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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 9 septembre 2024 26 min

Budget de la France, Jeux olympiques.. Le 8h30 franceinfo d'Éric Coquerel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Éric Coquerel

Bonjour Éric Coquerel.

0:05
Présentateur

Bonjour.

0:06
Éric Coquerel

C'est vous qui, au nom de l'Assemblée nationale, contrôlez le budget de l'État. La France dispose d'un nouveau Premier ministre, certes, mais pas encore d'un budget. Si le gouvernement est censuré et qu'on n'a pas de budget du tout, on peut se retrouver en situation de shutdown. C'est ce que craint le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. Est-ce que vous aussi, vous envisagez ce scénario ? Est-ce que c'est possible ?

0:28
Présentateur

Écoutez, il y a quand même pas mal de mesures dans la Constitution qui permettent de l'éviter. Alors, je ne dis pas qu'il faut y recourir parce que ça passe par éventuellement des ordonnances. Enfin, je ne vais pas rentrer en détail. Mais bon, il y a des... qui serait une situation de crise. Maintenant, à rebours, on ne peut pas nous dire que si, par exemple, le gouvernement veut passer par 49-3 parce qu'il n'a pas de majorité, il faudrait ne pas déposer de motion de censure pour s'assurer que la France est un budget. Parce que si la France a un budget qui fait mal au pays, je ne vois pas en quoi les Français gagneraient.

0:59
Invité

On rappelle d'ailleurs le shutdown, c'est un terme qui nous vient des États-Unis, c'est-à-dire qu'on ne peut plus lever l'impôt, qu'on ne peut plus dépenser d'argent. Donc ça, si vous voulez, ce n'est pas vrai.

1:06
Présentateur

Voilà, il y a des mesures qui ont déjà été utilisées deux fois dans la Ve République, 62, puis de mémoire, 91, peut-être que je me trompe sur la deuxième, qu'importe, qui le permettent. Mais moi, je ne souhaite pas qu'on en arrive là. Je souhaite qu'on arrive à soit transformer totalement ce budget, c'est possible, ma commission, à mon avis, vous verrez qu'elle ressortira transformée et à mon avis, dans le sens de ce que nous, nous proposons au niveau du Nouveau Front Populaire. Puis on verra bien ce que fait le gouvernement.

1:32
Éric Coquerel

Oui, on va entrer dans les détails.

1:33
Présentateur

S'il veut passer en force, comme la dernière fois, c'est-à-dire avec le 49-3, il sera battu, il y aura motion de censure et puis on verra bien ce qui se passera.

1:40
Éric Coquerel

D'abord sur le calendrier, est-ce qu'on est en retard ? Est-ce que c'est rattrapable ? Est-ce qu'un budget peut voir le jour, déjà ?

1:45
Présentateur

Oui, oui, bien sûr. Tout simplement parce que déjà, cet été, en réalité, Bercy a travaillé. C'est des ministres démissionnaires qui ont beaucoup travaillé. Et ils ont préparé un budget qui, en gros, poursuit la même politique de l'offre, de la compétitivité, de l'austérité que M. Macron voulait. Donc, il y a un budget disponible. Manifestement, ça sera un des sujets de la commission que j'ai ce soir avec les ministres Le Maire et Cazenab. Ils veulent l'aggraver dans le sens de l'austérité. On y reviendra peut-être.

2:09
Éric Coquerel

Parce que vous les recevez tous les deux à 17h30 à la commission des finances de l'Assemblée nationale. Alors qu'ils sont démissionnaires, vous allez les interroger sur quoi ?

2:20
Présentateur

Parce qu'en fait, moi, j'avais prévu, cette semaine, j'avais prévu d'auditionner les nouveaux ministres. D'accord ? Parce que je pensais quand même que 52 jours de gouvernement démissionnaire, je n'imaginais pas que ça serait aussi long. D'accord ? Donc, ce n'est pas le cas. Il n'y a pas les nouveaux ministres. Mais par contre, il y a un sujet qui est quand même intéressant. Si vous ferez vous, il y a le budget 2025, mais il y a le budget 2024.

