Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 13 mars 2019 28 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploi

François Ruffin : la bête noire d'Emmanuel Macron - C à Vous - 13/03/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:39RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous vous imaginez vraiment dans l'impôt d'un président de la République ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Ce que vous vouliez montrer, ce sont des Gilets jaunes ou les Gilets jaunes ?

  • 5:07OuverteRéponse directe

    À plusieurs moments dans le film, vous vous mettez dans la peau d'Emmanuel Macron. Pourquoi ?

  • 6:34RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous vous imaginez vraiment dans l'impôt d'un président de la République ?

  • 7:06OuverteRéponse directe

    Il n'a pas eu de l'empathie ce jour-là ?

  • 7:44OuverteRéponse partielle

    Votre obsession au point d'un jour, briguer ce poste-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46Invité politiqueFait
    « ça fait 20 ans que je crois que ces gens-là, dans le secret de leur appartement, en tant que reporter à Fakir, et ça fait 20 ans qu'ils chuchotent leur frigo trop vide, leur difficulté à mettre leur enfant en centre de vacances, leur impossibilité à partir l'été. »
  • 3:02Invité politiqueFait
    « les pauvres se cachent pour souffrir. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « je me dis, mince, même quand c'est la France périphérique qui se réveille, il faut qu'on soit ramené encore à la centralité parisienne. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « mon projet, c'est de faire le lien entre l'intime et le politique. »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « Les Corinne, les Karine, les Loïc, les Calèdes, les Kamel, les Marie, je vous aime, quoi. »
  • 6:10Invité politiqueFait
    « Et moi, comme président de la République, je veux vous dire que ce soleil, vous y avez tous droit. »
  • 6:52Invité politiqueFait
    « Si j'étais Macron, qu'est-ce que je dirais ? »
  • 9:30Invité politiqueFait
    « Je rappelle cette tribune parue entre les deux tours de la présidentielle. Vous êtes lettre ouverte à un futur président déjà haï. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Il va terminer comme Kennedy. »
  • 10:21Invité politiqueFait
    « Que M. Emmanuel Macron doit maintenant partir. »
  • 12:06Invité politiqueFait
    « le cœur de mon livre, c'est une biographie non autorisée, qui montre tous les lieux de pouvoir par lesquels passe Emmanuel Macron. »
  • 14:28Invité politiqueChiffre
    « la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, alors qu'en même temps, on supprime des contrats aidés, les contrats emplois de solidarité. »
  • 18:47Invité politiqueFait
    « je fais mien à la Révolution française, je fais mien à la Commune, je fais mien à Jaurès, je fais mien à le Front populaire. »
  • 19:17Invité politiqueFait
    « C'est une lecture de classe. C'est une lecture du capital contre le travail. »
  • 21:16Invité politiqueFait
    « Moi, je considère que j'ai réussi comme artiste. »

Temps de parole

  • François Ruffin65 %
  • François Ruffin 211 %
  • Invité11 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Députés et reporters, c'est la double casquette de François Ruffin dans Jeveux du Soleil. L'élu France Insoumise a parcouru la France au volant de sa Citroën Berlingot, d'Amiens jusqu'à la Méditerranée, à la rencontre des Français des ronds-points, retraités, sans emploi, intérimaires. Serge, André, Cindy ou encore Rémi, tous gilets jaunes en décembre dernier. La politique, ça ne nous intéressait plus du tout. Parce qu'on était bernés depuis des décennies, parce qu'on n'avait plus confiance en eux. Ils nous mentaient. Et finalement, maintenant, avec cette petite porte ouverte, on se dit que peut-être on va changer le cours de l'histoire.

Du coup, on a envie de retourner aux urnes, on a envie d'apprendre. Tu as presque trouvé du boulot avec les gens. Oui, en fait, j'ai rencontré un artisan. Je l'ai rencontré en fabriquant le magnifique château. Le château des Gaulois. Oui, oui. J'invite tout le monde à venir sur les points de rassemblement. Ça marche beaucoup mieux que le pôle emploi. L'intervention de Macron, j'ai pleuré. Et quand je pleure, ce n'est pas bon.

1:05
François Ruffin

Pourquoi tu as pleuré ?

1:06
Invité

Parce que je pensais à mes enfants. Je n'ai même pas de quoi leur prendre des livres ou des cadeaux. Ils s'en foutent. Ils ne veulent pas des marques. Ils ne veulent pas des... Et ça me faisait de la peine parce que je travaille, je fais des boulots qui me mettent dans la merde, en fait, parce qu'ils sont toujours précaires et que ça finit ce cours populaire à la fin du mois. Monsieur le Président, vous avez fait pleurer Marie. Marie, ce sont les premiers mots en faisant référence à cette séquence du pamphlet politique que François Ruffin adresse à Emmanuel Macron. Ce pays que tu ne connais pas, il est ce soir notre invité. Un mot sur le plateau, c'est à vous.

