Affaire Epstein : pourquoi Macron et les puissants s'inquiètent
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Bonjour tout le monde, à nos abonnés, nos sociaux, nos téléspectateurs et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média. Votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils Wilke. Grâce à son carnet d'adresses sans égal, Nils nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses de la politique française. Et avouons-le, on adore ça. Et au sommaire de cette émission, l'affaire Epstein fait trembler Emmanuel Macron et le reste de la classe politique. Comment font les puissants pour se protéger du scandale ? Nils a enquêté. On va aussi parler de la bonne fortune de Gabriel Attal.
Pour asseoir sa domination sur le bloc central, le chouchou de Brigitte Macron donne de sa personne pour les collectes de dons. Et enfin, on va parler de l'offre fédérative de Jean-Luc Mélenchon au Parti communiste pour ses municipales. Le chef de LFI joue une partition délicate à gauche. C'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Nils, comment vas-tu ? Bonjour, bonjour à toutes et à tous. C'est bien, écoute, comme un vendredi. Comme un vendredi. En tout cas, ravi de te retrouver. J'ai même mis mon plus beau gilet aujourd'hui, car je sens que l'actualité que tu nous proposes va être dense et très intéressante.
Je te laisse démarrer. Mais oui, écoute, alors il y a un vent de panique au sein de l'exécutif face au scandale et aux retombées de l'affaire Epstein. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron se retrouve bien malgré lui en première ligne, puisqu'il est le président de la République en exercice et qu'il est cité dans les quelques milliers de documents, effectivement, de l'ancien homme d'affaires déchu. Et Emmanuel Macron a répondu qu'il s'agissait principalement d'une affaire surtout américaine. Écoutons-le.
Un peu court, non ? D'autant que l'ancien homme d'affaires vivait une partie de l'année à Paris, dans un grand appartement au cœur de la capitale.
Oui, oui, il vivait quand même six mois à l'année, parfois jusqu'à six mois de l'année dans la capitale. Donc, c'est quand même un petit peu compliqué de s'en sortir par une pirouette en disant que ça concerne surtout les Américains. Alors, j'ai posé la question quand même à un bon familier de l'Élysée, comme on dit, qui a ses entrées au château, qui me dit oui. Ce que voulait dire le président, c'est surtout que c'était une affaire en fait qui concerne surtout Donald Trump. Donc, finalement, on parle très, très peu dans cette histoire pour le moment. C'est surtout effectivement le premier ministre britannique, Stammer, qui est effectivement éclaboussé.
Son chef de cabinet a dû démissionner cette semaine. Il y a eu aussi la princesse héritière de Norvège, Mette Merit, qui a été éclaboussée puisqu'elle échangeait des mails effectivement avec Epstein. Et puis, elle a profité quand même d'une de ses villas à plusieurs reprises. Mais effectivement, pour le moment, le président américain semble surtout effectivement tenu à l'écart du scandale. Évidemment, ça ne fait pas les affaires d'Emmanuel Macron. Alors, j'ai quand même posé la question effectivement à un conseiller de l'exécutif. Donc, c'est à la fois le gouvernement et la présidence de la République qui me dit tout le monde est sur le pont. On s'attend à d'autres révélations.
C'est comme l'affaire des poisons. Ça fait référence à une grande affaire criminelle à cheval entre le 17e et le 18e siècle. Notamment la favorite du roi, Louis XIV, qui à l'époque empoisonnait effectivement le monarque pour tenter de continuer à s'attirer ses faveurs. À l'époque, ça avait créé une atmosphère irrespirable. Tout le monde se regardait un peu en chien de faillance en se demandant qui était sur la fameuse petite liste des prévenus ou en tout cas des coupables à venir. Et c'est un peu le même genre d'ambiance en ce moment, que ce soit à l'Élysée, à Matignon ou dans les cercles de pouvoir. Tout le monde se regarde un petit peu comme ça avec méfiance.