Et le budget 2024, pour vous dire un peu l'état d'esprit aujourd'hui de Bruno Le Maire, il estime qu'il faudrait, en plus des 10 milliards qui ont été annulés au début de l'année de dépenses publiques, annuler complètement le gel qui a été prévu de soi de 16 milliards, ça ferait 26 milliards. Donc, on rentre quelque part dans le vif du sujet. Alors même que le déficit s'accroît de manière plus considérable que ce qui était prévu, une fois de plus, et que tout montre que c'est parce qu'il y a des recettes en moins, eh bien, c'est toujours par les dépenses publiques qu'on entend régler le problème. Donc, l'austérité crée de l'austérité. Les dépenses publiques créent du défi.

Baisser les dépenses publiques paradoxalement créent du déficit. Si vous me donnez deux minutes, je vous expliquerai pourquoi tout à l'heure. Et donc, eux veulent continuer la même politique dès 2024. Donc, c'est la raison pour laquelle on les auditionne aujourd'hui sur leur budget 2024. On pose quand même les chiffres.

3:29
Invité

Il faut trouver, selon les chiffres de Bercy, 25 à 30 milliards, soit sous la forme d'économie, soit sous la forme de prélèvements. Pour l'ordre de grandeur, le budget d'un ministère et du ministère de l'Intérieur, par exemple, c'est 34 milliards. Donc là, on parle de 30 milliards à trouver. Comment on s'en sort ? Quelles pistes sont prioritaires prioritaires, selon vous ?

3:46
Présentateur

Eh bien, surtout pas celles qu'entend mettre en application. Mais les vôtres. Les nôtres, c'est très simple. C'est que le déficit de l'État augmente du fait qu'il y ait moins de recettes. En gros, vous avez ce qu'a organisé M. Macron, notamment avec des cadeaux fiscaux plus riches, et notamment les plus riches détenteurs des capitaux. Soi-disant, pour attirer les capitaux en France, ça coûte environ au pays 70 milliards d'euros par an.

4:10
Éric Coquerel

Ce n'est pas soi-disant parce que ça marche. On le voit sur le papier que la France n'a jamais été aussi attractive.

4:14
Présentateur

Mais non, ça ne marche pas en termes d'emploi. Ça ne marche pas en termes de croissance. Ça ne marche pas en termes d'activité. Ça ne marche même pas en termes de réduction des déficits. Il n'y a plus d'investissements

4:21
Éric Coquerel

qu'avant, par les entreprises étrangères.

4:24
Présentateur

Alors, si vous regardez, oui, c'est un peu compliqué. Les investissements, si on regarde les calculs du nombre d'investissements, oui. Si après, on regarde le nombre d'emplois créés, non. Mais globalement, il n'y a pas une seule étude, y compris par France Stratégie, qui est directement sous l'égide de Matignon, qui montre que cette politique dite de l'offre et de la compétitivité, où vous attirez les capitaux. Vous savez, c'est la fameuse phrase du chancelier allemand Helmut Schmitt dans les années 80. Je ne voudrais pas vous en souvenir. Mais les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les entreprises d'après-demain.

Eh bien, il n'y a pas une seule étude qui montre que ça fonctionne. Pas une. Donc, cette politique coûte très cher au pays, 70 milliards. Si on additionnait ces 70 milliards sur plusieurs années, on serait en dessous et qu'on évitait d'avoir grévé le budget de l'État ainsi, qu'on serait en dessous de 3% de déficit. L'argument qui vous était opposé ces dernières années... Il faut bien comprendre. Je termine là-dessus. Il faut bien comprendre une chose. Et même les économistes libéraux sont d'accord, comme François Eccal qui a été auditionné il y a peu de temps en commission de défense. Le déficit du pays n'est pas dû à une augmentation de dépenses publiques.

La preuve par rapport au PIB l'an dernier, ça a baissé de 1,5. Mais il est dû aux baises de recettes. L'an dernier, ça a baissé de 2%.

5:33
Invité

Voilà le problème auquel nous avons affaire. L'argument qui vous est opposé depuis quelques années par les macronistes, c'est que la France est le pays en Europe où le taux d'imposition ou le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé.

5:50
Présentateur

Oui, et alors ?

5:51
Invité

On a le droit d'avoir un modèle différent. Non, bien sûr. On peut encore augmenter sans rêver la compétitivité du pays.