Un mot sur ce film, Je veux du soleil, qui sortira en salle le 3 avril et qui vous montre à la rencontre des Gilets jaunes, ces Français qui ont occupé les ronds-points à partir de novembre. Et vous les avez rencontrés en décembre dernier. Des Gilets jaunes qui se confient à vous, qui vous racontent pour la première fois parfois, c'est la première fois qu'ils se confient, qu'ils racontent leur quotidien impossible, qu'ils auraient peut-être tu quelques semaines plus tôt. Tous les témoignages y sont bouleversants. Il y a du courage, il y a de la dignité à chaque fois.

Votre volonté, c'était de montrer que le mouvement n'était pas celui de fachos qu'on voulait nous montrer trop souvent, selon vous. Quitte à être vous-même manichéen, à opposer les gentils, les Gilets jaunes, solidaires, pacifiques, aux méchants, le Président, les ministres, les médias et les forces de l'ordre ?

2:39
François Ruffin

En tout cas, moi, je sais pourquoi, dès le 17 novembre, je me suis senti en empathie avec les Gilets jaunes. Parce que ça fait 20 ans que je crois que ces gens-là, dans le secret de leur appartement, en tant que reporter à Fakir, et ça fait 20 ans qu'ils chuchotent leur frigo trop vide, leur difficulté à mettre leur enfant en centre de vacances, leur impossibilité à partir l'été. Mais ils le disent avec honte. Parce que je dis souvent, les pauvres se cachent pour souffrir. Et là, les Gilets jaunes, c'est ce temps où les invisibles deviennent hypervisibles en revêtant un gilet jaune et en étant visibles jusque dans la nuit. C'est le temps où les muets deviennent bavards.

Et ce sont les temps où les gens qui sont écrasés par la résignation se remettent à espérer. Et donc, voilà. Moi, ça fait 20 ans que je l'attends. Ça fait 20 ans que j'attendais que mon coin, dans la Somme, et donc le 17 novembre, je suis à Fixecourt, je suis à Abbeville, je suis au carrefour de Amiens-Nord, je suis à Camon. Et j'allume ma radio sur France Inter. C'est la radio que j'écoute à 18h en rentrant. On a fait une balade en Harley-Davidson et ça avait un côté Mad Max parce qu'on était les seuls à circuler sur les routes ce jour-là. J'allume ma radio et j'entends heure aux places de la Concorde à Paris.

Je me dis, mince, même quand c'est la France périphérique qui se réveille, il faut qu'on soit ramené encore à la centralité parisienne. Alors que ça se passe, ça s'est passé dans des tas de bled de France. Et donc, voilà.

4:01
Invité

Ce que vous vouliez montrer, ce sont des Gilets jaunes ou les Gilets jaunes ?

4:05
François Ruffin

Non, non, non. Moi, ce n'est pas un film. Ce n'est même pas un film sur le mouvement des Gilets jaunes. On n'y aborde pas les revendications. On n'explique pas comment le mouvement se construit.

4:12
Invité

On ne montre pas aussi ce qui a été décrié à juste titre.

4:15
François Ruffin

On évite les porte-paroles. Il y a un choix d'éviter les porte-paroles. Parce que les porte-paroles, ce sont déjà des gens qui parlent au nom du « nous », au nom du « on ». Et nous, moi, mon projet, c'est de faire le lien entre l'intime et le politique. Qu'est-ce qui fait que des personnes qui sont handicapées, qui sont intérimaires, qui sont auto-entrepreneurs, qui sont artisans, qui jamais n'ont manifesté, d'un seul coup, vont sortir de chez eux et sortir d'eux-mêmes ? Et je pense qu'on saisit ce moment très particulier dans l'histoire de France, où ça se produit, où il y a un surgissement.

Et peut-être que, c'est sûr qu'un mois avant, pour recueillir les mêmes témoignages, ce serait impossible, la situation est gelée. Et peut-être qu'aujourd'hui, la situation serait de nouveau gelée. Mais on arrive dans ce moment-là, qui est un moment d'accélération de l'histoire, de l'hypération de la parole, et où les gens sont habités par une espérance que peut-être, ensemble, ces isolés vont réussir à changer leur sort et le sort du pays.

5:07
Invité

À plusieurs moments dans le film, vous vous mettez dans la peau d'Emmanuel Macron. Vous dites à ceux que vous interrogez, je suis Macron, je suis le président, qu'avez-vous à me dire ? À la fin du film, vous déclamez même une sorte d'anaphore qui a fait penser à celle de François Hollande. Vous dites, moi, président, je vous dirai que je vous aime et que ce soleil, ce bonheur, vous y avez droit à regarder cette séquence.

