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interviewINA Actu· 5 décembre 2025 7 min

Comment un président français a rencontré le maître de la Chine communiste

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

qui est le premier président français à s'être rendu en Chine communiste ? 11 septembre 1973, l'avion de George Pompidou se pose à l'aéroport de Pékin pour une visite historique qui marque une nouvelle étape du rapprochement entre la France et la Chine. Et c'est la longue poignée de main entre monsieur Pompidou et monsieur Chuan.

Ainsi le président de la République et le premier chef d'état occidental à être accueilli officiellement en Chine. Le président de la République est accueilli par le Premier ministre Chou Anlay, le numéro 2 du régime communiste qui a passé quelques années en France dans les années 20 et le premier dîner d'état fait apparaître les raisons du rapprochement entre les deux pays. La sauvegarde de l'indépendance, c'est l'obsession du premier ministre chinois.

Elle justifie le droit aux pays menacés de posséder leur force de frappe. La politique de certains dit-il consiste à tenir d'une main des armes nucléaires et de l'autre des déclarations et traitées dit de paix des sécurités dans le dessin de se livrer à l'imposture et d'imposer leur volonté à autrui. Et George Pompidou répond dans le même sens.

Il repose sur quelques principes qui malgré la diversité de le régime nous sont communs. Le principe notamment de l'égalité entre tous les États, quelle que soi leur dimension et d'où nous déduisons la nécessité impérieuse d'organiser la communauté internationale sur la base du respect de la souveraineté des nations et de la non intervention dans leurs affaires intérieures. Pour bien comprendre la préoccupation des deux hommes pour leur souveraineté respective, il faut se replacer dans le contexte de la guerre froide.

Depuis les années 60, la France et la Chine cherchent progressivement à se séparer des deux superpuissances, les États-Unis pour la France et l'URSS pour la Chine. La France de Charles de Gaul a reconnu la Chine en 1964 et les deux pays ont depuis ouvert une ambassade chez l'autre. C'est donc une alliance de circonstan qui favorise cette visite.

Le lendemain, le président Pompidou rencontre Mao Tong qui dirige la République populaire de Chine depuis sa fondation en octobre 1949. Un échange qui n'avait pas été prévu par les Français et qui donne à ce voyage une dimension historique. Voilà les deux hommes face- à face.

Ces images sont exclusives. Ce sont celles de la télévision chinoise car nous n'avons pas été autorisés à filmer nous-mêmes. Le leader chinois, le vieux chef, s'entour de mystères dans sa bibliothèque et dans ses souvenirs.

Cette image extraordinaire restera dans l'histoire. Elle marque l'empressement des Chinois à trouver une solution contre la menace, contre toutes les menaces d'hégémonie dans le monde. La presse chinoise consacre une large place à la visite du président français. une preuve de l'importance de l'événement.

Le quotidien officiel du parti communiste chinois qui tire à plus de 3 millions d'exemplaires et qui est distribué à l'échelon des équipes de production consacre entièrement son numéro à la visite de monsieur Pompidou. La première page, quatre photos. Quatre photos où l'on voit monsieur Pompidou avec monsieur Maoung hier.

Ici en Chigne, tout a une signification. Ainsi, lorsque le président Nixon est venu à Pékin l'année dernière, pas une ligne, pas une photo. Certes, c'était un voyage privé, mais tout de même.

Après 4 jours à Pékin où il a l'opportunité de visiter la cité interdite, le président George Pompido quitte la ville, toujours accompagné de Chuan. Direction d'Atong, connue pour ces grottes qui abritent de nombreuses cultures bouddhistes que le président français visite le 15 septembre 1973. À travers le tourisme effectué en compagnie de monsieur Chuenai et des membres du gouvernement chinois, c'est une nouvelle attention politique des Chinois aux Français car aucun occidental n'est venu ici depuis 22 ans.

Aucun Chinois de la délégation ne connaissait les grottes de Yong situé près des frontières de la Mongolie intérieure. Pourtant, il y a ici les monuments les plus remarquables de l'art religieux chinois et de l'histoire de l'humanité. Puis Shanghaiï le 16 septembre.

Shangï port du Sud, l'une des plus fortes agglomérations du monde a offert un peu plus tard un spectacle de premier ordre au chefs de l'État. La télévision française consacre un temps d'antenne conséquent à cette visite car il s'agit aussi d'un moyen de faire découvrir ce pays méconnu aux français. Dans les sujets diffusés, la Chine est présentée uniquement de manière positive dans un garde à vous impeccable des soldats des trois armes.

Mais voici l'accueil propre à la Chine. Des milliers de filles des écoles de Pékin en rod multicolore vont danser et chanter en agitant leur foulard de soie et des bouquets de fleurs de papier. D'un côté l'armée impressionnante, de l'autre les danses gracieuses avec des champs de bienvenu.

C'est la Chine. C'est le contraste de la Chine. Reste dans les mémoires le prodigieux accueil populaire que la Chine a réservé au président Tompitou.

Sous le soleil de Pékin, dans le froid à Tatou, sous la pluie à Hangch et à Shanghaiï. À l'époque, toutes les conséquences des politiques économiques du grand bont en avant et de la révolution culturelle qui ont causé plusieurs millions de morts ne sont pas encore pleinement connus. Quant aux purges qui ont frappé le parti communiste chinois à partir de 1967, elles ne sont mentionnées dans aucun reportage et l'envoyé spécial de l'ORTF n'interroge aucun dignitaire chinois à ce sujet.

Le 17 septembre, George Pompidou quitte la Chine. Les deux pays s'accordent sur la publication d'un communiqué commun. Depuis 1964, nous étions de bons amis.

Et bien, après cette visite historique, nous serons de meilleurs amis. Nous serons plus attentifs l'un à l'autre, plus soucieux de partager nos réactions réciproques. Nous chercherons à mieux nous connaître en multipliant nos échanges dans tous les domaines.

Bien sûr, nous vivons sous sous des régimes sociaux différents. Nos amitiés, nos alliances ne coïncident toujours mais les principes qui nous rapprochent égalité de tous les États, respect de leur souveraineté, non intervention dans les affaires d'autrui et sauvegarde de l'indépendance nationale, tout cela est plus important que ce qui nous sépare. Et les chefs d'entreprise français se déclarent satisfaits.

L'avenir est riche en promesse à condition d'être réaliste. En effet, le commerce chinois est encore faible et la concurrence est rude. Les hommes d'affaires rencontrés à Pékin ont bon espoir.

Les négociations notamment dans le domaine de la pétrochimie et de l'aéronautique sont bien avancé. À la suite de son départ, George Pompidou se fera offrir de pandas un cadeau personnel de Maong. Ils arrivent en France en décembre 1973.