5:56
Présentateur

Mais la France est aussi le pays champion d'Europe, par exemple, en dividendes versés. Aujourd'hui, c'est le pays sur 150 milliards à peu près de bénéfices du CAC 40, vous avez la moitié versé en dividendes. Chaque année, on bat ses records. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que sur le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital, non seulement il y a de plus en plus de richesses qui partent vers le capital, mais en plus, ça part vers le capital non investi, celui du dividende. Ça, c'est le premier constat. Et la France est aussi championne d'Europe en termes d'aide aux entreprises non conditionnées. On atteint 211 milliards d'euros tout cumulé par an.

Donc ça, il faut aussi le regarder et c'est aussi là-dessus qu'on a, à mon avis, des pistes d'économie à faire.

6:35
Éric Coquerel

Quand le Premier ministre parle ce week-end de plus de justice fiscale, vous lui dites quoi ? Il faut agir sur les exonérations des entreprises, par exemple.

6:42
Présentateur

Il faut agir sur trois pistes pour faire rentrer des recettes. La première, c'est faire en sorte de mieux payer les revenus du travail, d'accord ? C'est-à-dire d'augmenter les salaires. C'est pour ça que nous, on proposait le SMIC à 1 600 euros net et puis... Non, mais sur les impôts. Oui, mais il faut répondre au point d'indice. Si vous augmentez les salaires, vous avez plus de cotisations, vous avez plus de rentrées fiscales, premièrement.

Deuxième piste, c'est effectivement une plus grande justice fiscale, c'est-à-dire revenir notamment sur tous les cadeaux qui ont été faits au capital, la suppression de l'ISF, l'installation de ce bouclier social du capital qui est la flat tax, etc., il faut revenir dessus. Ça peut vite rapporter des dizaines de milliards d'euros. Et puis, la troisième piste, c'est arrêter avec des dépenses fiscales inutiles. C'est aussi des dépenses. Donc, par exemple, sur votre premier point. Donc, par exemple, certains cadeaux aux entreprises, je ne dis pas qu'il faut arrêter les aides aux entreprises. Mais il y a des aides aux entreprises qui partent en dividendes. Ce n'est pas normal.

7:34
Éric Coquerel

Vous misez toujours sur 50 milliards de hausse d'impôts, vous ?

7:37
Présentateur

On n'a pas... C'est pas... Ah si, c'est ce que vous disiez au NFA pendant la campagne. Non, mais je vais vous répondre. J'ai participé au chiffrage, donc je sais à peu près. On a... Nous, ce que nous avons dit, c'est que toute dépense sera compensée par une recette. Et donc, on atteint au bout de trois ans, on avait imaginé 150 milliards de dépenses en plus pour la transition écologique si nécessaire, la santé, l'éducation, etc. Et les recettes, c'est à la fois une augmentation des impôts des plus riches. On estimait qu'il y avait surtout les 10% des Français qui allaient toucher les autres. Non.

Mais c'est aussi, je vous le dis, de récupérer à un moment donné certaines dépenses fiscales inutiles. Par exemple, je vous en donne un, le crédit impôt recherche. Tout le monde sait aujourd'hui, il y a même une étude qui vient d'être faite, y compris de l'IGF, que ça marche mal, que ça favorise les très grandes entreprises, y compris celles qui licencient des postes de chercheurs comme Sanofi. Voilà. Là, il y a des gisements de plusieurs milliards d'euros qui, cumulés, pourraient rapporter

8:32
Invité

comme ça 50 milliards par an. Éric Coquerel, puisqu'on parle des dépenses, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie, Thomas Fatome, dit ce matin dans les échos que les dépenses pour les arrêts maladie explosent, plus 8% sur le premier semestre. Il en appelle à un nouveau régime d'indemnisation. Est-ce qu'il a raison ?

8:48
Présentateur

Non, il n'a pas raison parce que quand ça devient structurel, il faudrait peut-être se demander pourquoi le travail rend plus malade. Voilà. C'est ça la vraie question. Moi, je ne crois pas du tout à l'idée que les gens se déclareraient de manière plus, de manière inutile, malade, ou que des médecins seraient la caution.

