Jean-Louis Borloo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:13OuverteÉludée
Pourquoi certains jeunes deviennent djihadistes ?
- 1:41RelanceRéponse partielle
Parmi eux, il y a des jeunes qui ont grandi dans nos quartiers, comme Mohamed Merah, ou d'autres qui ne sont même pas issus de l'immigration et qui se sont convertis.
- 2:33OuverteRéponse partielle
Comment expliquez-vous ces discours qui empruntent de plus en plus au Front National ?
- 3:20RelanceRéponse partielle
Vous êtes moins d'isers ou plus prudents que votre porte-parole, Jean-Christophe Lagarde ?
- 3:51FerméeRéponse directe
La digue autour du FN, elle pourrait céder par endroit lors des municipales de 2014 ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des mesures gouvernementales que vous applaudissez, ou des textes que vous pourriez voter au Parlement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« l'intégration républicaine en France a fait des progrès considérables dans les dix dernières années. »
- 1:13Invité politiqueChiffre
« le plan de rénovation urbaine de 43 milliards, qui a dégaitouisé, qui a ouvert sur le reste de la ville »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« C'est un nombre d'individus qui se comptent en dizaines, voire en centaines, on dit 300, 320, 330 »
- 2:10Invité politiqueFait
« C'est un problème spécifique qui doit se traiter de manière organisée, de manière militaire, avec des renseignements. »
- 4:04Invité politiquePromesse
« pas de coalition avec l'extrême gauche, pas de coalition avec l'extrême droite »
- 6:04Invité politiqueFait
« on a un problème de compétitivité majeure, on a un problème d'attractivité industrielle majeure »
- 6:11Invité politiqueChiffre
« un, alourdit les charges des entreprises, plus 13 milliards »
- 6:25Invité politiqueChiffre
« Dans le Nord-Pas-de-Calais, j'ai regardé, 600 000 salariés du public et du privé vont être pénalisés sur cette affaire d'heures supplémentaires. »
- 6:40Invité politiqueFait
« le canal Seine-Nord, le Grand Paris, le fret ferroviaire, les échos prêts à taux zéro pour les logements »
- 7:03Invité politiqueFait
« On sait qu'on va vers une crise du bâtiment majeure. »
- 8:32Invité politiqueChiffre
« 2300 personnes, c'est pas rien. »
- 8:59Invité politiqueFait
« Le personnel a signé un accord de compétitivité dans une totale discrétion fin juillet. »
- 9:04Invité politiqueChiffre
« L'usine est sauvée. On va investir, alors qu'il y a une crise automobile majeure, 750 millions d'euros sur ce site. »
Temps de parole
- Jean-Louis Borloo76 %
- Présentateur24 %
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Bonjour Jean-Luc Borloo, c'est à nous. Vous savez, bienvenue sur Inter, vous savez vous, l'ancien maire de Valenciennes, l'ancien ministre de la ville, pourquoi certains jeunes deviennent djihadistes ?
Trop difficile, mais je voudrais d'abord dire que, contrairement à ce que j'entends à longueur de journée où je lis, l'intégration républicaine en France a fait des progrès considérables dans les dix dernières années. Mais considérables. La presse, la télévision, les films, les start-up, les entreprises, il y a un bouleversement considérable. Imaginez qu'il y a dix ans, ministre de la ville, j'étais obligé de faire quelque chose qui s'appelait talent des cités, pour trouver une personne de temps en temps, parce qu'elle avait ouvert une friterie dans le quartier que la République en aurait. Toute cette période est complètement dépassée.
Ce qui est très fascinant, ou à la fois préoccupant, c'est une réussite de l'intégration républicaine qui a progressé considérablement. Et je dois dire que le plan de rénovation urbaine de 43 milliards, qui a dégaitouisé, qui a ouvert sur le reste de la ville, il n'y est pas pour rien, mais c'est toute la société qui a bougé. Et en même temps, il y a une petite radicalisation, enfin il y a une radicalisation d'une extrême minorité, qui est liée à de la détresse, de nouveaux horizons, les réseaux sociaux, l'ensemble des sujets du pourtour méditerranéen. C'est très très difficile d'expliquer tout ça.
Mais parmi eux, il y a des jeunes qui ont grandi dans nos quartiers, comme Mohamed Merah, ou d'autres qui ne sont même pas issus de l'immigration et qui se sont convertis.
