Marine Le Pen : "Chacun des partis cherchait une excuse pour ne pas retourner aux élections"
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France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, la grande matinale. Et avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter au lendemain de la déclaration de politique générale du Premier ministre qui a donc donné ses premières orientations budgétaires, rappelé son engagement à ne pas utiliser le 49-3 et surtout annoncé, comme le demandaient les socialistes, la suspension de la réforme des retraites jusqu'en 2027. Résultat, l'EPS ne censurera pas le gouvernement.
Ça y est, c'est la fin de l'instabilité. Vous espériez Marine Le Pen la censure ? Il n'y en aura pas ?
Non mais je savais que le parti socialiste trahirait d'abord parce qu'il l'a fait à plusieurs reprises, mais surtout parce qu'en réalité, il cherchait une excuse pour ne pas censurer. Vous avez bien compris que chacun de ces partis cherchait une excuse pour ne pas retourner aux élections. Donc ils ont eu leur excuse. C'était cette annonce dont nous ne savons rien par ailleurs. Est-ce qu'elle va se faire par l'intermédiaire d'un amendement ? Est-ce que cet amendement survivrait éventuellement à un budget passé par ordonnance ? Ça, c'est sûr que non. Est-ce que cet amendement passerait les fourches codines du Conseil constitutionnel qui pourrait le considérer comme un cavalier budgétaire ?
Ce n'est pas du tout sûr. Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité, c'est que le PS ne voulait pas censurer parce que le parti socialiste jusqu'à LR ne veulent pas de dissolution. Ils ne veulent pas retourner aux élections. Ils ont peur du jugement du peuple français. Et donc tout est bon, y compris en se reniant totalement comme l'a fait la droite, pour ne pas aller à cette élection que pourtant les Français attendent. Marine Le Pen, vous dites que les socialistes ont peur. C'est l'analyse que vous en faites. Eux disent qu'on avait une demande. Ça fait depuis 2023 qu'on se bat pour abroger, suspendre la réforme des retraites. On l'a obtenue.
Est-ce que cette stratégie-là n'est pas plus efficace que, comme vous, de dire censure à tout prix ou à la fin on risque de se retrouver hors-jeu ? Eux ont négocié et ont obtenu quelque chose. D'abord, ne caricaturez pas notre position car elle n'est jamais caricaturale. On censure tout, c'est une phrase que vous avez prononcée la semaine dernière. Nous avons dit, cette fois-ci, nous censurons. Parce que nous voyons bien que toutes les manœuvres consistent, encore une fois, à essayer d'échapper à l'élection.
Or, nous pensons que l'élection est le seul moyen de sortir de la crise politicienne, parce que ce n'est même pas une crise politique, c'est une crise politicienne que nous vivons aujourd'hui. C'est le sens des institutions de la Vème République. Donc, nous avons dit, il faut arrêter maintenant la plaisanterie avec les premiers ministres qui font des vraies fausses démissions pour gagner du temps. Et donc, cette fois-ci, nous censurerons parce que nous souhaitons que les Français puissent avoir le dernier mot, car nous considérons, comme le général de Gaulle, que le peuple français est le seul souverain. Mais les socialistes, ils vont aller défendre le budget, là, qu'a déposé M.
Lecornu, enfin Bercy, enfin Beyrou, enfin, c'est le même, en réalité, le même budget depuis des mois et des mois. Ils vont défendre les 19 milliards d'impôts supplémentaires. Ils vont défendre... 10-14, mais... Non, mais attendez. Non, non, non, non, pas 14. 19, dont 10 milliards uniquement d'augmentation de l'impôt sur le revenu. Ils vont défendre les mesquineries de Bercy sur les chèques vacances, sur les chèques restaurants, alors qu'ils étaient montés contre les 5 euros de baisse des APL. Ils vont monter sur ce sujet-là. Ils vont défendre ce budget.
Marine Le Pen, on va parler dans un instant, et on va rentrer dans le détail de ce qu'il y a dans le budget, des interrogations sur la fiscalité, mais pour rester sur les retraites. Depuis 2023, au Rassemblement National, vous combattez cette réforme. Vous dites que vous n'êtes pas d'accord. Alors, qu'est-ce que vous allez dire à vos électeurs, à ceux qui sont dans votre circonscription, qui, peut-être, grâce à une éventuelle suspension, pourraient partir un peu plus tôt, vous allez leur dire « On était d'accord, on est d'accord, mais on veut quand même censurer le budget ». Vous comprenez qu'on est un peu de mal à vous suivre sur la question de la réforme des retraites ?
