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interviewEurope 1· 20 février 2026 11 min

Punchline - Face au RN, Jérôme Guedj voterait LFI aux municipales

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Merci de nous accueillir sur Europe 1 et sur CNews, effectivement c'est la dernière ligne droite de votre punchline de ce vendredi, on va parler de Jérôme Gage, qu'on prenne qui pourra, alors qu'on évoquait l'hommage prévu et rendu demain à Lyon à Quentin, avec tout ce que l'on dit sur la France insoumise. On va vous faire écouter ce soir sur CNews et sur Europe 1 la prise de position de Jérôme Gage vis-à-vis de l'EFI, et puis juste derrière on écoutera ce qu'il nous disait en juin dernier, qu'on prenne qui pourra d'abord, sa dernière prise de position, on n'est jamais déçus, écoutez.

0:40
Jérôme Guedj

Quand je vous dis que je refuserai toujours que l'extrême droite arrive au pouvoir dans une ville ou dans le pays, je vais au bout de, voilà, mais cette situation-là, je veux l'éviter par-dessus tout, vous savez quoi ? Pourquoi vous ne le dites pas vraiment explicitement ? Parce que vous avez parfaitement compris que dans ce cas de figure, je préfère voter pour le candidat, quel qu'il soit, face au Rassemblement national. Même s'il est LFI. Même s'il est LFI.

1:03
Présentateur

Voilà, même s'il est LFI. Ça, c'était chez, donc on va faire sur une autre chaîne, et je vous propose d'écouter ce qu'il déclarait le 14 juin dernier. On sait qu'il a été plutôt maltraité, Jérôme Gage, par les membres de LFI, on se souvient, personne n'a oublié, mais lui, j'ai l'impression qu'il a un peu oublié. Écoutez ce qu'il disait.

1:18
Jérôme Guedj

Quand je dis à Jean-Luc Mélenchon qu'il n'est pas possible et souhaitable de défendre la revendication de la Palestine, de la mer, la rivière, je défends la position historique des socialistes, notamment celle de François Mitterrand à la Knesset en 1982, qui est celui de la solution à deux États, de la sécurité d'Israël et de la reconnaissance de l'État palestinien, et qu'à ce moment-là, à ce moment-là, je deviens le sioniste génocidaire pour Jean-Luc Mélenchon et les siens, et que j'ai une meurtrissure terrible à dire devant ce congrès, que pour la première fois de ma vie, j'ai dû dire de l'homme que j'ai aimé profondément, qu'il est devenu un salopard antisémite, avec des propos qui sont pour nous absolument...

2:03
Présentateur

François Puponi, je me dois de commencer avec vous, on est un peu perdus là, on a du mal à comprendre, et on se souvient qu'il avait été exfiltré, Manu Militari, parce que bousculé par les membres de l'EFI. Moi je ne suis pas perdu, parce que je les ai quittés les socialistes pour ça,

2:21
Invité

parce qu'ils sont capables de vendre l'orat. C'est de la folie, hein ? Donc, Jérôme Gage, pour que j'y avais du respect, parce que quand il a dit ce qu'il a dit sur Mélenchon... Il paraissait sincère. Il est sincère, il le pend, il connaît très bien Mélenchon, puisqu'il était son collaborateur, est capable de dire aujourd'hui, pour empêcher des gens dont on dit qu'ils sont antisémites, je préfère voter pour un antisémite. Parce que s'il ne veut pas voter pour l'ORN, c'est qu'il dit ce sont des fascistes, nazis, d'extrême droite, antisémites. Dans ce cas-là, il faut qu'il aille jusqu'au bout. Je ne voterai ni pour l'ORN, ni pour l'EFI, parce que je ne vote pas pour des antisémites. Qu'il a...

Ben non. Là, il dit, comme Olivier Faure, on peut voter pour des antisémites, on peut. Dans certains cas, pour empêcher certains d'arriver. C'est incompréhensible pour moi. Incompréhensible. Véronique Jacquier. Je pense que pour certaines personnes à gauche, il est tellement inconcevable que le Rassemblement national puisse arriver au pouvoir. Et ils savent qu'avec cet épisode de la mort de ce pauvre Quentin, l'ORN risque d'engranger encore des points. Est-ce que ça les rend fous ? Et je crois que là, il y a quelque chose de pathologique dans le comportement de Jérôme Gatch qui relève du syndrome de Stockholm.

Sincèrement, il traite Jean-Luc Mélenchon, dont il a été le bras droit de salopard antisémite. Il a été rudoyé par Jean-Luc Mélenchon. Il a dénoncé la stratégie de la France insoumise, notamment lors du virage de novembre 2019, quand ils ont choisi volontairement une stratégie communautaire. Et cet homme-là dit « je peux encore voter LFI ». Et on ne peut plus douter maintenant des intentions belliqueuses de la jeune garde qui vont jusqu'à un assassinat. Et il est encore capable de voter LFI. Enfin, ça dépasse l'entendement. Quand on est un homme politique, quand on est un élu, me semble-t-il.

