Examens nationaux, internats, salaires des profs... François-Xavier Bellamy décrit sur RTL le projet Retailleau pour faire sortir l'école d'une "sorte de laxisme"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteÉludée
C'est 3000 professeurs remplaçants déployés. Vous dites bravo ou c'est pas trop tôt ?
- 1:44RelanceRéponse directe
C'est une bonne chose ou pas ? Vous arrivez à le dire ?
- 2:03OuverteRéponse partielle
Rendre l'autorité ? Vous n'allez pas autoriser de nouvelles sanctions ?
- 2:22RelanceRéponse partielle
Comment vous rétablissez cette autorité très concrètement ?
- 3:26RelanceRéponse partielle
Je n'ai pas bien compris comment vous restaurez l'autorité des professeurs que vous estimez laminée aujourd'hui.
- 4:17OuverteRéponse partielle
Des sanctions plus fortes contre les élèves insolents ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueChiffre
« À 15 ans, 33% des élèves français, un tiers de nos élèves à 15 ans, ne savent pas lire un texte de 100 mots. »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« Nos élèves sont les derniers d'Europe en mathématiques. »
- 2:58Invité politiqueFait
« On a l'école la plus inégalitaire de tout l'OCDE désormais. »
- 3:12PrésentateurPromesse
« Bruno Retailleau promet une augmentation de 20% du salaire des professeurs sur 5 ans. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Quand vous avez un maire LFI qui commence ses manifestations en disant que la violence est légitime, ça consiste en réalité à allumer l'incendie. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy71 %
- Présentateur24 %
- ?4 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'invité d'RTL Matin à 7h45, le ministre de l'éducation nationale, Edouard Jeffray, a donc annoncé hier soir que 3000 professeurs remplaçants seraient déployés d'ici mardi dans les établissements dans lesquels les situations sont les plus problématiques. Réponse à la colère lycéenne qui embrasse le pays depuis plusieurs jours. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Vous êtes vice-président du parti Les Républicains, député européen, et vous avez été professeur en lycée, notamment pendant plus d'une dizaine d'années. C'est 3000 professeurs remplaçants déployés. Vous dites bravo ou c'est pas trop tôt
? C
'est surtout un effet d'annonce. La vérité, c'est que le problème est bien plus profond que cela. Et il va falloir aujourd'hui se poser enfin la question. Les jeunes Français sont inquiets. Cette inquiétude, elle a été récupérée, instrumentalisée dans des mobilisations qui ont été d'une violence désastreuse et on ne peut que condamner la violence. Mais il faut maintenant qu'on se pose la question. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait de
notre école ?
On remet des profs.
Mais ça ne suffit pas de parler seulement de moyens. La vraie question, c'est quel est le but ? Qu'est-ce qu'on veut faire de notre école pour qu'elle soit enfin à même de préparer l'avenir de la jeunesse en France ? Parce que ce qu'on vit aujourd'hui, c'est le symptôme de ce qu'on a entendu il y a quelques semaines seulement. Peut-être que beaucoup l'ont oublié, mais cette enquête PISA qui a été l'occasion de révéler brutalement la faillite de notre système éducatif. Aujourd'hui, à 15 ans, 33% des élèves français, un tiers de nos élèves à 15 ans, ne savent pas lire un texte de 100 mots. Nos élèves sont les derniers d'Europe en mathématiques. Donc,
toutes ces questions-là... C'est deux fois plus
qu'en 2000, pour rappeler les chiffres et ce déclassement dont vous parlez avec l'enquête PISA. Mais la réponse, c'est justement de pouvoir au moins assurer les cours promis. C'est une bonne chose ou pas ? Vous arrivez à le dire ?
