L'interview intégrale d'Emmanuel Macron sur RMC et BFMTV, à 100 jours des JO
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Notre invitation ce matin sur RMC et BFM TV, c'est au fond le coup d'envoi des Jeux Olympiques à presque 100 jours de la cérémonie d'ouverture. Nous sommes ici au Grand Palais, c'est presque la réinauguration, c'est plutôt une visite de chantier, pour être tout à fait honnête. On va évidemment parler Jeux Olympiques, rien que les JO, mais toutes les JO, on est bien d'accord, Monsieur le Président ?
Avec un grand bonheur.
Ça c'est le principe, on est d'accord, on va parler donc sport, enthousiasme, ambition française, mais on va aussi parler de ce qui inquiète les Français, les questions de sécurité, d'organisation, de coût et de diplomatie plus que jamais. Je vous présente l'équipe Olympique d'RMC, même s'il n'y a pas vraiment besoin de les présenter. David Douillet, double champion Olympique de judo 96 et 2000. Bonjour Monsieur le Président. Marion Bartoli, ex-numéro 1 française de tennis, vainqueur Wimbledon 2013.
Bonjour Monsieur le Président.
Rémi Boulay, médaillé paralympique, para-canoé 2021 et en route pour une médaille supplémentaire, puisqu'il sera sur le canoé le 7 septembre.
Bonjour Monsieur le Président. Bonjour Rémi.
Je précise que nous serons rejoints tout au long de cette émission par les auditeurs d'RMC et les téléspectateurs de BFM TV qui vous interrogeront en direct. Mais Monsieur le Président, dans la nuit de samedi à dimanche, l'Iran a attaqué Israël. Est-ce que vous redoutez l'embrasement ?
Oui, c'est la crainte que nous avons tous. D'abord, nous avons condamné avec la plus grande fermeté cette attaque de l'Iran. Elle est inédite dans sa forme, parce que l'Iran, depuis son sol, a envoyé des drones et des missiles, plusieurs centaines, sur le sol d'Israël. C'est une victoire d'Israël, parce qu'ils ont réussi à stopper la quasi-totalité de ces missiles et de ces drones. Seuls sept ont touché leur sol, avec un blessé. Enfin, le bilan sera fait par Israël, mais très limité. La France a été aux côtés d'Israël, et sous coordination américaine avec nos amis britanniques, parce que nous sommes sur le sol jordanien, à la demande de la Jordanie.
Nous avons eu des interceptions en stricte protection et défense à faire dans cette nuit, en effet, de samedi. Mais donc, nous avons condamné, nous sommes intervenus, et aujourd'hui, nous allons tout faire pour éviter l'embrasement, c'est-à-dire l'escalade. Et donc, essayer de convaincre Israël qu'il ne faut pas répondre en escaladant, mais plutôt isoler l'Iran, réussir à convaincre les pays de la région que l'Iran est un danger, accroître les sanctions, renforcer la pression sur les activités nucléaires, et puis retrouver un chemin de paix dans la région.
C'est aussi pour cela que nous appelons à la prudence sur AFA, et que nous avons demandé une trêve conduisant au cessez-le-feu pour pouvoir procéder aux opérations humanitaires. Mais la situation est très instable aujourd'hui, et donc il y a une très forte mobilisation diplomatique qui se fait autour de ce contexte.
Je suis frappée que vous disiez, M. le Président, que vous êtes intervenu, que la France est intervenue à la demande des Jordaniens. Ce que vous voulez dire, c'est que vous n'avez pas fait ça en soutien direct d'Israël.
On l'a fait tous en soutien, mais les Iraniens ont violé l'espace aérien de plusieurs pays. Et c'est pour simplement rappeler le cadre dans lequel nous intervenons. Vous savez, depuis maintenant plusieurs années, nous avons une base aérienne en Jordanie pour lutter contre le terrorisme. Et donc l'espace aérien jordanien a été violé par ces tirs. Nous avons fait décoller nos avions et nous avons intercepté ce que nous devions intercepter.
Qui attaque qui ? C'est-à-dire que l'Iran dit que c'est une réponse à l'attaque d'Israël contre leur consulat à Damas. Qui attaque qui ?
Aujourd'hui, Israël se protège. Et le fait générateur de cette situation d'ensemble, c'est l'attaque terroriste du Hamas cet octobre dernier. Dans ce contexte, il y a eu plusieurs interventions qui étaient liées à l'Iran. Et Israël, en effet, il y a plusieurs jours, a frappé en Syrie, à Damas, une emprise diplomatique aux militaires iraniennes. Les Iraniens ont répondu. Mais ils ont répondu de manière, si je puis dire, disproportionnée. Parce qu'au lieu d'aller toucher des intérêts israéliens en dehors d'Israël, eh bien ils ont été chercher Israël sur son sol, depuis leur sol, ce qui est une première.
Il y a une forme d'équilibre, si je puis dire, de la violence, pardon de le dire comme ça, qui existe dans la région de la même manière qu'on a depuis des semaines, et oserais-je dire depuis des années, des tirs qui se font, par exemple, entre le Hezbollah et le nord d'Israël. Eh bien, il y a des équilibres, certaines zones ne sont pas touchées. Là, pour la première fois, l'Iran a décidé d'envoyer des frappes depuis son sol, sur le sol d'Israël. Et c'est un changement, une rupture profonde. Et donc c'est pour ça que ce qui s'est ouvert est très dangereux en termes de réaction. Donc très clairement, c'est l'Iran qui a décidé de frapper Israël dans le contexte d'une manière inédite.
Et donc il nous faut à la fois être aux côtés d'Israël pour assurer sa protection au maximum, mais appeler à une limite pour éviter l'escalade.
Et quand vous dites d'ailleurs que c'est très dangereux, vous avez même précisé qu'on va faire en sorte qu'il n'y ait pas forcément de riposte. Est-ce que s'il y avait riposte israélienne, vous estimeriez que c'est de la légitime défense ?
Il y a tout un travail qui est fait. Nous avons hier tenu un G7. Il y a des frappes, si elles sont limitées à des intérêts militaires, de manière très calibrée, qui pourraient mettre fin, si je puis dire, à ces allers-retours. Mais il faut éviter qu'à chaque étape, ce soit un seuil qui soit franchi. Et on voit bien qu'aujourd'hui, on a une situation qui est très grave. Au fond, depuis le 7 octobre, Israël légitimement se défend et veut mettre à bain un groupe terroriste qui l'a attaqué, le Hamas. Nous, ce que nous avons dit, c'est que nous reconnaissons ce droit à vous défendre. Il faut le faire de manière proportionnée parce que vous êtes une démocratie, un droit humanitaire.
C'est pour ça qu'on a demandé un cessez-le-feu, justement, à Gaza, et qu'on souhaite que les opérations humanitaires puissent reprendre pour protéger les populations civiles, qui n'ont rien à voir avec le Hamas. Le risque, c'est celui de l'embrasement régional. Et avec l'entrée, si je puis dire, dans ce contexte, maintenant explicite de l'Iran, c'est un risque d'escalade parce que c'est l'Iran directement comme puissance, mais c'est tout ce qu'on appelle ces proxys, c'est-à-dire le Hezbollah en Iran, les outils qui ont déjà fait plusieurs frappes dans toute la région, et puis les milices qui opèrent en Irak et en Syrie.
Et donc, ce qui est important, c'est que la sécurité d'Israël soit préservée, c'est que le travail puisse se faire contre le Hamas, mais qu'on retrouve un cadre, si je puis dire, humanitaire et politique apaisé pour qu'on puisse aussi éviter l'embrasement régional.
Quand vous dites « on », quel sera le rôle précis de la France ? Qu'est-ce que vous espérez jouer ?
Écoutez, ce qu'on essaie d'être, c'est une puissance médiatrice, c'est-à-dire, je reparlerai d'ailleurs tout à l'heure au Premier ministre Netanyahou, nous avons eu plusieurs éléments de coopération en termes de renseignements, nous avons contribué à couper des financements pour le Hamas, et puis nous parlons aux uns aux autres.
D'abord, on a, dans cette nuit de samedi et dimanche, procédé à plusieurs identifications de tir, donc on a échangé de l'information, procédé à des interceptions, ce qui, je crois, fait de nous des partenaires crédibles, mais nous parlons à toute la région, c'est-à-dire on échange avec la Jordanie, l'Égypte, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, et donc tous les pays de la région, dont c'est aussi, si je puis dire, la sécurité qui est en jeu, qui ont des sensibilités qui peuvent être différentes, et par exemple, tous ces derniers mois, nous avons procédé à des largages de vivres et de médicaments dans Gaza avec les Jordaniens, nous avons envoyé un bateau, vous avez un invité, surprise, nous avons un bateau qui est arrivé et qui a soigné plus de 1000 Palestiniens sur les côtes égyptiennes, et donc, nous parlons à tous les pays de la région, et ce que je veux dire par là, c'est qu'Israël doit pouvoir se protéger, lutter contre le terrorisme, mais la sécurité durable, c'est celle qui engage tous les partenaires de la région, qui permet de lutter contre les terroristes, mais qui évite l'embrasement, et là, la France a un rôle à jouer, celui que nous jouons depuis le début, d'être cette puissance d'équilibre.