Ah bah, c'est inquiétant que vous ne nous suiviez pas, vous voyez. Parce que... Et tout le reste. Parce que vous croyez que nous, on est comme le PS, on court après la baballe qu'on nous lance. Mais on ne court pas après la baballe pour une raison simple, c'est que s'il y a une dissolution, ce que nous espérons, c'est avoir la majorité absolue, et donc pouvoir... D'accord, enfin, en l'État, il y a une possibilité là de... Et donc pouvoir engager la réforme des retraites que nous avons proposée aux Français, et qui est bien plus intéressante que cette vraie fausse suspension, dont, encore une fois, nous ne savons toujours pas comment elle va voir le jour. Vous voyez ?
Donc, il y a le problème de zéro économie. Enfin, on est quand même dans un budget qui continue à augmenter les dépenses de 28,5 milliards. Aucune économie sur le train de vie de l'État. Aucune économie sur l'immigration. Aucune économie sur les agences, les opérateurs, et j'en passe des meilleurs. Mais sur les retraites, vous allez donc, vous voulez censurer un budget dans lequel il y aura une mesure que vous soutenez et qui est soutenue par vos sympathisants. Mais nous ferons mieux, et nous dirons aux Français, écoutez, vous allez pouvoir voter là.
Vous allez pouvoir voter parce que nous allons obtenir la dissolution, car c'est l'objectif, bien entendu, de cette censure, et vous pourrez obtenir bien mieux qu'encore une fois, que cette vraie fausse suspension.
Alors, sur cette suspension, vraie fausse suspension, pour reprendre votre terme, si elle entre en vigueur, elle repousse le décalage de l'âge légal au 1er janvier 2028, c'est-à-dire après l'élection présidentielle. Il y a un an, Jordan Bardella avait mis en avant le mur de la dette en expliquant qu'il n'était pas si évident que ça de revenir sur la réforme borne. Est-ce que vous pourriez renoncer à votre réforme des retraites qui remet l'âge entre 60 et 62 ans, compte tenu de la dégradation des comptes publics ?
Non, parce que nous avons déjà fait un budget. D'ailleurs, nous allons déposer et présenter notre contre-budget le 23 octobre, et dans ce contre-budget, cette réforme, elle est financée. Nous la finançons. C'est un choix, c'est un choix de société. Donc, moi, je l'assume. Il est évident que la réforme que nous proposons, qui consiste notamment à pouvoir permettre à ceux qui ont commencé avant 20 ans de partir à 60 ans avec 40 annuités, bien entendu, elle a un coût, mais c'est un coût que nous assumons. Et nous entendons faire des économies sur d'autres sujets.
Et croyez-moi, les sources d'économies, de gabegies, de gaspillages, de dépenses toxiques en France, il y en a des montagnes himalayesques, comme dirait M. Bayrou. Encore un mot avant de parler du budget et des impôts sur la situation, l'instabilité politique qui a des conséquences économiques. Jordan Bardella, en février dernier, pour justifier de ne pas censurer à l'époque François Bayrou, disait la chose suivante, il faut éviter l'incertitude parce que beaucoup de nos compatriotes sont inquiets d'une instabilité qui pourrait s'installer dans la durée. Pourquoi est-ce que ce qui valait au mois de février ne vaut plus aujourd'hui ?
On vous entend dénoncer les magouilles, c'est ce qu'a dit Jordan Bardella, des socialistes. À l'époque, quand vous négociiez avec Michel Barnier et François Bayrou, ce n'était pas des magouilles et aujourd'hui, ça devient des magouilles ? D'abord, excusez-moi, mais on a tellement négocié qu'on a censuré Michel Barnier. On a voté contre la confiance à François Bayrou. Mais vous ne l'avez pas censuré en février. Pour le coup, je vous entends, nous serions donc des éléments de stabilisation de la vie politique. C'est le contraire de ce qu'a dit Emmanuel Macron qui a dit que nous étions les artisans du chaos. Non, nous sommes juste les défenseurs des Français.
