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interviewRMC — Face à Face· 12 décembre 2022 21 min

Face-à-Face : Jordan Bardella - 12/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Alors on va parler foot, mais pas que. Vous êtes président du Rassemblement National, vous êtes député européen. On va revenir aussi sur ce scandale de corruption qui touche le Parlement européen et puis sur la crise énergétique, notamment à Paris, en France. France-Maroc, mercredi, foot donc bien sûr. Vous comprenez les franco-marocains, Jordan Bardella, qui se disent tiraillés ?

0:38
Jordan Bardella

C'est un match de foot, il faut toujours choisir. Donc on peut avoir une équipe, à un moment donné, il faut choisir. Moi j'ai du respect, comme tous les Français, pour l'équipe du Maroc. Mais ce que je peine à comprendre, c'est qu'à chaque fois qu'il y a des matchs avec des équipes du Maghreb, c'est vrai avec le Maroc, mais c'est aussi vrai avec l'Algérie, on a à chaque fois certains supporters qui se permettent des débordements qui sont intolérables. Et on a un peu le sentiment, chez certains supporters marocains, qu'ils sont plus habités par un sentiment de revanche à l'égard de la France que par un esprit sportif, que par un esprit purement de jeu, de rencontre sportive.

Et ça, c'est dommageable. C'est dommageable parce qu'à chaque fois, il y a des heurts. C'est heureux, il faut les condamner. Je vous rappelle qu'il y a eu 40 policiers qui ont été blessés ces derniers jours à la suite du match entre le Portugal et le Maroc. C'est que parmi ces 40 policiers, il y a un policier à Lille qui a eu le tympan détérioré. Donc, ces débordements sont absolument inadmissibles. Et moi, je crains encore une fois qu'il y ait évidemment des débordements mercredi soir.

1:38
Présentateur

Vous croyez des débordements mercredi soir. On va y revenir. Ça, c'est sur le plan, je dirais, de la sécurité. Mais moi, ma question, c'était aussi sur ce côté avoir le cœur tiraillé. C'est-à-dire, ceux qui disent ce matin, ils étaient nombreux sur RMC, qui disent, je ne veux pas choisir entre papa et maman. Et donc, du coup, j'ai du mal à choisir de quel côté je vais être pour le camp de mercredi soir. Est-ce que ça, vous le comprenez ?

2:01
Jordan Bardella

Non, mais ça, c'est la richesse du sport. Ça, c'est la richesse de compétition sportive. Ce n'est pas ça, le sujet. Vous ne leur demandez pas de choisir la France. On peut être tiraillé. Enfin, on parle d'un match de foot. On peut être tiraillé sans casser, sans détruire des vitrines, sans lancer des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Et on peut, si vous voulez, être tiraillé sans se comporter en France comme le ressortissant d'un État étranger.

Est-ce que vous imaginez au Maroc, en Algérie, des dizaines, des centaines, des milliers de supporters français, à chaque fois qu'il y a une rencontre sportive avec la France, se balader dans les rues, hurler, casser les vitrines, sans prendre force de l'ordre ? Ça ne nous viendrait même pas à l'esprit. Donc oui, il y a un problème aujourd'hui avec des gens qui sont nés en France. Et pour paraphraser Max Gallo, dont l'âme est ici, mais qui sont incontestablement d'ailleurs. C'est-à-dire des gens qui se comportent en France comme s'ils étaient des Marocains ou des Algériens.

2:59
Présentateur

Vous feriez quoi, vous, Jordan Bardella, en prévision de mercredi soir ? Vous feriez quoi ?