9:05
Invité

qui, par exemple, il y a 7000 médecins en France

9:07
Présentateur

dont ils vont se rapprocher pour... Moi, je m'inquiéterais plutôt sur le fait que pourquoi il n'y a plus de borne-notes, pourquoi il y a plus de maladies professionnelles, pourquoi les gens sont aussi épuisés au travail, pourquoi les conditions même de management à certains moments dans des très grosses entreprises, y compris dans le service qui sont le plus dur, je pense que ça résoudrait la question du... Donc, ce n'est pas

9:25
Éric Coquerel

le système d'indemnisation qu'il faut voir pour les arrêts de travail. Il reste que quand même, Éric Coquerel, la France, on l'a dit, il y a le niveau de dépense publique le plus important de la zone euro et pour moitié, il s'agit de la dépense sociale. Clairement, est-ce que notre système social, il n'est pas trop généreux ?

9:39
Présentateur

Alors, je vais vous dire un chose. L'an dernier, Bruno Le Maire était très heureux de pouvoir annoncer en 2023 que, contrairement à tout ce qui était annoncé, la France était à 1% de croissance. Et il mettait en exemple, il disait, regardez, l'Allemagne est en récession. Pourquoi, à votre avis, l'Allemagne est en récession ? Parce que l'Allemagne n'a pas encore le matelas social qui reste encore en France de protection sociale, etc., qui assure quand même que même dans les moments où ça va très très mal, par exemple, la consommation populaire continue à vivre. Autrement dit, ce prix d'un honnêtement qui a augmenté, bien sûr. Alors, je vais y venir.

Mais les dépenses publiques, la protection sociale, c'est aussi des recettes. Ça permet aussi aux gens de continuer à vivre, y compris quand vous avez reflu de l'activité. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui, le FCE explique que si jamais on baissait de 30 milliards l'an prochain les dépenses publiques, figurez-vous, la croissance diminuerait passerait de 1 à 0,5% dans le pays parce que c'est un effet récessif. Et quand... Oui, mais alors,

10:33
Éric Coquerel

pardon, mais je vous écoute, mais dans ces cas-là, on fait quoi ? Parce que si on vous écoute depuis tout à l'heure, c'est qu'on ne touche pas aux dépenses, surtout pas, sauf que, vous l'avez dit, l'Union européenne nous regarde, une procédure en déficit excessif a été ouverte et on doit rendre des comptes à l'Union européenne.

10:49
Présentateur

Alors déjà, on peut établir un rapport de force, mais je vais y venir. Mais nous, on ne fera pas pire. Excusez-moi, mais on n'est pas en train de parler de gens qui, chaque année, donnent présente des chiffres du déficit mirifique. Au contraire, ils se trompent chaque année. Chaque année, c'est pire que ce qu'ils annoncent. Donc ça veut dire que leur politique, elle ne marche pas. Pourquoi ? Je viens de l'expliquer. Parce que quand vous baissez les dépenses publiques de manière drastique, vous ne touchez que ça, d'accord ? Eh bien, alors que ce n'est pas ça qui provoque le déficit, vous augmentez les déficits à venir. C'est ça qu'il faut nous assurer. Paradoxalement,

11:20
Invité

en augmentant

11:22
Présentateur

certaines dépenses, on crée de la croissance et on peut régler le déficit. En augmentant certaines dépenses, vous avez raison. Par exemple, si moi, je mets beaucoup d'argent sur la transition écologique, on pense qu'il faut 37 milliards de plus de dépenses publiques à minimum. C'est Pisaniféri, qui était un des commises proches de Macron, qui le dit. Si l'État investit, vous faites marcher des entreprises. Si vous décidez d'isoler plus de bâtiments, vous faites marcher le BTP. Si vous relancez le logement dans ce pays, qui est aujourd'hui un marasme terrible, vous faites fonctionner aussi le BTP, etc. Mais on n'a pas les moyens là, au moment où on en parle.

Vous avez raison de dire que quand l'État investit, ça a un effet sur l'économie. Et deuxièmement, la question, encore une fois, je vous le dis tout à l'heure, ce n'est pas de ne toucher à rien, c'est de toucher tout ce qui coûte trop cher à l'État en termes de dépenses fiscales et puis d'impositions qui profitent aux plus riches. Mais de manière... Attendez, il faut bien comprendre une chose. Le Macronisme, qu'est-ce que c'est ? On est passé de 2017 à 2024. Les 500 fortunes les plus riches de ce pays, elles possédaient 20% du patrimoine. Aujourd'hui, elles en possèdent 45% du PIB. Voilà. C'est ça le Macronisme.

