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AutreFrance 3 Auvergne· 13 mai 2015 29 minMixte

La Voix est Libre - invitée : Danielle Auroi (députée EELV du Puy-de-Dôme) 09/05/2015 - 1ère partie

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0:03
Présentateur

France 3 Auvergne. Bienvenue sur France 3 Auvergne dans la voie libre, voie libre politique. Cette semaine, voilà maintenant trois ans que François Hollande est président de la République. On en a parlé cette semaine. Ça fait donc à peu près également trois ans que bon nombre de députés sont sur leur siège, occupent leur siège depuis 2012, dont l'une d'entre elles, une députée écologiste, c'est d'ailleurs la seule députée écolo d'Auvergne, Danielle Roy. Elle sera mon invitée dans un instant et avec elle, nous ferons un petit peu le bilan de ces trois premières années.

Nous recevons également le responsable des Verts en Auvergne, histoire de parler d'avenir et notamment des futures élections régionales. Quel programme, quel candidat, quelle doctrine pour ces élections régionales ? C'est donc le thème de la voie libre, place Auvergne.

0:42
Invité

En photo de Danielle au Roy, nous sommes allés à la rencontre des habitants de la troisième circonscription. Chamalière, Roya ou Place Saint-Pierre à Clermont-Ferrand, les hésitations s'enchaînent. Qui est cette dame ? Je ne la connais pas.

1:10
Présentateur

Je ne sais pas. Aucune idée ? Aucune idée. Je n'aurais pas reconnu, je ne la connais plus, je ne la reconnaissais pas. Ça fait des années que je ne l'ai pas vue.

1:17
Invité

C'est elle qui a débuté actuellement sur la circonscription ? Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout. Danielle au Roy ? Non, je ne sais pas du tout. Ça ne vous dit rien ? Non, du tout, non. Du tout. Là, vous me posez une colle parce que je ne connais pas. Puis il y a ceux qui la reconnaissent, mais lorsqu'il s'agit de nommer son parti ou les causes qu'elle défend...

1:36
Présentateur

Danielle au Roy, oui.

1:38
Invité

Qui est-elle ? Quelle est sa fonction ? Elle est au Parlement européen. Et Mme Roy, elle est sur le Parti socialiste ?

1:45
Présentateur

Pas d'erreur ? PS. PS, vous êtes sûre ? Ah, ou peut-être les Verts. Comme elle est écologique dans cette mouvance, je suppose qu'elle défend les valeurs écologiques. Mais en soi, concrètement, je ne sais pas ce qu'elle défend.

2:01
Invité

Une méconnaissance qui serait due à plusieurs facteurs selon les habitants de la circonscription.

2:07
Présentateur

Pas assez de communication et puis voilà, après, peut-être que si, on a un côté blasé au niveau politique en ce moment. Et puis voilà, donc on s'y intéresse moins. Je pense qu'il y a de ça aussi. On aimerait un peu plus de communication et qu'il soit plus présent, surtout à l'Assemblée. Daniel Roy, bonjour. Bienvenue dans La Voix est libre. Alors, évidemment, ce qu'on vient de voir n'a pas valeur de sondage. C'est une petite promenade un matin dans votre circonscription. D'autant qu'il n'y avait que des femmes, j'ai remarqué. Oui, mais c'était Roya Chamalière. Oui, c'était Autour de Chamalière qui fait partie de votre circonscription. Tout à fait. Tout de même, est-ce que…

Alors, j'ai un petit peu, évidemment, travaillé pour préparer cette émission. Vous êtes une députée très travailleuse, très bonne élève, très présente à l'Assemblée. Vous êtes dans les meilleurs. Je suis la quatrième. Voilà, vous êtes dans les meilleurs. Présente à l'Assemblée, première femme. C'est pour ça qu'il faut répondre à la dame d'an dernier, que si je suis très présente à l'Assemblée, je suis la quatrième. D'où vient ce manque de notoriété ? Est-ce que vous avez le sentiment de ne pas être assez connue après trois ans de mandat ? Écoutez, je pense que si on demande aux mêmes personnes le nom des deux autres parlementaires, ce sera à peu près le même résultat.

Peut-être André Chassaigne-Pré, parce que lui, comme il préside son groupe, les présidents de groupe sont toujours plus visibles. Je pense que donc, il y a la question de… On sait qu'on a des députés élus. On ne sait pas forcément ce qu'ils font parce que l'Assemblée nationale, c'est loin. On connaît plus quand c'est sur le terrain. Et effectivement, sur les sujets que je traite sur le terrain, les gens qui s'occupent du thermalisme me connaissent, ceux qui s'occupent de l'agriculture me connaissent. C'est plus des choses comme cela. Est-ce que ce n'est pas dangereux ? Je ne sais pas si dans deux ans, vous serez candidate de nouveau à ce poste de député.