Alors, on a vu effectivement qu'Emmanuel Macron n'a pas hésité à pousser Jack Lang à la démission de l'Institut du Monde Arabe la semaine dernière. Je crois que Marion en a parlé dans l'une de ses chroniques cette semaine. Et pour cause, Emmanuel Macron veut casser le récit selon lequel il aurait reconduit deux fois Jack Lang à la tête de l'Institut du Monde Arabe. en raison d'une proximité supposée avec Epstein. Parce que ça, ça ne fait évidemment pas les affaires d'Emmanuel Macron. Mais c'est vrai que l'Élysée est de nouveau sous pression depuis les révélations d'une implication potentielle d'un diplomate français dans le scandale.
Alors, pour tout dire, c'est moins la consultation de fichiers pédopornographiques par le diplomate, dont on rappelle qu'il reste présumé innocent à ce stade, que les informations sensibles qu'il aurait potentiellement partagées avec Epstein, qui met les services du Quai d'Orsay sur les dents. C'est ce que m'a expliqué un bon connaisseur de la maison. Alors certes, je ne dis pas que la pédocriminalité n'est pas grave. Mais disons que le partage d'informations sensibles, ça intéresse effectivement l'État. Ce n'est plus une affaire, disons, personnelle pour ce diplomate qui n'engagerait pas le Quai d'Orsay. Là, c'est vraiment, effectivement, le partage de secrets d'État.
Et d'agenda diplomatique, on est sur un autre niveau, disons, de responsabilité et de gravité. Alors, l'individu dont l'identité a été révélée par la presse, et notamment Mediapart, France Info, mais aussi 20 Minutes, semble avoir fait part, effectivement, de certains secrets diplomatiques avec le financier pédocriminel Epstein. Alors, il s'agit de Fabrice Edan, qui est actuellement détaché dans le secteur privé. Il a notamment travaillé pour Engie, et il figure dans près de 200 fichiers mis en ligne par l'administration Trump, par de quoi faire trembler le Quai d'Orsay et alimenter les théories les plus folles, notamment sur la toile.
Alors, un diplomate français me dit qu'Epstein n'avait pas ses entrées dans les ministères. En fait, qu'il tentait de se faire désobligé chez les politiciens, les hauts fonctionnaires, et que ce n'est pas tout à fait la même chose, effectivement, que s'il avait été reçu avec les honneurs, officiellement, comme un invité, mais que ça peut quand même alimenter le refrain du « tous pourris », ce qui est quand même assez injuste pour les diplomates et les agents du Quai d'Orsay, qui sont évidemment très attachés à leur mission de service public.
Epstein faisait donc de l'entrisse pour avoir des contacts avec la présidente et les ministères, c'est ça ?
Oui, c'est ça, exactement. Alors, il se dit aussi que ce serait un espion russe. En ce moment, il y a toutes les théories les plus folles qui courent, effectivement, sur Epstein, d'autant que sa fortune semble avoir été quand même un petit peu surestimée, de même que son aura. Mais pour l'instant, en tout cas, il faut quand même rappeler qu'il n'y a pas de preuves qu'Emmanuel Macron aurait fréquenté cet homme d'affaires déchu.
Et puis, les services de l'État ont d'ailleurs lancé des alertes concernant des faux contenus visant la France et les autorités françaises, notamment venant de pays étrangers, de nations hostiles comme la Russie, et c'est ce qui explique la vitesse de la riposte française.
Il y a quand même un gros malaise. Comment expliquer que le président a accordé un quatrième mandat à Jacques Lang à la tête de l'Institut du Monde Arabe ? Et d'ailleurs, à titre personnel, je me suis toujours dit que Jacques Lang n'était pas forcément la meilleure personne pour être à la tête de cet institut.
Oui, alors il se dit que Jacques Lang était en réalité une clé pour faciliter la réconciliation entre la France et le Maroc, selon les sources que j'ai pu questionner. Il y a aussi eu évidemment des enquêtes, notamment Le Monde, qui a sorti un très bon papier cette semaine. Et effectivement, Jacques Lang est une bonne connaissance du roi du Maroc, Mohamed VI, et à l'époque de sa campagne, pour remplir à la tête de l'Institut, Jacques Lang agitait la menace d'une défiance des pays arabes s'il n'était pas reconduit.
