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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 28 août 2024 9 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Futur gouvernement : Rachida Dati "appelle" à une coalition entre le camp présidentiel et la droite

Au micro : Sonia De VillersSource d'origine 1 locuteur

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Vous êtes ministre sans portefeuille, ça fait 44 jours que ça dure.

  • 0:20OuverteRéponse partielle

    Pour marquer le coup, Anne Hidalgo s'est baignée dans la Seine. Et vous ?

  • 0:46OuverteÉludée

    Et vous lui adressez vos félicitations à Anne Hidalgo ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes à l'aise avec cette décision ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça va laisser des traces ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Vous trouvez ça normal que le président consulte Laurent Wauquiez mais pas le RN ou les Insoumis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45Rachida DatiFait
    « il faut dire aussi que c'est un vrai succès. Parce que vous parliez, vous dites, oui, d'un point de vue économique, on ne voit pas vraiment quel est notre génie. Bah si, parce qu'il y a une volonté politique et des investissements massifs. »
  • 2:01Rachida DatiChiffre
    « Le Président de la République y a mis 500 millions d'euros pour qu'on puisse en bénéficier. »
  • 2:38Rachida DatiChiffre
    « Elle ne représente pas, elle représente à peine 30%. »
  • 2:42Rachida DatiFait
    « Premier tour 2022, très minoritaire. Premier tour 2024, très minoritaire. »
  • 4:02Rachida DatiFait
    « Coup de force, quand on est minoritaire, il est où le coup de force ? Effectivement, c'est quand on appelle à l'insurrection, quand on appelle à manifester contre les institutions, à manifester contre la Constitution. »
  • 6:37Rachida DatiFait
    « Sortir de l'Europe. Abroger la loi sur l'immigration. »
  • 6:50Rachida DatiFait
    « Les Français, ils veulent qu'il y ait plus d'autorité, plus de sécurité, plus de protection, plus de réduction des inégalités. »
  • 7:15Rachida DatiFait
    « Pouvoir d'achat, sécurité, maîtrise de l'immigration, protection. Réduction des inégalités. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est ministre des missionnaires de la culture. Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Alors nous allons évidemment évoquer avec vous cette situation politique totalement inédite que vient de brosser Patrick Cohen. Vous êtes ministre sans plus lait, ça fait 44 jours que ça dure. Mais d'abord, je rappelle que vous êtes aussi maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris. Aujourd'hui, c'est l'ouverture des Jeux paralympiques. Pour marquer le coup, Anne Hidalgo, maire de Paris, s'est rebaignée dans la Seine. Et vous ? C'est-à-dire ? Vous allez vous baigner ? Non. Non ? Ça ne vous fait pas envie ? Non. Le 7e arrondissement longe la Seine.

Vous ne manquez pas de plongeoir. Non, mais sur les Jeux Olympiques, et vous l'avez rappelé tout à l'heure, c'est un vrai succès. Et ce n'est pas fini, ça recommence ce soir avec les Jeux paralympiques. Et vous l'avez dit, cher de l'université... Et vous lui adressez vos félicitations à Anne Hidalgo ? Je ne suis pas sur le gadget. Je ne veux pas rentrer là-dedans. Ces Jeux, moi je vais vous dire, j'ai voyagé aussi un peu cet été, c'est un succès mondial. Vous l'avez rappelé Dominique, ce qu'on retient de nous, c'est effectivement la créativité et la création, mais aussi cette liberté. Moi j'ai reçu avant-hier l'ensemble des artistes qui ont participé à la cérémonie d'ouverture.

Et évidemment, au premier chef, Thomas Joly. Mais franchement, j'allais dire, c'était cette cérémonie d'ouverture un grand moment de communion pour les Français. Mais aussi, ça a réconcilié avec la nature humaine et avec la nature profonde que nous sommes. Et ça nous a réconcilié manifestement avec Anne Hidalgo. Non mais je tiens à le dire, c'est un vrai succès, mais il faut dire aussi que c'est un vrai succès. Parce que vous parliez, vous dites, oui, d'un point de vue économique, on ne voit pas vraiment quel est notre génie. Bah si, parce qu'il y a une volonté politique et des investissements massifs.

Ne croyez pas que ce succès ne se soit pas fait sans un engagement de l'Etat puissant, massif et structurant. Puisqu'en héritage, nous aurons du logement, du transport, des sites olympiques. Et comme ministre de la Culture, certes des missionnaires. Mais là où moi je suis très fière, c'est que ça, ça a été aussi une initiative du Président de la République. Le Grand Palais, dont tout le monde s'est extasié sur ce magnifique site qui était voué à l'abandon. Le Président de la République y a mis 500 millions d'euros pour qu'on puisse en bénéficier.