Mais est-ce que ce n'est pas aussi près de l'échéance qu'on s'en approche quand même ? Est-ce que ce n'est pas une question qu'il faut se poser ? Est-ce qu'il ne faut pas faire revenir à une politique, pardon pour le terme, un peu plus clientéliste ou je ne sais pas comment on dit, ou plus médiatique ? Plus médiatique, c'est un petit peu aux médias aussi à dire, à valoriser les parlementaires, et non pas simplement s'ils sont fils d'eux ou filles d'eux, mais à valoriser tout le monde. Je ne vois pas du tout à qui vous faites allusion. Je ne sais pas, moi non plus. Il faut valoriser tout le monde.

La deuxième chose, c'est que je crois que malheureusement, ça démontre que le politique, quelque part, est de moins en moins connu du citoyen, parce que le citoyen ne sait plus ce que feront vraiment les politiques. Et pas seulement sur le terrain, on connaît bien son maire. Ensuite, si je demande aux mêmes personnes que vous avez interrogées, qui sont ne serait-ce que les élus régionaux, ils ne sauront pas plus. Et c'est sans doute, du coup, à la forme politique qu'il faut s'adresser. Peut-être qu'il y a trop de césures, et pas assez de communication quotidienne. Non pas de la part des élus, parce qu'on n'a pas les journées 24 heures pour nous, comme pour tout le monde.

Mais peut-être, il faut aussi que le monde médiatique s'intéresse plus au travail quotidien des élus, et pas seulement quand il y a un scandale. C'est ce qu'on va essayer de faire. Mais avant cela, puisque vous parliez d'un fils d'eux, je vais vous donner l'occasion de répondre à l'un d'entre eux, qui est venu sur ce plateau il y a un an que j'avais reçu, et qui m'avait parlé de vous, déjà en disant que vous n'étiez pas assez présente. Écoutez.

5:15
Invité

Je remarque que la députée qui m'a battu et qui siège actuellement à l'Assemblée nationale n'a pas de mandat local. Je n'ai pas l'impression à entendre les élus de la circonscription qu'elle est plus présente que moi. Je l'étais alors que j'étais, à ce moment-là, maire de Chamalières. Je ne peux pas aujourd'hui juger de l'action de Daniel Leroy. Ce sont les élus locaux ou les habitants de la circonscription qui sont mieux placés que moi pour le juger. Nous ne la voyons pas beaucoup. Je ne sais pas si c'est pour des raisons politiques ou si c'est pour des raisons d'organisation pratique. Je pense que le rôle d'un député est quand même d'être particulièrement présent dans sa circonscription.

5:50
Présentateur

C'est vrai qu'on n'avait pas eu l'occasion de lui répondre. Pur mensonge. Pur mensonge, il le sait bien. Certes, moi je ne suis pas maire en même temps, mais il doit le savoir comme moi, à partir de 2017, le cumul des mandats, c'est plus le cas. Ça n'existe plus. J'ai été pendant très longtemps vice-présidente de l'agglomération. Je peux vous assurer que le travail que j'ai fait sur l'agglomération et dans la ville de Clermont, vous auriez posé la même question. Je pense qu'effectivement, il y avait plus de notoriété parce que c'est là que j'avais travaillé. La deuxième chose, c'est qu'il y a 92 communes sur cette circonscription.

J'essaie de le faire toutes et pas simplement ne de faire que l'agglomération clermontoise. J'essaie et malheureusement, là aussi, les gens n'ont que 24 heures. Et puis, comme je préside une commission à l'Assemblée nationale, je suis forcément plus présidente à l'Assemblée nationale que M. Giscard d'Estaing l'était lui. – Alors, juste un petit mot pour clore sur ce petit chapitre politico-politicien. Par rapport à M. Giscard d'Estaing, il est fort probable qu'il soit un nouveau candidat, ce qui nous avait fait comprendre. Est-ce que d'abord, vous avez pris votre décision ? – Non. – Pas encore. – Non. – Mais il y a des chances quand même que vous le rencontriez.

Il y a vraiment une inimitié entre vous deux. C'est très, très fort. – Oh non, pas du tout. – Non, on n'a pas l'impression. – Je respecte beaucoup. Si vous voulez, il n'arrive pas à se mettre dans la tête trois ans après qu'il n'est plus député. Ça, c'est son problème, ce n'est pas le mien. Et ensuite, quand nous nous rencontrons, nous sommes tout à fait courtois l'un par rapport à l'autre. Il faut bien comprendre, et je crois que c'est un des problèmes de la politique à l'heure actuelle, qu'on n'est pas propriétaire d'un poste politique. C'est une fonction. On est élu pour un temps. On fait son travail le mieux possible. On a un bilan à donner. On a des projets à proposer.