À l'époque, ce n'était pas idéal parce que la France était en pleine crise, notamment la question des visas avec Rabat, et puis évidemment les divergences d'approche sur le Sahara occidental à l'époque. Alors depuis, ça a été résolu. Mais c'est vrai qu'il faut aussi prendre en compte la dimension psychologique d'Emmanuel Macron. J'ai posé la question, effectivement, à un bon connaisseur de la psychologie présidentielle et qui me rappelle en tout cas qu'Emmanuel Macron se voit comme le maître des horloges, surtout en matière de nomination. Et c'est vrai qu'il aime faire lanterner, disons, les candidats aux plus hautes fonctions. Il déteste que l'on tente de le contrarier.
Et c'est sans doute pourquoi il a renouvelé Jack Lang à la tête de l'Institut du Monde Arabe. Alors le souci, c'est qu'il y avait eu des alertes à l'époque déjà sur Jack Lang, et notamment financières. Dès 2018, TRACFIN, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances français, avait enquêté sur un versement de 50 000 euros d'une société de Epstein à une association parisienne, directement liée à Jack Lang, l'ancien président désormais de l'Institut du Monde Arabe. Et alors le but de ce don de la part d'Epstein, c'était de réaliser, dis donc, un film à la gloire de Jack Lang. C'est ce qu'avait révélé Mediapart. Bah oui, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Et effectivement, depuis les dernières relations sur les liens entre les deux hommes, Emmanuel Macron, bizarrement, fait comme s'il ne connaissait plus Jack Lang. Voilà, c'est vraiment devenu l'indésirable, d'autant qu'en dehors du volet judiciaire, des enquêtes ont été ouvertes, notamment administratives, au Quai d'Orsay, etc. Et puis, il y a aussi un volet politique, puisque les partis à l'Assemblée, certains partis, notamment à l'Assemblée nationale, poussent pour effectivement créer une commission d'enquête, avec donc des pouvoirs étendus.
C'est vrai que nos abonnés, maintenant, connaissent un petit peu la chanson, puisque les commissions d'enquête, sous les quinquennats Macron, c'est un peu devenu la règle. On rappelle l'affaire Benalla, l'affaire Bétarame. Il y en a eu bien d'autres, évidemment, sur le cinéma français aussi, sur les errements du cinéma français. Mais c'est vrai que, voilà, notamment la France Insoumise pousse pour créer une commission d'enquête. On a vu, notamment, Jean-Luc Mélenchon s'emparer du sujet. Écoutez-le.
Sur l'affaire Epstein, je crois que c'est… Quand ça a commencé, on a un peu discuté entre nous, comment on s'y prend. Ce qui était important, c'était de ne pas, comment dire, faire de la récup de bas étage, tu vois, en utilisant les bruits, les rumeurs, en montrant du doigt à tout le monde, etc. Parce qu'il y avait entre nous la conviction que c'était gravissime.
Voilà, alors c'est vrai que Jean-Luc Mélenchon ne réussit qu'à moitié son pari, effectivement, de ne pas donner de résonance à la rumeur. Parce que lui aussi, après une course douteuse, c'était le 3 février dernier, dans son discours sur l'affaire Epstein. Écoutez-le.
Pourquoi le chef de l'État écrit-il à ces gens pour leur demander des idées disruptives ? Vous vous imaginez que j'ai écrit, moi, à quelqu'un qui, lui, moralement, ne pose aucun problème, dans tel ou tel pays, un camarade ? Donne-moi des idées disruptives, commandante. Vous imaginez ? Et après, je viens vous voir. Et je vous dis, voilà, j'ai trouvé ci et ça.
Alors, chez la France Insoumise, on ne s'excuse pas, effectivement, pour cette source-là, mais on m'explique qu'il fallait tout faire et qu'il faut tout faire pour éclaircir les liens éventuels entre des Français et, effectivement, Epstein. Et c'est vrai que, depuis le premier jour des révélations, Mélenchon et ses élus réclament la création d'une commission d'enquête transpartisane à l'Assemblée nationale pour faire émerger la vérité. Autant vous dire que cette idée, elle donne des sueurs froides à la Macronie. Et on a vu Yael Braun-Pivet vent debout contre cette idée. Nils ? Oui, oui, alors, ce n'est pas du tout son truc. Écoutez-la.
