Donald Trump et Gaza, motion de censure, budget... Le 8h30 franceinfo de Boris Vallaud
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Boris Vallo. Bonjour. On a beaucoup parlé ce matin sur France Info de cette déclaration cette nuit de Donald Trump aux côtés de Benjamin Netanyahou qu'il recevait à la Maison Blanche. Les Etats-Unis veulent prendre le contrôle de la bande de Gaza pour en faire une sorte de côte d'azur. Comment avez-vous reçu cette déclaration ?
Écoutez, comme une manifestation supplémentaire du dérèglement mental, autant que politique du président Trump. Mental ? Oui, je crois que ça relève de ça désormais. Je veux dire, ce président américain est un grand danger. Il est un danger ambulant. Il est un danger pour la stabilité du monde. Il est un danger pour la paix au Proche-Orient. Il est un danger pour le droit international. Chacun sait que le seul chemin de paix, c'est la solution à deux Etats. et que toute autre considération serait en effet un grand danger, une grande déstabilisation. Mais je vois chaque jour le président Trump prendre une position puis une autre tout aussi folle et inquiétante.
Et chacun doit bien prendre la mesure de la menace qui plane avec cette espèce non seulement de trumpisation du débat public mais de trumpisation de l'ordre mondial.
Sauf que c'est quand même le président américain qui parle. Benjamin Netanyahou estime que cette solution pourrait changer l'histoire. D'autant que Donald Trump veut aussi envoyer les Gazaouis en Égypte et en Jordanie. Ça peut avoir peut-être quand même des conséquences concrètes, un tel discours dans la région ?
Évidemment, c'est un discours qui est irresponsable. Tout président des Etats-Unis qu'il est, il est assujetti à l'ordre international, aux droits internationales et il doit s'y plier. Si les Etats-Unis sont encore le grand état de droit, la grande démocratie qu'ils prétendent, eh bien ce type de considération, ce type de propos n'a pas sa place.
C'est susceptible de provoquer le chaos ?
Ah ben s'il devait y avoir au-delà des mots une exécution, et je crains ce que les mots déjà peuvent produire, d'évidence oui.
À propos de mots, le Hamas dénonce un plan raciste visant à éradiquer la cause palestinienne à l'instant. Un plan raciste, c'est ce que vous y voyez vous aussi ?
C'est un plan que je qualifierais de délirant, de sans fondement, et je pense sans avenir. Je le dis avec netteté, je me souviens de négociateurs d'Oslo, que j'ai vus il n'y a pas si longtemps que cela, qui me disaient, nous avons tout négocié, maintenant imposez-nous la paix. Et donc c'est le chemin, le seul chemin que nous devons suivre.
Cet après-midi, les socialistes dont vous faites partie ne voteront pas la motion de censure déposée par les insoumis et co-signée par les écologistes et les communistes, Olivier Faure dit qu'un budget de droite vaut mieux qu'une absence de budget. C'est donc franchement à contre-cœur que vous ne voterez pas la censure ?
Oui, c'est à contre-cœur, parce que je crois que ceux qui nous écoutent, qui nous regardent le savent. La situation est extrêmement compliquée. Le choix que nous avons à faire et que nous faisons cet après-midi, il est difficile. Et je vais vous dire, à bien des égards, il est douloureux. Parce que ce budget n'est pas le nôtre. Parce que ce budget est un budget de droite. Parce que ce budget n'est pas celui que nous aurions présenté avec le reste de la gauche et que nous avons essayé de défendre dans l'hémicycle. Mais je voudrais aussi dire ce que nous avons essayé de faire depuis des semaines. En conscience. Depuis le début de cette grande bataille qui s'est organisée autour du budget.
en rappelant que ni les Français, ni la gauche, ni les socialistes ne sont responsables ni de la dissolution du président de la République, qui nous a mis dans un chaos institutionnel et politique considérable, ni des 60 milliards de dérapage de nos finances en 2024. Nous sommes, nous avions une seule préoccupation, l'intérêt du pays et la défense des Françaises et des Français qui n'ont que leur force de travail pour vivre. Et auxquelles, depuis maintenant plusieurs années, le gouvernement veut faire payer le quoi qu'il en coûte. Celles et ceux que nous avons applaudis à 20h, c'est eux qu'il faut protéger. Mais on peut, moi j'aimerais qu'on puisse revenir dans le détail la chose.
