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interviewRMC· 1 mars 2024

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de ClĂ©mentine Autain sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

opĂ©ration coup de poing, presque opĂ©ration de la derniĂšre chance pour la coordination rurale Ă  deux jours de la fin du salon de l'agriculture, se disant justement c'est la fin du salon mais on veut faire entendre notre colĂšre. Est-ce qu'ils ont raison ou est-ce qu'il faut ĂȘtre dans un autre temps, un temps du dialogue ? J'aimerais qu'on puisse ĂȘtre dans un autre temps et celui du dialogue.

Le problÚme c'est que nous avons un gouvernement qui n'est pas capable d'écouter et d'agir pour enclencher un processus qui résolve enfin les problÚmes des agriculteurs. On a aujourd'hui une situation qui n'est pas du tout résolue. Vous le savez, les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail.

Et ce qui a été fait par le gouvernement, c'est d'écouter les propositions faites par la FNSEA qui favorisent l'agro-industrie, les paysans qui ont le plus. Entre la FNSEA et la coordination rurale qui était à l'origine des actions de cette nuit, vous seriez plutÎt coordination rurale ? Mais le problÚme n'est pas de choisir, je suis plutÎt du cÎté de la...

Oui, enfin puisque vous pointez du doigt l'un des deux syndicats, je vous demande si vous ĂȘtes plutĂŽt du cĂŽtĂ© de l'autre ou peut-ĂȘtre d'aucun. Je suis du cĂŽtĂ© des agriculteurs qui doivent pouvoir vivre de leur travail. Aujourd'hui, ils ne vivent pas de leur travail.

Et cette situation est inacceptable. Et le gouvernement qui, certes, a avancé dans les propos sur une revendication que nous portons depuis trÚs longtemps, à savoir les prix planchers. Mais on attend de voir comment ça se traduit concrÚtement dans la loi.

Mais jusqu'ici, ce qu'a fait le gouvernement, c'est de s'asseoir sur des normes environnementales pourtant assez fondamentales et de ne pas chercher à changer le modÚle de telle sorte qu'à la fois les agriculteurs puissent vivre leur travail et que ce que nous, nous mangeons, ce soit de l'alimentation de qualité. Vous y avez été au salon de l'agriculture ? J'y suis pas allée, mais il y a eu une grande délégation de ma famille politique.

Grande délégation ? Oui, plusieurs délégations. Jean-Luc Mélenchon n'y a pas été, si ?

Il fait partie des rares hommes politiques de cette envergure qui n'ont pas essayé qu'il fallait y aller. Il y a eu une délégation. Je devais y aller mardi matin et je n'ai pas pu en réalité parce que j'étais en Seine-Saint-Denis avec les enseignants.

Et c'est à cette délégation de mon groupe parlementaire insoumis que je souhaitais participer. J'étais avec les profs qui sont en grÚve en Seine-Saint-Denis et c'est aussi un combat trÚs important. Tout à fait, mais ce que je veux dire, Clémentine, c'est que ça dit bien justement vos priorités.

C'est-à-dire qu'en ce moment, vous estimez que la priorité, c'est pas français. Non, non, ça, c'est pas vrai. Vous aviez un conflit entre deux rendez-vous.

François Ruffin est allĂ© dans un dĂ©bat Ă  la coordination nationale. Nous avions une dĂ©lĂ©gation lundi-mardi. Notre tĂȘte de liste, Manon Aubry, y Ă©tait.

Mathilde Panot y était. Donc, on ne peut pas du tout dire qu'on n'est pas présents sur ce terrain-là. Non, mais ce qui est intéressant, c'est que Jean-Luc Mélenchon, en tout cas, lui, n'en a pas fait un de ces combats.

Je pense que ce que nous portons, les propositions politiques que nous portons sur ce sujet, qui visent Ă  s'attaquer enfin au nerf du problĂšme, Ă  savoir tous les intermĂ©diaires, tous les intermĂ©diaires, Ă  savoir aussi comment on arrive Ă  une production de qualitĂ©. Aujourd'hui, vous avez des pesticides, vous avez une concurrence libre et non faussĂ©e. Au moment oĂč on parle, vous savez qu'il y a des traitĂ©s de libre-Ă©change qui continuent d'ĂȘtre discutĂ©s Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne et votĂ©s.