Mais comme toujours, mais c'était vrai à Londres, c'est toujours comme ça. C'est toujours dans votre sein que la violence, la difficulté d'expression prend des chemins détournés et bizarres. Mais il ne faut pas croire que ça, c'est simplement le recul de l'intégration républicaine. C'est un problème spécifique qui doit se traiter de manière organisée, de manière militaire, avec des renseignements. C'est un nombre d'individus qui se comptent en dizaines, voire en centaines, on dit 300, 320, 330, essentiellement recrutés dans les prisons, mais c'est un problème particulier. Ne confondons pas ça avec les progrès considérables de l'intégration républicaine en France.
Autre chose, vous qui avez quitté l'UMP, mais qui connaissez très bien ces figures de proue, comment expliquez-vous, Jean-Louis Borloo, ces discours qui empruntent de plus en plus au Front National de racisme anti-blanc au pain au chocolat, de refus du Front Républicain à la suppression des aides médicales pour les étrangers ?
Moi, j'ai comme règle de ne pas commenter ce qui se passe chez eux, surtout en période de campagne, parce qu'on pourrait considérer que c'est le soutien à l'un ou à l'autre, ce qui n'est pas... Vous remarquerez que je ne vous ai cité aucun nom, donc je vous demande de commenter les discours. Je vais vous les commenter. Si on crée l'UDI, l'Union des démocrates et indépendants, c'est bien parce que notre vision de la société n'est pas exactement celle-là. C'est le moins qu'on puisse en dire.
Mais pour autant, nous sommes dans une coalition, le principe des coalitions qui est vrai dans tous les pays occidentaux, et nous avons bien l'intention de peser dans cette coalition, voire d'en prendre le leadership.
Vous êtes moins d'isers ou plus prudents que votre porte-parole, Jean-Christophe Lagarde, qui a tweeté hier, franchement Copé me tape sur le système quand il attise la peur de l'autre.
Il a reflété une opinion assez partagée chez nous, mais je n'ai pas l'intention de me mêler de leur guerre interne.
Mais sauf que là, ce n'est pas une posture, c'est une stratégie qui est dans la lignée de la campagne présidentielle.
Dans leur campagne interne, voilà. C'est évidemment pas des propos, des attitudes que je prendrais ou que j'utiliserais.
La digue autour du FN, elle pourrait céder par endroit lors des municipales de 2014 ? Écoutez, c'est leur problème. Bah non, c'est le vôtre aussi, pardon.
Non, non, non, mais ce que je veux dire c'est que nous on a des positions tout à fait claires, pas de coalition avec l'extrême gauche, pas de coalition avec l'extrême droite, on ne peut pas être plus clair que ça. Je ne pense pas, honnêtement je ne pense pas, mais c'est l'avenir qui nous le dira, on verra ça dans 18 mois.
Bon, vous ne voulez pas insulter l'avenir au cas où c'est Jean-François Copé, en l'occurrence pour le citer, qui accèderait à la présidence de l'UMP. On verra. Et garder un partenariat avec lui. Vous, votre créneau à l'UDI, donc l'Union des Démocrates et des Indépendants, que vous présidez Jean-Louis Borloo, c'est l'opposition constructive. Par exemple, est-ce qu'il y a des mesures gouvernementales que vous applaudissez, ou des textes que vous pourriez voter au Parlement ? Eh bien cet après-midi. Qu'est-ce que vous allez voter ? Les emplois d'avenir.
Tous ? Les 30 membres du groupe UDI ? En tout cas, il n'y aura aucun vote négatif, il y a la très large majorité. Pourquoi ? Franchement, ce n'est pas une mesure exceptionnelle. J'aurais préféré un grand plan d'alternance et d'apprentissage pour toute la Genève française. Cela dit, il y a des jeunes en très grand danger, il y a une urgence dans nos quartiers, dans les zones rurales. Donc c'est un dispositif qu'on a souhaité renforcer par une formation obligatoire, nous l'avons obtenu.
Dès lors qu'il y a une formation qualifiante obligatoire, et puisque nous sommes dans une opposition constructive, et puisqu'il y a vraiment urgence et péril, nous voterons ce texte, c'est l'opposition constructive.
Sur le budget, est-ce que vous pensez que tout est bon à mettre à la poubelle, ou est-ce que vous saluez ce que François Bayrou lui-même, pardon de le citer, a appelé une sorte de bad goddessberg des socialistes qui pour la première fois ont admis qu'il fallait restreindre la dépense publique et s'occuper des déficits et ne plus laisser filer la dette ?
