Pour aller vers le plein emploi, répartition du temps de travail et garantie d'emploi - #AMFIS2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce débat qui est réuni dans la salle très bien nommée, vu la thématique, la salle Louise-Michel, on va être là pour discuter des questions de travail, d'emploi et de répartition de l'un et de l'autre. Alors pourquoi organiser une discussion entre nos quatre invités que je vais présenter juste après ? Pourquoi organiser une discussion sur cette thématique ? Et puisque vous le savez toutes et tous, la question du travail et de l'emploi est la problématique centrale dans toutes les sociétés. C'est ce qui nous permet de produire des choses, nous permet de dégager du temps pour y réfléchir.
Et évidemment, cette discussion qu'on a aujourd'hui, elle est possible car on a de l'eau, on a des gobelets, on a une table, on a des invités qui ont pu être transportés pour arriver ici, qui portent des vêtements sur eux, bref, qui ont des lunettes également. Tout ça est possible grâce à des milliers d'heures de travail sans lesquelles nous ne serions pas toutes et tous présents ici.
On va discuter un petit peu pour mieux comprendre ce qu'il advient du travail, de cette activité aujourd'hui en France et notamment depuis quelques années pour ensuite ouvrir le débat sur l'horizon de ce qui nous paraît souhaitable pour le transformer, l'adapter à ce qui nous semble être une société juste et respectant la dignité humaine de chaque individu. Alors, pour en discuter aujourd'hui, vous connaissez évidemment nos quatre invités, mais je refais un tour tout de même. Clémentine Autain, députée de la France Insoumise, qui est avec nous aujourd'hui. Morgane Guenot, de la campagne pour un million d'emplois verts.
Tu represseras l'intitulé exact de la campagne, mais qui s'occupe notamment, qui est une des animatrices de cette campagne qui est à court aujourd'hui. Mais tu reviendras un peu sur le détail des propositions que vous pouvez nous adresser en ce moment. Gérard Filoche, avec nous aujourd'hui, qui est porte-parole de GDS, la gauche démocratique et sociale. Et Adrien Quatennens, qui est également député de la France Insoumise et coordinateur du mouvement. Alors, pour ouvrir ce temps de parole et vous permettre d'engager le dialogue, je commencerai bien par la première extrémité de la table. Adrien, et on va revenir jusqu'à moi ici.
Après, on refera un second tour, peut-être pour essayer de poser le diagnostic. On est donc en 2021. On est à peu de temps de la rentrée. Il y a encore une partie de la population qui a la chance d'être en vacances. Et c'est le moment de se projeter un petit peu dans quelques jours à la rentrée des classes, voire à la rentrée professionnelle. Dans quel monde arrivons-nous ? Qu'en est-il de l'emploi ? Et où va-t-il depuis quelques années ? Bien, merci Adrien, merci à toutes et tous et merci à nos invités qui nous font l'honneur de nous rejoindre pour ces journées d'amphi.
Alors, pour répondre à ta question, Adrien, je dirais que tout va bien, puisqu'on a regardé les journaux télévisés, comme tout le monde, et on a vu que le chômage avait baissé et que tout était formidable en cette rentrée, puisque le gouvernement, d'ailleurs, s'appuie sur les récents chiffres du chômage qui, paraît-il, sont si formidables pour justifier le fait que la voie est libre pour procéder à la réforme de l'assurance chômage qui doit avoir lieu au 1er octobre. Alors, une fois qu'on a dit ça, il s'agit maintenant de les traduire et de voir quelle est la réalité de la situation de l'emploi en France.
Il y a aujourd'hui à peu près 200 000, toutes catégories confondues, 200 000 chômeurs de plus qu'à la même période l'an dernier. Alors, ce qui permet à Emmanuel Macron et au gouvernement de communiquer sur une baisse du chômage, c'est en fait l'utilisation d'une des catégories, des différentes catégories du chômage, la catégorie A, qui en quelque sorte considère l'emploi précaire, l'intérim. Donc, ce que ça dit surtout, cette baisse sur laquelle il communique, c'est pas qu'il y a une baisse du chômage en France, c'est qu'il y a plus d'emplois précaires, mais plus d'actifs également.
Et c'est sur cette base-là, simplement, qu'il vient de nous dire, OK, la voie est libre, on peut procéder à la réforme de l'assurance chômage. En réalité, la situation de l'emploi en France, le chômage en France a atteint encore récemment des records, puisqu'au début de l'année 2021, nous atteignons ce triste record, cette majorité est aussi une majorité des records, de 6,8 millions d'inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues. Alors, c'est pas très étonnant, parce que leurs politiques en matière d'emploi, ce sont les mêmes politiques libérales éculées depuis maintenant très longtemps.
S'il fallait résumer à grands traits leurs politiques en matière d'emploi, c'est, un, diminuer les indemnités des chômeurs, baisser les droits des chômeurs, pour le dire rapidement, en considérant qu'on est encouragé à retourner vers l'emploi lorsqu'on a moins de droits. Or, ce que nous, nous avons à dire, c'est que ce constat n'est absolument pas vérifié, pour la raison qu'il n'y a pas de corrélation entre le niveau du droit des chômeurs, le niveau de l'indemnisation du chômage, d'une part, et le niveau de l'emploi. S'il fallait vous en convaincre, regardez les chiffres, le chômage était au plus bas dans ce pays, quand l'indemnisation du chômage était au plus haut.
Dans les années 70, quand vous étiez au chômage, quand vous arriviez au chômage, vous aviez plus que votre salaire, plus que 100% d'indemnisation, et pour autant, on n'a pas vu que les gens se voteraient dans le chômage volontaire, dont nous parlent sans cesse les libéraux, au contraire, parce que l'activité économique était fluide, parce que les carnets de commandes étaient pleins, il y avait un retour à l'emploi. Donc, premièrement, pas de corrélation entre l'indemnisation du chômage et le niveau du retour en emploi. Pas plus, d'ailleurs, entre les droits des travailleurs et le retour à l'emploi. Or, depuis le début, c'est ce qu'ils font.
Baisser les droits des chômeurs, baisser les droits des travailleurs. Et la réforme de l'assurance chômage qui est prévue pour le 1er octobre n'est que cela. C'est la baisse concrète des indemnités du chômage ou le fait de rendre plus difficile, par des modalités de calendrier, l'accès à l'indemnisation à des chômeurs, en considérant aussi souvent que, quelque part, le chômage, ce serait la charité. Et on a le sentiment, quand on entend les médias parler du chômage, que, finalement, toucher le chômage, ce serait, finalement, bénéficier de la charité. Non, les travailleurs ont cotisé pour une assurance et donc ils reçoivent les fruits de leur cotisation.
Ils sont assurés de ce risque qu'est le fait de tomber au chômage. On ne rappelle jamais assez ce qu'est la réalité du chômage. Le chômage, on estime qu'il tue plus de 10 000 personnes par an, compte tenu de toutes les conséquences indirectes qu'il peut avoir, penser aux conséquences sur la santé, aux ruptures familiales et à toutes les conséquences en cascade qu'il a. Donc, première chose, c'est inefficace, ça ne fonctionne pas. Et la politique d'Emmanuel Macron, que ce soit sur la baisse du code, la casse du code du travail, la facilitation des licenciements ou que ce soit sur l'indemnisation du chômage, n'a absolument aucun effet sur le retour à l'emploi.
Souvent, quand ils nous parlent de l'emploi, les membres du gouvernement et les membres des gouvernements précédents aussi parlent beaucoup, pour culpabiliser les chômeurs, des emplois non pourvus. Ils nous disent, voilà, il y a une masse considérable d'employeurs qui ne parviennent pas à recruter, donc ces fainéants de chômeurs devraient se dépêcher d'aller occuper les cases vides. Il est vrai que dans certains secteurs, vous avez, oui, c'est vrai, des patrons qui ont de la peine à trouver la main-d'oeuvre associée aux tâches qu'ils proposent d'accomplir.
Pour autant, regardons avec une vision plus macroéconomique, si vous regardez le nombre, le stock d'emplois non pourvus en France en moyenne, et que vous le mettez en corrélation avec le nombre de chômeurs, toutes catégories confondues, inscrits à Pôle emploi, vous voyez bien que ça ne fait pas le poids. Vous avez quelques 300 000 emplois non pourvus pour, je l'ai dit, toutes catégories confondues, 6,8 millions de chômeurs. Par conséquent, même si vous mettiez des chômeurs dans toutes les cases vides, il vous reste une masse considérable de chômage. Voilà ce que nous disons.
Donc, plutôt que d'être sur une politique qui vient culpabiliser les chômeurs, qui vient, comme l'a dit encore Emmanuel Macron, et comme l'a rappelé Gabriel Attal il y a quelques jours dans une matinale politique, avec de grandes phrases du type « Il est insupportable que l'on gagne plus au chômage qu'en emploi », nous en sommes d'accord, sauf que pour nous, la solution, contrairement à M. Macron, ce n'est pas de baisser l'indemnité des chômeurs, mais d'augmenter les salaires pour permettre de faire en sorte, en effet, que les travailleurs gagnent davantage. Et cela procède du partage des richesses que nous avons également à procéder. Voilà donc pour le diagnostic.
Le premier problème qu'on a, en fait, c'est un problème de manque de création d'emploi pérenne. 80% des contrats qui sont signés, plus de 80% sont des contrats extrêmement courts, parfois d'une semaine, d'un mois, même parfois de quelques jours, qui font que vous sortez des statistiques du chômage momentanément. Donc on peut dire, ah, regardez, le chômage baisse, mais le temps qu'on a communiqué sur votre sortie des statistiques du chômage, en fait, vous y êtes souvent retourné, parce que l'emploi était extrêmement précaire.
Précarisation de l'emploi, lutte contre les réformes de type indemnisation chômage qui est prévue au mois d'octobre, et surtout redire, et j'y viendrai plus tard, puisque j'ai compris qu'on allait parler des solutions dans un second temps, mais clairement, les solutions libérales utilisées depuis 30 ans en matière de politique sur l'emploi sont strictement inefficaces, et j'achève en disant que le marché, le capitalisme, utilise le chômage comme variable d'ajustement. Il faut le rappeler.
Plus vous avez de monde à la porte, plus ceux qui sont en emploi revoient à la baisse leurs revendications, parce qu'évidemment, le patron peut dire, mais si tu n'es pas content, il y en a autant qu'à tendre dehors. Donc généralement, plus il y a de chômage, plus vous avez aussi une pression à la baisse sur les salaires, plus vous avez une pression à la baisse sur les conditions de travail.
Or, l'emploi est un droit réaffirmé dans notre Constitution, et la charge d'un gouvernement, c'est de mettre toute son énergie au service de la concrétisation de ce droit, que le droit à l'emploi ne soit pas un vain mot, mais que véritablement, chaque femme, chaque homme qui aspire à vivre dignement des conditions de son travail puisse le faire en trouvant un travail adapté à sa situation. Voilà. Et du coup, pour faire l'alternance paritaire, je voudrais passer le micro à Morgane, et après, on revient directement à toi.
Oui, bonjour à tous. Merci beaucoup. Donc, pour juste revenir très, très rapidement sur la présentation, donc effectivement, je fais un remplacement de dernière minute, donc c'est pour ça, je remplace l'ouplaza du vent du changement. Donc, je suis Morgane Gonon, je suis secrétaire générale de l'Institut Rousseau, donc à l'abordatoire d'idées, qui a, en janvier dernier, fait une proposition, effectivement, pour une garantie emploi vert, un million d'emploi vert, lancé avec le think tank hémisphère gauche. Et donc, moi, je viens plus spécifiquement pour parler de cette proposition, mais puisque le premier tour est un diagnostic, je vais aussi participer au diagnostic.
Donc, nous, on est effectivement sur un point un petit peu plus ciblé, qui est la lutte contre le chômage de longue durée et la réallocation des fonds qui sont aujourd'hui employés pour la lutte contre ce chômage de longue durée dans un autre dispositif. Donc, notre proposition, et je la détaillerai plus tard, s'appuie principalement sur l'expérimentation existante de territoires zéro chômeur de longue durée.
Donc, on fait un constat, celui partagé par ATD Carmond de 36 milliards d'euros dépensés par an pour lutter contre le chômage et qui sont dépensés avec des résultats pas toujours atteints pour voir comment on pourrait réallouer ces fonds à la fois de manière plus efficace et dans une perspective de reconstruction écologique. Donc, c'est tout le sens de cette proposition. Donc, c'est faire le constat d'un chômage de longue durée dont on n'arrive pas à émerger qui représente depuis longtemps à peu près 4% de la population active française et qui constitue une véritable trappe avec des pertes de compétences, etc.