Il faut arrĂȘter les traitĂ©s de libre-Ă©change. Il faut faire en sorte que...

Vous parlez du Chili, notamment ? Oui, je parle du Chili. C'était en discussion au Parlement européen, encore, il y a quelques jours.

Donc, ça, ce n'est pas possible. On ne peut pas avoir un discours quand on va au salon de l'agriculture et faire l'inverse quand on est Ă  l'Union europĂ©enne. Donc, il faut s'attaquer au nerf de la guerre, arrĂȘter ce grand dĂ©mĂ©nagement du monde, faire en sorte qu'on n'ait pas cette compĂ©titivitĂ© qui Ă©crase les producteurs, les agriculteurs français.

Je retiens votre expression, je crois que je n'avais jamais entendu ce grand déménagement du monde. Bien sûr, c'est un grand déménagement du monde. On est en train de manger des poulets qui sont élevés à l'autre bout du monde, dans des conditions sanitaires pas possibles, pendant que nos agriculteurs, nos éleveurs, ils crÚvent de faim.

Vous voyez bien que ce n'est pas possible. On est en train de faire des cadeaux aux grands céréaliers en France, pendant que tous ceux qui, en proximité, font relocaliser l'économie, vous le savez. Et donc, c'est l'agriculture, dans toute sa proximité, qu'il faut soutenir.

Or, il n'y a pas ce soutien. Vous savez qu'en 2030, on va perdre l'essentiel des agriculteurs qui vont partir à la retraite. C'est la question du renouvellement aussi des générations d'agriculteurs, de la transmission.

Les jeunes agriculteurs sont capables de le faire. On a soutenu un modÚle productiviste. On a dit aux gens, endettez-vous, prenez des machines, investissez dans les pesticides et toutes les horreurs qui, non seulement, bousillent la planÚte et la Terre, mais aussi qui font qu'on mange mal et qu'ensuite, on a des problÚmes sanitaires en chaßne, pendant que les agriculteurs, la masse des agriculteurs, vit en dessous du seuil de pauvreté.

Vous connaissez un autre mĂ©tier oĂč on travaille tout le temps, il n'y a pas de vacances, il n'y a pas de week-end, et Ă  la fin, c'est Ă  perte. Vous connaissez un autre mĂ©tier oĂč c'est le cas ? Alors moi, je dis qu'il faut s'attaquer aux intermĂ©diaires qui, eux, se gavent, qui, eux, continuent Ă  faire des profits.

Et quand vous dites intermĂ©diaire, tu m'as dit que vous avez en tĂȘte Ă  la fois l'agroalimentaire, enfin les grands industriels de l'agroalimentaire, et la grande distribution. ClĂ©mentine Autain, je dirais qu'on parle de GĂ©rard Miller, un ami peut-ĂȘtre, en tout cas un soutien, il l'a Ă©tĂ©, un camarade de route de la France Insoumise, aujourd'hui accusĂ©, accusĂ© avec des plaintes pour viol, pour agression sexuelle, des tĂ©moignages, une cinquantaine de tĂ©moignages qui font froid dans le dos. Camarade de route de LFI, comment vous vous sentez aujourd'hui ?

Comment vous vivez ça ? C'est évidemment assourdissant. Ce que je lis jour aprÚs jour, je veux dire, c'est sidérant.

Il y a un sentiment de trahison. Il y a un sentiment de trahison. Parce que lĂ , ce qui est rĂ©vĂ©lĂ©, c'est un systĂšme avec un procĂ©dĂ© qui est toujours le mĂȘme, qui se rĂ©pĂšte sur, y compris des mineurs, puisque les plaintes qui sont...

Et on a entendu le tĂ©moignage hier sur BFM TV et RMC recueillis par nos journalistes d'une jeune femme qui avait 17 ans Ă  l'Ă©poque. VoilĂ , donc c'est assourdissant. Et quand on a dans le mĂȘme moment tout ce qui se passe, tout ce qui est rĂ©vĂ©lĂ© dans le monde du cinĂ©ma, et je voudrais rendre un CĂ©sar d'honneur, comme l'a proposĂ© l'Ă©crivaine Lola Lafon, Ă  toutes ces femmes qui, dans le monde du cinĂ©ma, osent parler, et en particulier Judith Godrech, avec un courage incroyable.