Avec les Américains, vous avez senti, dans vos échanges avec Joe Biden, un engagement absolu aux côtés d'Israël ?
Alors, on a parfois eu des différences, c'est-à-dire que les Américains ont moins tôt que nous appelé au cessez-le-feu, ils ont, il y a une quinzaine de jours, changé de position aux Nations Unies et suivi notre position en décidant de ne plus bloquer les résolutions, mais surtout, les Américains ont un rôle très important à jouer pour contenir l'Iran, et je crois qu'au-delà de la situation qui se joue en Israël depuis maintenant plusieurs mois, et en le disant, j'ai toujours une pensée pour, évidemment, les familles de victimes, mais aussi les familles d'otages qui sont encore détenues. Et une de nos priorités, c'est libérer les otages.
Et je rappelle que nous avons encore trois compatriotes qui sont détenus, et je pense ce matin à leurs familles. Le rôle des Américains, c'est de nous aider dans ces négociations, mais c'est de nous aider à contenir l'Iran, en portant des sanctions et en limitant leur accès à l'arme nucléaire, en portant des sanctions pour éviter que l'Iran ne continue à produire des missiles et des drones, qui sont aussi fournis, je le rappelle, d'ailleurs à la Russie pour opérer sur le sol ukrainien, et réussir à limiter les activités régionales de l'Iran. C'est là où les Etats-Unis ont un rôle clé, et ils l'ont joué dans la nuit du samedi à dimanche.
On peut compter sur eux, ils ont été au rendez-vous.
Et très clairement, ils ont été au rendez-vous, et ce que j'ai vu hier dans l'échange avec le président Biden, c'est une claire volonté de jouer ce rôle.
A propos des Jeux Olympiques, vous aviez, au moment où ces Jeux Olympiques commençaient à se dessiner, dit que vous espériez qu'à cette occasion-là, il y ait un sommet international qui puisse se tenir. Est-ce que c'est toujours d'actualité ou plus du tout ?
Alors oui, on aura un sommet qui se tiendra avec le comité, international olympique, la veille de la cérémonie d'ouverture. Et c'est un sommet que nous allons faire sur le sport, l'alimentation, l'éducation, c'est-à-dire tous les objectifs des Nations Unies permettant de donner plus d'avenir à nos jeunesses. Et le sport participe de cet objectif, et donc on va mobiliser à la fois les Etats, les fédérations, les partenaires privés autour de coalitions d'action.
Est-ce qu'il y a des chefs d'Etat qui sont persona non grata ? Ou est-ce que vous vous dites, si Vladimir Poutine s'invite, si Netanyahou s'invite ?
La règle, elle est simple, c'est qu'on co-invite avec le CIO, le comité international olympique, et ce sont formellement les fédérations qui invitent leurs chefs d'Etat. Comme la fédération de Russie n'est pas invitée, c'est une décision de la famille olympique, et moi je me suis toujours tenu à cela parce que c'est une bonne règle. En fait, la France accueille un événement qui est cet événement olympique. On est des hôtes. On est des hôtes. Et donc c'est le monde olympique qui décide. Et c'est aussi pour ça que j'ai toujours dit que ce n'est pas de la politique. C'est-à-dire que l'olympisme, c'est sa force.
Et c'est aussi un peu de la politique.
Oui, mais l'olympisme permet de réconcilier des nations qui parfois ne sont pas d'accord, sont en guerre, ont des sanctions les unes contre les autres. Et elle permet parfois à des athlètes de se réconcilier malgré cela. Et donc là, il y a une fédération qui n'est pas invitée, c'est la fédération de Russie. Donc son dirigeant ne peut pas être invité. Par contre, les athlètes, sans hymne, sans drapeau, pourront concourir.
Moi, je vous... David. Le village olympique, ça peut vous servir, M. le Président. Parce qu'en réalité, c'est un exemple diplomatique. Et je vous encourage à inviter tous ces chefs d'État dans le village olympique, mais pendant qu'ils fonctionnent. C'est-à-dire dans les premiers jours. Et là, vous allez constater que des athlètes qui viennent évidemment de pays différents, qui ont des cultures différentes, des religions différentes, et qui sont là, dans toutes leurs différences, sont capables de faire un des plus beaux spectacles au monde. Et il faut se poser la question, pourquoi ? Pourquoi sont-ils capables de faire ça ?
Tout simplement parce que quand chacune et chacun d'entre eux ont poussé la porte d'une association sportive ou ont fait du sport, ils ont acquis, malgré eux, des valeurs qui structurent une colonne vertébrale. Une colonne vertébrale qui permet le respect entre eux, qui permet de travailler ensemble, qui permet de vivre ensemble. Franchement, je vous encourage de vivre cette expérience avec eux, vous verrez que ça peut vous être d'une grande utilité dans vos négociations diplomatiques.
Merci beaucoup. Dans ce que vous dites, je crois que c'est la force de l'olympisme. Et c'est aussi pour ça qu'on tient à ce que ces règles soient respectées. Et vous l'avez dit, dans le sport, je pense qu'on y reviendra, parce que c'est aussi ce qui nous a motivés pour avoir ces Jeux en France. Et je dirais, pour laisser une trace au-delà des Jeux, c'est le respect et la tolérance. C'est-à-dire que c'est la volonté de mener une compétition sportive, alors soit en équipe, soit en individuel, et d'avoir des adversaires, mais qui ne sont pas des ennemis.
Oui, alors des adversaires qui ne sont pas des ennemis, quand on va se retrouver avec parfois un athlète iranien qui va potentiellement croiser un athlète israélien, comment vous imaginez ces moments-là ?
Et comme ça, c'est fait à chaque fois. C'est-à-dire qu'avec ce que David Bui vient de rappeler, le respect, la capacité à cohabiter, et d'ailleurs c'est plutôt... Ce n'est pas du bois, mais je te touche.
Si, si, c'est du bois, c'est du bois.
C'est plutôt, je dirais, des extérieurs qui à chaque fois ont importé dans les Jeux de la violence et les pires événements, mais pas les athlètes. Et je pense que montrer qu'il y a ce cadre possible, c'est essentiel. Et par ailleurs, c'est ce qui toujours permet la paix. Quand les armes se taisent, vous devez renégocier. Et donc vous devez vous retrouver autour de la table avec ceux contre lesquels vous avez combattu. Et donc c'est aussi en cela que l'olympisme apporte, d'un point de vue diplomatique, beaucoup de choses. Et au-delà de l'expérience très humaine que David Douillet vient de décrire, on va aussi tout faire pour avoir une trêve olympique.
– Vous l'espérez encore ? – Moi je l'espérez. – Alors là, on pense évidemment à Israël-Gaza, mais on pense aussi à l'Ukraine.
– À Israël-Gaza, à tous les théâtres. Vous savez, cet après-midi, nous allons accueillir aussi à Paris une conférence très importante pour le Soudan, parce qu'il se passe au Soudan depuis maintenant un an une guerre terrible, avec des dizaines de millions de déplacés, de femmes et d'hommes et d'enfants qui sont dans une situation de famine terrible. On va œuvrer à la trêve olympique. Et moi je pense que c'est une occasion sur laquelle je vais d'ailleurs essayer d'engager beaucoup de nos partenaires. Le président chinois vient dans quelques semaines à Paris. Je lui ai demandé de m'aider.
En 2022, il avait aussi ce même travail à faire pendant les Jeux olympiques d'hiver que la Chine accueillait. Et je pense que c'est une des forces et on a besoin de ça. Donc oui, c'est un moment aussi diplomatique de paix.
Alors moi, monsieur le président, j'avais une question justement sur les athlètes russes, puisque le tennis a été assez précurseur. Au début, lorsque la guerre a commencé à éclater, certains tournois ont hésité pour savoir si les athlètes russes avaient le droit de participer. Au départ, ils ont été exclus, puis finalement réintroduits dans les tournois sous bannière neutre, puisque leurs drapeaux sont enlevés devant leur nom. Est-ce qu'aujourd'hui, la décision du CIO a été pour vous une évidence de les accepter ? Et j'inclus d'ailleurs les athlètes russes et biélorusses, parce que c'était le cas dans le tennis.
Et est-ce que pour vous, comme l'a évoqué éventuellement Jean-Luc Mélenchon, et qu'est-ce que vous lui répondez d'ailleurs à cette question, pour les athlètes israéliens, est-ce qu'il se pose une question ou aujourd'hui vous condamnez ces propos qu'il a eus ?
Non, je vous le dis, la règle, elle est définie par le monde olympique et les fédérations. Et ensuite, il y a un vote. La Russie a décidé d'une guerre d'agression qui dure depuis deux ans. Même plus de deux ans. Et donc cette décision a été prise. Elle est, à mes yeux, proportionnée et juste. Elle consiste à dire, nous condamnons le pays, mais les athlètes qui n'y sont pour rien, qui parfois d'ailleurs ont condamné. Il faudra repartir avec eux. Pardon ? Il faudra repartir avec eux. Exactement. Il faudra repartir. Et après, ce qu'on demande aussi aux athlètes, c'est la décence.