C'est-à-dire qu'on a avantagé, mais ça coûte des dizaines de milliards d'euros, les ultra fortunés. Ça, il faut revenir dessus parce qu'on n'a plus les moyens de les fortunes de ces 500 personnes.

12:34
Invité

Éric Coquerel, président de la Commission des finances, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis avec nous jusqu'à 9h. On laisse passer le fil d'info. On vous retrouve juste après les 8h45. Maureen Suignard.

12:44
Présentateur

Une sorte de grand oral. Bruno Le Maire et Thomas Cazenave sont auditionnés cet après-midi par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Les ministres des missionnaires de l'économie et des comptes publics doivent expliquer comment ils entendent boucler le budget 2024. Bruno Le Maire veut 16 milliards d'euros d'économie de plus. Je souhaite qu'on arrive à transformer totalement ce budget, affirme sur France Info Éric Coquerel. L'austérité crée de l'austérité dit encore le député insoumis et président de la Commission des finances. La nationale 134 qui permet de se rendre en Espagne ne rouvrira pas avant plusieurs mois prévient sur France Info le préfet des Pyrénées-Atlantiques.

De très fortes pluies ont frappé le département ce week-end et une partie de la route s'est effondrée. Le bilan s'alourdit en Syrie. 14 morts dans des frappes israéliennes dans le centre du pays selon un média d'Etat. C'est un centre de recherche scientifique qui a été visé. L'Etat hébreu frappe régulièrement le pays allié de l'Iran. Ça y est, cet été des Jeux est terminé. 19 médailles d'or pour la France et une huitième place au classement des médailles de ces Jeux paralympiques. Un peu plus de 12 millions de billets vendus pour les JO et les paras confondus. C'est un record. France Info

13:56
Invité

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Et toujours Eric Coquerel le président LFI de la commission des finances de l'Assemblée Michel Barnier le nouveau premier ministre a expliqué aux 20h de TF1 qu'il organisera bientôt un nouveau débat avec les parlementaires les partenaires sociaux également pour améliorer la réforme des retraites notamment pour les personnes les plus fragiles sans dégrader l'équilibre financier est-ce que ça vous rassure ?

14:21
Présentateur

Non pas du tout c'est une façon de dire qu'il ne va pas toucher à la réforme des retraites et au recul de l'âge de part à la retraite de 62 à 64 ans Améliorer ça veut dire qu'il va y toucher ? Oui c'est ça je pense que c'est la communication d'ailleurs je crois que les conditions même de sa nomination ou n'importe quelle nomination de premier ministre par Emmanuel Macron c'était le fait de ne pas toucher à sa réforme des retraites Vous voulez dire qu'il y avait un veto d'Emmanuel Macron sur ce sujet là ? Absolument

14:43
Éric Coquerel

Mais vous qui êtes le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale vous connaissez les chiffres et vous savez que c'est un enjeu cette réforme des retraites entre 16 et 20 milliards d'euros par an Vous êtes soucieux de l'équilibre financier du pays ?

14:55
Présentateur

Revenons sur les chiffres Si on parle d'abrogation J'aime bien être précis avec les chiffres Pour l'instant ça ne nous coûte rien Pour l'instant au moment où on se parle 2023-2024 les régimes étaient excédentaires En 2027 on pense que la réforme des retraites telle qu'elle a été faite va rapporter d'un côté à peu près un peu plus de 10 milliards et de l'autre côté coûter à peu près 4,5 milliards parce que pour la bonne raison vous comprendrez qu'il y a des gens qui ne peuvent plus partir à la retraite mais qui ne travaillent pas et bien c'est des prestations sociales qui prennent le relais Donc ça fait environ 5 milliards en 2027 et puis ça va augmenter et après d'après le COR après 2040 ça va rebaisser en lien avec la démographie Donc on a affaire effectivement à un moment donné à un déficit sur 15-20 ans bien en partir de 2027 et nous ce que nous disons c'est que ce déficit on peut le résorber notamment pour aller globalement par le partage de la richesse de façon à ce qu'on ne contraigne pas les gens à travailler plus longtemps ce qui est quand même l'inverse du progrès depuis des décennies des conquêtes sociales Comment on fait ?