Lundi soir, Rachida Dati et Emmanuel Macron annoncent qu'il ne nommera pas un Premier ministre issu de la gauche, malgré les résultats du nouveau Front Populaire aux législatives. Rachida Dati, est-ce que vous êtes à l'aise avec cette décision ? Mais vous parliez tout à l'heure, et Patrick Cohen qui est encore à côté de moi, mais on parle, parce qu'on se gargarise de mots, le coup de force, il est où le coup de force ? Le coup de force, il est pour la gauche, qui prétend incarner l'ensemble du pays, alors qu'elle est largement minoritaire dans notre pays. Et moi, je le regrette, elle est largement minoritaire, intellectuellement et électoralement.

Elle ne représente pas, elle représente à peine 30%. Premier tour 2022, très minoritaire. Premier tour 2024, très minoritaire. Et d'ailleurs, moi je rappelle votre édito, on vous a peut-être reproché d'avoir fait cet édito hier, parce que vous essayez de vous rattraper peut-être là aujourd'hui. Non mais, je vous le dis, mais là où vous aviez raison hier, et d'ailleurs, qui conforte et confirme cela ? Marine Tondelier, à votre micro, le deuxième tour, ce n'est pas un appel à voter à gauche, ce n'est pas les Français qui ont eu un engouement pour la gauche, ça a été un barrage.

Sauf que, Rachida Dati, vous pouvez toujours prouver par A plus B que numériquement, la gauche est minoritaire, mais reprenons ces mots, parce que... Non mais, une élection, vous êtes majoritaire ou minoritaire ? Oui. La gauche est minoritaire, deuxième tour, ça a été un barrage au ARN. Ça a été une demande de Marine Tondelier à votre micro, et c'est un constat électoral, c'est un fait. 193 députés quand même. Mais le communiste Fabien Roussel parle de coup d'État. L'insoumis Jean-Luc Mélenchon, vous venez de le dire, parle de coup de force antidémocratique. L'écologiste Marie Tondelier parle de dérive libérale. Est-ce que ça va laisser des traces ?

C'est tout ce vocabulaire de la dérive autoritaire, est-ce que ça va laisser des traces ? Coup de force, quand on est minoritaire, il est où le coup de force ? Effectivement, c'est quand on appelle à l'insurrection, quand on appelle à manifester contre les institutions, à manifester contre la Constitution. Donc l'appel à la manif de Jean-Luc Mélenchon, c'est un coup de force. La gauche est minoritaire, mais ses idées sont minoritaires. Depuis 2012, elle se rétrécit. Ce n'est pas l'expression naturelle de l'opinion populaire dans la rue. Elle l'exclut. C'est un coup de force, elle est manifestée. Non mais, invitez M. Cazeneuve, il va vous dire ce qu'il en pense de la gauche.

La gauche, aujourd'hui, elle est prisonnière de son aile sectaire. Voilà. Elle est prisonnière de... Elle a décidé de ne pas être utile au pays. Elle l'a décidé. Donc vous trouvez ça normal, par exemple, qu'Emmanuel Macron poursuive ses consultations ? Il reçoit aujourd'hui Laurent Wauquiez, qui est le président du groupe à l'Assemblée nationale. Les responsables politiques, je vous dis... Il ne reçoit pas le Rassemblement national, il ne reçoit pas les Insoumis, alors que ce sont deux forces politiques, largement représentées à l'Assemblée nationale. Vous trouvez ça normal ? Le président de la République consulte les partis politiques.

D'ailleurs, moi j'ai trouvé, c'était aussi le rôle des responsables politiques, de se voir, d'essayer de trouver des points de convergence et des compromis. Aujourd'hui, nous sommes dans un moment inédit de la Ve République. Aujourd'hui, nous devons trouver des responsables politiques, et dans la politique, il est responsable, pour essayer, dans l'intérêt de la France, de travailler ensemble. Vous savez, les Français sont très sensibles au courage, ils n'aiment pas la fuite. Alors, travailler ensemble, Rachida Dati, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, peut-être, on pourrait voir une alliance entre les Républicains, la droite française, et le camp présidentiel, et les Macronistes.