3:03
Jordan Bardella

D'abord, il faut s'assurer que le dispositif de sécurité, notamment sur les grandes avenues, je pense évidemment aux Champs-Elysées, est respecté. Mais on paye, là encore, 30 ans d'échec de la politique d'immigration, et notamment d'assimilation. Quand vous avez une génération qui est arrivée à l'âge adulte, qui a 20, 25, 30 ans, et qui se comporte en France, avec tout ce qu'a pu offrir la France à la famille, la scolarité, l'accueil, la prise en charge, et qui se comporte comme le ressortissant d'un État étranger, en exprimant en permanence un sentiment de revanche, peut-être lié à notre histoire coloniale à l'égard de la France, oui, il y a aujourd'hui une fracture dans notre société.

Donc, ce qui se passe...

3:43
Présentateur

Est-ce que vous dites peut-être liées à notre histoire coloniale ? Est-ce que vous sous-entendez que peut-être il y a quelque chose que vous comprenez dans une forme de cœur brisé, dans une forme de rage ? Quand vous dites ça, je vous ai rarement entendu dire ça, peut-être lié à notre histoire coloniale. C'est-à-dire qu'il y a une partie de vous qui les comprend ?

4:03
Jordan Bardella

Certainement pas. Mais je dis que depuis que certains sont enfants, on leur a expliqué que la France avait toujours mal fait, qu'il fallait se repentir. Ce qui ont, qui leur a expliqué ? Ce sont les manuels scolaires, ce sont un certain nombre d'enseignants, ce sont une grande partie de la classe politique, notamment à gauche, SOS Raciste, le Parti Socialiste, qui a enfermé ces Français issus de l'immigration dans une repentance communautariste et dans une haine à l'égard de la France. Vous savez, Alain Finkielkraut, dans L'identité malheureuse, parle de l'oïcophobie, c'est-à-dire la haine de la maison mère.

Or, on a biberonné aujourd'hui toute une génération de Français issus de l'immigration à la haine de la France, à la haine de la République française. Moi, je ne crois pas, comme Emmanuel Macron, que la colonisation ait été un crime contre l'humanité. Mais en disant cela, Emmanuel Macron a cherché à flatter les communautaristes et a cherché à attirer, en réalité, un électorat issu des banlieues.

4:54
Présentateur

Alain Finkielkraut qui a dit, justement, après les débordements, la francophobie s'installe en France. Vous reprenez ce mot, francophobie ?

5:00
Jordan Bardella

Bien sûr qu'elle s'installe en France. Quand vous voyez qu'il y a des quartiers entiers, il faut aller lire ce qui a marqué sur les murs d'un certain nombre de cités en France. Quand des policiers sont attaqués tous les jours, je rappelle qu'il y a une agression gratuite toutes les 44 secondes dans notre pays et que toutes les 20 minutes, un policier est blessé dans notre pays. En France, ce n'est pas le policier en soi qui est blessé, ce n'est pas le père ou la mère de famille, c'est la France qui est attaquée, c'est la République française qui est visée. Et donc, je pense qu'il faut faire, évidemment, respecter la France.

Et ça, ça passe incontestablement par l'arrêt de cette immigration massive qui est menée dans notre pays depuis 30 ans et qui, en réalité, en 30 ans, a fragmenté complètement notre pays.

5:35
Présentateur

Et en même temps, quand je vous écoute, Jordan Bardella, ou quand je vous lis plus précisément, et en l'occurrence, quand je vous lis sur Twitter, je me dis que vous ne leur faites pas beaucoup de place et que vous êtes un peu ingrat. Quand vous voyez quand même un Chouameni... Parce qu'un Chouameni, qui a quand même marqué un but magnifique, premier but de l'équipe samedi soir, et vous n'avez pas un mot pour lui. C'est-à-dire qu'après le match, vous dites merci Olivier Giroud, merci Didier Deschamps, merci l'équipe de France. On est en demi, l'aventure continue.

6:00
Jordan Bardella

Non mais, madame de Malheur, je ne suis pas journaliste sportif. J'ai remercié toute l'équipe de France, son sélectionneur, et j'ai fait une petite mention spéciale à Olivier Giroud parce qu'Olivier Giroud a été, de l'avis de tous les commentateurs, il est celui qui a mis le but décisif. Mais je félicite tout le monde. Et quand c'est Kylian Mbappé qui met un doublé face à la Pologne, mon tweet et ma mention spéciale va à Kylian Mbappé. Moi, je suis pour...