5:26
François Ruffin

Si j'étais Macron, qu'est-ce que je dirais ? Qu'est-ce que je dirais ? Les Corinne, les Karine, les Loïc, les Calèdes, les Kamel, les Marie, je vous aime, quoi. Je vous aime. J'aime ce que vous avez fait cet automne. Là, c'est comme une brèche que vous avez ouverte. Une brèche dans vos consciences. Une brèche dans les consciences de ceux qui l'ont vécu, mais de ceux qui l'ont vu. Une brèche dans les consciences de tous les pensées. Une brèche dans ma conscience à moi aussi, de président de la République. Une brèche ouverte avec du soleil derrière. Et moi, comme président de la République, je veux vous dire que ce soleil, vous y avez tous droit. Ce bonheur, vous y avez tous droit.

Et moi, comme président de la République, je vais me bagarrer pour que vous tous, tous les Maris, tous les Loïc, tous les Serge, tous les Denis, tous les Alain, que vous ayez droit à ce bonheur.

6:30
Invité

Moi, président de la République, cette expression, elle revient à plusieurs reprises. Est-ce que vous vous imaginez vraiment dans l'impôt d'un président de la République ?

6:38
François Ruffin

Oui, je veux dire, moi, je fonctionne à l'empathie. Et là, j'ai une très grande empathie pour tous les gens que j'ai rencontrés et pour la dernière personne qu'on voit à l'écran qui est Marie. Et je dirais que j'ai de l'empathie pour Macron. Je me dis, bon sang, si j'étais Macron, à la place d'avoir ce discours sur la foule haineuse d'un côté, sur les mains posées en statue de cire, comme ça. Ça, c'était le 10 décembre dernier. Voilà. Si, à la place d'être ça, qu'est-ce que je dirais ?

7:06
Invité

Il n'a pas eu de l'empathie ce jour-là ? Il a parlé des merceaux, des femmes noires ?

7:09
François Ruffin

C'était mécanique, c'était robotisé. Ça sentait que ce n'était pas habité par de la chair, ce n'était pas habité par du vécu, qu'il n'avait pas eu une relation établie avec ces personnes. Et vous, ce que vous nous dites, c'est que vous avez envie d'être leur président de ces gens-là, de ceux-là. Vous, c'est votre lecture. Moi, je sais que le président de la République, quel qu'il soit, son obsession, ça devrait être de se demander comment je sors les Marie, les Cindy, les Loïc, comment je les sors de la galère, comment je leur rends du soleil, comment je leur rends du bonheur. Moi, c'est mon obsession.

7:44
Invité

Votre obsession au point d'un jour, briguer ce poste-là ?

7:47
François Ruffin

Non, ça, je l'ai dit ce matin. C'est pas impossible. Je veux dire, je vois le fossé entre moi et un chef de l'État. Ceci dit, je vois des fois le fossé entre Macron et un chef de l'État aussi.

7:59
Invité

Vous dites aussi que c'est en vous aussi, que c'est presque qu'on vous l'inocule, que c'est presque comme une tumeur qui grossit, qu'on ne peut presque rien y faire à son envie.

8:08
François Ruffin

La folie de cette Ve République, c'est pas moi qui l'invente, c'est une folie de la Ve République et une folie des chroniqueurs politiques qui fait qu'il n'y a que la course de chevaux. Moi, je viens en tout cas, là, pendant ce temps.

8:19
Invité

– Vous n'allez pas poser cette question si je n'avais pas assisté à cette question ?

8:23
François Ruffin

– Oui, mais on peut retenir, oui, mais après, il y a d'autres moments dans le film ou dans le livre, aussi, c'est un mode de déclenchement. Comment on fait pour réveiller quelque chose chez les gens ? Eh bien, il se trouve que par l'humour, allez, imaginez que je suis Macron, qu'est-ce que vous me dites ? – Oui, ça déclenche la parole. – Ça déclenche la parole, ils ont quelque chose à dire au président de la République. – Et puis, Macron et vous, alors, ça commence dès la quatrième de couverture avec ces deux vignettes façon amicalement vôtre, les deux gamins adolescents, Ruffin et Macron. Vous êtes né en 75, deux ans avant Emmanuel Macron. Vous avez grandi à Amiens comme Emmanuel Macron.

Vous avez été scolarisé dans le privé à la Providence comme Macron avant que vos chemins se séparent et deviennent antagonistes. Pour vous, centre de formation des journalistes, fondation du journal Fakir, réalisateur du documentaire Merci Patron, aujourd'hui député. Et puis, contrairement à Macron, vous détestez Emmanuel Macron, c'est rare en politique de brandir, de revendiquer une haine… – Non, c'est pas vrai, mais bon… – Attendez, attendez, de revendiquer une haine personnelle, viscérale, physique. Votre tête ne me revient pas, écrivez-vous, entre autres amabilité, dans ce livre où vous vous adressez, on l'a dit, au président. Cette haine, elle date d'avant même son élection.