Et ça peut aller jusqu'aux sociodémocrates. Regardez, en ce moment, inviter des socialistes, ils se mettent sur la figure, ils ne sont pas d'accord entre eux. Alors, je ne vous dis pas si on avait dû nommer Lucie Casté. Est-ce que vous êtes pour une alliance ? Ils ne sont pas d'accord sur la ligne. Est-ce que vous êtes pour une alliance entre les Républicains et les Macronistes ? Bien sûr, mais moi, j'appelle à ça. Bien sûr ? C'est la voie de la responsabilité. Aujourd'hui, moi, j'en appelle aux femmes et aux hommes d'État de ma famille politique à participer à cette coalition. Alors, votre famille politique, c'est laquelle ? Moi, je suis de la droite républicaine, vous savez bien.

Moi, je n'ai pas été exclu des LR. Et je ne suis pas reliée dans mes conditions. Bien sûr, aujourd'hui, nous sommes dans un moment inédit et important. Aujourd'hui, nous devons travailler ensemble dans l'intérêt de la France. Aujourd'hui, certains ont des calendriers, d'autres ont des échéances. Je le dis tel que je le pense. Il faut oublier ça. Aujourd'hui, il faut se comporter en hommes et en femmes d'État. La gauche a décidé de ne pas se comporter comme ça. Même si les Républicains, pendant toute la campagne des européennes, pendant toute la campagne des législatives, ont martelé le fait que le macronisme dissout la France dans l'Europe, que le macronisme dilapide l'argent public.

Vous avez vu le programme de NFP ou pas ? Vous l'avez vu ? Oui. Sortir de l'Europe. Abroger la loi sur l'immigration. Vous avez vu les événements malheureux qui sont arrivés ces derniers temps ? Si on n'avait pas la loi sur l'immigration, je vais vous dire, on ne pourrait pas agir efficacement. C'est ce que nous demandent les Français. Les Français, ils veulent qu'il y ait plus d'autorité, plus de sécurité, plus de protection, plus de réduction des inégalités. Est-ce que les électeurs de François-Xavier Bellamy, de Laurent Wauquiez, veulent travailler avec le camp macronisme ? Moi, je ne vous parle pas de boutique. Je ne vous parle pas d'intérêt.

Je vous parle des électeurs, je vous parle des gens. Moi, je vous parle de l'intérêt de la France et des préoccupations des Français. Quels sont-elles ? Pouvoir d'achat, sécurité, maîtrise de l'immigration, protection. Réduction des inégalités. Voilà les préoccupations des Français. Là, on peut trouver un terrain d'entente. Alors, s'il y a un terrain d'entente, s'il y a une coalition, s'il y a une alliance entre les macronistes et les républicains, vous verriez qui comme Premier ministre ? Jusqu'au socio-démocrate. Vous verriez qui comme Premier ministre ? Moi, je ne sais pas faire les castings. Ça, c'est la prérogative du Président de la République. Vous vous sentez prête ? Prête à quoi ?

À être Premier ministre ? Non, mais là, c'est devenu gaguez. Est-ce que vous vous rendez compte ? C'est la sixième puissance du monde. Et puis là, on va dire, attendez, moi, je trouve qu'il y a des fonctions qu'on a affaiblies parce que tout le monde veut y prétendre. Non, tout le monde ne peut pas prétendre à être Premier ministre ou même à être Président de la République. Certains, je veux vous dire, quand Emmanuel Macron est devenu Président de la République, tous ceux qui avaient moins de 40 ans ou autres se sont dit, c'est peut-être aussi pour moi parce que je suis jeune. Ben non, il ne suffit pas d'être jeune pour être Président de la République ou d'être Premier ministre.

Il faut être un peu compétent. Il faut avoir un peu d'expérience. Il faut avoir une grande ambition pour l'État. Vous voudriez rester au gouvernement ? Et ça, c'est la décision du Président de la République. Oui, mais vous, vous avez envie de quoi ? Attendez, moi, je vais vous dire, je considère que si on peut être utile à la France, je ne vais quand même pas dire non. Mais c'est la décision du Président de la République. Quand j'ai été ministre de la Culture, vous l'avez bien vu, moi, j'ai eu une obsession, c'est de pouvoir permettre au plus grand nombre d'accéder à la culture et de réduire les inégalités.

Je crois que je l'ai démontré par les mesures que j'ai prises depuis que j'ai été ministre de la Culture. Donc, vous resteriez bien, rue de Valois. Merci beaucoup, Rachida Dati. Et merci, Sonia de Villers.