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Discours / meetingSénat (sur YouTube)· 17 octobre 2025 67 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleJustice

Gérard Larcher, Président du Sénat, aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Gérard LarcherFait
    « Le bicamérisme relève d'une tradition française. Montes que dans l'esprit des lois en définissait les contours. »
  • 7:00Gérard LarcherFait
    « Le Sénat est la tasse dans laquelle nous versons les textes législatifs pour les laisser refroidir. »
  • 10:00Gérard LarcherChiffre
    « La 3e République est donc proclamée à une voie près. »
  • 21:00Gérard LarcherChiffre
    « Le Sénat exerce sa mission de contrôle sur les réseaux sociaux, sur notre site internet, les auditions des commissions font d'ailleurs grimper les audiences numériques en permettant d'atteindre par exemple chaque mois près de 4 millions et demi de vues sur les vidéos. »
  • 24:00Gérard LarcherFait
    « La force stabilisatrice du Sénat s'est exprimée de façon manifeste depuis les élections législatives de juin 2022. »
  • 27:00Gérard LarcherFait
    « Le Sénat est une chambre où le dialogue et le compromis sont possibles dans l'intérêt de notre pays. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames et messieurs euh amis du des rendez-vous de l'histoire de Boulan, nous sommes extrêmement honorés aujourd'hui au nom des rendez-vous de l'histoire d'accueillir le président du Sénat, Gérard Larchet qui nous fait l'honneur de venir également dans des conditions où il a beaucoup de choses à faire et nous devons avoir énormément de plaisir à l'entendre. et à l'entendre discuter avec Adrien Bracher ici présent donc journaliste au service politique du Point mais nous avons en accord avec monsieur le président décidé de lui laisser présenter le Sénat puisque ce sont les 150 ans du Sénat. Donc l'actualité rencontre l'histoire et cette vénérable institution donc faite un anniversaire en ce moment même et donc je pense que nous allons l'écouter avec grand plaisir nous parler de cette histoire et aussi de ce présent actuel dans la discussion.

Donc je vous laisse la parole. Faites juste pour le micro qui est un peu pénible. Le son n'est pas excellent.

Monsieur le préfet de ce beau département, permettez-moi de saluer la vice-présidente du Sénat qui je dois d'être aujourd'hui ici présent. Sylvie Robert qui a en charge, j'allais dire à la fois la partie événementielle culturelle du Sénat à ses côtés Pierre Ousouias. À nous trois, nous sommes bien le symbole de la diversité et des groupes du Sénat et je crois que c'est la marque aussi de ce qu'est l'institution.

Ce qui me permet de saluer mes deux collègues sénateurs du département Jean-Luc Brot et Bernard Pilfer, de saluer même si elle est au Conseil constitutionnel aujourd'hui, une sénatrice inétername du département Jacqueline Gourot que je salue avec un un grand grand plaisir de saluer les conseillers régionaux, les conseillers départementaux, le directeur des rendez-vous de l'histoire et j'ai rencontré depuis On arrivé tout à l'heure. Euh, ils nous rejoindront ou ils n'ont pu nous rejoindre, le président du conseil départemental, euh les représentants de la région et et vous tous mesdames et messieurs, quelle salle pour se donner rendez-vous pour répondre à une question la France. question très actuelle qui doit être au cœur de nos préoccupations et je dois vous le dire qui est au cœur des mienne.

Heureux d'être parmi vous et de participer à ces rendez-vous de l'histoire consacré à la France. Cette rencontre nous permet de considérer notre cher et vieux pays face à face. Pour la première fois, le Sénat est présent à ses rendez-vous de l'histoire.

Plusieurs de nos collègues sont à votre disposition sur le stand du salon du livre d'histoire dont Sylvie Robert pour évoquer l'histoire de la deuxème tranche française qui elle cette année à 230 ans. Monsieur le directeur, vous avez choisi de vous intéresser à la France. Aussi évoquerai-je la place que la seconde chambre a tenue et tient aujourd'hui dans notre histoire.

Dans ce jeu complexe où les membres de cette assemblée ont souvent fait l'histoire, le Sénat s'est aussi trouvé modelé au fil de celle-ci jusqu'à devenir l'une des incarnations des institutions françaises. Il représente non seulement ses communes, ses départements, ses régions qu'elles soient métropolitaines ou d'autre mè mais aussi les Français établis de France. C'est aussi une émanation des élus locaux, un certain état d'esprit que souhaiterais nous voir davantage cultiver. le sens de la proximité, le sens du débat, de l'échange, de la mesure et du compromis.

Compromis, ce n'est pas un mot dépassé. En cette année où nous commémorons le 150e anniversaire du Sénat républicain, je souhaite évoquer tout d'abord les tendances lourdes, les forces profondes qui dans le temps long ont mis à jour la nécessité d'un parlementarisme bicéfal. Commençons par une anecdote qui concerne la naissance de la démocratie américaine à méditer par ces temps aussi. et l'utilité d'une seconde chambre.

Jefferson demande à Washington pourquoi il a accepté l'idée d'une seconde chambre. À quoi bien peut servir le Sénatroge-t-il, une tasse de thé très chaude à la main pendant qu'il enverse le contenu dans une autre tasse pour le refroidir ? Washington lui répond : "Vous venez de répondre à votre propre question.

Le Sénat est la tasse dans laquelle nous versons les textes législatifs pour les laisser refroidir. Cet exemple un peu imagé, quasi parabolique, qu'on supposera conforme à la réalité répond par un raisonnement simple à une question complexe. Face au bouillonnement et à la montée en température politique, le Sénat est un exitoire.

La chambre d'expansion et d'atténuation des passions du reste à Rome. Voici 21 21 siècles. Cette assemblée avait permis de trouver un équilibre entre deux légitimités politiques, le Sénat et le peuple romain.

SPQR Sénatus Populus Romanous dit l'inscription qui parsait encore aujourd'hui un certain nombre de monuments de la ville éternelle. Il permet toujours l'alliance d'une sagesse éclairée et d'une ombre. La délibération et non l'affrontement dans la précipitation, c'est le lièvre et la tortue de Jean de la Fontaine.

Le bicamérisme et la tradition républicaine. Dans votre réflexion collective sur la France, je m'adresse président directeur, je vous propose de nous arrêter un instant sur une première des forces. Le bicamérisme relève d'une tradition française.

Montes que dans l'esprit des lois en définissait les contours. Le bicamérisme est une condition essentielle de l'équilibre des pouvoirs. La première chambre haute née en France en 1795 il y a 230 ans avec la constitution de l'3 sous le nom de Conseil des anciens. lointain d'ancêtre du Sénat moderne et je reprends le contenu du rapport de Boissi en glace alors député de l'Ardèche.

