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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 29 janvier 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSécuritéÉconomie & entreprises

Européennes : "J'aurais été président des Républicains, j'aurais mené le combat", affirme Christian Estrosi

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce choix vous satisfait ?

  • 1:53FerméeÉludée

    Vous voterez pour lui ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Pourquoi il n'y est pas allé ?

  • 2:39FerméeRéponse directe

    Pas envie de faire un mauvais score ?

  • 3:16FerméeRéponse partielle

    Est-ce qu'il devrait en tirer les conséquences, Laurent Wauquiez ?

  • 4:30RelanceRéponse partielle

    Si Laurent Wauquiez ne vous entend pas, qu'est-ce que vous ferez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « Quelqu'un d'extrêmement conservateur, quelqu'un qui a des positions que je ne partage pas du tout à la fois sur l'IVG, à la fois sur le mariage pour tous, à la fois sur la PMA. »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « Ce trio de têtes pour l'instant n'incarne en rien cette France des territoires qu'il faut porter au Parlement européen. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Je suis membre cotisant sans aucune responsabilité puisque je n'appartiens pas à la direction des Républicains. »
  • 3:16PrésentateurFait
    « Laurent Wauquiez est en train de transformer les Républicains en un petit parti conservateur. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, il est devenu un petit parti conservateur. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « L'Europe a besoin d'être réformée, l'Europe a besoin d'être politique. »
  • 6:06Invité politiquePromesse
    « Demain tous les citoyens européens puissent élire au suffrage universel un président de la Commission européenne. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Sans doute, le président de la République a des efforts à faire pour que nous ayons une France qui soit représentée avec un respect plus fort de son origine, de son identité, de sa culture. »
  • 10:11Invité politiquePromesse
    « J'aurais été président des Républicains, j'aurais mené le combat. »
  • 10:21PrésentateurFait
    « Est-ce qu'il devrait en tirer les conséquences, Laurent Wauquiez ? »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Je ne remets pas en cause Laurent Wauquiez. J'ai du respect pour lui, j'ai de l'amitié pour lui. »
  • 16:40Invité politiqueFait
    « C'est la Ligue des droits de l'homme. Oui, écoutez, c'est la Ligue des droits de l'homme mais pourquoi pour moi la protection des libertés individuelles des hommes, des femmes, des enfants que nous ne voulons pas voir perdre un papa ou une maman c'est de protéger leur sécurité. »
  • 18:04Invité politiqueChiffre
    « Il y a plus de 1000 blessés parmi eux dont certains d'une extrême gravité. »
  • 23:06Invité politiqueFait
    « Les 80 km heure étaient une mesure inappropriée. »
  • 23:25Invité politiqueChiffre
    « C'est la première fois que nous avons à peu près le nombre de morts sur les routes qui revient à celui de 2013. »

Temps de parole

  • Christian Estrosi74 %
  • Invité10 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 26 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bienvenue aux téléspectateurs de France Info Télé qui nous rejoignent à l'instant même sur le canal 27 de la TNT. Notre invité jusqu'à 9h est ancien ministre, maire Les Républicains de la ville de Nice. Et la première question c'est vous Renaud Delis. Bonjour Christian Estrosi. Bonjour. Alors c'est aujourd'hui que la commission nationale d'investiture du parti Les Républicains doit enteriner le choix de Laurent Wauquiez pour conduire la liste LR aux élections européennes. On le sait, Laurent Wauquiez a choisi François-Xavier Bellamy qui est un jeune philosophe, un jeune intellectuel plutôt méconnu du grand public. Est-ce que ce choix vous satisfait ?