Nous sommes les défenseurs de la démocratie. Donc maintenant, la plaisanterie a assez duré. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, un Premier ministre, un autre, un autre, qui démissionne, qui est renommé, stop. Le moyen de sortir de la crise, c'est l'élection. C'est ce que nous venons dire aux Français et ils ont l'air plutôt d'accord avec ça. Mais vous avez encore un espoir ? Parce que là, c'est ce que disait Nicolas en introduction de l'interview, les socialistes ne vont pas censurer. Donc au fond, votre stratégie consistant à dire il faut censurer, il faut une nouvelle dissolution, là, c'est moins propice que ça ne l'était il y a encore quelques jours.
Alors d'abord, nous verrons demain. Déjà, numéro 1. Vous avez encore un espoir ? J'ai toujours de l'espoir. Je suis une grande optimiste. Donc on verra demain, vous voyez ce que je veux dire ? Ça ne tiendra pas sur la durée. Donc si la dissolution n'est pas décidée aujourd'hui, elle sera décidée peut-être dans trois semaines ou dans trois mois. Donc de toute façon, le gouvernement tombera pour vous ? De toute façon, le gouvernement tombera. C'est une évidence. Sauf que ceux qui auront soutenu ce gouvernement contre vents et marées, contre la raison, contre la décence, très certainement, le paieront extrêmement cher aux élections.
Marine Le Pen, question sur les impôts. Vous avez délancé à un budget terriblement mauvais, notamment, dites-vous, parce qu'il alourdit la fiscalité, alors que dans le même temps, vous défendez un impôt sur la fortune financière. Votre parti se dit favorable à plus de justice fiscale. Impôts ou pas impôts, alors ? Trop d'impôts ? Nouvelle impôts ? Expliquez-nous.
Ce qui pose un énorme problème dans ce budget, c'est que nous, ce que nous souhaitons avec l'impôt sur la fortune financière, c'est financer une hausse des pouvoirs d'achat pour les classes moyennes. C'est-à-dire que nous disons, voilà, nous allons créer un impôt sur la fortune financière sur les plus gros patrimoines, mais cet argent-là, nous allons nous en servir, notamment, pour créer la part pleine dès le deuxième enfant. c'est-à-dire pour soulager en réalité la situation des classes populaires et des classes moyennes.
Donc, c'est une vision qui est effectivement radicalement différente avec celle que nous connaissons là, qui, en fait, fait peser un effort à nouveau considérable sur les classes moyennes. Donc, cette année blanche, honnêtement, c'est un véritable scandale au-delà du fait que c'est la négation totale de la politique. Je veux dire, c'est-à-dire qu'on est en inertie, on s'arrête, mais ça a des conséquences. Ça a des conséquences importantes pour, par exemple, un professeur qui gagne 1300 euros par mois, il va, évidemment, payer des impôts supplémentaires, un impôt sur le revenu supplémentaire avec le gel du point d'indice et tout le reste. Donc, tout ça, c'est injuste.
Marine Le Pen, sur vos propos et vos propositions sur la fiscalité, vous venez de citer l'impôt sur la fortune financière. Votre parti, vos députés, ont parfois eu un peu de mal à expliquer en quoi il consistait la philosophie de cet impôt. Donc là, j'aimerais qu'on prenne quelques secondes pour comprendre la philosophie de cet impôt sur la fortune financière. Est-ce que ce n'est pas un impôt qui va pénaliser l'investissement, qui va pénaliser ceux qui font circuler de l'argent dans l'économie ? Non, pas du tout puisque précisément 75% des parts détenues dans les PME et les ETI sortent de cette imposition.
Vous voyez, donc c'est au contraire, c'est une incitation à investir dans les PME et les ETI pour ceux qui ont les moyens de le faire. Quand ils investissent dans les PME et les ETI, eh bien, en réalité, leur impôt sur la fortune financière va baisser. Mais si on prend un tout petit exemple, M. X a un PEA, un plan d'épargne action et il va investir dans Dassault. Dassault, c'est une entreprise, j'imagine que vous soutenez, qui agit pour la souveraineté de la France. Il a un PEA en action dans Dassault et il va être tapé par votre impôt sur la fortune financière. C'est quoi la logique ? Il faut déjà qu'il ait un énorme patrimoine.
Il faut quand même avoir un gros patrimoine pour être soumis à l'IFM. car je vous rappelle, oui, ça finance les grandes entreprises mais à un moment donné, nous, ce que nous souhaitons, c'est pouvoir, et je vais vous rajouter quelque chose, c'est pouvoir, encore une fois, susciter l'investissement dans les PME et les ETI. Mais pour le monsieur qui veut investir dans Dassault, on a un autre dispositif qui est le fonds d'investissement dans l'avenir de la France qu'on avait appelé fonds souverains mais c'était en réalité une formulation, un terme qui n'était sûrement pas adapté. Le fonds d'investissement, c'est un moyen pour les Français de devenir actionnaires de la Maison de France.
