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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 mai 2022 11 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & élections

Julien Bayou : "Élisabeth Borne, c'est la continuité d'un quinquennat d'inaction climatique"

Au micro : Léa SalaméSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Votre réaction à ce fait-là pour commencer ?

  • 1:04RelanceRéponse partielle

    Vous n'attendez rien ? Vous ne lui donnez même pas une chance de lui surprendre en bien ?

  • 1:45OuverteÉludée

    Vous ne croyez pas à la promesse de la planification écologique ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça ne va pas compliquer votre campagne pour les législatifs ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a multiplié les attaques contre Jean-Luc Mélenchon.

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Vous soutenez Eric Piolle ce matin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « Elle n'a pas de bilan au ministère de l'Écologie, si ce n'est d'avoir supprimé 1600 postes. »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « Elle avait souhaité appliquer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Elle n'en a rien fait. »
  • 1:28Invité politiqueFait
    « C'est le seul président qui a été condamné par deux fois par sa propre justice pour une action climatique. »
  • 3:21Invité politiqueChiffre
    « Quand vous faites la réforme de l'assurance chômage, c'est un million de personnes qui voient leurs allocations réduites. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Une femme première ministre, d'où qu'elle vienne, qui s'engage comme principal projet la réforme de la retraite à 65 ans, c'est une politique de droite. »
  • 5:22Invité politiqueChiffre
    « Plus 100% d'actes homophobes LGBT. »
  • 7:49Invité politiqueFait
    « Ce qui se passe actuellement sur la sécheresse, aujourd'hui, dans 15 départements, l'impact sur les fruits et légumes, le prix des fruits et légumes à venir, est autrement plus important. »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « Daniel Cohn-Bendit lui-même disait qu'il ne fallait pas respecter les critères de Maastricht. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur19 %
  • Présentateur 212 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et notre deuxième invité est désormais le secrétaire national d'Europe Écologie des Verts, candidat de la NUP aux législatives à Paris. Julien Bayou, bonjour. Merci d'être notre micro ce matin. C'est donc Elisabeth Borne qui a été nommée Première Ministre hier. Une femme à Matignon, je le disais tout à l'heure, ce n'était pas arrivé depuis Edith Cresson, 1991, plus de 30 ans. Votre réaction à ce fait-là pour commencer ?

0:32
Invité politique

Enfin, enfin une femme à nouveau Première Ministre. C'est un vrai joli signal. Par contre, c'est le seul motif de satisfaction. Elle n'a pas de bilan au ministère de l'Écologie, si ce n'est d'avoir supprimé 1600 postes. Elle avait souhaité appliquer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Elle n'en a rien fait. Elle avait même souhaité un référendum, évidemment. Il n'en a rien été. Le Président a jeté tout ça à la broyeuse. On n'attend absolument rien, évidemment, de cette ministre.

1:04
Présentateur

Vous n'attendez rien ? Vous ne lui donnez même pas une chance de lui surprendre en bien ?

1:08
Invité politique

Non, parce qu'en fait, au début d'un mandat, évidemment, il faut donner sa chance au produit. Il faut laisser le bénéfice du doute. Vous ne le faites pas, là ? Là, ce n'est pas le début du mandat. C'est la continuité d'un mandat qui est un quinquennat d'inaction climatique. Le Haut Conseil et l'égalité, qui est une autorité indépendante, a dit dans tous les sens que le quinquennat d'Emmanuel Macron est un quinquennat d'inaction climatique. C'est le seul président qui a été condamné par deux fois par sa propre justice pour une action climatique. Donc, les faits sont là. Les faits sont têtus. Ce président ne s'intéresse pas au climat. On est dans une période de sécheresse aggravée.

Et on continue sur un modèle agricole prédateur de l'eau. Rien n'a été fait pour anticiper ou pour adapter.