On a des personnes qui veulent des commissions d'enquête parlementaires. La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice. C'est la limite des commissions d'enquête. On ne peut pas être en committant, en tout cas pas en concurrence. Et pas sur les mêmes faits, en fait. Pas sur les mêmes faits. Bon, c'est un rappel utile. Ça, c'est aussi important. Le Parlement, ça, ça entraînerait de la confusion des pouvoirs. Et notre pays, là aussi, est fondé sur une séparation des pouvoirs entre le législatif et la justice. Donc, la justice, à mon sens, doit être saisie et doit être en capacité d'enquêter sur l'ensemble de ces faits.
Voilà, alors, depuis, Yael Braun-Pivet, elle a un peu rectifié le tir en expliquant que, selon elle, elle n'était opposée à rien, avec un brin de mauvaise foi, mais que c'était à la justice de faire son travail. Alors, désormais, chez LFI, on est à la recherche de signatures, puisqu'effectivement, le groupe LFI à l'Assemblée a épuisé ses possibilités de déclencher directement une commission d'enquête, puisqu'en principe, chaque groupe politique a effectivement un droit de tirage. Mais là, bon, ils l'ont déjà utilisé pour un autre sujet.
Et alors, pour le moment, les soutiens de la France insoumise viennent surtout du Rassemblement national, évidemment, ce qui ne réjouit pas les groupes de Jean-Luc Mélenchon. Du côté de Renaissance, eh bien, Gabriel Attal a fait savoir qu'il n'était pas opposé par principe à une commission d'enquête, tout en indiquant qu'il ne serait pas l'initiateur. Écoutez-le.
Vu que dans beaucoup de pays dans le monde, des enquêtes ont été lancées, des enquêtes judiciaires, et parfois, des commissions d'enquête parlementaires ou l'équivalent, moi, je ne vois pas de raison de m'opposer à une commission d'enquête. Vous savez, tous les groupes parlementaires ont le droit, chaque année, de déclencher une commission d'enquête. Le choix que j'ai fait avec mes députés, c'est de déclencher une commission d'enquête sur l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. C'est ça le sujet qui nous préoccupe. Si un groupe décide de déclencher une commission d'enquête sur ce sujet, je ne m'y opposerai pas et je n'ai pas de raison de m'y opposer.
Voilà, alors, Gabriel Attal a aussi précisé que si les groupes parlementaires disposent chaque année du droit de créer une commission d'enquête, lui utiliserait ce droit pour lancer une commission sur l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. Voilà, alors, c'est quand même beaucoup moins compromettant. Selon mes informations, cette affaire et ses implications potentielles effraie évidemment une partie de la Macronie comme le reste de la classe politique. Et c'est vrai que Gabriel Attal attend de voir d'où vient le vent. C'est ce que va confier en tout cas un cadre renaissance. En tout cas, à entendre Emmanuel Macron, ce n'est pas lui, c'est les autres.
Et à son image, tout le monde ouvre grand le parapluie. On a vu notamment l'ex-ambassadeur de France à Washington et aux Nations Unies à New York, Gérard Arrow, qui affirme avoir renvoyé au pays le diplomate donc effectivement impliqué dès qu'il a eu connaissance de l'affaire à l'époque. Et voilà ce que nous explique l'ancien ambassadeur. Il faut demander au Quai d'Orsay. Vous savez, les malheureux au Quai d'Orsay, aujourd'hui, ce n'était pas eux, il y a 13 ans. Bah oui, effectivement, le dossier a été ouvert il y a 13 ans. Là, ils ouvrent les dossiers pour voir ce qui a été fait. Donc, sous-entendu, est-ce qu'il y a eu une enquête administrative ? Est-ce qu'il y a eu des sanctions ?
Apparemment pas. Bon, voilà, donc c'est un peu embarrassant tout ça. Moi, pour le moment, ajoute-t-il, je n'avais pas été informé et je ne sais pas si je devais l'être. Voilà, donc c'est quand même une grande prudence des déclarations aux Parisiens. Et alors, preuve que l'affaire est loin d'être finie, Emmanuel Macron en a remis une couche sur Epstein hier en disant la même chose en substance. Écoutez-le.