Mais Boris Valor, pourquoi est-ce que François Bayrou réussit là où Michel Barnier a échoué ? Et est-ce que ça augure d'une forme de stabilité jusqu'en 2027 ?
D'abord la stabilité elle est loin d'être acquise. Elle est loin d'être acquise. Nous ne changeons pas d'alliance, nous ne sommes pas à la recherche de coalition, nous ne sommes pas au gouvernement. Et nous combattrons à toute force ce gouvernement dans chacune des régressions. qui seront les siennes. Et nous le ferons de toutes les manières. En votant contre les lois, en proposant des contre-projets, en formant là aussi des coalitions de gauche pour nous opposer à un certain nombre de régressions.
Donc ce n'est pas une garantie de survie pour le gouvernement de François Bayrou ?
Non, ce n'est certainement pas une garantie de survie. Et ce n'est pas à M. Bayrou que nous donnons un budget. C'est au pays. Pardon, mais parce que c'est important d'être compris. Je dois vous dire que, en sincérité, c'est un moment éprouvant, c'est un moment difficile. Il y a plusieurs mois, nous nous sommes dit, comment pouvons-nous économiser à celles et ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre les efforts qui sont demandés par le gouvernement ? Et comment nous mettons plus de justice fiscale en mettant à contribution celles et ceux qui le peuvent, qui aujourd'hui sont des meufs et, j'allais dire, grondes et frondes.
Mais on pourra y revenir, parce que ce sont pour un certain nombre d'entre eux les mêmes qui font la claque à l'intronisation de M. Trump. Nous avons essayé d'épargner des souffrances. Et quand je fais le bilan de tout cela...
Donc c'est quoi ? C'est les Français que vous rencontrez sur le terrain ? C'est les élus locaux qui vous ont convaincus ?
C'est les Français, c'est les chefs d'entreprise, c'est les artisans, c'est les commerçants, c'est le monde du BTP, c'est les agriculteurs de ma circonscription, c'est les responsables associatifs.
Ce ne sont pas aussi les résultats des élections récentes qui ont vu quelques déboires à gauche et qui ont peut-être montré aussi que les Français en avaient assez de la radicalité ?
Écoutez, je ne sais pas si on peut tirer de leçon définitive de scrutin partiel. Ce que je sais, c'est que je me suis posé la question, et on s'est posé la question en renversant le gouvernement de Michel Barnier avec le reste de la gauche, de ce que nous pouvions économiser ou épargner de souffrance aux Françaises et aux Français. Rappelez-vous qu'il devait y avoir une désindexation des pensions. C'était 3,6 milliards d'économies sur le dos des pensionnés. C'était 239 euros d'économies pour une pension moyenne. Ça, il n'en est plus question. Il y avait des déremboursements de médicaments, des déremboursements de consultations. Ça, il n'en est plus question.
On manquait de moyens à l'hôpital.
Les insoumis disent que c'est du vent tout ça, que déjà on n'a pas besoin de budget puisqu'il y a une loi spéciale,
et que les concessions, ce n'étaient pas des vraies concessions. Vous savez, il y a à la France insoumise une diversion stratégique avec nous. Pour eux, c'est tout ou rien. Et finalement, dans le court terme, ils préfèrent que ce soit rien pour les Français. Moi, je considère que ce n'est pas rien quand il n'y a pas les 4 000 suppressions de postes dans l'éducation nationale parmi les enseignants. Parce que le week-end prochain...
Et ça, c'était actuel avec Michel Barnier.
Ah non, détrompez-vous. Les 4 000 postes, ils étaient supprimés. Et moi, je me bats dans ma campagne, comme dans beaucoup d'entroits de notre pays, pour que des classes survivent, que des classes subsistent. Et pas plus tard que samedi prochain, je suis dans une commune de mon département pour me battre. Et donc, je considère que ce n'est pas rien. Quand il y a un milliard de plus pour l'hôpital, et l'hôpital dont on sait à quel point il est aujourd'hui dans une situation extrêmement difficile, songez que, je reviens, pardon, au territoire que je connais le mieux, les Landes, chez moi, la clinique d'Air-sur-Adour, voici les urgences fermées la nuit et le week-end.
