L'interview de Jordan Bardella lors de sa visite à Nanterre
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je pense qu'en matière d'amour, au-delà des mots, il y a des preuves à donner. Le président de la République a été ambigu depuis son élection en 2017. Il avait dénoncé des bavures policières abrutes, comme s'il fallait faire d'erreurs individuelles qui ont été judiciarisées par le passé, la responsabilité de l'ensemble des forces de l'ordre. Quand le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a quitté le pouvoir en 2018, il a indiqué très clairement que dans beaucoup de quartiers, on ne vivait plus côte à côte, mais face à face. Or, le président de la République n'a entendu aucune de ces alertes.
Et quand on entend parler aujourd'hui d'appel à l'apaisement, de rhétorique d'apaisement, il faut maintenant que ce soit suivi de fait, le rétablissement de l'ordre républicain, l'arrêt de l'immigration et le retour à une politique pénale qui soit beaucoup plus ferme, beaucoup plus efficace, notamment à l'encontre des mineurs, qui doivent être replacés pour les plus récalcitrants d'entre eux, dans des centres éducatifs fermés, voire dans des centres de redressement qui pourraient être encadrés par l'armée.
Il y a eu des consignes passées par le garde des Sceaux, via des circulaires, justement, pour une fermeté judiciaire. Le président dit que pour l'instant, la seule unique réponse, elle doit être sécuritaire. C'est le retour à l'ordre, avant de penser à tout autre débat politique sur la situation dans les quartiers. Finalement, vous êtes sur la même ligne.
J'ai d'ores et déjà entendu la Première ministre appeler de moyens supplémentaires donnés à ces quartiers. En fait, dans ces quartiers, on applique les mêmes recettes et les mêmes échecs depuis 30 ans. Il y a eu un plan Marshall pour les banlieues tous les 3 ans, depuis 30 ans, dans notre pays. On considère que le problème était économique. Ce n'est pas parce qu'il y a de la pauvreté dans ces quartiers qu'il y a de la délinquance. Le problème ici, c'est un problème d'ordre républicain et un problème culturel. On a accueilli des gens à qui on a tout donné et qui se comportent aujourd'hui de manière virulente et violente à l'égard de la République française.
Donc, il faut une réponse immédiate, une réponse répressive, sécuritaire et une réponse de long terme où l'autorité doit revenir dans notre société.
Le RN a proposé hier par la voix de Sébastien Chenu un moratoire sur l'immigration. Est-ce que ça serait vraiment ça la réponse aujourd'hui à cette crise ?
Je pense que l'immigration est l'une des explications à la crise que nous vivons aujourd'hui dans d'innombrables quartiers en France à tel point que beaucoup de gens ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi ou ne s'y sentent plus en sécurité. Donc, il faut évidemment un moratoire sur l'immigration et nous demandons l'expulsion systématique des délinquants et des criminels étrangers après, évidemment, étude de leur situation administrative lorsqu'ils sont interpellés.
Est-ce que vous êtes gêné par le montant de la cagnotte destinée à la famille du policier qui a été mis en examen et qui a dépassé le million d'euros ? Je suis davantage choqué par le milliard d'euros
que vont nous coûter les réparations de ces émeutes que par le million d'euros de soutien à cette famille de policiers qui est aussi une famille qui psychologiquement doit être atteinte compte tenu de ce qui est arrivé à ce fonctionnaire de police. Mais moi, je ne souhaite pas que ce soit les Français qui payent pour réparer ces dégâts. Et je pense qu'il faut désormais suspendre les allocations familiales et les allocations sociales aux parents de mineurs récidivistes car il serait absolument inadmissible que les Français qui bossent, que les Français qui se lèvent tôt soient contraints de payer les dégâts qu'ils n'ont pas commis.
Vous avez vous-même grandi dans une cité à la Seine-Saint-Denis. Vous n'avez aucune compréhension pour ce qui se passe dans ces quartiers ?
Écoutez, j'ai du mal à comprendre le message social quand on brûle une école, quand on brûle une bibliothèque, quand on brûle une médiathèque ou la mairie d'une commune. La vérité, c'est que quand on est issu de ces quartiers et que vos parents vous éduquent correctement, vous ne finissez pas délinquant, il y a des milliers, voire des millions de familles modestes, de familles très pauvres qui, dans ces quartiers comme dans les territoires ruraux, élèvent leurs enfants de manière irréprochable et leurs enfants ne finissent pas délinquants. Donc il faut aussi responsabiliser les parents.
Et vous avez l'impression que ces jours-ci, les Français se tournent de plus en plus vers votre parti ?
Je pense que le Rassemblement National est aujourd'hui devenu une réponse à la demande d'autorité et d'ordre qu'il y a dans le pays et que beaucoup de Français s'aperçoivent que si on nous avait écoutés peut-être il y a quelques années, s'agissant de la question de l'immigration, alors nous n'aurions pas des quartiers qui sont devenus de véritables poudrières. Mais si nous accédons à la tête de l'État en 2027, nous rétablirons l'ordre républicain sur chaque mètre carré du territoire national.
Pourtant, vous ne demandez pas la même chose que la droite des Républicains, Kérig Zemmour, État d'urgence, couvre-feu ?
Si, nous avons réclamé à plusieurs reprises des couvre-feu et la mise en place de l'État d'urgence si nécessaire. La vérité, c'est que nous sommes aujourd'hui en capacité d'accéder aux responsabilités, ce qui n'est le cas ni de M. Ciotti ni de M. Zemmour. Et donc, je les appelle aussi à venir nous faire part de leurs propositions et à venir éventuellement travailler à nos côtés. Je pense que pour rétablir l'autorité dans le pays, pour rassembler les Français, nous aurons besoin de l'énergie de chacun. Vous avez fait des promesses aux policiers que vous avez pu rencontrer aujourd'hui ? Non, je ne fais pas de promesses en particulier.
Je leur dis juste que nous, nous sommes à leurs côtés et que si nous accédons à la tête de l'État, nous mènerons une politique sécuritaire et judiciaire qui est radicalement opposée à celle qui est menée depuis 30 ans dans notre pays, qui est basée sur la culture de l'excuse, sur la victimisation permanente, sur l'effondrement de l'autorité et sur l'accueil de centaines de milliers de personnes chaque année dans notre pays, dans un pays où nous avons accueilli trop d'immigration, dans des conditions qui étaient des conditions de saturation et qui ont entraîné évidemment des tensions sécuritaires dans d'innombrables quartiers.
Je pense qu'il est temps de rendre aux Français la maîtrise de leur pays. Ça passe par quel type de mesures ? D'abord, le retour de l'ordre et de l'autorité partout, le soutien à nos forces de l'ordre, le rétablissement des peines planchées, la fin des remises automatiques de peines, la création de nouvelles places de prison, l'expulsion des étrangers qui sont aujourd'hui en prison et qui occupent une part importante de nos prisons. Et puis, il faut responsabiliser les parents et sanctionner par la loi, judiciariser les parents qui font preuve de carences éducatives manifestes parce que quand on a 13 ou 14 ans en bas d'une cité, on ne traîne pas en bas de la cité précisément.
Jordan Bardella