C'est-à-dire de ne pas tenir des propos qui soient irrespectueux et de se tenir à un respect de l'autre et de l'adversaire et de ne pas faire de politique, justement, et d'être agressif. Israël a été victime d'une attaque terroriste. C'est donc exactement le contraire. Absolument. Donc il ne faut pas mettre ces situations en système d'équivalence. Elle répond à cette attaque terroriste en luttant contre le Hamas, groupe terroriste qu'il a attaqué le 7 octobre. Après, Israël aujourd'hui, en effet, agaza dans la réponse à cette attaque terroriste et à cause de ce fait originel du Hamas, aujourd'hui, par ces bombardements, tue des civils.
C'est pour ça que nous demandons une trêve conduisant à un cessez-le-feu. Et donc un cessez-le-feu humanitaire. Mais c'est une situation très différente. On peut être en désaccord avec Israël sur les modalités d'apporter la réponse et de se protéger. Mais on ne peut pas dire qu'Israël est un attaquant. Et donc la distinction est très claire. C'est pourquoi le drapeau israélien sera là, les sportifs seront là. Et j'espère aussi qu'ils seront des vecteurs de paix. Parce qu'ils auront à mener des compétitions avec beaucoup d'acteurs de la région. Et moi, je ne désespère pas qu'on puisse arriver à cesser le feu.
Et j'espère que les négociations en cours vont nous y conduire dans les prochains jours. Les Grecs nous ont montré l'exemple. La trêve olympique existait dans la Grèce-en-Tierre. Exactement.
Les Jeux olympiques, c'est aujourd'hui, au fond, pour les Français, plutôt une source d'inquiétude. Est-ce que vous allez réussir ce matin à rétablir l'équilibre ou peut-être à basculer plutôt dans l'enthousiasme ? Mais l'inquiétude, elle concerne surtout la cérémonie d'ouverture. Est-ce que les Jeux en valent la chandelle ? Est-ce que de ce point de vue-là, honnêtement, le risque n'est pas trop élevé dans un contexte de terrorisme très très élevé ?
Oui, parce qu'on l'a préparé, parce qu'on s'est donné les moyens de le faire. Et donc ça en vaut la chandelle. Et je pense même que, vous savez, c'est très important. Notre pays, malheureusement, depuis tant d'années, est frappé par le terrorisme. Et ce que veulent avant tout les terroristes, c'est nous empêcher de rêver. Et leur plus grande victoire, c'est ça. C'est-à-dire qu'ils veulent empêcher les jeunes d'aller à des terrasses de café, d'aller à des concerts, et des grands événements culturels, sportifs, de se tenir.
Donc même avec la vigilance ? Et donc on résiste, mais on s'organise.
Et donc ici, ce que je veux vous dire, c'est qu'il n'y a pas de naïveté, aucune. Il y a une très grande lucidité. On partage toutes les informations, les moyens considérables qu'on a mis, tout ce qu'on sait, mais on va se donner les moyens de faire une très grande cérémonie d'ouverture, mais surtout quatre grandes cérémonies. Parce que je rappelle qu'il y a l'ouverture et la clôture des Jeux olympiques, puis l'ouverture et la clôture des Jeux paralympiques, à quelques mètres d'ici. Parce que ce sera place de la Concorde pour l'ouverture des Jeux paralympiques.
Je voudrais que vous puissiez convaincre directement Christelle. Christelle, elle nous a appelé au 3216, c'est une auditrice d'RMC, elle est pâtissière en Seine-Saint-Denis, à Drancy. Bonjour Christelle, si j'ai bien compris, votre fils aimerait bien aller à la cérémonie d'ouverture. Racontez-nous, comment vous réagissez Christelle ?
Moi personnellement, bonjour monsieur le président.
Bonjour madame.
Moi je lui ai interdit d'aller à la cérémonie, alors j'espère que ce jour-là il travaillera, parce qu'il travaille juste à côté. Et moi ma question c'était, pourquoi vouloir impressionner le monde et maintenir la cérémonie sur la scène, malgré les risques d'attentat ?
Monsieur le président. Alors bonjour, et merci de votre question. D'abord, je pense qu'on veut que la cérémonie soit la plus belle possible, et un des éléments de ces Jeux olympiques et paralympiques, c'est de montrer le plus beau visage de la France. Et de montrer qu'on sait faire des choses extraordinaires. Vous savez, c'est dans ces moments-là d'ailleurs qu'on construit l'avenir. On y reviendra pour l'héritage et les grands monuments. On se retrouve ici même dans un monument qui était normalement temporaire pour la grande exposition de 1900. Cette cérémonie d'ouverture, c'est une première au monde. On peut le faire et on va le faire. Maintenant, on s'est donné les moyens.
C'est-à-dire qu'on a des moyens de renseignement, d'intelligence qui sont totalement mobilisés pour cette cérémonie d'ouverture. Deux, et ça, je le dis en remerciant tous les riverains, on va mettre en place, ça a été présenté par le ministre de l'Intérieur et puis le préfet de police, tout un périmètre de sécurité tout autour de la cérémonie des jours avant. Je dirais même que des semaines avant le début de la cérémonie d'ouverture.
Mais donc vous dites à Christelle, c'est bon, votre fils peut y aller.
Laissez-le y aller. Moi, je vous dis, s'il y a un endroit où votre fils sera en sécurité, c'est là, je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Parce que la sécurité absolue partout, je vous mentirais à dire ça, parce qu'il y a toujours des risques dans la vie. Et on le voit chaque jour, malheureusement. Par contre, on s'est donné les moyens de le faire. On a anticipé. On met en place un périmètre de sécurité qui va être très large, où on va cribler tous les gens qui rentrent et qui sortent. On va beaucoup restreindre la circulation. Et donc, je le redis, merci et pardon à tous les riverains, parce que ça va être beaucoup de contraintes pour les particuliers et les entreprises.
On va le faire des semaines avant. Huit jours avant, ça va être complètement bouclé. On va répéter, répéter. Il y aura des systèmes de drones, de codage, de protection cyber. Et on a décidé, ça a été tout un travail ces derniers mois, de mettre en place un système de billetterie, et pour les quai hauts et pour les quai bas. C'est-à-dire que les quai bas, c'est payant, il y a des tarifs variables, mais il y a une billetterie. Les quai hauts, où c'est gratuit, il y a une billetterie aussi pour pouvoir savoir qui vient. Et donc éviter les intrusions. Et on a, si je puis dire, des forces de l'ordre qui sont mobilisées à un niveau absolument exceptionnel.
Bon, Christelle, vous nous direz, mais...
Après, je vais vous dire, si on pense qu'il y a des risques, en fonction de l'analyse qu'on fera du contexte, on a des scénarios de repli.
Donc il y a des plans B.
Il y a des plans B et même des plans C. Je vais être très clair avec vous. Et on les prépare en parallèle. C'est-à-dire, en fait...
Si une semaine avant, si trois jours avant, voire même si 48 heures avant, vous vous rendez compte que le risque est trop élevé et que vous ne pouvez pas maîtriser, à ce moment-là, tant pis.
On fera une analyse en temps réel. Et donc on a une cérémonie, pour tout vous dire, on a une cérémonie qu'on prépare qui serait limitée aux trocadéros, par exemple. Et donc on ne ferait pas toute la scène si l'analyse permettait de... S'il faut restreindre le lieu. Exactement. Voir qui rapatrierait, dans le stade de France, justement, la cérémonie, parce que c'est ce qui se fait classiquement. David a une solution. Moi, je propose...
Votre fils, il va venir avec moi. Moi, j'ai été convaincu par le ministre de l'Intérieur, Gérald Lamana. Franchement, j'avais les mêmes inquiétudes que vous. Il m'a convaincu. Donc je voulais se poser aussi.
Moi, Christelle, j'avoue qu'avec David, en garde du corps, franchement, je pense que c'est une bonne idée. Rémi, vous aviez une question aussi pour le président sur la question des forces spéciales.
Merci, Christelle. Merci. Mais franchement, laissez-le y aller. C'est une fois tous les 100 ans, les JO. Les JO, les JO, les JO, les JO, les JO.
J'espère qu'il travaillera ce jour-là. Non, non, non, viens avec moi. David l'emmène, David l'emmène. Rémi, Rémi Bouillet.
Vous avez une invitation avec David Bouillet. Rémi Bouillet, monsieur.
Monsieur le président, justement, à l'occasion, pour sécuriser un peu tout le parcours de la cérémonie d'ouverture, pourquoi on n'utiliserait pas, justement, les forces spéciales françaises militaires ? Je ne parle pas le GIGN ou autres, mais les militaires, le CPA10, 20, 30, les RPIMA, pourraient aider, je pense, à sécuriser tous les périmètres. Et aujourd'hui, je sais de sources qui ne sont pas encore demandées. Alors, je sais aussi qu'ils sont extrêmement projetés partout dans le monde, donc extrêmement utilisés. Mais pourquoi ne faisons pas appel à des forces comme ça qui ont vraiment l'habitude de la sécurisation et de répondre à toute éventualité ?