Avec cette augmentation du budget de la santé, du budget de l'hôpital public, c'est entre 10 et 12 000 postes qui seront maintenus ou qui seront créés. Donc, vous nous dites que vous avez remporté des victoires. Est-ce que vous êtes tous... C'est-à-dire que nous avons épargné un certain nombre de souffrances aux Françaises et Françaises ? Est-ce que c'est suffisant ?
Est-ce qu'il y aura une unanimité ? On se souvient la dernière fois, 66 députés socialistes, 8 avaient voté la censure. Est-ce que vous dites, aujourd'hui, pas une voix ne manquera ?
Je le crois. Je le crois parce que ce combat, il nous est commun, parce que ce n'est pas un blanc-seing du gouvernement, que nous ne le soutenons pas, que nous ne lui faisons pas confiance. Je rappelle que nous avons voté contre ce budget les deux fois où il nous a été soumis au vote. Dans le scrutin du Sénat, les sénateurs socialistes ont voté contre. À la commission mixte paritaire, nous avons voté contre également. Et si nous avions dû voter sur ce budget, nous aurions voté contre. Et il n'y aura même qu'une motion de censure,
parce que vous ne votez pas celle d'aujourd'hui, il y en aurait une autre, pour le coup, la semaine prochaine que vous allez déposer. Est-ce qu'elle sera rédigée de manière à pouvoir réunir des voix au-delà du Parti socialiste, à gauche, mais même peut-être au-delà, et pourquoi pas ?
Je voudrais peut-être répondre, parce que je n'ai pas tout à fait répondu à la précédente question, et après je vais vous répondre sur la motion de censure. On dit, mais finalement, on n'a pas besoin, j'entends effectivement, on n'a pas besoin de budget, on a la loi spéciale.
La loi spéciale, pardon, mais c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, la commande publique, pour beaucoup de petites entreprises, est à l'arrêt, que ça met en difficulté de trésorer beaucoup d'entreprises qui nous disent on va devoir licencier, ça risque de bloquer un certain nombre d'aides à l'agriculture, qui est en grande souffrance et qui en a besoin, ça bloque les recrutements dans un certain nombre d'administrations, ça retarde, voire ça annule un certain nombre de projets d'investissement des collectivités qui, pour beaucoup d'entre elles, ne savent pas sur quelle base elles vont voter. C'est la réponse aux insoumis.
Et pardon, et je termine, il y a 20 milliards, ce n'est pas suffisant, d'impôts nouveaux entre 2024 et 2025 dans le projet. Moi, je ne veux pas en dispenser ceux qui vont les payer. Parce que ce n'est pas les Français qui bossent, c'est ceux qui rémunèrent grassement leurs actionnaires. Alors, je vais vous répondre sur la motion de censure. Oui, elle sera déposée à la fin de la procédure. Et est-ce qu'elle a pour objectif de faire tomber le gouvernement Bayrou ? Elle peut le faire tomber. Elle peut le faire tomber comme toute motion de censure déposée. Et je voudrais simplement en rappeler l'esprit. Autant on peut essayer de trouver des compromis et une compromis populaire délétée à Vélie.
Ça veut dire que là, vous dites, on ne veut pas le faire tomber, mais dans une semaine, on peut le faire tomber.
Je dis, pardon, je dis, nous voulons un budget pour le pays. Ne confondez pas deux choses. Nous voulons un budget pour le pays. Nous ne soutenons pas ce gouvernement. Il y a deux choses différentes.
Est-ce que vous voulez faire chuter ce gouvernement ? C'est ça la question. Quand on dépose une motion de censure, c'est que vous le souhaitez hors.
Mais moi, je souhaite depuis le début que nous ayons un gouvernement de gauche. Nous l'avons réclamé par deux fois. Et si ce gouvernement doit tomber, je souhaite qu'il y ait un gouvernement de gauche. Parce que les choix que nous ferons ne seront pas les mêmes. Parce que la solidarité nationale ne sera pas invalée.