6:25
Présentateur

Donc c'est vraiment compétent par hasard qu'il n'y a pas Aurélien Chouameni qui est...

6:29
Jordan Bardella

Oui, à moins que vous me prêtiez des pensées subliminales.

6:32
Présentateur

Je me dis, il y a deux mots, c'est vrai que vous en choisissez un des deux.

6:34
Jordan Bardella

Oui, parce que c'est le buteur décisif. Tous les commentateurs sportifs le disent d'ailleurs. Chouameni a commis aussi une faute, qui a entraîné un pénalty. Mais je pense que ce qu'on vit en ce moment, aujourd'hui, avec la Coupe du Monde, c'est aussi une parenthèse dans la vie des Français. C'est-à-dire dans un contexte qui est de plus en plus difficile, où les gens ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois, à boucler les factures d'énergie. C'est vrai que cet enthousiasme qui est créé par l'équipe de France, c'est évidemment une parenthèse agréable dans la vie des Français. Et moi, j'espère évidemment que nous allons remporter cette Coupe du Monde.

7:01
Présentateur

C'est vrai que nous allons remporter cette Coupe du Monde, mais je reviens quand même sur la composition de l'équipe. Je voudrais que vous écoutiez les propos d'Éric Zemmour, qui a été invité de BF Amir. Il y a une différence entre des gens qui viennent d'origines différentes, ce qui a toujours été le cas en France. Les plus grands joueurs, Raymond Coppa était fils d'immigrés polonais, Platini, fils d'immigrés italiens, etc. et le fait qu'il y ait 8-9 joueurs d'origine africaine, de couleur noire, dans l'équipe. Ce n'est pas la même chose. Si vous aviez 9 joueurs blancs dans l'équipe sénégalaise, je pense que les Sénégalais s'interrogeraient.

Donc vous considérez qu'il y a un déséquilibre aujourd'hui dans l'équipe de France ? Aujourd'hui, je pense qu'il y a un équilibre assez subtil d'ailleurs. Mais il faut simplement que l'équipe ressemble au pays tout bêtement. Il faut des quotas dans l'équipe de France ?

7:45
Jordan Bardella

Non, je ne rentre pas là-dedans. Je ne suis pas le plus grand spécialiste du foot. Je l'ai été pendant très longtemps, je ne le suis plus. Si les joueurs ont été sélectionnés, c'est parce qu'ils sont compétents et qu'ils le méritent. Je pense qu'être français, ça n'est pas une couleur de peau. C'est un état d'esprit finalement. C'est une attitude. C'est un acte d'amour à l'égard du pays qui nous a vu grandir ou qui nous a accueillis quand on est issu de l'immigration. Et je me permets de vous rappeler qu'il y a eu... Je suis désolé d'en venir là, mais je reviens d'outre-mer. Et en Outre-mer, le Rassemblement National est arrivé en tête lors des dernières élections présidentielles.

Et j'étais moi-même à Mayotte et à La Réunion. Marine Le Pen a réalisé 60% des voix lors de l'élection présidentielle. Quand vous avez des Français qui vivent aujourd'hui en Outre-mer, qui placent le Rassemblement National en tête, c'est qu'il y a cet acte d'amour qui se fait indépendamment de la couleur de peau, indépendamment de la culture, des coutumes, parce qu'être français, c'est une attitude, c'est un état d'esprit. Et ça n'est pas une couleur de peau. Et merci de me permettre de le rappeler. Il y a eu par le passé dans l'équipe de France des gens qui ne chantaient pas la Marseillaise. Aujourd'hui, les 11 titulaires de l'équipe de France chantent la Marseillaise.

Et je pense que c'est ce qu'il faut en retenir.

