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InterviewRMC (sur YouTube)· 1 mars 2024 20 minContradictoireMixteAgriculture & alimentationEurope & internationalInstitutions & élections

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Clémentine Autain sur RMC

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la coordination rurale a raison d'agir ou faut-il privilégier le dialogue ?

  • 0:45FerméeÉludée

    Êtes-vous plutôt du côté de la coordination rurale ou de la FNSEA ?

  • 1:15RelanceRéponse partielle

    Le gouvernement a avancé sur les prix planchers, mais comment cela se traduit-il concrètement ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Vous y avez été au salon de l'agriculture ?

  • 2:15RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vos priorités sont bien françaises ?

  • 2:45OuverteRéponse partielle

    Quelles sont vos propositions pour soutenir les agriculteurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Clémentine AutainFait
    « Ce qui a été fait par le gouvernement, c'est d'écouter les propositions faites par la FNSEA qui favorisent l'agro-industrie. »
  • 3:30Clémentine AutainFait
    « Il faut arrêter les traités de libre-échange. Il faut faire en sorte que... Vous parlez du Chili, notamment ? »
  • 4:30Clémentine AutainFait
    « On est en train de manger des poulets qui sont élevés à l'autre bout du monde, dans des conditions sanitaires pas possibles. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

opération coup de poing, presque opération de la dernière chance pour la coordination rurale à deux jours de la fin du salon de l'agriculture, se disant justement c'est la fin du salon mais on veut faire entendre notre colère. Est-ce qu'ils ont raison ou est-ce qu'il faut être dans un autre temps, un temps du dialogue ? J'aimerais qu'on puisse être dans un autre temps et celui du dialogue.

Le problème c'est que nous avons un gouvernement qui n'est pas capable d'écouter et d'agir pour enclencher un processus qui résolve enfin les problèmes des agriculteurs. On a aujourd'hui une situation qui n'est pas du tout résolue. Vous le savez, les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail.

Et ce qui a été fait par le gouvernement, c'est d'écouter les propositions faites par la FNSEA qui favorisent l'agro-industrie, les paysans qui ont le plus. Entre la FNSEA et la coordination rurale qui était à l'origine des actions de cette nuit, vous seriez plutôt coordination rurale ? Mais le problème n'est pas de choisir, je suis plutôt du côté de la...

Oui, enfin puisque vous pointez du doigt l'un des deux syndicats, je vous demande si vous êtes plutôt du côté de l'autre ou peut-être d'aucun. Je suis du côté des agriculteurs qui doivent pouvoir vivre de leur travail. Aujourd'hui, ils ne vivent pas de leur travail.

Et cette situation est inacceptable. Et le gouvernement qui, certes, a avancé dans les propos sur une revendication que nous portons depuis très longtemps, à savoir les prix planchers. Mais on attend de voir comment ça se traduit concrètement dans la loi.

Mais jusqu'ici, ce qu'a fait le gouvernement, c'est de s'asseoir sur des normes environnementales pourtant assez fondamentales et de ne pas chercher à changer le modèle de telle sorte qu'à la fois les agriculteurs puissent vivre leur travail et que ce que nous, nous mangeons, ce soit de l'alimentation de qualité. Vous y avez été au salon de l'agriculture ? J'y suis pas allée, mais il y a eu une grande délégation de ma famille politique.

Grande délégation ? Oui, plusieurs délégations. Jean-Luc Mélenchon n'y a pas été, si ?

Il fait partie des rares hommes politiques de cette envergure qui n'ont pas essayé qu'il fallait y aller. Il y a eu une délégation. Je devais y aller mardi matin et je n'ai pas pu en réalité parce que j'étais en Seine-Saint-Denis avec les enseignants.

Et c'est à cette délégation de mon groupe parlementaire insoumis que je souhaitais participer. J'étais avec les profs qui sont en grève en Seine-Saint-Denis et c'est aussi un combat très important. Tout à fait, mais ce que je veux dire, Clémentine, c'est que ça dit bien justement vos priorités.