Il se trouve qu'hier j'étais dans l'Ardèche tout près de la terre de Boissie d'anglasque. Que dit-il dans son rapport ? Les 500 seront l'imagination de la République, les anciens la raison.

Le recours à la seconde chambre né du refus de la dictature de la chambre unique et de la terreur. C'est dans cette même lignée que Bonapart premier consul créa le Sénat conservateur dont la fonction était avant tout d'éviter qu'un régime d'assemblée ne porte atteinte à la Constitution. Napoléon Bonaparte laissa son empreinte sur cette haute assemblée qui approuva la motion relative à l'institution de l'Empire en 1804 et qui e la lucide ingratitude dans une France envahie par l'Europe coalisée contre l'empereur de proclamer sa déchéance le 3 avril 1814.

La continuité institutionnelle entre le premier empire et la restauration passa par la substitution au Sénat conservateur d'une chambre des pères qui prit sa suite après l'arrivée de Louis X. La Constitution de 1848 avait rétabli la République. Elle était passée au monocamérisme sans doute d'une façon inconsidérée.

Les événements devaient le montrer à la suite du coup d'état de 2 décembre 1851, la Constitution de février 1852 rétablit une deuxième chambre revenant à la tradition bicamérale. La France revint donc rapidement à la dualité des assemblées qui caractérisa le second empire et la 3e République. Nous célébrons, comme vous l'avez dit cette année, le 150e anniversaire du Sénat républicain.

C'est l'occasion de nous remémorer que lorsque les lois constitutionnelles de la 3e République sont adoptées, à commencer par la première qui concerne le Sénat et devant la menace d'un retour au pouvoir des bonhomartistes, la République apparaît comme le régime qui divise le moins. Je reprends la citation de l'époque. est définitivement établie cette République en janvier 1875 lorsque Henry Valon député catholique modéré présente un amendement portant élection du président de la République en toute lettre pour 7 ans par la Chambre des députés et le Sénat réuni en assemblée nationale.

Chacun sait que l'amendement fut adopté par 353 voix contre 352. La 3e République est donc proclamée à une voie près. Le Sénat à cette époque encore conservateur constitué après les élections sénatoriales de janvier 1876 résulte du compromis constitutionnel qu'ont accepté les modérés.

Il devient un grand conseil des communes de France pour reprendre la formule de Gambetta qui ne tarde pas se républicaniser au fil des élections. Ce grand mouvement s'achève lorsque Gambetta met un terme à la désignation des sénateurs inamovibles. Dès 1879 que les choses vont assez vite, né la République des Républiques suite à une révision du mode de scrutin très important, madame la présidente des maires qui nous donne notre légitimité puisée, j'allais dire au suffrage des élus municipaux.

Oui, cette mode de scrutin, la majorité du Sénat choisit la République et le groupe de la gauche républicaine, celui de Jules Ferry, devient le pilier de cette deuxième chambre. À cette époque, pourquoi une haute chambre pour fonder la République ? Dès le début du 20e siècle, le groupe de la gauche démocratique, autrement dit les radicaux, le groupe de George Clémenceau, constitue le sature de l'Assemblée républicaine qui est le Sénat avec plus de la moitié des sièges en 1914, 167 et en début 40 encore 147.

Mes prédécesseurs les présidents du Sénat incarnent tout au long de cette période cette légitimité républicaine. Ce qui leur vaut et ne prêter pas l'intention de marcher dans leur brisée souvent d'accéder à la magistrature suprême tel Émile Loué, Paul Dou Albert Lebrin. Oui, le Sénat symbolise alors la force d'une République libérale dans ses principes, modéré dans son action. et parlementaire dans ces institutions lors de toutes les grandes crises qui menacent la République de l'épisode boulangiste à l'affaire de Réfuse.

Et je veux évoquer tout simplement la mémoire du sénateur alsacien Auguste Sherur Kessner qui a combattu pour la réhabilitation du capitaine Drefus. Oui, le Sénat joue à plein son rôle de défense républicaine et de 1876, très important à 1914, il est le vecteur de la républicanisation du monde rural. Et dans ces moments où d'aucun s'interroge sur la République, je tiens à faire mémoire d'un sénateur Pierre Valdec Rousseau qui présida en juin 1899 le gouvernement de défense républicaine incarnant précisément cette légitimité de la République et la volonté de la défendre contre ses adversaires qui étaient aussi souvent les adversaires des libertés. fondamental.

La défense des libertés publiques constitue un marqueur politique de notre institution et ce dès 1881, je parle d'abord d'un premier texte portant abrogation de toutes les lois qui restraignait la liberté de la presse. 1881. Symbole de cet attachement à la République et au droits de l'homme, la discussion du texte a préfiguré la loi du 1er juillet 1901 sur la liberté d'association qui fut déposé par le même Pierre Valdrousseau en novembre 1899.

Il était alors président du conseil, ministre de l'intérieur et des cultes. Car c'est bien le cœur du régime républicain, la préservation des libertés essentielles qu'il faut retenir de cette période. la liberté de conscience et le respect du du droit de croire ou de ne pas croire avec la laïcité au titre de laquelle s'illustre Émile Combe et George Clémenceau avant le vote le 9 décembre 1905 de la loi de la sur la séparation des églises et de l'État pour 181 contre 102.

Nous célébrons cette année son 20e anniversaire et nous en ferons mémoire au mois de décembre prochain. Le Sénat est resté depuis lors attentif à la défense des libertés publiques des droits fondamentaux et des libertés individuelles. Je passe à la 5e République et je reviendrai en arrière après.

Depuis le début des années 1970, par le biais de proposition de loi, d'amendement de commission d'enquête, de mission d'information, notre assemblée a instylé cet esprit dans notre législation et c'est notamment illustré en défendant les libertés publiques, en préservant la liberté d'association et c'est le travail du président Poer qui fait recours devant le Conseil constitutionnel contre une majorité qu'il soutenait. mais qui pensent que c'est l'essentiel qui est atteint et aussi en préservant la liberté de la presse, en limitant l'encadrement des écoutes, en favorisant la création de la knil en luttant contre l'emprise des sectes. Voilà quelques exemples. et d'autre part en améliorant le fonctionnement de la justice avec l'utilisation du bracelet électronique la création de la fonction de contrôleur général des prisons en permettant au juges d'apprécier les infractions non intentionnelles en introduisant le double degré de juridiction en matière criminelle et en aménageant c'est récent c'était en 2009 l'individualisation des peines dans le casre du droit on on en est encore loin du droit à l'encellule musulement individuel.