Mais vous savez pourquoi je vous pose la question ? C'est parce qu'il y a une condition politique à la chute du gouvernement Bayrou. C'est qu'une motion de censure soit votée à la fois par la gauche et par le Rassemblement national.
Nous verrons ce qui se passe. Je connais le cynisme du Rassemblement national. Mais je voudrais sur quoi va porter cette motion de censure. Autant, je l'ai dit, nous pouvons essayer de chercher des compromis très imparfaits. Et ce budget sera dur. Ce budget sera dur. Et nous ne lâcherons pas le gouvernement dans l'exécution de ce budget. Et nous lui dirons s'il manque des crédits, qu'il faut une loi de finances rectificative avant la fin de l'année. Nous le ferons parce que c'est notre devoir d'opposition d'être utile tout de suite et toujours aux Françaises et aux Français. Mais il y a des sujets sur lesquels on ne transige pas.
Et on a commencé l'ouverture de notre entretien par Donald Trump. Je considère qu'il y a un vent mauvais qui se lève en France et le gouvernement participe de souffler dans ses voiles. Et si je le dis, c'est que...
Vent mauvais, vous pensez au mot submersion ?
Je pense au mot submersion qui n'est pas qu'un mot parce que derrière, il y a une circulaire. Une circulaire de M. Retailleau qui va mettre en grande difficulté tout de suite des familles, des étrangers qui travaillent, qui parfois payent leurs impôts et payent leurs cotisations sociales, qui font tourner des secteurs en type d'ordre...
Franchement, vous comparez Donald Trump et François Bayrou. Rien, quand même, dans le parcours de François Bayrou laisse penser une quelconque compréhension vis-à-vis du racisme. Ses dernières présidentielles, il ne parlait même pas de l'immigration.
Je lui demande de faire acte d'autorité quand son gouvernement déraille. Quand un de ses ministres remet en cause l'état de droit. Quand un de ses ministres remet en question l'ordre républicain, l'autorité de la Constitution. Qu'il s'en prend au juge constitutionnel. Je demande qu'il se... Ce n'est pas un faux procès. Quand on remet en cause l'autorité de la science à travers des attaques contre l'ANSES. Lorsque l'on a été le pays qui a négocié et conclu les accords de Paris, on ne peut pas prendre le risque à Bruxelles de l'affaiblir à travers la remise en cause du pacte vert, à travers la remise en cause d'un certain nombre de directives comme la directive devoir de vigilance.
Et je le dis, nous ne renonçons à rien de l'exigence qui est celle des Français, qui est celle des Français, d'un changement radical de politique. Nous ne renonçons à rien, ni à la retraite à 62 ans, ni à la défense du pouvoir d'achat, ni à la limitation des écarts de rémunération, ni à l'urgence environnementale. Et d'ailleurs, de ce point de vue-là, je le dis, il y a deux propositions que je mets sur la table et dont je souhaite qu'elles soient un fruit de la réduction. Une caisse d'amortissement de la dette climatique. Investir tout de suite, massivement, pour ne pas faire payer à nos enfants des situations qui sont irrémédiables et dangereuses.
Et deuxième chose, sur la rénovation thermique. Nous avons proposé un zéro reste à charge au moment des travaux pour massifier la rénovation thermique. Je ne peux pas entendre que le gouvernement s'en désintéresse. Il y a la possibilité d'agir, d'agir vite et d'être à la hauteur de l'enjeu qui est le nôtre. C'est le devoir et l'honneur de la France d'être en pointe. Le 830 France Info, Alex Bouillaguet, Jérôme Chapuis.
Nous sommes toujours avec Boris Vallot, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale députée des Landes. Les mots des insoumis sont extrêmement durs. ces derniers temps à votre égard. Jean-Luc Mélenchon résume les choses en décrétant que le nouveau Front populaire est réduit d'une partie. Pour lui, vous n'êtes plus membre de l'Alliance. Est-ce que vous avez bien reçu votre lettre de licenciement ?
Vous savez, il n'est pas dans notre culture et je crois qu'il n'est pas dans la culture de la gauche de manier l'invective, la menace, le harcèlement. Et je dois dire qu'il n'appartient pas à Jean-Luc Mélenchon de délivrer des brevets aux uns et aux autres. Il n'est pas propriétaire du nouveau Front populaire et nous n'avons pas changé d'alliance.