J'ai découvert, comme vous, cette affaire. Je pense que la réaction qui a été prise a été la bonne là. Mais s'il est vrai que l'administration avait des informations il y a plusieurs années, des choses auraient dû être faites. Et donc là-dessus, j'ai demandé au ministre qu'il puisse lancer une inspection et qu'on puisse faire la clarté sur tout cela.
C'était dans un livre public.
Oui, non, mais après, chaque administration prend ses dispositions. Et heureusement, d'ailleurs, vous ne m'avez pas posé la question le premier jour de mon élection non plus. Ce n'était pas le sommet de votre tête. Et moi non plus.
Voilà, donc il faut faire toute la vérité sur l'affaire. Voilà, c'est ce qui s'appelle ne pas prendre de risques, en l'occurrence. Et de son côté, l'avocat du diplomate mis en cause, Maître Jad Doucelin, a indiqué dans un communiqué à la presse que son client, je cite, conteste l'entièreté des accusations portées à son encontre. C'est ce que relatent nos confrères de BFM. Alors, il se dit au Quai d'Orsay que certains poussent pour créer une cellule dédiée à la gestion de com' de crise du scandale Epstein. Alors, ce n'est pas encore le cas pour le moment, mais effectivement, ça pourrait arriver assez vite.
Les agences de com' parisiennes spécialisées dans la communication de crise vont-elles en profiter, profiter de ce scandale, en tout cas pour faire des affaires, justement ?
Alors, pas sûr. Et puis surtout, pas toute. Parce que quand même, pour s'occuper de clients qui ont eu affaire avec un pédo-criminel avéré, ce n'est quand même pas facile à porter. Même pour une agence de communication, disons qu'il y a pignon sur rue. J'ai posé la question à un éminent communicant parisien qui m'a indiqué qu'à peine deux, trois entreprises étaient susceptibles d'accepter de s'occuper de la com' de clients qui auraient potentiellement trempé avec Epstein. Exemple, cette semaine avec Image7, le cabinet de communication d'Anne Méo, la grande prêtresse de la com'.
Cette ancienne militante du GUD qui avait volé déjà au secours de François Fillon au moment de sa campagne malheureuse en 2017, conseille le groupe de luxe Hermès, dont l'un de ses gérants à l'international, Alex Dumas, apparaît dans près de 90 fichiers mis en ligne par la justice américaine. Ce 12 février, le groupe présentait ses résultats financiers. Eh bien, Cyril, devine quoi ? Les journalistes faisaient le pied de grue chez Hermès, non pas pour entendre les résultats de la marque, mais pour questionner évidemment ce gérant à l'international sur pourquoi il avait effectivement des contacts avec Epstein.
Et donc, le monde s'en est fait l'écho en expliquant que dès 8h du matin, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes précédant la réunion financière, eh bien, Alex Dumas a été contraint de préciser les circonstances d'un cliché d'une photo prise en mars 2013 dans les locaux d'un atelier Hermès à Paris. Selon Alex Dumas, donc ce gérant d'Hermès, Epstein ne figurait pas sur la liste des invités. Le millionnaire déchu s'est joint à un groupe d'invités de Woody Allen et de sa femme sans que cela ait été annoncé en amont. C'est ce qu'il a déclaré à l'AFP, alors qu'il occupait à l'époque le poste de directeur général des opérations.
Mais c'est vrai qu'en dehors d'Image 7, peu de boîtes de com acceptent de se charger de clients qui ont côtoyé Epstein pro-radioactif. C'est ce qu'explique ma source, qui est un grand communicant parisien pourtant et qui refuse lui-même effectivement de se charger de ses dossiers éventuels.
Quelle affaire, à mon avis, dans les prochaines semaines, tu auras encore d'autres indiscrétions sur cette affaire Epstein. En tout cas, chez Renaissance, on a de moins en moins d'adhérents, mais on ne manque pas d'argent.