Il y a eu un sénateur du nord, Jean-René Lef, qui s'est beaucoup battu là-dessus et c'était un sénateur gauliste. Cette liste, loin d'être exhaustive démontre que le Sénat marque la loi de son empreinte lorsqu'elle ses vertu à proposer, à innover, à anticiper et parfois même, il faut le dire, à provoquer dans le cadre du strict bicamérisme. revient à la 3e République où les deux chambres disposaient des mêmes pouvoirs législatifs.

Il devint un stabilisateur institutionnel, plus modéré que la chambre des députés lorsque celle-ci penchait vers la gauche et plus progressiste lorsque celle-ci penchait vers la droite. Dès cette époque cependant, le débat et la contradiction caractérise les séances du palais du Luxembourg et je reviens à 1880. Le projet d'école laïque obligatoire présenté par Jules Ferry se heurte aux amendements d'un sénateur Jules Simon et je reprends ces amendements qui souhaitent remplacer l'instruction morale et civique par l'enseignement des devoirs envers Dieu et envers la patrie.

De la même façon, au fil des années 80, les sénateurs s'opposent à la notion de fédération syndicale et diffère de 2 ans le vote de la loi sur la création des syndicats professionnels que le Sénat finira d'adopter qu'à une très courte majorité. Mais je ne peux passer sous silence car il faut connaître toute l'histoire du Sénat et pas seulement celle qui nous conviendrait. La longue opposition du Sénat de la 3e République dont l'action législative fut pourtant audacieuse et innovante.

Oui. La longue opposition du Sénat à l'accession des femmes au droits politiques. Même si les amendements des députés en faveur du vote des femmes adopté dès 1919 relevé d'un fin jeu politique, il suffit de lire et à l'occasion de la préparation de ce moment, j'ai relu ces échanges-là.

Leur promoteur parmi lesquels figurent des opposants et des faux alliés sera lié d'autant plus au suffrage intégral qu'ils étaient certains que le Sénat y mettrait un obstacle. Le Sénat a en revanche apporté une contribution déterminante à la discussion des textes qui permettaient l'enracinement de la République, notamment bien sûr la loi d'avril 1884 sur l'organisation communale. Cet intérêt ne s'est pas démenti.

Nous conservons un attachement indéfectible à la commune et au territoire. Deè point, le Sénat stabilisateur constitutionnel au-delà du bicamérisme et de la tradition républicaine. La force du Sénat stabilisateur constitutionnel dans les eaux calmes comme dans les temps agités.

Après le premier projet de constitution monocamérale proposé aux Français au lendemain de la libération, l'Assemblée constituante élue le 2 juin 1946 rédigea un second texte insuant un régime bicaméral qui adopté par référendum des Français avaient rejeté la première proposition devint la Constitution d'octobre 194. 46. Le conseil de la République né constitution vit ses pouvoirs d'abord réduit par rapport au Sénat de la 3e République, mais retrouvera progressivement nombre d'entre eux à l'exception de la parité avec l'Assemblée nationale dans l'adoption de la loi ordinaire.

L'activité législative du conseil de la République s'en trouve à modifiée, réorientée mais nullement anéanti. À la tête de cette seconde chambre, un radical, le radical Gaston Menerville, élu en 1947, devint l'infatigable promoteur d'un bicaméralisme équilibré et d'une collaboration entre les organes de l'État. 1954 rétablissement de la navette parlementaire par une navette par une réforme constitutionnelle.

Ce rétablissement traduit ce rééquilibrage et la nécessité face à l'Assemblée nationale que le balancier du palais du Luxembourg joue pleinement son rôle stabilisateur ou régulateur. Cette réforme affermi la position de la seconde chambre. Ce conseil de la République qui retrouve article 22 à ce moment-là le nom de Sénat est une assemblée permanente.

Elle ne peut être dissoute. Le gouvernement est responsable devant elle même si elle ne peut pas le renverser. Article 20. dans le premier discours qu'il prononça en qualité de président du Sénat de la 5e République, premier discours décembre 1958, Gaston Monerville observait et je le cite que la nouvelle constitution a rendu notre assemblée son titre traditionnel en même temps qu'elle lui confère un rôle de premier plan dans l'organisation des pouvoirs publics.

Fin de citation. Michel Debré anticipait ce rôle spécifique du Sénat dès 1958 en présentant devant le Conseil d'État le projet de constitution de la 5e République. Je le cite, il est devant le Conseil d'État.

Il est facile de comprendre pourquoi il faut à la France une puissante deuxème chambre. Notre régime électoral peut nous empêcher de connaître les majorités cohérentes qui assurent sans règle détaillé la bonne marche du régime parlementaire. Tiens tiens, on y est, on est en 1958, on est devant le Conseil d'État.

Et voilà l'observation que fait Michel Dav qui a la charge de préparer la Constitution. Est-ce que ce balancier a été trop loin ? Donc en jugé lors de la querelle relative au référendum de 1962 à commencé par le général de Gaulle qui plaça la chambre régulatrice en quarantaine organisant sinon un boycott institutionnel au moins et l'expression est de moi, une boudie qui ne s'acheva qu'après le départ de Gaston Monerville.

Pendant cette période de boudie, la représentation gouvernementale auprès du Sédait d'exercé par des secrétaires d'état affectés au banc. dont parmi les derniers était un jeune secrétaire d'état qui s'appelait Jacques Chirac et non des ministres tandis que la représentation du Sénat lors de manifestation officielle c'était Marie-Hélène Cardau, sénatrice des Ardenes, vice-présidente du Sénat et ancienne résistante Dans le système institutionnel de la 5e République naissante, il faut le dire, il n'y e guère qu'un seul élément de résistance à l'exécutif renforcé par le fait majoritaire. Alors, pardonnez-moi, cher Jacqueline Gourot, que le Conseil constitutionnel n'avait pas encore pris totalement son envol.

Le Sénat qui devint un bastion de la critique de la politique colenne, son président s'érigea avec les années par sa ténacité et la force de ses convictions en principal opposant au chef de l'État, le général de Gaulle. On comprend mieux que le 9 septembre 1968, le général de Gaulet a annoncé un projet de fusion du Sénat et du Conseil économique et social. On connaît la suite et le choix des Français.

Depuis lors, le Sénat est bel et bien stabilisateur constitutionnel. Son accord est requis au revoir référendaire pour qu'une révision de notre constitution aille à son terme en vertu de l'article 89. Le vote conforme des deux assemblées doit précéder le congrès ou l'éventuel appel au référendum.

Le Sénat joue donc un rôle clé en matière de révision. constitutionnel. Mais cette clé n'est pourtant pas un verrou.