Ça n'est pas une propriété privée. – Alors, vous étiez députée européenne avant. Vous avez été élue municipale. Aujourd'hui, vous êtes présidente de la Commission des affaires européennes. Ce qui vous amène d'ailleurs souvent, on peut le voir si on vous suit par exemple sur Twitter ou dans ce genre de médias un peu plus, on va dire, modernes, on peut voir que vous défendez des sujets très divers et qu'on ne va pas aborder aujourd'hui, parce qu'il faudrait deux émissions. Mais par exemple, je vous ai vu, moi, ça m'a frappé dans une commission sur un budget rectificatif en face d'une ribambelle d'hommes. Il n'y avait que des hommes. Je me souviens, Michel Sapin, Christian Ecker, tout le monde.

Et vous étiez là toute seule à défendre vraiment des détails, des micro-détails très importants évidemment. Vous vous êtes exprimé sur les droits de l'homme, sur les naufragés en Méditerranée, sur, je pourrais en faire comme ça, là, hier, sur la dette souveraine des États de l'euro. Est-ce que ces sujets-là, qui sont très sérieux, encore une fois, ne vous éloignent pas des Auvergnats ? Alors, c'est toujours la même question. C'est, est-ce qu'on est là pour faire son mandat de député ou pas ? Ou est-ce qu'on est là pour faire l'assistante sociale locale ? Et quelle est la part très locale et la part très nationale ? Je fais moitié-moitié. Je fais trois jours, trois jours et demi à Paris.

Je fais le reste en circonscription, y compris les week-ends. Les week-ends sont très pris là-dessus. Je reçois les gens en général le vendredi et le lundi matin. Et je me déplace en circonscription. J'étais, par exemple, demandé aux gens de champer dimanche dernier. On a fait une bonne partie de la journée ensemble, etc. Donc, c'est assez prenant. C'est le choix que j'ai fait en tant que militante écologiste de faire porter les valeurs. Un député s'est d'abord fait pour voter la loi. Donc, c'est d'abord à l'Assemblée nationale que ça se passe. Ensuite, en circonscription, c'est fait pour relayer au mieux les besoins des habitants.

On va parler tout à l'heure du campagnol terrestre, par exemple pour les agriculteurs, ou pour relayer les grands sujets, le thermalisme ou d'autres. C'est ce travail-là qu'on a à faire. Ensuite, qu'on ne soit pas considéré comme une star, ce n'est pas grave, je ne me suis jamais considéré comme une star. – Alors, allons-y. S'il y a bien un ennemi que vous avez dans cette circonscription. – C'est le campagnol terrestre. – On appelle aussi le rat au pied. Alors, bon, je n'étais pas un expert, mais j'ai compris qu'en gros, cet animal utilise les galeries des taux pour se promener et fait beaucoup de dégâts. C'est ce que nous avions découvert en avril 2014. Regardez, Gérard Rivollier.

9:39
Invité

– Ce jeune agriculteur est une des victimes du rat au pied qui sévit sur ce plateau d'élevage laitier et de lentilles. Cet hiver, ces prairies naturelles ont littéralement été labourées à tel point qu'il est obligé de passer la herse pour écarter les monticules de terre avant de ressemer. – J'ai ressemi des prairies, donc du travail, de l'argent. Et en plus, ça a été sûr de la réussite derrière. Donc c'est quand même un souci. Et surtout, si on a une année un peu sèche ou quoi que ce soit, on risque de manquer de fourrage. – Le rat au pied ou campagnol terrestre est un petit rongeur d'une vingtaine de centimètres.

Il utilise les galeries des taupes pour prospérer et se développe à vitesse grand V dans les cultures ou les jardins sur un cycle de 3 ou 4 ans avant de régresser naturellement. – Pourquoi ce n'est pas de la taupe ? La taupe, ça fait quand même un tas, un endroit. Là, ils sont tous à côté. – Donc la terre s'affaisse dessous. – Là, ils sont tous à côté des autres. – Il existe des traitements chimiques, mais ils ne sont pas véritablement efficaces. Alors, les agriculteurs se retournent vers les pouvoirs publics. – On a mis en place au niveau national un fonds sanitaire. Donc les agriculteurs vont contribuer à ce fonds sanitaire, moyennant une cotisation à l'hectare.