On peut augmenter légèrement les cotisations très légèrement 0,28% à peu près On peut faire en sorte justement je le disais tout à l'heure de créer de l'emploi d'augmenter les salaires comme nous on n'est pas de ceux qui disent il faut prendre sur le salaire brut par rapport au salaire net comme le dise le RN je suis comme un chroniste ça fait plus de cotisations qui rentrent et puis ce que nous disons aussi par exemple on fait l'égalité de salaire homme-femme ça augmente aussi les cotisations et puis aussi on peut je termine là-dessus on peut prendre un peu on peut prendre aussi un peu même si c'est provisoire au capital de ce point de vue-là par exemple en faisant cotiser les dividendes il y a eu pas mal d'études qui ont été faites où on arrive de cette manière-là à équilibrer et à faire en sorte que ça ne soit pas toujours les mêmes qui payent la note

16:32
Invité

vous augmentez les cotisations vous augmentez le SMIC vous diminuez des exonérations vous faites augmenter de manière importante le coût du travail vous diront un certain nombre de patrons notamment de patrons de PME et donc vous risquez de faire mal à l'emploi

16:48
Présentateur

mais si vous avez compris tout ce que j'ai dit tout à l'heure en ce moment ce dont nous souffrons en pays c'est le coût du capital c'est ça qui aujourd'hui a pris beaucoup d'argent sur la richesse nationale dans la part de répartition de la richesse nationale là vous imposez le travail et le capital parce que le travail produit une part de capital et produit des revenus du travail d'accord les travailleurs produisent ça la plus-value c'est comme ça si le capital prend beaucoup chacun comprendra c'est un peu de marxisme mais bon ça fait pas de mal de temps en temps y compris le matin sur France Info et bien si le capital prend ça prend sur les revenus du travail nous nous sommes pour faire le chemin inverse

17:24
Éric Coquerel

devrait s'appliquer du coup à toutes les entreprises et là ça touche aussi les TPE, les PME c'est en ça que ça devient problématique puisque ça va conduire à des défaillances

17:32
Présentateur

et bien je vous réponds là-dessus il y a eu pas mal d'études qui ont montré d'abord c'est pas aussi important qu'on le dit parce que c'est pas tous les secteurs le secteur du commerce c'est vrai par exemple il y a certains secteurs et nous ce que nous disons c'est que pour les entreprises qui auront pendant ce temps-là un peu de mal pendant quelques années et qui ne bénéficieront pas tout de suite du fait que les gens ayant plus de salaire consommeront donc par exemple pour un commerçant un traiteur on a peut-être un peu plus tendance à aller chez un traiteur pour acheter parce qu'ils auront un peu plus d'argent pendant ce temps nous ce que nous assumons c'est que les aides aux entreprises justement seront orientées vers celles qui créent de l'emploi ou celles qui sont j'allais dire importantes pour l'économie et donc on prendra par exemple à des entreprises comme Total qui sont aidées ou des entreprises comme Sanofi qui sont aidées alors qu'ils font des dividendes à ne plus savoir qu'en faire et qu'en plus des fois ils suppriment des emplois pour aider les TPE, PME dont vous parlez à passer le choc

18:23
Éric Coquerel

le truc Eric Coquerel c'est qu'aujourd'hui vous n'êtes pas au pouvoir c'est Michel Barnier qui a été nommé Premier Ministre pour l'abrogation de la réforme des retraites le 31 octobre prochain une proposition de loi RN sera examinée pour le même but l'abrogation de la réforme des retraites est-ce que la France Insoumise est-ce que le nouveau Front Populaire va la voter ?

18:42
Présentateur

Alors on va essayer d'éviter de se retrouver dans la situation puis on va prendre le gouvernement au pied de la lettre parce que le moins qu'on puisse dire c'est que l'abrogation de la réforme des retraites est ultra majoritaire dans le pays ça c'est montré au législatif c'est-à-dire que au législatif les partis qu'ils proposent cumulés sur cette idée c'est majoritaire tous les sondages le montent tous les syndicats étaient comptes donc ce que nous allons dire nous disons c'est que nous demandons l'ouverture aujourd'hui d'une séance extraordinaire en septembre

19:06
Éric Coquerel

Comme Marine Le Pen veut la même chose

19:07
Présentateur

Non Madame Le Pen demande ce que nous demandons depuis juillet avec la nomination de la Russie Castel Arrêtez de dire Madame Le Pen qui reprend des fois la primordie des idées que nous portons