Et voir comment on pourrait dépasser ce point-là tout en s'ancrant dans cette vision plus large de développement de nouveaux secteurs et d'activités. Je le détaillerai plus tard. Et donc, si je dois respecter la parité, je rends le micro à M. Zussiloche. Oui, bonjour à toutes, à tous. Merci de votre invitation pour ce débat. Diagnostic, on a 30 millions de salariés en France, dont 7 millions de chômeurs qui sont des salariés temporairement privés d'emploi et injustement. Pour faire l'histoire, en 1910, on avait 3 millions de salariés. Au moment de 1936, il y a à peu près 9 millions de salariés. À la Libération, à peu près 11-12. En mai 68, 12-13. Et aujourd'hui, on est 30 millions.
C'est quand on est 30 millions qu'ils remettent en cause le salariat. Normalement, on ne voit pas ce que c'est faire. On est beaucoup plus puissants que dans le siècle entier. Et oui, on leur a imposé la construction du salariat et imposé de l'emploi et imposé des droits et imposé du code du travail et imposé des salaires. Et ce choc entre Macron, son idéologie et ce qu'est la force du salariat, nous devrions normalement le gagner. 30 millions de salariés, 7 millions de chômeurs. Le salaire médian est toujours à 1 700 euros. Enfin, quand on est très fin, on dit 1 780. Mais il n'a pas bougé pratiquement depuis 20 ans, plus de 25 ans même.
salaire médian, je le dis toujours parce que les moyennes, les moyennes, ça ne compte pas. C'est 50% des salariés qui gagnent moins de 1 700. Déjà, c'est incroyable. Et ensuite, après, dans les salariés, vous avez 5,3% de pauvres. 5,3%, vous êtes presque au bord du million sur 30. Ils bossent, ils sont pauvres. Totalement pauvres, en dessous du stock de pauvreté. Et après, les salaires sont compactés. On croit que les salaires... Depuis mai 68, l'écart des salaires était de 1 à 6. Maintenant, il est de 1 à 2,3. Et en vérité, 98% des salariés gagnent moins de 3 200 euros. C'est un tableau énorme.
Parce que là, vous avez un compactage des salaires, un grossissement fantastique de la classe salariale. Et moi, je dis toujours salarié parce que ça emploie les employés. Ça inclut les employés, les ouvriers, les cadres. Et la majorité des cadres ne sont pas des cadres supérieurs. Ce sont des cadres de droit commun et qui se font exploiter autant que les autres et qui ont la menace du chômage autant que les autres. Et il y a donc des conditions objectives pour que le salariat soit homogène. Et d'ailleurs, il a quand même gagné depuis un siècle et demi. Parce que dire aujourd'hui que c'est la fin du salariat comme le Figaro le dit tous les jours.
Et si vous avez lu Macron dans son bouquin Révolution, il était pour une société sans statut, pour une France post-salariale et sans cotisation sociale, sans salaire brut. Quand il s'attaque aux assurances chômage, après c'est attaqué déjà, ça ce fut Hollande qui l'a fait contre les allocations familiales qui étaient en partie payées par les patrons. Quand il remet en cause des retraites, quand il s'attaque à la santé publique, le but est de supprimer tout le salaire brut. C'est-à-dire de faire régresser le salariat d'aujourd'hui de plus de 150 ans. Si vous avez vu ce film, je le cite toujours parce qu'il s'appelle Kemada de Gilles Pontecorvaux. Il date du début des années 70.
Gilles Pontecorvaux est un grand cinéaste. Et il avait dans ce film qui était la libération des esclaves à Haïti, embauché comme acteur principal Marlon Brando. Et le film, c'est le soulèvement des esclaves. Il soulève, les propriétaires terriens les flingues, soulèvement des esclaves, les propriétaires terriens les flingues. Et à la fin, quand même, les esclaves sont plus nombreux et vont gagner. Et alors, il y a une réunion d'urgence et dans la réunion d'urgence, Marlon Brando, l'agent anglais dit arrêtez avec l'esclavage, réfléchissez. Ça coûte cher. Vous nourrissez les petits alors qu'ils ne travaillent pas. Vous nourrissez les esclaves malades alors qu'ils ne peuvent pas travailler.
Vous gardez les vieux esclaves alors qu'ils ne travaillent plus. Faites-en plutôt des salariés. Vous ne les paierez que pour la tâche qu'ils vous refourneront. Et après, vous vous en débarrassez. C'est comme ça, les grandes Martiniques, quand il y a eu la libération des esclaves, ils les ont mis dehors, dans le fond des bois. Ils sont allés chercher des salariés indiens pour les remplacer. Et partout, brutalement, on a eu des loirs de bras, des tâcherons, des manouvriers, des journaliers, qu'est-ce que je peux ajouter, des bosogneaux. C'était toutes les expressions qui étaient utilisées avant qu'on utilise le mot salariat.
Et la construction du mot salariat, c'est la construction d'un ensemble de statuts, de droits, dans lesquels il y a le salaire net, le salaire brut, et ce que veut Macron, c'est d'est structurer ça. Et y compris la réforme sommage du 1er octobre prochain, il faut l'avoir comme ça. Il va virer 2, 3, 4, 5, 6% des chômeurs pour les forcer à être auto-entrepreneurs, c'est-à-dire à devenir indépendants, hors salariat, dans lequel on ne leur versera plus la partie du salaire brut. Parce que c'est ça que les salariés ont gagné depuis le lendemain de l'esclavage.
Ils ont gagné justement la retraite, ils ont gagné les institutions représentatives du personnel, ils ont gagné des délégués du personnel, des délégués syndicaux, la maladie, l'accident du travail, le logement, et les enfants. Tout ce que les esclaves avaient, on a mis 150 ans pour le reprendre. Je ne parle pas de la violence contre l'esclavage, je ne parle pas morale, je parle de ce qui a été économiquement possible. On entend beaucoup le mot liberté en ce moment, mais qu'est-ce que c'est la liberté si vous n'avez pas d'emploi ? Vous êtes dans le fond du bois, viré de la classe, et sans la possibilité de défendre vos droits.
Qu'est-ce que c'est la liberté si vous n'avez pas de médecine du travail qui peut vous protéger, et si c'est le patron qui décide du niveau de votre santé ? Quand le médecin du travail dit que vous êtes apte et inapte, l'employeur est obligé de vous reclasser. Qu'est-ce que c'est la liberté sans cela ? Qu'est-ce que c'est la liberté et que les récentes lois viennent de complètement gommer ? Qu'est-ce que c'est avec la liberté si vous n'avez pas le droit d'avoir des délégués qui vont négocier votre salaire, qui vont négocier votre durée du travail ? Parce que sinon, il n'y a plus d'avancée. C'est exactement à ça que nous sommes confrontés. L'existence même du salariat.
Et la durée du travail, il y a ça. En 1841, c'était 17 heures par jour. La première mesure, c'était pour les enfants, pour les ramener à 11 heures. Et ensuite, ça a été pour les femmes, pas pour des questions humanistes ni féministes. C'était parce qu'ils voulaient que les femmes puissent reproduire et qu'il n'y avait pas assez d'enfants si on les tuait au travail. Et donc, il a fallu, pour passer de 17 heures par jour à aujourd'hui, c'est 10 heures maximum, on l'a mis à 150 ans. La durée hebdomadaire, elle est passée de 70 heures à 35 heures en 150 ans. C'est ça aussi qui a permis le développement du salariat. Si on a aujourd'hui tant de chômeurs, c'est parce que ce processus-là est arrêté.
Il faut le lier à la réduction du temps de travail pour comprendre comment on est passé de 3 millions de salariés à 30 millions. Il faut le lier aux conquêtes qui permettent de vivre parce que le salaire net, c'est pour la reproduction de la force du travail, pour la production. Et le salaire net, c'est pour la reproduction. Il ne suffit pas de gagner de l'argent en bas de la feuille de paye pour vivre. Il faut avoir de l'argent pour survivre durablement et reconstituer sa force de travail. C'est à ça qu'il s'attaque, évidemment. Et donc, 150 ans d'histoire du salariat explique, on passe par les 3,8. Moi, j'ai toujours une nostalgie. On me dit que c'est mon âge. Mais à tort.
J'ai toujours une nostalgie pour les 3,8. 8 heures de repos, 8 heures de loisirs, 8 heures de travail. C'est toujours une revendication. Aujourd'hui, on dit que c'est compliqué aujourd'hui, la flexibilité, blablabla. Mais enfin, le corps humain, il n'a pas changé en 150 ans. Il a toujours son rythme. Et son rythme est journalier. Il est préannualisé, son rythme. Et donc, les combats, à un moment donné, de ceux qui nous ont précédés, quand ils défendaient les 3,8, et nous, quand on défendait la semaine de 35 heures, ils sont d'actualité. Ça découle du diagnostic que je viens faire. C'est pour ça qu'il faut défendre les 32 heures en les chiffrant.
Et à ceux qui nous interpellent, il faut dire, demain, 28 heures, et un jour, ce sera 24 heures. Rappelez-vous la Farbe, Jean de Marques, qui dit, si toute l'humanité travaillait 3 heures par jour, il y aurait abondance sur la planète et nous pourrions aller au théâtre tous les soirs. Et donc, ça, c'est l'endroit à la paresse. L'idée générale de l'émancipation du salariat, c'est d'arriver à diminuer le temps de travail en faisant que tout le monde ait un emploi. Et c'est parfaitement réaliste, ce n'est pas une chose. Qu'est-ce que c'est qu'une société qui prétend qu'elle fait de l'économie, qu'elle développe, alors qu'elle a 7 millions de chômeurs ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
Comment ça peut fonctionner ? Comment peuvent-ils oser dire qu'ils ont un bilan, je ne sais pas, ils ne se sont pas dire positif, mais de mieux en mieux ? Évidemment que ça s'oppose. Et donc, la défense du salariat, la diminution du temps de travail est l'unique réponse. L'unique réponse, aujourd'hui, sur la question de l'emploi et sur la question du partage du travail, la question des droits, de la dignité, de la protection contre le licenciement, de la reconstitution dans un code du travail, de faire abolir ce qu'a fait El Khomri et ce qu'a fait Pénicaud et de reconstruire valoreusement tous ensemble. Le droit du travail, c'est un droit intime, collectif. Il est le plus essentiel.
Il indique le degré de civilisation dans lequel on est. Et le degré de civilisation dans lequel on tend, c'est de n'avoir plus de chômeurs et d'avoir les 32 heures et un fort code du travail. Merci.
Bonjour à toutes et tous. Je suis particulièrement ravie de vous retrouver à ce retour de la trêve estivale sur un sujet majeur, absolument majeur et qui, j'espère, sera très présent dans cette année qui s'engage fortement politiquement parce qu'il faut que nous parlions de ce qui nous concerne toutes et tous parce que le diagnostic, si on le commence, on se dit qu'au fond, on est dans une société où il y a deux facettes d'une même logique économique qui désintègre totalement le monde du travail.
C'est à la fois la paupérisation des travailleurs, tu parlais du gel des salaires qui a à voir avec, et de l'intensification du travail, donc de ceux qui sont dans l'emploi, et le chômage de masse et la précarité de l'autre. Et pour moi, ça, ce sont deux facettes d'une même logique économique et une logique économique qu'on voit s'accroître aussi par un fait qui n'a pas été pour l'instant encore soulevé, même si je sais à quel point nous le partageons, nous le voyons et nous le dénonçons ensemble, c'est la part des salaires dans la valeur ajoutée qui se situe aujourd'hui à un niveau historiquement très, très bas. Très, très bas.
Et le montant des dividendes versés depuis 1993 a quasiment été multiplié par 5. Il n'a qu'intuplé pour se rendre compte de ce qu'on fait de la valeur ajoutée. C'est-à-dire que la logique capitaliste, c'est faire plus avec moins de personnel pour baisser encore la part des salaires et pour rémunérer toujours plus le capital et pour verser toujours plus de dividendes. Et c'est cette logique-là qui a transformé le travail en emploi marchandise et qui a dilapidé les savoir-faire professionnels et qui a prolétarisé les travailleurs.
Et quand je dis prolétariser les travailleurs, je veux également parler des cadres parce qu'aujourd'hui, la situation dans l'emploi est une situation où on va gagner sa vie, mais où le sens au travail est également posé. Donc la nature de l'emploi me paraît tout aussi importante que de savoir si l'emploi permet de gagner sa vie. Et c'est de cela dont nous avons à parler, à mon avis, dans ce débat que nous avons aujourd'hui. Parce que la société qui produit cette situation d'inégalité, cette situation de mal-être, est celle qui se pose les mauvaises questions.
Et c'est ça que j'ai envie de vous dire aujourd'hui, c'est qu'au lieu de se demander, et c'est ce que nous, nous demandons, comment faire pour que les gains de productivité, les économies de temps de travail puissent profiter à tout le monde. Il y a eu des gains de productivité absolument extraordinaires. Nous sommes capables de produire des choses en un temps qui n'a plus rien à voir avec ce qu'on faisait avant. Qu'est-ce qu'on fait de ces gains de productivité ?