Elle Ă©tait encore hier au SĂ©nat pour demander une commission d'enquĂȘte sur ces faits dans le monde du cinĂ©ma. Elle nous interpelle et je pense qu'elle a parfaitement raison. On va y revenir sur Judith Godrech et sur cette question du rĂŽle aussi du politique aujourd'hui.

Mais GĂ©rard Miller, est-ce que vous pourriez dire mĂȘme que c'Ă©tait un ami ? Eh bien, un ami. Moi, je n'ai pas Ă©tĂ© en grande proximitĂ© avec GĂ©rard Miller, mais un compagnon de route de notre famille politique, je l'ai connu, j'ai discutĂ© avec lui.

Et c'est pour ça que je vous dis sentiment de trahison. C'est que quand vous avez quelqu'un qui est dans notre famille politique, qui défend la cause des femmes, qui s'engage dans un discours féministe, qui est dans une famille qui veut lutter contre les oppressions, toutes les formes de domination, et de se retrouver devant ça, mais franchement, c'est insupportable. Vous l'avez eu au téléphone, vous avez parlé.

Non, c'est insupportable. C'est insupportable. Entre vous, est-ce que vous en parlez aussi ?

Est-ce que vous estimez que votre famille politique a suffisamment condamnĂ©, a suffisamment pris la mesure ? Non, mais ce n'est pas que ma famille politique, si vous voulez. C'est qu'entre l'affaire GĂ©rard Miller et tout ce qui se passe dans le monde du cinĂ©ma, moi aussi, je suis comme Judith Godrej, j'ai envie de dire aux grands hommes politiques, mais oĂč sont-ils ?

Que disent-ils ? OĂč sont les discours, l'accompagnement, les propositions concrĂštes pour faire en sorte qu'on ne soit pas comme le poisson rouge dans le bocal ? Vous voyez, le poisson rouge dans le bocal, c'est celui qui tourne en haut et voit toujours la mĂȘme chose, mais il oublie qu'il a dĂ©jĂ  tournĂ©.

Donc on a eu des affaires, il y a eu l'affaire DSK, l'affaire Beaupin, Epstein, enfin, je veux dire, ça n'arrĂȘte pas et on a l'impression qu'il n'y a pas de discours, il n'y a pas de prise en considĂ©ration de ce qu'on nous raconte. Qu'est-ce qu'il faudrait faire lĂ  aujourd'hui ? Quelles sont les mesures ?

Quand Judith Godrej demande effectivement une commission d'enquĂȘte parlementaire, est-ce que vous demandez Ă  la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e de le faire ? Oui, il faut deux choses. D'abord, en particulier Ă  gauche, je suis sensible, en particulier Ă  gauche, je n'attends rien de la droite et je pense que c'est Ă  nous en particulier d'ĂȘtre au rendez-vous.

Pardon, mais lĂ  en l'occurrence, on parle d'un homme de gauche justement, c'est ça qui est quand mĂȘme d'autant plus. Est-ce que la gauche aujourd'hui peut donner des leçons de morale ? Mais c'est trĂšs facile de donner des leçons de morale.

Non, mais est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez dire, je n'attends rien de la droite lĂ -dessus, mais enfin bon, lĂ  ça vient de vos rangs quand mĂȘme. Oui, mais justement, c'est pour ça que quand on est au clair sur les principes, on doit ĂȘtre au rendez-vous et savoir dire les choses trĂšs franchement, comme je suis en train de vous le dire. Mais l'important ce n'est pas les principes, c'est les faits lĂ  en l'occurrence.

Oui, mais justement, Apolline de Malone. Non, mais justement, est-ce qu'il n'y a pas un décalage entre les principes, la morale et les faits ? Est-ce que ce n'est pas d'autant plus insupportable ?

Bien sûr, je ne vais pas vous le dire. Mais je sais bien, c'est pour ça que je vous la pose à vous, parce que vous faites partie de celles qui ont toujours combattu ça. Eh bien, c'est ce qui ne va pas.