1:45
Présentateur

Vous ne croyez pas à la promesse de la planification écologique, à la promesse, on verra ce qu'il en sera, de deux ministères forts qui pourraient faire leur apparition, l'un de la planification énergétique, l'autre de la planification écologique territoriale, même ça ?

2:01
Invité politique

Non, ne vous laissez pas berner par les mots. Si vous vous souvenez, il y a un haut-commissaire au plan, je crois, qui avait été réinventé il n'y a pas si longtemps, François Bayrou, qui n'a fait rien du tout, si ce n'est des rapports que d'autres autorités ont jugés indigents. Ce commissaire au plan qui avait été installé après que l'essentiel des fonds du plan de relance ait été dilapidé en pure perte et sans aucune contrepartie ni sociale ni environnementale, on nous a déjà fait le coup. Je pense que l'ensemble de la population a pu juger sur pièce des ambitions environnementales et sociales d'Emmanuel Macron.

La seule garantie pour avoir une action climatique dans les prochaines années, c'est de voter NUPES aux prochaines législatives. C'est d'avoir une majorité de députés écologistes, insoumis, communistes, socialistes qui puissent contraindre Emmanuel Macron à agir, qui puissent avoir une véritable action pour le climat, agir. Par exemple, dans le projet que nous allons dévoiler jeudi, l'enjeu c'est moins 65% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Objectif 100% des énergies renouvelables, sortie des pesticides, rénovation thermique massive. Voilà du concret, voilà du très concret.

2:59
Présentateur

Une femme et un profil qui vient de la gauche, elle était au Parti Socialiste. Est-ce que ça ne va pas compliquer votre campagne pour les législatifs ? Poussez certains de vos électeurs qui sont très mal à l'aise avec votre alliance avec les insoumis vers Emmanuel Macron.

3:12
Invité politique

Mais le bilan d'Elisabeth Borne en matière sociale, c'est le bilan d'une femme de droite. Et elle est maintenant première ministre d'un président de droite. Et personne ne s'y trompe. Quand vous faites la réforme de l'assurance chômage, c'est un million de personnes qui voient leurs allocations réduites. Un million de personnes qui sont déjà la tête sous l'eau, à qui on enfonce la tête sous l'eau pour être bien sûr qu'ils sont toujours plus précaires. Une femme première ministre, d'où qu'elle vienne, qui s'engage comme principal projet la réforme de la retraite à 65 ans, c'est une politique de droite. Personne ne sera dupe de quoi que ce soit.

Nous sommes au contraire pour la retraite à 60 ans. Nous sommes pour la réduction du temps de travail. Nous sommes pour l'autonomie de la jeunesse. Voilà le type de mesures enthousiasmantes. Et c'est aussi ça que je vois sur le terrain. Bien sûr, cette coalition agglomère les différentes forces et j'espère les différents électorats. Mais ranime l'espoir d'un changement de vie concret pour des millions de personnes à partir de juin. Mais ça, c'est à condition de voter NUPES.

4:06
Présentateur

Emmanuel Macron a multiplié les attaques contre Jean-Luc Mélenchon. Un troisième tour, ça n'existe pas. Ne vous laissez pas intimider par ceux qui voudraient rejouer aux législatives, ce qui a été tranché à la présidentielle. C'est ce qu'il a dit aux candidats de la majorité qui étaient réunis le 10 mai dernier au doc de Bervilliers. Il a évoqué une extrême gauche qui a gagné le combat Gramscien face aux forces politiques qui ont voulu s'allier avec elle. Bref, l'extrême gauche a gagné la bataille des idées et vous, vous l'avez perdue.

4:36
Invité politique

A-t-il tort ? Moi, j'ai entendu Stanislas Guérini et Emmanuel Macron dire que le troisième tour, ça n'existe pas. Mais dans ce cas-là, ça veut dire quoi ? Le vote n'a aucun sens ?

4:46
Présentateur

Non, ça veut dire que dans l'histoire, les législatives donnent la majorité au président qui a été élu quelques semaines avant.