Vous voyez, je peux voter les emplois d'avenir et être extrêmement sévère sur le cap général prix. On a un problème de compétitivité majeure, on a un problème d'attractivité industrielle majeure, on a une guerre sur l'implantation des centres de recherche, de décision, de logistique et des centres financiers. Et nous sommes dans un système depuis 4 mois qui, un, alourdit les charges des entreprises, plus 13 milliards. Deuxièmement, à une attitude de divorce total avec le monde économique. Et troisièmement, pour des raisons idéologiques, tape sur les salariés du public et du privé comme jamais avec cette affaire des heures supplémentaires.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, j'ai regardé, 600 000 salariés du public et du privé vont être pénalisés sur cette affaire d'heures supplémentaires. Alors, un système qui alourdit les charges, qui arrête les grands projets d'infrastructures, le canal Seine-Nord, le Grand Paris, le fret ferroviaire, les échos prêts à taux zéro pour les logements, enfin, c'est quand même très angoissant. On est rentré à la fois dans une défiance à l'égard du monde économique et dans un cycle récessif. Et donc là, je suis assez sévère là-dessus. Quand je dis assez sévère, c'est pas vrai. Je suis sévère tout court et je suis inquiet. Prenez la politique du logement.
On sait qu'on va vers une crise du bâtiment majeure. Vous savez, la vieille règle, quand le bâtiment va, tout va en France. Aucune mesure de relance dans le secteur du bâtiment. Quand je dis aucune, absolument aucune.
Le dispositif du flot, ça ne suffira pas ?
Vous l'avez vu, vous, pour l'instant ? Ça fait 4 mois. On en connaît les grandes lignes, à peu près. Non, non, vous en savez plus que moi. Pour l'instant, il n'y a aucun dispositif de relance. Bien plus. Bien plus. On vient de proposer 900 terrains de l'État à vendre. Ils sont déjà vendus. Donc c'est quand même un système absolument invraisemblable. Quasiment tous avouez que c'est grave. Et l'État, qui est responsable du logement social en France, avec les partenaires sociaux, vient de dire, c'est plus mon affaire que les communes se débrouillent. C'est-à-dire, avec ça, on va avoir quelques difficultés.
Écouïde de l'action d'Arnaud Montebourg, qui était chez vous hier sur vos terres de Valenciennes, et que vous avez accompagné d'ailleurs à l'usine Toyota d'Aunin, près de Valenciennes.
Je l'ai accueilli. C'est le 17ème ministre ou chef de gouvernement, chef d'État français et étranger, que j'accueille dans cette usine que j'aime et qui est mon bébé. Donc c'est la routine. Donc j'ai été très heureux de l'accueillir. Mais je regrette simplement qu'il ne soit pas allé 10 kilomètres plus loin chez Cével-Nord. Vous savez, Cével-Nord, c'est l'usine Peugeot, Peugeot-Fiat, qui devait être fermée, puisque Fiat est partie, et qui a été sauvée au mois de juillet par un travail de confiance entre les élus, les représentants du personnel et la direction de Peugeot. 2300 personnes, c'est pas rien. Vous savez ce qu'on a fait ? On a appelé Toyota.
On leur a dit, puisqu'on est dans un climat de confiance dans le secteur, vous ne voulez pas regarder si ensemble, avec Peugeot, on ne pourrait pas développer de nouveaux véhicules utilitaires. On a travaillé à libre ou ouvert. Dans un climat de confiance, on a dit, une condition que le gouvernement ne s'en mêle pas. Parce que ce n'est pas la peine d'aller insulter les gens. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a bien regardé, on est allé au Japon. On a discuté avec Toyota. Il y avait un écart de 600 euros sur lieu de production. Le personnel a signé un accord de compétitivité dans une totale discrétion fin juillet. L'usine est sauvée.
On va investir, alors qu'il y a une crise automobile majeure, 750 millions d'euros sur ce site.
Donc le redressant productif, c'est vous ?
C'était à 15 kilomètres. J'étais obligé, d'ailleurs, une fois qu'il est parti de Toyota, à aller à Sével-Nord pour voir le personnel et les dirigeants pour m'excuser un peu de cette petite faute de goût.
Jean-Louis Bordeaux, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5 avec les questions des auditeurs et des chroniqueurs de France Inter.
Jean-Louis Borloo