C'est que moi, j'Ă©coute depuis des semaines les interviews des grands hommes politiques et je ne vois jamais qu'un grand homme politique, on lui pose la question que vous ĂȘtes en train de me poser, alors GĂ©rard Miller, alors ce qui se passe dans le cinĂ©ma, et je n'entends pas de discours qui est capable...

Jean-Luc Mélenchon ne vient pas à mon micro, mais sinon je peux vous dire que je lui aurais posé la question. Il y ait un discours de gauche, d'homme de gauche, qui soit capable, et de femme de gauche...

Mais je pense qu'ils ont prĂ©cisĂ©ment peur de devoir rĂ©pondre Ă  ces questions-lĂ , c'est peut-ĂȘtre pour ça d'ailleurs que Jean-Luc MĂ©lenchon ne vient pas. De comprendre ce que ça veut dire, en fait. De quoi parle-t-on ?

Vous savez, le viol, les agressions sexuelles, ça a peu à voir en réalité avec la sexualité, mais ça a tout à voir avec le pouvoir. C'est un rapport de pouvoir, c'est un rapport de négation de l'autre. C'est le fait qu'on vous traite comme un objet et non pas comme un sujet.

Donc le sujet, il est extrĂȘmement politique, d'accord ? Il faut arriver Ă  le dĂ©mĂȘler, Ă  le comprendre, Ă  le saisir. Et je crois que si on le saisit bien, alors on touche aussi Ă  la question du pouvoir, qui dans notre espace politique est Ă©videmment...

Quelle réponse concrÚte on pouvait...

C'est-à-dire s'il y avait en effet une commission parlementaire ? Je précise en effet que Judith Godrech a donc été entendue hier pendant une heure et demie par une commission au Sénat des parlementaires de la délégation aux droits des femmes. Et elle a demandé à ce que les politiques s'en saisissent.

Vous le dites, vous voulez qu'il y ait une commission d'enquĂȘte parlementaire. Pour aboutir Ă  quoi ? Alors, d'abord pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s diverses et variĂ©es.

Donc les commissions d'enquĂȘte, c'est des moyens qui sont des moyens d'audition et qui permettent quand mĂȘme d'Ă©clairer. Donc ça, c'est trĂšs important qu'on ait ce processus, y compris pour prendre les bonnes dĂ©cisions ensuite. Il y a des mesures immĂ©diates qui pourraient ĂȘtre prises.

Moi, je pense qu'il serait grand temps de faire une grande loi avec des propositions qui ont Ă©tĂ© faites par la CIVIS. Vous savez, c'est la commission d'information sur les violences incestueuses, sexuelles et sexistes. À laquelle Judith Godrech a d'ailleurs rendu hommage hier.

Tout Ă  fait. Le travail de la CIVIS. Avec Édouard Durand, qui a Ă©tĂ© malheureusement remerciĂ©.

Il avait fait un travail remarquable. Le juge Durand, un juge pour enfants. 82 mesures, il a mis sur la table.

Et je pense que ces 82 mesures, on pourrait s'en inspirer. Ça, c'est la premiĂšre chose. Je l'avais reçu sur RMC le lendemain de son Ă©viction.

Il n'a toujours pas compris pourquoi est-ce qu'il avait été évincé. Est-ce que vous estimez qu'il y a une forme de culpabilité là-dessus du pouvoir ? Mais il y a une responsabilité immense du pouvoir.

De la mĂȘme maniĂšre que de dĂ©cider que celui qui est Ă  la tĂȘte du CNC aujourd'hui. Le CNC, c'est donc le Centre National du CinĂ©ma. VoilĂ .

Qui a été reconduit. Alors qu'il y a une plainte contre lui de son filleul pour agression sexuelle. Vous trouvez que c'est normal ?

Que c'est normal que le pouvoir n'ait pas...

Est-ce que vous demandez à ce qu'il soit évincé ? Madame Rachida Dati nous dit présomption d'innocence. Alors j'entends bien, mais il y a des symboles.