C'est-à-dire qu'en ce moment, vous estimez que la priorité, c'est pas français. Non, non, ça, c'est pas vrai. Vous aviez un conflit entre deux rendez-vous.

François Ruffin est allé dans un débat à la coordination nationale. Nous avions une délégation lundi-mardi. Notre tête de liste, Manon Aubry, y était.

Mathilde Panot y était. Donc, on ne peut pas du tout dire qu'on n'est pas présents sur ce terrain-là. Non, mais ce qui est intéressant, c'est que Jean-Luc Mélenchon, en tout cas, lui, n'en a pas fait un de ces combats.

Je pense que ce que nous portons, les propositions politiques que nous portons sur ce sujet, qui visent à s'attaquer enfin au nerf du problème, à savoir tous les intermédiaires, tous les intermédiaires, à savoir aussi comment on arrive à une production de qualité. Aujourd'hui, vous avez des pesticides, vous avez une concurrence libre et non faussée. Au moment où on parle, vous savez qu'il y a des traités de libre-échange qui continuent d'être discutés à l'échelle européenne et votés.

Il faut arrêter les traités de libre-échange. Il faut faire en sorte que...

Vous parlez du Chili, notamment ? Oui, je parle du Chili. C'était en discussion au Parlement européen, encore, il y a quelques jours.

Donc, ça, ce n'est pas possible. On ne peut pas avoir un discours quand on va au salon de l'agriculture et faire l'inverse quand on est à l'Union européenne. Donc, il faut s'attaquer au nerf de la guerre, arrêter ce grand déménagement du monde, faire en sorte qu'on n'ait pas cette compétitivité qui écrase les producteurs, les agriculteurs français.

Je retiens votre expression, je crois que je n'avais jamais entendu ce grand déménagement du monde. Bien sûr, c'est un grand déménagement du monde. On est en train de manger des poulets qui sont élevés à l'autre bout du monde, dans des conditions sanitaires pas possibles, pendant que nos agriculteurs, nos éleveurs, ils crèvent de faim.

Vous voyez bien que ce n'est pas possible. On est en train de faire des cadeaux aux grands céréaliers en France, pendant que tous ceux qui, en proximité, font relocaliser l'économie, vous le savez. Et donc, c'est l'agriculture, dans toute sa proximité, qu'il faut soutenir.

Or, il n'y a pas ce soutien. Vous savez qu'en 2030, on va perdre l'essentiel des agriculteurs qui vont partir à la retraite. C'est la question du renouvellement aussi des générations d'agriculteurs, de la transmission.

Les jeunes agriculteurs sont capables de le faire. On a soutenu un modèle productiviste. On a dit aux gens, endettez-vous, prenez des machines, investissez dans les pesticides et toutes les horreurs qui, non seulement, bousillent la planète et la Terre, mais aussi qui font qu'on mange mal et qu'ensuite, on a des problèmes sanitaires en chaîne, pendant que les agriculteurs, la masse des agriculteurs, vit en dessous du seuil de pauvreté.

Vous connaissez un autre métier où on travaille tout le temps, il n'y a pas de vacances, il n'y a pas de week-end, et à la fin, c'est à perte. Vous connaissez un autre métier où c'est le cas ? Alors moi, je dis qu'il faut s'attaquer aux intermédiaires qui, eux, se gavent, qui, eux, continuent à faire des profits.

Et quand vous dites intermédiaire, tu m'as dit que vous avez en tête à la fois l'agroalimentaire, enfin les grands industriels de l'agroalimentaire, et la grande distribution. Clémentine Autain, je dirais qu'on parle de Gérard Miller, un ami peut-être, en tout cas un soutien, il l'a été, un camarade de route de la France Insoumise, aujourd'hui accusé, accusé avec des plaintes pour viol, pour agression sexuelle, des témoignages, une cinquantaine de témoignages qui font froid dans le dos. Camarade de route de LFI, comment vous vous sentez aujourd'hui ?