0:34
Christian Estrosi

Je ne peux pas dire qu'il me satisfasse mais comme je n'aime pas avoir d'attaque à Dominem, je dis très clairement que je regarde d'abord de quoi sera fait le projet, de quoi sera constitué l'ensemble de la liste. Il semble qu'il y ait une volonté de renouvellement avec un trio de têtes assez divers mais j'y apporte quelques objections. La première sur la personnalité que je ne connais pas mais dont je lis, je m'intéresse à son propre parcours. Quelqu'un d'extrêmement conservateur, quelqu'un qui a des positions que je ne partage pas du tout à la fois sur l'IVG, à la fois sur le mariage pour tous, à la fois sur la PMA.

Alors est-ce que tout cela peut être rééquilibré par des gens plus ouverts comme Rachida Dati par exemple qui est une personnalité qui mérite justement de pouvoir rééquilibrer les choses et d'apporter une contrepartie ? Et puis ce qui me préoccupe aussi pour moi qui est constituée une force qui s'appelle la France audacieuse avec des maires qui pour la plupart sont issus des Républicains qui est une France des territoires, ce trio de têtes pour l'instant n'incarne en rien cette France des territoires qu'il faut porter au Parlement européen. Vous voterez pour lui ? Il me semble que je vous ai répondu très clairement.

1:58
Présentateur

J'ai un petit doute du coup à vous entendre les présupposés que vous posez.

2:03
Christian Estrosi

Je mets sur la table un certain nombre de conditions. Ce n'est pas sûr donc. Je pose, je pose, mais je pose, enfin, pour vous, être engagé politiquement, avoir des convictions dans un pays où on veut nous enfermer dans la pensée unique et dans le politiquement correct, c'est dire est-ce que vous voterez pour un tel ou pour un tel ?

2:23
Présentateur

Je vous pose une question simple Christian Assozi, vous êtes membre du parti Les Républicains, c'est la liste des Républicains.

2:27
Christian Estrosi

Je suis Christian Estrosi, j'ai des convictions, j'ai des valeurs, je suis membre cotisant sans aucune responsabilité puisque je n'appartiens pas à la direction des Républicains. J'y suis pourquoi ? Parce que c'est mon ADN politique, le RPR, l'UMP, les Républicains tels que l'avait voulu Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire des Républicains extrêmement ouverts.

2:49
Présentateur

Pour reprendre votre expression, François-Xavier Bellamy, ce n'est pas votre ADN.

2:51
Christian Estrosi

Aujourd'hui, mes convictions, il se trouve que parce que je respecte des gens qui peuvent penser différemment dans une formation politique et que je respecte M. Bellamy qui peut ne pas penser comme moi et je dis que je ne pense pas comme lui sur un certain nombre de sujets, mais à condition que nous ayons demain une liste qui configure cette ouverture qui, aujourd'hui, me semble faire défaut aux Républicains. Alors qu'il est, il n'est pas acquis, Christian Estrogi, que vous souteniez cette liste européenne.

Je suis dans cette attente, je ferai mon choix lorsque je connaîtrai le projet, lorsque je saurai si la France des territoires est représentée et lorsque je saurai si les Républicains, pour la première fois depuis un certain nombre de mois, ont de nouveau réussi à prendre la voie et le chemin de l'ouverture et de l'expression de différentes sensibilités, ce qui n'a pas été le cas ces derniers mois.

3:41
Présentateur

Vous n'êtes pas le seul membre des Républicains à exprimer des réserves ou des critiques sur le choix de cette tête de lit. Je vous propose d'écouter Éric Wörth, député Les Républicains de l'Oise et président de la Commission des Finances.

3:51
Invité

M. Bellamy, je ne le connais pas, c'est quelqu'un de talent, mais il y a beaucoup de gens qui ont du talent aussi, Dieu merci, en France. Moi, je dis simplement, attention, attention à ne pas transformer les Républicains en un petit parti conservateur. C'est ça la dérive que vous critiquez ?

4:08
Christian Estrosi

Je crois que je viens de dire exactement ce que je viens d'exprimer.

4:11
Présentateur

Laurent Wauquiez est en train de transformer les Républicains en un petit parti conservateur.