8:58
Présentateur

Et donc, c'est la seule chose qui compte à vos yeux, Jordan Bardella, ce matin.

9:01
Jordan Bardella

Oui.

9:02
Présentateur

8h41, je voudrais qu'on puisse aussi évoquer ce scandale qui arrive au Parlement. Vous êtes vous-même parlementaire européen.

9:09
Jordan Bardella

Pas mis en cause.

9:10
Présentateur

Non, non, pas du tout mis en cause. Il n'y a aucun français d'ailleurs qui soit mis en cause. Mais l'enquête, disent-ils, continue. Vous aviez des soupçons. Vous vous étiez dit déjà, tiens, un tel ou une telle, ils sont quand même très pro-Qatar. C'est un peu louche.

9:22
Jordan Bardella

Oui. Il y a des votes du groupe socialiste au Parlement européen qui sont extrêmement étranges. Quand le groupe socialiste, qui est quand même historiquement le camp de la défense des travailleurs, je dis historiquement, parce qu'aujourd'hui, ce n'est plus totalement vrai, qui prend position en expliquant que le Qatar est le chef de file de la défense des droits des travailleurs dans le monde, alors même qu'il y aurait, d'après vos confrères, 6500 ouvriers qui sont morts sur les chantiers de la Coupe du Monde parce que là-bas, les travailleurs sont traités comme des esclaves. Oui, ça pose question.

En vérité, l'Union européenne, depuis maintenant plusieurs années, s'érige en modèles de vertu et donne des leçons de morale et des leçons de droit de l'homme à la Terre entière. On s'aperçoit aujourd'hui qu'elle est présumée corrompue jusqu'à son plus haut niveau. Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs, et pour moi, ces révélations ne sont pas très étonnantes qu'on voit le Qatar mettre en place une stratégie d'influence voire de corruption à l'égard de la classe politique française ou européenne. Je rappelle que, notamment M. Malbruneau, qui est journaliste, avait publié un livre

10:17
Présentateur

qui a publié plusieurs enquêtes sur le Qatar

10:19
Jordan Bardella

et Qatar's Papers dans lequel il pointe les liens de corruption entre cet État qui est une dictature islamiste et un certain nombre de responsables politiques.

10:30
Présentateur

Et je rappelle quand même que là, la vice-présidente, quand même, la vice-présidente du Parlement européen est derrière les barreaux au moment où on se parle. Elle a été prise en flagrant délit. 600 000 euros en liquide. Encore une fois, est-ce que c'est des choses où vous n'avez jamais été approchées, vous ?

10:45
Jordan Bardella

Non.

10:45
Présentateur

Non, ils n'ont jamais tenté et aucun que vous ne connaissiez n'ait été approché. Non, pas du tout. Non ?

10:51
Jordan Bardella

Non, non, pas du tout.

10:52
Présentateur

À aucun moment ?

10:53
Jordan Bardella

Pas du tout.

10:53
Présentateur

Est-ce qu'il faut se méfier désormais du Qatar davantage encore qu'on ne le fait ? C'est-à-dire que quand on regarde en France tous les intérêts du Qatar, ce qu'ils ont acheté...

11:01
Jordan Bardella

On aurait bien tort d'attendre 2022 pour se méfier du Qatar. Le Qatar est un État qui, encore une fois, d'après les révélations qui ont été faites par vos confrères et notamment par le Wall Street Journal, finance le terrorisme et a financé notamment en Syrie les milices Al-Nostra qui étaient des milices islamistes, fondamentalistes, qui manifestaient une proximité avec l'État islamique.

Le Qatar, qui a financé ces dix dernières années, 25 millions d'euros en France, sur le territoire français, de mosquées radicales, d'associations communautaristes, d'écoles coraniques et qui a abrité un certain nombre de dirigeants des frères musulmans qui, je vous le rappelle, est une organisation considérée comme terroriste dans un certain nombre de pays arabes et notamment aux Émirats arabes unis. Donc, il y a évidemment une duplicité à l'égard du Qatar depuis dix ans dans la classe politique française et dès 2012, Marine Le Pen avait l'occasion de dénoncer ces liens entre un État qui est un État islamique sur lequel on a fermé les yeux pour la Coupe du Monde.