Il y a des symboles et je pense qu'Ă  un moment donnĂ©, il faut ĂȘtre capable de prendre le tour par les corps. Est-ce que vous demandez au CNC de retirer la prĂ©sidence Ă  Dominique Boutonna auquel vous faites rĂ©fĂ©rence ? Je pense que Dominique Boutonna ne peut pas ĂȘtre celui qui est capable aujourd'hui d'ĂȘtre lĂ©gitime pour prendre ses responsabilitĂ©s et agir dans le domaine du cinĂ©ma.

Parce qu'il faut impérativement faire quelque chose. On ne peut pas rester comme ça les bras ballants et se dire bon ben c'est comme ça, on attend que ça se passe. Il faut qu'il y ait des mesures.

Judith Godrech proposait hier qu'il puisse y avoir un adulte neutre référent, notamment pour les mineurs, au cinéma, pour qu'elles puissent...

Les jeunes filles et des jeunes garçons, parce qu'il y a parfois aussi des jeunes garçons à qui ça peut arriver. C'est ce qui est lancé aussi comme un MeToo garçon, c'est comme ça que c'est repéré sur tous ces témoignages qui émergent également sur les réseaux sociaux. Vous faisiez référence à Dominique Boutonna, en l'occurrence c'est un garçon, son filleul qui porte plainte contre lui.

Est-ce qu'il faut aussi donner de la place à ces voix-là ? Bien sûr qu'il faut donner de la place à ces voix-là. Il ne faut pas se boucher les oreilles, il faut les écouter, mais il faut agir.

Et pour agir, il faut des moyens, il faut une volonté politique. Et comment voulez-vous qu'Emmanuel Macron soit la hauteur de la situation ? Lui qui a dit que pour Gérard Depardieu, c'était une chasse à l'homme.

Quelle confiance on peut avoir dans ce pouvoir ? On ne peut pas avoir de confiance. Donc l'urgence maintenant, c'est qu'on est aux responsabilités demain.

Judith Godreff dit qu'il y a eu mĂȘme tout un systĂšme qui voyait. Elle dit, mais on me voyait, moi, du haut de mes 14 ans, d'autres dans le cinĂ©ma, d'autres femmes. Elle a interpellĂ© un certain nombre, y compris de fĂ©ministes de l'Ă©poque, qui ne l'auraient pas aidĂ©, qui ne l'auraient pas accompagnĂ©, qui ne l'auraient pas rĂ©veillĂ©, mĂȘme en quelque sorte, comme elle dit.

Est-ce qu'il y a des moments oĂč l'on sait et oĂč on ne fait pas ? Et je vous pose la question sur GĂ©rard Millard. Est-ce que qui que ce soit a eu vent d'une rumeur ?

Est-ce qu'il n'y avait rien ? Moi, en tout cas, ça n'est jamais arrivé à mes oreilles. Je peux le dire sur d'autres.

Denis Bopin, il y avait une rumeur. Dominique Strauss-Kahn, il y avait une rumeur. Moi, la rumeur sur Gérard Millard, ça n'est jamais arrivé à moi.

Bon, aprÚs, vous ne pouvez pas non plus dénoncer sur la base d'une rumeur. Parce que quand on vous dit ensuite, vous le saviez. C'est toute la difficulté.

Ça a Ă©tĂ© la question avec l'ancien patron d'Europe Écologie, Les Verts, qui avait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© sur rumeur par Sandrine Rousseau. Est-ce qu'effectivement...

Non, il y a deux choses différentes. Il y a des rumeurs et il y a des témoignages. Oui, mais il y a des rumeurs et il y a des témoignages.

Ce n'est pas la mĂȘme chose. Une rumeur et un tĂ©moignage sont une petite diffĂ©rence. Mais vous savez ce qui s'est passĂ© pour Julien Bayou.

Il a dĂ©missionnĂ©. Il y a eu une enquĂȘte qui a Ă©tĂ© faite, y compris une enquĂȘte en interne, qui a conclu qu'il n'y avait rien qui reposait contre lui. J'entends.

Comment on trouve le juste équilibre ? Le juste équilibre, d'abord, il n'est pas si évident à trouver. Je trouve que c'est aussi beaucoup sur les féministes que repose la responsabilité, quelque part, de dire les choses, d'accompagner.