Alors, c'est une très bonne question. On mobilise pour ces jeux, pas simplement pour la cérémonie d'ouverture, mais on a environ 30 000 forces de l'ordre qui seront tous les jours mobilisées. Ce sera même, il y aura un pic, évidemment, pour la cérémonie d'ouverture, ce sera plus. On a de la sécurité privée, et elle va avoir un rôle important à jouer en complément.
La sécurité privée, il manque 10 000 agents au moment où on se parle.
Non, on est en train de continuer à en former, mais on sera au rendez-vous. On a, au total, là, c'est difficile.
Moi, j'avais regardé la semaine dernière, il en restait 10 000, et on a même France Travail, qui a été obligée de faire une sorte de carotte, en disant, on va faire des primes.
Dans les 10 000, je pense que vous comptez ceux qui sont en train d'être formés hautes, mais on a besoin de 20 000 jours, pareil, on en forme, je crois, 27 000, pour vous dire les choses. Donc, c'est un complément pour avoir... Pourquoi ? Parce qu'on a des entreprises qui n'honorent pas le contrat au dernier jour, on a des gens qui se font porter pâle, enfin, qui sont malades le jour où ça déclenche. On a aussi des gens
qui ne passent pas le filtre des questions de sécurité, quoi.
Oui, mais c'est pour ça qu'on en source, si je puis dire, beaucoup plus. Donc, on n'est pas aussi loin de l'objectif. On sera à l'objectif. On a même décidé de prendre, si je puis dire, des coussins de sécurité parce qu'on a aussi le retour de ce qu'on a fait au moment de la Coupe du Monde de rugby, qui s'est bien passé, qui a été un succès sécuritaire. Donc, on a ces 30 000 policiers et gendarmes. On a ces 27 000, mais 20 000 par jour de sécurité privée. Et nos militaires sont mobilisés, mais en mode un peu sentinelle. Et là-dessus, je vais être clair, nos forces spéciales, elles ont...
Vous l'avez été, je peux me permettre de le dire, et vous l'avez payée dans votre chair, avec beaucoup de courage. Mais c'est des... des modes d'intervention qu'on n'utilise pas sur le sol français. Parce qu'on neutralise l'ennemi. Et donc, nos forces spéciales, elles vont continuer de se projeter à l'extérieur, elles sont mobilisées. Et après, il y a des règles d'intervention qui seront décidées dans des cas extrêmes par le chef d'état-major des armées que j'arbitrerai. Mais nos militaires sont mobilisés, mais dans un cadre qui est celui comparable à Sentinelle, de sécurisation d'emprise, de patrouille, mais pas de forces spéciales.
Comment on passe de l'inquiétude à l'enthousiasme ? Vous l'avez vu, Christelle a quand même du mal à être convaincue. À la fin, elle espère quand même qu'elle n'aura même pas à se poser la question de savoir si elle envoie son fils ou pas. Comment vous allez réussir à convaincre, c'est l'occasion aussi ce matin, les Français, de faire confiance là-dessus ?
Moi, je pense d'abord en étant transparents, ce qu'on est. C'est-à-dire, on ne minimise pas du tout la situation. On a un monde qui est en désordre de manière incroyable. On a des situations de guerre en Europe, au Proche-Orient. On a un risque terroriste qu'on connaît. Mais on s'organise pour y répondre en transparence. Et on n'arrête pas de vivre. Et on n'arrête pas de vivre.
Et puis, il y a aussi beaucoup de travail de service de renseignement à faire. Et d'ailleurs, Barack Obama a exprimé très clairement le fait que les services secrets américains travaillent en étroite collaboration avec les services secrets des pays hôtes aux Jeux Olympiques pour assurer la sécurité non seulement des athlètes américains, mais de tout le monde, donc les spectateurs et les autres athlètes. Est-ce que vous faites appel à ce genre de service ? Vous êtes vraiment juste sur les forces étrangères ?
Alors oui, on a en permanence un travail avec les homologues en termes d'intelligence et de renseignement. Et ça, si je puis dire, c'est le quotidien de nos services. La France, il y a quelques mois, a démantelé une tentative d'attentat à Strasbourg qui était faite par un groupe terroriste dont les commanditaires sont les mêmes que ceux qui ont lancé l'attentat de Moscou. Donc cette coopération, elle est permanente avec tous nos homologues européens, asiatiques, américains. Il y a aussi, à l'occasion de ces jeux, une coopération avec beaucoup d'autres pays qui déploient du matériel, des forces de sécurité, soit pour aider à sécuriser leur propre délégation ou des emprises.
Donc c'est aussi un moment de coopération avec beaucoup d'autres puissances. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'en effet, on continue de vivre, on montre qu'on est capable de tenir des grands événements, on dit en transparence les risques, on s'organise pour y répondre et on montre aussi que c'est collectivement une expérience extraordinaire. Et comme je le disais, les Jeux olympiques et paralympiques, c'est une fois tous les 100 ans.
Et donc pour le pays, vraiment, et je le dis pour Madame et pour son fils et pour tout le monde, c'est nous qui allons en faire une fête aussi par notre volonté de le partager, d'accueillir le monde, de montrer le meilleur visage de la gastronomie française, de nos produits, notre capacité d'accueil, de nos paysages. Parce que... On ne sera pas trop ronchons, vous faites confiance. Mais moi, je suis convaincu qu'on sera fiers. D'abord parce que le monde va voir la France. Vous savez, ça va commencer dès le 8 mai avec l'accueil de la flamme, le Bel-Aim à Marseille. On va ensuite, du 8 mai au 26 juillet, faire 450 villes.
Donc on va voir la France entière à travers le monde, la France hexagonale et d'outre-mer.
On va se promener un peu parce qu'on va partir en Alsace, si vous voulez bien, Monsieur le Président. Je voudrais qu'on aille rejoindre Marie-Ève parce qu'elle nous attend. Marie-Ève qui est professeure d'anglais en Alsace, qui est d'ailleurs en cours. Je crois que vous êtes avec vos étudiants en master, c'est ça Marie-Ève ? C'est un très bon exercice pour les élèves. Marie-Ève, vous vous posez plein de questions et notamment sur le fait que les jeunes se mobilisent ou non. Je vous écoute. Et le Président surtout vous écoute.
Oui, bonjour Monsieur le Président. Bonjour à tous. On est donc en direct de l'ESGM Proforma avec mes étudiants en master direction des ressources humaines qui sont ravis de vous retrouver ce matin. Malheureusement, le sport ne fait pas partie de leurs grandes préoccupations. pour beaucoup de mes étudiants et j'aimerais savoir, Monsieur le Président, pourquoi nous n'avons pas réussi à faire du sport et des Jeux olympiques une grande cause nationale.
Monsieur le Président. Bonjour et merci beaucoup d'abord de vous occuper de nos jeunes et je salue vos étudiants qui sont là derrière. D'abord, je pense que ça va quand même monter et j'espère qu'ils vont s'intéresser aux Jeux olympiques et paralympiques d'ici au 26 juillet et jusqu'au 8 septembre. Parce qu'on va avoir cette chronique d'événements, de sport, de vibrations pendant tout l'été. Et ça, je crois aussi que c'est l'événement lui-même qui va permettre de s'intéresser à tout ça. Ensuite, moi je pense que, c'est un de nos objectifs depuis 2017, c'est qu'on devienne enfin complètement une grande nation sportive. On est une nation qui a porté et qui porte de très grands athlètes.
vous en êtes les exemples vivants. Mais où le sport n'est pas au cœur forcément du projet de la nation. Et ça, c'est ce qu'on a voulu lancer dès 2017 en montant comme ça en charge et en disant le sport, par les valeurs qui sont les siennes, ce qu'on disait un peu tout à l'heure, le respect, la tolérance, les règles, a des vertus éducatives. Le sport ensuite a des vertus sanitaires. c'est le meilleur système de prévention. Et on a une des épidémies cachées du monde contemporain dans lequel on vit, c'est l'obésité des jeunes. Et donc le sport, et surtout après Covid, c'est essentiel. Et le sport, c'est ce qui permet aussi la confiance en soi.
Parce qu'à l'école, vous allez vous retrouver dans une situation que vous n'aimez pas forcément parfois, vous avez des moments où vous ne réussissez pas. Des jeunes qui ne réussissent pas forcément dans les matières académiques sont bons en sport et retrouvent la confiance. Tout ça fait que le sport doit être au cœur du projet de l'école. Et bien c'est ce qu'on a fait. On a mis la demi-heure de sport obligatoire aux primaires.
C'est une vraie demi-heure à Cuivre ?
Alors, on me dit aujourd'hui, c'est toujours très difficile à dire, le primaire aujourd'hui, tous nos enfants, ils ont la demi-heure de sport. On me dit, il y a plus de 90%. Après, ça dépend des classes. Il y a des classes, comme je dis parfois, on compte le moment où on monte les escaliers, etc. Il y a des profs plus ou moins motivés. Moi, j'ai confiance dans nos enseignants.
pour trouver une manière en une demi-heure de faire quelque chose.