C'est-à-dire qu'ils vont investir dans ce fonds qui lui-même va investir dans des entreprises qui marchent très bien et qui vont livrer des intérêts parce que nous pensons que les Français doivent pouvoir toucher les intérêts et que c'est mieux que ce soit eux qui les touchent plutôt que les marchés financiers.
Allez, on passe au standard d'Inter où nous attend Hervé. Hervé, bonjour. Bonjour.
Oui, je suis très en colère contre Mme Le Pen parce que je suis un électeur de Mme Le Pen, d'accord ? Et Mme Le Pen, je vous ai senti extrêmement mal à l'aise au début de l'interview car vous allez censurer un gouvernement qui a réussi. Alors, les socialistes ont fait très fort, je suis désolé de vous le dire. Ils ont fait un coup politique. Ils ont réussi, Madame, ce que vous n'avez pas réussi à faire, suspendre la réforme des retraites. Je me souviens toujours de votre affiche rouge, en rouge sur fond blanc, non à la réforme des retraites. Elle est, pour l'instant, elle est suspendue jusqu'en 2027. Alors, je vais vous donner un conseil, Madame.
Occupez-vous d'autres choses, occupez-vous, puisque votre boussole, c'est les Français, vous l'avez dit, vos députés l'ont dit, vous l'avez répété à l'envie, je vous propose un autre combat, l'union des droites. Je vous signale que si votre boussole est bien au point, nous sommes 82% à la vouloir. Voilà. Merci.
Vous embrasserez Éric de ma part.
Pardon ?
Vous embrasserez Éric de ma part.
Quel Éric ? Ah, pas du tout, madame. Pas Éric Chiotti, parce que, pour le coup, l'alliance nous l'aurait faite, mais Éric Zemmour, peut-être. Pas du tout. Pas du tout.
Et dernière chose, vous rigolez, vous rigolez, ok, très bien. Allez-y, Herbie,
finissez qu'on avance. Allez-y.
Alors, je demande un droit de réponse. À quoi ? À ce que va dire madame Le Pen. À ce qu'elle a dit. Elle se fout gentiment de ma gueule. Ça, je l'ai bien compris, parce qu'elle n'a pas beaucoup d'autres arguments. Occupez-vous de l'union des droits, madame. Ok, le message est passé.
Il y a les vrais fausses suspensions et puis il y a les vrais fausses électeurs du Rassemblement National. Bref. Je ne comprends pas le reproche qui est fait. Parce que, encore une fois, ce que propose le Rassemblement National, c'est d'arriver au pouvoir de gagner un an d'avance, en quelque sorte, sur l'alternance et que la réforme des retraites que nous proposons est évidemment beaucoup plus intelligente et beaucoup plus positive pour les Français que cette suspension dont je ne suis pas du tout sûr.
Monsieur, je le répète, mais peut-être pouvez-vous me laisser votre numéro de téléphone et je vous rappellerai le moment où cette suspension aura sauté, qu'elle soit mise en application compte tenu de toute une série de manœuvres parlementaires que j'ai d'ores et déjà dénoncées. Voilà. Et sur la question de l'union des droites... D'autant que, encore une fois, je vous rappelle, monsieur, que 20 milliards d'impôts supplémentaires vont tomber sur les Français. 20 milliards d'impôts supplémentaires. Eh bien, de la même manière que nous avons censuré M. Barnier pour cette raison, que nous avons refusé de voter la confiance à M.
Bayrou sur cette question, nous refusons d'admettre que l'on puisse à nouveau faire peser 20 milliards d'impôts supplémentaires sur les Français. Il vous parle aussi de l'union des droites. Il vous dit, concentrez-vous sur ce que souhaitent vos sympathisants ? Alors, il disait 82... Moi, j'ai 88% à un sondage IFOP, 88% de vos sympathisants qui souhaitent l'union des droites. Là encore, pour essayer de pointer quelques peut-être contradictions, vous êtes historiquement opposé à l'union des droites. Vous avez Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, qui a dit, moi, je tends la main aux Républicains pour une alliance de gouvernement.