L'expression de la volonté du Sénat en fait stimule la recherche d'un consensus politique sur des questions qui relèvent du texte suprême. Enfin, le président du Sénat est l'un des garants de la stabilité de la continuité des institutions. Un des rédacteurs de la Constitution de 1958 qui fut mon maître, [raclement de gorge] monsieur Marc Lauriol [toux] qui fut sénateur de mon département me raconter que parmi les préoccupations des initiateurs et des réacteurs de ce texte figurait la volonté d'éviter la domination de la vie politique par les seuls parties.

Ces concepteurs de la loi fondamentale étaient aussi attachés au principe de continuité institutionnelle qui remonte à l'ancien droit. Le roi est mort, vive le roi. Général De Gaul avait été marqué par les délibérations de l'Assemblée de Bordeaux et par les tristes retrouvailles dans un casino à Vichi.

Pour lui, l'intérim devait être assuré par le président d'une assemblée insusceptible de dissolution et donc moins directement impliqué dans la marche ordinaire de l'exécutif. Notre système institutionnel a parfaitement fonctionné 1969 1974, souvenez-vous, le président Poer, il a montré la maturité de notre état de droit et de la constitution. En fait, 11 ans seulement après son adoption, de retour dans l'hémicycle du Sénat, après avoir exercé l'intérim de la présidence de la République, Alpèreer déclaré le 30 mai 1974, pendant cette période délicate, j'ai eu pour soucis majeur, en assurant la continuité de la République et l'impartialité de l'État de donner au pays une image fidèle de notre assemblée et de tous ses membres, fin de citation.

Parlons maintenant du Sénat et de l'équilibre institutionnel. Après le départ du général de Gaulle, la chambre haute a retrouvé une influence incontestée. Ce qui me donne l'occasion de répondre avant de conclure à la question.

Oui. Non, pourquoi une chambre haute sous la 5e République ? pour voter la loi, pour contrôler l'exécutif, pour représenter les territoires.

L'élaboration de la loi, le Sénat contribue efficacement au travail législatif puisque l'élaboration de la loi fait partie de notre cœur de métier. Quelques chiffres. Depuis 1959, seulement 12 et5 % des textes ont été adoptés en dernier mot par l'Assemblée nationale.

Dans 87,5 % des cas, les deux chambres sont donc parvenues à un accord. Je parle depuis 1959 pour la session 2024-2025. Je sais bien que nous vivons une situation particulière. 98,2 % des textes, c'estàdire 55/ 56 ont été adoptés après un accord entre les deux assemblées tandis que 70 % des amendements du Sénat étaient repris et vous voyez dans les conditions politiques actuelles par l'Assemblée nationale et ces chiffres incluent l'ensemble des textes financiers.

élaboration de la loi, contrôle de l'action du gouvernement. Le Sénat contrôle l'action du gouvernement. Dès 1971, sur proposition du président Poer, le bureau du Sénat décidé d'organiser un suivi systématique de l'application des lois.

Ce travail s'est amplifié depuis. Conformément à leur mission constitutionnelle, les sénateurs contrôlent l'action du gouvernement. Chacun a en tête la commission d'enquête Pénala présidée par le sénateur Philippe B. celle de l'influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques dite en raccourci commission Mckinz dont le président était républicain Arnaud Basin et la rapporteur présidente du groupe communiste républicain citoyen écologiste Lian Assassie un type de d'assemblage que le Sénat mais aime assez bien ou encore tout récemment la commission d'enquête sur les pratiques des industriels de l'eau en bouteille présidé par un républicain Laurent Burgais et dont le rapporteur était Alexandreille du groupe socialiste, écologiste et républicain.

Ces commissions d'enquête qui réunissent des parlementaires donc de groupes divers au service de la recherche de la vérité permettent aux sénateurs de recueillir des informations pour contrôler l'action du gouvernement sur les faits déterminés ou par exemple sur la gestion des services publics. Elle dispose de réels pouvoirs d'investigation, les auditions, les droits de citation, la communication de documents. Elles ont acquis, il faut le reconnaître, une surface médiatique qui renforce l'effectivité de leur contrôle.

Dans un contexte, je n'ignore pas, marqué par une certaine et réelle défiance vis-à-vis des politiques du bon usage des deniers publics. Le Sénat exerce sa mission de contrôle. sur les réseaux sociaux, sur notre site internet, les auditions des commissions font d'ailleurs grimper les audiences numériques en permettant d'atteindre par exemple chaque mois près de 4 millions et demi de vues sur les vidéos et de cumuler 1 million d'abonnés permanents stabilisateur institutionnel.

Et c'està-dire qu'en exerçant ces deux missions fondamentales, la loi, le contrôle, le Sénat a perdu son rôle de stabilisateur. Je crois pas. Cette fonction demeure au cœur de son identité.

Le Sénat reste périodiquement le seul contrepoid institutionnel face aux faites majoritaires. Il est un stabilisateur institutionnel au gré des fluctuations de l'Assemblée nationale. L'introduction du quinquena.

Sujet important pour l'élection du président de la République, c'est en 2002 et l'inversion du calendrier électoral ont durablement modifié le tempo de notre démocratie. Jusqu'en 2022, le chef de l'État, le gouvernement, l'Assemblée nationale suivait une même ligne politique, propre pouvoir exécutif. Hormis le Conseil constitutionnel dans l'ordre juridictionnel, aucun contrepouvoir ne subsistait à l'exception du Sénat, que sa temporalité propre avec son renouvellement par moitié tous les 3 ans, mais à l'abri de la vision quinquénale de l'Assemblée nationale et de l'exécutif.

C'est dans ces conditions que durant le confinement, par exemple, j'ai saisi le Conseil constitutionnel afin de m'assurer que dans que les mesures mises en œuvre par l'exécutif étaient, je me cite, nécessaire et adapté aux circonstances. J'ai en fait suivi la voix ouverte par Alain Poer qui en 1971 en déférant la loi Marcelin, je le redis a permis de ranger de la liberté d'association au nom des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. La force stabilisatrice du Sénat s'est exprimée de façon manifeste depuis les élections législatives de juin 2022.

L'existence d'une majorité relative à l'Assemblée nationale fait plus que jamais du Sénat un pôle d'équilibre et de stabilité au sein de nos institution. Nous avons engagé dans la mesure du possible pas toujours simple un dialogue avec l'exécutif et l'Assemblée nationale dès la conception de la loi. La navette entre Assemblée nationale et Sénat ou Sénat et Assemblée nationale et la commission mixe paritaire.

Vous savez députés, sep sénateurs qui se réunissent pour tenter de trouver un accord sur des textes qui ont été examiné pour chacune des assemblées joue un rôle décisif et renouvelé. Dans ce cadre où le fait majoritaire a cessé de prévaloir, notre assemblée fait d'autant plus entendre sa voix. La dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin 2024 a porté ce mouvement à son complet.