4:14
Christian Estrosi

Aujourd'hui, il est devenu un petit parti conservateur. Et si je suis resté aux Républicains, c'est pour espérer, pour nourrir, pour contribuer à ce qu'il redevienne la grande formation politique qu'il a été sous Jacques Chirac et sous Nicolas Sarkozy. Et si Laurent Wauquiez ne vous entend pas, qu'est-ce que vous ferez, Christian Estrosi ? Eh bien, vous m'inviterez à ce moment-là. Il n'est pas exclu que vous quittiez votre famille ? Vous m'inviterez au moment où nous saurons toutes les données sur le programme. C'est quand même important, plus que des hommes et des femmes, de savoir quelles sont les valeurs et les convictions européennes que nous allons défendre.

4:47
Présentateur

François-Xavier Bellamy dit par exemple à propos de l'IVG qu'il y est hostile à titre personnel, mais que ce ne sera pas évidemment le programme de la liste LR.

4:54
Christian Estrosi

J'aime autant avoir un débat avec M. Bellamy et qui m'explique comment, alors que nous, issus de cette droite gaulienne, je suis un gaulliste social depuis toujours, qui avons été en même temps aux côtés d'une grande centriste qui s'appelait Simone Veil, qui pour moi est la référence de la femme qui a porté une grande politique dans notre pays et sur la scène européenne. Je me reconnais dans Simone Veil, je suis un héritier de ce que nous a légué Simone Veil comme message universel. Et vous comprendrez qu'entre Simone Veil et M.

Bellamy, j'ai le sentiment que la vision européenne que nous pouvons avoir aujourd'hui est en train un peu d'être étriquée par rapport à ce que nous a offert cette grande dame.

5:41
Présentateur

Ça signifie que les républicains doivent tenir un discours résolument pro-européen ? La droite française doit être résolument pro-européenne ?

5:47
Christian Estrosi

Oui, parce que l'Europe c'est notre garantie d'avenir. Aujourd'hui l'Europe est loin d'être parfaite, l'Europe a besoin d'être réformée, l'Europe a besoin d'être politique. Je plaide moi pour que, plutôt que d'avoir des élections d'un parlement dont on ne sait pas s'il a de vraies responsabilités ou pas, demain tous les citoyens européens puissent élire au suffrage universel un président de la Commission européenne. Alors là nous franchirons un nouveau tournant. Et je voudrais que ce soit dans les propositions.

6:15
Présentateur

Sur l'Europe, Christian Estrosi, qu'est-ce qui vous distingue encore de la République en marche ?

6:19
Christian Estrosi

Mais justement c'est là qu'il faut avoir une part d'intelligence. Ce qui compte c'est la place de la France en Europe.

Est-ce qu'à un moment il y a des formations politiques, comme les républicains tels que je les ai toujours conçus, ou comme la formation du président de la République, n'ont pas une même vision de l'Europe à défendre, sachant que, sans doute, le président de la République a des efforts à faire pour que nous ayons une France qui soit représentée avec un respect plus fort de son origine, de son identité, de sa culture, que nous ayons une Europe des nations qui soit plus largement incarnée au sein de l'Europe, que nous ayons une Europe démocratique beaucoup plus qu'elle ne l'est aujourd'hui, où c'est à coup de directives qu'on nous impose des choses qui vont à l'encontre même de ce que nous sommes quelquefois, et d'un autre côté, des républicains qui se sont un peu trop conservatisés, si ça n'est pas un néologisme, en tout cas qui se sont enfermés dans une sorte de conservatisme aujourd'hui, alors que lors des dernières élections européennes, où nous avons toujours été en tête, lorsque Nicolas Sarkozy ou a formé des listes ou a conduit les campagnes, nous étions à un niveau beaucoup plus élevé, et nous étions même les leaders du combat européen, qui était à l'époque un combat régional, je vous le rappelle, car pour moi l'élection européenne n'est pas seulement une élection nationale pour laquelle nous aurons à nous prononcer au mois de mai prochain, mais une élection qui doit défendre nos territoires, une élection qui doit défendre nos régions, une élection qui doit défendre chaque commune de France aussi, car l'essentiel des gros financements en matière d'investissement, d'innovation, d'environnement aujourd'hui, je vous le rappelle, part de l'Union Européenne pour venir en direction des territoires français.