C'est vrai que c'est une charge supplémentaire. Mais on souhaite que les pouvoirs publics puissent abonder ce fonds sanitaire pour qu'à la fois on puisse trouver des moyens de lutte, mais aussi indemniser les agriculteurs qui vont avoir des achats importants à faire pour passer l'année en termes de fourrage. – Les agriculteurs voudraient aussi un allègement des contraintes pour les traitements et une accélération des recherches visant à stériliser les campagnols. En Haute-Loire, le tiers du département est touché par cette invasion.

11:15
Présentateur

– Voilà, là on était en avril 2014 en Haute-Loire. Où on en est maintenant ? Qu'avez-vous pu faire pour ce problème ? – Alors, moi ce que j'ai fait dès 2012, quand même cet animal est sur le territoire depuis plus de 20 ans, mes prédécesseurs s'en étaient pas spécialement occupés. Dès 2012, j'ai fait une réunion à Rochefort-Montagne pour mobiliser tout le monde. J'ai saisi le ministre de l'Agriculture et la ministre du Développement Durable. et grâce à cette action, deux chargés de mission ont été nommés par les deux ministères. Ils viennent de rendre leur copie au préfet.

Et ces jours-ci, je vais voir le préfet, pour qu'on puisse prendre effectivement ensemble, moi j'ai fait mon travail là, il faut que maintenant ce soit l'État qui bouge. Une chose a été faite par Stéphane Le Folle, qui est déjà de diminuer la dose de ce fameux poison qu'on appelle la bromadiolone, qui n'est pas efficace puisqu'il tue plus les prédateurs du ratopier que le ratopier lui-même. – On peut faire aussi des haies, c'est ça ? – On peut faire aussi des haies, c'est ça ? – Ça permet de remettre les rongeurs, les ennemis de ce rongeur, en particulier les hermines. On peut surtout mettre aussi des piquets pour tous les rapaces qui sont les meilleurs prédateurs.

On peut aussi faire du piégeage. Autrement dit, il y a plusieurs choses à faire les unes derrière les autres, mais de façon coordonnée. Et pour que ce soit bien coordonné, il faut, je vais dire, que ce soit l'État qui nomme le coordinateur, de façon à ce que les agriculteurs qui sont prêts, parce que je vous assure que les éleveurs du côté d'Arts-sur-Couze à l'heure actuelle, sont encore au moins, la même difficulté que vous avez montré pour les Hauts-de-Loire, peut-être même pire. Et normalement, c'est une année de faible densité. Donc, il faut vraiment s'attaquer à ce sujet. On fait tous ensemble tout ce qu'on peut. Moi, j'ai essayé, d'où je suis, de faire le plus possible et de mobiliser.

Et bien sûr, maintenant que l'État a la main en partie et a commencé à faire le travail, il faut tous y mettre. Et il y a aussi des villes, des communes qui essaient d'expérimenter du piégeage, comme gel, etc. J'espère aussi qu'on va être pilote dans ce domaine. Vous finirez experte des compagnies. Oui, totalement. On va enchaîner, parce qu'il y a beaucoup de choses. Comme on essaie de faire un petit bilan de ces années que vous venez de découler. En février, par exemple, vous avez organisé les assises du thermalisme. Alors, à quoi ça a servi, ces assises, exactement ?

Eh bien, ces assises du thermalisme, en Auvergne, d'abord, ça a montré qu'à partir de cette circonscription, il y a cinq villes thermales importantes. On pouvait poser une réflexion pour dire, le thermalisme, aujourd'hui, c'est grosso modo tout ce qui concerne la santé, le bien-vivre, le fait d'être en bonne santé tout le temps. C'est le sens de la loi qui vient d'être votée sous la houlette de Marisol Touraine. Et pour être en bonne santé, le thermalisme offre, outre les soins, ça c'est déjà du curatif, toute une série de systèmes de prévention. Il y a eu beaucoup de travail entre le centre Jean Perrin, par exemple, et un certain nombre de stations thermales.

Il faut valoriser ça, c'est en cours, et ça montre que, du coup, il y a un savoir-faire qui existe dans les stations thermales Auvergnat en particulier, donc qui va permettre de le faire mieux exister, du coup, qui va créer des nouvelles formations, donc des nouveaux emplois non délocalisables et de qualité. Et dernière chose, comme ces stations thermales sont particulièrement belles et dans des endroits particulièrement magnifiques, la Bourboule, le Mont d'Or, Roya, Chamalière, Sénecter, le résultat, c'est que ça va aussi, je l'espère, valoriser le tourisme local.