C'est sur elle aussi, c'est Ă  elle qu'on demande beaucoup de choses. Et c'est pourquoi je reviens lĂ -dessus. Vous me dites, vous posez la question Ă  des hommes politiques.

Mais moi, j'écoute beaucoup, beaucoup d'interviews de grands leaders politiques. On ne leur parle pas assez de ces questions-là, vous estimez. Moi, on va faire la moitié de l'interview ici sur ce sujet-là.

Mais vous estimez que c'est important. Vous n'auriez pas voulu que je ne vous en parle pas. Mais je n'ai aucun problĂšme Ă  en parler.

Vous voulez simplement, on en parle à tous. Je dis que c'est bien si ce n'est pas seulement les féministes qui prennent en charge cette question-là. Voilà.

Ou alors s'il n'y a que nous qui pouvons le faire, que chacun et chacune en tire des consĂ©quences. ClĂ©mentine Autain, je voudrais qu'on parle de la situation Ă  Gaza. Les États-Unis eux-mĂȘmes ont parlĂ© hier d'un bilan effroyable. 25 000 femmes et enfants.

Uniquement les femmes et enfants, ce serait 25 000 victimes. C'est le porte-parole de la Maison-Blanche qui l'estime. Et puis l'espoir d'une trĂȘve qui s'Ă©loigne un peu plus.

Avec ce drame hier lors d'une distribution d'aides alimentaires. Selon le Hamas qui accuse Israël. Mais Israël qui reconnaßt qu'il y a eu effectivement des morts.

Le bilan serait autour de 110 palestiniens tués lors d'une distribution de nourriture. On fait quoi Clémentine Autain ? Moi je suis abasourdie par ce qui se passe.

C'est insupportable. C'est absolument insupportable. Plus de 30 000 morts.

C'est un massacre de trÚs trÚs haut vol. avec la volonté d'un grand nettoyage du peuple palestinien. Dont les droits sont bafoués depuis trÚs longtemps.

Pourquoi vous dites nettoyage ? Parce que la population est massacrée concrÚtement. Vous venez de le dire.

Et chassée avec aucune possibilité. Mais le mot nettoyage c'est vrai qu'on entend nettoyage ethnique. Donc est-ce que c'est à ça qu'on fait référence ?

C'est un peuple. En tout cas c'est un peuple. Il y a mĂȘme des termes qui sont employĂ©s par des hauts responsables Ă  l'Ă©chelle internationale.

Qui parlent de risque génocidaire. Donc il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se produire. Pour vous c'est ça ?

Vous l'utilisez, j'imagine, pas par hasard ce mot ? Je l'utilise parce que je l'entends aujourd'hui. Et je veux juste alerter et dire qu'on est dans un niveau de massacre qui est assez grave.

Qui est gravissime. Et donc il faut que la communauté internationale se ressaisisse et cesse de protéger Israël. Voilà.

Et de ce point de vue, Emmanuel Macron, il fait des ZIG et des ZAG. Et je pense que la parole de la France...

Il a condamné hier soir dans ce drame au moment de la distribution d'aide humanitaire. Sur le plan international, et c'est vrai aussi sur l'Ukraine, ce qui est bien c'est d'avoir la continuité. La continuité.

Et Ă  plein de moments, il a fait des ZIG, des ZAG et manquĂ© Ă  son devoir et Ă  ce que devrait ĂȘtre la parole de la France. Sur toute la politique internationale, quand vous l'entendez lundi soir qui parle de l'envoi de troupes au sol en Ukraine, est-ce que lĂ  aussi vous avez eu du mal Ă  suivre ? C'est plus que du mal Ă  suivre.

C'est inquiĂ©tant, voire irresponsable. Au dĂ©but, on a Emmanuel Macron qui dit « attention, il ne faut pas humilier Vladimir Poutine ». Et quelques mois plus tard, il nous explique sans aucune concertation avec d'autres chefs d'État que d'un seul coup, il faudrait entrer en guerre avec la Russie.

Ce n'est pas rien. Vous vous rendez compte ce que ça veut dire ? Il y aura une consultation en revanche des parlementaires.

