Jordan Bardella sur France 2 : « J'ai voulu donner la parole à cette France du travail »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Un an après son premier livre qui s'était vendu à plus de 200000 exemplaires, Jordan Bardella revient en librairie aujourd'hui, cette semaine avec ce que veulent les Français chez Fillard, un livre où le président du RN va à la rencontre des Français et en tire 20 portraits d'une France qu'il dit travailleuse et silencieuse. Est-ce un livre pour installer sa stature présidentielle pour 2027 si Marine Le Pen était empêché par la justice de se présenter ? Et bien, on lui pose la question tout de suite.
Jordan Bardella est l'invité du 20h. Bonsoir. Bonsoir madame Salam. et bonsoir aux Françaises et aux Français qui nous regardent.
Merci d'être notre invité ce soir. On a évidemment beaucoup de questions à vous poser sur ce livre, sur l'actualité également, mais commençons si vous le voulez bien parce que il y a eu ce coup de théâtre à l'Assemblée nationale. Pour la première fois, vous avez réussi le Rassemblement national.
Marine Le Pen a réussi à faire voter un des textes que vous proposiez à une voie près, mais c'est la première fois. Il s'agit d'une résolution pour dénoncer l'accord franco-algérien de 68. C'est une victoire symbolique pour le Rassemblement national.
Mais sur le fond sur le fond du sujet, euh casser l'accord de 68 avec l'Algérie s'est affiché une ligne de fermeté, une ligne qui a défendu Bruno Rotaillot quand il était ministre de l'intérieur et ça n'a pas marché. Boem sans salon dans les jaules de de l'Algérie et sa santé va mal. Le journaliste Christophe Gaise également et l'Algérie ne reprend toujours pas les OQTF qu'on veut lui renvoyer.
Alors sur le fond, cette ligne de fermeté, est-ce qu'elle est efficace ? La France doit reprendre le contrôle de sa politique d'immigration et les Français doivent reprendre le contrôle de leur destin. Euh sur le plan migratoire, l'accord de 68 euh qui a été passé entre la France et euh l'État algérien euh facilite l'immigration algérienne en France en facilitant d'abord l'octroit de visa, en facilitant l'installation de ressortissons algérien sur le sol français et évidemment en facilitant une immigration qui est une immigration à la fois de peuplement et une immigration de regroupement familial.
Euh depuis maintenant plusieurs années, depuis plusieurs mois de manière un peu plus significative, les Français voient un petit peu ébailli le régime algérien multiplier les provocations à l'égard de la France et notamment à l'égard de ces OQTF, c'est-à-dire des gens qui sont présents sur le sol français, qui ont une obligation de quitter le territoire français et qu'alger ne souhaite pas récupérer. Vous soulignez que Bruno Rotaillot a eu dans les mots des positions extrêmement fermes et dans les actes, il ne s'est rien passé. Nous nous plaidons non seulement pour la suspension de cette convention avec l'Algérie.
Nous l'avons obtenu aujourd'hui par un vote du Parlement et de l'Assemblée nationale. Et ce soir, je demande au président de la République et à son premier ministre parce que c'est pas contraignant ce que vous avez voté aujourd'hui. C'est symbolique mais c'est pas contraignant.
C'est le président de la République qui peut changer les choses concrètement. J'ai entendu sur votre plateau il y a quelques jours, il l'a répété à plusieurs reprises le Premier ministre, monsieur le Cornu, indiqué qu'il n'avait pas de majorité et qu'il serait à l'écoute du parlement. Le Parlement qui est la maison du peuple français s'est exprimé et le Parlement aujourd'hui demande par la voix de cette résolution à l'initiative du rassemblemental qui a été adopté cette historique au Premier ministre et au président de la République de prendre acte et de rompre ces facilitations qu'on les ressortissants algériens.
Encore une fois, je ne vise personne, mais la France doit reprendre le contrôle de sa politique d'immigration. Et au-delà de ça, aucun des grands leviers qui doivent permettre à notre pays de se protéger de ce type de gouvernement qui font du chantage notamment sur l'immigration n'ont été enclenché et nous sommes évidemment pour une fermeté diplomatique à l'égard du régime. On verra si Emmanuel Macron reprend et casse l'accord de 68 et on verra si cette ligne de fermeté marche ou pas avec l'Algérie.
