Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 13 mai 2025 8 min

Prise de parole d'Emmanuel Macron : «Le président remet les choses en perspective, on vit un momen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve. 20h46 sur Europe 1 avec Jean-Michel Salvatore et Jules Thores et Coton-Emmanuel Macron qui s'est exprimé sur la politique internationale et notamment sur la dissuasion nucléaire.

0:15
Emmanuel Macron

Les américains aujourd'hui ont des bombes en effet sur des avions en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Turquie. Nous nous sommes prêts à ouvrir cette discussion. J'en définirai le cadre de manière très officielle dans les semaines et les mois qui viennent. Mais on a déjà engagé les choses avec ces réserves que j'évoquais. C'est-à-dire, ce n'est pas nous qui finançons, ça ne vient pas en soustraction de ce qu'on a. On ne partage pas le pouvoir.

0:39
Présentateur

Voilà donc ce que dit Emmanuel Macron. Mathieu Lefebvre est avec nous. Bonsoir, député Redescens du Val-de-Marne. Comment est-ce que vous avez regardé cette première partie de l'émission avec le Président ? J'ai trouvé d'abord que le Président remettait les choses en perspective. C'est vrai qu'on vient d'un moment de grands bouleversements internationaux. L'ordre qu'on a connu avec nos parents depuis 1945 qui est en train d'être complètement chamboulé. On avait besoin de certitude. Et le Président en a remis avec beaucoup de lucidité également sur la portée de la réponse européenne. Et puis en tissant un lien entre ce qui se passe à l'extérieur et ce que vivent les Français.

Parce qu'il l'a dit et il l'a redit, la paix en Ukraine, c'est aussi la paix pour les Français in fine. Jean-Michel Salvatore, question pour Mathieu Lefebvre.

1:32
Invité

D'une façon plus générale, à quoi peut servir une telle émission ? En quoi une émission comme celle-là, une prise de parole aussi longue sur tous les sujets, en quoi cette émission peut rendre l'action de l'exécutif plus facile ou moins difficile ?

1:49
Présentateur

Je pense qu'il y a d'abord une nécessité de parler aux Français. On est tous, chacune et chacun d'entre nous, très inquiets de ce qui se passe dans le monde. Très inquiets également aussi des blocages que peut connaître la scène politique nationale. Et donc on a besoin que le Président de la République, avec ce lien très particulier qu'il a aux Français et qui est issu du suffrage universel direct, puisse nous éclairer sur là où on va, ce qu'on compte faire, quel va être le pays dans les prochaines années. Et il me semble qu'on a tous besoin et tous des questions à poser ce soir au Président de la République. Très bien qu'il puisse le faire dans le monde.

Mathieu Lefebvre, est-ce que le Président qui dit que la France est prête à une discussion sur le déploiement d'avions armés de bombes nucléaires dans d'autres pays européens est une bonne solution ? Oui, de toute façon, je crois que le partage de la dissuasion nucléaire, c'est évidemment l'avenir pour avoir une puissance nucléaire européenne qui soit forte. Il ne s'agit pas de retirer des atouts à notre pays, il s'agit de pouvoir les mutualiser et d'être encore plus forts en européen avec ceux-ci. Donc vous croyez à une osmose européenne pour les années à venir ? C'est-à-dire que vous êtes un peu comme Francis Fukuyama qui, dans les années 90, disait qu'il n'y aurait plus jamais de guerre ?

Non, je ne crois pas à la fin de l'histoire, Francis Fukuyama, mais je pense que la nécessité fait la vertu et que l'Europe ne progresse que pendant les crises. Et c'est avec cette crise majeure qu'on pourra progresser pour essayer d'avoir une réponse unie. Ça ne veut pas dire que tout le monde sera d'accord, mais on voit bien que dans un monde qui est dominé par les États-Unis et la Chine, une réponse dans les strictes frontières hexagonales, ça ne fonctionne pas. Il ne s'agit pas non plus de se couper de notre allié américain, comme l'a dit le président à plusieurs reprises. Mais les enjeux aujourd'hui sont des enjeux continentaux et il faut y répondre de façon continentale.

3:33
Invité

Bonsoir Mathieu Lefebvre, pardonnez-moi de revenir sans doute à un sujet un peu plus bas de gamme, mais est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'en multipliant les sujets de discussion ce soir avec les Français, de l'autonomie stratégique en passant par le cessez de feu en Ukraine, sur les questions de sécurité, d'entreprises fermées, actuellement Emmanuel Macron discute avec Sophie Binet de cette vague de plans sociaux en passant par la fin de vie, est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on a une grande paella présidentielle, pour reprendre une image un peu triviale, et qu'au final, dans une heure et demie, dans deux heures, quand ce sera terminé, on n'aura rien à retenir de cette soirée ?