Bon.
Deuxième question, par exemple, comment redistribuer au mieux tout le travail qui est socialement utile pour que tout le monde puisse travailler, mais travailler moins et travailler mieux tout en recevant sa part de richesse produite ? Ça, à mon sens, ce sont les bonnes questions qu'on devrait se poser devant la situation qui est la nôtre. Et à la place de cela, puisqu'on parle de diagnostic, les questions de la pensée dominante et qui animent le débat public, les termes du débat, si j'ose dire, sont tout à fait différents. La question, c'est comment faire pour que, malgré les gains de productivité, l'économie consomme autant de travail que par le passé ? C'est ça, la question.
Comment faire pour que de nouvelles activités rémunérées, on imagine de nouveaux emplois, de nouveaux marchés, viennent occuper du temps, ce temps qui, à l'échelle de la société, qui a été libéré par les gains de productivité ? Vous m'avez compris, c'est-à-dire qu'on voit bien qu'on a une logique qui est une logique qui ne cherche pas à améliorer les vies et à optimiser ce temps et à faire que tout le monde puisse gagner sa vie, mais qui cherche sans arrêt à courir après la croissance qui, d'ailleurs, ne génère pas d'emploi. C'est quand même important de le dire immédiatement.
Le lien entre croissance et emploi, j'imagine que tu en reparleras tout à l'heure, est un lien qui n'a jamais été prouvé. Et le chiffre que tu disais, Adrien, tout à l'heure est parfaitement juste. C'est-à-dire que, dans les périodes... Il n'y a pas de corrélation qu'on peut aujourd'hui faire. Ça dépend ce qu'on fait de cette croissance. Ça dépend d'ailleurs de la nature de la croissance, mais ça, ça pose des questions de sens. Autre question qu'on nous rabâche, c'est de savoir à quel nouveau domaine on peut étendre les échanges marchands. Voilà, c'est ça. Pour remplacer les emplois qui sont supprimés dans l'industrie.
Donc, par exemple, le marché des services où on va chercher toujours plus. Comment vous pourriez ne pas faire vous-même les choses, mais pouvoir les faire faire par d'autres ? Et comme je disais tout à l'heure, ces gens qui peuvent être en burn-out à cause du travail, qui ont certes des rémunérations plus fortes, mais ne sont plus en situation, en regard de la pression sur le temps, de faire toute une série de tâches qu'ils pourraient faire s'ils avaient davantage de temps en dehors de leur travail. Eh bien, on les fait faire à de nouvelles catégories en ouvrant des services, mais on pourrait s'interroger sur ces nouveaux services. Sont-ils absolument tous utiles ?
Créer des crèches et de l'aide pour le quatrième âge, ça, on voit à peu près ce que c'est. Mais, par exemple, tous les travaux très individualisés, les services à la personne de type femme de ménage, etc., on peut s'interroger sur l'utilité du développement de ce type de service pour des petites choses aussi, parfois. Des tonnes de choses que l'on ne fait plus parce qu'on n'en a plus le temps, et quand je dis « on », c'est une certaine catégorie de la population, pendant que d'autres crèvent la dalle, ont des salaires de misère et sont soumis, justement, à ces tâches qui sont des tâches extrêmement précaires et pas toujours les plus passionnantes.
Alors, dans cette situation-là, moi, je crois que nous avons besoin précisément de redire quels sont les objectifs. Et les objectifs, c'est sortir les gens de la précarité, c'est sécuriser leurs revenus et c'est transformer le temps en liberté par une culture du temps disponible, une culture du temps choisi. Et c'est là où il y a un enjeu, à mon avis, d'hégémonie culturelle que nous avons à travailler parce que si on reste dans les clous de la pensée dominante, on est comme la souris dans la rue. C'est-à-dire, il faut de la croissance et quand on aura de la croissance, on aura libéré des emplois.
Et comme le serine et le met en oeuvre le gouvernement, c'est comme ça qu'on arrive à des logiques de défiscalisation soit du travail à domicile pour permettre justement à ceux qui travaillent trop de pouvoir plus facilement faire appel à tous ces services à la personne, soit des grandes entreprises qui font des profits et on espère qu'en leur donnant encore un peu d'argent, ils vont pouvoir créer des emplois. Or, c'est exactement l'inverse qui se produit. Tout cela n'est pas vertueux sur le plan environnemental et tout cela n'est pas vertueux sur le plan social.
Et à mon sens, et j'insiste là-dessus, c'est qu'il faut entrer en se posant les bonnes questions et en sachant quel est l'objectif de l'économie. Et si on change l'objectif de l'économie, alors on trouve les solutions.
Donc, on le voit, comme vous nous l'avez expliqué à l'instant, nous faisons face à une société qui est éminemment fragmentée. On a d'un côté des gens qui travaillent trop, qui ont un emploi en moyenne de 39 heures pour les gens qui sont à temps plein. Donc des gens qui travaillent trop avec le risque du mal-être et du surinvestissement dans l'emploi. On a des gens qui ne travaillent pas du tout. Plusieurs millions d'individus au chômage qui souhaiteraient exercer un emploi. Et on a entre les deux des personnes qui sont balottées entre des emplois précaires qui ne sont déjà plus chômeurs mais pas encore employées.
Donc, face à ce diagnostic que vous avez pu dresser tous les quatre, quelles sont les solutions dont on peut discuter ici sur cette table ronde qu'on peut mettre en discussion plus globalement avec la salle ? Je propose de refaire une seconde fois ce tour dont vous connaissez maintenant l'ordre. Adrien, si tu veux démarrer. Bon, d'abord, évidemment, ce diagnostic qu'on a largement partagé tous les quatre, il est en effet, comme vient de le dire Clémentine, le fruit d'une prédation et c'est bien à elle qu'il faut mettre fin pour pouvoir accepter de trouver des solutions.
Alors, la première chose, on a assez largement convergé vers l'idée et c'est normal que le principal problème que l'on avait en France c'était celui de la création d'emplois pérennes et après, il y a la question de comment on crée de l'emploi. Moi, je voudrais juste commencer par dire une chose, c'est que bien sûr, il faut créer de l'emploi, j'y viens de suite, mais d'abord, il faudrait se poser la question de savoir comment on protège les emplois existants parce que tout de même, on le voit dans la période Covid, c'est plus de 1 000 plans sociaux qui ont été lancés en l'espace d'une année. On a vu avant l'été des fonderies qui ont fermé notre industrie qui est dilapidée.
Or, on sait très bien que, par exemple, pour le cas des fonderies, Renault, PSA vont continuer à avoir besoin d'aluminium et avoir besoin de ces fonderies. Protéger nos emplois, c'est quoi ? Ça passe notamment par tout ce que nous avons appelé le protectionnisme solidaire. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on en revient bien là, systématiquement, les amis, c'est bien la question européenne, c'est qu'on a sous les yeux un marché unique qui n'est pas harmonieux socialement, fiscalement.
Donc, en quelque sorte, les traités européens qui interdisent, parce que c'est écrit noir sur blanc dans les traités, l'harmonisation sociale et fiscale procèdent d'une forme d'injonction aux toujours-moindisants sociales. C'est-à-dire qu'en gros, c'est assez simple.
Pour un pays qui a des normes sociales avancées comme la France, le chantage se fait systématiquement entre, écoutez, c'est très simple, soit, oui, on a besoin encore de fonderies, mais soit vous baissez les salaires, soit vous revoyez à la baisse les conditions de travail, sinon on s'en va faire la même chose à côté dans un pays où la main-d'oeuvre est moins chère, où les conditions de travail sont plus souples, plus flexibles, comme le dirait Emmanuel Macron. Vous comprenez bien que dans ce cas-là, ce qui se passe, c'est qu'il y a une harmonisation, en effet, qui existe. Mais c'est une harmonisation qui se fait par le bas.
Et c'est ainsi qu'ils ont construit méthodiquement les traités de l'Union européenne, pour faire en sorte que cette injonction se fasse en permanence et que petit à petit, on ait systématiquement notre industrie qui soit dilapidée. Alors à chaque fois, on envoie les ministres devant les grilles de l'entreprise, les bras ballants, pour dire on va parler fort, on va demander des contreparties à l'employeur, on est désolé pour les familles, circuler, il n'y a plus rien à voir, fermer le banc. Et petit à petit, c'est toute la France qui est désindustrialisée.
Donc d'abord, premier axe, concrètement, créer les conditions de pouvoir protéger nos emplois, protéger notre industrie, relocaliser un certain nombre de productions. Maintenant, je viens plus précisément sur la question de la création, la création de l'emploi. D'abord, il y a une chose fondamentale à la France Insoumise, une spécificité, peut-être parfois dans le débat à gauche, c'est que nous ne croyons pas du tout à l'idée selon laquelle le travail va inéluctablement manquer.
Vous savez que lors de la précédente élection présidentielle, il y avait notamment un candidat qui justifiait certaines de ses propositions par le fait que, selon lui, la technologie, le progrès, allaient mécaniquement faire en sorte que le travail humain les disparaître. Nous ne sommes pas d'accord pour essentiellement deux raisons. D'abord, ça a été dit, j'y reviens, c'est la question du temps de travail. Le nombre de chômeurs augmente plus vite que le nombre d'emplois créés, d'abord pour la raison que le temps de travail est bloqué depuis un certain nombre d'années, depuis la dernière fois qu'on a diminué le temps de travail d'un point de vue légal dans le pays.
Ensuite, considérer que le travail va manquer, c'est laisser la main exclusivement au marché et, je le disais tout à l'heure, à l'utilisation qu'il fait du chômage pour régler la question de l'emploi. Mais nous, nous voyons une chose, c'est qu'il y a des tas de tâches à accomplir que le marché ne prend pas en charge.
Et c'est là qu'on vient à des solutions de mise finalement en rencontre, en adéquation entre les femmes et les hommes qui sont disponibles pour travailler, d'une part, et qui le souhaitent, et de l'autre, des tâches que l'on doit accomplir pour l'intérêt général, pour l'écologie, pour la société, pour le social, pour l'aide à la personne, et que le marché de l'emploi, comme on l'appelle, ne prend pas en charge. Tout remettre au marché de l'emploi n'est pas la bonne solution. Donc, moi, je vois trois pistes qui sont finalement les trois grands axes du programme L'Avenir en Commun sur la question de la création d'emplois.
Vous les retrouvez bien sûr dans la revue numéro 3 de L'Avenir en Commun. Je profite pour faire la page de pub, mais ici, je pense que vous êtes bien équipés. Premier axe, évidemment, la mer des batailles, ça a été dit par Gérard et d'autres, c'est la question du temps de travail. Gérard vous a parlé des 3-8. Le fameux triangle rouge qu'on est nombreux à porter dans ses rangs, c'était ça au départ, c'était le 1er 1er mai et ça voulait dire justement 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de sommeil avant que les nazis ne l'utilisent pour marquer les prisonniers politiques, notamment les communistes dans les camps et que donc le porter soit un signe de résistance au fascisme.
Mais à la base, ce triangle rouge, c'était bien cette revendication des 3-8 que tu as décrites. Oui, en effet, la productivité a augmenté. On produit davantage de richesses aujourd'hui avec moins de travail humain que par le passé. Par conséquent, il y a deux solutions. Soit en effet, les salariés voient le fruit de cette hausse de productivité par l'augmentation de leur salaire, soit si les salaires n'augmentent pas, s'il nous faut moins de femmes et d'hommes pour produire la même richesse, alors on pourrait aller vers en effet une diminution du temps de travail et la reconquête d'un temps libre.
Or, on voit bien que depuis des années, les salaires n'augmentent pas, ils stagnent, il y a une pression à la baisse sur les salaires et d'autre part, les salariés ne voient pas le temps de travail diminuer. Au contraire, régulièrement, il y a des assos de remise en cause du temps de travail, par exemple, avec les réformes des retraites qui veulent qu'on travaille plus longtemps dans la vie, avec la remise en cause du temps de travail hebdomadaire, etc. A qui profite le crime ? Tout le monde a compris.
C'est que si ce n'est pas les travailleurs qui voient le retour de ce gain de productivité et de la richesse produite, c'est ce que disait très justement Clémentine, c'est la prédation du capital sur le travail, comme on le voit actuellement avec le CAC 40 qui se prépare en 2021 verser 51 milliards de dividendes, c'est-à-dire 140% de ces bénéfices en dividendes. Ces gens-là n'investissent pas pour l'avenir, n'investissent pas dans les productions dont nous aurons besoin pour demain, simplement ils pompent sur la richesse produite. Donc oui, la revendication de la baisse du temps de travail est la bonne et la principale pour nous.