Je rappelle cette tribune parue entre les deux tours de la présidentielle. Vous êtes lettre ouverte à un futur président déjà haï. Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï, vous le répétez 13 fois. Et en décembre dernier, même mouvement, c'est le même esprit, même mot, on est au troisième samedi de mobilisation des Gilets jaunes. Vous convoquez, micro et caméra, tout près de l'Elysée, à l'avenue de Marigny. – L'orgueil du président de la République, sa surdité, son obstination, son absence de concession sont une machine à haine. Qu'ai-je entendu durant deux jours ? Il va terminer comme Kennedy. Si je le croise, tant pis, je monterai en prison. Vous voyez la croix sur le terre-plein ?

Il va finir pareil. Ces mots sont prononcés par des atterrimaires, par des retraités paisibles, des habitants ordinaires. Que disent les Français que j'ai rencontrés ? Que M. Emmanuel Macron doit maintenant partir. Qu'il doit partir en auto, en moto, à cheval, en trottinette, en hélicoptère, mais qu'il doit partir. – Macron doit partir, disent les Français que j'ai rencontrés. En l'occurrence, c'était les Gilets jaunes. Le lendemain, vous étiez sur un plateau de télé. Je me souviens, vous avez dit non, non… – Le soir même. – Le soir même. J'ai pas dit ça, c'est pas moi qui parlais. Vous avez regretté un peu cette vidéo ?

– Oui, je pense qu'en termes de mise en scène, c'est parce qu'on fait de mieux. Alors que d'habitude, la mise en scène, c'est plutôt mon fort. Donc voilà, après, vous avez coupé les deux phrases, je tiens à signaler, vous avez coupé les deux phrases, je vous ai dit, ces propos, durant deux jours, je me suis appliqué à les tempérer, à argumenter, à modérer, la violence ne mène à rien. – Oui, mais vous l'avez relayé ensuite devant les caméras. – Non, ça, je l'ai dit, mais vous coupez comme par hasard… – Non, c'est pas comme par hasard.

– Non, mais vous coupez les deux phrases, qu'importe, mais vous coupez les deux phrases où, quelle est ma position, c'est que moi j'entends ça sur les ronds-points. Et je vous dis que c'est pas le moment dont je suis le plus fier dans ma trajectoire, mais j'entends ça sur les ronds-points, et je vois une espèce de surdité du pouvoir qui ne fait aucune concession. – Est-ce qu'il faut aller le répéter devant les caméras ? – Non, en tout cas, moi, je ne dis pas que c'est ce que j'ai fait de mieux, attention, mais je dis que comment je fais pour déboucher les oreilles du président de la République et pour faire que…

parce que vous avez vu ce qui s'est massé le lendemain, c'était au plus envolé, ça s'est fait courser par les gilets jaunes. Je veux dire, mon truc ne n'est pas de rien. Quand je dis en 2017 « vous êtes haï », c'est une intuition que j'ai du sentiment des classes populaires à l'égard des gars. – Mais on peut vous reprocher d'alimenter cette haine, de l'amplifier, de l'eximer. – Moi, je suis là pour secouer le pouvoir, pour lui, ou faire ouvrir les oreilles, pour qu'il soit attentif aux ouvriers, aux employés, aux chômeurs, aux retraités, pour qu'il soit attentif à ces catégories dont il est éloigné dans toute sa trajectoire.

Et quand même, le cœur de mon livre, c'est une biographie non autorisée, qui montre tous les lieux de pouvoir par lesquels passe Emmanuel Macron. Alors, la Providence, tout comme moi, Henri IV, Sciences Po, l'ENA, Bercy, la Banque Rothschild, ensuite le secrétariat général de l'Élysée. – Écoutez, dans votre livre, c'est l'homme sans qualité, pour reprendre le livre fameux, mais vraiment sans aucune qualité. – Non, je ne crois pas. – Attends, j'ai relevé, bourgeois, mais comme vous aussi, d'origine, banquier, méprisant, mondialiste, intellectuel médiocre, écrivain raté, un être humain totalement dépourvu d'empathie, voire d'amour, c'est ça que vous écrivez dans le livre.

– Je pense que, par exemple… – Comment est-ce possible, on se dit, comment un tel monstre a pu accéder au plus haut niveau de l'État ? – Je termine sur… dans tous ces lieux de pouvoir, la question que je pose, c'est à quel moment a-t-il établi une relation avec un intérimaire ? À quel moment a-t-il établi une relation avec des personnes qui sont surendettées ? À quel moment a-t-il établi une relation avec une caissière de Carrefour ? À quel moment a-t-il établi une relation avec une auxiliaire de vie sociale ?