Assurer les cours, c'est le premier devoir de l'éducation nationale. Mais encore une fois, il ne s'agit pas seulement de mettre un professeur devant des élèves. Il faut rendre aux professeurs leur métier. Leur rendre d'abord l'autorité nécessaire pour exercer. Et ensuite, reconstruire le sens de la transmission,
de l'instruction. Ça veut dire quoi ? Leur
rendre l'autorité ? Vous n'allez pas autoriser de nouvelles sanctions ? Comment vous faites ça ? Ça
veut
dire que quand on voit ces derniers jours des professeurs qui ont été agressés, qui ont été violentés, qui ont été menacés, on voit la conséquence de cet effondrement de
notre école. D'accord,
la conséquence...
Et donc, la nécessité absolue aujourd'hui. Comment vous
rétablissez cette autorité très concrètement ? Vous, demain au pouvoir, peut-être ministre de l'éducation nationale,
vous faites
quoi
?
Moi,
je crois qu'il y a
trois impératifs absolus qu'il faut mener en même temps. Le premier, c'est redonner à l'école sa mission de transmettre, d'instruire, tout reconcentrer sur les savoirs fondamentaux. La deuxième chose, reconstruire des examens nationaux qui soient exigeants, qui permettent de retrouver le sens du mérite de
l'effort. C'est la proposition de Bruno
Retailleau, un examen d'entrée pour le collège notamment.
Bien sûr, parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on vit ? Et vous voyez pourquoi il y a tant de critiques légitimes contre Parcoursup. C'est qu'aujourd'hui, faute d'avoir choisi de valoriser le mérite et l'effort, on en est venu à une sélection par l'arbitraire. Et on a l'école la plus inégalitaire de tout l'OCDE désormais. Et la troisième chose,
c
'est, je parlais des professeurs, c'est le sujet fondamental, investir dans la formation des professeurs, l'attractivité du métier, rendre aux professeurs
la fierté de leur métier. Et Bruno Retailleau
promet une augmentation de 20% du salaire des professeurs sur 5 ans.
Et c'est
fondamental parce qu'on vit un déclassement du métier d'enseignant qui contribue à cette crise de l'autorité.
François-Xavier Bellamy, j'ai bien compris les intentions, les grands principes, notamment défendus par Bruno Retailleau dans sa course à la présidentielle. Je n
'ai
pas bien compris comment vous restaurez l'autorité des professeurs que vous estimez laminée aujourd'hui.
Mais ça passe aussi par là. Vous savez, moi, je fais partie d'une génération de professeurs à qui on a expliqué qu'il ne fallait surtout pas transmettre des connaissances. Je fais partie d'une génération de professeurs
qui
a été très
largement sous-payée par rapport à la moyenne de l
'OCDE.
Un jeune qui veut être professeur, on lui explique qu'il ne
faut
pas transmettre de connaissances aux élèves.
On lui explique que
les élèves doivent construire leur propre savoir, leur propre représentation du monde. que ce qui compte, c'est finalement que les élèves soient capables de trouver par eux-mêmes la connaissance dont ils ont besoin. On vit aussi avec cette idée, vous le voyez comme moi, que le digital, le numérique va remplacer l'accès au savoir. Je me souviens de cette époque où, avant le Covid, on nous disait que finalement, on pouvait laisser les élèves devant des écrans à prendre par eux-mêmes. On se rend bien compte que le professeur est indispensable et il faut redonner aux professeurs leur métier pour qu'ils retrouvent leur légitimité devant
leurs élèves. Des sanctions
plus fortes contre les élèves qui sont, je ne sais pas, insolents ?
Vous
remettez des heures d'école davantage ? Très concrètement, c'est quoi les mesures
? Ça
veut dire fondamentalement qu'il faut effectivement sortir d'une forme de laxisme. Ça veut dire qu'il faut que les élèves qui posent le plus de difficultés et qui parfois, à quelques-uns, suffisent à pourrir la vie de tout un établissement, que ces élèves soient placés dans des internats où ils pourront être d'abord remis dans le droit chemin, mais aussi laisser tous les autres élèves apprendre et continuer de se former.