Comment vous vivez ça ? C'est évidemment assourdissant. Ce que je lis jour après jour, je veux dire, c'est sidérant.

Il y a un sentiment de trahison. Il y a un sentiment de trahison. Parce que là, ce qui est révélé, c'est un système avec un procédé qui est toujours le même, qui se répète sur, y compris des mineurs, puisque les plaintes qui sont...

Et on a entendu le témoignage hier sur BFM TV et RMC recueillis par nos journalistes d'une jeune femme qui avait 17 ans à l'époque. Voilà, donc c'est assourdissant. Et quand on a dans le même moment tout ce qui se passe, tout ce qui est révélé dans le monde du cinéma, et je voudrais rendre un César d'honneur, comme l'a proposé l'écrivaine Lola Lafon, à toutes ces femmes qui, dans le monde du cinéma, osent parler, et en particulier Judith Godrech, avec un courage incroyable.

Elle était encore hier au Sénat pour demander une commission d'enquête sur ces faits dans le monde du cinéma. Elle nous interpelle et je pense qu'elle a parfaitement raison. On va y revenir sur Judith Godrech et sur cette question du rôle aussi du politique aujourd'hui.

Mais Gérard Miller, est-ce que vous pourriez dire même que c'était un ami ? Eh bien, un ami. Moi, je n'ai pas été en grande proximité avec Gérard Miller, mais un compagnon de route de notre famille politique, je l'ai connu, j'ai discuté avec lui.

Et c'est pour ça que je vous dis sentiment de trahison. C'est que quand vous avez quelqu'un qui est dans notre famille politique, qui défend la cause des femmes, qui s'engage dans un discours féministe, qui est dans une famille qui veut lutter contre les oppressions, toutes les formes de domination, et de se retrouver devant ça, mais franchement, c'est insupportable. Vous l'avez eu au téléphone, vous avez parlé.

Non, c'est insupportable. C'est insupportable. Entre vous, est-ce que vous en parlez aussi ?

Est-ce que vous estimez que votre famille politique a suffisamment condamné, a suffisamment pris la mesure ? Non, mais ce n'est pas que ma famille politique, si vous voulez. C'est qu'entre l'affaire Gérard Miller et tout ce qui se passe dans le monde du cinéma, moi aussi, je suis comme Judith Godrej, j'ai envie de dire aux grands hommes politiques, mais où sont-ils ?

Que disent-ils ? Où sont les discours, l'accompagnement, les propositions concrètes pour faire en sorte qu'on ne soit pas comme le poisson rouge dans le bocal ? Vous voyez, le poisson rouge dans le bocal, c'est celui qui tourne en haut et voit toujours la même chose, mais il oublie qu'il a déjà tourné.

Donc on a eu des affaires, il y a eu l'affaire DSK, l'affaire Beaupin, Epstein, enfin, je veux dire, ça n'arrête pas et on a l'impression qu'il n'y a pas de discours, il n'y a pas de prise en considération de ce qu'on nous raconte. Qu'est-ce qu'il faudrait faire là aujourd'hui ? Quelles sont les mesures ?

Quand Judith Godrej demande effectivement une commission d'enquête parlementaire, est-ce que vous demandez à la présidente de l'Assemblée de le faire ? Oui, il faut deux choses. D'abord, en particulier à gauche, je suis sensible, en particulier à gauche, je n'attends rien de la droite et je pense que c'est à nous en particulier d'être au rendez-vous.

Pardon, mais là en l'occurrence, on parle d'un homme de gauche justement, c'est ça qui est quand même d'autant plus. Est-ce que la gauche aujourd'hui peut donner des leçons de morale ? Mais c'est très facile de donner des leçons de morale.