8:10
Présentateur

On poursuit cet entretien dans un instant, si vous le voulez bien, Christian Estrosi, on va s'interrompre une minute pour le rappel de l'actualité à 8h41 avec David Doba.

8:17
Invité

Du vent, de la neige, du verglas, des avalanches, il y en aura malheureusement pour tous les goûts aujourd'hui. 41 départements à l'ouest d'une ligne y allant des Ardennes aux Pyrénées Atlantiques placés en vigilance orange. La tempête hivernale, Gabriel arrive sur la France, 15 à 20 centimètres de neige attendue localement et notamment d'ailleurs en Ile-de-France. La gauche dénonce un texte liberticide pour la droite. En revanche, il ne va pas assez loin. Les députés se penchent sur la loi anti-casseurs. Les discussions promettent d'être animées 200 amendements déposés. Un espoir, mais aussi du stress.

Déclaration hier sur France Info de Vincent Alloz, délégué CGT de l'usine Ford de Blancfort. Il réagissait au rejet par la direction du travail du plan de sauvetage pour l'emploi. Les salariés comptaient sur ce rejet pour laisser du temps aux repreneurs potentiels. Repreneurs qui prévoient 3 à 400 postes immédiatement, un millier d'autres d'ici 2026. A deux mois maintenant du Brexit, les députés britanniques tentent pour leur part de reprendre la main sur le dossier, en passant d'ailleurs outre le gouvernement. Les amendements doivent être débattus dans la journée. Ils pourraient permettre d'infléchir la suite du processus. Et puis, sanctions sur le pétrole, appel à la désertion de l'armée.

Les taux se resserrent désormais autour de Nicolas Maduro. L'opposition se prépare à une grande journée de manifestation. Ce sera demain au Venezuela. Des rassemblements déjà responsables de la mort d'au moins 35 personnes.

9:40
Présentateur

Toujours avec le maire Les Républicains de Nice, Christian Estrosi. Encore un mot sur les européennes. Christian Estrosi, est-ce qu'il n'aurait pas été plus simple que Laurent Wauquiez lui-même la liste ?

9:52
Christian Estrosi

C'eût été sa responsabilité. Voilà, quand on est le leader d'une famille politique, on mène soi-même le combat. Donc, oui, je considère que ça aurait été son rôle. Pourquoi il n'y est pas allé ? Mais, voilà, c'est à lui de vous y répondre.

10:09
Présentateur

Pas envie de faire un mauvais score ?

10:11
Christian Estrosi

J'aurais été président des Républicains, j'aurais mené le combat.

10:15
Présentateur

Et si jamais la liste des Républicains faisait un mauvais score, est-ce qu'il devrait en tirer les conséquences, Laurent Wauquiez ?

10:21
Christian Estrosi

Il appartiendra à ce moment-là que, à la fois les instances, mais aussi l'ensemble des militants soient consultés de manière vraiment démocratique. C'est-à-dire pas par un vote électronique dont on sait toutes les manipulations qu'il peut y avoir et qu'on peut soupçonner sur les derniers déroulements, mais vraiment un vote personnel par papier. Ouh là là, c'est loin d'être fini, malheureusement. C'est pas fini, ça existe encore. On a encore des leçons à prendre.

10:48
Présentateur

Mais c'était le cas notamment lors de l'élection de Laurent Wauquiez à l'intérieur du parti, d'après vous ?

10:51
Christian Estrosi

En tout cas, je sais comment on peut manipuler tout ça. Je ne remets pas en cause Laurent Wauquiez. J'ai du respect pour lui, j'ai de l'amitié pour lui. Je dis seulement qu'à un moment, quand on subit un échec, on retourne devant les militants et puis on se soumet à la légitimité des militants.