– Autre sujet qui vous tient à cœur, les quotas laitiers, évidemment, ça concerne notamment, vous avez obtenu pour les éleveurs de montagne une prime du ministre de Voussitie à l'instant, Stéphane Le Folle. Est-ce que le problème est réglé pour vous ? – Alors, le problème n'est pas réglé, mais il s'est amélioré, c'est-à-dire que pour, en fin des quotas laitiers, j'alerte le ministre, question orale, il répond favorablement. – C'était, oui, c'est en février. – C'est donc tout récent, et qu'est-ce qui est fait ? D'abord, il avait déjà fait quelque chose qui était de dire pour ces zones un peu plus fragiles, les aides sont plus fortes.

On a couplé des aides aux 40 premières vaches laitières, c'est-à-dire donc, ça permet à ceux qui n'ont que des petites exploitations d'être un petit peu plus avantagés que les autres. Et dernière chose qui a été ajoutée du côté de la montagne, c'est que l'aide pour chaque vache laitière, au lieu d'être 36 euros comme dans la plaine, est le double, 74 euros. Donc, ce n'est pas parfait, mais c'est mieux que rien. Et si des jeunes s'installent, ils ont encore 15 euros supplémentaires par vache laitière sur cette zone de montagne, toujours pour les 40 premières. Vous voyez que je deviens aussi spécialiste de la vache laitière.

– Alors, vous devez, en tout cas, forcément avoir souvent affaire aux agriculteurs. Il y a un truc qui ne passe pas, c'est les fameuses zones vulnérables. Alors, comme vous êtes très liés à l'Europe, vous allez peut-être pouvoir leur donner des explications. Ces fameuses zones vulnérables qui suscitent des protestations, comme on va le voir. Exemple avec ce sujet, c'était en septembre dernier dans la Lille. Regardez. – Du fumier devant la préfecture de région le 3 septembre dernier. Signe de mécontentement des agriculteurs auvergnats qui devraient prochainement être classés en zone vulnérable.

Des espaces protégés qui existent depuis les années 90, essentiellement là où se trouvent des cultures à proximité des rivières. Les agriculteurs de 97 communes de l'Allier sont déjà soumis aux contraintes imposées par ce classement, comme par exemple les bandes enherbées, 8 hectares sur les 282 de cette exploitation.

16:13
Invité

– Là, on a une bande enherbée de 6 mètres de large qui nous permet de ne pas avoir d'azote qui vient jusqu'au cours d'eau et de ne pas avoir de fuite de produits phytosanitaires qui viennent aussi au cours d'eau. C'est une bande tampon entre la culture et le cours d'eau. L'utilisation de fertilisants chimiques ou naturels est aussi très réglementée. – Le fractionnement, c'est d'amener la dose d'azote à apporter en plusieurs fois. Ça nous permet d'éviter les fuites d'azote et que la culture ait l'azote au bon moment. Ça permet de maintenir les rendements et surtout, ça améliore les taux de protéines pour le blé.

– Cette réglementation pourrait bientôt s'appliquer à 132 nouvelles communes bourbonnaises. Cette fois-ci dans des zones d'élevage, l'utilisation mesurée de l'azote ne sera pas la seule obligation. – Apparemment, il va falloir qu'on construise des bâtiments pour stocker notre fumier l'hiver parce qu'on n'aura plus le droit de stocker nos fumiers dans nos champs sur lesquels on va faire nos cultures de printemps. Donc ce qui va engendrer encore des investissements sur des bâtiments qui vont servir à pas grand-chose alors qu'on n'a déjà pas assez de bâtiments pour loger nos animaux. – De nouvelles contraintes difficiles à accepter.

Les agriculteurs de ce secteur ont déjà réalisé des investissements pour limiter les rejets de nitrate dans l'environnement avec des résultats significatifs. – On a une qualité de l'eau plutôt, au niveau nitrate en tout cas, irréprochable. Donc on ne voit pas pourquoi nous remettre des contraintes de zones vulnérables alors qu'il n'y a aucune justification technique en tout cas. Donc on a l'impression que tout le travail qu'on a fait, eh bien on en fait fi et on nous impose des règles qui n'ont pas lieu d'être. – C'est leur outil de travail. Qu'est-ce qu'ils vont aller détruire ce qui les fait vivre ? Donc écoutez-les.

Voilà ce qu'on va dire à nos responsables politiques, quels qu'ils soient. Écoutez les agriculteurs, faites pas des normes qui n'ont aucun sens. Écoutez le bon sens paysan. – Une grande partie de la région fait partie du bassin hydrographique Loire-Bretagne. Il dépend de la préfecture d'Orléans. Les services de l'ADREAL, la direction de l'environnement, n'ont pas souhaité s'exprimer. Le sujet est jugé très sensible.

