Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 16 octobre 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asile

Censurer le gouvernement Lecornu est "inévitable", selon Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteÉludée

    Si vous aviez été député, Jean-François Copé, est-ce que vous auriez censuré le gouvernement ?

  • 1:31RelanceRéponse partielle

    Vous préférez quoi ? La censure ? La dissolution ?

  • 2:20RelanceRéponse directe

    Donc Jean-François Copé, si je suis la logique de ce que vous dites, si vous étiez député, vous censureriez Sébastien Lecornu ?

  • 2:57RelanceRéponse directe

    Pardon Jean-François Copé, le débat n'est pas tant de savoir si le budget sera voté ou pas in fine, c'est de savoir si ces députés dont vous parliez, les députés, les républicains, doivent ou non voter la censure.

  • 3:50RelanceRéponse directe

    Donc c'est important ce que vous nous dites ce matin. La droite devra censurer le gouvernement, donc le parti gaulliste devra être responsable de l'instabilité, d'une censure, de nouvelles élections législatives.

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Qui pensez-vous apporteront de la stabilité au système politique français ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueFait
    « suspendre la réforme des retraites à 62 ans et 9 mois »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « un Premier ministre de droite, qui a absolument renoncé à toutes ses convictions pompidoliennes »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « notre ADN, c'est non pas d'augmenter les impôts, mais de baisser les dépenses, de mettre le paquet sur la sécurité et sur l'immigration »
  • 2:33Invité politiquePromesse
    « ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « la réponse au désordre qu'il a provoqué, c'est de refaire une dissolution »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « sauf que la Constitution prévoit que pendant un an, on ne peut plus à nouveau dissoudre »
  • 7:59Invité politiqueFait
    « le Rassemblement National sur le plan économique est socialiste »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « Mme Le Pen, elle est pour le rétablissement de l'ISF et pour la suppression de la réforme des rétablissements »

Temps de parole

  • Jean-françois Cope73 %
  • Présentateur27 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, la grande matinale. 7h48, Benjamin Duhamel, votre invité et maire, les Républicains de la ville de Meaux. Bonjour Jean-François Copé. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin au micro de France Inter. Alors je compte sur votre liberté de ton pour essayer de nous expliquer sans langue de bois ce qui se passe à droite, entre guerre des chefs, incohérence idéologique, on n'y comprend plus rien. Mais d'abord, dans un peu plus d'une heure, les motions de censure contre Sébastien Lecornu seront soumises au vote. Cela va se jouer à une vingtaine de voix près. Si vous aviez été député, Jean-François Copé, est-ce que vous auriez censuré le gouvernement ?

0:34
Jean-françois Cope

Je vais vous répondre, mais il faut qu'on fasse d'abord un petit point à date de la tragédie qui continue, lassablement à dévorer la France. Ce spectacle lamentable qui conduit aujourd'hui à ce que l'EPS, qui lui-même est totalement rongé par ses compromissions avec l'FI, impose la pire des décisions, suspendre la réforme des retraites à 62 ans et 9 mois, devant les yeux ébahis du monde entier, et notamment des marchés financiers qui risquent de nous imposer une terrible sanction, et puis en plus de rétablir l'ISF, qui va faire fuir toute une série de familles... Qui fait que toute une série d'entreprises familiales vont partir dans l'Italie de Mme Meloni, qui en rigole encore.

Qu'est-ce qui fait qu'on en est arrivé là ? D'abord, vous avez un Premier ministre de droite, qui a absolument renoncé à toutes ses convictions pompidoliennes, pour céder à la pire des compromissions sur ordre du président de la République. Vous avez LR, les Républicains...

1:31
Présentateur

Pardon Jean-François Coupé, mais j'y dis, c'est pour la stabilité ? Vous préférez quoi ? La censure ? La dissolution ?