Non, mais j'ai vu, par exemple, j'étais la semaine, il y a 15 jours dans une école, il y a des systèmes qui sont mis en place où on danse au milieu de la classe avec des trucs qui sont projetés à l'écran et ils font des exercices. Il faut être créatif,
quoi, pour trouver une demi-heure. Je pensais que cette première demi-heure, c'était une espèce de coup de pied pour essayer d'enfoncer la porte. Mais on a envie que ce soit plus parce que le temps se change et même quelques fois à la trajet.
parce qu'on a tous fait. Mais si c'est déjà la demi-heure, on fait chaque jour de la balle aux prisonniers, l'initiation au foot, des exercices. C'est le minimum du minimum. C'est le minimum du minimum. Mais on donne le virus. Mais là, il faut monter en puissance. On a mis les deux heures de plus au collège. Et là, on est en train... Il y a beaucoup de variétés parce qu'on a un grand sujet. C'est qu'on a besoin pour ça du parascolaire et donc des associations. Et ce qu'on est en train de faire là, c'est d'aller au bout parce que souvent, on a des problèmes de transport. Bien sûr.
On va parler transport. On va parler des associations.
Non, mais transport des élèves vers le club ou autre. Mais donc, on a mis la demi-heure de plus. On a mis l'évaluation en sixième grâce aux profs de PS où on regarde justement parce que parfois, c'est là qu'on se rend compte qu'il y a des élèves qui ne sont pas bien coordonnés. Et on voit des choses qui sont... Le sport permet de détecter aussi d'autres pathologies parfois. Et puis, les deux heures de plus au collège. Mais surtout, derrière ça, on embarque tout le mouvement associatif parce que beaucoup du sport est porté par énormément de bénévoles à qui je veux rendre hommage ce matin. Beaucoup de clubs, beaucoup de familles.
Vous savez, derrière chaque champion, il y a des familles qui ont fait énormément de sacrifices. Il y a des clubs avec énormément de bénévoles.
On aura tout à l'heure un patron de club de basket.
Des soirs, du samedi, du dimanche qui sont extraordinaires. Et bien, tout ça, on les embarque et on refait aussi les infrastructures. Et ce qu'on a fait ces dernières années, c'est plus de 5 500 infrastructures sportives nouvelles et on va continuer. On en aura 10 000 en tout dans l'héritage. Et donc, remettre le sport au cœur de la nation, je pense, pour répondre à votre question, madame, c'est un point clé. C'est de se dire, c'est pas simplement les Jeux une fois par siècle, mais le sport, c'est un truc qui nous change la vie.
Parce que ça nous enthousiasme, parce que ça nous fait vivre des émotions, des expériences, ça nous fait connaître d'autres, ça nous fait rendre bien dans notre corps, ça nous donne confiance en nous-mêmes. Mais au-delà de ça, je pense que ce J-100 et ce pourquoi je suis là devant vous aujourd'hui, c'est aussi pour vous dire, commençons à nous projeter dans les Jeux. Commençons à regarder les athlètes qui ont des chances de médailles. On va y revenir en ça,
monsieur le président.
Et comme ça, vous verrez que vos étudiants, ils vont être à fond derrière les Jeux. J'aimerais rebondir
sur un élément qui sont les parents. Parce qu'effectivement, dans mon parcours de vie de sportive de haut niveau, j'ai été amenée à énormément voyager, notamment aux Etats-Unis. Et le parcours d'un scolaire au collège ou parcours universitaire est complètement différent. Le sport est intégré dès les années de collège, les années primaires et encore plus valorisé, beaucoup plus valorisé que chez nous. Bien évidemment, je ne parle même pas du championnat NCAA. Je ne parle même pas de Léon Marchand qui a choisi justement de partir là-bas pour s'imprégner de toute cette énergie positive que donne souvent ce championnat universitaire américain.
Et moi, si j'avais franchement pas eu des parents non seulement extrêmement motivés mais qui arrivaient à trouver le temps entre leur métier de médecin et d'infirmière pour m'amener dans toutes les compétitions dans la France entière, je ne serai certainement pas là devant vous aujourd'hui avec le titre que je suis arrivée à acquérir sur un cours de tennis. Donc ma question, M. le Président, tout d'abord, est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ? J'ai l'impression que oui. Et quelles sont vos méthodes ?
Qu'est-ce que vous allez mettre en place de manière plus profonde pour que le sport fasse partie intégrante de la scolarité d'un enfant et pas seulement un espèce de plug-in rajouté sur un programme journalier ou un programme de semaine des collégiens et des lycéens ?
Alors d'abord, je pense que ce qu'on est en train de faire, c'est un mouvement que je veux irréversible et comme vous l'avez dit, ce n'est pas un rajout, c'est qu'au cœur de l'école, le sport est une place. Et tous les enseignants qui vraiment jouent le jeu le constatent. On a beaucoup d'enfants qui parfois sont turbulents, hyperactifs, etc. L'admire de sport, ça vous permet de bien apprendre. Et tous les pays qui ont des très bons résultats pédagogiques, ils l'ont aussi avec et par le sport. Donc ça pour moi, le sport pour tous, si je puis dire, le sport dans le projet de l'école, la France Nation Sportive, ce n'est pas un accessoire, ce n'est pas un gadget.
C'est au cœur de la mission pédagogique de l'école parce que ça permet d'être en bonne santé, ça permet de mieux apprendre et ça permet d'avoir la confiance en soi. Et ça, on va le, je dirais, le rendre irréversible à l'école, au collège, au lycée. Après, dans ce que vous décrivez, c'est le sport de haut niveau. Là, c'est une autre catégorie. Vous avez raison de dire qu'il y a des modèles qui ont beaucoup plus mis au cœur en particulier de leur vie universitaire cela, avec d'ailleurs un système où les championnats universitaires existent dans la nation, servent à drafter des joueurs, à les recruter, à les sourcer pour aller vers le professionnel. C'est moins le cas en France.
Malgré tout, dans toutes ces familles, y compris aux Etats-Unis, où le revers de la médaille, c'est qu'on a souvent aussi un coût pour les familles et que les bourses ne valent pas pour tout le monde, il y a toujours des sacrifices familiaux et personnels. Et ça, je le dis et je salue ce qu'il y a derrière nos grands champions. Et je veux le rappeler à nos compatriotes, c'est énormément de travail pour parfois moins de 10 secondes de course pour un combat qui va durer quelques secondes ou quelques minutes. Et il faut se représenter la dispersion des efforts et des secrets.
Je voudrais qu'on puisse parler des infrastructures, monsieur le président.
Mais je voudrais juste d'un mot dire sur le sport de haut niveau. Je pense qu'on a encore beaucoup à faire. Là, ce qu'on a décidé, c'est de doubler le nombre de places en sport-études, ce qui est déjà une petite révolution, si je puis dire. Et j'y tiens beaucoup. On est en train de le déployer avec la ministre Amélie Moudea-Castera. Et on va là aussi commencer à structurer dans le SUP beaucoup plus de filières, justement, sport-études et diplômantes. Et vous avez créé
avec elle aussi l'Alliance pour l'inclusion pour le sport. Exactement. 3 pillées, 1 000 emplois d'éducateurs, 10 000 clubs sportifs engagés et 100 000 bénéficiaires d'accueillages.
Exactement. Et j'étais en début d'année, vous étiez là au vœu à l'INSEP. Et on a mis en place avec l'INSEP les grandes écoles des systèmes, justement, co-diplomants qui permettent à des jeunes qui sont à l'INSEP, qui sont encadrés, qui sont dans l'excellence sportive française, en parallèle d'avoir des systèmes de reconnaissance universitaire pour continuer les études et surtout préparer, si je puis dire, l'après-carrière strictement sportive. Et ça, c'est très important. Et donc, oui, on a énormément sur le sport de haut niveau encore à faire parce qu'on était très en retard. Et vos générations l'ont connues d'ailleurs. Et là, on est en retard, M. le Président.
C'est-à-dire, on avait beaucoup d'athlètes...
Sauf si vous voulez rester avec nous jusqu'à midi, mais il y a quand même plein de questions qu'on aimerait vous poser. D'ailleurs, vous avez évoqué la question des jeunes, la question de la violence. Je voudrais qu'on passe aux infrastructures, mais quand même, d'un mot, quand vous avez vu les drames qui se sont tristement succédés ces dernières semaines de collégiens, est-ce que vous dites, bon, il y a un truc qu'on a manqué dans le sport, dans le vivre ensemble, est-ce que ce n'est pas l'occasion quand même d'essayer de recréer une forme d'équipe ?
Oui, et je pense que, et j'espère que ces jeux vont nous le permettre, et tout ce qu'on est en train de se dire. Bon, je n'ai pas de naïveté, il y a aussi une réponse qui est régalienne, qui est sécuritaire, qui est judiciaire, et d'ailleurs, le gouvernement continuera à décliner plusieurs de ses réponses, qui est de renforcer la réponse pédagogique. Mais il y a tout un travail, si je puis dire, dans la manière d'être dans la vie. Et beaucoup des jeunes qui, à l'adolescence, posent des problèmes, ce sont des jeunes dont le cadre familial est explosé.