4:13
Présentateur

Non, je ne crois pas. Je pense que les Français ont beaucoup de sujets pour lesquels ils ont besoin de réponses, que ce soit les salariés d'ArcelorMittal ou les Français qui sont inquiets de l'évolution du monde qui les entoure. Il me semble que c'est aussi le rôle du président de la République de pouvoir s'exprimer sur l'ensemble de ces sujets. On est dans un grand pays qui est un pays d'État où la figure du président de la République est la clé de voûte institutionnelle. C'est normal qu'on s'adresse à lui sur l'ensemble de ces sujets. On reproche beaucoup au président, parfois, d'être trop distant.

J'ai entendu des commentaires qui indiquaient qu'il était peut-être arrogant, ou qu'il avait mal pris en compte les considérations des Français. Là, ce soir, il répond in situ, il élude aucune question. Il n'y a, me semble-t-il, pas beaucoup d'hommes politiques sur la scène nationale qui sont capables d'en faire autant. Ah bon ? Et pourquoi vous dites ça ? Parce que quand j'écoute le niveau de la prestation du président de la République, je vois un homme politique qui est accompli, complet, et qui est susceptible d'apporter des réponses sur l'ensemble des sujets, avec aussi un regard rétrospectif qui est parfois critique sur ce qu'il a pu lui-même faire. Il ne s'agit pas d'être...

Vous n'êtes pas du tout partisan en disant ça ? Vous dites ça, j'allais dire, in abstracto ? Moi, le président de la République a expliqué très clairement que tout n'a pas été bien fait. Il reconnaît lui-même qu'il y a eu, évidemment, des erreurs. Mais il me semble qu'on a un président de la République qui est un président de qualité, et qui est susceptible de répondre aux grandes questions des Français. Et oui, je le dis et je le pense, il n'y a pas beaucoup d'autres hommes politiques sur la scène nationale qui seraient capables d'en faire autant. Jean-Michel Salvatore.

5:45
Invité

Mais est-ce que ça ne va pas être une émission, finalement, d'un président entravé qui va être l'observateur de ses propres impuissances ? Parce que, finalement, avec Robert Ménard, on va parler beaucoup d'immigration et il n'y a pas de bonnes nouvelles annoncées de ce point de vue-là. On va parler aussi de l'endettement avec Mme Verdier-Molinier. Et là aussi, le bilan est assez catastrophique. On va parler aussi de la situation de l'emploi. Le président de la République avait promis de revenir au plein emploi et on voit bien que le chômage est en train d'augmenter à nouveau. Il y a des sujets de désindustrialisation qui sont aussi très aigus comme celui d'ArcelorMittal.

Le président de la République n'a pas énormément de moyens pour agir aujourd'hui, en dehors de l'international. Mais là, il va être plutôt dans le constat et dans le constat de certains échecs.

6:34
Présentateur

Je pense qu'il ne se résigne pas à l'inaction ou à la fatalité. Si on fait ça, à ce moment-là, il n'a plus qu'à inaugurer les crises en thème pendant deux ans. Mais c'est aussi ensuite, en effet, au gouvernement à pouvoir traduire en actes ce qu'il va proposer. Et puis aux parlementaires comme nous, à s'y associer. Mais on ne peut pas avoir des crises mondiales et internationales et en tirer aucune conséquence au plan national. Sinon, on ne fait plus rien et on attend à chaque fois, au bout d'un an, la prochaine élection présidentielle. Donc, évidemment qu'il va falloir en tirer toutes les conséquences.

Et évidemment qu'il faut que toutes les forces politiques, représentées dans leur diversité, puissent formuler des propositions dans les années à venir. Mathieu Lefebvre, je sais que vous êtes, Mathieu Lefebvre, très renseigné. Qu'est-ce qu'il va annoncer le président de la République, là ? Un référendum ? Non, je ne sais pas. Je ne sais pas. En revanche, il me semble qu'il y a besoin de contourner un peu le maestro politique actuel et qu'il n'est pas illogique de faire appel aux Français sur un certain nombre de sujets. Et je pense qu'on ne doit jamais avoir peur du suffrage universel. Donc, c'est toujours une bonne chose que des référendums.

C'est une belle réponse que vous nous faites en filigrane. Et on va terminer là-dessus. Merci beaucoup, Mathieu Lefebvre, d'avoir été avec nous sur Europe.

Prise de parole d'Emmanuel Macron : «Le président remet les choses en perspective, on vit un momen — Emmanuel Macron · Pourquijevote