Eh oui, c'est vrai qu'il y a eu une fuite d'adhérents, chez Renaissance, un petit peu fatigué par les années Macron et prouvé par le bilan de ces deux quinquennats. Mais en revanche, il y a toujours des fonds, un trésor de guerre quand même. Et ça, le nouveau patron de Renaissance, le sait bien Gabriel Attal, lui ambitionne évidemment, comme les autres, de se présenter en 2027 et il sait que l'argent, c'est le nerf de la guerre. Et en remportant la bataille face à Elisabeth Borne Emmanuel Macron pour prendre la tête de Renaissance, c'était à l'été 2024, eh bien le nouveau secrétaire national du parti a surtout mis la main effectivement sur le magot des millions.
En fait, il faut dire qu'Au Renaissance reçoit toujours 11 millions d'euros de subventions publiques annuelles et des brouettes, je ne cite pas le chiffre exact. C'est moins qu'avant la dissolution catastrophique d'Emmanuel Macron, mais c'est encore une sacrée somme quand même. En tout cas, nous aux médias, on ne cracherait pas dessus. C'est certain. Et puis, il n'y a pas de petites économies. Alors Gabriel Attal a fait ce que font tous les gens de droite, tous les gens libéraux. Il a diminué les coûts de fonctionnement du parti. Alors déjà, ils ont revendu effectivement leur siège historique, situé rue du Rocher, qui était quand même 2500 mètres carrés.
Alors comme il y a moins d'adhérents, moins de succès, effectivement, et de beaucoup de gens qui sont revenus du macronisme, eh bien, 2500 mètres carrés, ça fait quand même beaucoup. Et puis, voilà, ces locaux étaient très, très chers. Et donc, effectivement, ils ont été revendus. Bon, alors le prix était un peu en deçà du prix d'achat. Le prix de vente était un peu en deçà du prix d'achat. Je crois qu'ils ont vendu ça 30 millions au lieu des 35 millions initiales. Mais enfin, ça reste une bonne affaire. Et puis, effectivement, les militants et les cadres devront désormais se contenter d'un site plus modeste, situé avenue Robert-Schumann. Ça reste quand même dans le 7e arrondissement.
C'est pas porte de pantin. Donc, c'est la proximité de l'Assemblée nationale. Et l'opération aurait quand même permis de dégager plus de 20 millions d'euros, une fois le remboursement de l'emprunt déduit, et d'économiser à peu près 1 million d'euros par an. C'est quand même pas mal. Alors, le parti désormais locataire occupe quand même une surface de 2000 mètres carrés. Ça va, voilà. Et effectivement, Gabriel Attal a aussi diminué la masse salariale, comme le confesse publiquement l'une de mes sources au parti. Alors, diminuer la masse salariale, traduction, 80 salariés ont été virés. Donc, le nombre est passé de plus de 100 salariés à moins de 50. Voilà, pas d'état d'âme.
Et puis, il y a une autre échéance financière, encore plus importante, celle-ci pour les prétendants à la présidentielle, comme Gabriel Attal. Eh bien, il faut arriver à capter l'intérêt de grands donateurs. Parce qu'en France, Cyril, c'est pas comme aux États-Unis.
Oui, après les errements des années 80-90, une loi sur le financement des partis politiques a été votée. Effectivement, c'est différent de ce qui se passe.
Oui, alors, on sait qu'elle n'est pas toujours respectée. L'affaire Kadhafi, dans laquelle Sarkozy est en train de patauger, nous le montre. Mais en tout cas, en principe, les valises de billets comme ça, qui changent de main, c'est censé être terminé. Et donc, hors élection, les dons aux partis politiques sont limités à 7500 euros par an, par personne. Et dans le cadre d'une campagne, le plafond baisse encore. C'est 4600 euros par donateur. Et donc, l'objectif pour les candidats, c'est de réussir à amasser à peu près 10 millions d'euros. Là, c'est le jackpot.
Et à ce petit jeu, Gabriel Attal ne s'en sort pas trop mal, au point de susciter la jalousie dans les autres formations de la droite et du centre, notamment chez LR, qui est quand même un petit peu rap-la-plat. Financièrement, ils ne sont pas dans le fun. Et donc, un cadre LR me confessait qu'à ce jour, il se dit que Gabriel Attal n'aurait pas besoin de faire de prêts pour la présidentielle, ce qui serait une première pour un candidat à l'Elysée. Alors, on ne sait pas encore si c'est vrai ou pas, parce qu'effectivement, les questions d'argent, c'est très sensible dans tous les partis politiques, d'ailleurs.