Donc vous êtes toujours partenaire des insoumis au sein du nouveau Front populaire.
Nous sommes partenaire de tous ceux qui veulent l'être. Je discutais hier avec nos collègues communistes, écologistes qui ont fait un autre choix et nous savons que nous avons bien des combats ensemble. Et moi j'aimerais vous faire traiter
de traître un jour et envisager de vous présenter ensemble aux élections. Je demande
à ce qu'on ne soit pas traité de traître parce que nous ne trahissons rien.
Les insoumis ne vont pas changer leur méthode donc vous acceptez finalement qu'on vous
traite de traître. Je rappelle au programme qui a été le nôtre que dans le préambule de notre programme nous avons pris l'engagement commun de refuser l'invective, la menace, le cyberharcèlement. Mais je n'accepte pas qu'on me parle mal. Moi je n'ai qu'un seul but servir l'intérêt des françaises et des français tout de suite. Juste d'un mot le cyberharcèlement vous avez des députés de votre groupe
qui sont harcelés par la France insoumise.
Des harcèlements tous les jours en effet oui des invectives qu'est-ce que je voulais que je vous dise vous pouvez en faire vous-même le constat je m'en désole et je trouve que c'est une énergie qui serait mieux consacrée à combattre l'extrême droite qui serait mieux consacrée à porter nos idées et dont c'est un acquis de ce moment c'est qu'on a parlé des services publics on n'a pas laissé le terrain qu'à l'extrême droite comme trop souvent on a parlé de l'hôpital public on a parlé de l'éducation nationale on a parlé de la vie des françaises et des français et moi je vous le dis quand on se promène dans nos territoires et moi dans mon département il y a des hommes des femmes du milieu associatif qui nous avaient écrit pour qu'on défend leur budget qui nous disent maintenant on a besoin on a besoin d'un budget il est très imparfait je le dis ça n'est pas le nôtre et nous continuerons de nous battre et j'espère que nous nous battrons le plus largement possible
je prends un exemple concret Louis Boyard Louis Boyard insoumis candidat dimanche soir au municipal à Villeneuve-Saint-Georges on ne peut pas dire que Louis Boyard vous est ménagé dans les mots dans les faits et pourtant vous avez appelé à voter pour lui je rappelle qu'il y avait quand même sur la liste un candidat qui estime que le Hamas est un mouvement de résistance vous êtes quand même assez incohérent au Parti Socialiste
On est parfaitement cohérent quand on a des désaccords on l'est dit et précisément sur ce candidat qui avait eu ses propos sur le Hamas nous l'avons dénoncé nous avions demandé à ce qu'il soit en retrait de la liste et quand nous avons des accords les insoumis ne vous ont pas écouté nous les portons nous les portons bah oui c'est peut-être pour ça aussi vous pensez que c'est pour ça qu'ils ont perdu ?
et parce que je ne sais pas pourquoi ils ont perdu mais il faudra qu'ils se posent en effet la question de savoir pourquoi cette défaite cette victoire qui était presque annoncée s'est transformée s'est transformée en défaite je dis moi je mettrais c'est la radicalité qui a des limites moi je pense que la radicalité a des limites oui et je pense que le réformisme il peut être radical pas dans la forme mais dans le fond parce que au fond ce que nous devons nous poser comme question aujourd'hui au moment où nous sommes dans l'état du monde dans lequel nous sommes dans l'état d'anxiété dans lequel nous sommes c'est comment on se donne encore des raisons de vivre ensemble que chacun ne défende pas sa colère et je sens pourtant les françaises et les français dans ce moment là où ils sont prêts à la rupture mais encore très disponibles pour l'écoute pour la fraternité
on a entendu hier le premier secrétaire du PS Olivier Faure pointer je le cite une forme de symétrie une forme de symétrie entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce que vous avez compris de ça est-ce que vous êtes d'accord avec lui vous voyez chacun