Et si on reprend en main cette bataille, alors on peut déjà commencer à reculer sur l'idée de se dire que le travail va inéluctablement manquer. Donc dans le programme que nous proposons pour 2022, il y a trois grands axes de partage du temps de travail. Le premier, c'est dans la semaine. Nous souhaitons voir appliquer concrètement les 35 heures. La dernière fois qu'on a créé autant d'emplois nets, n'en déplaise à certains de ces détraqueurs, c'était bien quand on est passé aux 35 heures. Donc les appliquer concrètement, parce que tu l'as dit, Adrien, aujourd'hui, le temps de travail moyen hebdomadaire est bien au-delà des 35 heures, vers 39 heures.
Appliquer les 35 heures et nous sommes pour aller vers la semaine de travail à 32 heures. Et puisque c'est quand même le fil rouge de nos amphis, dans le sondage à risque qui a été publié hier sur les mesures les plus structurantes de l'avenir en commun, on note que, eh bien, ce sont 69% des Français qui se prononcent en faveur de la semaine de travail de 32 heures. Ensuite, il y a la question des congés payés. Et là, c'est la même logique. Quand les salariés ont conquis par la lutte les congés payés, au début, en 36, c'était deux semaines. Et à mesure que la productivité a augmenté et qu'il y a eu des luttes sociales, ils ont gagné des semaines de congés supplémentaires.
Songez-y un instant. Depuis combien d'années, malgré toute la hausse de la productivité, les salariés de ce pays n'ont pas eu une semaine de congés supplémentaires. Pourtant, les gains de productivité, la hausse de richesse produite a continué à augmenter. Donc, ce que vous n'avez pas eu, d'autres que vous l'ont ramassé avec les dividendes, avec le capital et tout le reste. Nous proposons donc dans le programme, et nous savons que c'est plus que finançable compte tenu de tous ces gains, d'instaurer une sixième semaine de congés payés et ça fait longtemps qu'on n'a pas eu de semaines de congés supplémentaires.
Et enfin, c'est bien évidemment le temps de travail dans la vie par la réaffirmation de la nécessité de faire revenir la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités. Voilà les principaux axes s'agissant du temps de travail. Ensuite, le deuxième grand pilier, c'est bien évidemment celui qui consiste à dire le travail va d'autant moins manquer que nous avons des défis considérables à accomplir qui vont nécessiter beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail humain, de mobilisation.
La question climatique, qu'on en parlait hier, évidemment, le changement climatique, affronter concrètement ce changement par la planification écologique de la bifurcation de notre économie, se préparer, préparer le pays à affronter les conséquences irréversibles du changement climatique, c'est beaucoup de travail humain, c'est beaucoup de nouveaux métiers. Qui dit nouveaux métiers dit nouvelle formation, qui dit nouvelle formation dit nouvelles écoles à ouvrir, qui dit nouvelles écoles à ouvrir, nouveaux enseignants, donc autant de nouveaux emplois. Je n'ai pas le chiffrage actualisé, mais je me souviens qu'en 2017, on l'avait déjà fait. Je vous donne quelques exemples.
Par exemple, le plan de 100% d'énergie renouvelable, dont 74% des Français sont favorables dans le sondage Harris Interactive, c'est 400 000 emplois à créer, rien que sur ce plan, les énergies renouvelables. L'agriculture paysanne relocalisée, 400 000 emplois à créer également. Le plan économie de la mer, qui vise à faire en sorte qu'on utilise l'énergie de la mer, des océans, pour le 100% renouvelable, l'économie de la mer, c'est 200 000 emplois nets à créer. Enfin, juste un autre exemple, les transports.
On estime que le programme de la France insoumise pour les transports, c'est 100 000 emplois nets créés, qui viennent donc tout cela s'ajouter à ceux que l'on gagnerait avec la diminution du temps de travail. Enfin, j'achève sur ce que moi, je préfère dans le programme, sur l'emploi, c'est le mécanisme dit de garantie d'emploi, qui vient compléter comme troisième pilier la solution du partage de temps de travail et de la planification écologique. La garantie d'emploi, je demande à ce que tout le monde apprécie le potentiel hautement révolutionnaire de cette proposition, qui à la base n'est pas très originale.
C'est l'économiste Keynes qui, un des premiers, disait, en effet, il y a des femmes et des hommes disponibles pour accomplir des tâches qui veulent travailler, il y a des tâches qui ne sont pas accomplies, alors, pour les problèmes du chômage, il suffit de mettre en corrélation les tâches à accomplir avec les femmes et les hommes qui souhaitent accomplir des tâches.
Eh bien, c'est la philosophie profonde du mécanisme de garantie d'emploi qui viserait à faire en sorte que si le marché ne vous permet pas de trouver un emploi, alors, nous proposons que tout chômeur de longue durée volontaire, j'insiste sur la notion de volontariat, elle est importante, pourrait se voir proposer en dernier ressort un emploi qui correspondrait à ses qualifications et à des tâches à accomplir sur le bassin d'emploi qui correspondent à des objectifs politiques que nous serions fixés. Ça veut dire qu'il y a aussi un débat démocratique à avoir sur quelles sont les tâches à accomplir, quels sont les objectifs visés.
Et vous comprenez qu'alors, si on a la diminution du temps de travail, la planification écologique et la garantie d'emploi, alors, et seulement à ce moment-là, un chômeur, dès lors qu'il se trouvera sur le trottoir d'en face de son agence de pôle emploi, pourra dire, comme Emmanuel Macron, « Je traverse la rue et je trouve un emploi ».
Très bien. Alors, exposer excessivement complet et effectivement... Pardon, je vais enlever mon masque, ce sera mieux. Donc, exposer effectivement complet et je vais pas... Je vais rajouter et peut-être distinguer certains points. Je vais rentrer directement sur le débat de la réduction du temps de travail puisqu'on en a parlé ici. Alors, évidemment, donc, l'Institut Rousseau porte la même position et nous sommes évidemment d'accord pour porter la semaine à 32 heures comme reprendre la marge de l'histoire comme ça a été évidemment dit et garantir dans une visée de bien-être social, de revalorisation du temps libre et de partage de l'activité et des gains cet accord-là.
Par contre, effectivement, on pense que c'est pas la seule mesure à mettre en oeuvre qu'elle ait pas de nature à créer d'elle-même ces emplois-là et c'est pour ça qu'on propose la garantie emploi vert pour la compléter et c'est vraiment dans une logique complémentaire d'avoir une visée sur l'économie de demain qui s'inscrit dans la planification. Alors, Adrien, vous avez cité un certain nombre de secteurs effectivement largement pourvoyeurs en emploi. Je rajouterai également des secteurs, moi, qui me tiennent particulièrement à cœur sur aussi la réparabilité, l'économie circulaire et toutes ces industries qui sont de toute façon locales dans la façon dont elles doivent être mises en oeuvre.
Ça ne peut pas en être autrement. se rapprocher des besoins des bassins de vie, se rapprocher des spécificités territoriales et c'est tous ces besoins nouvellement identifiés. Donc, l'État employeur en dernier ressort, c'est à lui effectivement de les identifier et d'aider au développement de ces filières-là.
La garantie emploi, elle est révolutionnaire dans le sens où effectivement, elle vient apporter des emplois, des besoins identifiés de la société, mais elle a aussi un effet d'entraînement évident par la formation, ça a été dit, par la structuration et l'aide à la structuration de filières qui aujourd'hui en sont peut-être à un stade balbutiant, qui ont aussi besoin de ce coup de main-là par une réorientation de la population active, par une main-d'oeuvre pour se développer et pour grignoter sur ce qui ne va pas dans l'économie existante.
Et c'est vraiment cette vision-là qu'on voudrait prôner, c'est-à-dire aller dépasser les aides, ce que Clémentine, vous décriviez comme le cercle infernal dont on ne sort pas de rémunération d'entreprise en espérant que ça ait des retombées, etc. C'est d'aller bien plus loin dans la création elle-même des postes. C'est pareil, quand je parle de formation, ce n'est pas ouvrir des formations pour mettre des chômeurs et faire baisser les chiffres du chômage de manière artificielle, c'est ouvrir des places, identifier les besoins et développer les formations en conséquence.
Donc c'est changer cette logique et arriver à ce développement-là puisque la reconstruction écologique, la planification écologique, elle ne se fera pas sans vision des secteurs qu'on veut développer de là où on va. Et c'est très précis, c'est chiffrable et ça demande une prise en main qui est, je vais même dire, urgente réellement. Donc ça, c'était ce que je voulais rajouter sur... C'est évidemment compatible avec la réduction du temps de travail, mais ça demande une vision un peu plus... un peu portée aussi sur nous, où on voudrait amener ce temps-là qu'on réattribue. Donc voilà. Je vais vous... Qu'est-ce que je voulais rajouter d'autre ? C'est...
Bon, je vais laisser peut-être d'autres points. Ah oui, sur le... Non, je voulais parler du chiffrage, effectivement. Donc nous, la proposition qu'on développe, elle est très, très proche de ce que vient de décrire Adrien, ce qui est proposé dans l'Avenir en Commun. Mais on assume aussi un passage phasé, donc par étape. Donc effectivement, ça a été dit au début, on propose un million d'emplois de manière très directe sur à la fois les dispositifs existants et on s'appuie spécifiquement sur trois dispositifs. Donc territoire zéro chômeur de longue durée pour 65% des emplois qu'on estime pouvoir créer. Donc son extension.
Peut-être que vous connaissez, territoire zéro chômeur de longue durée, c'est une expérimentation qui a commencé en 2011 sur plusieurs territoires qui est aujourd'hui développée mais à une échelle relativement réduite qu'on voudrait étendre et à laquelle on voudrait ajouter ce fléchage justement sur les nouveaux secteurs qu'on identifie. Donc ça, ce serait pour 650 000 emplois. On vise aussi spécifiquement les emplois du service public, évidemment, les collectivités locales qui ont un gros rôle à jouer dans la protection de la biodiversité, protection des espaces naturels et qui ont aussi une stratégie de décarbonation à suivre depuis peu.
Je vais donner un exemple tout bête, un petit peu personnel. Je viens du Var qui est en train de brûler en ce moment et il faut savoir que l'ONF, par exemple, du Var, compte sur des services civiques depuis deux ans pour faire de la surveillance anti-incendie puisqu'il n'y a plus les personnes suffisantes ou le nombre d'emplois suffisant pour faire de la surveillance. C'est typiquement ces besoins-là qui sont très, très concrets, qui sont immédiats et auxquels on peut pallier.
Et puis enfin, une part dont 15% des emplois qu'on estime, c'est dans le secteur de l'économie sociale et solidaire en accord avec certaines entreprises qui se développent aujourd'hui et qui ont besoin de ce coup de main dont je parlais pour structurer les branches dans lesquelles elles se situent. Et donc, c'est en échange de certaines conditions et pour éviter aussi des effets d'aubaine qu'on a pu voir avec ce type de financement qu'on propose cet emploi, enfin, ce dispositif.
Tout cela, on l'estime en fourchette haute par rapport aux chiffres qui ont été fournis par l'expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée qui dure depuis maintenant 10 ans et qui estime ces coûts-là à 20 000 euros par chômeur réemployé par an, ce qui est en fait beaucoup moins que ce que nous coûtent les politiques de lutte contre le chômage actuel et les coûts du chômage dont je parlais dans le diagnostic. Et donc, c'est totalement faisable, c'est une réorientation budgétaire à court terme.
Ça ne veut pas dire qu'à long terme, on ne peut pas envisager des solutions encore plus ambitieuses qui respectent réellement, par exemple, le préambule de la Constitution de 46 sur le droit à l'emploi. Mais c'est une première étape, un premier jalon avant d'attendre vraiment ce qu'on veut développer. Donc c'était le cœur de notre proposition et je reviendrai avec plaisir dans la partie débat s'il y a des points à éclaircir. Travailler mieux, moins, tous et gagner plus. C'est le programme de la gauche démocratique et sociale, on doit pouvoir en discuter. Travailler mieux, ça veut dire des CDI, pas des CDD, pas des précaires, pas des intérimaires.
En France actuellement, 85% des contrats sont des CDI. C'est énorme. Même entre 29 et 54 ans, il y a 95% des contrats qui sont des CDI. Pour raisons simples, même les entreprises qui font le plus de propagande pour la flexibilité, la souplesse, etc., elles ont besoin de salariés fiables, stables. Les salariés qui produisent le mieux, c'est ceux qui sont les mieux formés, les mieux traités et les mieux payés. Et s'ils ne trouvent pas dans aujourd'hui, ils font semblant de ne pas trouver du travail, ils n'ont qu'à bien les payer. Ils trouveront tous les salariés qu'il faut.
Et mieux, ça veut dire pas de travailleurs détachés qu'on sous-paye ici et qu'on fait venir de tous les pays européens avec une différence avec le salarié français, c'est qu'ils ne touchent pas le salaire brut de la même façon et que donc, ils ont en fait un salaire bas et que c'est une aubaine pour les patrons. Pas de salariés détachés de travailleurs. C'est une suppression immédiate, unilatérale sur ce point-là. Travailler mieux, ça veut dire fixer un quota dans les entreprises au maximum 5% de précaires. Alors, disons-le en positif, pas plus de 5% de non-CDI.