Des jeunes qui, parfois, sont à l'aide sociale à l'enfance, des jeunes qui sont dans ce qu'on appelle les familles monoparentales, c'est-à-dire dont les familles ont explosé souvent, dont plus de 90% du temps, les mamans s'occupent de leurs enfants toutes seules. Le sport fait partie des réponses. Ce n'est pas la seule, mais fait partie des réponses. Pourquoi ? Parce que le sport, c'est ce qu'on disait, ça vous apprend à respecter des règles. Ça vous apprend à aller au vestiaire, à bien vous tenir, à rentrer sur le terrain, à avoir des partenaires, parce que vous êtes dans le sport co, à vous dépasser vous-même, à respecter l'adversaire, à respecter un arbitre.
Des tas de choses qui, dans la vie de tous les jours, sont fondamentales et qui sont, si je puis dire, ce qui permet de ne pas aller dans ce qu'on appelle l'anomie, qui fait qu'il n'y a plus de règles, qu'on est dans un monde liquide où tout ressemble à tout, le sport, ça fait partie des réponses. Ça a une valeur pédagogique, ça a une valeur de respect. Et donc, ce n'est pas la seule. Je ne suis pas naïf du tout. Mais je pense que ça aide beaucoup parce que ça éduque.
Quand on pousse la porte d'une association, moi, c'était mon cas. Tout ce que vous avez écrit, vous venez de me décrire, en fait. Et le sport a changé ma vie. Le fait de pousser la porte d'une association sportive a changé ma vie. Donc, ce lien, il y a un truc qui manque quand même, entre ce qui se passe à l'école et vos mesures vont dans le bon sens et ce qui se passe dans une association, ce lien entre l'école et l'association, on amorce à l'école pour ensuite continuer dans l'association, c'est là où ça manque un peu de lien.
Alors, en vrai, vous avez raison, ça, il faut le renforcer. Après, on n'avait parfois pas du tout à l'école. Ce qu'il faut faire, ce lien, c'est ce que font les bénévoles, les travailleurs sociaux, les collectivités locales, ce qu'on doit continuer de faire. Et ce ne sera jamais parfait. Mais c'est aller vers. C'est de voir quand on a un jeune qui commence à glisser et plutôt de le faire quand il est très jeune, de lui prendre la main et de lui dire viens voir par là. Tu vas voir. Mais est-ce que l'école ne peut pas ou bien au club de foot ? Alors, bien sûr. Et de toute façon, on en a besoin parce qu'au collège, ça ne marche pas, mais deux heures de sport en plus par semaine.
Si vous n'avez pas ces associations sur lesquelles vous pouvez compter.
Et donc, c'est aussi pour ça qu'on a besoin de continuer à les aider à fonctionner, par le financement, à les aider à avoir des bons terrains. Mais c'est une chaîne. C'est-à-dire que c'est les champions qui font rêver et on sait que les JO et les Jeux Paralympiques vont créer des vocations. Derrière, il faut qu'on ait les clubs qui s'est accueillis.
On va essayer de l'écrire encore ce matin, Monsieur le Président. On a plein de points qu'on voudrait vous demander. Il est donc 9h pour ceux qui nous écoutent sur RMC. Je voudrais qu'on puisse parler aussi de l'héritage de ces Jeux, y compris des infrastructures. Avec deux points en particulier, la question de l'accessibilité puis la question de la scène. Vous n'y manquerez pas, évidemment, Monsieur le Président. Vous imaginez bien que je vais vous poser la question. Il faudrait que Rémi puisse vous interroger sur la question de l'accessibilité. C'était l'une des promesses quand même de ces Jeux.
Exactement. Alors, avant même la question de l'accessibilité, je voulais revenir sur un petit point. Avoir un peu de croustillant, Monsieur le Président. Allez-vous, justement, quand on parlait du relais de la flamme, allez-vous porter la flamme et faire un petit relais ? Vous qui êtes très sportif.
Alors, non, mais d'abord, je pense que ce n'est pas forcément ma place et mon rôle. Je vais laisser ça aux gens qui ont été sélectionnés, à nos compatriotes, aux sportifs et aux Françaises et Français qui sont là. Moi, je serais le humet à Marseille, là pour accueillir le bel-aime.
Avec Zinedine Zidane ? Est-ce que... Hein ? C'est peut-être lui qui va accueillir quand même là à confier.
Moi, je pense que c'est... Il faut...
À la descente du bateau ? Oui.
L'image serait magnifique.
Ce n'est pas moi qui décide ça. Non, monsieur le Président. Non, non, non, moi, je serai là. Et je serai comme vous tous, c'est-à-dire un spectateur émerveillé de ces 450 villes étapes de ce 8 mai au 26 juillet où la flamme va voyager partout à travers la France et je le disais aussi dans nos territoires d'outre-mer. Donc moi, je n'ai pas vocation... On verra si quelqu'un m'invite à la portée, mais ce n'est pas prévu au programme. Mais moi, je suis très fier qu'il y ait... Rémi...
Je vous invitera à Orléans. Rémi... Rémi, l'accessibilité. Ma question porte sur l'accessibilité. Pensez-vous qu'à l'occasion des Jeux olympiques et paralympiques, tout a été mis en oeuvre ou en tout cas tenté d'être mis en oeuvre pour rendre le métro parisien plus moderne, plus accessible pour les personnes en situation de handicap et aussi pour les familles avec des poussettes, etc. Et est-ce qu'on n'aurait pas manqué là une occasion de se servir des Jeux olympiques et paralympiques pour tenter de moderniser
et rénover ce métro parisien ? Alors, c'est une très bonne question et la réponse, c'est qu'on n'est pas totalement à la hauteur et au rendez-vous et qu'on le sait très bien et qu'on l'a analysé, qu'on l'a évalué, mais c'était des dizaines de milliards d'euros. On a une force, une faiblesse. Notre force, c'est qu'on a un des métros qui a le réseau le plus dense au monde. Notre faiblesse, c'est qu'on était parmi les premiers à avoir cette idée et à innover et donc on a l'un des plus anciens. Et donc, en effet, les règles d'accessibilité ne sont pas toujours au rendez-vous. On a voulu...
Elles ne sont pas toujours au rendez-vous, elles ne sont quasiment jamais au rendez-vous. Oui, sur les règles historiques,
on le sait très bien. Et donc, on a travaillé là-dessus.
Rémi me disait, mais c'est quand même fou qu'on ne puisse pas creuser un trou ou mettre un ascenseur.
Alors, je vais vous dire, il y a des tas de réponses de court, de moyen et de long terme. D'abord, on l'a évalué, on l'a regardé avec la région Île-de-France, la ville, la RATP. Et en conscience, on a dit d'abord, on n'y arrivera pas pour les Jeux et le montant, il n'est pas soutenable. Donc, d'abord, les lignes qu'on ouvre, elles seront accessibles. Et les gares, la gare que je vais inaugurer dans quelques semaines, Playel, parce que la ligne 14 va se tirer maintenant de Orsay à Playel. Donc, c'est aussi un des acquis de ces Jeux.
C'est que pour beaucoup de franciliens, on va avoir justement aussi la capacité à se déplacer dans toute la région qui va changer grâce à ces Jeux qui ont été un accélérateur des travaux du Grand Paris. Là, il y aura de l'accessibilité. Sur beaucoup de lignes historiques, pas assez. Donc, qu'est-ce qu'on va faire dans les prochaines années ? Ça, c'est quelque chose qu'on va planifier avec la région, la RATP. C'est en effet des systèmes d'aménagement pour améliorer l'accessibilité des stations des rames existantes. Après, dans les déplacements, on va avoir 1 000 taxis accessibles qu'on va mettre en place. Donc, on a trouvé
accessible PMR, pour les personnes
à mobilité réduite. Donc, parce qu'on a cherché des voies de contournement. Mais je me souviens très bien de ce que M. Jeremias disait en préparant ces Jeux et il a joué un rôle formidable. Il disait lui-même qu'on pourrait faire beaucoup mieux. Et en vrai, c'est une question aussi de changement de mentalité collective. Et avec ces Jeux, moi, je voudrais qu'on arrive, et ce sera un de mes objectifs, d'abord, en montrant qu'on a ces taxis justement pour les personnes à mobilité réduite, mais en ce que tous, on déclenche aussi parfois ce réflexe. Rendre la ville accessible, c'est évidemment des infrastructures, c'est parfois des travaux.
C'est y penser dès qu'on a des infrastructures nouvelles. Ce qu'on a fait et ce qu'on fait à chaque fois, c'est adapter les infrastructures passées. Ce qu'on va faire, mais on ne sera pas au rendez-vous pour les Jeux sur le métro, mais c'est avoir aussi des gestes du quotidien.
Et puis, au pire, Rémi, tu mettras le kayak sur la scène. Mais accueillir une personne à mobilité réduite
qui peut monter dans la voiture et dont on met le fauteuil dans le coffre, ça existe aussi avec des véhicules. Honnêtement, j'y vais.
On va le convaincre. Monsieur le Président, Monsieur le Président. Donc, on sera au rendez-vous, on fera le maximum.