chacun dit ce qu'il a envie de dire moi je n'ai pas envie d'ajouter j'allais dire de la discorde à la discorde moi je suis le président d'un groupe dans lequel il y a au fond toutes les sensibilités du PS c'est pas toujours simple et le plus souvent nous parvenons à avoir des positions qui sont communes par le dialogue par l'écoute par la convention je pense que la gauche et les socialistes en particulier ne referont pas les matchs du passé que nous avons toutes et tous un devoir de réinvention on ne réinvente pas le monde si on ne se réinvente pas donc vous dites
que ces deux là sont un obstacle à la victoire de la gauche
je ne me pose pas la question en ces termes je dis qu'il y a une génération aujourd'hui qui a ses responsabilités à prendre et qu'elle l'apprendra dans la réinvention d'un modèle de société auquel nous devons travailler sans François Hollande et sans Jean-Luc Mélenchon avec toutes celles et tous ceux qui sont d'accord pour se dire que nos principales adversaires c'est l'extrême droite que nous devons donner à ce pays des perspectives que nous avons des hommes et des femmes extraordinaires moi je ne rencontre que des gens qui ont des vies difficiles mais qui les affrontent avec un incroyable courage et bien c'est avec enfin c'est envers eux que nous avons une dette c'est pour eux que nous devons travailler et franchement la politique qui ne parle que d'elle-même je vous le dis franchement ça m'ennuie tout ça ça va être quand même vous savez moi je n'ai pas quand j'ai décidé de m'engager je n'ai pas décidé de m'engager pour faire le congrès permanent du parti socialiste ou la bataille sauf qu'il va y en avoir un justement il va y en avoir il va y en avoir et pardon mais je vous la donnerai si je la connaissais mais je ne peux pas vous faire de révélation ce matin mais non mais pardon mais arrêtons de perdre de vue les gens qui bossent arrêtons de perdre de vue les familles qui sont dans les EHPAD aujourd'hui et qui s'inquiètent de savoir ce que va devenir le déficit de leur EHPAD s'ils vont être obligés de voir les tarifs augmenter et leurs parents retirer je veux que nous nous posions l'action de savoir comment on fait redemarrer le logement parce qu'il n'y a jamais eu aussi peu de construction et autant de demandes c'est ça qui m'intéresse
vous savez aussi que ça retient parfois sur des hommes qui va être l'homme de la gauche est-ce que c'est Olivier Faure est-ce que c'est François Hollande
je vais vous dire on ne manque pas de talent
est-ce que c'est à vous
on ne manque pas de talent est-ce que ça pourrait être vous tout est possible je vais vous répondre de façon un peu espiègle histoire de vous faire un petit peu cogiter etc mais franchement ce n'est pas le sujet la politique moi je plaide pour un retour aux choses humaines parce que la politique elle manque de sincérité quand elle ne parle pas des vies vécues et c'est ce que je m'efforce de faire moi comme député comme beaucoup d'élus toutes les semaines nous reçoivons des gens qui nous disent qu'est-ce que vous faites pour vous qui nous disent ce qu'ils veulent ce qu'ils ne veulent pas et on essaye de retirer de la substance la semaine dernière nous avions une niche parlementaire des socialistes et bien nous avons traduit en actes et en lois ce que nous disaient les gens c'est ça qui m'intéresse vous savez s'il y a des militants les socialistes
qui nous écoutent depuis quelques minutes ils se disent en fait là ce que j'écoute depuis tout à l'heure c'est un discours de candidat à la direction du parti socialiste
ils comprennent ce qu'ils veulent mais je crois ce qu'ils ont compris c'est la sincérité qui est la mienne c'est que moi je me bagarre pour les gens et que le reste je m'en fiche
François Bayrou a saisi la cour des comptes pour poser un diagnostic sur les retraites avant d'entamer les discussions avec les partenaires sociaux il y a une divergence manifeste avec le Premier ministre il parle lui d'un déficit qui se chiffre à une dizaine de milliards d'euros chaque année parce qu'effectivement il inclut les retraites dans la fonction publique qui a raison ?
