Nicolas Dupont-Aignan : "Beaucoup de professionnels de santé ne sont pas équipés ni informés !"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Véronique, est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous m'avez dit tout à l'heure lors de la table ronde, comment vous voyez les choses concrètement ?
- 3:26OuverteRéponse directe
J'avais posé la question au Premier ministre jeudi dernier, en vérité, on apprend qu'il n'y a que 1500 tests par jour de disponibles.
- 5:39RelanceRéponse directe
Combien de masques FFP2 vont arriver ? Dans quel délai ? Pourquoi le stock stratégique de 2011 a disparu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:08Invité politiqueFait
« On a quand même l'impression d'être un peu abandonnés. On a eu quand même des masques qu'on réclame depuis longtemps mais on les a eus que lundi de cette semaine, donc quand même très en retard. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Mais si, on a fait le 15 déjà deux fois, mais on nous dit de rester chez nous. »
- 3:06Invité politiqueFait
« Les tests, on n'en fait plus. C'est très compliqué à faire des tests. Les labos sont débordés. »
- 4:28Invité politiqueFait
« il ne revient pas de Chine ni d'Italie, donc il ne sera pas testé. »
- 5:51PrésentateurChiffre
« Pourquoi Mme Buzyn a envoyé le 19 février en Chine 17 tonnes de matériel ? »
- 9:18PrésentateurFait
« une vidéo de Mme Buzyn qui nous disait qu'il n'y aurait rien, que tout resterait en Chine. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Nicolas Dupont-Aignan32 %
- ?13 %
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Bonjour
à tous.
Je
suis à Noyon
avec
le docteur Véronique Roger
et
elle nous accueille
dans
son cabinet parce que j'ai voulu savoir comment ça se passait.
J
'ai reçu tout à l'heure des pharmaciens, des infirmiers
et
on est arrivé au constat simple
qu
'il y avait un vrai dysfonctionnement et que les médecins libéraux,
les
infirmiers libéraux demandaient le fameux masque FPP2
dont
je parle depuis des semaines. Alors ce que je dis n'est pas le plus important parce que ce qui est important c'est ce que disent les professionnels sur le terrain et c'est pourquoi j'ai voulu venir à Noyon. Véronique, est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous m'avez dit tout à l'heure lors de la table ronde, comment vous voyez les choses concrètement
? Oui,
écoutez d'abord moi je vous remercie d'être là parce que vous vous souciez des médecins généralistes. On a quand même l'impression d'être un peu abandonnés. On a eu quand même des masques qu'on réclame depuis longtemps mais on les a eus que lundi de cette semaine, donc quand même très en retard. Et ce sont donc des masques chirurgicaux
comme
ça qui donc ne protègent pas le personnel soignant.
Donc
les masques FFP2, on n'en a pas eu, je ne sais même pas comment
ça fait. Voilà, je t'en donne un. Voilà,
merci.
Elle est rare que j'ai pu obtenir. D'ailleurs il faut le mettre à l'endroit
parce
que moi je l'ai mis dans une vidéo à l'envers parce que je ne le savais pas mais c'est le nez
là. C'est le nez,
ben oui.
Voilà pourquoi le nez et on le met comme ça. Tu vois la différence
entre
ça et ça.
C
'est-à-dire que si j'ai bien compris, on vous a donné des masques
qui
sont faits pour les patients malades et pas pour protéger les médecins.
Quand on
a des patients qui tousse. On devrait vous donner ça, voilà la
différence. Ça, ça protège un médecin, ça, ça ne le protège pas. Ça,
ça
protège le patient qui tousse.
Ça
fait penser à la guerre de 14 où on a envoyé les soldats se faire tuer avec des uniformes rouges pour qu'ils soient des belles cibles.
C
'est ahurissant quand on pense qu'au 21e siècle en France,
alors
qu'en 2006,
vous
aviez reçu un kit
avec
le bon masque,
les
lunettes, les gants, le gel, 14 ans après,
l
'État n'est capable que d'envoyer ça.
En
nous disant qu'on peut en mettre deux l'un au-dessus de l'autre
pour
que ce soit plus étanche.
Voilà.