Non, mais est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez dire, je n'attends rien de la droite là-dessus, mais enfin bon, là ça vient de vos rangs quand même. Oui, mais justement, c'est pour ça que quand on est au clair sur les principes, on doit être au rendez-vous et savoir dire les choses très franchement, comme je suis en train de vous le dire. Mais l'important ce n'est pas les principes, c'est les faits là en l'occurrence.

Oui, mais justement, Apolline de Malone. Non, mais justement, est-ce qu'il n'y a pas un décalage entre les principes, la morale et les faits ? Est-ce que ce n'est pas d'autant plus insupportable ?

Bien sûr, je ne vais pas vous le dire. Mais je sais bien, c'est pour ça que je vous la pose à vous, parce que vous faites partie de celles qui ont toujours combattu ça. Eh bien, c'est ce qui ne va pas.

C'est que moi, j'écoute depuis des semaines les interviews des grands hommes politiques et je ne vois jamais qu'un grand homme politique, on lui pose la question que vous êtes en train de me poser, alors Gérard Miller, alors ce qui se passe dans le cinéma, et je n'entends pas de discours qui est capable...

Jean-Luc Mélenchon ne vient pas à mon micro, mais sinon je peux vous dire que je lui aurais posé la question. Il y ait un discours de gauche, d'homme de gauche, qui soit capable, et de femme de gauche...

Mais je pense qu'ils ont précisément peur de devoir répondre à ces questions-là, c'est peut-être pour ça d'ailleurs que Jean-Luc Mélenchon ne vient pas. De comprendre ce que ça veut dire, en fait. De quoi parle-t-on ?

Vous savez, le viol, les agressions sexuelles, ça a peu à voir en réalité avec la sexualité, mais ça a tout à voir avec le pouvoir. C'est un rapport de pouvoir, c'est un rapport de négation de l'autre. C'est le fait qu'on vous traite comme un objet et non pas comme un sujet.

Donc le sujet, il est extrêmement politique, d'accord ? Il faut arriver à le démêler, à le comprendre, à le saisir. Et je crois que si on le saisit bien, alors on touche aussi à la question du pouvoir, qui dans notre espace politique est évidemment...

Quelle réponse concrète on pouvait...

C'est-à-dire s'il y avait en effet une commission parlementaire ? Je précise en effet que Judith Godrech a donc été entendue hier pendant une heure et demie par une commission au Sénat des parlementaires de la délégation aux droits des femmes. Et elle a demandé à ce que les politiques s'en saisissent.

Vous le dites, vous voulez qu'il y ait une commission d'enquête parlementaire. Pour aboutir à quoi ? Alors, d'abord pour établir les responsabilités diverses et variées.

Donc les commissions d'enquête, c'est des moyens qui sont des moyens d'audition et qui permettent quand même d'éclairer. Donc ça, c'est très important qu'on ait ce processus, y compris pour prendre les bonnes décisions ensuite. Il y a des mesures immédiates qui pourraient être prises.

Moi, je pense qu'il serait grand temps de faire une grande loi avec des propositions qui ont été faites par la CIVIS. Vous savez, c'est la commission d'information sur les violences incestueuses, sexuelles et sexistes. À laquelle Judith Godrech a d'ailleurs rendu hommage hier.

Tout à fait. Le travail de la CIVIS. Avec Édouard Durand, qui a été malheureusement remercié.

Il avait fait un travail remarquable. Le juge Durand, un juge pour enfants. 82 mesures, il a mis sur la table.

Et je pense que ces 82 mesures, on pourrait s'en inspirer. Ça, c'est la première chose. Je l'avais reçu sur RMC le lendemain de son éviction.

Il n'a toujours pas compris pourquoi est-ce qu'il avait été évincé. Est-ce que vous estimez qu'il y a une forme de culpabilité là-dessus du pouvoir ? Mais il y a une responsabilité immense du pouvoir.

De la même manière que de décider que celui qui est à la tête du CNC aujourd'hui. Le CNC, c'est donc le Centre National du Cinéma. Voilà.