Les élections laissé le palais Bourbons sans aucune majorité. Il ne subsiste désormais, peut-on dire que des minorités et par-dessus le marché ce que d'aucun peuvent légitimement considérer comme des excès parfois dans le registre des provocations. Cette crise majeure, je pèse mes mots, je le dis un peu gravement, de la représentation politique a renforcé l'importance du Sénat.

Aujourd'hui, la seule institution stable de la 5e République dans sa mission de contrôle et de protection des droits et des libertés, cette position est d'autant plus d'actualité après le vote de défiance du 8 septembre dernier. Le Sénat demeure place forte qui tient contre vents et maré qui assure une continuité législative dans le tumule d'une assemblée nationale souvent dévisée et imprévisible. Une grande majorité des textes importants qui ont été votés récemment sont d'origine sénatoriale.

Ainsi, je prends des textes comme la lutte contre le narcotrafic. Fruit d'une commission d'enquête transgroupe Étienne Blanche Jérôme Durin socialiste, un républicain. La levée des entraves à l'agriculture le débat en cours sur l'énergie autant de domaines où le Sénat joue un rôle essentiel.

Le vote du budget pour l'année en cours en a offert une autre illustration. Il pas impossible qu'il puisse en être de même lors de la discussion du budget. Pour 2026, l'apport spécifique du Sénat à l'élaboration des lois découle de la sociologie de ses membres et un mode d'élection qui valorise l'expérience de terrain.

Et puis il y a aussi le rôle essentiel des femmes qui représente aujourd'hui 38 % de notre assemblée. J'en veux pour preuve l'intérêt des travaux de la délégation droits des femmes qui ont porté par exemple sur la santé des femmes au travail, les femmes et la ruralité ou l'engagement des femmes en outre mère. Il y a aussi euh même si le mot ses signifierait âge, il signifie plutôt sagesse.

Le rajunissement du Sénat avec une moyenne d'âge de 60 ans et la présence aujourd'hui de sénateur Trentenner. Cela le conduit à s'intéresser aussi à des sujets ultra contemporains, je pense à l'intelligence artificielle sur lequel plusieurs rapports ont été rendus ou sont en cours. Dans l'exercice de la fonction de représentation du peuple, le bicameris doit oui doit se garder de suivre toutes les émotions de l'opinion publique et cultiver sa spécificité. dans son discours préliminaire sur le projet de code civil, portaliste qui veille sur nous dans notre salle des séance, noter que les lois ne sont pas de purs actes de puissance, ce sont des actes de sagesse, de justice et de raison.

Je crois qu'il est temps, oui, de garder en permanence l'analyse et la réflexion. Le Sénat est une chambre où le dialogue et le compromis sont possibles dans l'intérêt de notre pays. L'article 3 de la Constitution dispose en effet que les sénateurs et les députés représentent la nation toute entière et expriment sa volonté indivisible.

L'affirmation clairement unitaire de la nature de l'État explique que les sénateurs disposent d'une compétence législative générale comparable à celle des députés. Mais cette compétence s'exerce selon des modalités avec une tonalité différente de celle du palais Bourbon. Tout en état net, ils existent. les clivages, ils sont moins aigus qu'à l'Assemblée nationale, ce qui permet une discussion moins passionnée, ça veut pas dire qu'il y a pas des moments de passion de la loi qui est abordé de façon aussi parfois plus technique, sans doute moins théâtrale, sans doute plus approfondi, je dois le dire, des débats intéressants et utiles.

C'est une formule au Sénat. Quel que soit le groupe politique auquel on appartient, on ne dit jamais oui par disciplisme et jamais non par dogmatisme. Enfin, c'est un constat.

La tenue des débats au palais du Luxembourg se distingue pour ne pas dire plus de celle de l'Assemblée nationale notamment depuis quelques années. Cela n'est pas sans écho dans le pays. La représentation sénatoriale revent enfin un caractère territorial puisque l'article 24 de la Constitution au Sénat la fonction d'assurer, je cite, la représentation des collectivités territoriales.

Pourquoi donc une seconde chambre ? Pour donner un visage aux collectivités locales dans un pays dans le territoire qui comporte aussi une partie importante ultramarine et l'un des plus vastes parmi les Étatsmembres de l'Union européenne. Le corps électoral du Sénat, ce sont plus de 550000 élus territoriaux dont l'action quotidienne irrigue la vie locale sans oublier les représentants des Français établis horsur de France.

Les sénateurs représentant les Français établis aux quatre coins du monde sont leur porte-voie. Ils sont attentifs à leur vie, à leurs conditions et à leurs droits. Les sénateurs qui sont donc les élus des élus par le suffrage universel indirect fertilise le débat parlementaire par la connaissance et l'attachement qu'il porte à nos communes, à nos départements, à nos régions.

Aujourd'hui aussi, le Sénat et la Chambre qui amplifie la voie des territoires pauvres en démographie. C'est aussi un élément important. Sans le corps électoral actuel du Sénat, la représentation de ses citoyens serait écrasé sous la loi du nombre, parfois sous le poids numérique des métropoles et des territoires très densément peuplés.

Il deviendraient des citoyens de seconde zone. Ce mode d'élection confère un autre à tout, la proximité avec les élus locaux. Tous les élus locaux, même les plus modestes qui à l'heure de la mondialisation et des délocalisations, encore plus qu'avant tend à constituer un des socs fondamentaux de la cohésion nationale.

Vous savez, les 35000 communes aujourd'hui dans un pays fracturé, divisé qui va pas bien, c'est 35000 pièces de puzzle cimenté ensemble par cette trame d'élus locaux. Cette symbiose avec le territoire permet à l'Assemblée d'apporter une contribution spécifique en matière de décentralisation 1982 1999 2002 et puis réforme territoriale en 2014 et 2015. La majorité sénatoriale actuellement a aussi voulu se préserver le département tout en réaffirmant le rôle des communes.

Alors en conclusion, quelle perspective d'avenir tirer de cette expérience sénatoriale ? Tout d'abord, le fait que l'attachement à l'histoire et nos valeurs ne nous éloigne en rien d'une projection vers l'avenir. Et c'est le sens des rendez-vous de l'histoire, éclairer aussi l'avenir.

Nous savons d'où nous venons et c'est pourquoi j'ai souhaité que l'un des tout premiers dans le monde, le Sénat français se donne d'un site internet consacré à ses archives. Et d'ailleurs, il y a un stand ici au rendez-vous de l'histoire. Vous trouverez sur notre site mémoire du Sénat plus de 500000 pages déjà numérisées et consultables en ligne.