Les
établissements régionaux spécifiques que vous voulez
mettre en place ? C'est ce que Bruno
Retailleau propose pour pouvoir, encore une fois, sortir de cette situation. Aujourd'hui, un élève qui même parfois est violent ou qui commet des violences contre les professeurs, contre les élèves, il va être simplement changé d'établissement. Ce n
'est
pas comme ça qu'on va s'en sortir. Ce n
'est
pas avec le pas de vague qui a pendant si longtemps prévalu dans l'éducation nationale. Et surtout, il faut rendre à ses élèves, y compris ceux qui sont en train de dérailler, il faut leur rendre la possibilité de remettre leur vie sur le bon chemin.
Ça,
c'est des réponses à long terme, François-Xavier Bellamy. Si demain, vous êtes au pouvoir, face aux mobilisations, par exemple, mardi prochain, Bruno Retailleau à l'Elysée, vous au gouvernement, vous faites quoi
?
Je crois qu'il faut
parler
aux jeunes, mais leur parler un langage de vérité. Ça veut dire leur dire peut-être ce qu'ils n'ont pas forcément envie d'entendre aujourd'hui. La vraie question, ce n
'est
pas d'alléger les emplois du temps, ce
n
'est pas de donner trois coups de pinceau dans des établissements scolaires pour ensuite recommencer comme avant. On ne va pas s'en sortir comme
ça. Ce dont les
élèves ont besoin, c'est justement d'apprendre. Ils n'ont pas besoin, comme le veut la France Insoumise, de lycées bloquées ou de lycées brûlées. Ils ont besoin, au contraire, qu'on rouvre leur lycée, qu'on retourne
en cours. Vous leur diriez,
oui, c'est dur, oui, il faut travailler beaucoup, mais c'est comme ça la vie.
Et c'est la condition pour pouvoir conquérir leur propre liberté. Il faut reconstruire la promesse de l'école. La promesse de l'école, c'est que si tu travailles, si tu t'en donnes les moyens, si tu viens apprendre tout ce qui t'est proposé, demain, tu peux inventer ta propre vie, ta propre réussite et ton propre chemin. Et c'est ça qui est blessé aujourd'hui. Je le redis, on a l'école la plus inégalitaire de tout l'OCDE. Et ça n'excuse en rien ni les violences actuelles, ni l'instrumentalisation scandaleuse de LFI qui se moquent éperdument de l'avenir de ces jeunes.
Parce que quand on remplace dans leur cartable un livre par un cocktail Molotov, c'est qu'on n'a vraiment rien à faire de cette jeunesse. Je ne
suis
pas
sûre que LFI
distribue des cocktails Molotov
?
Ah ben, si, si, moi je suis sûr de cela. Parce que quand vous avez un maire LFI qui commence ses manifestations en disant que la violence est légitime, ça consiste en réalité à allumer l'incendie. Quand vous avez des élus LFI qui se mettent en première ligne pour entraîner ces jeunes à charger les policiers, ça veut dire alimenter la violence. Et ça, pour le coup, c'est une instrumentalisation écœurante. Écœurante d'une jeunesse qui n'a pas besoin de violence, qui a besoin, au contraire, d'exigence, qui a besoin de retrouver le sens de l'effort, le sens du mérite, le sens de la transmission, de l'apprentissage, qui fera la possibilité pour elle de retrouver un espoir.
Vous, au pouvoir, vous couperiez les réseaux sociaux pour éviter ces rassemblements
?
Je crois qu'on devrait commencer par retirer les réseaux sociaux aux enfants. C'est évidemment indispensable, d'une manière très générale, indépendamment de ces mobilisations. Et l'école en particulier doit être, je le dis depuis des années, mais vous verrez qu'on y viendra, l'école doit être un lieu où on a la chance de pouvoir grandir sans écran. C'est la condition pour retrouver la maîtrise de
notre
attention. C'est vrai aussi pour nous comme adultes.
Merci beaucoup François-Xavier Bellamy. Restez avec nous dans un instant.
François-Xavier Bellamy