Évidemment, ce livre à présent que vous présentez comme le journal intime d'un pays mêlant colère sourde, lassitude et incompréhension. Vous êtes allé voir créon et carnet à la main. C'est en tout cas ce que vous dites.
Des Français choisis. Il y a Bernard le pêcheur, Olivier le Boulanger, Corado le restaurateur, François l'agriculteur, Pascal la magistrate. Ce livre paraît à 1 an et demi de l'élection présidentielle.
C'est quoi ? C'est un livre programme ? C'est le livre d'un candidat.
Tout ce que les Français m'ont m'ont dit, j'ai voulu l'écrire. Ça fait plusieurs années que je suis engagé dans la vie politique, un peu plus de 10 ans et au gré des campagnes électorales, je regarde ce divorce entre le monde politique et la vraie vie, la vie des Français, entre ce que pensent beaucoup de nos compatriotes et et j'ai le sentiment que cette France qui est travailleuse, cette France qui se lève tôt, cette France des agriculteurs, des éleveurs, des pêcheurs, des restaurateurs, des magistrats, des policiers, des militaires, toute cette France qui fait tenir notre pays debout, et bien très souvent les dirigeants politiques l'entendent. mais ne l'écoute pas.
Et bien moi, j'ai voulu lui donner la parole avec ce livre et donc je recueille dans ce dans cet ouvrage toutes les confidences que me font les Français avec beaucoup de simplicité, beaucoup de sincérité et et j'ai voulu donner la parole à cette France là. Le livre s'appelle ce que veulent les Français, mais est-ce vraiment tous les Français ? Les Français que vous avez choisis, ces 20 portraits et bien c'est quand même des gens qui sont tous très proches des thèses et des positions du Rassemblement national qui les valident quasi tous.
Par exemple, quand vous faites le portrait d'une magistrate, et bien il se trouve que c'est une magistrate qui est aujourd'hui députée européenne de votre parti. Est-ce que vous reconnaissez tout de même avoir choisi des profils de français qui vous sont acquis ou pour le moment qui ne vous sont pas hostiles ? Et est-ce que c'est ce que veulent les Français ou est-ce que c'est ce que veulent les Français qui pensent comme vous ?
Je m'attendais à votre question, elle est elle est naturelle et elle est légitime. Euh bien sûr, quand on accepte euh euh le président du Rassemblement national pendant 2 jours sur son exploitation agricole ou sur son bateau de pêcheur ou qu'on accepte de se confier dans l'intimité, je raconte ces tête à- tête très intime que j'ai pu avoir avec euh les Français que l'on n'entend plus, dont on a le sentiment que la voix est toujours éteinte par des décisions totalement hors sol. Évidemment que les Français qui m'ont accordé leur confiance ne sont pas hostiles à ma présence, en tout cas dans une dimension extrême.
Mais je personne ne peut prétendre parler au nom de tous les Français. En tout cas, ce que je dis, ça aurait pas été plus stimulant, c'est une question même intellectuelle, ça aurait pas été plus stimulant d'aller voir des Français qui sont pas d'accord avec vous sur l'immigration, sur l'Union européenne pour avoir ce débat aussi et et entendre ce que vous avez à leur dire. Soyons clairs, les Français à qui j'ai donné la parole et dont j'essaie d'exprimer modestement les confidences ne votent pas tous pour le Rassemblement national.
Euh je me suis pas intéressé au vote des Français. Ce qui m'a intéressé, c'est eux, c'est leur vie, c'est leurs sentiments, c'est euh cette déconnexion qu'il y a aujourd'hui entre ce qui se décide à Paris et ce que veulent les Français. Et je note moi que beaucoup de nos compatriotes aujourd'hui ne se reconnaissent plus dans les décisions qui sont prises à Paris.
Et quand on voit ce spectacle politique depuis 1 an et demi, notamment à travers ces accords politiciens, et bien beaucoup de gens qui se lèvent le matin, qui n'arrivent plus à boucler les fins de mois, qui sont très inquiets pour leur propre sécurité, mais aussi celle de leurs enfants, et bien cette France-là, c'est vrai, se sent parfois représentée par des mouvements politiques comme le mien qui contestent le fonctionnement aujourd'hui de ce système. Mais j'ai voulu avec beaucoup de modestie leur donner la parole et esquisser aussi des solutions parce que notre pays a besoin d'apaisement. Et je me suis posé une question simple, madame Salamé, qui écoute aujourd'hui les Français ?