4:10
Présentateur

Je suis un peu tombé de ma chaise quand je l'ai entendu. Et sincèrement, on ne l'a pas vu venir de la part de Jérôme Gatch. Pas la marge. Continue mon tour de table.

4:18
Invité

Écoutez, je vous l'avoue, je suis intrigué, perplexe. Avant l'assassinat de Quentin, Jérôme Gatch a eu un aparté avec un ami. Avant l'assassinat. Et il parle du deuxième tour d'une élection importante, municipale ou présidentielle. Mon ami lui dit « alors que vas-tu faire ? » Jérôme Gatch lui répond spontanément, sans hésiter « je m'abstiendrai ». Si le RN est face à LFI, je m'abstiendrai, avant l'assassinat. Et Jérôme Gatch demande à mon ami « et toi ? » Mon ami lui répond « je m'abstiendrai ». Et aujourd'hui, après l'assassinat de Quentin, voilà Jérôme Gatch qui dit avec beaucoup de fougue et de nervosité. C'est vrai, le fond et la forme, c'est toujours important de voir la forme.

Je voterai pour un homme que j'ai qualifié de salopard antisémite. Incroyable. Non mais c'est fou. Donc voilà pourquoi je suis intrigué. Que s'est-il passé ? Connaissant un peu Jérôme Gatch, je peux imaginer aisément qu'après l'assassinat de Quentin, il aurait pu ou dû au moins se taire. Dire cela, après l'assassinat par la jeune garde, qui est la garde prétorienne de LFI, dire cela, je ne comprends pas. Que s'est-il passé ? Et comme, alors je ne vais pas en dire plus parce que vous allez me répondre, ça ne nous engage que vous, donc là je vais me taire, mais je me contente de... Non, non, je me contente de poser des questions.

5:44
Présentateur

Je vous dirai en tant que modérateur que ça nous engage.

5:46
Invité

Et je la pose à voix haute à Jérôme Gatch, que s'est-il passé entre temps ?

5:52
Locuteur

Incroyable.

5:52
Invité

Louis de Ragnel. Paul Amart a raison. Il y a deux sujets, il y a un sujet moral et il y a un sujet politique. D'un point de vue moral, déjà, moi ce que je trouve stupéfiant, c'est qu'il continue de partir de l'analyse. Qu'est-ce qu'il y a de plus dangereux entre RN et LFI ? Quand on voit ce qu'a fait LFI, ce qu'a provoqué LFI, la question de la dangerosité, je pense qu'il n'y a pas un Français honnête et sincère qui ne voit pas que le RN n'a aucun mort sur la conscience depuis des années et des années. C'est ceux qui promeuvent le plus la question de la lutte contre l'antisémitisme. Il n'y a plus rien à dire du côté du RN, ils ne peuvent chercher, chercher, chercher.

Maintenant, c'est terminé, il n'y a plus rien à trouver. Et du côté de LFI, en revanche, il y a une multitude de propos antisémites. Il y a la jeune garde qui a provoqué la mort de Quentin il y a une semaine. Enfin, ce n'est quand même pas rien. Donc, d'un point de vue moral, je trouve ça hallucinant d'entendre ça de manière…

6:46
Présentateur

Vous attendiez à ça, Louis de Reynel, de la part de Jérôme Gage, sincèrement ?

6:49
Invité

Oui, je vais vous dire une chose. Oui, mais je ne m'y attendais pas avant le 7 octobre pour les mêmes raisons. Et j'étais persuadé qu'LFI allait s'effondrer après le 7 octobre. Et je me suis complètement trompé parce que je pensais que les gens ne pardonneraient pas LFI, ces prises d'opposition. Je pensais que les déclarations à l'époque du Parti Socialiste étaient des véritables engagements. Et de la même manière, donc là, ça n'a rien à voir avec le 7 octobre, c'est la mort de Quentin. Quand j'ai entendu les prises de parole des dirigeants du PS qui disent « Mais non, on n'a rien à voir plus jamais ça et tout ça », là, je ne les ai plus crues, je ne les crois plus du tout.

Et leurs paroles ne vaut rien, mais elles ne vaut absolument rien.

7:26
Présentateur

Et il est important de préciser également que du côté du RN, il y a eu une opération de nettoyage aussi au sein des troupes.

7:32
Invité

– Non mais c'est terminé, cherchez, trouvez-moi une parole antisémite depuis 5 ans, trouvez-moi un acte de violence du côté du RN depuis 10 ans, mais il n'y a rien, non mais vous pouvez gratter, il n'y a rien, ça a l'air en dingue.