Moi, j'entends aujourd'hui, si vous voulez, tout le monde sur les plateaux se plaindre que là-bas, on ne peut pas porter le brassard LGBT, que les joueurs de l'équipe de France ne puissent pas avoir de mots pour les minorités opprimés, etc. Qui a choisi d'organiser la Coupe du Monde au Qatar ? Ce n'est pas nous.

12:11
Présentateur

La ministre des Sports, elle a porté un pull, alors qu'il y a un pull très à la mode qu'on voit beaucoup mais qui est ce pull qu'elle a mis spécialement pour ce match avec les manches aux couleurs de l'arc-en-ciel. Est-ce que vous y avez vu un signe ? Est-ce que vous avez vu

12:24
Jordan Bardella

que c'est courageux ? Mais vous auriez été

12:28
Présentateur

au Qatar ? Vous iriez là ? Vous avez Emmanuel Macron qui va y aller mercredi ?

12:32
Jordan Bardella

Moi, à titre personnel, je n'y serais pas allé.

12:34
Présentateur

Vous n'auriez pas été ? Non, écoutez,

12:37
Jordan Bardella

il est président de la République française. L'équipe de France va probablement, je l'espère, se qualifier pour la finale de la Coupe du Monde. Mais à titre personnel, je n'y serais pas allé parce que moi, j'ai un problème moral avec le Qatar. Et je n'ai pas l'indignation à géométrie variable parce qu'on passe notre temps à faire des leçons extrêmement dures à l'égard d'États autoritaires comme la Russie et c'est ce que fait le Parlement européen à longueur de journée. Mais déroule son tapis rouge.

13:02
Présentateur

Vous ne reprochez pas au président de la République de s'y rendre. Mais si Marine Le Pen était présidente, elle n'y aurait pas été ?

13:08
Jordan Bardella

Moi, je n'y serais pas allé. Je ne suis pas président de la République, mais je n'y serais pas allé. Après que le président de la République française se déplace au Qatar pour soutenir l'équipe de France de football, à ce moment-là, ça a le regard et c'est de sa responsabilité. Mais je ne pense pas qu'il faille lui en faire le reproche. Mais je dis juste une chose, c'est qu'on ferme les yeux depuis maintenant des années sur le soft power et la culture de corruption qu'a mise en place le Qatar dans un certain nombre de pays, alors même que cet État finance les adversaires de la France, c'est-à-dire le fondamentalisme islamiste.

13:35
Présentateur

Vous demandez la démission de la vice-présidente du Parlement européen ?

13:39
Jordan Bardella

C'est la moindre des choses et je crois savoir d'ailleurs que la présidente du Parlement européen, Madame Mezzola, lui a retiré l'intégralité de ses fonctions.

13:46
Présentateur

Un homme de 88 ans, Jean, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi après avoir été retrouvé très grièvement blessé lundi dans la cave de sa résidence. Il a été retrouvé par sa femme. L'un de ses voisins a avoué l'avoir tabassé et donc il en est mort. Ses deux frères ont donc été interpellés dont l'un des deux a été mis en examen. Vous dites souvent que vous, vous sauriez faire régner l'ordre. Est-ce que vous auriez pu faire en sorte que cet acte n'existe pas ? Qu'est-ce qui aurait changé ? Est-ce que cette sauvagerie quasi humaine, ordinaire, des sauvageries abominables mais qui existe, est-ce qu'avec vous ce genre de choses disparaîtrait ?