19:16
Éric Coquerel

Oui mais la proposition de loi elle existe bien et elle a même une date c'est le 31 octobre D'accord

19:20
Présentateur

Mais moi attendez laissez-moi répondre comme ça vous interrogerez le gouvernement sur ce qu'il compte faire pour pas se retrouver dans cette situation où je vois bien le piège qui sera tendu Ah il vote pour le RN alors que M. Macron vient de se mettre dans les mains du Rassemblement National et bien nous demandons l'ouverture d'une séance extraordinaire et nous demandons que nous allons déposer une PPL qui est toute prête sur l'abri et nous demanderons au gouvernement de la mettre comme ça Non mais là il faudra vous poser

19:46
Invité

une question politicienne des choses Oui mais il y a une question arithmétique qui est simple c'est que si vous refusez de voter les textes du Rassemblement National et si le Rassemblement National refuse de voter vos textes en fait il n'y a pas de textes ça vaut d'ailleurs aussi pour les motions de censure

19:58
Présentateur

Mais ne vous inquiétez pas parce qu'après il y a d'autres niches je ne sais pas ce que on verra c'est vrai qu'on a un problème je ne veux pas vous je ne veux pas faire de langue de bois on a un problème si le Rassemblement National parce que jusqu'à maintenant nous avons toujours refusé de voter des textes proposés par le Rassemblement National mais d'autant plus que le moins qu'on peut dire c'est que le Rassemblement National n'a pas été très en avant dans la lutte contre la réforme des retraites donc leur faire ce cadeau bonjour mais d'ici la fin de l'année il y aura d'autres niches

20:22
Éric Coquerel

non mais pardon d'ici la fin de l'année non laissez-moi vous parlez du Rassemblement National sauf que derrière vous nous avez parlé pendant 10 minutes de cette réforme des retraites qui n'est pas bonne pour les français qui peut travailler non mais je veux dire ce que je veux dire c'est qu'à la base on parle des français on ne parle pas de politique politicienne avec le Rassemblement National si vous considérez que la brogation est nécessaire oui d'accord même si ça vient du Rassemblement National

20:45
Présentateur

pourquoi vous ne votez pas ?

on est aussi dans un moment et d'ailleurs tant mieux le front républicain que nous avons proposé a fonctionné moi je souhaite éviter que l'extrême droite gouverne ce pays voilà je vous le dis je ne me fais pas à l'idée que l'extrême droite gouverne ce pays et à tout ce qui pourrait favoriser la progression de l'extrême droite y compris de leur donner un espèce de label social alors qu'en réalité sur le plan économique ils ne sont pas loin de la politique de monsieur Macron donc on a ces deux éléments on a ces deux éléments rééquilibrés mais je vous dis je m'engage devant les français d'ici la fin de l'année d'une manière ou d'une autre que ce soit des amendements au PLFSS que nous proposerons dans d'autres niches nous aurons l'Assemblée aura abrogé

21:22
Invité

la réponde des retraits Eric Coquerel vous avez manifesté ce week-end est-ce que ça signifie que vous considérez que la nomination de Michel Barnier est illégitime ? ah bah totalement c'est un coup de force

21:29
Présentateur

un déni démocratique on a un premier ministre qui vient de la formation qui a le plus perdu ses élections il n'y a pas une démocratie dans le monde où ça arrive

21:38
Éric Coquerel

le premier ministre est illégitime ?

21:40
Présentateur

oui il est illégitime vis-à-vis du vote des français bien sûr bien sûr sa nomination est illégitime ce qu'a fait monsieur Macron est illégitime alors c'est moi monsieur Barnier sur lequel j'adresse les responsabilités j'ai des critiques à lui faire mais c'est monsieur Macron principalement enfin monsieur Macron il n'y a pas un endroit où on ne donne pas à la plus forte coalition la chance d'essayer de gouverner le pays

22:02
Invité

mais si on s'en tient ça c'est peut-être l'esprit mais si on s'en tient au texte le premier ministre il tient tant qu'il n'y a pas de majorité pour voter la censure donc je vous repose la question vous nous parliez de motion de censure tout à l'heure pour que la motion de censure soit adoptée il faut vraisemblablement que le RN et le nouveau Front Populaire votent ensemble est-ce que ça peut arriver ?