Qui tend l'oreille aujourd'hui aux souffrances, aux douleurs, aux inquiétudes de nos compatriotes ? Et bien avec beaucoup d'humilité, j'ai souhaité faire ce travail là parce que je pense qu'on ne peut pas porter un bon projet pour le pays qui correspond aux attentes des Français si on n'est pas en capacité de les écouter. Et le premier devoir d'un homme politique, c'est d'écouter ses compatriotes.
Alors il y a les paroles comme vous disiez sur Bron Taillot et il y a les actes. La plupart des Français que vous interrogez dans ce livre vous disent "On croule sous les impôts et sous les taxes." Vous dites aussi il faut baisser les impôts et en même temps Jordan Bardella, vous voulez un nouvel impôt sur la fortune financière.
Vos députés du RN viennent tout juste de voter une taxe sur les multinationales avec les insoumis. Un texte qui fait explicitement référence aux alters mondialistes d'attaque. Vous avez voté aussi une taxe sur les super dividendes.
Vous dites il faut pas voter, il faut pas augmenter les impôts. Vous dites je suis pro business, vous allez voir le MEDEF et dans les faits vous voulez augmenter les impôts. Je m'inscris en faux avec votre avec votre question pour une raison très simple euh c'est que euh les Français qui nous regardent ce soir et notamment nos chefs d'entreprise qui payent beaucoup trop d'impôts et qui doit absorber beaucoup trop de taxes, qui passent beaucoup trop de temps à gérer de la paperace et et je parle de vous avez cité François l'agriculteur qui me raconte qu'aujourd'hui sur une semaine de travail, il passe 2 jours et demi dans son bureau à absorber de la papa administrative et à devoir remplir des serfas.
Mais cette France là, elle ne conçoit pas que elle elles doivent payer 25 % d'impôts sur les sociétés quand des multinationales étrangères comme Makin comme les g femme et bien extrait les bénéfices qu'ils font en France pour aller les loger dans des États aux États-Unis où il n'y a pas de fiscalité et donc détourner l'impôt sur les sociétés. Donc on ne parle pas d'une taxe, on parle de mécanismes qui permettent de lutter contre la fraude fiscale. Et pourquoi est-ce que je veux lutter à la fois contre la fraude sociale et la fraude fiscale de ceux qui ont les moyens de frauder madame ?
C'est précisément pour permettre de rendre du pouvoir d'achat à la France du travail, à la France des classes populaires, à la France des classes moyennes. Et vous ne dites pas non plus que dans ce que nous avons défendu à l'Assemblée nationale et je m'en réjouis, nous avons proposé la baisse de 20 milliards d'euros des impôts de production qui sont deux fois plus élevés que chez nos partenaires européens. Or, la France a besoin qu'on soit du côté des entreprises, du côté des créateurs de richesse parce que sinon on n'affrontera pas le mur de la dette uniquement en baissant la mauvaise dépensé.
Mais votre impôt sur la fortune financière, c'est une nouvelle taxe pour ceux qui nous écoutent. C'est un remplacement de la taxe d'habitation parce que nous sommes extrêmement attachés à la transmission à la transmission de notre pays et nous souhaitons que les Français puissent rester propri propriétaires de la Maison France. Par conséquent, nous faisons le choix, c'est vrai, de sortir non pas du tout. de sortir la fiscalité, la résidence principale qui est aujourd'hui compris dans l'impôt sur la fortune immobilière pour c'est vrai porter une fiscalité sur un un impôt sur la fortune financière qui reprend les anciens seuils de l'ISF mais qui touche des gens qui gagnent beaucoup d'argent qui ont des actions.
Donc on n'est pas du tout si vous voulez dans une taxation confiscatoire à la Zucman. Moi, je rejette l'ensemble de ces mécanismes qui sont des mécanismes communistes et qui visent à priver les Français et notamment nos chefs d'entreprise et bien de leurs moyens de de production. Donc, je défends la paix fiscale et si demain je suis premier ministre et si demain nous sommes à la tête du pays, nous envisageons évidemment des baisses d'impôts sur les classes populaires, les classes moyennes évidemment euh sur euh les entreprises parce que on a besoin de nos entreprises.