Et puis donc, dans la pratique quotidienne, moi, j'ai reçu des personnes qui toussaient, qui étaient vraiment très mal, qui étaient quand même très, très suspects. Et je leur ai dit, mais pourquoi vous n'avez pas fait le 15 ? Ils m'ont dit, mais si, on a fait le 15 déjà deux fois,
mais
on nous dit de rester chez nous. Alors de toute façon, même en restant chez eux, il faut quand même qu'ils aient un arrêt maladie
ou un
arrêt, voilà, sans carence, sans les trois jours de carence.
Mais
n'empêche que voilà des gens qui se sont assis là,
et
je ne sais pas s'ils peuvent être contaminants. De toute façon, les tests, on n'en fait plus. C'est très compliqué à faire des tests. Les labos sont débordés. Donc cette personne-là n'aura pas de test. Pour l'instant, elle est chez elle. Je vais lui téléphoner pour avoir de ses nouvelles.
Mais il
n'y
a
pas de test de fait.
Alors
là, pareil, on nous dit qu'il
y
avait des tests. J'avais posé la question au Premier ministre jeudi dernier,
et
en vérité, on apprend qu'il n
'y a
que 1500 tests par jour de disponibles. 1500, les gens disent, c'est important, mais en fait, quand tu calcules 1500 divisé par 100 départements,
ça
veut dire 15 tests par département. Or, face à une épidémie beaucoup plus importante, là aussi, impréparation totale. impréparation totale.
Ce
qui veut dire, si j'ai bien compris, que le 15 dit quoi ? Dit aux gens, restez chez vous
?
Oui, le 15 est débordé aussi.
Et
là, cette personne-là, quand même, elle l'avait fait deux fois. Moi, je pense qu'elle aurait dû être testée. C'est aussi aux médecins d'évaluer la gravité des choses. Et moi, je pense, j'aurais voulu que cette personne-là soit testée. J'en ai au moins deux, comme ça, dans mes patients, depuis une petite semaine, qui habitent quand même dans ce département de l'Oise, qui est directement concerné, avec un hôpital directement concerné aussi. Moi, j'aurais bien aimé que ces deux personnes-là soient testées. Pour le premier, on m
'a
dit, il ne revient pas de Chine ni d'Italie, donc il ne sera pas testé.
Alors
ça, c'était la semaine dernière, donc la veille du jour où on a commencé à parler de Compiègne. Donc ce monsieur-là n'a pas été testé.
En
plus, il avait été vacciné contre la grippe,
et
il avait été testé positif à la grippe.
Ce
qui rendait immunodéprimé, quand même, fragilisé en tout cas. Donc il pouvait être porteur des deux, à la limite.
Donc
ces personnes-là, elles sont chez elles,
mais
elles ont possiblement pu me contaminer. Donc j'aurais déjà donné des masques.
Au
moins, les
bons masques.
Et
tout à l'heure, on a vu un pharmacien
qui
avait reçu que 10
boîtes
de 50 masques. Et il nous disait qu'il n
'en
aura plus de main.
Donc
on est en pleine impréparation, en pleine amateurésie.
C
'est ahurissant ce que j'ai vu ce matin-là. Ahurissant. Et je remarque que c'est l'omerta la plus totale,
parce
qu'en vérité, on veut soi-disant rassurer la population. Mais je ne crois pas qu'on rassure la population en lui mentant. Rassurer la population,
c
'est nous expliquer trois choses.
Combien
de masques
FFP2 vont
arriver ? Dans quel délai
? Pourquoi
le stock stratégique de 2011 a disparu
? Pourquoi
Mme Buzyn a envoyé le 19 février en Chine 17 tonnes de matériel
?
19 février. Donc, pourquoi on a privé les Français
de
19 tonnes de matériel qui sont partis en Chine ? Et qu'est-ce qu'il y avait exactement ? On nous dit sur le site du ministère des Organes étrangères, je n'ai rien inventé. C'est un médecin d'ailleurs de Tourcoing sur une vidéo Internet qu'il a appris aux Français. Il y avait des masques,
des
lunettes. Donc si je comprends bien, on préfère envoyer en Chine
des
instruments de protection de la médecine
plutôt
que de les donner aux médecins français, des départements contaminés.
Enfin,
ça commence à faire beaucoup.