4:52
Invité politique

Jusqu'ici ? Jusqu'ici. Jusqu'ici, mais en 1997, la dissolution parfaitement inattendue a donné lieu à une coalition parfaitement inattendue et une majorité gauche plurielle inattendue également.

5:02
Présentateur

Il n'y avait pas de présidentielle un mois avant.

5:04
Invité politique

Et les acquis, c'était deux ans avant, et les acquis gouvernementaux de cette majorité gouvernent encore notre quotidien. C'est la réduction du temps de travail, c'est la loi SRU sur les logements sociaux, c'est la couverture maladie universelle, c'est le PAX devenu maraise pour tous. Et je note aujourd'hui, en cette journée de lutte contre les violences LGBT, que ce gouvernement a abîmé les droits humains. Plus 100% d'actes homophobes LGBT. Vous voyez, il est possible de changer la vie, mais ça n'est pas avec ce gouvernement.

5:31
Présentateur

Ils pouvaient reconnaître qu'ils l'ont fait.

5:32
Invité politique

Avec 10 ans de retard. Ça n'est pas avec ce gouvernement. Ils l'ont fait. Ça n'est pas avec ce gouvernement que nous obtiendrons quoi que ce soit, ni pour le climat, ni pour la justice sociale, ni pour l'approfondissement et de nouveaux droits.

5:42
Présentateur

On va passer à la laïcité. Eric Piolle, le maire de Grenoble, a fait voter de justesse hier soir par le conseil municipal une modification des règlements des piscines municipales qui permettront donc aux femmes de se baigner en Burkini. Une décision qui provoque ce matin des critiques venant de tous bords politiques, qui dénoncent une décision électoraliste, communautariste, une soumission à l'islam politique. Vous soutenez Eric Piolle ce matin ?

6:03
Invité politique

Oui, et je me permets de vous reprendre. Ça n'a rien à voir avec la laïcité. Je ne sais pas d'où vous tirer ça. La laïcité, loi de 1905, qui reconnaît la neutralité de l'État à l'égard des Églises, la séparation de l'Église et de l'État, combinée au principe de neutralité des services publics, garantit l'égalité. La laïcité et la neutralité ne s'appliquent qu'aux agents. Les usagères des services publics sont libres d'exercer leur culte, leur religion. Vous soutenez Eric Piolle ? Vous soutenez cette décision ? Excusez-moi, ce n'est pas anodin.

6:32
Présentateur

Ce n'est pas du tout anodin la décision qui a été prise hier. Je vous demande si vous la soutenez, par exemple, et si vous soutenez que toutes les piscines de France autorisent désormais le Burkina.

6:39
Invité politique

Je vous le redis, ça n'a rien à voir avec la laïcité. Désolé de vous avoir repris là-dessus, mais c'est important. Ensuite, si c'est une question absolument fondamentale, et j'ai noté que toutes les télés du monde, et de France en tout cas, étaient à Grenoble, et qu'elles le sont moins quand il s'agit de, par exemple, saluer les mesures de 100% d'autonomie énergétique de la ville qu'elle va atteindre dans les mois prochains. Je note qu'elles ne sont pas là non plus, alors que ça fait 4 ans qu'à Rennes, c'est le cas, c'est déjà autorisé, et que ça ne provoque aucun problème. Donc oui, nous soutenons ce principe d'égalité.

Si c'est un sujet aussi majeur, alors que droit soit donné à Éric Piolle, il a proposé au Premier ministre et au Président de s'en saisir. Si c'est un problème absolument aussi fondamental, ça ne peut pas être réglé au niveau d'un conseil municipal. C'est le règlement des piscines, mais si c'est fondamental, comme votre question semble le sous-entendre, alors... Et votre position, c'est quoi ? C'est que c'est un problème marginal ? Oui, absolument.