Notre intérêt pour l'histoire s'est traduit par la refonte de notre dispositif d'aide à l'histoire et je salue l'action de notre collègue premier an Sylvie Robert qui préside le jury du prix du Sénat du livre d'histoire à la suite de deux prédécesseurs Jean-Noël Jean et René Ron. Vous pourrez rencontrer sur le stand du Sénat les lauréats des deux prix qui ont été attribués en 2025. Mais ne regardons pas qu'en arrière.

Le Sénat reste encore plus qu'hier un précurseur. Souvenons-nous que notre assemblée adopta un projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse le 14 décembre 1974 et vota l'abolition première lecture devant le Sénat. de la peine de mort le 30 septembre 1981.

Et pourtant, la majorité n'était pas du tout la même majorité qu'à l'Assemblée nationale. Et Robert Banater s'en était souvenu en nous remettant le manuscrit de son discours devant le Sénat. Oui, dans des débats qui étaient apaisés comme l'avait reconnu madame Simone Veille qui avait tenu à ce que son épée d'académicien lui soit remise au Sénat et j'ai eu l'honneur de procéder à cela en souvenir de la qualité du débat après la tempête et pour ne pas dire autre chose qu'elle avait dû vivre à l'Assemblée nationale.

Mais cette chambre a aussi lancé des débats sur des sujets essentiels et qui peuvent nous interroger, nous déranger. Je vais vous parler d'Henrique Cayavet et de proposition novatric sur la réforme de l'internement psychiatrique, sur l'insémination artificielle, sur la dépénalisation de l'homosexualité, sur le droit de vivre sa mort. débat que nous allons avoir sans doute dans les semaines qui viennent au Sénat.

Dans cet esprit, le Sénat fera tout pour rechercher les convergences les plus larges possibles autour de ces projets qui concernent à la fois les soins palliatifs, la fin de vie et la bioéthique. Notre assemblée débat de ces sujets depuis longtemps et naturellement y apporte son expertise en traduisant les préoccupations de nos concitoyens et en prenant exemple, j'y reviens, sur l'histoire antique, rendant plus actuelle notre ambition, le Sénat et le peuple français. Parmi les 80 États au monde qui ont choisi le bicamérisme et récemment la Côte d'Ivoire pour sortir d'un schéma d'affrontement.

On a tous en tête les guerres civiles qu'on connu par exemple la Côte d'Ivoire, le Tchad, le Togo. Ils viennent de créer d'ailleurs avec le soutien du Sénat français une seconde chambre. Je crois que nous avons une place particulière, incarnation de l'histoire politique, économique et sociale de notre pays.

Nous avons aussi quelques faiblesses. Au fond, le Sénat c'est la France. Alors, vous posiez la France point d'interrogation.

Moi, j'ai envie de vous dire le la France point d'exclamation parce que je ne m'interroge pas sur la France mais je pense que notre responsabilité c'est de lui donner un futur, un avenir, de croire en notre pays et la Roche Fouco disait que il est nulle difficulté que des femmes ou des hommes d'esprit ne puissent transformer en succès, faisant nos difficultés l'occasion de retremper notre pays. C'est en tous les cas la démarche auquelle le Sénat veut contribuer. Merci de m'avoir écouté. [applaudissements] [applaudissements] Merci.

Merci monsieur le président l'archer. Merci pour au fond ces 50 ans d'histoire française à travers le Sénat. C'estd qu'on fait souvent l'histoire française à travers des les débats à l'Assemblée.

On l'a fait à travers le Sénat. Je me permettrai tout à l'heure une ou deux questions sur la la situation très immédiate, mais pour revenir un peu sur votre développement et et ce qu'on ce qu'on peut en retenir, euh en racontant ces 150 ans là du Sénat, vous racontez 150 années où le Sénat répond en fait à toutes les crises de la politique française. Et je me demandais est-ce que le Sénat en lui-même est au fond une institution pour tant de crise ?

Mais est-ce que vous parliez de la sociologie aussi des sénateurs ? Est-ce que les sénateurs aussi au fond ne sont pas des personnalités pour temps de crise ? Vous parliez tout à l'heure notamment du sénateur Valdec Rousseau, on l'oublie mais Valdec Rousseau notamment est appelé en 1899 en pleine crise de l'affaire de Réfus au moment où les gouvernements se succèdent et tombent les uns après les autres et il arrive à obtenir un gouvernement qui va tenir près de 3 ans avec en son sein un socialiste comme Alexandre Milran et le général de Galifé qui a quelques années avant réprimé la commune.

On se dit que ça c'est un tempérament de sénateur. Ma question, est-ce que les sénateurs en tant qu'individualité, en tant que personne, en tant que socialisation à travers l'expérience qu'ils vivent au Sénat sont des personnalités pour tant de crise ? Ils sont aussi pourtant de calme, de sérénité et de construction d'un pays.

Mais je vais vous dire comment nous vivons au quotidien puisque ici euh dans cette salle, il y a au moins cinq groupes politiques du Sénat différents de représenter. Nous travaillons ensemble les présidents de groupe très régulièrement autour du président du Sénat. Non pas pour rechercher je ne cesser je ne sais quel consensus mou, mais parce que nous pensons que nous avons une responsabilité dans l'élaboration de la loi, dans le contrôle du gouvernement et dans le traitement d'un certain nombre de situations.

Nous l'avons vécu, je l'ai vécu comme tel pendant la crise des gilets jaunes. Je vais parler de crise récente. C'est-à-dire que nous avons essayé collectivement d'assumer notre responsabilité avec les des élus locaux. parce que c'est d'abord les maires qui nous ont aidé dans ce moment-là pour essayer de retrouver une boussole et une boussole collective.

C'est cette culture du dialogue, du compromis. Le compromis, c'est pas la compromission, c'est le partage d'engagement à un moment qui peuvent être différents. Et on a connu un débat très vivant. au moment de la réforme des retraites.

Et oui et puis c'était normal genre c'est quelque chose j'ai présidé 59h sur les 90h de débat mais en même temps nous avons tenu le débat nous avons été au bout du débat parce qu'au sénat pardonnez-moi nous avons horreur des procédures raccourci des procédures contraintes j'allais dire dans tous les groupes et un président du Sénat il a horreur de ça en plus quelle que soit sa sensibilité donc c'est une culture ancienne. Et je le disais tout à l'heure, c'est ce qui amenait d'ailleurs à ce qu'un certain nombre de présidents du Sénat à l'époque de la 3e République se voit confier dans les périodes difficiles la magistrature suprême pour tenter de trouver y compris au 11e tour, il y a eu un cas célèbre à la fin de la 4e République même je sais 11e tour ça doit être plus que ça d'ailleurs j'allais dire une solution pour le pays. C'est un lieu aussi de solution.