Même Mme Merkel, avec le SPD allemand, a fini par adopter dans la loi qu'il n'y ait pas plus de 2,5% de précaires par entreprise de plus de 300 salariés. On doit pouvoir l'imposer ici, si Mme Merkel le fait là-bas. la troisième chose, c'est réguler la sous-traitance. On a 1 000 entreprises de plus de 1 000 qui font 50% du produit intérieur brut. Vous vous rendez compte de l'importance ? En bas, vous avez 1 million d'entreprises de moins de 10 qui font presque toutes sous-traitantes des 200 000 ETI, PMI, PME, dont la moitié dépendent totalement de leur sort des 1 000 du haut. C'est très hiérarchisé la pyramide des entreprises en France.
Si vous régulez la sous-traitance, vous régulez considérablement les moyens des donneurs d'ordre de faire baisser les prix, d'utiliser des précaires, de tricher partout. Et donc, la meilleure façon, c'est un seul niveau de sous-traitance. Responsabilité juridique, financière, économique et pénale des donneurs d'ordre par rapport à tous ceux qui sont sous leurs ordres. L'alignement de la convention collective des sous-traitants sur la convention collective du donneur d'ordre pendant la mission exercée.
Et la reconnaissance des unités économiques et sociales de façon à ce que tous les droits des salariés s'exercent et ne soient pas contournés parce qu'ils ont 1 000 entreprises et il n'y a que 5 salariés dans chaque, donc ils n'ont pas besoin de comité d'entreprise, bien qu'ils en aient 5 000 en fait. Donc, il y a un système de lutte contre la sous-traitance qui permet de travailler mieux. Travailler moins, on est tous d'accord. On chiffre, 32 heures. Parce que si on ne dit pas de chiffres, les gens n'y croient pas. Il faut avoir un objectif. Il faut le dater, et c'est tout de suite. Et il faut montrer aux gens la direction. Pourquoi on parle de 28 heures ? Parce que ça viendra.
Parce que c'est dans ce sens-là que se fera. Parce que, après tout, le baratin principal qu'on nous sert, c'est que les plateformes vont nous supprimer le travail. C'est vieux comme la lune, ça. Parce qu'ils nous ont déjà dit ça pour la vapeur, pour l'électricité, pour l'automatisation, pour l'informatisation. À chaque fois, ça devait supprimer des métiers. Mais en fait, ça en crée d'autres. Ça fait un autre système d'organisation sociale autour. Et donc, en fait, il n'y a aucune fatalité à croire que le développement technologique supprime des emplois. Au concret, il en crée, et c'est de cette façon-là qu'on peut avancer en partageant le travail.
Et le partage du travail, c'est le partage des richesses. C'est le partage des richesses. Et donc, c'est là qu'on peut dire qu'on travaille tous en gagnant plus. Parce que le salaire bloqué depuis 30 ans, avec les marges qu'ils font, on a tellement de chiffres à citer que ça se bouscule dans nos têtes.
Enfin, les milliardaires qui ont gagné 439% de plus pendant la pandémie, le CAC 40 qui a fait son meilleur mois en novembre 2020 depuis 30 ans, l'ensemble des entreprises du CAC 40 qui ont fait leur meilleur semestre depuis 20 ans, le développement des milliardaires en France, et la France est très compétitive avec Macron du point de vue du développement des milliardaires et des chômeurs en même temps. Parce que l'un et l'autre vont de pair. On ne peut pas être milliardaire et honnête. Parce qu'il faut mettre en cause le patronat. On nous dit dans la télé les patrons vous donnent du travail. Un patron ne donne jamais rien. A personne.
Vous lui vendez la force de travail, la vôtre, il l'achète, il fait une marge dessus et la logique du système veut que la marge soit le plus maximum possible. C'est vous qui payez votre patron et pas l'inverse. Une fois qu'on a compris ça, on peut discuter le salaire dans les meilleures conditions de travail avec un partage du travail équivalent à un partage des richesses. Là, à partir de ce moment-là, vous pouvez dire on augmente le salaire. Il ne faut pas avoir peur de dire on les augmente massivement. Leur démagogie ne vaut rien. Aujourd'hui, les dividendes, nous le savons, dépassent absolument tout.
La concentration de la finance, c'est 147 groupes au niveau international qui détiennent à peu près le sort de toutes les multinationales qui elles-mêmes détiennent le sort de chaque pays. Et donc, si vous voulez vous battre, commencez par augmenter en bas le salaire pour leur reprendre ce qu'il y a, ce qu'ils nous prennent sur notre travail. Et je ne sais pas la meilleure façon de nous battre contre le capital que d'augmenter les salaires. C'est un mot d'ordre. Il nous le noie, ce mot d'ordre. Pouvoir d'achat, le taxe, etc. Augmenter le salaire net et brut. Pas de prime, pas d'aumône. Ne nous détournez pas. Le salaire, c'est celui de notre travail. On le mérite.
Et donc, c'est ça qui doit augmenter dans la dispute entre nous et le capital. Et face au patronat qui, lui, veut toujours éviter de payer le salaire et qu'on tourne de toutes les façons les obligations pour le faire, comme je l'ai dit précédemment, par la précarité, par les travailleurs détachés, par la sous-traitance et par tout ça. Et donc, on doit pouvoir arriver à ce qu'il y ait l'augmentation des salaires au cœur de notre programme. Que ce soit la première chose, on arrive au pouvoir, le SMIC passe à 1800 euros. On arrive au pouvoir, les salaires augmentent.
Et il n'y a pas que le SMIC parce qu'on peut arriver à ce que les salaires qui sont déterminés par les conventions collectives dans lesquelles il y a des niveaux, des coefficients et des échelons et qui, de cette façon-là, répercutent la hausse du SMIC avec des négociations annuelles obligatoires qu'on peut parfaitement réimposer et contrôler parce qu'on peut parfaitement contrôler l'extension des conventions collectives et donc ce qu'il y a dedans. Et donc, il est possible de bousculer la hausse des salaires d'un seul coup.
Et là, vous avez tous, on a tout le soutien de tout le salariat, tout le salariat pour faire la République sociale, pour faire la 6ème République, pour l'affaire parlementaire, pour l'affaire féministe, pour l'affaire écologique, pour l'affaire pacifique, pour l'affaire internationaliste et pour faire que ça soit celle des humains et non plus celle de la finance. Et dans ce pas, puisque, et dans ce pas, je termine la suite puisque dans ces échanges, à un moment donné, tu voulais qu'on parle de la sécurité sociale. C'est lié au salaire. La question de la santé, aujourd'hui, on le sait tous, il faut dépenser plus, on ne sait pas si on n'est pas dans l'ère des pandémies.
Mais peu importe, parce qu'on doit prévenir. Il faut avoir peur de la maladie, il ne faut pas la sous-estimer. C'est comme dans un chantier, vous obligez les gens à porter un casque et des chaussures de sécurité, même si le danger n'est pas immédiat, parce qu'ils vont se cogner la tête ou parce qu'ils vont se déplacer et ils vont recevoir quelque chose. Quand on a des dangers, il faut les grossir, pas les diminuer. Et il faut exiger la prévention et la mise en oeuvre de ce qu'il faut comme moyen.
Et ça, c'est là que les dizaines de milliards pour la recherche ont manqué, les dizaines de milliards pour les hôpitaux ont manqué, et c'est ceux de notre sécurité sociale dont les cotisations sont bloquées depuis plus de 30 ans. Et je suis contre les complémentaires, je suis contre les mutuelles supplémentaires. Il y a 400 mutuelles en France qui se concourent en mettant des affiches à la télévision qui nous coûtent des millions et qui donnent un panier de soins particulièrement restreint, alors que la cotisation augmente. Une seule sécurité sociale, une seule cotisation pour tout le monde, avec la réélection la réélection aux caisses de sécurité sociale.
Parce qu'il faut une sécurité sociale démocratisée, où les syndicats ont la possibilité à nouveau de présenter des candidats, de discuter des programmes. Et permettez-moi de dire que s'il y a une campagne électorale pour savoir quel doit être le problème, le programme dans les cinq prochaines années à venir à la sécurité sociale, ceux qui veulent plus cotiser, plus payer, vont en prendre plein la tête. Ce sera les syndicats qui la défendent le mieux qu'ils grègeront. Et ce sera une bonne échéance démocratique. Et je suis pour des élections à la sécurité sociale tous les cinq ans, un jour férié et que celles-ci soient aussi prises en main par ceux qui cotisent.
Ça leur a la majorité de notre classe sociale. 88% des actifs. Alors vous me direz les indépendants ? Les indépendants, ils sont 12%. Vous ne les négligez pas. Parce que c'est vers là qu'ils orientent ceux qui vident du salariat. Il y a 16,6% des indépendants qui sont pauvres, plus que dans le salariat. Et les indépendants en question, c'est une exclusion de la sécurité sociale. Il ne faut pas les laisser, il faut que la sécurité sociale soit universelle en plus d'être démocratique. Et en plus d'être renforcée.
Bon, on est super d'accord. On est super d'accord qu'on commence par augmenter les salaires et par taxer les profits. Déjà, on a... C'est simple en arrivant. Ça permet de... Justement, c'est réapproprier des gains de productivité. Et on enclenche le partage du temps de travail. Et j'ai envie de dire le partage du temps de la vie. Parce que c'est, à mon avis, ça engage un projet de société de façon beaucoup plus globale, ce qu'on a envie de faire. Ça touche à l'emploi, mais ça touche à l'ensemble de notre vie.
Et je voudrais rappeler ici, et peut-être que tout le monde l'a pas en tête, qu'il s'est passé quelque chose au XXe siècle de tout à fait fondamental et qui aurait dû impacter le temps de travail salarié, enfin salarié ou libérisé, mais enfin le temps de travail dans l'emploi, c'est l'arrivée des femmes sur le marché du travail. Parce que l'entrée massive des femmes sur ce marché du travail fait qu'il y a toute une série de tâches domestiques et parentales qui étaient faites autrefois bénévolement, gratuitement par les femmes. Et personne ne s'est demandé politiquement où étaient passées ces tâches.
C'est-à-dire que d'un seul coup les femmes investissent à temps plein dans les années 60 le marché du travail et ce qui équivaut à à peu près pour quand on a deux enfants, alors ce sont des statistiques qui sont discutables mais ça donne un ordre de grandeur, avec deux enfants on estime que les tâches domestiques et parentales s'élèvent sur une semaine à à peu près 39 heures. Donc moi je voudrais bien savoir quel est l'homme politique et là je ne peux pas le dire autrement qui à ce moment-là s'est interrogé une seconde de savoir qui allait faire ces tâches qui désormais ne pouvaient plus être faites par des femmes qui étaient à la maison à temps plein.
Donc nous devons prendre en considération cette affaire-là et pour moi la réduction du temps de travail est aussi liée au fait que hommes et femmes doivent pouvoir accomplir ces tâches domestiques et parentales et avoir le temps de le faire et que ce temps-là n'est pas pensé. Le temps du loisir également parce que le loisir c'est quasiment dans nos sociétés c'est quelque chose qui est mal vu. en permanence on nous demande d'être compétitifs d'être rentables d'être efficaces d'être... Non, et on n'a pas le temps de la rêverie le temps de...