14:26
Jordan Bardella

D'abord, je vous mentirais si je vous dirais qu'avec le Rassemblement national, il y aurait zéro agression dans les rues. En revanche, je peux vous assurer qu'avec le Rassemblement national, tout serait fait pour que la récidive, la tentation de la récidive soit dissuadée par la justice française. Il y a une agression gratuite toutes les 44 secondes dans notre pays et ces faits, comme a pu le subir Jean, ne sont pas des faits isolés, ce ne sont pas des faits divers, ce sont des faits de société et même des faits de civilisation parce qu'une grande partie de cette violence est importée sur notre sol.

La quasi-totalité de cette délinquance de rue, de ces faits de délinquance et de criminalité est liée directement à notre politique d'immigration. Je veux bien qu'on tourne autour du pot pendant des mois et des années. Ils sont nés en France. Ils vivent avec leur mère. Issus aussi de l'immigration, on peut refaire le film des années et des années, mais il y a un lien aujourd'hui entre cette politique d'immigration complètement anarchique qui est menée sur notre sol. L'acquisition aussi automatique de la nationalité et notamment le droit du sol.

Je reviens d'un territoire à Mayotte qui est, pardon d'y revenir, un territoire français qui a choisi par quatre reprises d'appartenir à la République française. Là-bas, vous avez 50% de la population qui est clandestine, ce sont des Comoriens et on voit tous les jours des gangs se balader avec des machettes, agresser les Français dans les rues, couper les mains des enfants dans les bus scolaires sans que personne ne s'en indigne.

15:51
Présentateur

C'est passé dans la cave de Beson et ce qui se passe à Mayotte.

15:54
Jordan Bardella

Parce que c'est exactement la même violence qui s'exprime. C'est exactement la même impunité de la justice qui s'exprime. Nous, nous défendons un tour de vie sans matière pénale. Qu'est-ce que vous dites ? Peut-être clandestins

16:03
Présentateur

violents ?

16:04
Jordan Bardella

Je pense qu'une grande partie, je ne dis pas que tous les clandestins sont étrangers, mais je dis que la carte de l'immigration est exactement la carte de l'insécurité et de la violence dans notre pays. Tout le monde le dit. On est à Paris aujourd'hui. 75, dont un est récidiviste connu des services de police. Donc si ce n'est pas l'immigration, c'est la justice qui est défaillante. Donc un, il faut un tour de vie sans matière pénale. Il faut supprimer les remises automatiques de peine. Il faut rétablir des peines planchées. Il faut créer de nouvelles places de prison. Ça n'a pas été fait. Il faut expulser les délinquants et criminels étrangers.

On paye aujourd'hui, pardon, la suppression de la double peine par Nicolas Sarkozy qui nous empêche d'expulser les délinquants et criminels étrangers. La France accepte ce qu'aucun autre pays du monde accepterait.

16:44
Présentateur

Le ministre de l'Intérieur souhaite rétablir la double peine.

16:47
Jordan Bardella

Oui, très bien. Non mais très bien. Mais je veux dire, le ministre de l'Intérieur, lequel ? Pourquoi lequel ? Ça veut dire que le lundi, il nous explique qu'il n'y a pas de lien entre l'immigration et l'insécurité. Le mardi, il est dans un commissariat à Marseille en nous expliquant que la moitié des interpellés sont issus de l'immigration. Et le mercredi, devant une commission d'enquête parlementaire au Sénat, il y a un Gérald de Darmanin qui est opportuniste et qui probablement voit la prochaine élection présidentielle arriver et se dit que c'est peut-être son tour.

Moi, je pense qu'on n'enrayera pas la spirale de la violence dans notre pays si on n'arrête pas l'immigration, si on ne maîtrise pas les flux. Et c'est l'occasion de rappeler qu'Emmanuel Macron a battu tous les records d'immigration dans notre pays. Nous accueillons chaque année l'équivalent de deux fois la ville de Bordeaux de manière légale, plus les 900 000 clandestins qui sont présents sur le territoire. Donc il faut organiser le traitement de l'asile dans les ambassades et dans les consulats des pays de départ. Et puis, il faut une politique d'immigration

17:39
Présentateur

qui soit beaucoup plus ferme. Il y a 2000 enfants qui dorment dans la rue en France. Ce matin, on avait des impératures négatives quasiment dans tous les départements. Est-ce qu'il faut les mettre à l'abri ?