13:19
Invité

– Ce n'est pas pour lui, mais pour d'autres responsables politiques ?

13:21
François Ruffin

– Oui, mais justement, je pense que ce que je produis là, c'est un portrait d'une caste. C'est un portrait d'une caste qui vit dans un entre-soi, protégé par des barrières, et qui n'en sort que rarement. En revanche, Emmanuel Macron, tout au long de sa carrière, on peut lui reconnaître ça, cette qualité, il a une capacité de séduction. Emmanuel Carreyr dit qu'il pourrait séduire une chaise. Donc voilà, il a une capacité de séduction. Et tout au long de ses 20 ans de carrière, il a eu une stratégie de séduction de la caste, les uns après les autres. Et autant il n'a aucune relation avec les gens normaux, autant il a de fortes relations avec les gens d'argent.

Il dit une fois par semaine, quand il est ministre de l'économie, il dit une fois par semaine, on l'apprend, avec Bernard Arnault, première fortune de France, patron de Carrefour et de LVMH, du Parisien et de l'Opinion. Bon, je veux dire, c'est quand même particulier quand on dit une fois par semaine. Là, il y a une vraie relation qui est établie. À quel moment il a la même relation avec un intérimaire ? Il est dans un mode de fusion avec l'oligarchie.

Et je pense que ça pose problème, à la fois dans les décisions qu'il prend, qui sont des décisions en faveur de l'argent, la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, alors qu'en même temps, on supprime des contrats aidés, les contrats emplois de solidarité. C'est quand même hallucinant. Et en même temps, dans sa capacité d'empathie, je le dis, dans sa capacité d'empathie avec les gens, il ne les contreprend pas. Il y a une barrière entre lui et le français qui galère avec ses factures. C'est quelque chose qu'il ne comprend pas. Et je dirais que ça fait presque une différence par rapport à la droite traditionnelle.

Oui, oui, par rapport à la droite traditionnelle, dont on peut moquer le corsus honorarum, qui passe adjoint, qui passe maire, qui passe conseiller départemental. Non. Et au fil de ça, on gère un office HLM, on rencontre des gens, on a tout ça. Et là, Emmanuel Macron, en franchissant d'un seul coup les barrières... C'est la fonction d'élu local, simplement. Oui, mais la fonction de... La fonction de l'élu local, même de droite, il a un truc de rapprochement avec les gens. Tout à l'heure, vous nous avez dit, vous avez fait une charge, c'est dans votre livre, contre le présidentialisme. Vous dites, moi, c'est le président tout court dont je ne veux plus.

En produisant une charge d'une telle violence contre Emmanuel Macron, personnellement, vous laissez entendre, vous laissez penser que la solution, c'est de le virer et d'avoir à sa place un président plus aimable. Et donc, on garde le même système, au fond. Il y a qu'il faut avoir un président qui mène une politique en faveur des gens plutôt qu'en faveur de l'argent. Moi, je pense que là, on arrive... C'est François Bayrou qui parle d'une opération Macron qui a mené directement les financiers à s'emparer du pouvoir politique à l'Élysée. Et je pense que Macron est la traduction de ça. Donc, en effet, je souhaite qu'on n'ait plus un président qui serve les gens plutôt qu'il ne serve l'argent.

Mais au-delà de ça, il est évident qu'il faut changer. Je dis, je ne veux plus de ce président, mais je ne veux plus d'un président soleil autour duquel la vie démocratique, toute la vie démocratique tourne comme un as. Vous savez, moi, je suis un amoureux de la Révolution française. Et pourquoi la Révolution française, elle est belle ? Parce qu'elle est plurielle dans ses figures. Dans la Révolution française, vous avez Mirabeau. Et moi, je fais mien, Mirabeau. Vous avez Danton. Je fais mien, Danton. Mais oui ! Contre Robespierre. Mais je fais mien, Robespierre aussi, vous savez. Ah bon ? Ah ben, il ne faut pas choisir. Non, non, non, il ne faut pas choisir.

Vous savez, quand vous lisez Jaurès, que je fais mien aussi, parce que je m'inscris, moi, dans cette tradition. Je n'ai jamais dit que je n'étais pas de gauche. Je suis de gauche. Je m'inscris dans cette tradition. Quand on lit l'histoire socialiste de la Révolution française en sept volumes par Jaurès, il fait sien Mirabeau, il fait sien Danton, il fait sien Camille Desmoulins. Aujourd'hui, ils ne sont pas très nombreux à défendre Danton, mais c'est une parenthèse. Non, mais donc, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que moi, j'espère qu'on aura un système qui permettra un pluralisme des visages, et non pas un visage unique, où, en effet, c'est la cour du roi Macron, il y a ceux qui sont poux, on a l'impression qu'on est au royaume de saint... C'est Saint-Simon qui a écrit la chronique de Louis XIV. Et les paysans, derrière, on ne les voit pas. Et aujourd'hui, les ouvriers, les employés, les chômeurs, les retraités, les intérimaires, les auto-entrepreneurs, et ainsi de suite, on ne les voit pas. Alors, on comprend bien vos objectifs. Je vous ramène une minute, j'allais dire, à la cuisine politique. C'est un peu plus que de la cuisine. Vous savez que je n'aime pas ça.