11:10
Présentateur

Christian Estrosi, est-ce que le maire de Nice va participer au grand débat ? Est-ce que vous prêtez des salles ? Est-ce que vous y êtes favorable ?

11:16
Christian Estrosi

Je dis que quand on nous offre l'opportunité, là où, au fond, le gouvernement, le président, pendant un an et demi, n'a pas eu une grande considération pour les territoires et pour les maires de France, d'un coup, il le fait. Je l'en remercie, je le félicite. Il vient vers nous et il nous offre l'opportunité de pouvoir faire remonter des revendications que nous connaissons. Puisque nous, des boîtes à idées, des cahiers de doléances... Vous les avez toute l'année ?

Nous sommes des cahiers de doléances en permanence, puisque du matin au soir, entre le maire et ses adjoints, nous tenons des permanences pour entendre tout le monde, que ce soit des sujets qui touchent à la gestion de la cité ou qui soient des sujets qui touchent à tant de gens qui sont sur le bord du chemin, qui sont en souffrance et que seul l'État peut régler. Aujourd'hui, ça y est, ce débat est engagé. Nous n'avons pas le droit de nous y dérober et bien sûr, j'y prendrai toute ma part.

12:16
Présentateur

Alors, le débat, il a lieu, Christian Estrosi, il est en cours, il est engagé, vous le disiez, mais comment on en sort ? À quoi il doit aboutir, ce grand débat ?

12:22
Christian Estrosi

Toute la question est là. Vous avez raison. Je ne voudrais pas que ce grand débat se transforme en grande frustration. Ce grand débat, il est riche, il est dense, il y a des choses un peu loufoques qui peuvent en sortir, mais il y a des choses extrêmement intéressantes et qui traduisent réellement un grand nombre d'attentes. et bien évidemment, au 15 mars, au moment où se clôturera ce débat, il y a des idées maîtresses qui vont sortir. Elles seront tant d'ordre institutionnel que d'ordre économique et social.

Et si tout cela ne se traduit pas par la volonté de l'État de se tourner, du gouvernement de se tourner vers les citoyens pour leur demander de s'exprimer, par référendum, sur un certain nombre de sujets institutionnels et économiques et sociaux qu'on leur demandera d'arbitrer, de trancher eux-mêmes, et bien je pense que tout cela peut se terminer par une vraie frustration et même par des lendemains qui pourraient prendre même les élections européennes en otage et amener un vrai défoulement sur les élections européennes. Moi, je ne veux pas qu'on les prenne en otage.

13:32
Présentateur

Vous souhaitez un référendum sur quoi ?

13:33
Christian Estrosi

Sur quel sujet précisément ? Je dis cela... Tous les sujets qui vont sortir du débat ? Mais non, pas tous les sujets. Tous les grands sujets. Vous allez bien voir qu'il y a deux, trois sujets d'ordre institutionnel qui vont émerger. Je ne dis pas que ce sont ceux-là, mais qu'ils pourraient être au conditionnel ceux-là. par exemple, sur le mode de scrutin, part de proportionnel ou pas, réduction de nombre de parlementaires au Sénat ou à l'Assemblée nationale. Faut-il continuer à avoir autant de strates la région, le département, la commune ?

Ça fait 20 ans que les élus en débattent entre eux, que même dans une même famille politique chez les Républicains, quand on est 30 autour de la table, il n'y en a pas un seul qui est d'accord avec l'autre. Donc ça veut dire que la réforme, elle ne se fait jamais. Alors que nous savons qu'il y a des sources d'économie pour réinjecter en pouvoir d'achat et en innovation et en compétitivité pour les territoires, eh bien, permettons au peuple de trancher. Ça facilitera le rôle du président de la République et ça lui permettra d'être le premier à faire une grande réforme territoriale dont la France a besoin. Un référendum, y compris sur l'ISF ?