Voilà, de choses qui ne sont pas forcément productives utiles immédiatement mais qui sont des temps qui donnent tout simplement du sens à la vie et du sel le sel de la vie et ça je trouve que politiquement on a aussi besoin de le porter.
oui, nous défendons une vie dans laquelle nous devons avoir le temps de prendre le plaisir de la vie oui, au plaisir de la vie et il faut du temps pour prendre du plaisir de la vie et si nous devons partager ce temps de travail c'est aussi parce que nous faisons face et c'est un élément de la société contemporaine à une accélération du temps il y a un intellectuel qui s'appelle Armut Rosa qui l'a particulièrement bien vu cette accélération du temps qui est liée aussi à l'essor des métropoles c'est-à-dire au rythme de la vie avec la voiture les hypermarchés tout ce monde merveilleux en fait vous perdez énormément de temps et donc il y a un problème dans cette gestion du temps donc en même temps qu'il va falloir changer la structure de la ville ralentir enfin bon je ne vous fais pas tout un programme là-dessus mais on a plein de choses à défendre en la matière il faut aussi que nous donnions du temps pour pouvoir justement respirer et arrêter cette course folle à l'accélération du temps qui fait qu'on ne respire plus qui est aussi le temps des réseaux sociaux qui est aussi vous voyez ce que je veux dire c'est-à-dire qu'on est en ce moment asphyxié on est fatigué on est fatigué et donc pour lutter contre cette fatigue il faut qu'on arrive à dégager du temps et avoir une politique par rapport au temps de la vie ça me paraît tout à fait fondamental alors on l'a dit réduction du temps de travail à la semaine mais également du temps véritable pour faire ses études je veux dire quiconque et on est nombreux dans cette salle avoir fait des études en travaillant moi j'ai fait toutes mes études 5 ans en travaillant à côté je suis désolée mais c'est infernal c'est pas vrai qu'on peut faire des études correctement quand on travaille à côté donc il faut que le temps de la vie des études et bien on ait un revenu un filet de sécurité qui permette de le faire dans de bonnes conditions il faut que tout au long de la vie il faut que tout au long de la vie on ait la possibilité de faire des allers-retours aussi des allers-retours pour pouvoir se former peut-être parfois aussi avoir une année sabbatique prendre le temps prendre aussi le temps quand on a un enfant d'avoir des congés congés de maternité mais congés de paternité moi je ne comprends toujours pas pourquoi il n'est pas aligné sur le congé de maternité parce que je vous assure qu'en termes d'égalité salariale si les hommes avaient le même temps de congés de maternité que les femmes peut-être qu'il y aurait un rapport au patron un peu différent donc moi je crois que ce temps-là ce temps-là il faut qu'il soit possible il faut du temps évidemment pour la retraite alors on a une table ronde sur la retraite cette idée que parce qu'on vit plus longtemps on travaille plus longtemps avec Adrien à l'Assemblée on l'a entendu on se l'est prie c'est insupportable comme une espèce de la passissette complètement absurde ben non parce qu'on vit plus longtemps on va avoir la chance de profiter de la vie plus longtemps et pour pouvoir bien en profiter il faut partir à temps c'est-à-dire en bonne santé au moment de la retraite et donc beaucoup plus tôt c'est pourquoi nous défendons de façon extrêmement forte la retraite à 60 ans pour toutes et tous alors je m'arrête sur le temps de travail et j'arrive sur la sécurisation des parcours parce que je crois que la sécurisation de l'emploi et des parcours professionnels est tout à fait fondamentale dans un monde où la précarité même si c'est pas ce que tu disais dominante encore c'est ça qui grignote et la dynamique elle est là elle est de ce côté-là donc nous notre tâche c'est d'avoir des filets de sécurité contre la précarité d'aborder aussi différemment les allers-retours entre la séquence dans l'emploi et la séquence hors emploi parce qu'aujourd'hui la culpabilisation des chômeurs est complètement incroyable c'est-à-dire quand vous êtes au chômage d'avoir c'est votre faute c'est pas parce que puisqu'il suffit de traverser la rue on le sait bien mais c'est pas un temps dont on pourrait se dire ben voilà il y a un moment où même on peut se poser réfléchir à ce qu'on a envie de faire etc et ce temps-là il faut qu'on l'appréhende de façon tout à fait différente et donc d'arrêter de baisser les indemnités évidemment pour les chômeurs mais je crois qu'il y a là aussi dans cette sécurisation une anticipation nécessaire je vais prendre deux exemples les caissières tout le monde sait que l'arrivée des machines en caisse va poser à moyen terme à moyen terme je pense peut-être même déjà à court terme la question du métier de la pérennisation du métier de caissière alors on pourrait avoir tout un débat sur la place de l'humain dans les supermarchés etc etc mais on sait quand même que la mécanisation fait qu'il y aura probablement et c'est tant mieux parce que c'est un métier extrêmement pénible extrêmement pénible avec beaucoup de problèmes physiques et psychosociaux enfin si j'ose dire voilà qui sont adossés donc on peut penser qu'il peut y avoir une disparition positive d'un métier extrêmement pénible mais là où ça va plus du tout c'est quand il n'est pas anticipé et qu'aujourd'hui ce qu'on propose aux caissières c'est juste de prendre la porte sans les former et sans anticiper alors là on va se retrouver à défendre le métier de caissière et donc quand je dis anticipation c'est anticipation de la société que nous voulons pareil à Roissy comme rien n'est anticipé moi je suis élue juste à côté de Roissy donc ça me touche particulièrement mais on va pas continuer à avoir des aéroports à faire en sorte que l'aéronautique se déploie se déploie donc il faut bien anticiper la mutation nécessaire de faire redescendre le trafic aérien le problème c'est que si tout ça se fait soit imposé à cause du Covid et hop on en profite on dégage les gens sans manu militari et en tout cas sans anticipation alors nous arrivons devant un problème donc ce que nous devons également c'est organiser dans le temps la mutation d'un certain nombre d'emploi pour permettre aux gens aux humains ceux qui font ces métiers là de pouvoir se former et d'imaginer un changement de filière or ça n'est absolument pas anticipé par l'état et je pense que c'est dramatique dernier point la qualité des emplois et je vais terminer là dessus parce que moi je pense que c'est une question majeure on parle beaucoup de statut en général on parle beaucoup de statut en politique ou de question du chômage et du nombre d'emplois il me semble que nous avons à mettre vraiment sur la table du débat public et du débat politique le contenu même de l'emploi ce qui se passe quand on est dans l'emploi c'est quand même on est tous concernés par ça c'est notre vie quotidienne et il me semble que nous avons beaucoup à dire là dessus parce que je parlais tout à l'heure de perte de savoir-faire et de préalétarisation même de la vie de l'esprit quand on est au travail qui est quand même un vrai vrai sujet et la question du sens elle a été posée avec le Covid hyper fortement les gens se sont dit purée je vais travailler j'ai un salaire de misère ça me fatigue vous avez peut-être remarqué mais dans la restauration là depuis le Covid on n'arrive plus à trouver les gens mais c'est qu'il y a un paquet de gens qui s'étant posé au moment du Covid se sont dit bah ouais moi je me tue à la tâche j'ai un salaire de misère j'ai peut-être allé faire autre chose en fait donc la question du sens de l'emploi est très importante et des emplois que l'on veut créer il y a le sens écolo c'est très important c'est-à-dire participer à cette transition écologique je trouve que ça donne du sens à ce qu'on peut faire mais il faut que nous réfléchissions à la qualité des emplois que nous voulons que nous voulons développer et tous les emplois aussi les bullshit jobs dont parle David Greber c'est quand même pas rien cette histoire des bullshit jobs où les gens les finissent par être complètement dépressifs c'est pas simplement qu'ils gagnent pas leur enfin voilà c'est-à-dire qu'on peut pas simplement envisager l'emploi comme je vais un truc pour gagner ma vie pour ensuite pouvoir dépenser de l'argent mais si on continue dans cette société là juste pour avoir ce qu'on appelle du pouvoir d'achat j'ai à un moment c'est une société mais c'est pas possible quoi il faut que dans l'emploi ce soit pas un emploi marchandise mais que ce soit un lieu où on peut produire quelque chose pour la société on est fier et avoir du sens aussi dans ce cadre là voilà et ça c'est notre c'est notre horizon et pour cet horizon et je terminerai juste là-dessus pour cet horizon je pense qu'on ne peut pas l'atteindre si on ne pose pas et on le fait on n'arrête pas de le faire mais la question de la démocratie c'est-à-dire la démocratie dans l'entreprise c'est aussi un des biais d'abord pour une meilleure partage de fameux capital travail là ça permettrait quand même de changer beaucoup de choses mais cette démocratie dans l'entreprise elle permet aussi à chacune et à chacun d'être acteur et actrice de l'orientation de cette entreprise et on le sait les salariés ont souvent beaucoup d'idées sur leur boîte regardez à Grand Puy vous les avez peut-être suivis la raffinerie de Grand Puy et bien Total va faire du greenwashing à l'autre bout du monde et propose de la fermer c'est une catastrophe pour l'île de France mais les salariés eux n'arrêtent pas de réfléchir à quelle peut être l'alternative soutenable pour l'emploi et soutenable pour l'environnement moi je pense que s'il y avait de la démocratie ça donnerait du baume au coeur quand on travaille et ça permettrait de trouver des solutions beaucoup plus citoyennes et beaucoup plus intéressantes
un grand merci pour vos quatre interventions passionnantes alors on le voit c'est ici comme dans l'emploi intervenir moins permet d'intervenir tous et donc je vais pouvoir organiser la passation du micro je ne sais pas s'il y a d'autres micros dans la salle ou si c'est moi qui ai un espèce de monopole sur le micro ça doit être moi et évidemment j'invite les camarades femmes à poser autant de questions que les camarades hommes
merci merci pour ton intervention à l'instant Clémentine c'était exactement ce dont je voulais parler ma question ira à Gérard est-ce que le bénévolat c'est un travail et si c'est un travail est-ce qu'il mérite salaire et pour rebondir sur le point de Clémentine est-ce que ce serait pas le moment de commencer à parler de la thématique de la propriété d'usage pour réussir à avoir un rapport de force et permettre d'avancer sur la démocratie à l'intérieur de l'entreprise
je propose d'en prendre 3-4 et vous faites une réponse
merci pour toutes les interventions et notamment à Clémentine qui a rappelé la situation des étudiants qui pour certains je sors d'un atelier où il y avait un conférencier de Seine-Saint-Denis qui disait que 2 tiers de ses étudiants étaient obligés de travailler pour suivre les études et qui dit suivre des études tout en travaillant dire passer plus d'années c'est une année d'études une année de travail quelque part et donc cette situation elle comment dire elle impacte autant l'étudiant que l'état parce que ça coûte plus d'études et elle est un plus pour le capitalisme c'est à dire tous les petits boulots qu'on leur propose pour qu'ils puissent payer leur loyer donc oui qu'il y ait un revenu universel pour les étudiants il leur permettra tous quels qu'ils soient de pouvoir suivre des études sans être obligés de travailler et je voulais aussi il y a un sujet qui n'a pas été abordé et je pense que Filoche le connaît bien c'est la notion de pénibilité qui a bien souffert depuis quelques années et donc lorsqu'on parle du partage du temps de travail des 32 heures il ne faut pas oublier la pénibilité de certains métiers et les accidents du travail qui augmentent c'est à dire que travailler moins c'est aussi réduire réduire ces accidents du travail qui sont en augmentation actuellement merci oui bonjour merci aux orateurs je voudrais faire la remarque suivante l'ensemble des dispositions qui ont été prises que je trouve tout à fait positifs favorables etc sont des dispositions qui visent à la réduction du temps de travail très positif j'ai entendu Filoche dire un jour que l'histoire du code du travail c'était l'histoire de la réduction du temps de travail donc tout à fait positif ou des créations d'emplois des créations d'emplois sur certains secteurs sur l'écologie en particulier ou ce qu'on appelle les territoires zéro chômeur de longue durée ou des dispositifs qui s'adressent justement aux chômeurs de longue durée donc oui répartir le temps de travail et créer des emplois c'est essentiel et le programme l'avenir en commun fait des propositions formidables là-dedans mais dans le troisième livre que tu as montré Adrien sur la question sociale il y a un autre terme et je pense que ce terme là et cette disposition on ne la pousse pas jusqu'au bout sauf Clémentine je vais revenir dans sa dernière intervention dans le troisième livre on parle de la sécurité sociale professionnelle et la sécurité sociale professionnelle s'attache à définir un nouveau droit de l'individu et je dis Clémentine l'a abordé parce qu'elle a posé le problème du rapport au temps et du rapport à la formation donc la sécurité sociale professionnelle c'est quoi ?
c'est dire on propose à l'individu comme droit de pouvoir toute sa vie alterner entre des périodes d'emploi et des périodes de formation les 3-8 changent de nature ça peut être 8 heures de formation 8 heures les autres c'est pareil c'est ça qui est proposé alors il faut le financer donc il faut admettre que quand quelqu'un est en rupture de travail quand il n'est plus dans un contrat de travail il faut le rémunérer au salaire qu'il avait précédemment mais c'est possible et l'expérience du Covid d'ailleurs nous amène à dire aux gens regardez il y a des gens qui n'ont pas travaillé et qui ont été payés le problème c'est qu'ils étaient payés sur de l'argent public c'est-à-dire c'est nous le budget de la France c'est nous et que ça ce n'est pas durable mais ils étaient payés c'est donc possible de poser cette question là donc voilà voilà ce que l'on propose et pourquoi ça a des avantages à mon avis d'abord parce que c'est un droit de la personne donc c'est nouveau j'ai envie de dire c'est révolutionnaire c'est une mesure nouvelle que l'on pourrait mettre en avant nous France Insoumise donc voilà c'est un droit de la personne et c'est quelque chose qui nous permet pendant cette période de nous former c'est-à-dire d'élever notre qualification je dirais d'accroître notre capacité d'émancipation parce que c'est ça le but d'un changement de société et c'est pour ça que j'étais sensible à ce qui était dit par Clémentine le problème c'est pas un travail le problème c'est un bon travail dans lequel on éprouve du plaisir à travailler et à faire quelque chose qui sert à la collectivité or souvent excusez-moi excusez-moi Adrien en particulier parce que c'est toi qui a parlé de la garantie d'emploi souvent la garantie d'emploi ou même c'est vrai pour les 1 million d'emplois écologie ce sont des emplois que vous définissez vous-même comme étant hors marché de l'emploi soit du privé soit du public mais ça donne quoi ça donne des emplois qui la plupart du temps ne sont pas à un niveau de qualification satisfaisant on n'est pas là pour occuper les gens encore une fois on est là pour leur proposer un emploi et si on leur proposait une période de formation ils pourraient se qualifier pour accéder à des emplois par exemple la responsable du point de vue écologie j'ai oublié votre organisation a cité l'exemple du VAR de l'Office National des Forêts mais il y a plein d'emplois dits associatifs qui sont imaginés dans la garantie d'emploi qui seraient des emplois tout à fait normales dans l'Office National de la Forêt qui seraient des emplois publics ou dans le domaine de la santé on sait bien que les emplois dits associatifs sont des emplois qui sont là pour pallier la destruction du service public de santé donc encore une fois la garantie donnée à la personne de pouvoir se former pour arriver à un niveau de qualification qui lui permet d'accéder à ses emplois ce serait bien je termine je vois rien mais on se connait bien on a discuté ensemble dans un groupe de travail de ces questions là je termine en disant que ce que l'on propose ce que moi je propose en tout cas avec un groupe d'amis etc ce que l'on propose c'est que ce droit personnel constitue une nouvelle branche de la sécurité sociale pourquoi ?