Mais c'est vrai que c'est moins évident de faire des prêts bancaires aujourd'hui, notamment pour les campagnes, comme pour les Français lambda, les conditions d'obtention des prêts se sont durcies auprès des banques. Et bien, il y a une cause à cela, c'est la gamelle électorale de Valérie Pécresse en 2022. On se souvient encore de ce appel, évidemment, au don dans la foulée. Voilà, célèbre appel que je repasse pour le petit plaisir.
Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros. C'est pour cela que je lance ce matin un appel national au don à tous ceux qui m'ont apporté leur suffrage, mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile. Et enfin, à tous les Français qui sont attachés au pluralisme politique et à la liberté d'expression.
Voilà, un appel déchirant, Cyril. Vous avez coupé des larmes. Mais voilà, l'épisode a laissé des traces chez les banques. Et puis, j'avais expliqué lors d'une précédente émission que comme au municipal, pour n'importe quelle élection, ce sont désormais les sondages qui font office de garantie bancaire. Voilà, en dessous de 5%, vous pouvez enterrer toute ambition bancaire et toute ambition électorale. On comprend mieux du coup pourquoi Gabriel Attal semble peu emballé par une primaire à droite et au centre. pour écouter le secrétaire national de Renaissance.
Vous ne souhaitez pas de primaire de manière... Quand vous voyez que la gauche est en train de mettre en place cette primaire, vous vous dites... Je n'ai jamais exclu cette possibilité-là. Ce que je constate aujourd'hui, c'est que la plupart de ceux qu'on présente comme des candidats principaux sont contre l'idée de la primaire, qu'il y a beaucoup de débats sur le périmètre de cette primaire, etc. Mais vous, vous ? Moi, je vais vous dire, ce qui m'importe, c'est un, qu'on puisse défendre un projet pour le pays.
Oui, j'ai compris. Et oui, avec un trésor de guerre à 20 millions d'euros, Attal ne veut pas partager le gâteau avec un éventuel challenger.
Oui, on le comprend, quelque part, quand on a la main sur un trésor, c'est difficile de le céder. Benil, on va passer au dernier sujet
de ces indiscrets bien denses aujourd'hui, fort intéressants d'ailleurs. Mélenchon se sent-il un peu isolé à gauche ?
Eh oui, le fondateur historique de la France Insoumise et toujours patron du mouvement, en tout cas officieusement, a proposé samedi dernier, lors du rassemblement de soutien Yacine Zegli, donc c'est le candidat à la mairie d'Argenteuil, une offre fédérative, je cite, aux communistes pour les prochaines élections présidentielles et législatives. Écoutez Jean-Luc Mélenchon.
Je refais devant toi, président du groupe, communiste à l'Assemblée nationale, je renouvelle l'offre fédérative qui est celle des Insoumis pour l'élection présidentielle et la législative qui suivront parce que les deux iront ensemble. Nous proposons de former avec ceux qui accepteront notre offre. Un conseil du programme qui pourra travailler sur la base de ce que nous avons déjà préparé et qu'eux-mêmes ont préparé pour voir où ça colle ou pas.
L'Alliance instaurerait d'une part un conseil de programme, je cite, d'abord pour comparer ligne par ligne les programmes de chacun et déterminer ce qui colle ou ce qui ne colle pas, puis un conseil politique de campagne pour discuter de la répartition des candidats aux futurs législatives qui suivront la présidentielle, avec si possible des députés loyaux comprendre à la botte de Jean-Luc Mélenchon, écouter donc le patron de la France Insoumise.
Ce qu'il faut, c'est faire un accord avec des gens loyaux qui respectent leurs paroles, qui ensuite présentent ensemble des candidats à la députation qui respecteront le programme. Alors je peux vous dire que nous ne sommes pas du tout disposés à recommencer les amnisties générales du passé.