Y compris, bien évidemment, sur l'ISF, mais il faut voir comment se réformuler la question. Moi, personnellement, puisque j'apporte ma contribution au Grand Débat, je ne suis pas pour que l'on remette l'ISF parce que je sais que ça rapporterait peu et qu'en même temps, ça pourrait faire fuir des capitaux. Mais en revanche, je suis favorable à ce que l'on puisse taxer très lourdement un certain nombre de grands groupes et les GAFA.

Eh bien, c'est peut-être l'occasion de dire est-ce que l'on veut que l'on rétablisse l'ISF ou au contraire que l'on taxe plus lourdement les grands groupes, ce qui rapporterait beaucoup plus pour réinjecter en pouvoir d'achat et aussi en soutien à l'innovation dans notre pays pour gagner des parts de croissance. Voilà le type de questions. Type de questions sur le plafonnement des produits de première nécessité, sur la réindexation des petites pensions, sur l'augmentation du coût de la vie, par exemple. Voilà un certain nombre de dispositions où je pense qu'il serait bon de soumettre aux Françaises et aux Français de pouvoir arbitrer eux-mêmes.

15:48
Présentateur

Renaud Delis ? Alors le gouvernement défend aujourd'hui à l'Assemblée nationale un texte qui est un projet de loi, un texte anti-casseur directement inspiré d'une proposition de loi qui vient de votre famille politique, le groupe LR au Sénat. Ce texte a été largement amendé à l'Assemblée nationale et il suscite l'inquiétude, les critiques d'un certain nombre de défenseurs des libertés. Ce matin, l'un des invités de France Info était Harier Halimi, avocat et membre du bureau de la Ligue des droits de l'homme et il exprimait ses craintes, ses réserves sur ce texte.

16:16
Invité

Je n'ai pas l'habitude de ne pas être trop nuancé mais effectivement c'est un texte qui doit être jeté intégralement dans la mesure où c'est un texte qui pour chaque disposition est ultra-liberticide et modifie radicalement l'équilibre naturel et légal du droit de manifester à l'enfance.

16:31
Présentateur

Est-ce que ce texte menace la liberté de manifester ?

16:34
Christian Estrosi

Ça, ce sont les beaux penseurs qui sont toujours du côté du voyou et contre le policier. C'est la Ligue des droits de l'homme. Oui, écoutez, c'est la Ligue des droits de l'homme mais pourquoi pour moi la protection des libertés individuelles des hommes, des femmes, des enfants que nous ne voulons pas voir perdre un papa ou une maman c'est de protéger leur sécurité. Voilà, cette loi anti-casseur proposée par le Sénat est une bonne loi. Que le ministre de l'Intérieur ait décidé de l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour qu'elle puisse aboutir c'est une bonne décision de la part du ministre de l'Intérieur.

17:13
Présentateur

C'est une loi de droite Christian Estrosi ?

17:15
Christian Estrosi

Voilà, vous savez pour moi droite ou gauche en matière de sécurité c'est pas une affaire de droite ou de gauche. La sécurité qui est contre le sécuritaire. Moi je fais toujours la différence entre le sécuritaire et la sécurité.

la sécurité c'est même une dimension sociale c'est une dimension économique c'est une dimension de droit de l'homme au sens noble du terme pas telle qu'elle vient d'être exprimée c'est-à-dire faire en sorte que nous ne soyons pas confrontés à ces victimes du quotidien qui viennent vers nous avec des cicatrices irréversibles au plan intellectuel au plan moral ou au plan physique lorsque l'on voit nos forces de l'ordre qui sont confrontées depuis des semaines à des violences d'une ampleur inédite il y a plus de 1000 blessés parmi eux dont certains d'une extrême gravité nous voyons qu'un certain nombre de manifestants qui ont été interpellés étaient détenteurs d'armes par destination utilisées contre les forces de l'ordre des haches des couteaux des bombes lacrymogènes des bombes artisanales des bouteilles d'acide des boules de pétanque comment on peut admettre tout cela et bien que cette loi anti-casseurs fasse son travail à un moment où il faut se réorganiser en mode opératoire face à des manifestations qui sont d'une autre nature de ce que nous avions connu jusqu'à présent et on aura entendu