Il y aura Ă  nouveau un dĂ©bat. À nouveau, il y a trĂšs peu de dĂ©bats Ă  l'AssemblĂ©e nationale alors que ça engage la France. Et moi, j'appelle Ă  ce qu'il y ait beaucoup plus de dĂ©bats.

Un débat avec vote ? Vous demandez ce qu'il y a un vote ? Il peut y avoir des votes.

Bien sûr qu'il faut des votes. Ce n'est pas simplement débat, mais aussi des votes. Or là, l'opacité...

AprÚs la question, c'est un vote sur quoi ? Est-ce que ce sera simplement sur le soutien à l'Ukraine ? Est-ce que ce sera plus précisément sur les 3 milliards ?

Le soutien, parce que c'est quand mĂȘme incroyable qu'au moment oĂč les États-Unis se dĂ©sengagent, ce qui est un vrai problĂšme. Donc on aurait besoin d'une coopĂ©ration europĂ©enne plus grande pour intervenir, pour soutenir les Ukrainiens, pour les aider Ă  ce qu'ils gagnent, non pas militairement, parce que ça ne va pas se jouer comme ça. Les aider comment ?

Les 3 milliards, par exemple, vous allez voter pour ? Mais déjà, oui, mais ce qu'il faudrait...

Oui ? Oui, il faut que...

Non, mais j'ai une question précise. 3 milliards, oui, non ? Il faut aider militairement les Ukrainiens, je le crois, et j'aimerais bien... 3 milliards d'aides ?

J'aimerais bien que les engagements pris par le prĂ©sident de la RĂ©publique soient suivis des faits, parce qu'il s'est engagĂ©. Maintenant, il nous dit, on va envoyer nous-mĂȘmes des troupes, mais les promesses qu'il a faites avant...

Les obus, les promesses d'obus, et lĂ , ce n'est pas seulement la France, effectivement, ne sont pas tenues. Mais je vous repose la question, lĂ , il y a 3 milliards d'euros sur la table, c'est lĂ -dessus prĂ©cisĂ©ment que vous allez ĂȘtre appelĂ© Ă  voter. Allez-vous voter pour l'envoi de 3 milliards d'euros Ă  l'Ukraine ?

Je suis favorable à ce que nous soutenions l'Ukraine militairement, et à ce qu'on investisse pour le faire. Parce qu'il faut infligger une défaite politique à Pauline de Malher. Une défaite politique.

Non, non, mais il n'y a pas...

Je veux juste que vous me répondiez à la question, parce que vous aurez un bouton oui, un bouton non, est-ce que vous soutenez l'envoi par la France de 3 milliards d'euros d'aide ? Je suis favorable, oui, à l'aide militaire, à ce qu'on aide. Vous demanderez des garanties pour que ce soit bien des aides militaires, si je comprends bien.

Je suis pour qu'on ait une aide militaire, je suis pour qu'on cherche non pas Ă  entrer en guerre avec la Russie, et c'est ce qui m'inquiĂšte dans ce que vient de dire Emmanuel Macron, c'est-Ă -dire qu'il dĂ©cide tout seul quelque chose qui tourne le dos Ă  un processus de paix. C'est extrĂȘmement grave d'imaginer que nous deviendrions nous-mĂȘmes belligĂ©rants. Une chose est d'aider les Ukrainiens Ă  faire en sorte qu'ils puissent mener le rapport de force pour ensuite pouvoir nĂ©gocier.

Si vous voulez nĂ©gocier, il faut qu'on puisse le faire dans un cadre oĂč les Ukrainiens ne sont pas laminĂ©s militairement. Il n'y aura pas de victoire militaire, jamais d'ailleurs dans les conflits de ce type, ça se termine par une victoire militaire. Il y a un moment oĂč on nĂ©gocie, donc il faut du rapport de force, et c'est trĂšs compliquĂ© avec les États-Unis qui n'aident plus, et donc il faut...

Dans ce temps-lĂ , en tout cas au minimum, il y aura donc ce dĂ©bat et ce vote. ClĂ©mentine Autain, merci d'ĂȘtre venue dans ce studio. DĂ©putĂ© de la France Insoumise de...