce qu'on appelle un permis de tuer. Et voici une autre loi qui fracture les parlementaires, la loi sur la fin de vie. Hier, le Sénat a rejeté, contrairement aux députés, et pour la troisième fois, la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Les sénateurs de droite et du centre majoritaire au Sénat ont adopté une motion de rejet avant même d'examiner le texte, empêchant ainsi tout débat de fond. Malgré le rejet du Sénat, la loi n'est pas enterrée pour autant. En cas de désaccord, la Constitution donne le dernier mot aux députés. Le vote définitif est prévu le 15 juillet et a donc de fortes chances d'être adopté. Alors que prévoit ce texte ?

Un droit à l'aide à mourir pour une personne qui en fait la demande et qui répond aux cinq conditions prévues par la loi. Elle sera désormais autorisée à recourir à une substance létale avec un accompagnement médical. Si on résume grossièrement, la droite est contre, la gauche est pour. Mais c'est un peu plus subtil que ça, comme le rappelle le Front de Gauche antivalidiste, mobilisé aujourd'hui devant l'Assemblée nationale. Nos reporters Lisa Noyal et Marjolaine Legrand les ont interrogées.

21:59
Locuteur non identifié

Contrairement aux apparences, cette loi, ce n'est pas une loi progressiste. Quand j'en parle autour de moi, les gens me disent « Ah, mais pourtant, l'euthanasie, c'est de gauche, c'est pouvoir choisir, pouvoir mourir dans la dignité, etc. » Mais en vrai, les implications sont beaucoup plus importantes que ça, puisque ce texte de loi, il vise spécifiquement les personnes précaires, les personnes handicapées, les personnes qui sont déjà stigmatisées, qui sont déjà ostracisées socialement. Alors que dans l'imaginaire collectif et pour les gens qui n'ont pas lu le texte, c'est pour les personnes en soins palliatifs, les personnes qui sont en phase terminale. Et ce n'est pas le cas.

Ce n'est pas le cas. Et souvent, quand on dit « Voilà, cette loi va mettre en danger des personnes handicapées », on nous dit « Ah, mais vous êtes parano, etc. » Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'à voir comment ça se passe dans les autres pays où elle est déjà mise en œuvre, enfin, où des lois similaires sont mises en œuvre. Par exemple, au Canada et en Espagne, maintenant au Canada, la loi MADE, qui est l'équivalent, elle est ouverte maintenant aux personnes sans-abri. En Espagne, il y a une jeune femme éligible qui a subi un viol collectif et qui a demandé, enfin, à qui on a proposé le suicide assisté et qui, du coup, a été euthanasié suite à ça.

Donc, au lieu d'aider les gens, au lieu de leur donner accès à une vie digne, on leur propose une mort digne.

23:30
Présentateur

Et on termine avec l'international et la guerre Iran-États-Unis. Reprise des bombardements, les États-Unis ont lancé des frappes contre l'Iran et rétabli leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien. Comme à son habitude, Washington a dit répondre à des tirs venant de Téhéran sur des navires commerciaux dans le détroit d'Hormuz. Et en représailles, l'Iran a visé plusieurs bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Trump affirme de son côté que le cessez-le-feu est terminé. Il menace même de destruction et en même temps laisse la porte ouverte à d'éventuelles négociations. Toujours aussi flou, c'est difficile d'y voir clair.

De son côté, le président iranien affirme que le président américain contourne les règles, intimide ses rivaux et triche et il assure nous défendons fermement nos droits. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Et puis, souvenez-vous, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr pour devenir un de nos 10 000 donateurs mensuels et sauver notre chaîne avant le 31 juillet. Un grand merci à vous et une très bonne soirée sur le média.