1:38
Jean-françois Cope

Je vais y venir. Il a donc renoncé, en se compromettant au plus haut point, à tout ce qui fait les convictions de la droite française dont il est issu. L'autre élément, naturellement, c'est que les LR de leur côté, rongés par leur division, vous l'avez évoqué, n'ont pas trouvé les voies et moyens pour aller rappeler au président de la République, avant que ce gouvernement ne soit fait, que notre ADN, c'est non pas d'augmenter les impôts, mais de baisser les dépenses, de mettre le paquet sur la sécurité et sur l'immigration. Moyennant quoi ?

Le pire dans tout ça, c'est un président de la République qui poursuit la néronisation de notre pays, c'est-à-dire qui, de manière méthodique, considère qu'il vaut mieux brader la totalité de son héritage politique, plutôt que de perdre son poste. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

2:20
Présentateur

Donc Jean-François Copé, si je suis la logique de ce que vous dites, si vous étiez député, vous censureriez Sébastien Lecornu ?

2:26
Jean-françois Cope

Ayant dit tout cela, et vous avez raison de rappeler que je ne suis pas député, et donc chacun doit être à sa place, mais ayant dit tout cela, il y a une chose qui est certaine, c'est que ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré. La question aujourd'hui, c'est une question de droit, si nous n'ouvrons pas le débat budgétaire, nous mettons la France dans la paralysie la plus totale. Bon, donc il faut ouvrir ce débat budgétaire, mais je ne vois pas comment on pourra adopter à droite un projet qui est à ce point un renoncement de toutes nos conditions et surtout de l'intérêt de la France.

2:57
Présentateur

Pardon Jean-François Copé, le débat n'est pas tant de savoir si le budget sera voté ou pas in fine, c'est de savoir si ces députés dont vous parliez, les députés, les républicains, doivent ou non voter la censure. Alors, est-ce que ces députés-là, est-ce que la famille politique qui est la vôtre, les républicains, doit dire, compte tenu de ce que vous évoquez sur la fiscalité, on doit censurer un budget avec lequel on n'est pas d'accord ?

3:16
Jean-françois Cope

Ma réponse est que, que ce soit maintenant ou que ce soit un peu plus tard dans l'automne, en fonction de ce qu'on verra du produit, parce qu'on va bien voir comment tout ça va se passer, je ne vois pas comment ce gouvernement peut tenir jusqu'à la fin de l'année. Mais vous ne répondez pas à ma question. Mais si, je vous réponds. Non. C'est soit maintenant, soit il y a d'autres moments pour vanter une censure, et vous savez qu'il y en aura d'autres dans les deux mois qui viennent. Donc en réalité...

3:36
Présentateur

Donc il faudra que la droite censure Sébastien Lecornu.

3:38
Jean-françois Cope

À un moment ou à un autre, c'est inévitable. Mais enfin, écoutez, on ne peut pas nous cautionner, on ne peut pas cautionner jusqu'à la fin des temps, un budget qui est à ce point le renoncement de toutes nos conditions.

3:48
Présentateur

Donc c'est important ce que vous nous dites ce matin. La droite devra censurer le gouvernement, donc le parti gaulliste devra être responsable de l'instabilité, d'une censure, de nouvelles élections législatives. Qui pensez-vous apporteront de la stabilité au système politique français ?

4:03
Jean-françois Cope

Vous avez tout à fait raison, parce qu'effectivement, comme c'est une descente aux enfers, il faut continuer les différentes étapes. Effectivement, ce qui est le plus irresponsable, le plus grave de tout, c'est qu'Emmanuel Macron puisse considérer que la réponse au désordre qu'il a provoqué, c'est de refaire une dissolution. Pourquoi ?

Parce qu'en réalité, une dissolution, c'est encore une manière pour lui de préserver son siège de président dans les pires conditions, en faisant mine d'oublier que s'il y a une dissolution et que les Français revotent et qu'on se retrouve dans la même absence de majorité, là, il est tellement désavoué qu'il est obligé de partir, sauf que la Constitution prévoit que pendant un an, on ne peut plus à nouveau dissoudre. Donc, ça veut dire une paralysie encore plus grave du pays. C'est pour cela que j'ai dit, Urbi et Torbi, qu'il n'y a pas d'autre solution pour lui dans la grandeur que de programmer sur six mois sa démission.