Je pense que François Bayrou ne connait pas très bien le système des retraites manifestement et les partenaires sociaux de façon unanime disent on sort la question des retraites des fonctionnaires de la réflexion sur le déficit global parce que le mode de financement des retraites des fonctionnaires comme leur traitement n'est pas du tout la même chose que dans le secteur privé même si ensuite les modalités de calcul des retraites ont convergé donc les partenaires sociaux auront ce diagnostic dans quelques jours
le 19 février
et ils auront la liberté de débattre de tout et de refuser Mais s'ils ne sont pas d'accord
sur les conclusions de la Cour des Comptes si la Cour des Comptes suivait plus le diagnostic de François Bayrou
ça veut dire quoi ?
Il faut quitter la table
pour ne plus discuter ?
Non, la Cour des Comptes donne de la matière je vous rappelle que par ailleurs il y a le Conseil d'orientation des retraites qui depuis des années et chaque année produit un certain nombre de rapports et siège au Conseil d'orientation des retraites les partenaires sociaux je veux dire vous savez les partenaires sociaux qui vont entamer des négociations sur la question des retraites et je souhaite que l'on revienne sur la mesure d'âge connaissent très bien le système des retraites si la Cour des Comptes peut apporter des éclairages tant mieux mais la liberté du dialogue social doit être complète et moi je crois que c'est un gain que de remettre au centre le dialogue social la démocratie sociale là où honnêtement elle s'est fait piétiner depuis des années
et sur la question des retraites des fonctionnaires le régime des retraites de la fonction publique est-il déficitaire selon vous ? ou alors ? Je pense que c'est une question de mode de calcul
il est déficitaire dès lors que l'Etat ne le financerait plus mais comme c'est l'Etat qui finance les retraites des fonctionnaires à hauteur de 45 milliards d'euros disait François Bayrou dans sa déclaration de politique générale ce qui est normal que l'Etat paye les retraites de ceux qui ont été au service donc ça contribue à alourdir la dette
c'est ça le raisonnement de François Bayrou ce raisonnement vous ne le suivez pas
c'est un raisonnement vraiment simpliste
oui mais à la fin la dette s'alourdit
mais j'en ai il y a des pensions à payer il y a des fonctionnaires dont les retraites sont payées par l'Etat ben voilà donc il y a une recette de l'Etat face à une dépense pour les pensions
il y a donc ce dossier des retraites qui est en cours François Bayrou veut aussi un texte sur la fin de mi mais un texte scindé en deux examiné dans le même temps parlementaire l'un sur les soins palliatifs l'autre sur l'aide à mourir est-ce que déjà ça vous semble légitime ?
Non et je vais vous dire il n'est pas légitime que François Bayrou remette en question le travail déjà accompli par les parlementaires lors de la dernière session parlementaire
pour vous c'est une manière de vous enterrer ?
c'est une manière c'est une sorte de diversion je ne sais pas d'ailleurs pourquoi mais en fait on n'a pas besoin de l'autorisation parce qu'il dit que l'aide à mourir
c'est un vote en conscience
et que ce sont deux sujets finalement qui sont différents mais en conscience ça fait partir en effet des lois sur lesquelles les parlementaires c'est le cas du groupe socialiste ont une liberté de vote parce qu'il y a une liberté de conscience mais je termine en disant que nous n'avons pas besoin de l'accord de François Bayrou pour reprendre l'examen du texte là où nous l'avons laissé le texte a à nouveau été déposé largement co-signé par des parlementaires moi je souhaite qu'ils soient inscrits dans une semaine de l'Assemblée pour que nous puissions avancer parce que là aussi il y a des attentes qui sont fortes dans la société
et Boris Vallaud il nous reste 15 secondes votre position sur la modification de la loi PLM Paris-Lyon-Marseille on sait que François Bayrou veut la modifier pour que un habitant égale une voix la position du PS du groupe PS
je crois qu'on ne peut pas traiter de la même manière les trois villes qui sont dans des situations tout à fait différentes et en toute hypothèse ça ne peut en aucun cas se faire sans une concertation d'unanimité donc statu quo pour les prochaines municipales je ne dis pas de statu quo je dis que ça ne peut pas être traité de façon uniforme et que les élus concernés doivent être consultés
vous dites comme Anne Hidalgo c'est du tripatouillage
je crains que ça soit du tripatouillage
merci Boris Vallaud vous êtes invité de France Info ce matin nous nous retrouvons dans quelques minutes pour les informer sur France Info merci
merci
Boris Vallaud