Qui a été reconduit. Alors qu'il y a une plainte contre lui de son filleul pour agression sexuelle. Vous trouvez que c'est normal ?

Que c'est normal que le pouvoir n'ait pas...

Est-ce que vous demandez à ce qu'il soit évincé ? Madame Rachida Dati nous dit présomption d'innocence. Alors j'entends bien, mais il y a des symboles.

Il y a des symboles et je pense qu'à un moment donné, il faut être capable de prendre le tour par les corps. Est-ce que vous demandez au CNC de retirer la présidence à Dominique Boutonna auquel vous faites référence ? Je pense que Dominique Boutonna ne peut pas être celui qui est capable aujourd'hui d'être légitime pour prendre ses responsabilités et agir dans le domaine du cinéma.

Parce qu'il faut impérativement faire quelque chose. On ne peut pas rester comme ça les bras ballants et se dire bon ben c'est comme ça, on attend que ça se passe. Il faut qu'il y ait des mesures.

Judith Godrech proposait hier qu'il puisse y avoir un adulte neutre référent, notamment pour les mineurs, au cinéma, pour qu'elles puissent...

Les jeunes filles et des jeunes garçons, parce qu'il y a parfois aussi des jeunes garçons à qui ça peut arriver. C'est ce qui est lancé aussi comme un MeToo garçon, c'est comme ça que c'est repéré sur tous ces témoignages qui émergent également sur les réseaux sociaux. Vous faisiez référence à Dominique Boutonna, en l'occurrence c'est un garçon, son filleul qui porte plainte contre lui.

Est-ce qu'il faut aussi donner de la place à ces voix-là ? Bien sûr qu'il faut donner de la place à ces voix-là. Il ne faut pas se boucher les oreilles, il faut les écouter, mais il faut agir.

Et pour agir, il faut des moyens, il faut une volonté politique. Et comment voulez-vous qu'Emmanuel Macron soit la hauteur de la situation ? Lui qui a dit que pour Gérard Depardieu, c'était une chasse à l'homme.

Quelle confiance on peut avoir dans ce pouvoir ? On ne peut pas avoir de confiance. Donc l'urgence maintenant, c'est qu'on est aux responsabilités demain.

Judith Godreff dit qu'il y a eu même tout un système qui voyait. Elle dit, mais on me voyait, moi, du haut de mes 14 ans, d'autres dans le cinéma, d'autres femmes. Elle a interpellé un certain nombre, y compris de féministes de l'époque, qui ne l'auraient pas aidé, qui ne l'auraient pas accompagné, qui ne l'auraient pas réveillé, même en quelque sorte, comme elle dit.

Est-ce qu'il y a des moments où l'on sait et où on ne fait pas ? Et je vous pose la question sur Gérard Millard. Est-ce que qui que ce soit a eu vent d'une rumeur ?

Est-ce qu'il n'y avait rien ? Moi, en tout cas, ça n'est jamais arrivé à mes oreilles. Je peux le dire sur d'autres.

Denis Bopin, il y avait une rumeur. Dominique Strauss-Kahn, il y avait une rumeur. Moi, la rumeur sur Gérard Millard, ça n'est jamais arrivé à moi.

Bon, après, vous ne pouvez pas non plus dénoncer sur la base d'une rumeur. Parce que quand on vous dit ensuite, vous le saviez. C'est toute la difficulté.

Ça a été la question avec l'ancien patron d'Europe Écologie, Les Verts, qui avait été dénoncé sur rumeur par Sandrine Rousseau. Est-ce qu'effectivement...

Non, il y a deux choses différentes. Il y a des rumeurs et il y a des témoignages. Oui, mais il y a des rumeurs et il y a des témoignages.

Ce n'est pas la même chose. Une rumeur et un témoignage sont une petite différence. Mais vous savez ce qui s'est passé pour Julien Bayou.