Donc, tout le monde dit, ah non, mais de toute façon, il ne le fera jamais. Donc, cherchons autre chose. Vous imaginez à quel point nous dépendons, notre pays dépend, du blocage que provoque un seul homme qui oublie les responsabilités historiques qui sont les sujets.

5:09
Présentateur

Donc, Jean-François Copé, si je suis le plan de vol qui doit être celui des députés de droite, censurer à un moment ou à un autre le budget et ensuite pousser le président de la République à partir de façon programmée pour qu'il y ait une nouvelle élection présidentielle.

5:20
Jean-françois Cope

Je ne vois pas d'autre issue que celle-là, je le dis, Urbi et Torbi, c'est une folie. Nous avons un président de la République qui a choisi la pire des décisions qui est de s'accrocher quoi qu'il arrive à son poste en oubliant qu'en réalité, la seule réponse à la crise politique que nous vivons, c'est de revenir devant les Français, pas en cinq minutes, parce que si on fait ça dans les manières anticipées en 30 jours, c'est une porte ouverte à l'extrême droite dans les pires conditions.

5:48
Présentateur

Vous ne pensez pas qu'une présidentielle anticipée favoriserait le Rassemblement national ? Vous avez vu les sondages où Marine Le Pen, Jordan Berdella, Souta, 32, 33%.

5:56
Jean-françois Cope

Une dissolution anticipée va évidemment la favoriser. Et pas une présidentielle anticipée ? Ça dépend, parce que la présidentielle anticipée telle que je l'ai imaginée, ce n'est pas en trois semaines, c'est en six mois. C'est-à-dire qu'il démissionnera au lendemain des municipales, ce qui donne encore 30 jours. Ça nous amène à ce moment-là au mois de mai et ça permet, un, aux partis politiques de s'organiser pour choisir leur candidat, deux, d'avoir un débat de fond. Et là, on testera les propositions de M. Mélenchon et de Mme Le Pen et Berdella et on verra qu'elles ne tiennent pas la route, en réalité. Et ça, on a besoin de temps pour faire ce débat.

C'est le côté complètement inégal du combat que doivent mener les partis de gouvernement face à des partis populistes. On ne peut pas traiter ce sujet en 15 jours.

6:34
Présentateur

Juste, Jean-François Copé, quand vous entendez Laurent Wauquiez à la tribune de l'Assemblée nationale et dire à ses députés « Non, non, il ne faut pas censurer, au fond, on ne peut pas être du côté du bazar ».

6:41
Jean-françois Cope

Là où il a raison, c'est qu'on n'est pas là pour être complice du bazar. Et on est là d'abord pour dire qu'il y a un moment où on ne peut pas... Enfin, si vous dites qu'il faut censurer... Non, mais encore une fois, je vous l'ai dit. Ça peut être soit maintenant, soit dans les deux mois qui viennent. Et encore une fois, c'est important ce que je vous dis. Parce qu'il faut qu'on ait une discussion budgétaire. Mais derrière tout ça, il ne faut pas s'y tromper. Si nous renions nos convictions, à ce moment-là, c'est plutôt programmé la disparition de la droite française. C'est d'autant plus dingue qu'aujourd'hui, la majorité des Français attend une politique de droite.

7:11
Présentateur

Vous parlez de vos convictions. Tout cela arrive dans un contexte, dans un moment où se pose la question de ce qu'on appelle l'union des droites. Bruno Retailleau qui appelle à battre un candidat de gauche face à un candidat soutenu par le RN. François-Xavier Bellamy qui vote avec Jordan Bardella à Bruxelles. Le maire de Cannes, David Lysnard, qui est plus qu'ambigu sur le sujet dans les colonnes de Valeurs Actuelles. Est-ce que c'est inéluctable l'union des droites avec le Rassemblement National ? Moi, je n'arrive pas à comprendre.