C'est quoi la position du Rassemblement National ? La ligne ? Ce que vous dites est caricatural. Je ne suis pas historiquement opposé à l'union des droites. Je n'y crois pas. Je suis pour l'union nationale. Je suis la dernière gaullienne, peut-être, de la vie politique française. Vous vous souvenez que le général de Gaulle, déjà à l'époque, disait que la droite et la gauche étaient des étiquettes qui étaient largement dépassées. Je pense la même chose que lui. Je pense que c'est l'intérêt national qui compte. Je pense qu'on ne regarde pas d'où viennent les patriotes. Ils peuvent venir de droite, ils peuvent venir de gauche.
Et encore une fois, je vous rappelle que j'ai dans mon cabinet deux anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon et que je suis moi-même députée d'une circonscription qui a été durant 80 ans socialo-communiste. Voilà ce que je viens de dire. 88% de vos sympathisants souhaitent cette union. Et encore une fois, Jordan Bardella dit qu'on propose une alliance de gouvernement aux Républicains. Si vous dites que vous n'y croyez pas, comment est-ce que Jordan Bardella peut dire « moi je tends la main pour une alliance aux Républicains » ? C'est une alliance de gouvernement.
C'est-à-dire que l'idée, c'est que si nous obtenons une majorité qui soit une majorité qui ne soit pas absolue mais qui soit relative mais à un niveau très haut, eh bien nous nous tournerons vers les députés de l'hémicycle élus pour savoir qui accepte de participer à une coalition gouvernementale. J'ai pas entendu dire Jordan Bardella dire « je tends la main aux partis socialistes ou à la France insoumise pour gouverner ». Non mais parce que il n'a pas le goût de l'effort inutile. Il a raison par ailleurs. Mais il peut y avoir très bien au centre par exemple des gens qui accepteraient de faire une coalition gouvernementale avec le Rassemblement National.
Moi, je ne veux pas m'enfermer encore une fois dans ce concept de droite ou dans ce concept de gauche parce que ces mouvements de droite et de gauche sont en train de s'effondrer sur eux-mêmes. Bruno Retailleau dans l'élection partielle dit « pas une voix à la gauche quand il y a un candidat de l'UDR, le parti d'Éric Ciotti soutenu par le Rassemblement National ». Quand François-Xavier Bellamy vote avec Jordan Bardella à Bruxelles contre la présidente de la Commission Européenne, vous n'y voyez pas les fermants d'une future alliance ?
Non, je pense qu'il y a des patriotes à droite et des patriotes à gauche et c'est eux, moi, que j'appelle pour venir reconstruire le pays et pouvoir construire cette unité nationale, cette union nationale qui est notre ligne de conduite. Donc, vous ne vous sentez pas plus proche de Bruno Retailleau de l'Union nationale ? Donc, dans l'union nationale, qu'il y ait des gens qui soient de droite ou qu'il y ait des gens qui soient de gauche, c'est le principe même de l'union nationale. Sur certains sujets, nous avons effectivement des points communs avec un certain nombre de LR. Parce que, pardon, mais pas tous. La droite, les droites, on pourrait dire. Parce que, quelle droite ?
La droite qui soutient Mme von der Leyen, la droite qui nous a enferré dans l'Union Européenne, la droite qui voit aujourd'hui le record du nombre d'étrangers en France exploser. Laquelle de droite ? Donc, moi, je ne veux pas regarder, je ne sonde pas les cœurs et les reins. Je dis, voilà, si vous êtes patriote et si vous êtes pour l'Union nationale et pour l'intérêt supérieur du pays, alors, venez nous rejoindre pour nous aider à sauver, honnêtement, une nation qui, aujourd'hui, est dans une fragilité terrible.
question européenne. Joël, bonjour. Bonjour. On vous écoute.
Je voulais poser la question suivante à Mme Le Pen. Bonjour, Madame. Bonjour, Monsieur. J'aimerais savoir quel pays européen est actuellement votre modèle.
Je n'ai pas de modèle, Monsieur. Merci, Joël. Mon seul modèle, c'est la France. Je n'ai pas de modèle. La France est un pays extraordinaire parce qu'il est un pays unique par son histoire, unique par ses capacités, unique par son génie, unique aussi parce qu'il est le seul pays de l'Union Européenne à détenir l'arme nucléaire et que ça lui donne une indépendance vis-à-vis des grandes puissances de ce monde que peut-être, non pas obligatoirement, d'autres pays de l'Union Européenne. Donc, je n'ai pas de modèle. Il n'y a rien de prouvé
du côté de l'Italie et de Mélanie. Il n'y a pas quelque chose, un modèle que vous regardez.