7:33
Présentateur

C'est que ce n'est pas un problème, en fait ?

7:34
Invité politique

Non, égalité, pas d'injonction sur le corps des femmes, liberté...

7:39
Présentateur

Si demain vous êtes au pouvoir, le burkini sera autorisé partout en France, et ça vous dit ?

7:43
Invité politique

Je souhaite que les femmes musulmanes puissent exercer leur religion, et d'en changer d'ailleurs, ou ne pas croire, et je souhaite que les femmes puissent se baigner. Et je souhaite qu'elles subissent moins d'injonctions à se vêtir ou à se dévêtir, oui. Et par contre, oui, je vais vous le dire, ce qui se passe actuellement sur la sécheresse, aujourd'hui, dans 15 départements, l'impact sur les fruits et légumes, le prix des fruits et légumes à venir, est autrement plus important, oui.

8:04
Présentateur

Avec ce genre de décision, ne prouvez-vous pas qu'Emmanuel Macron a raison quand il dit que la NUPES choisit le communautarisme plutôt que l'universalisme ?

8:11
Invité politique

Non, alors vraiment, ça c'est n'importe quoi. Et ce qui est aussi n'importe quoi, je tiens à le dire, c'est quand Laurent Wauquiez, sous couvert de batailler pour la République, attend à l'état de droit quand il dit qu'il va supprimer des subventions à une collectivité territoriale. Si un élu écologiste avait fait ça, c'est-à-dire avait dit je ne vais pas soutenir une subventionnée, une collectivité, parce qu'elle a pris une décision légale qui me déplaît, tout le monde se rend toupi. Et là on a un Laurent Wauquiez qui se permet de critiquer une décision légale, le conseil municipal a régulièrement délibéré, 29 fois par 27, la délibération est adoptée.

C'est légal, c'est conforme à l'état de droit. Ne vous en déplaise, ça n'a rien à voir avec la laïcité, puisque ce sont des maillots couvrants, et l'enjeu c'est donc l'hygiène et la sécurité. Ce règlement, aussi important soit-il, règlement intérieur du conseil municipal, est mis à jour. Et tout ça, on devrait tolérer que le président de région, Laurent Wauquiez, puisse comme ça censurer des subventions à des collectivités territoriales. C'est parfaitement anticonstitutionnel au principe de libre administration des collectivités territoriales.

9:14
Présentateur

Un mot très rapide, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Bessé, trois anciens députés européens élus Europe Écologie-Les Verts, ont publié dans Le Monde il y a 15 jours une tribune au vitriol, contre votre accord à gauche. Ils écrivent, je les cite rapidement, pour justifier votre posture de néo-converti à l'insoumission. Vous accumulez contre-vérité et mensonge sur l'Union Européenne en appelant à la désobéissance vis-à-vis des traités de la mutualisation et de la solidarité. Vous engagez la guérilla contre l'Europe au nom du nationalisme. Que leur répondez-vous ? C'était des compagnons de groupe quand même, et pas n'importe lequel.

9:49
Invité politique

Daniel Cohn-Bendit lui-même disait qu'il ne fallait pas respecter les critères de Maastricht. Je crois vraiment que là, il y a une perdition, et j'ai adoré la réponse de Noël Mamère sur l'Europe. Je suis fier du chemin que nous sommes en train de tracer de réconciliation, de la fracture qu'il y a eu sur le oui et le non au référendum. On pouvait dire oui sans graver dans le marbre les règles libérales d'austérité, et on pouvait dire non sans vouloir quitter l'Europe. Voilà le chemin que nous traçons pour une Europe renforcée, réorienter l'Europe et non pas la quitter, renforcée au service du climat et de la paix et de la prospérité.

10:20
Présentateur

Merci Julien Bayou. À suivre, la revue de presse de Clauda Skolovic, l'actrice et maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes, Virginie Fiera au micro, votre micro Léa, et le billet d'Alex Vizorek.