7:31
Jean-françois Cope

Parce que ce qu'on appelle l'union des droites, encore un terme imposé par d'autres que par des partis de gouvernement, présupposeraient que le Rassemblement National est de droite. En fait, le Rassemblement National n'est pas du tout de droite. Vous savez, qui impose ce débat ? Vous savez que ça fait partie des grands débats du moment. Je réponds juste là-dessus. Le Rassemblement National, il faut que chacun l'entende, y compris les électeurs de droite qui supportent tellement plus la gauche qu'ils se disent s'il faut en passer par une alliance avec le RN. Je leur rappelle que le Rassemblement National sur le plan économique est socialiste.

La première niche qu'ils ont déposée il y a un an, je le dis aussi à M. Lysnard qui veut en parler, je lui rappelle que la première niche déposée par le RN c'était pour suspendre la réforme des retraites. C'est-à-dire le programme de Mélenchon, comme par hasard. Donc en réalité, moi je...

8:15
Présentateur

Attendez, pardon Jean-François Copé, vous avez soutenu dans la candidature à la tête des Républicains Bruno Retailleau. Bruno Retailleau qui une fois désigné président des Républicains quand il y a une partielle entre une socialiste et un candidat soutenu par le RN dit pas une voix pour la gauche. Donc pardon, mais c'est exactement l'inverse de ce que vous nous dites ce matin.

8:29
Jean-françois Cope

C'est pas l'inverse mais c'est pas ce que je dis parce que je suis très clair et j'ai toujours considéré qu'il fallait s'opposer au parti extrémiste, au parti populiste. Alors je suis d'autant plus à l'aise pour le dire. Donc vous n'auriez jamais dit

8:39
Présentateur

dans cette partielle, vous n'auriez jamais dit pas une voix pour la gauche,

8:41
Jean-françois Cope

vous auriez dit quoi ? Mais j'aurais dit que je ne vois pas où est notre place quand il s'agit de choisir entre le RN d'un côté et le PS allié à Mélenchon de l'autre côté. Voilà, donc c'est tout et j'ai toujours été parfaitement clair là-dessus. Mais aussi parce que je considère que en réalité, nous avons très peu de points communs avec le RN. Il va falloir qu'une bonne fois pour toutes, on se le dise, que ce soit sur le plan économique, je viens de vous le démontrer, Mme Le Pen, elle est pour le rétablissement de l'ISF et pour la suppression de la réforme des rétablissements. Donc vous ne soutiendrez jamais

9:08
Présentateur

une quelconque alliance que ce soit législative ou pas avec le RN.

9:13
Jean-françois Cope

J'ai toujours été très clair là-dessus et j'ajoute, pour être tout à fait complet, que même sur les aspects régaliens, M. Bardella comme Mme Le Pen ne disent jamais rien de concret. C'est juste une marque. Et qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ? Une réalité. C'est qu'on se ment tous. On privilégie l'émotion parce que les Français en ont ras-le-bol et on oublie l'histoire. Moi, je voudrais juste vous dire une dernière chose là-dessus. Les Français, ils ne supportent plus de voir ce spectacle lamentable. Et il faut se souvenir de son histoire. Ils détestent les Français que leur pays soit humilié. Et dans ces moments-là, il peut même leur arriver de préférer la dictature à la démocratie.

Et dans ce domaine-là, j'invite à écouter les podcasts de Philippe Collin. J'ai vu que Philippe Collin a été votre invité. Merci pour la transition. Oui, parce que lui, au moins, il fait partie de ceux qui font ce travail d'histoire et qui permet de rappeler les ravages de l'extrémisme et de l'antisémitisme. Merci beaucoup, Jean-François Copé,

10:04
Présentateur

qui dit donc ce matin qu'aujourd'hui ou dans deux mois, il faudra censurer le gouvernement Le Cornu. Sous-titrage Société Radio-Canada