En termes de stratégie, la question, c'est est-ce que la faim justifie les moyens ? Est-ce qu'on peut faire front avec n'importe qui ou avec tous ceux avec qui on partage un ennemi commun, en l'occurrence Emmanuel Macron ? Je voudrais vous faire écouter, on vous a sans doute déjà rapporté ça, ce qu'a dit le candidat du Rassemblement National, Hervé Juvin, l'autre jour à France Culture.

17:44
Présentateur

Il y a une chose très intéressante dans ce que je connais du positionnement politique de François Ruffin, c'est qu'en effet, il me semble très conscient de la question des frontières et de la question des limites. Et quelque part, il est en train de rompre avec l'internationalisme naïf qui fait que, d'une manière ou d'une autre, la gauche socialiste a trahi le peuple. Jusqu'où ira-t-il ? Je n'en sais rien. Mais il est clair que sur beaucoup de ses positions, les convergences avec les positions que je peux défendre ne manquent pas. Et peut-être est-ce qu'elles dessinent un nouvel avenir ?

18:16
François Ruffin

Parfait d'avenir pour un parti national et populaire. Moi, juste, d'abord, Juvvin, je ne savais pas qui c'était. Au début, j'ai cru que c'était Patrick Jouvet, le chanteur, qui m'apportait son soutien. Et j'en étais très heureux. Donc, vous voyez, il y a des gens qui se mettent à exister parce qu'ils disent « Oh, on va aller construire un truc, on lance Ruffin ».

18:31
Invité

On n'a jamais entendu parler de lui.

18:33
François Ruffin

Non, mais je vous assure que la tambouille politique, je m'en tiens souvent le plus éloigné.

18:39
Invité

Oui, finalement, ce n'était pas Patrick Jouvet. Oui, voilà.

18:42
François Ruffin

Donc, je m'attendais. Bon, voilà. Alors, je suis dit, depuis, j'ai appris ça. Je veux dire, moi, je le dis clairement, je fais mien à la Révolution française, je fais mien à la Commune, je fais mien à Jaurès, je fais mien à le Front populaire.

18:52
Invité

Mais pas le Rassemblement national.

18:53
François Ruffin

Mais non, je veux dire, chercher sur le parking des Whirlpool, mais en plein d'autres endroits, je me bagarre contre le Rassemblement national, c'est-à-dire, je me bagarre ma lecture du monde. Et on peut la considérer comme manichéenne, on peut la considérer comme simpliste, on peut la regarder comme archaïque. Mais, reconnaissez-moi ma cohérence. C'est une lecture de classe. C'est une lecture du capital contre le travail. C'est une lecture des petits contre les gros. C'est une lecture des salariés, des entrepreneurs, des artisans contre les actionnaires. C'est ça, ma lecture du monde.

Et donc, quand je suis sur le parking des Whirlpool, mais comme je suis sur plein d'endroits ailleurs, ma bagarre, c'est de dire aux gens, mais attendez, votre adversaire, ce n'est pas les réfugiés, ce n'est pas les assistés, ce n'est pas les immigrés. Si vous avez été licencié chez Whirlpool, c'est Jeff Fettig, dont visionnirait le nom, le PDG américain. Ce sont les actionnaires Vanguard Group. C'est le triplement de la part des dividendes depuis les années 80. Voilà mon moteur. Donc, voilà. Et donc, de ce point de vue-là, pas d'alliance et pas de partenariat.

19:54
Invité

Ah, monsieur, j'y vais. Sur le style, il est évident que votre style ne ressemble pas à celui de Macron et lycée de Versailles. Mais en parlant de lycée, on a évidemment été frappés tous par ils viennent du même lycée. Il y en a quand même quelques-uns en France. Mais vous avez expliqué ce matin à Jean-Jacques Bourdin que dès le lycée, vous vous étiez séparés. Et votre formule, ce matin, vous n'êtes jamais croisés. Mais vos chemins se séparaient. Vous, vous alliez vers les gens. Et lui, il allait vers la casse. C'est ce que je vous ai entendu dire.