18:28
Présentateur

Toutefois, deux documents sont en accès libre sur leur site internet. Ils permettent de se donner une idée de ce qui pourrait devenir une réalité

18:35
Invité

dans moins de deux mois.

18:35
Présentateur

– Je le rappelle, on était en septembre pour ce reportage de Pascal Franco et Christian Dernoville. Alors vous n'écoutez pas assez les agriculteurs qui en ont marre de l'Europe, des normes et des dépenses qui… – D'abord ça c'est au niveau de l'Europe, ce sont les gouvernements et les Européens et le Parlement européen qui décident. La deuxième chose c'est que Stéphane Le Folle a presque reculé par rapport à, et du coup la France va être sans doute pénalisée, par rapport aux directives nitrates. Mais je donne un exemple simple. À l'accueil, il y a de l'eau qui est mise en bouteille. Il pouvait y avoir une deuxième source qui partait, qui a été analysée.

Trop de nitrates, et bien du coup effectivement, c'est Muralker qui en profite, après tout c'est toujours sur la circonscription. – C'est un contre-exemple, les agriculteurs ils disent aussi qu'en général les tests sont plutôt bons et qu'on fait trop de normes alors que ce n'est pas forcément utile partout. – Alors, ce n'est pas utile partout, je viens de vous donner un exemple d'une zone d'élevage. Ils font tous des efforts et nous soutenons ces efforts. Et je crois que justement, avec Christian Bouchardy, le vice-président de la région Auvergne, en charge de ces sujets-là, c'est parce qu'ils se sont tous mis à travailler pour améliorer l'eau que par exemple a été sauvée l'eau du lac Pavin.

Donc on voit bien que quand tout le monde va dans le même sens, mais l'État a été ferme là-dessus aussi, c'est trouver la bonne jauge. Quand il y a des zones enherbées comme ça a été montré, quand on essaie d'utiliser moins les phytosanitaires parce que tout compte fait, on les retrouve dans notre nourriture, on les retrouve dans le lait et c'est mieux pour tout le monde, je crois qu'il faut faire des efforts. Et puis sur la méthanisation, il faut penser aussi que les éleveurs peuvent faire aujourd'hui de la méthanisation avec les rejets de leurs animaux, ils peuvent faire des panneaux solaires sur leurs étables, ça fait aussi des choses qui peuvent leur donner de l'argent.

À côté des aides, ils ont raison, fiers de dire qu'ils veulent vivre de leur métier d'agriculteur, c'est aussi une façon de faire. On a affaire à des agriculteurs qui n'ont pas les moyens d'investir dans des nouveaux équipements et qui disent si on nous oblige à faire cet investissement, c'est fini, on arrête. Qu'est-ce qu'on peut dire à ces gens-là ? Parce qu'on a lu plusieurs reportages de ce style. On peut leur dire que d'abord, ils peuvent se regrouper pour arriver à trouver les choses. Parfois, ils le font, ils le font même très bien avec les GAEC, parfois, ils ont des résistances. Donc, il faut trouver aussi les bons moyens de les aider.

On peut aussi, j'allais dire, trouver ce qui fait que les uns et les autres, on arrive à une bonne logique. Mais c'est aussi de santé publique qui les questionne dans ces cas-là. Et je peux vous assurer que pour travailler depuis longtemps, puisque déjà, quand j'étais à l'Europe, j'ai travaillé sur ces sujets-là, avec les agriculteurs, quand tout le monde se met autour de la table, quand tout le monde y met de la bonne volonté, y compris quand les normes sont sévères, parce que ces normes, elles sont faites par ceux qui veulent de l'agriculture industrielle. Elles sont faites contre nos petits agriculteurs. Ils nous en sommes bien conscients.

Donc, on essaie de trouver des solutions qui aident, eux, qui sont dans des zones de montagne. Mais par contre, quand on fait de la ferme des mille vaches ailleurs, quelque part, on les tape bien plus que n'importe quelle norme européenne, malheureusement. – Le message est passé. On a un problème avec les abeilles. On va essayer de faire un petit mot là-dessus quand même. – Ah oui, parce que c'est fondamental. – On a un problème avec les néonicotinoïdes, c'est ça ? – Les néonicotinoïdes. – Voilà, je n'arrive pas à le dire. J'ai essayé toute l'après-midi. – On fait les pesticides. – J'ai essayé toute la semaine, je n'y arrive pas. Donc, quel est le problème ?