On accueillera des sportifs, évidemment. Ce sera les plus grandes délégations pour les Jeux paralympiques, mais on n'aura pas totalement transformé le métro. Peut-être aussi, Monsieur le Président, faire respecter un peu plus les places PMR. Oui, mais c'est ce que je dis. C'est les règles du quotidien.
Les messieurs j'en ai pour 5 minutes, c'est aussi un combat du quotidien pour nous, parce que de 5 minutes, souvent, on est messieurs 30 minutes. C'est les messieurs j'en ai pour 5 minutes et c'est les messieurs
je vais vous donner un coup de main, je vais vous aider. On est d'accord. Parce que chacun a sa place dans la cité. D'accord.
Monsieur le Président, vous aviez dit que vous vous baigneriez. Est-ce que franchement, vous n'avez pas un peu changé d'avis ?
Non, je n'ai pas changé d'avis.
Non, d'abord,
ce qu'on va faire dans quelques semaines.
Parce que là, au moment où on se parle, je vous le déconseille. Oui, non, là, ce n'est pas très conseillé.
Non, mais c'est normal. On sera au rendez-vous. Mais il y a des choses qui seront au rendez-vous juste avant le 26 juillet. Au jour. Et comme ici, vous savez, on va accueillir, donc ici, l'escrime, le taekwondo, l'escrime fauteuil et le para-taekwondo. Mais comme vous voyez, ce n'est pas encore prêt pour les jeux. Ce sera prêt dans quelques semaines. Donc là, il y a un travail qui est fait qu'on a lancé dès 2016, qu'on a accéléré ces dernières années. Quand on parle d'héritage, la Seine et la Marne, ce sera un des plus gros héritages de ces jeux.
On a dépensé plus d'un milliard d'euros d'argent public avec des stations d'épuration, avec des stations de filtrage, avec la réduction de ce qui était justement déversé dans la Seine et la Marne de manière parfois indue. Et ça, moi, j'y tiens énormément. Parce que ce n'est pas simplement pour faire un plongeon ou pour quelques épreuves qui vont être formidables. Parce qu'on va faire rêver le monde entier quand on va avoir
des épreuves dans Paris. Après les JO, tous les étés.
C'est surtout ça, c'est qu'on va avoir, là aussi, sur les bords de Seine et de Marne, des centres nautiques. Et moi, j'y tiens beaucoup. Là, ces derniers temps, on a mis 800 000 jeunes de plus à la natation. Et c'est un des points sur lesquels aussi on était en retard avec la ministre des Sports. Ses prédécesseurs, on y tenait beaucoup.
Vous avez évoqué un milliard d'euros, quand même dans le contexte. Je voudrais vous interroger.
Alors, je vais venir sur les finances.
Mais apprendre à nager
quand on parle de sport.
C'est bien de nager, mais...
Non, c'est pas bien. C'est essentiel. C'est essentiel.
C'est obligatoire.
Parce que c'est aujourd'hui, encore chaque été, chaque printemps, tellement de noyades. Bien sûr. Et c'est tellement injuste. C'est-à-dire que là, on a fait une petite révolution en Seine-Saint-Denis, par exemple, où on a 18 bassins qu'on a rouverts.
60% des enfants en Seine-Saint-Denis, ça fait nager.
Mais voilà. On parle de Marseille et des quartiers Nord. Alors, on aura la voile à Marseille. Mais dans les quartiers Nord, vous avez tant d'enfants qui ne savent pas nager parce qu'il n'y a pas encore assez d'infrastructures. Et j'engage vraiment les collectivités à faire aux côtés de l'État le même effort
que ce que la Seine-Saint-Denis a su faire. Vous nous dites qu'il faut trouver 20 milliards.
Et en même temps... Je vous rassure, je ne vais pas éluder la question de la finance publique.
Si vous aviez su que les finances étaient dans cet État, vous auriez quand même candidaté.
Parce qu'on a un héritage. C'est-à-dire que nos jeux, on n'a pas d'éléphants blancs. On n'a pas des grandes structures qui ne vont pas servir après les jeux.
Ce qu'on appelle les éléments blancs, c'est ces grands bâtiments et ensuite deviennent des viettimes.
C'est-à-dire d'abord, je vous le dis, les jeux financent les jeux. C'est-à-dire qu'en fonctionnement, ce qui est... Et ça a été vraiment le pari qui a été tenu par Tony Estanguet et ses équipes, et je le remercie, il a fait un travail remarquable, Tony. C'est que les jeux, tout le coût des jeux, les milliards d'euros des jeux, eh bien c'est financé par quoi ? La billetterie, la contribution du comité international olympique et les sponsors. Après, et nous, à côté de ça, on a la contribution qui est très modique, qui est moins de 4%, essentiellement pour des ajouts et pour le paralympique.
À côté de ça, on a tout ce qui est l'héritage qui a été porté par la Solidéo et je veux vraiment saluer vraiment les équipes de la Solidéo qui ont fait un travail exceptionnel. C'est-à-dire, elles ont rendu, elles ont livré en temps, en heure et en budget les infrastructures. Mais qu'est-ce qu'on a fait ? Un village olympique, en Seine-Saint-Denis, exceptionnel. Je l'ai inauguré il y a quelques semaines, qui va contribuer à transformer Structurer la ville. Saint-Denis, Saint-Ouen, l'île Saint-Denis. Et qui aussi, avec le village des Médias, près de Bourget, va permettre des accueils. Derrière ça, l'héritage, ce sera quoi ? Plus de 4000 logements.
C'est-à-dire des logements, des logements sociaux, des bureaux. Avec aussi, par exemple, des services du ministère de l'Intérieur qui iront s'installer et qui y mettront leur propre service. Donc de l'activité, des logements, dans des quartiers qui en ont tellement besoin et qui sont des quartiers de renouvellement urbain essentiels.
Est-ce que vous craignez ?
Attendez, j'ai au bout. C'est le centre aquatique olympique que j'ai inauguré il y a quelques jours avec la métropole. où on a, avec la métropole, la ville de Saint-Denis, la région, la ville de Paris, créé ce centre. Ce n'est pas un éléphant blanc, on l'a réduit même. C'est pour ça qu'on a décidé que les épreuves de natation se tiendraient à l'aréna. Mais on va livrer là une des piscines de la Seine-Saint-Denis. Donc on va faire le plongeon de Water Polo, mais derrière, ça restera une piscine pour tous les scolaires et les associations. Il y aura à côté du paddle, il y aura des terrains de foot en salle. Et donc on va permettre du sport dans un quartier qui en a besoin.
À Marseille, les infrastructures, elles vont rester aussi pour permettre justement la voile, la natation. Tout ça, c'est super. Tout ça, c'est de l'héritage. Et on va avoir des dizaines de points sur les bords de Marne et de Seine pour des jeunes qui n'avaient pas les moyens d'apprendre à nager, qui n'avaient pas de piscine, d'aller nager et puis d'y aller aussi avec leurs parents, leurs familles. Donc ces investissements, c'est environ 2 milliards d'euros que la nation investit. Ils vont être rentables parce qu'ils vont être pérennisés. Ce seront des logements, des bureaux, des infrastructures de sport. Ils ont généré de l'activité.
Et rien que ces 2 milliards, ils ont généré plus de 6 milliards d'activités. C'est-à-dire qu'on a fait travailler 2000 entreprises. On a créé de l'emploi. On a permis à des jeunes de s'insérer par l'emploi avec des clauses remarquables. Et je veux saluer le travail de Bernard Thibault et de ses équipes parce qu'on l'a fait de manière extraordinaire.
Vous citez Bernard Thibault quand vous voyez que la CGT a déposé mercredi dernier un préavis de grève qui couvre toute la période des Jeux. Est-ce que vous prenez cette menace au sérieux ?
Moi, je fais confiance. Et donc, je vais leur dire continuons ce qu'on a fait de formidable sur ces Jeux olympiques et paralympiques depuis le début. On a fait tout ça. C'est-à-dire la nation a investi.
Vous pensez que ça suffit de leur dire que vous leur faites confiance ?
On s'est dit au début et il y avait beaucoup de gens qui doutaient. Soyons clairs. Quand on a lancé ça en 2017, quand on a ramené en juillet 2017 pas le trophée mais la candidature, beaucoup ont dit tout ça. ça va nous coûter cher, ça va être...
Mais là, c'est pas tant ça. Quand on voit que la CGT dépose ce préavis, ils disent qu'il n'y aura pas de trèves olympiques.
Qu'est-ce qu'on a dit ? On a dit, vous allez voir, on va le faire dans des conditions exceptionnelles. Tous les partenaires sociaux, syndicats, patronats sont mis autour de la table. Ils ont soutenu la candidature. On va faire la transparence. Bernard Thibault a porté cette charte et le suivi. D'abord, on a respecté nos clauses d'insertion. C'est-à-dire qu'on n'a jamais eu des chantiers qui ont inséré autant de jeunes ou de moins jeunes qui étaient loin de l'emploi et qui, moi, j'y tenais beaucoup, viennent des territoires où ces jeux vont se tenir et pas d'entreprises du bout du monde. Et en même temps, avec des entreprises de la France entière.