Il a démissionné. Il y a eu une enquête qui a été faite, y compris une enquête en interne, qui a conclu qu'il n'y avait rien qui reposait contre lui. J'entends.

Comment on trouve le juste équilibre ? Le juste équilibre, d'abord, il n'est pas si évident à trouver. Je trouve que c'est aussi beaucoup sur les féministes que repose la responsabilité, quelque part, de dire les choses, d'accompagner.

C'est sur elle aussi, c'est à elle qu'on demande beaucoup de choses. Et c'est pourquoi je reviens là-dessus. Vous me dites, vous posez la question à des hommes politiques.

Mais moi, j'écoute beaucoup, beaucoup d'interviews de grands leaders politiques. On ne leur parle pas assez de ces questions-là, vous estimez. Moi, on va faire la moitié de l'interview ici sur ce sujet-là.

Mais vous estimez que c'est important. Vous n'auriez pas voulu que je ne vous en parle pas. Mais je n'ai aucun problème à en parler.

Vous voulez simplement, on en parle à tous. Je dis que c'est bien si ce n'est pas seulement les féministes qui prennent en charge cette question-là. Voilà.

Ou alors s'il n'y a que nous qui pouvons le faire, que chacun et chacune en tire des conséquences. Clémentine Autain, je voudrais qu'on parle de la situation à Gaza. Les États-Unis eux-mêmes ont parlé hier d'un bilan effroyable. 25 000 femmes et enfants.

Uniquement les femmes et enfants, ce serait 25 000 victimes. C'est le porte-parole de la Maison-Blanche qui l'estime. Et puis l'espoir d'une trêve qui s'éloigne un peu plus.

Avec ce drame hier lors d'une distribution d'aides alimentaires. Selon le Hamas qui accuse Israël. Mais Israël qui reconnaît qu'il y a eu effectivement des morts.

Le bilan serait autour de 110 palestiniens tués lors d'une distribution de nourriture. On fait quoi Clémentine Autain ? Moi je suis abasourdie par ce qui se passe.

C'est insupportable. C'est absolument insupportable. Plus de 30 000 morts.

C'est un massacre de très très haut vol. avec la volonté d'un grand nettoyage du peuple palestinien. Dont les droits sont bafoués depuis très longtemps.

Pourquoi vous dites nettoyage ? Parce que la population est massacrée concrètement. Vous venez de le dire.

Et chassée avec aucune possibilité. Mais le mot nettoyage c'est vrai qu'on entend nettoyage ethnique. Donc est-ce que c'est à ça qu'on fait référence ?

C'est un peuple. En tout cas c'est un peuple. Il y a même des termes qui sont employés par des hauts responsables à l'échelle internationale.

Qui parlent de risque génocidaire. Donc il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se produire. Pour vous c'est ça ?

Vous l'utilisez, j'imagine, pas par hasard ce mot ? Je l'utilise parce que je l'entends aujourd'hui. Et je veux juste alerter et dire qu'on est dans un niveau de massacre qui est assez grave.

Qui est gravissime. Et donc il faut que la communauté internationale se ressaisisse et cesse de protéger Israël. Voilà.

Et de ce point de vue, Emmanuel Macron, il fait des ZIG et des ZAG. Et je pense que la parole de la France...

Il a condamné hier soir dans ce drame au moment de la distribution d'aide humanitaire. Sur le plan international, et c'est vrai aussi sur l'Ukraine, ce qui est bien c'est d'avoir la continuité. La continuité.

Et à plein de moments, il a fait des ZIG, des ZAG et manqué à son devoir et à ce que devrait être la parole de la France. Sur toute la politique internationale, quand vous l'entendez lundi soir qui parle de l'envoi de troupes au sol en Ukraine, est-ce que là aussi vous avez eu du mal à suivre ? C'est plus que du mal à suivre.