Voilà, nous ne sommes pas du tout disposés à recommencer les amnisties générales du passé. C'est ce que prévient effectivement Jean-Luc Mélenchon. C'est vrai que la France Insoumise a dû avaler pas mal de couleuvres avec l'EPS et les écolos, notamment lors des dernières élections. Ça peut expliquer aussi effectivement le durcissement des conditions imposées par la France Insoumise. Alors il ne vous aura pas échappé non plus que la proposition de Jean-Luc Mélenchon, elle tombe avant le prochain congrès du Parti communiste, dit donc, qui se tiendra en juillet à Lille.
Et effectivement, Jean-Luc Mélenchon et ses cadres de la France Insoumise, n'ont pas effectivement manqué de souligner que Fabien Roussel, le patron du Parti communiste, remettra en jeu son mandat de secrétaire national. Et ce n'est pas un secret non plus. Le Parti communiste est fracturé entre cette ligne portée par Fabien Roussel et celle portée par des élus comme Elsa Faucillon qui remettent en cause effectivement les orientations pro-polis, pro-lobis agricoles ou encore les positions sur le nucléaire du patron du PCF. Et puis surtout, le rejet absolu de la France Insoumise. Et Mélenchon ne cache pas son peu d'appétence pour le personnage de Fabien Roussel.
Il faut dire aussi que ce dernier le critique depuis un moment florilège. par ses injures.
Mélenchon est dans l'injure permanente, dans la provocation et ça devient pénible, extrêmement pénible. Il ressemble à Trump ? Il ressemble à Trump ? Il y a du Trump, il est dans la manière de faire, certainement, je ne dis pas dans les idées, mais dans la manière certaine. J'ai cru comprendre que les comportements de la direction de la France Insoumise se rapprochaient des comportements d'une secte. Tu n'allais pas me demander à moi d'éclairer le fond de la pensée de Jean-Luc Mélenchon ? Invitez-le ! Ce n'est pas simple.
Est-ce que c'est du clientélisme ? Voilà, donc c'est quand même toutes ces petites phrases qui avaient conduit Jean-Luc Mélenchon à couper les ponts avec le PCF. C'était fin 2024. Voici ce qu'il déclarait devant des militants à Paris. « Nous avons compris que le Parti communiste ne veut plus de nous. Nous avons compris que la droite du Parti socialiste ne veut plus de nous et nous refusons de faire chemin avec des gens qui nous insultent en cours de route. » Mais alors, que s'est-il passé entre-temps ?
Eh bien, alors, la France Insoumise ne s'en vante pas, mais enfin, elle s'est bien rendue compte que Jean-Luc Mélenchon a beau caracoler en tête dans les sondages pour les présidentielles, eh bien, ça ne suffira malheureusement pas à l'emporter en 2027. Et puis, comme toujours en politique, il y a aussi une part de stratégie politicienne. En privé, les cadres insoumis ne s'en cachent pas. Il s'agit, je cite, de « bouffer du communiste » lesquels ont vu venir le danger. Cyril, j'ai posé la question au sénateur PCF, Yann Brossa, juste avant cette émission. Voilà ce qu'il me déclare la prochaine présidentielle et législative. Ce n'est pas pour tout de suite.
Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, nous sommes d'abord très occupés par les municipales. On est implantés localement, nous. Voilà un peu de spectacle envers la France insoumise qui tente de faire élire des maires. Bon, c'est le jeu en même temps. Mais en off, les communistes ne sont pas dupes de la manœuvre de Mélenchon. C'est un piège qui nous est tendu, évidemment. C'est ce que m'a confié un haut responsable du parti. Cela étant, même dans le reste de la gauche, Roussel ne fait pas l'unanimité.
Oui, y compris d'ailleurs alors certains concepteurs de la primaire de gauche voient dans le 40e congrès du PCF une opportunité, sinon une occasion de faire trébucher Roussel et de faire participer les communistes à une primaire de la gauche. Et puis, du côté de Jean-Luc Mélenchon, de pousser les communistes à faire alliance avec la France insoumise, effectivement, à l'occasion des prochaines élections présidentielles et législatives dans la foulée. En tout cas, on peut dire que Fabien Roussel est cerné de toutes parts.
C'est la fin des Indiscrets, Nils. Honnêtement, c'était très intéressant aujourd'hui, je le répète. Merci à toi et merci à vous de nous avoir suivis. Je vous laisse avec les programmes du Média. Bonne journée.
Emmanuel Macron