Les abeilles meurent, tout simplement, parce qu'on utilise trop de pesticides ? – Vous avez obtenu le vote d'une loi, mais difficilement en plus. – Alors, on a obtenu en première lecture à l'Assemblée nationale, dans la loi biodiversité, que justement ces produits soient interdits, parce qu'ils sont dangereux, à partir du 1er janvier prochain. On va vérifier que le Sénat suit bien, et qu'en deuxième lecture, tout se passe bien. Il y a un moratoire européen qui court sur ces sujets-là, donc pour le moment, on est protégé.

Mais je crois que le ministre en est totalement, Théphane Folle en est totalement conscient, puisque non seulement sur ces sujets-là, on a dialogué et il a fait un plan abeille qui est plutôt courageux, et sur un dangereux… – J'ai envie de dire « enfin », ça fait des années qu'on se bat là-dessus, aux côtés des apiculteurs. Par exemple, je vous parlais de Champé tout à l'heure. – En quelques semaines. – À Champé, il y a eu un apiculteur qui a perdu toutes ses ruches, parce que justement, les abeilles sont mortes. Donc, il y a en plus le frelon asiatique, qui est un dangereux parasite, si je puis dire.

– Le ministre est d'accord pour dire, eh bien, on va essayer de passer ce nuisible en catégorie 1. C'est-à-dire que vous voyez bien que pour se lever les abeilles, on s'y met tous, et je peux vous assurer que c'est un combat contre, par contre, Monsanto et compagnie, contre les grands chimistes, si je puis dire. – Qu'on suivra évidemment, parce qu'on en parle évidemment beaucoup. Allez, on va parler de cet triste événement qui a eu lieu en mars dernier, cette pollution de la Dordogne. On va se remettre dans les faits de cette période-là.

Vous étiez d'ailleurs sur place, on va le voir, à côté de Louis-Giscard d'Estaing, on va le voir sur les images, et on va accueillir en même temps notre deuxième invité. Regardez ce reportage signé Christian Lamorel.

23:17
Invité

– Ils étaient près de 200 pêcheurs à avoir fait une sorte de grève de l'ouverture. Un geste plutôt rare de la part de ces passionnés, mais la situation de la Dordogne leur paraît préoccupante, suite à la coulée de sédiments qui s'est échappée du barrage de la Bourboule et qui a abîmé la rivière jusqu'à bord les orgues. – Vous avez vu, la continuité écologique n'est plus assurée, et sur 22 km, c'est tout détruit. Il va falloir une dizaine d'années pour remettre ce cheptel, pour que la rivière redevienne vivante. – Un certain nombre d'élus étaient venus soutenir les pêcheurs qui soulignent l'importance du tourisme pêche pour la région, notamment sur la Dordogne.

Même si le propriétaire privé du barrage n'est pas mis directement en cause, beaucoup estiment qu'il est responsable. – À mon avis, il y a une responsabilité quand même. Si vous avez un pot de fleurs qui tombe d'une fenêtre de votre maison, c'est pas vous qui l'avez fait tomber, mais vous êtes responsable. Donc là, quand on a un barrage comme celui-là à gérer, eh bien on est responsable de ce qui arrive. Et je crois qu'il n'y a qu'une solution maintenant, c'est le démantèlement. – Les associations ont aussi voulu souligner que ce type d'installation hydroélectrique représente peu d'intérêt, hormis ce qu'il rapporte à son propriétaire.

Car ce sont les gros barrages qui sont sollicités en cas de forte demande. – Il faudrait plus de 300 centrales comme ça pour avoir la production de bord les ordres, sans avoir la capacité de production de pointes. Donc vous voyez, pour nous, c'est des choses qui n'ont pas d'intérêt. L'impact sur le milieu est beaucoup trop fort par rapport à l'apport énergétique. – La plupart des associations estiment qu'il faudrait démanteler, donc détruire ce genre d'installation dans l'optique d'une meilleure gestion des milieux naturels.

25:06
Présentateur

– Voilà, retour sur ce plateau où Nicolas Bonnet, le secrétaire régional des Verts en Auvers, nous a rejoint. Bonjour et bienvenue. – Bonjour. – Avant de vous questionner, d'abord Daniel Leroy sur ce sujet de la pollution assez horrible, il faut le dire, parce que je crois que c'est sur pas mal de kilomètres. – Ah bah ça va juste, c'est allé jusqu'à bord les orgues, et pratiquement il n'y a plus de truite sur toute cette zone-là. Donc moi j'avais écrit tout de suite au préfet pour demander une réaction. Il m'a répondu en disant qu'il allait effectivement mettre les choses en place, et je crois que la solution, elle a été dite d'ailleurs…

– Qu'est-ce qu'on peut faire dans un cas comme ça pour détruire ? – Détruire ce barrage qui malheureusement n'a pas été entretenu. – Et pour les dégâts qui sont déjà là ? – C'est-à-dire que le problème, c'est que ce barrage, il a été vendu à un privé qui ne l'a pas entretenu. Et là pour le coup, ça aurait pu être dangereux, il y aurait eu des gens qui seraient promenés là, ils auraient été emportés. Donc le démantèlement d'un barrage, ça prend du temps, mais ça peut se faire. Il y a des barrages qui ne correspondent plus à rien, c'est le cas de celui-là. Et ceux qui veulent faire uniquement de la rentabilité sans vouloir prendre leurs responsabilités, ça conduit à ce genre de choses.