La taxe Zucman, vous en parlez vous-même, elle sera examinée demain à l'Assemblée nationale. Elle veut taxer, on le rappelle, de 2 % les ultra ultra riches. C'est une folie, dites-vous.
Vous pardon, pardon, Jordin, vous ne le disiez pas. Il y a quelques mois, en février dernier, cette même taxe duman avait été proposée et les députés du Rassemblement national se sont abstenus aujourd'hui. Oui, mais ils se sont abstenus aujourd'hui.
Vous votez contre votre position a changé en 8 mois. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pas du tout.
L'attaque Zucman qui est portée par un économiste proche de la gauche et de l'extrême gauche, Gabriel Zucman qui a qui a micro ouvert sur l'ensemble des plateaux de télévision avec pas beaucoup de contradictions de la part de chefs d'entreprise qui savent comment fonctionne aujourd'hui la vie économique du pays. Elle consiste à taxer des projections économiques. Vous êtes un chef d'entreprise, vous montez une start-up dans l'intelligence artificielle ou dans la tech.
Vous faites de la levée de fond. Vous allez donc devoir, même si votre entreprise n'est pas rentable, vous soumettre à un impôt qui est non seulement confiscatoire mais qui va entraîner des fuites de cerveau et des fuites de talent dont notre pays a besoin. Donc non seulement je suis opposé à la taxe Zucmane, mais euh même dans sa version allégée qui est portée aujourd'hui par le Parti socialiste, avec qui euh monsieur Macron est prêt à toutes les compromissions pour rester au pouvoir et pour maintenir son camp au pouvoir aura des conséquences dramatiques pour l'économie française.
Le projet de la gauche et le projet de monsieur Zucman, c'est de transformer la France en Venezuela sans le pétrole. Ça n'est pas mon projet. Nous avons besoin de nos entreprises, nous avons besoin de nos talents et nous avons besoin que les créateurs de richesse restent en France.
Par conséquent, j'y suis évidemment opposé. Il y en a un qui a sa solution. Il a pris une tronçonneuse face à la bureaucratie.
Là aussi, il parle beaucoup vos personnages, vos français que vous avez rencontré qui sont pas des personnages qui sont des vrais français. Euh, il parle beaucoup de de crouler sous les sous la bureaucratie, sous les normes et la paperasse, vous le disiez. Euh, c'est il a Ravier Mila qui a pris la tronçonneuse pour couper drastiquement dans les dépenses euh et dans les services publics aussi de son pays.
Euh c'est un exemple assumé pour votre allié Eric Sioti qui dit clairement "Moi aussi, je veux prendre la tronçonneuse pour couper dans la dépense publique française." Eric Coti et votre allié, est-ce que vous vous peut-être demain si vous arrivez au pouvoir, vous allez gouverner avec lui ? Est-ce que vous prendrez la tronçonneuse ?
Les Français sont extrêmement lassés, fatigués par cette bureaucratisation excessive à la fois de l'économie mais aussi de la vie publique. Si demain on est à la tête du pays et si demain les Français m'accordent leur confiance pour devenir premier ministre, je ne sortirai pas la tronçonneuse. Je prendrai des décisions extrêmement claires, des décisions très claires d'abord pour décréter une pause normative.
Il y a beaucoup trop de normes aujourd'hui qui paient sur nos chefs d'entreprise qui constituent ce que j'appelle un impôt de papier. Vous savez, il y a l'impôt qu'on paye chaque mois à l'administration et puis il y a un impôt qui ne dit pas son nom. Cet impôt, c'est cette c'est l'impôt papier, c'est l'impôt papas qui nous coûte 4 % du PIB, 60 milliards d'euros par an et qui pèse aujourd'hui très lourd à la fois sur nos chefs d'entreprise, mais aussi sur les Français qui travaillent et qui ne supportent plus cette addition de de normes.
Donc non seulement nous allons simplifier l'économie française mais nous allons également déburocratiser l'administration. Il y a 1200 à 1900 selon certains rapports parlementaires opérateurs publics qui sont aujourd'hui des agences publiques qui coûtent beaucoup d'argent et qui bien souvent font doublon avec les compétences du ministère. Comment est-ce que les Français qui nous regardent ce soir peuvent entendre comprendre que en pleine crise sanitaire la France, le gouvernement de la France soit en guerre contre une épidémie mondiale et que de l'eau des agences régionales de santé qui ne répondent pas au consil du ministère soient contraintte de fermer des lits d'hôpitaux.