d'abord parce que dans le financement ça voudrait dire que c'est financé par la mutualisation des cotisations sociales et si elles sont insuffisantes on peut créer une taxe sur les actifs financiers qui via un panier fiscal viendrait abonder la sécurité sociale c'est embêtant mais je crois qu'environ 35% de la sécurité sociale aujourd'hui est en fait financée par le budget public donc voilà on pourrait financer comme cela et puis faire une nouvelle branche de la sécurité sociale c'est se remettre dans la gestion paritaire ce qu'évoquait Gérard Filoche c'est-à-dire la possibilité pour les syndicats d'être les responsables en quelque sorte de dispositif parce que pour que ça marche cette alternance entre formation et emploi il faut définir les filières professionnelles que l'on veut développer les filières de formation qui vont avec ce développement et là on a besoin d'avoir une gestion paritaire de ces questions par les syndicats voire par le patronage je ne suis pas compte surtout les petites et moyennes entreprises et de définir ainsi un stock de formation qui puisse être offert au nouveau droit de la personne que serait la sécurité sociale professionnelle moi j'avais simplement une question vous parliez de garantie de l'emploi et de nouvelles formations pour de nouveaux secteurs et moi je voulais savoir exactement comment vous comptiez y arriver est-ce que vous comptez proposer simplement une formation au bout de laquelle le chômeur pourra trouver un emploi est-ce que vous comptez l'accompagner jusqu'à l'emploi directement pour qu'à la fin ils puissent trouver un emploi qui est dans une association dans une coopération dans une entreprise insérée dans l'économie sociale et solidaire pour que ce soit un emploi qui soit viable et qui ait du sens ou est-ce que carrément vous proposez que ça aille encore plus loin et que ce soit une garantie de l'emploi à vie dans une sorte de fonctionnariat à la manière de ce que pouvait proposer Bernard Friot et là carrément ça réinvente l'emploi tout à fait en fait j'ai pas trop compris quelle était vraiment la mise en place et jusqu'où ça allait cette garantie de l'emploi
on va laisser répondre tout le monde parce que je veux être sûr que vous ayez le temps de parole je suis désolé du coup je fais de la répartition autoritaire du temps de parole il faut qu'on laisse répondre parce qu'il ne nous reste qu'une dizaine de minutes donc désolé je sens qu'on va me poursuivre sur tous les amphis pour se venger donc je garde mon masque pour que vous puissiez me reconnaître
bon d'abord merci
pour vos questions qui vont nous permettre aussi je crois quelques clarifications je vais répondre à mon camarade Francis en lui disant que évidemment la question de la sécurité sociale professionnelle est essentielle dans le programme d'abord en cela qu'elle associe les droits non plus à l'emploi ou à l'occupation de tel ou tel statut mais bien à la personne tout au long de la vie et en cela oui j'en suis d'accord c'est un potentiel révolutionnaire qui est très fort mais surtout ça permet de ne plus se poser la question qu'on se pose trop souvent et que Macron et son gouvernement madame Elisabeth Borne se posent souvent avec les mécanismes pour accéder à la formation les crédits en temps pour se former là au moins on aurait tout au long de la vie la possibilité de le faire librement et bien évidemment il y a un enjeu aussi à mettre en adéquation tous les défis que nous avons à relever avec les formations nécessaires pour pouvoir les accomplir mais si je ne l'ai pas évoqué dans mon exposé c'est parce que la conférence posait la question de comment atteindre le plein emploi donc plutôt nécessairement sur la question de la diminution du temps de travail mais aussi des emplois à créer par la garantie d'emploi par la planification écologique sur la question de la garantie d'emploi je veux qu'on soit très clair parce que il ne faut pas qu'on se méprenne là dessus en effet il ne s'agit pas exactement d'autres mécanismes par exemple d'une généralisation de type territoire zéro chômeur ça va plus loin que cela donc quand je dis on a trois piliers évidemment par ailleurs ça ne retire absolument rien du fait que nous avons besoin comme le disait Clémentine de discuter concrètement de quelles sont les tâches à accomplir et surtout dans quelles conditions elles le sont en effet compte tenu du temps que l'on passe au travail le partage du temps de travail d'une part les secteurs dans lesquels nous devons investir et créer des emplois pour relever les défis que nous avons à relever notamment en matière écologique et la garantie d'emploi puisque je vois qu'elle soulève encore des questions je veux me réexpliquer là dessus il ne s'agit pas d'accompagner des chômeurs vers l'emploi il s'agit d'assumer de ne plus laisser au marché de l'emploi le monopole de l'embauche et de la création d'emplois on entend souvent dire les entreprises créent de l'emploi l'air de dire en effet c'est le patron qui crée de l'emploi mais le but intrinsèque l'objectif d'une entreprise n'est pas la création de l'emploi quand on les écoute on a l'impression que l'objectif d'un patron c'est de créer des emplois non bien sûr il en crée c'est très bien on le remercie de le faire il n'y a pas de soucis mais ça n'est pas son but son but le but d'une entreprise c'est de faire du profit c'est de faire du bénéfice c'est de fonctionner donc nous ce que nous disons c'est que puisque depuis des décennies le marché est défaillant la preuve il y a des millions de chômeurs que leurs politiques ne sont pas efficaces on en propose d'autres notamment ce qui fait accord entre nous le partage du temps de travail on propose d'aller au bout du bout puisque l'emploi est un droit et que chacun doit pouvoir en disposer sans se poser de questions si la diminution du temps de travail dans le marché de l'emploi si la création d'emploi par la planification écologique ne suffit pas la garantie d'emploi ce n'est pas accompagné vers le marché de l'emploi et c'est pour ça que je disais que ça a un haut potentiel révolutionnaire c'est contester au privé c'est contester aux employeurs c'est contester aux entreprises le monopole de la création d'emploi c'est dire en effet vous comme entreprise par exemple telle tâche que nous souhaitons accomplir dans le domaine de la transition énergétique vous ne l'accomplissez pas et parce que par exemple elle n'est pas rentable vous ne souhaitez pas l'accomplir or nous estimons politiquement que l'intérêt général dicte que nous avons besoin que cette tâche soit accomplie et donc on va mettre en corrélation des chômeurs de longue durée volontaires dans le bassin d'emploi où nous avons besoin d'accomplir ces tâches et donc oui c'est une création d'emploi alors sous quel statut on ne va pas faire en sorte que tout le monde soit fonctionnaire mais ce serait la création d'un statut particulier et spécifique mais ça consiste donc à dire oui que en toute hypothèse si vous souhaitez un emploi et que vous êtes chômeur de longue durée vous aurez un emploi et donc il n'y a plus l'utilisation possible qui est faite du chômage et le chantage fait par les employeurs sur la question du chômage puisque de toute façon s'ils ne veulent pas le faire on le fera et c'est en cela qu'on vient contester là au capital sans doute on vient l'attaquer à son point le plus faible sa capacité justement à faire chantage sur la question de l'emploi et du chômage donc c'est pour ça que j'insiste bien ces trois piliers là dont la garantie d'emploi sont en quelque sorte un arsenal qui nous permet d'aller vers le plein emploi alors le plein emploi tant de responsables politiques en ont parlé pour nous on va le résumer il s'agit de faire simple c'est de traduire dans l'action concrète un droit qui ça a été dit et rappelé dans notre constitution l'emploi est un droit nous voulons le rendre effectif tout simplement et ne plus laisser au capital aux entreprises le monopole de sa création s'il le faut dans les secteurs dans lesquels nous estimons qu'il y a des tâches à accomplir et que nous devons les relever
merci beaucoup pour les questions aussi je vais être brève mais je voulais commencer par la question du bénévolat parce que c'est effectivement une question qu'on rencontre souvent c'est à dire on vous propose avec la garantie emploi vert qui est très proche de ce que vient de décrire Adrien d'aider des associations des secteurs de l'ESL je l'ai dit d'équiper aussi l'économie circulaire les ressourceries les recycleries tout ce type d'initiatives qui aujourd'hui connaît une grosse part de bénévolat est-ce qu'on ne fait pas simplement substituer à quelque chose d'existant moi j'assume complètement le côté monté à l'échelle de ce type de dispositif c'est à dire que l'ESS a souffert de ça pendant longtemps c'est un secteur magnifique avec des idées très belles portées dedans il est temps que ça prenne beaucoup plus de place et que l'idée que ça peut se reposer uniquement sur du bénévolat sur des gens qui ont du temps libre encore une fois on en revient toujours au même point pour aider à développer ces initiatives ça ne peut pas suffire donc dans une notion d'urgence écologique et d'urgence à transformer ce tissu économique vers quelque chose d'écologiquement et socialement viable pour moi on ne peut pas attendre à ce que le bénévolat se généralise en réalité ça cache beaucoup trop d'inégalités de vie beaucoup trop de difficultés quotidiennes pour les gens qui s'impliquent dans ce type d'initiative et donc effectivement il y a un certain nombre d'emplois identifiés qui viendraient peut-être remplacer des postes de bénévoles mais j'ai envie de dire tant mieux parce qu'il y a des gens qui peuvent faire ce qu'ils veulent aider les initiatives en qui ils croient et que ça constitue leur principale source de revenus mais alors allons-y enfin réellement je...
voilà mais c'est effectivement une question qu'on rencontre souvent pour les emplois publics et la question par rapport à ce que je disais sur l'ONF effectivement enfin bien sûr tout le monde sait à quel point l'office national des forêts a été enfin souffre de politiques de coupes de budgétaires énormes et inconcevables au moment même où leur mission devient de plus en plus difficile etc.
et à quel point cette administration publique voilà est maltraitée depuis une dizaine d'années ce que je voulais simplement illustrer c'était la notion de besoin et par ailleurs ça me permet de distinguer ce qu'on propose de l'initiative territoire zéro chômeur de longue durée c'est qu'effectivement territoire zéro chômeur de longue durée c'est uniquement des emplois créés hors du secteur marchand nous ça constitue la majorité de ce qu'on propose mais il y a aussi 35% des emplois qu'on a identifiés comme faisant partie de ces fameux 1 million qui sont soit contractés avec des entreprises soit auprès des collectivités locales et des administrations publiques locales donc je t'écrivais et donc c'est dans ce cas là là aussi ça peut poser la question de la substitution de est-ce que ça se serait fait sans ce dispositif etc.
encore une fois c'est pas si grave en réalité si ces emplois sont subventionnistes ça vient aussi de dispositifs existants de politiques de donc de de réinsertion par l'activité économique qui sont existantes politiques de soutien à l'emploi dans certains secteurs qui sont existantes etc.