Et
je crois que les Français seraient rassurés
si
on nous donnait maintenant, et c'est ce que je demande au gouvernement, sans polémique,
un
calendrier précis
de
livraison des masques chirurgicaux dans les pharmacies pour les malades,
de
livraison des masques
FFP2 pour
les médecins,
et
de livraison des tests
de
manière à ce qu'on puisse multiplier les tests.
Je
ne parle même pas des lunettes et des gants qui sont élémentaires. Voilà ce que nous demandons à Debout la France. C'est simple, c'est précis,
et ce
qui est terrible, c'est que le fait de demander cela
vous
fait passer pour immédiatement un dangereux agitateur. Et je vois d'ailleurs que
ce
matin, à la table ronde que nous avons organisée ici, beaucoup de médias devaient venir et puis il
n'y a
plus personne. Parce qu'il ne faut pas dire la vérité aux Français. Mais moi, je vais la dire, la vérité aux Français.
Et
la vérité aux Français, c'est que les Français doivent exiger du gouvernement rapidement la livraison de tous ces éléments de protection.
Parce
que si les médecins
sont
contaminés,
soit
ils seront en quarantaine,
et
donc ils ne pourront pas accueillir les malades, soit pire, ils risquent
de
diffuser le virus aux patients. Or, le médecin ou le pharmacien ou l'infirmier ou l'aide-soignante est celui qui voit le plus de personnes dans la journée.
Donc,
il y a urgence, et les présidents de syndicats de médecins le disent, donc je ne suis pas le seul à le dire, à équiper les médecins du matériel nécessaire.
Oui,
c'est sûr qu'il s'agit de protéger.
Il
s'agit de nous protéger, de protéger tous les personnels de santé. À ce propos, je voulais aussi parler de ceux qui travaillent dans les associations d'aide à la personne à domicile.
Parce
que là aussi, c'est très important. En plus, ils vont à droite à gauche, chez différentes personnes, et ils doivent aussi être protégés. Les ambulanciers, et puis donc bien sûr, tout le personnel de l'hôpital. Mais aussi en ville, les infirmières libérales.
En
fait, ce qu'on apprend,
c
'est qu'il
y a
eu un plan
du
gouvernement, il faut dire ce qui a marché,
parce
qu'il ne s'agit pas de tout critiquer,
mais
qui en fait considère limite la médecine à 80 hôpitaux, 138. Au début, c'était 70, après 138. Mais il
y
a une sorte de technocratie médicale
qui
imagine que tout passe par l'hôpital. Or, il y a 100 000 médecins libéraux.
Mais
ceux-là, ils ont été zappés. Ils n'existent pas dans l'état d'esprit du ministère de la Santé. Et c'est ça, je crois, qui ressort de cette crise,
de
ce manque d'anticipation.
C
'est de considérer, malgré tout, une vidéo de Mme Buzyn qui nous disait qu'il
n'y
aurait rien, que tout resterait en Chine. C'est peut
-être
pour ça qu'elle a envoyé le matériel en Chine, d'ailleurs. Mais au-delà de cela qui est dramatique, en fait, il y
a
une conception très technocratique. Tout est fait pour les hôpitaux publics. Uniquement les grands hôpitaux, des centres de métropole.
Et
puis le reste, circuler, il
n'y a
rien à voir. Mais c'est toi qui va les accueillir, Mme.
Voilà, les kinés aussi, oui.
Ah, les kinés.
J'ai eu une kiné hier qui m'a dit soit ce n
'est
pas grave, soit on va tous mourir. Et c'est sûr que eux, les kinés, en plus, ils touchent quand même la personne.
Donc
il faut qu
'ils
soient équipés aussi.
Alors
ils désinfectent, ils désinfectent. Mais bon, on n'en parle pas non plus, les kinés.
C
'est toute la chaîne, en fait.
Ah oui, oui.
C'est protéger
tous les personnages.
Merci, docteur.
Merci
d'être venu.
Bon courage.
Je
vous le laisse en souvenir, mais j'en ai qu'un.
Ah ben non, il faut le garder.
Non, je vous le laisse en
souvenir.
Merci.
Je
vais le mettre, mais dans trois heures, il
faut
que je le mette à la poubelle.
Oui.
C'est dommage.
Bon
courage.
Nicolas Dupont-Aignan