Tout ça est invraisemblable pour beaucoup de gens, mais la tronçonneuse, ça sera le stylo avec lequel je signerai des décrets dès mon arrivée à Matignon. Et ce seront les projets de loi que je mettrai en œuvre ou que je demanderai à mon ministre de l'économie de porter à l'Assemblée nationale pour simplifier notre économie, pour débratiser la France et pour rendre le pouvoir non seulement aux politiques qui ont été élus par les Français, mais aussi évidemment pour simplifier votre Est-ce que vous prendrez le stylo pour abroger la réforme des retraites ? Nous avons été extrêmement clair sur ce sujet. la réforme vous avez un peu changé c'estàd que vous vouliez la broger la réforme borne et ensuite après la dissolution vous avez dit face au mur de la dette on verra dans un deuxème temps donc là on en est où mais les français connaissent l'état de nos finances publiques.
Moi je ne dem pas au français en revanche je dis aux français il y a eu de l'insincérité dont sont gérés les comptes de l'État et je suis certain que si demain nous arrivons à la tête du pays les déficits non seulement que nous allons découvrir seront sans doute beaucoup plus grav y compris sur le déficit de la sécurité sociale qu'ils ne le sont aujourd'hui. On peut prendre l'exemple de l'impôt sur le revenu dont on voit que année après année entre les projections qui sont faites sur le l'impôt qui va être prélevé sur les Français et la réalité de ce qui est prélevé euh s'accroit chaque année parce que il y a de l'insincérité dont sont gérés les comptes. J'ai été très clair sur la réforme des retraites.
Il nous faut faire en sorte que la France qui a commencé à travailler tôt, la France des travailleurs manuels, celles des ouvriers dont je parle dans ce livre puissent partir à la retraite en bonne santé. Et ces carrières longues là, elles doivent pouvoir partir à 40 annuités. Je l'ai dit au-delà il y a une progressivité qui se met en place et pendant l'élection présidentielle de 2022 nous avions défendu une réforme qui consistait à 42 annuités et un âge de départ égal par nous ferons en sorte que ceux qui ont commencé à travailler très tôt puissent évidemment partir beaucoup plus tôt parce que parce que cette France là bah nécessairement ça impose une révision totale du système de fonctionnement des retraites mais je veux dire on affrontera le mur des retraites si on pousse aussi nos jeunes à rentrer plus tôt sur le marché du travail et et j'en parle dans ce livre et vous parlez aussi des jeunes dans ce livre les Français que vous rencontrez et même vous dites beaucoup de mal des réseaux sociaux, je vous cite, qui exacerbe les violences et affaiblissent les facultés cognitives des jeunes.
Vous écrivez que l'utilisation quotidienne de TikTok incite à la surenchère et altère la concentration. Vous voulez limiter les réseaux sociaux au moins de 15 ans, Macron veut les interdire, mais vous-même, il y êtes très actif sur TikTok. Jordan Bardella, réseau social chinois où vous avez construit une part de votre popularité dans la jeunesse.
N'y a-t-il pas là un paradoxe ? existe un lieu de violence et de surenchère. Pourquoi y êtes-vous autant ?
Ne faut-il pas donner l'exemple ? J'utilise l'ensemble des réseaux de communication et d'expression qui me permettent de de parler au français et si j'aime autant l'écriture et et si j'ai je me suis piqué pour pour un ce livre et pour parler de ce que les Français m'ont dit, c'est parce que le livre permet encore ce temps long. Ce que ne permet pas aujourd'hui un réseau social comme TikTok qui consiste de manière très courte dans des formats très brefs de diffuser des extraits de nos interventions médiatiques.
Mais je pense que les réseaux sociaux euh sont un vrai sujet de santé publique, qu'ils seront demain et après-demain un véritable défi pour l'éducation de nos jeunes. Et moi, je suis favorable à ce que l'école notamment devienne une zone de sobriété numérique et que les téléphones portables et je le ferai demain si je suis à la tête du gouvernement soient totalement interdit à la fois au collège mais aussi au lycé. Vous voulez pas les interdire au moins de 15 ans ? interdire évidemment au moins de 15 ans mais qu'il faut aussi que l'école redevienne une zone de sobriété numérique.