On a plus de 80 départements qui ont eu des entreprises présentes. Ensuite, on a divisé par 5 les accidents et donc les risques parce que tout le monde a été vigilant. Et ça, c'est le boulot collectif qu'ils ont fait. Je leur dis, on va continuer, c'est-à-dire, moi, je veux qu'on ait des jeux exemplaires, c'est-à-dire qu'on puisse loger, accompagner, avoir des conditions de travail pour tous. Et donc, je dis au syndicat, on va tous être vigilants, mais on va montrer que la France sait accueillir un grand événement, se mobiliser, en étant exemplaire sur le plan du droit du travail, de la sécurité au travail, de la qualité au travail. On n'est plus le premier jour.
En fait, ce que vous dites, c'est qu'il n'y aura pas de raison de faire grève.
Et donc, oui, à la trêve olympique en matière sociale. Et donc, en vrai, la France, c'est une équipe, c'est une nation unie. Et donc, on est au rendez-vous de cette exemplarité. On va l'être jusqu'au dernier moment. Et moi, j'ai confiance dans les syndicats. Ils ont l'esprit de responsabilité. Ils seront à nos côtés. Ils ne revendiquent qu'une prime, là.
Ils ne revendiquent qu'une prime pour être là, pour...
Voilà, ils partent en vacances. Il n'y en aura pas tous les agents ? Tous les employeurs, parce qu'il n'y a pas que l'État, vous savez, il y a aussi beaucoup d'entreprises, il y a la fonction publique hospitalière, il y a les collectivités locales. Tout le monde s'est organisé. C'est-à-dire qu'on a demandé de revoir les plans d'été. Donc, on part en vacances, mais avant, après. Et donc, on accompagne. Ensuite, on a tenu à accompagner les familles. C'est-à-dire qu'on a des programmes aussi qui vont se faire pour tous nos fonctionnaires.
Y compris la garde d'enfants et toutes ces questions-là.
Garder leurs enfants, permettre d'avoir un été où ils vont faire du sport, où ils vont aussi pouvoir assister aux événements, mais être occupés, avoir du sport.
La réussite de ces Jeux ?
Ensuite, aménager leur temps, qu'ils soient bien logés au plus près. Donc, mobiliser des logements aussi pour nos fonctionnaires. Et puis, partout, c'est nécessaire, parce qu'ils ont des sacrifices qui n'aient pas simplement décalé leurs vacances, mais parfois, ils renonçaient totalement à avoir des systèmes de primes. Vous savez, par exemple, nos policiers...
1900 euros.
Oui, mais pourquoi ? Parce que comme il y a Vigipirate, c'est pas qu'on les décale, c'est qu'en fait, on va demander à certains de ne pas avoir du tout de vacances.
Je voudrais juste vous donner l'occasion pour l'instant d'emplois en termes de bénévolat et en termes d'emplois rémunérés. Il y a encore des milliers de leurs combats sur le site des Gézmatiques.
Alors, je vous le disais, on a encore plusieurs, et c'est normal, mais on sera au rendez-vous des bénévoles et de tous les emplois parce qu'on est au rendez-vous, si je puis dire, de notre plan de charge. Et vous l'avez dit, moi, je remercie tous nos bénévoles et je les invite, d'ailleurs, j'invite tous ceux qui veulent participer à l'aventure, s'inscrire. On est au point d'étape qu'on avait prévue. Et c'est normal, on est à J-100, mais vous verrez que le jour J, on sera au rendez-vous du nombre de bénévoles, du nombre, justement, de prestataires privés, du nombre... Enfin, on sera au rendez-vous, on sera prêt parce qu'on est au plan de charge.
Mais on doit tous se mobiliser et donc c'est une forme de bonne volonté collective.
Je ne dévoile pas de secret, mais quand vous êtes arrivée tout à l'heure, et je la vois qui dépasse de votre dossier, vous êtes venue avec une médaille sur ce plateau, la médaille d'or. Je l'ai sous-pesée, je dois dire qu'elle pèse très lourd, elle est magnifique. Monsieur le Président, à quoi vous mesurerez le succès de ces Jeux ?
D'abord, cette médaille, elle est faite par... On est dans un lieu aussi qui porte le savoir-faire français, des artisans du luxe et des métiers d'art. Elle a un bout de Tour Eiffel, comme vous le voyez au milieu. Et puis elle est là et j'espère qu'Émile la portera autour de son cou le 7 septembre. Il sera un verre pour... Vous serez là, M. le Président. Je serai là pour les preuves. Je prends note. M. le Président, il me semble vous avoir parlé de 80 médailles espérées. Non, j'ai dit l'objectif, il est simple. Top 5 pour les Jeux olympiques et top 8 pour les Jeux paralympiques.
Alors l'Institut de race note nous met sur le podium.
Donc c'est combien de médailles ? Là, ça dépend en fait des classements. Mais en gros, c'est plutôt entre les... C'est autour des 40-50. Ah, on fera plus. Moi, je pense aussi. Moi, je t'en parie. On fera plus que ça.
La cérémonie d'ouverture à Ayana Kamoura ?
Écoutez, on verra au Final Cut ce que M. Jolie décide. mais elle fera partie des artistes. Là aussi, j'ai parfois entendu beaucoup de choses. Ça vous a choqué ? Les réactions m'ont choqué. Mais parce que je pense aussi qu'il y a eu des réactions vraiment racistes. Ça, ça m'a choqué. Il y a eu des réactions qui ont été des incompréhensions. Parce que beaucoup de gens n'ont pas compris qu'il y avait d'abord quatre cérémonies. Mais qu'au-delà de ça, la cérémonie d'ouverture, on va avoir des centaines d'artistes mobilisés.
Vous en avez deux, trois autres ?
Non, je ne sais pas. Oh, franchement, monsieur le président ! Non, mais je veux dire, il y aura des grands artistes lyriques, de variété, français, internationaux, beaucoup d'artistes féminines. Il y aura aussi, quand je dis des centaines, des grands orchestres français qui seront là. Et donc, c'est un spectacle complet. J'espère qu'Aya Nakamura, si c'est le choix, de Thomas Jolie sera, et si elle l'accepte, elle le veut, fera partie à la fin de la liste. parce qu'elle fait partie des grandes artistes françaises et de celles qui sont le plus publicitées à travers le monde, mais ce ne sera pas la seule, loin de là.
On a une petite surprise pour vous, monsieur le président. Le 4 avril dernier, vous avez inauguré cette fameuse piscine olympique, on en parlait. Il y a un petit suicide en temps. Évidemment, vous vous souvenez, bien sûr, vous vous souvenez, franchement, mais vous l'avez regardé depuis, j'espère. Oui, j'ai regardé depuis et il a été formidable. Il est avec nous, justement, Alexis Gendar. Salut, Alexis. Bonjour. Bonjour, Alexis. Alexis, un petit message d'abord pour le président, peut-être.
Oui, monsieur le président, bonjour. Bonjour à toutes les personnes sur le plateau. Salut, Alexis. Voilà, je pense qu'il y a eu une mission réussie pour la com' de la piscine, de cette merveilleuse piscine du centre acrobatique olympique à Saint-Denis. Et je pense qu'on a réussi notre mission. Donc voilà, maintenant, il n'y a plus qu'à faire le boulot et de continuer à travailler pour se montrer sous un meilleur angle.
En fait, il avait fait exprès, quoi. C'était du marketing. Oui, c'est pour faire le buzz.
Tu m'as pris mal pour vos fesses et votre bas du dos. Je préfère vous que moi. Moi, je ne l'ai pas vu pour vous dire les choses en direct. Je l'ai vu après. Mais je dois dire que la réaction que vous avez eue a été absolument super. C'est-à-dire de le prendre avec humour et surtout de tout de suite relancer la machine en disant maintenant, je sais comment laver la front. T'es allé chercher la médaille.
Exactement. Alors du coup, évidemment, la pression est quand même très importante, Alexis.
C'est bon ? La pression, c'est toujours la même. Mais voilà, monsieur le président, ce que vous tenez entre les mains, là, c'est un objet pour lequel on se bat tous les jours. C'est magnifique. C'est le vôtre. Et voilà, il y a eu cette chute, mais moi, j'ai pour projet avec mon partenaire d'aller décrocher ce morceau de métal qui nous fait tous rêver, nous, athlètes. Donc voilà, merci à vous. Et on aura cet merveilleux héritage pour la suite de nos aventures au plongeon français.
La nation est derrière vous, Alexis, je crois qu'on peut le dire. Monsieur le président, vous nous la montrez encore, la médaille ? Franchement, on a envie de terminer là-dessus. Rémi, Marion, David, un plaisir d'avoir été avec vous ce matin. Merci aux auditeurs et merci à vous, monsieur le président, d'avoir joué le jeu.
Merci beaucoup. Merci à nos athlètes. Et je le dis à J-100, ces Jeux olympiques et paralympiques, ce seront les nôtres et les vôtres. Et donc, préparez-vous, soyez fiers, soyons derrière nos athlètes, mais soyons surtout derrière le pays, tous mobilisés. On va les faire ces Jeux, on va les réussir et on va les faire très grands.
Merci, monsieur le président. Il est 9h20 sur RMC et BFM TV.
Emmanuel Macron