Est-ce que ce que vous voulez dire par là aussi, c'est que contrairement à l'image qu'il a souvent, c'est vous dites le Sénat a un rôle de stabilité, de préservation, mais pas seulement. C'estàd que vous avez dit, c'est aussi une institution euh euh qui fait œuvre de que que qui mène des projets précurseurs. Est-ce que ce vous ce que vous voulez dire par là, c'est que le Sénat n'est pas qu'une institution conservatrice, que c'est aussi une institution euh de proposition et de naissance de de toute une série de de d'objets politiques.

Le mot conservateur, c'est pas un gros mot. Ah non non, je le dis pas parce que conserver la Constitution et conserver un certain nombre de valeurs fondamentales, ça n'a rien à gros mot. Mais le Sénat est capable de se mettre en anticipation.

Le travail qui est actuellement fait sur l'intelligence artificielle. Mais pardonnez-moi le travail qui a été fait. Je pense à Claude Maluret sur les réseaux qui a parlé de TikTok il y a 3 4 ans, si ce n'est le Sénat pour poser la question du rapport entre ces réseaux, leur influence et leur rôle sur les jeunes générations.

On n'a pas attendu aujourd'hui. Donc vous voyez bien qu'on est en phase aussi avec les questions de la société en le faisant d'une manière sans doute moins pulsive, reprenant boissi pour ce qui est une part de raison. C'est ce qui avait amené à la création du conseil des anciens.

Alors pour vous allez dire que c'est ma déformation professionnelle de journaliste. Non, il y a pas de déformation. une fois.

Moi je suis vétérinaire. Alors euh pour revenir un peu à la situation très très actuelle, j'ai retrouvé un propos que vous aviez en 2008 dans un de vos premiers discours en tant que président du Sénat. Vous disiez faire de la politique, c'est respecter l'opposition.

Est-ce que c'est à ce titre-là que vous avez estimé ce matin que les Républicains ne devaient pas intégrer le nouveau gouvernement de Sébastien Lecnu ? Est-ce que vous considérez qu'en reconduisant Sébastien Lecnu, les oppositions n'ont pas été respectées par le président de la République ? D'abord, je vais revenir sur mon propos de 2008 avant de passer euh au mois d'octobre 2025, je pense très important dans toutes les démocraties.

Et le rôle d'un président, c'est pas simplement de représenter la majorité, c'est d'être le président de l'institution. Certes, je suis élu par une majorité et j'ai des devoirs vis-à-vis de cette majorité, mais il y a aussi une opposition des groupes minoritaires. Groupes minoritaire, il y a une tradition au Sénat, c'est aujourd'hui un groupe moins important qu'à l'époque euh de Clémenceau qui s'appelle les le groupe des radicaux.

Je fais simple parce que RDSE c'est pas facile à traduire. dans lequel il y a des sénateurs qui appartiennent et à la majorité et d'autres à l'opposition. Et la responsabilité d'un président, c'est de permettre à chacun de s'exprimer et d'être attentif à ce que les droits des groupes minoritaires d'opposition soient pas simplement respectés mais puissent être valorisé.

Pour vous répondre là, c'est autre chose. C'est l'homme politique qui vous répond. On ne peut pas s'engager dans un gouvernement sans connaître sur quel pilier nous nous engageons mutuellement.

Vous ne faites pas de compromis sans connaître les promesses des uns et des autres. Compromis compromissaux. Et bien je pense qu'il est important de savoir quand on rentre dans une forme de coalition qui n'aura pas la majorité, ce qu'apportent les uns et les autres mais aussi de ce qu'on écoutera et de ce qu'on entendra. des oppositions et des groupes minoritaires.

Donc ma position c'est qu'il faut éclaircir tout cela si on veut traverser la période. Ma priorité à moi, c'est doter le pays d'un budget. Mais on peut le faire sans être dans l'exécutif.

Jacqueline Gouro, je veux pas la mouiller là, mais qui a été ma vice-présidente du Sénat. Nous avons vécu des périodes où nous étions dans l'opposition et en même temps nous dotions le pays d'un budget. Nous discutions de ce pays, madame la vice-présidente de l'époque et donc je pense qu'on peut doter le pays d'un budget.

Président de la République a pris une décision qui lui appartient, c'est le rôle de la Constitution. Il se trouve qu'il m'a consulté et qu'il a consulté le président de l'Assemblée nationale. Nous n'avions pas le même avis, ni elle ni moi.

Mais vous lui poserez la question, mais je garde mes avis pour moi en l'état. Simplement, vous savez que c'était pas le même avis. Et bien, je pense que aujourd'hui si on veut faire autre chose qu'un 20h, il faut maintenant proposer au pays sur quel pilier on peut travailler ensemble et quelle relation nous avons avec les différents groupes d'opposition.

Mais donc s'il y avait une clarification de la feuille de route de la part de Sébastien Lecnu, votre famille politique aurait vocation à y entré. Écoutez, il appartiendra aux instances des formations politiques. Tous les cas, ce que je peux vous dire au Sénat dans ma responsabilité du de président, c'est que je ferai tout pour que le pays ait un budget parce que c'est l'intérêt.

Ma préoccupation, c'est quand même la France et les Français. Vous savez, on appartient à des familles politiques différentes. Ne crachons pas sur les partis politiques qui sont indispensables à l'expression de la démocratie.

Je n'ai jamais cru en même temps et je crois aux formations politiques même si c'est démonétisé aujourd'hui, mais la responsabilité que nous avons, c'est doter le pays d'un budget, le faire avant le 31 décembre et puis ensuite il y aura d'autres débats. J'ai deux urgences en ce moment, c'est moi qui l'ai ramené la deuxième, c'est qu'il faut doter aussi de la Nouvelle Calédonie de perspective parce que c'est une affaire de paix civil. Ça peut vous sembler loin le Blois la Nouvelle-Calédonie, mais nous avons des compatriotes de toutes origines, de toutes histoires et on a besoin de la paix civile.

C'est ça ma préoccupation. et nous avons déposé au Sénat une proposition de loi organique signée par le président du groupe socialiste, le président du groupe LR, le président du groupe centriste, le président du groupe des indépendants, la présidente des radicaux et le président du groupe macroniste. Vous voyez bien qu'on a cette capacité parce qu'il nous semble que la paix civile, ça mérite un vrai enjeu pour notre pays.