20:21
François Ruffin

Ah, mais je pense que ça, c'est... Après, moi, je ne sais pas qui j'étais exactement. Vous savez, c'est difficile de se définir. Je sais que j'étais déjà un révolté. J'ai lu un papier qui disait finalement Ruffin et Macron, c'est l'opposition de deux christianismes. Je suis un chrétien athée. Je fais mir un Christ qui est un Christ humain, mais qui n'est pas le fils de Dieu. Bon, enfin, ça délire peut-être un petit peu. Mais ceci dit, voilà. Moi, déjà, à cette époque-là, j'ai refusé de faire ma première communion parce que j'avais le sentiment qu'il y avait plein de monde qui faisait sa première communion pour avoir une montre en or. C'était le vodore du collège. Moi, je ne voulais pas ça.

Donc, je sais que j'avais quelque chose en moi à ce moment-là.

20:55
Invité

Vous aviez honte, déjà, d'être dans ce collège-là ? C'est ce que vous expliquez dans le livre. Oui, oui.

20:59
François Ruffin

En tout cas, j'ai toujours refusé l'uniforme naf-naf chevignon. Voilà. Mais ceci dit, je pense qu'Emmanuel Macron était lui-même différent dans un autre registre. Et je ne sais pas si c'est à ce moment-là que nos parcours se séparent vraiment. Parce que moi, je considère que j'ai réussi comme artiste. C'est mon orgueil. Moi, je considère que comme artiste, j'ai réussi. Je suis désolé, j'ai fait un film qui a eu du succès, qui a remporté un César. J'ai une quinzaine de bouquins derrière moi. On en pense ce qu'on veut. Mais voilà, j'ai une œuvre. Et c'est vrai que j'ai l'orgueil de dire qu'Emmanuel Macron n'a pas d'œuvre. Et finalement, il se voulait écrivain. Il se voulait homme de théâtre.

Il se voulait tout ça. Il est président. Oui, je trouve que c'est un échec. Je suis désolé pour lui. Mais franchement, je ne comprends pas. Il a basculé vers la politique parce qu'il n'a pas réussi comme artiste. Parce qu'il ne voulait pas faire la compète avec vous. Non, parce qu'on ne se connaissait pas. Je ne connaissais pas du tout les entrées. Je pense qu'il y a un moment où il y a un choix. Je dis, moi, j'appartiens à la classe intermédiaire. Et la classe intermédiaire, c'est une classe qui, à un moment, peut choisir qui elle sert. Si elle sert l'oligarchie ou si elle sert les gens, ainsi de suite.

Et je pense qu'à un moment, Emmanuel Macron, par un espèce de glissement, par une capacité de séduction, parce que le pouvoir, les honneurs et l'argent se trouvent de ce côté-là, il est avalé par, pour moi, le côté obscur de la force. Et moi, je vais me sauver d'une dépression, on va dire, de longue durée. Je vais m'en sauver par les gens, par l'écriture et par les gens. C'est les gens qui me sauvent. C'est d'aller voir les gens qui me sauvent en permanence. Et encore, là, pendant cet automne, aller voir les gens,

22:31
Invité

c'est encore ce qui me sauve. Et donc, quand vous êtes élu l'un et l'autre, vous êtes très différent de tous vos prédécesseurs, lui, en tant que président, et vous, comme député. Mets la chemise dans le pantalon, s'il vous plaît. La chemise dans le pantalon. Merci.

22:45
François Ruffin

Le maillot que je porte aujourd'hui, c'est celui de l'Olympique au Courtois. C'était le club de mon ami Antoine. Dans le film Spiderman, le super-héros énonce cet adage. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. À quel coup de bol, on se dit ? Notre président va taper du poing sur la table. On le connaît, Manu. Il sépare les caches aux Gaulois réfractaires. Pour les pauvres, c'est toujours en miédion. Pour les riches, c'est en milliards. Alors, Madame Buzyn, nous vous le demandons. Faites ça. Participez aux échanges. Vous êtes contentés, en groupe, en troupeau, de voter contre, contre, contre, contre. Devez lever la main en cadence. Très sincèrement, j'ai décidé de démissionner.

Ah, de démissionner. Oui, j'ai décidé d'arrêter.

23:38
Invité

De démissionner.

23:39
François Ruffin

Oui, au mois de juin, je passe à autre chose.

23:42
Invité

Vous jetez l'éponge, vous arrêtez.

23:44
François Ruffin

C'est en avril.

23:45
Invité

Ah. D'accord. Ah là là, mais vous le faites bien, le comédien, là. Elle a bien marché, Apolline. Mais au-delà de rentrer avec un sourire narquois à votre chemise, dans votre pantalon, il y a une manière dans le ton, dans le phrasé, qui n'est pas seulement provocateur. Il y a une espèce... C'est très rare chez un homme politique qui rentre parmi les élus. Vous avez une absence totale de respect conventionnel. Pas forcément d'estime, mais de respect conventionnel. Vous avez toujours été comme ça ? Non, je crois que j'étais un élève respectueux et tout ça.