Et après, d'un point de vue politique, moi je trouve ça très inquiétant, ça montre qu'ils sont tous tétanisés par Jean-Luc Mélenchon, et donc ils sont dans un syndrome de Stockholm, ils sont stoccolmisés, ils n'ont qu'une trouille, c'est que Jean-Luc Mélenchon les massacre politiquement, et donc ils en sont à se dire, bon, on n'était pas tout à fait d'accord avec vous tout à l'heure, mais finalement, là on est à l'approche d'élection, s'il vous plaît, soyez gentil avec moi, si vous dites que vous n'êtes pas violent, on ne vaut pas pour vous.

8:08
Présentateur

– Et ça promet dans certaines grandes villes que j'ai vies très dix, mais que je connais, vous liriez ce qu'il y a à avoir des acteurs de second tour.

8:13
Invité

– Désolé, on se fout de la gueule du monde, ils se foutent des électeurs. – Non mais je ne comprends même pas comment un électeur de gauche peut se dire en toute sincérité, en toute honnêteté, je vais voter pour ces personnes-là qui me racontent n'importe quoi depuis des mois et des mois. Non mais quelle est la valeur de leur parole ?

8:28
Présentateur

– Je me mets à la place des auditeurs d'Europe 1 et des téléspectateurs de CNews qui doivent un peu y perdre leur latin, c'est compliqué quand même. Comment avoir confiance en nos politiques quand on écoute ces deux extraits de Jérôme Gage ?

8:39
Invité

Olivier, Ben Kimoun. – La conclusion et la synthèse de tout ça, c'est qu'il n'y aura pas de cordon sanitaire contre LFI. Ils iront tous à la gamelle en réalité. Il n'y aura que ça, que vous vouliez ou non, malgré les déclarations qui ont été faites avant, même François Hollande. Je ne sais pas si vous vous souvenez que François Hollande a dit plus jamais ça, après la vente qu'en temps, plus jamais ça, c'est terminé, c'est fini. Et en même temps, il dit aujourd'hui, quand on lui pose la question, il dit jamais je ne voterai pour le RN, jamais je ne voterai pour le RN. Donc ça veut bien dire que de toute façon, de toute façon, ils reviennent sur leurs fondamentaux.

La parole, leur parole ne peut pas être prise au sérieux. Donc la question, elle se posait il y a quelques jours encore, de savoir si la gauche allait réussir sa mue et sa mutation, c'est-à-dire se couper totalement de LFI. Ils n'y arriveront pas, ils ne le feront pas. Les élections vont les ramener dans une réalité. Et la réalité, c'est le cercle de Mélenchon et LFI.

9:38
Présentateur

J'aimerais vous faire écouter, je vous donne la parole juste après, Olivier Faure, très rapidement, avant la fin de notre émission, et je vous fais agir, François Puponi.

9:46
Invité

C'est ça, nous n'avons jamais été, à quelque moment que ce soit, dans une situation où nous avons été sommés de nous aligner sur les insoumis, nous ne l'avons jamais fait, nous ne le ferons jamais. Autrement, nous serions déjà insoumis, nous ne le sommes pas, nous ne le serons jamais. Mais la question des alliances est une question que je trouve par ailleurs, de façon indécente, on est en train de traiter de la question de la violence en politique, de la mort d'un homme, et je vois que tout le monde se jette sur la question de savoir ce que seront les alliances. Je vous l'ai dit, il n'y a pas eu d'alliance au plan national, ni au premier tour, il n'y en aura pas d'avantage au second tour.

– Deux mots, François Puponi et Paul Amart du Capartin. – Ils vont essayer de sauver leur mairie dans un mois. – Ça, on a bien compris. – Voilà, et ils diront à Mélenchon, t'inquiète pas, on votera pour toi l'année prochaine, si t'es au deuxième tour. – Paul Amartin, je vais oser citer Moucher, le poète, dans ce monde d'aujourd'hui. – Ah, ça serait bien pour terminer l'émission. – Peu importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse, donc peu importe la gamelle, pourvu qu'on est l'ivresse de la conquête, le PS macroniste aujourd'hui, demain mélenchoniste. Voilà le PS, je pense à Blum et Mendès France.

10:52
Présentateur

– Et terminer notre émission avec Musèche, je trouve qu'on n'aura pas mieux, ça sera le mot de la fin. Merci les amis de m'avoir accompagné durant ces deux heures, merci à l'équipe qui m'a accompagné, Sébastien Bandotti, le fidèle David Poujol, le fidèle Alexis Prince, la fidèle Sally Geno, Isabelle Piboulot pour l'information, si fidèle aussi, merci à la programmation, Francis Cabamélé, Stéphane Fattoreto, merci aux équipes en agi. Tout de suite sur Europe 1, Stéphanie Dumuru, et sur CNews, l'excellent Philippe Devilliers. A demain, 12h, bye bye.