Donc il faut là aussi faire la liste de qu'est-ce qui peut se faire sur la Dordogne, ce fleuve magnifique, comme pour plein d'autres, de façon à ce qu'on retrouve une qualité des eaux qui soit tout le temps la même, tout le temps de qualité, que les pêcheurs y retrouvent leur compte, mais effectivement les agriculteurs, tout le monde aussi, et cela, ça ne peut se faire que si tout le monde se met comme il faut à faire le travail pour la qualité de l'eau. Alors je crois que tout est dit, mais quand même, Nicolas Abonné, c'est le genre de sujet chez les verts qui doit vous faire bondir quand ça arrive.

26:33
Invité

Oui, c'est ce qui se passe quand on arrête de réguler, quand on laisse effectivement à n'importe qui gérer ce genre d'équipement. En principe, ça devrait être beaucoup plus surveillé et les normes devraient être plus exigeantes, on ne devrait pas arriver à ce genre de cas. C'est assez hallucinant qu'une personne puisse décider, sans en référer à qui que ce soit, de vider comme ça et de mettre en danger potentiellement, comme le disait Daniel, les habitants, enfin les personnes qui auraient pu se promener en aval.

27:01
Présentateur

Allez, j'aimerais quand même qu'avant de retrouver le flash, rapidement, il nous reste deux minutes, on aborde un sujet, on y reviendra après si on n'a pas terminé, mais au sujet de la pollution de l'air. Il y a une annonce, là je vais parler de Clermont-Ferrand, je ne sais pas si vous êtes tous les deux au courant, une annonce qui a été faite, si la pollution de l'air à Clermont-Ferrand augmente à nouveau, on met les bus gratuits. Est-ce que ça vous convient, Nicolas ?

27:20
Invité

Ça mérite d'être expérimenté, en tout cas dans ces calais, pour voir si les gens se reportent sur le transport en commun quand les transports en commun sont gratuits. C'est à essayer, parce qu'effectivement, quand il y a un pic, c'est important vraiment de limiter à ce moment-là les émissions de CO2. Maintenant, ce qu'il faudrait, c'est les limiter même quand il n'y a pas de pic. Mais face à l'urgence des pics, c'est le genre de mesure qu'il est bon de mettre en place. C'est-à-dire que c'est une mini-mesure ?

27:48
Présentateur

Alors, c'est une mesure d'urgence. Comme toutes les mesures d'urgence, elle n'est pas suffisante. Moi, quand j'étais vice-présidente de l'agglo, j'avais proposé une zone d'action prioritaire pour l'air. L'agglomération était une des agglos qui s'était proposée pour expérimenter. Ça a été abandonné par la ministre Delphine Bateau. Aujourd'hui, avec la loi sur la transition énergétique, et parce que la réalité est là, et qu'Anne Hidalgo à Paris a montré qu'il fallait en faire, on va revenir, et donc on va de nouveau parler de zone d'action prioritaire pour l'air. D'abord parce qu'on n'est pas dans les normes, c'est dangereux pour la santé.

Ça fait partie des coûts que la France est obligée de payer à l'Union européenne parce qu'elle met en danger la santé de plusieurs milliers de Français par an. Et malheureusement, nous sommes dans une zone géographique où nous sommes très concernés. Donc cette mesure d'urgence, bien sûr, il faut la prendre. Et puis ensuite, il faut faire tout ce qui permet de moins utiliser la voiture ou des voitures moins polluantes. C'est pour ça que, par exemple, dans la loi sur la transition énergétique, d'un mot, pour changer du tout diesel, même quand quelqu'un pourra acheter une voiture d'occasion s'il n'est pas diesel, il aura droit à une aide, ce qui est quand même nouveau.

Allez, on se retrouve dans un instant parce que c'est l'heure de l'actualité. On parlera avec Nicolas Bonnet notamment des élections régionales qui s'approchent, de ce que feront les Verts pour ces élections et de ce qu'ils ont à proposer. Tout ça, ce sera donc après les actualités. On fait une pause. Le Flash est présenté par Nordin Mohamedi. A tout de suite.