Deux deux dernières questions peut-être pour pour suivre l'échange et en revenir aussi à à l'histoire que vous avez que vous avez raconté puisque c'est l'objet de de ces discussions. Vous vous avez parlé du président Monerville qui fait partie de vos illustres prédécesseurs. Le président Monerville, comme vous l'avez rappelé, s'était opposé en 1962 au à l'élection au suffrage universel direct du président de la République.

Dans le moment, dans les débats qu'il y a, certains estiment qu'aujourd'hui cette fonction présidentielle a pris trop de place dans nos institutions et qu'il faut en revenir à un parlementarisme renforcé, plus fort. Est-ce que vous partagez cette idée que en tout cas dans notre débat politique, [grognement] l'élection présidentielle et la fonction présidentielle ont pris trop de place ? Et est-ce que ça nécessite selon vous des changements institutionnels ?

Il faut que nous appliquions l'article 20 de la Constitution. Tout est dans la Constitution. Le gouvernement définit et conduit la politique de la nation.

Je l'ai rappelé très officiellement au moment où Michel Barnier était nommé premier ministre. Je l'ai rappelé quand François Baï a été nommé premier ministre. Je le rappelle, nous sommes dans un système qui n'est ni présidentiel totalement ni totalement parlementaire.

C'est la spécificité de notre constitution. Je crois que euh c'est ainsi qu'il faut voir les choses. Je ne suis pas de ceux qui demandent non plus à ce que tel ou tel met fin à son mandat.

Je crois que les institutions de la 5e République ont besoin de stabilité, qu'on ne doit pas leur porter atteinte et qu'il appartient à chacun de prendre ses responsabilités du chef de l'État au parlementaires. C'est en tous les cas ce que je propose au sénateur. Vous avez aussi parlé de votre prédécesseur Alain Power qui a assuré l'intérim dans moment compliqué aussi de de l'histoire française.

Est-ce qu'il vous arrive vous d'y penser qu'un jour s'il y avait une démission du président de la République ou un empêchement euh ça pourrait vous arriver ? C'est une lourde charge quand même. C'est est-ce que c'est quelque chose quand le jour où on devient président du Sénat, on mente à la tribune, est-ce que ça vous y vous vous y pensez ?

C'est pas ça qui nous étint au premier moment, mais l'organisation de la continuité de l'État, je peux le dire aux citoyens qui sont là, est parfaitement organisé et que on n'est pas, j'allais dire dans une forme pour parler en vieux français de happening. Donc je souhaite le meilleur au président de la République successive. Vous savez, moi j'ai été élu vice-Benjamin du Sénat.

Et le Benjamin s'appelait Jean-Luc Mélenchon. Comme je lui ai dit un jour, tu vois que j'ai plutôt mieux tourné que toi. Mais ça c'est autre chose.

On a une photo d'ailleurs, on est très beau à la tribune Sénatin. Nous sommes au bureau d'âge tous les deux, tout naturellement à la droite du président poère, Gérard Larch et à la gauche Jean-Luc Mélenchon. Et je dois vous dire que dans cette continuité là, il m'a paraît extrêmement important que nous gardions l'essentiel.

Et donc on s'inscrit dans cette continuité là. Et cette continuité là, c'est comme ça que je vois la fonction du Sénat. ce que je voudrais dire à à ceux qui viennent de de supporter ma trop longue conférence, mais j'avais envie de dire des choses et puis je vais vous dire préparer merci à Sylvie Robert ce moment, ça a été pour moi l'occasion de de me retremper.

Je vis cette fonction avec la même passion qu'au premier jour. Je vois bien que le moment peut être difficile et que le rôle de notre assemblée peut être essentiel parce que nous ne sommes pas à l'abri des crises et que donc il est très important que les 348 sénateurs, j'insiste les 347 autres, j'allais dire partage partage cette approche que notre pays a aussi besoin d'une forme de stabilité de croire qu'il a un avenir. Voilà pourquoi, répondant à votre question, point d'interrogation, j'ai voulu conclure par un point d'exclamation.

Je crois profondément que notre pays, on n'a pas évoqué l'Europe, mais a un message à donner à l'intérieur de l'Europe. Il y a 3 jours, j'ai reçu le président du Conseil national Schlovaque. Vous voyez aux portes de l'Ukraine, beaucoup d'interrogations sur les influences.

Il est venu m'assurer parce qu'il avait du mal à trouver des correspondants actuellement dans la crise que nous traversons, qu'il voulait absolument s'encrer dans les valeurs européennes, dans les valeurs de démocratie. et il est venu le dire au Sénat de la République française. C'est je crois aussi un signe parce que naturellement nous parlons de France mais c'est aussi point d'interrogation l'Europe.

Qu'est-ce que représente aujourd'hui l'Union européenne ? à un moment où on a des doutes aussi, des interrogations me semble-t-il un message qui est le message de monnaie Schuman de Gaspie mais qui doit être adapté au monde d'aujourd'hui. Voilà ce que je voulais vous dire.

Toute dernière question justement pour pour ouvrir un petit peu sur ce que vous venez de décrire du rôle du Sénat. vous disiez tout à l'heure chambre d'atténuation des passions. Est-ce qu'il vous arrive de craindre qu'un jour le le Sénat soit contaminé par ces passions-là ?

On sait qu'il va y avoir des des élections municipales et derrière des sénatoriales, donc des sénatoriales qui pourraient subir les résultats des élections municipales. D'autres formations politiques qui n'ont pas de groupe aujourd'hui qui pourraient en avoir au Sénat. Est-ce que vous craignez que parfois cette cette soupape qui est le Sénat ne le soit plus et que il soit à son tour atteint par les passions ?

Moi, j'ai d'abord vécu une alternance au Sénat. Moi, j'ai été battu au Sénat. J'ai été battu, je vous le rappelle, en 2011 car la majorité de notre pays avait des conseils municipaux qui se situaient dans à gauche entre radicaux de gauche, socialiste, communiste.

J'ai été battu et il y a eu un président du Sénat qui s'est appelé Jean-Pierre Belle qui était l'ancien président du groupe socialiste. et il se trouve que j'ai ensuite succédé à mon successeur. Donc cette alternance, elle peut fonctionner au Sénat et je pense que est-ce que on doit devenir une chambre de passion ?

Je crois que notre mode électoral peut nous préserver de cela. Euh mais si elle devait le devenir, ça voudrait dire que le PRI aurait des passions tristes, sujet célèbre d'un poème, d'une chanson et je souhaite pas que mon pays connaisse des passions tristes. Voilà ce que je voulais vous dire en vous remerciant.

Merci monsieur le président l'archer. [applaudissements] [applaudissements] Merci à tous. C'est quoi ?

Gérard Larcher, Président du Sénat, aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois — Gérard Larcher · Pourquijevote