18:47
Présentateur

vos arguments Christian Estrosi on marque une pause 8h51 et on se retrouve juste après David Doba pour l'essentiel de l'actu

18:51
Invité

et tout d'abord la tempête hivernale Gabriel qui arrive sur la France ces vents vont dans un premier temps toucher la Gironde les pluies se transformeront en neige en arrivant sur la Normandie ce sera dans le milieu de l'après-midi et puis la région parisienne sera concernée dès 18h comme d'habitude dans ce genre de situation et en regard se tourneront vers la nationale 118 il n'y aura pas grand chose à voir elle sera d'abord interdite au camion dès 21h puis totalement fermée à partir de 22h il dénonce une précipitation mais aussi des menaces de mort Haïk Chahignan directeur de campagne et Marc Douayet se retire de l'équipe d'Ingrid Levavasseur candidate gilet jaune aux européennes la Chine dénonce ce matin une manipulation politique les Etats-Unis ont annoncé cette nuit une série de 13 chefs d'inculpation à l'encontre de la dirigeante de Huawei elle concerne notamment les violations de sanctions américaines contre l'Iran la justice qui inculpe par ailleurs deux filiales pour vol de technologies cellulaires et puis Guingamp Monaco c'est à partir de 21h05 ce soir et c'est l'affiche de la demi-finale de la coupe de la ligue des Monegas qui vont tenter de se reprendre après avoir perdu leur entraîneur Thierry Henry

19:58
Présentateur

Christian Estrosi le maire Les Républicains de Nice et ancien ministre invité de France Info Renaud Deli vous défendiez à l'instant le projet de loi du gouvernement contre les casseurs Christian Estrosi ce projet de loi il arrive dans un contexte bien particulier celui où les violences policières sont dénoncées font polémique il y a eu un certain nombre de blessés encore ce week-end et le défenseur des droits par exemple Jacques Toubon demande la suspension de l'usage des LBD les fameux flashballs

20:24
Christian Estrosi

oui ben j'ai beaucoup de respect pour mon ami Jacques Toubon mais je ne suis pas sûr qu'il soit très expérimenté en matière de gestion de la sécurité publique en l'occurrence

20:34
Présentateur

on les voit ces blessés on a vu encore Jérôme Rodriguez blessé à l'oeil ce week-end et on a vu une multitude de blessés soit par des jets de grenade soit par des LBD

20:44
Christian Estrosi

bon mais moi j'essaie de parler sereinement et calmement de la gestion d'événements d'une nature très différente on a toujours connu des manifestations qui allaient d'un point A à un point B donc à des forces mobiles à des forces de sécurité qui est très spécialisée pour encadrer tout cela et donc jusqu'à présent on n'a jamais été confronté à ce type de situation aujourd'hui ce sont des petits groupes où se sont rajoutés sur des manifestants parfaitement pacifistes et plein de bonnes intentions des casseurs venus des banlieues qui ont pris le gilet jaune comme un espèce d'alibi pour pouvoir casser pour pouvoir casser du flic on l'a vu précisément

21:21
Présentateur

dans ce cas-là ce cas-là samedi on l'a vu qu'en l'occurrence Jérôme Rodriguez manifestait de façon parfaitement pacifique

21:26
Christian Estrosi

donc qu'est-ce qu'il faut faire

21:28
Présentateur

pour contrôler le comportement des forces de l'ordre ?