17:51
Jordan Bardella

Évidemment qu'il faut les mettre à l'abri.

17:53
Présentateur

Est-ce qu'il faut que la France mette davantage de places d'accueil ?

17:56
Jordan Bardella

Oui, mais la France...

17:57
Présentateur

Est-ce que vous faites comme les acteurs de la solidarité un appel ce matin à ce que ces 2000 enfants ne dorment pas dans la nuit, dans la rue ?

18:04
Jordan Bardella

Bien sûr. Mais là encore, pourquoi la France a de moins en moins de places d'hébergement ? Pourquoi est-ce que les associations sont de plus en plus saturées ? Parce que la France accueille toute la misère du monde et que la solidarité qui est déployée pour aider des gens qui viennent en France, c'est la solidarité qui ne revient pas à nos compatriotes français. Vous vous rappelez qu'en 2017, Emmanuel Macron avait fait une promesse. C'était qu'un an après, plus aucun Français, plus aucun SDF ne dorme dans les rues.

Moi, je me rappelle d'un rapport de la Cour des Comptes qui était sorti en 2015 et qui indiquait que l'accueil de migrants et de Syriens, notamment à l'époque, se faisait dans les structures d'accueil de la République française au détriment des Français.

18:44
Présentateur

On sent que vous êtes revenu à vos fondamentaux. Là encore. Tout est lié à l'immigration.

18:47
Jordan Bardella

Excusez-moi, mais quand il y a un Français sur trois qui n'arrive plus à se soigner parce que le reste à charge est devenu trop important et que de l'autre, on offre toute la palette de soins gratuite à des gens qui viennent dans notre pays et qui sont présents de manière clandestine, oui, les Français se disent que ça pose un problème de justice et ils aimeraient aussi pouvoir bénéficier de cette solidarité.

Encore une fois, je dis ça parce que j'y reviens, je reviens de Mayotte et que là-bas, la solution est la submersion migratoire où un habitant sur deux est étranger et clandestin fait que les écoles sont saturées, les hôpitaux sont saturés et les structures d'accueil et d'aide sont aussi saturées. Donc je pense effectivement que oui, c'est un problème important dans notre pays qui n'est pas réglé.

19:27
Présentateur

Jordan Bardella, président du Rassemblement National, vous pourriez travailler avec le nouveau président des Républicains, Éric Ciotti ?

19:34
Jordan Bardella

Moi, je pense que LR est une anomalie aujourd'hui. LR a fait 4% des voix lors de la dernière élection présidentielle et LR devrait être membre de la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron quand on refuse de voter l'émotion de censure, quand un certain nombre de ses candidats, M. Pradié, qui était candidat à la primaire, n'avait pas de candidat en marche contre lui lors du premier tour des élections législatives qui veut donc dire qu'il y a aujourd'hui une porosité entre les Républicains et Emmanuel Macron qui probablement n'attire pas l'approbation de militants LR, de patriotes sincères de LR à qui moi je tends la main.

Mais Éric Ciotti, quand on lui a demandé de choisir aux élections régionales entre au second tour le candidat du Rassemblement National Thierry Mariani qui est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy et Renaud Musuel le candidat d'Emmanuel Macron, il a voté pour le candidat d'Emmanuel Macron et fait voter pour le candidat d'Emmanuel Macron. Donc quelle est sa position ? Donc quelle est sa position ? Moi je pense qu'LR est devenu un astre mort et moi j'appelle l'ensemble des patriotes sincères de LR à venir nous rejoindre, à travailler avec nous et moi je les accueillerai bien volontiers au Rassemblement National.

20:32
Présentateur

Jordan Mardella, président du Rassemblement National et député européen. Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Il est 8h53 sur RMC BFM TV.