Écoutez, objectivement, la seule chose qui est appréciable, enfin, la seule chose, non, il y a plein de choses appréciables, mais la chose que je jalouse, c'est peut-être l'énormité du plan de relance qui a touché l'Italie et que nous allons payer, nous, la France. Non, mais la réussite, les chiffres économiques de Georgia Mélanie. Oui, oui, non, mais je ne minimise pas le travail de Georgia Mélanie. Mais enfin, avec 240 milliards de plans de soutien de la part de l'Union Européenne, c'est quand même, vous l'admettrez, plus simple de mettre en œuvre un certain nombre d'orientations. Voilà, je dis juste la vérité, vous savez, moi, et encore une fois, je n'ai pas de modèle.
Je pense que le modèle français, justement, est celui qui devrait faire florès, comme ça a été le cas dans son histoire, d'ailleurs. Une question, rapidement, Marine Le Pen, sur la fiscalité, sur la taxe Zuckman. Là encore, il y a eu beaucoup de, peut-être, de zigzags de votre côté dans la discussion budgétaire. Quand cette taxe Zuckman sera soumise au vote, qu'est-ce que vous voterez ? Que feront les députés du Rassemblement National ? Ils la voteront ou pas ? Contre, mais quand est-ce qu'elle sera soumise au vote ? L'Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, a dit qu'il déposera l'amendement au cours de cette discussion budgétaire. D'accord. Non, mais contre, évidemment contre.
Nous sommes contre la taxe Zuckman pour une raison très simple, c'est qu'elle taxe les biens professionnels. Et précisément, notre impôt sur la fortune financière, non seulement elle ne taxe pas les biens professionnels, mais surtout, elle préserve la résidence principale ou la résidence unique.
Donc, vous voterez contre la taxe Zuckman.
Et donc, nous voterons contre la taxe Zuckman.
Question de Gisèle sur l'application de Radio France. Qu'est-ce qui motive votre décision de censurer le gouvernement ? Est-ce que vous pensez vraiment qu'une dissolution ou la démission du président serait bénéfique aux Français ?
Oui. Oui, je le pense. Je pense que, encore une fois, quand on est dans une crise et un blocage, les seuls qui peuvent résoudre cette crise ou ce blocage, ce sont les Français. Voilà. Je suis dans la droite ligne, encore une fois, des institutions de la Ve République. Et ce à quoi nous avons assisté, d'ailleurs, pour échapper à l'élection, c'est-à-dire, ces manœuvres, ces magouilles d'appareils, de cette crise de régime des partis, comme le disait le général de Gaulle, en est d'ailleurs la démonstration.
Donc, moi, je suis profondément attaché à la démocratie et quand je vois des partis qui, encore une fois, sont prêts à se renier, à se couper un membre pour éviter de retourner devant les électeurs, je m'inquiète du niveau de respect qu'ils ont, encore une fois, de nos institutions, de notre République et du peuple français. Marine Le Pen, un dernier mot sur votre situation, notamment devant la justice. Vous avez été condamné à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. Vous avez fait appel. Vous avez dit que s'il y avait demain des élections législatives anticipées, vous feriez tout pour être candidate.
les premiers éléments devant la justice administrative ne vous sont pas forcément favorables, notamment un avis du Conseil d'État en attente de celle du Conseil constitutionnel. Est-ce que vous espérez vraiment, si demain, il y a une dissolution, pouvoir être candidate ? Est-ce qu'au fond, il y aura presque une tentative peut-être de coup de force de dire je suis candidate et puis on voit si les autorités m'en empêchent ?
Non, je comprends que ce soit un peu compliqué mais la réalité c'est que non, au contraire, dans ce qui a été dit, ce qui a été dit me rend plutôt optimiste pour pouvoir être candidate aux législatives car il y a une différence importante entre le mandat local et le mandat de député. Et pour le mandat de député, l'exécution provisoire ne semble pas, je le crois, pouvoir s'appliquer. C'est d'ailleurs ce qu'a dit le rapporteur précisément dans l'affaire qui concernait mon mandat local.
Donc j'ai toutes les raisons encore une fois de faire ce recours et d'espérer pouvoir être candidate aux élections législatives et évidemment a fortiori aux élections présidentielles si tant est qu'il y ait des élections présidentielles anticipées.
Marine Le Pen, merci, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale. Merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. 8h48.
Marine Le Pen