si c'est simplement une réallocation budgétaire mais de dire on met en valeur en ce dispositif des choses qui auraient pu se faire sans lui c'est pas problématique donc c'est pas uniquement du secteur hors marchand c'est aussi le développement d'activités soit par la puissance publique soit par certains acteurs privés encore une fois sous condition pour éviter des détournements de mise en valeur de ces nouveaux emplois ces nouveaux secteurs et ces nouvelles activités voilà et par rapport au chantage dans le chômage effectivement cette garantie d'emploi ou le fait de retirer à l'entreprise en garantissant une part de de ces emplois qui soient attribués aux chômeurs de longue durée peu importe peu importe comment c'est renforcer la démocratie dans l'entreprise et la lutte contre la bénébédité dont Clémentine parlait évidemment c'est donner un nouveau pouvoir de négociation vis-à-vis d'emplois qui sont à la fois attractifs et est nécessaire pour la collectivité et aussi garantie comme son nom l'indique ce qui vient renforcer là encore le pouvoir de négociation des salariés pour les points que je voulais soulever dans mes réponses un contrat de travail est un lien de subordination juridique permanent un lien de subordination juridique permanent c'est l'employeur qui décide de la naissance du contrat de la gestion du contrat et de la rupture du contrat quand on est salarié on est subordonné et donc l'obligation de contrat est antinomique à l'idée de volontariat ou à l'idée de bénévolat c'est deux mondes distincts alors évidemment ce qui se passe c'est que Macron exclut les salariés du travail et du chômage pour le pousser à être indépendant auto-entrepreneur ubérisé et il assèche les cotisations les aides les subventions de toutes les associations des centaines de milliers d'associations pour forcer à compléter par du bénévolat et qui n'est pas payé et qui se traduit aussi par un recul de ceux qui font pourtant le mieux voilà donc ça c'est la position est claire le patronat avait essayé d'inventer un truc sur la soumission librement consentie sérieusement c'était without pressure c'est ça et l'idée était généralement de contourner l'obligation de reconnaître la subordination pour dire il est volontaire pour ne pas toucher la sécurité sociale ce qui est dit à tous les VTC à tous les Deliveroo et à tous ceux qui aujourd'hui parce que même maintenant dans les dépistages ils ont pris des auto-entrepreneurs première année performée et ils contournent par tous les bouts moi j'ai vu des auto-entrepreneurs qui fabriquaient des sandwiches chez Chepway j'ai vu des tailleurs de pierre sous le pont Marie qui étaient auto-entrepreneurs c'est à dire que l'extension générale le contournement du droit fondamental du travail sur la nature du contrat tel que je l'ai décrit tout à l'heure c'est leur volonté et tous les mots sont bons pour arriver à faire ça sur la question de la jeunesse ça m'a rejoli effectivement je me rappelle encore c'était en 1966 je devais avoir 20 ans qu'on votait déjà la première motion de l'UNEF pour l'allocation d'études sur critères universitaires et qu'il fallait entre 18 et 25 ans avoir un salaire parce que l'étudiant est un prêt salarié et donc il doit être payé comme tel ensuite la question du financement moi je suis peut-être de façon originale pour une sixième branche de la sécurité sociale si on admet que la cinquième est la dépendance c'est à dire qu'il y est parce que les patrons doivent payer ils cotisent pour la formation professionnelle ils doivent payer pour la formation initiale et pas seulement pour la formation continue parce que sinon ils ont des gens tout cuits que l'état leur propose forment plus ou moins bien mais ils s'en servent donc ils ont une responsabilité là-dedans et c'est ce vous la prenez comme vous voulez revenu de base étudiant allocation d'études sur critères universitaires allocation de vie d'autonomie entre 18 et 25 ans extensif selon la nature et la longueur des études mais ça c'est évidemment fondamental pour changer tout le rapport à la formation tous les rapports avec la recherche les progrès si on résout cette question la pénibilité Clémentine disait tout à l'heure que si on partait en retraite plus tôt c'était pour en profiter plus longtemps mais si on vit plus longtemps c'est aussi parce qu'on part à 60 ans parce que dès qu'on ne part plus à 60 ans on vit moins longtemps et c'est pour ça que la fameuse date de 62, 63, 64 ans qui en fait correspond à la retraite en bonne santé à l'espérance de vie en bonne santé c'est celle-là qu'il faut prendre et c'est pour ça aussi qu'il faut être en dessous à 60 ans je partage totalement l'idée que la réduction du temps de travail elle soit faite sur la semaine et sur la vie parce que si vous la réduisez sur la semaine en l'allongeant sur la vie vous n'aurez pas réglé beaucoup de problèmes pour le chômage des jeunes donc c'est clair que c'est une des raisons supplémentaires qu'il faut à mon avis utiliser le plus souvent pour lutter pour la retraite à 60 ans et contre la pénibilité parce que pour un égoutier l'espérance de vie est 58 ans sous Sarkozy la retraite était encore à 50 ans il la fait passer à 55 sous Macron ils sont en train de la faire passer à 64 ils seront mortes avant comme on dit le rapport à la pénibilité est celui-ci et nous avons quelque chose comme 4 500 accidents du travail avec handicap par an en gros 500 550 accidents mortels par an et nous avons 650 000 arrêts du travail par an c'est à dire qu'il n'y a pas un progrès substantiel dans le recul des conséquences mortifères du travail et surtout en termes de maladies professionnelles parce que sur quelque chose comme 250 000 AVC il doit y avoir la moitié qui sont liés au travail et on peut dire autant on pourrait en dire autant au niveau des cancers s'il y avait des dépistages et des études suffisantes parce que la France est très en retard sur le calcul du rapport entre les maladies professionnelles et le travail donc le combat contre la pénibilité est aussi un combat pour travailler mieux tous moins et gagner plus bien sûr alors ensuite après reste la formation professionnelle je partage un peu ce qu'a dit Adrien avec une précision à mon avis si le patronat ne veut enfin le patronat le patronat Blanquer veut casser le bac c'est pour qu'il n'y ait pas de formation professionnelle et de de critères de formation professionnelle pour les salariés qu'on conserve d'un emploi à l'autre parce que ce qui compte c'est que la personne soit qualifiée et le niveau de qualification qu'elle atteint et ce qui compte dans le bac c'est la place qu'il prend dans la convention collective donc la place qu'il prend en termes de salaire et si vous avez bac plus 2 les conventions disent ben voilà vous avez le salaire vous avez bac plus 4 la convention dit voilà vous avez cela et de ce fait là le patron ne peut pas faire n'importe quoi il ne peut pas faire du chantage sur soit disant votre placidité ou votre retard dans votre propre éducation et votre propre formation pour répondre à ses besoins donc il y a un lien complet entre le statut de la formation professionnelle et la reconnaissance des diplômes la défense du bac on ne fait pas souvent sous cet aspect là mais c'est tout à fait essentiel et la formation professionnelle elle se comprend mieux et le statut qui en découle aussi si vous avez des qualifications parce que ça repose sur ce que les salariés ont pu obtenir et le salaire aussi se discute de cette façon là évidemment avec des fourchettes de salaire qui deviennent normales c'est à dire où il y a un salaire maxima et où on ne permet pas que quelqu'un gagne 600 fois le SMIC ou 400 fois le SMIC comme ce sont les gens du CAC 40 et les grilles de salaire avec niveau coefficient et échelon correspondant à la qualification professionnelle je défends un peu Bernard Friot je suis toujours je suis toujours je suis toujours assez proche de lui et correspond à la qualification que vous a obtenue et qui vous a fait un statut sur toute la vie y compris au moment de la retraite merci
il reste une minute
je crois alors très très brièvement deux non mais ça je vais pas être longue trop la question du bénévolat était intéressante parce qu'elle elle relance tout le débat entre emploi travail les deux choses sont évidemment pas corrélées nous travaillons nous sommes des êtres qui avons besoin de travailler et tout ce qu'on fait on ne le vend pas pour comme on dit gagner notre vie donc le travail il est énorme même quand on quand on s'occupe de ses enfants on travaille quand on il y a plein de choses sur lesquelles on travaille on travaille même de plus en plus comme nous avons des métiers qui sont qui exigent de plus en plus de qualifications intellectuelles quand vous allez au cinéma quand vous lisez un livre quelque part vous travaillez voilà donc vous travaillez et d'ailleurs ça vous rend plus productif parce qu'il y a quand même un paquet de métiers où le fait d'avoir un imaginaire qui est charrié pendant son temps hors emploi est en fait extrêmement utile à l'intérieur de l'emploi donc tout ça et bien les va-et-vins le rapport au travail le va-et-vient et d'où l'idée de diminuer la part du travail qui est liée à un rapport marchand enfin bon c'est peut-être mon côté très marxiste mais c'est vraiment ça le fond de l'histoire c'est de démarchandiser de plus en plus la part du travail qui est le travail contraint mais évidemment qu'on fera plein d'autres choses et qu'on continuera à en faire et aussi à en faire socialement parce que l'être humain est un être social donc il a besoin aussi de réaliser des choses pour être en lien avec les autres et le travail aujourd'hui le travail emploi marchandise dont je parlais tout à l'heure c'est un travail emploi enfin c'est un emploi marchandise qui comment dire est de moins en moins lié à ce qu'on veut faire dans la société et dans la relation aux autres on se retrouve de plus en plus seul au travail la solitude dans le travail est un phénomène contemporain absolument époufantable et donc il faut qu'on en prenne conscience et qu'on soit capable de lutter contre ça je voulais dire un mot aussi sur la sécurité sociale professionnelle en m'amusant d'ailleurs parce que cette table ronde aurait pu être extrêmement différente s'il y avait eu à cette table ronde quelqu'un qui avait défendu fortement le revenu universel par exemple cette ambiance très sympathique que nous avons entre nous n'aurait sans doute pas été exactement la même et ça nous aurait peut-être amené davantage vers des contradictions puisque pour ma part mais je sais que je suis très loin d'être la seule autour de cette table je suis favorable à ce qu'on augmente les minima sociaux de telle sorte que le minimum social permette de vivre dignement mais la logique du revenu universel nous aurait ouvert vraiment enfin c'est une autre en fait logique politique on peut se retrouver d'accord sur les choses mais c'est un débat intéressant à gauche parce qu'il charrie il charrie des conceptions que nous avons justement du travail des rapports de force avec le capital enfin plein de choses en fait et c'est assez intéressant pour ma part je suis très favorable à la sécurité sociale professionnelle à la sécurisation du parcours je n'ai pas prononcé le mot mais c'est évidemment ça que j'ai en tête c'est à dire des droits nouveaux et une garantie tout en l'emploi je sais bien je termine en jetant plein de débats ça me fait penser à une autre chose c'est qu'une fois j'avais été interpellée par une phrase et je me demande c'est pas Jacques Ranit qui avait dit ça il disait en fait l'avenir c'est le statut d'intermittent pour tout le monde alors ça paraissait c'était si si ça paraissait une provoque totale à ce moment là parce qu'il déventait le statut des intermittents pour les artistes qui étaient quand même sacrément menacés mais en fait ce qu'il entendait dans le statut des intermittents je lance comme ça pour vous repartiez avec sa fourmille mais ce qu'il disait c'est qu'en fait on va aller de plus en plus vers des carrières qui sont pas d'une traite où on est salarié du début jusqu'à la fin avec un seul emploi à temps plein etc on va avoir des carrières qui sont plus hachées et ce qu'il faut donc c'est sécuriser ce parcours là et en fait quand on réfléchit à ce qu'est une indemnisation d'un artiste d'un intermittent du spectacle c'est précisément de rémunérer le temps qui n'est pas immédiatement productif c'est à dire quand vous êtes sur la scène mais tout le temps de préparation et là on revient quasiment à ce que je disais tout à l'heure que quand vous êtes dans votre salle de cinéma ou je sais pas où ou même des fois une discussion avec des amis voilà ce qui vous fait venir une idée qui fait que le lendemain vous allez être plus productif ça on ne vous le rémunère pas et donc c'est cette question du lien absolu entre la rémunération la question du statut et je pense qu'on peut continuer à réfléchir comme le suggérait Ralit mais c'était un peu une boutade parce que je pense qu'il nous emmenait vers une réflexion sur le rapport entre le statut la rémunération et le temps réellement productif et c'est tout ça qu'il faut qu'on arrive à poser pour trouver des solutions et il me semble que la sécurisation des parcours professionnels nous aide dans cette voie pour arriver à remettre les choses en place voilà juste pour dire et je termine là-dessus qu'on a bien raison de reprendre les choses de ne pas rester dans les clous qui sont les clous imposés par le débat tel qu'on nous le donne je rappellerai le traité constitutionnel européen puisqu'on était on en a fait des tables avec Gérard et avec d'autres comme ça à taper ce qu'on a bien compris et c'est une des grandes leçons du traité constitutionnel européen c'est qu'à partir du moment où les termes du débat n'étaient plus pour ou contre l'Europe mais pour ou contre cette Europe là c'est à ce moment là qu'on a gagné et donc ce que je veux vous dire c'est que sur l'emploi c'est pareil si nous arrivons à imposer quels sont les termes du débat là ils nous ont fait reculer fait reculer sur le temps de travail il y a eu un moment donné dire même la réduction du temps de travail tout le monde vous regarde vous met la tête dans le saut mais enfin ça va pas c'est pas du tout voilà c'est pas possible la pression les entreprises sont comme ça enfin bref vous connaissez toute l'histoire et donc ne pas céder partir de nos propres objectifs et imposer les termes du débat c'est la condition sine qua non pour gagner
je vous remercie toutes et tous on a très légèrement débordé vous voyez un petit peu de sur-travail malgré les tentatives de régulation à notre niveau comme quoi c'est une lutte quotidienne et j'espère que vous repartez toutes et tous bien armés pour protéger chérir et reproduire votre force de travail individuelle et collective à bientôt
Clémentine Autain