C'est inquiétant, voire irresponsable. Au début, on a Emmanuel Macron qui dit « attention, il ne faut pas humilier Vladimir Poutine ». Et quelques mois plus tard, il nous explique sans aucune concertation avec d'autres chefs d'État que d'un seul coup, il faudrait entrer en guerre avec la Russie.

Ce n'est pas rien. Vous vous rendez compte ce que ça veut dire ? Il y aura une consultation en revanche des parlementaires.

Il y aura à nouveau un débat. À nouveau, il y a très peu de débats à l'Assemblée nationale alors que ça engage la France. Et moi, j'appelle à ce qu'il y ait beaucoup plus de débats.

Un débat avec vote ? Vous demandez ce qu'il y a un vote ? Il peut y avoir des votes.

Bien sûr qu'il faut des votes. Ce n'est pas simplement débat, mais aussi des votes. Or là, l'opacité...

Après la question, c'est un vote sur quoi ? Est-ce que ce sera simplement sur le soutien à l'Ukraine ? Est-ce que ce sera plus précisément sur les 3 milliards ?

Le soutien, parce que c'est quand même incroyable qu'au moment où les États-Unis se désengagent, ce qui est un vrai problème. Donc on aurait besoin d'une coopération européenne plus grande pour intervenir, pour soutenir les Ukrainiens, pour les aider à ce qu'ils gagnent, non pas militairement, parce que ça ne va pas se jouer comme ça. Les aider comment ?

Les 3 milliards, par exemple, vous allez voter pour ? Mais déjà, oui, mais ce qu'il faudrait...

Oui ? Oui, il faut que...

Non, mais j'ai une question précise. 3 milliards, oui, non ? Il faut aider militairement les Ukrainiens, je le crois, et j'aimerais bien... 3 milliards d'aides ?

J'aimerais bien que les engagements pris par le président de la République soient suivis des faits, parce qu'il s'est engagé. Maintenant, il nous dit, on va envoyer nous-mêmes des troupes, mais les promesses qu'il a faites avant...

Les obus, les promesses d'obus, et là, ce n'est pas seulement la France, effectivement, ne sont pas tenues. Mais je vous repose la question, là, il y a 3 milliards d'euros sur la table, c'est là-dessus précisément que vous allez être appelé à voter. Allez-vous voter pour l'envoi de 3 milliards d'euros à l'Ukraine ?

Je suis favorable à ce que nous soutenions l'Ukraine militairement, et à ce qu'on investisse pour le faire. Parce qu'il faut infligger une défaite politique à Pauline de Malher. Une défaite politique.

Non, non, mais il n'y a pas...

Je veux juste que vous me répondiez à la question, parce que vous aurez un bouton oui, un bouton non, est-ce que vous soutenez l'envoi par la France de 3 milliards d'euros d'aide ? Je suis favorable, oui, à l'aide militaire, à ce qu'on aide. Vous demanderez des garanties pour que ce soit bien des aides militaires, si je comprends bien.

Je suis pour qu'on ait une aide militaire, je suis pour qu'on cherche non pas à entrer en guerre avec la Russie, et c'est ce qui m'inquiète dans ce que vient de dire Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'il décide tout seul quelque chose qui tourne le dos à un processus de paix. C'est extrêmement grave d'imaginer que nous deviendrions nous-mêmes belligérants. Une chose est d'aider les Ukrainiens à faire en sorte qu'ils puissent mener le rapport de force pour ensuite pouvoir négocier.

Si vous voulez négocier, il faut qu'on puisse le faire dans un cadre où les Ukrainiens ne sont pas laminés militairement. Il n'y aura pas de victoire militaire, jamais d'ailleurs dans les conflits de ce type, ça se termine par une victoire militaire. Il y a un moment où on négocie, donc il faut du rapport de force, et c'est très compliqué avec les États-Unis qui n'aident plus, et donc il faut...

Dans ce temps-là, en tout cas au minimum, il y aura donc ce débat et ce vote. Clémentine Autain, merci d'être venue dans ce studio. Député de la France Insoumise de...