22:20
Présentateur

ah bah oui bien sûr que ça peut arriver on a déjà eu des motions de censure que nous avons déposées que le RN a voté mais enfin n'inversez pas les problèmes si vous voulez pour l'instant on est dans une situation où l'exécutif s'est mis dans les mains du Rassemblement National à tester tous les premiers ministres en demandant à Mme Le Pen qu'est-ce qu'elle ferait jusqu'à trouver le premier ministre qui va à Mme Le Pen alors elle s'est aperçue hier un peu du danger elle dit ah non je ne suis pas le DRH parce qu'elle voit bien qu'appuyer un premier ministre néolibéral il y a une partie de ces électeurs à mon avis qui doivent peu apprécier l'histoire enfin c'est bien ce qui s'est passé donc pour l'instant ceux qui en réalité depuis maintenant plusieurs mois ont une alliance de fait avec ceux que nous avons combattu par le Front Républicain c'est l'exécutif ça a commencé quand l'exécutif a interrogé M.

Attal qui a dit vis-à-vis de Mme Castel nous poserons une motion de censure ça n'a été validé que parce que le RN disait la même chose M. Attal n'a pas les troupes suffisantes pour une motion de censure et là après ça a été la suite M. Bertrand existe M. Cazenov existe et puis finalement c'est M. Le Maire parce que sur l'immigration Mme Le Pen dit elle-même qu'il a des idées comparables au RN

23:22
Éric Coquerel

Lui, Michel Barnier dit qu'il n'a aucune sympathie particulière pour le RN juste qu'il respecte tous les élus de la République à savoir le RN comme la France Insoumise là-dessus vous devez être ravi il vous considère dans l'arc républicain là où certains ont douté

23:38
Présentateur

J'en suis ravi enfin le problème je pense qu'il dit je pense qu'il nous inclut pour pouvoir inclure le RN enfin bon ça c'est mon avis mais surtout ceux qui ont des sympathies pour M. Barnier c'est Mme Le Pen c'est pour ça qu'il est nommé Premier ministre encore une fois on va avoir une politique aujourd'hui qui va s'appliquer qui est la suite du macronisme vous verrez je pense que c'était je vous l'ai dit tout à l'heure je vous ai parlé sur la réforme des retraites je pense que les conditions de M.

Macron pour la nomination d'un Premier ministre c'était qu'il poursuive sa politique économique et sociale c'est ce qui va se passer plus en plus plus pardon des mesures très certainement qui vont satisfaire le Rassemblement National on va voir ce que va faire

24:12
Éric Coquerel

on attend le discours de politique générale de Michel Barnier

24:15
Présentateur

début octobre seulement

24:16
Éric Coquerel

rapidement effectivement pas de session extraordinaire

24:18
Présentateur

ça va pas avec M. Barnier

24:19
Éric Coquerel

quand le RN demande de nouvelles élections dans un an avec l'instauration de la proportionnelle avec prime majoritaire vous vous dites banco ?

24:26
Présentateur

ça dépend quel proportionnel si c'est une proportionnelle uniquement pour favoriser le RN c'est à dire en faisant en sorte qu'elle soit que dans les très gros départements où la gauche est largement majoritaire ça ça sera quelque chose de politicien soit c'est une proportionnelle intégrale soit c'est pas la proportionnelle qu'il avait imaginé à un moment donné Mme Broun-Pivet

24:45
Invité

Eric Coquerel vous êtes député de Seine-Saint-Denis est-ce qu'il y aura une commission d'enquête à l'initiative de la France Insoumise comme ça avait été annoncé le 25 juillet sur l'organisation de ces Jeux Olympiques ? Alors je vous annonce

24:54
Présentateur

il y a la commission d'enquête officieuse que fait les filles continue mais je vous annonce qu'avec la commission des affaires culturelles qui s'occupe qui a le leader le leadership sur les JO nous allons lancer soit une mission d'information soit une commission d'enquête dans les mois à venir il faut laisser retomber un peu les choses et qu'on ait les retombées sur au moins les questions de retombées économiques des JO donc il y a celle de la France Insoumise qui est une bonne chose officieuse et il y a celle officielle que nous ferons de concert avec ma collègue présidente de la commission des affaires culturelles Merci Eric Coquerel président de la commission

25:31
Invité

des finances à l'Assemblée député LFI de Seine-Saint-Denis Merci