Mais je veux dire à mon époque je 30 ans mais il y a encore 10 ans vous passiez 1 heure et à regarder une vidéo sur YouTube. Aujourd'hui quand vous êtes sur un format qui est plutôt TikTok ou Instagram, vous restez quelques secondes et et votre cerveau ne s'habitue plus autant long. Et et moi je je je tiens à écrire parce que je veux aussi se plaidoyer pour l'écriture, pour la lecture et pour que les Français euh et notamment les jeunes générations puissent être sensibilisé aux dégâts que peuvent faire les réseaux sociaux.
Deux trois petites questions encore. Vous aviez proposé il y a un an avec votre groupe au Parlement européen de donner le prix Sakarof, l'équivalent du prix Nobel euh du Parlement européen à Elon Musk au nom de sa défense de la liberté d'expression. Elon Musk prône zéro régulation des réseaux sociaux que vous voulez célébrer tout en disant il faut faire attention aux réseaux sociaux à ce qu'ils inculquent à nos jeunes.
Est-ce que là aussi il y a pas une contradiction ? Nous avions proposé Elon Musk au prix Sakarov qui est un prix remis par le Parlement européen pour son goût pour l'esprit l'esprit critique et pour son goût pour la liberté d'expression. Maintenant, je suis favorable évidemment à ce que les réseaux sociaux, notamment pour les plus jeunes, soient évidemment encadrés, qu'il soi interdit au moins de 15 ans et que on puisse notamment protéger l'espace public et je pense à l'école.
L'école doit redevenir un sanctuaire exigeant à la fois où les querelles des hommes n'entrent pas mais où l'autorité, le savoir et les enseignements fondamentaux sont aujourd'hui remis au goût du jour. Je fais le portrait, je dresse le témoignage dans ce livre d'une enseignante de banlieu parisienne qui tous les jours est confrontée à la violence dans son école. Et moi, je veux évidemment avoir aujourd'hui un mot pour l'ensemble de nos enseignants qui enseignent dans des conditions de plus en plus difficiles et qui sont confrontés à une violence qui désormais n'épargne aucune ville, aucun village et désormais même les enceintes de la République français.
Mardella, dans vos préinations à travers la France, vous avez rencontré est-ce que vous avez rencontré des Français qui vous disent "On aurait bien essayé le Rassemblement national mais on a des doutes sur votre capacité à tenir le pouvoir quand on voit qui vous avez investi aux derniers législatives, aux dernières législatives, vous-même avez reconnu des erreurs de casting, des candidats caricaturaux au propos limite." Et est-ce qu'il y en a qui vous disent "On vous aime bien Jordan Bardella mais on a des doutes sur votre âge ? 30 ans pour diriger une puissance mondiale comme la France et sur votre le fait que vous soyez peut-être inexpérimenté.
Je pense que les Français sont un petit peu revenus de ces de cette expertisation de la vie publique. Depuis 30 ans, les gens qui autoproclamaient comme experts se partagent le pouvoir. On met notre pays et mon pays dans une situation extrêmement difficile.
Et moi, je sens dans le pays, malgré toutes les critiques qui peut y avoir sur le moment présent et les difficultés que vivent les Français, une énergie, des talents, des atouts considérables pour ce pays qui est peut-être le plus beau pays du monde. Alors, je n'ai pas fait le portrait en l'occurrence de ces français là dans le livre parce qu'il est très difficile de de tout résumer en 20 portraits. Mais en revanche, l'honnêteté m'oblige à vous dire que je rencontre souvent des Français qui partagent mes idées, qui partagent les idées du Rassemblement national, mais qui ont encore des doutes et des craintes sur ce que nous souhaitons faire.
Et c'est pour ça que je dis aux français, lisez-moi, euh allez voir ce qu'on propose et ensuite vous pourrez vous faire un avis par vous-même. Ce que je note, c'est que vous sur un certain nombre de sujets, madame Salamé, beaucoup de Français se disent très certainement si on les avait écouté, on en serait peut-être pas la journée. À 30 ans, vous vous sentez capable d'être président de la République ?
C'est pas la question aujourd'hui. Je fais à 30 ans ce que je devrais faire à 50 en réalité et ceux qui me disent aujourd'hui que c'est trop tôt pour devenir premier ministre sont peut-être les mêmes qui me diront demain que c'est trop tard. Le livre s'appelle Ce que veulent les Français.
C'est chez Fard.
Jordan Bardella