21:30
Christian Estrosi

C'est une victime collatérale que nous ne pouvons que regretter et chaque fois qu'il y a ce type de blessure c'est épouvantable et donc bien évidemment nous devons lui témoigner toute notre compassion mais il faut comprendre que les deux armes qui permettent de tenir à distance notamment dont disposent aujourd'hui les forces de l'ordre ce sont les gaz lacrymogènes et ce sont les LBD de l'autre côté or il se trouve que contrairement à d'autres démocraties en Europe les gaz lacrymogènes utilisés en France ne sont pas impactants dans le sens qu'ils ne sont pas paralysants et donc ils ne permettent pas de tenir à distance les manifestants ce qui fait que le seul moyen de défense quand on en vient au corps à corps que les gaz lacrymogènes n'empêchent pas c'est cette arme non létale et donc tant qu'on n'a pas une autre solution après des semaines de fatigue d'épuisement il peut y avoir un manque de discernement et puis sans doute un besoin de restructuration et de réorganisation de monoforce de l'ordre pour que cette arme soit mieux utilisée mais il n'empêche qu'aujourd'hui c'est la seule qui permet de tenir à distance et quand vous voyez que quand on ne tient pas à distance vous avez cette espèce de barbare de boxeur qui est allé s'en prendre à des policiers avec cette violence inouïe on a vu beaucoup d'autres scènes de ce type et bien il faut dire que pour protéger nos policiers il est important aussi de disposer d'une arme assez efficace Christian Estrosi

22:53
Présentateur

sur les 80 km heure on n'y comprend absolument plus rien depuis quelques jours enfin je ne sais pas pour vous pour moi en tout cas décision courageuse dit ce matin le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qu'est-ce que vous en pensez vous ?

23:03
Christian Estrosi

pour moi les 80 km heure étaient une mesure inappropriée je l'ai dit dès le premier jour donc si on vous laisse le choix d'y revenir vous ne voyez pas tout le long des routes de France vous savez ces silhouettes noires qu'il y a sur ce qu'on appelle les points noirs les points où on sait qu'on comptabilise chaque année 3 morts 5 morts 10 morts alors je vois bien les résultats de cette année qui rejoignent les résultats de 2013 c'est la première fois que nous avons à peu près le nombre de morts sur les routes qui revient à celui de 2013 je vous rappelle que 2013 c'était une époque qui était issue de la gestion de la politique routière de Nicolas Sarkozy après c'est parti à volo parce qu'on n'a pas eu la même vigilance ou même la même sévérité donc ça ne sert pas à grand chose donc je dis qu'on pouvait parfaitement avec les 90 km heure en revenir à ça ce qu'il fallait exiger c'était ou de l'état quand il s'agit de routes nationales ou des collectivités locales quand c'est de leurs compétences que tous les points noirs soient cassés il se trouve que je suis le seul président d'une collectivité la métropole de Nisco d'Azur où j'ai en gestion les routes nationales les routes départementales et les voiries municipales c'est à dire l'ensemble de la palette c'est le seul endroit en France et donc je sais parfaitement comment gérer des vitesses plus élevées avec moins de dangerosité nous avons investi des centaines de millions d'euros pour casser la dangerosité

24:32
Présentateur

vous êtes prêt à ressortir si on vous en laisse la possibilité

24:34
Christian Estrosi

les pédagogues 90 immédiatement voilà pourquoi je suis prêt à le ressortir et même je les ai ressortis sur une voie qui était passée à 80 km heure parce que j'ai aménagé une bande séparatrice depuis qu'on nous a imposé cela pour pouvoir la remettre à 90 km heure donc c'est dire que si on fait du cas par cas si plutôt que de dire depuis Paris on décide que toute la France c'est comme ça mais qu'on délègue cette responsabilité aux collectivités responsables et puis on peut arriver à un juste équilibre qui renforcera la sécurité de tous les points noirs les plus accidentogènes les plus mortels dans notre pays

25:08
Présentateur

merci à vous Christian Estrosi invité ce matin de France Info dans 2 minutes il sera 9h Sous-titrage Société Radio-Canada

25:12
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Européennes : "J'aurais été président des Républicains, j'aurais mené le combat", affirme Christian Estrosi — Christian Estrosi · Pourquijevote