24:15
François Ruffin

Mais vous savez, moi, j'arrive dans le monde politique comme une espèce d'anomalie et qui fait que j'ai 20 ans de journalisme, de reportage dans mon petit journal, dans mon coin. Et je pense que j'arrive avec... Vous savez, j'aimerais bien être bilingue. J'aimerais bien être bilingue, c'est-à-dire que j'aimerais bien... Je vois les copains qui savent manipuler la langue du pouvoir, mettre des rondeurs et tout ça. Et moi, j'aimerais bien pouvoir faire ça et pouvoir parler normalement. Et je n'arrive pas à parler la langue du pouvoir.

24:45
Invité

Non, vous parlez très fort tout le temps.

24:46
François Ruffin

Oui, je me reproche. Oui, oui, je sais que... Mais je sais pourquoi je suis là, vous savez.

24:51
Invité

Mais vous êtes un homme politique à part. C'est vrai. Et dans ce livre, dont vous dites que c'est un peu une autobio non autorisée...

24:58
François Ruffin

Une biographie, non autorisée.

24:58
Invité

Une biographie. Vous faites une confidence rare dans la bouche d'un homme politique et rare dans la bouche d'un homme tout court. Alors que vous interpellez Emmanuel Macron en disant « Avez-vous connu le doute ? Avez-vous connu la fragilité ? Avez-vous connu la médiocrité ? » Vous revenez sur votre cas et vous écrivez sans me vanter. Et il n'y a pas de quoi, d'ailleurs, sans vanter. Mais j'ai connu ça. Des années durant, la médiocrité, la nullité, le sentiment de n'être rien et de ne rien valoir. Des années de dépression, de dépréciation, une merde. Juste une merde et l'envie d'en finir. Et vous ajoutez, je connais ça encore à l'occasion, des failles, des rechutes.

Est-ce que ces idées noires, elles vous traversent encore aujourd'hui ?

25:38
François Ruffin

Moins. Vous savez, c'est Gramsci qui parle du pessimisme de la lucidité et de l'optimisme de la volonté. Là, je suis habité quand même par une forme d'action. Aussi, vous savez, être valorisé dans le regard des gens, avoir de la reconnaissance. Vous savez, être reconnu. Mais même, vous voyez, à l'entrée du studio, il y a des gens qui viennent se faire prendre en photo. Ce n'est pas que je souhaite ça en permanence avec moi. Ce n'est pas que je souhaite ça en permanence. Mais je pense que ça produit une hormone dans le cerveau. J'aimerais bien savoir laquelle. Mais je pense que ça produit une hormone.

Et se sentir pas reconnu, je veux dire, en général, de produire des écrits, des choses qui ne sont pas reconnues, je pense que ça a de la dépréciation. Ce qui n'est pas mon cas aujourd'hui. Moi, je bénéficie d'une reconnaissance.

26:17
Invité

Vous voulez être reconnu et aimé.

26:18
François Ruffin

Oui, c'est vrai. Vous avez envie d'être aimé. Non, mais c'est paradoxal. C'est typique d'un homme politique, quand même. Mais ceci dit, je pense que... Moi, pourquoi je le mentionne ? Parce qu'il y a plein de moments où j'essaye de me souvenir... Je suis toujours fragile, de toute façon. Dans cet univers politique qui est un univers violent, je me sens toujours fragile. J'ai envie de jeter l'éponge quand même assez régulièrement. Et c'est pour ça, peut-être, que j'interprète correctement mon poisson d'avril. Mais voilà. Je pense que s'appuyer sur les failles de ce qu'on a été, ça permet de mieux comprendre les gens qui, aujourd'hui, sont dans la peine.

Qui sont dans la peine parce qu'ils ont des difficultés à terminer leur fin de mois. Mais aussi parce qu'ils se demandent quel est le sens de leur existence. Pourquoi on se lève le matin ? Qu'est-ce qu'on a à faire dans la vie ? Voilà. Et je pense que les gens sont habités par ce doute, par cette inquiétude. Et donc, aller chercher en soi ce moment où on a été ça, ou bien même la semaine d'avance, qu'il reste de fragile en soi, c'est une manière de comprendre la fragilité des hommes qu'on croise. Et je pense que c'est un manque d'Emmanuel Macron. Je le dis, je pense que c'est un manque d'Emmanuel Macron.

27:24
Invité

Peut-être qu'il aurait la même empathie que vous, face à ces hommes et ces femmes, chez qui vous allez, chez qui vous vous invitez dans ce film, Jeux du Soleil. On ne peut pas rester indifférent à ce qu'il vous raconte. C'est impossible, François Riffon. On va continuer à évoquer l'actualité.