Immigration, gouvernement, Gabriel Attal ... L'interview de Sébastien Chenu, porte-parole du RN
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BFM TV face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
Merci d'être dans ce studio ce matin. Vous êtes député du Nord, vous êtes vice-président du Rassemblement National, vice-président de l'Assemblée Nationale également. De nombreux points à évoquer avec vous et notamment les annonces à l'instant du Premier ministre sur la réforme de la justice des mineurs à la suite des émeutes de juillet dernier. Mais évidemment je vous pose la question du débat d'hier, ça va ? Ah mais ça va plutôt bien.
Je pense que quand même les Français se sont quand même aperçus qu'ils avaient un vrai Premier ministre possible en France qui est Jordan Bardella et qu'ils avaient un personnage qui habitait aujourd'hui une fonction par devoir et qui était plutôt le porte-parole d'une pensée unique qui est Gabriel Attal. Vous aviez écrit ça avant le débat ou après le débat ?
Ah non mais je pense que si vous êtes en train de me dire qu'il y a une différence entre les deux, il y a une vraie différence entre les deux, Jordan Bardella a parlé de la réalité, de la vie des Français quand Gabriel Attal était, je vous le dis, le porte-parole d'une pensée unique, incapable de se projeter sur l'avenir, d'assumer un bilan.
C'est aussi important un Premier ministre qui n'assumait pas un bilan et qui finalement était le porte-parole, je le dis, d'une pensée unique, mais aussi d'Emmanuel Macron dans le sens où cette espèce d'européisme fanatique qui ne voit l'Europe que comme fédéraliste, contraignante, là où Jordan Bardella la voit comme devant être au service des nations, ce qu'elle n'est pas aujourd'hui. Mais en vrai ? Pourquoi vous me dites « mais en vrai » ? Moi je suis très sincère. En vrai, vous n'avez pas eu le sentiment hier qu'il y en avait un qui était sur la défensive, Jordan Bardella, un peu plus mécanique, non ?
Jordan Bardella est un opposant politique, donc il s'oppose, écoutez, je pense que sur l'immigration, je pense que sur le pouvoir d'achat, etc. Il a été un opposant et il est un opposant comme nous sommes des opposants à la politique d'Emmanuel Macron. Mais si vous voulez, moi je suis toujours très étonné. Le débat d'abord sur la forme, parce qu'on peut aussi en dire un mot, était digne.
Et vous aviez là le Premier ministre Attal en service commandé, parce qu'il faut aussi voir que Gabriel Attal n'avait pas tellement envie d'y aller, c'est Emmanuel Macron qui l'oblige, et vous aviez le président du premier parti d'opposition qui vous parle de la vie de la France et des Français, la défense de l'intérêt de la France et des Français, et qui a une vision qui est totalement opposée à la politique qui est menée actuellement par Gabriel Attal. Donc je pense que c'est intéressant de confronter tout ça.
Mais moi j'étais étonné de voir un Premier ministre qui n'assume pas le bilan, qui ment plusieurs fois, c'est sur tous les réseaux sociaux, que ce soit sur Fessenheim, que ce soit sur le coût de l'Europe, quand il nous dit « Formidable, l'Europe nous ramène beaucoup d'argent, alors qu'on sait très bien qu'elle nous coûte beaucoup d'argent ». Vous accusez Gabriel Attal de mentir ? Oui, par exemple sur le plan de relance, quand il nous raconte « Ah mais on va toucher beaucoup d'argent, mais enfin, ça nous revient à combien ? Je veux dire, on va toucher 40 milliards, mais on va en payer 67 au bout du compte ».
Donc si vous voulez, quand un Premier ministre en est là pour essayer d'évacuer un bilan, à raconter un peu n'importe quoi, face au président du premier parti d'opposition qui fait la course en tête dans les sondages, c'est que vraiment, il y a un problème en Macronie. En réalité, hier, c'est surtout Gabriel Attal qui a accusé Jordan Bardella de mentir, d'avoir menti avant, de mentir maintenant. Écoutez.
Vous vous opposez à tout ce qu'on fait. Et comme ça, ensuite, vous pourrez dire, si ça n'a pas marché, on a eu raison de s'opposer. Vous êtes caricatural. Pourquoi est-ce que vous étiez pour la sortie de l'euro, et maintenant vous êtes soi-disant pour rester dans l'euro ? Vous étiez pour la sortie de l'Union Européenne, maintenant vous êtes soi-disant pour rester dans l'Union Européenne, vous étiez pour le Frexit, et maintenant vous êtes soi-disant pour rester dans l'Europe ? La question qui se pose, c'est quand est-ce que vous mentiez ? C'était à l'époque ou c'est aujourd'hui ? Vous les répondez à cette question ? Restez élégants, M. Attal.
Est-ce que vous pouvez répondre au moins à cette question ? Non, mais restez élégants, M. Attal. Je vous pose une question. Vous êtes Premier ministre de la France.
Qu'est-ce que vous répondez à ça, Sébastien Chaudet ? Ça sert à quoi pour Gabriel Attal d'essayer de ramener le débat à un niveau qui n'est pas celui auquel on l'attend ? Si on doit faire la liste des sujets sur lesquels ce gouvernement, Emmanuel Macron et Gabriel Attal, ont reculé, menti, trompé les Français, laissé les Français dans la pauvreté, dans le dénuement, dans l'insécurité, si c'est pour finalement faire le procès de leurs opposants, alors que ce sont eux qui sont aux manettes depuis des années, c'est pas le niveau d'un Premier ministre qu'on attend.
Ce qu'on attend d'un Premier ministre, c'est qu'il assume un certain nombre de politiques menées et les échecs qui vont avec, et ils sont nombreux, c'est qu'il donne une vision, il ne nous l'a pas donnée. Moi, j'ai l'impression, sincèrement, je vous le dis, que depuis le début de cette campagne européenne, les seuls qui ont un programme, et autour de qui d'ailleurs tout le monde tourne, c'est le Rassemblement National et Jordan Bardella. Nous, quand on parle d'immigration, quand on parle de normes, quand on parle du coût de l'Union Européenne, on a un programme, on fait des propositions. La réforme de Schengen, c'est une proposition qu'on fait.
Est-ce qu'on entend une seule proposition de nos adversaires ? Chez les macronistes, ils gènent en disant « plus d'Europe, plus d'Europe, plus d'Europe », mais il n'y a jamais une proposition. Peut-être si, une proposition, c'est que le droit de veto puisse un jour ou l'autre disparaître, le droit de veto de la France. Je le dis parce que c'est le discours de la Sorbonne, c'est une résolution de 2023. Quand Gabriel Attal accuse Jordan Bardella de mentir, il oublie tout ça. Il oublie tout ça, c'est que leur vision, elle est purement fédéraliste, mais il ne l'assume pas devant les Français.
Alors effectivement, sur ce point en particulier, mais on aura l'occasion d'y revenir, et je rappelle ici pour les auditeurs d'RMC et les téléspectateurs de BFM TV, que lundi soir à 20h30 sur BFM et RMC, j'animerai avec Maxime Switek ce débat essentiel des Européennes, avec les huit principales têtes de liste, dont Jordan Bardella, qui pourra préciser sa pensée sur la question des doubles frontières, avec effectivement Valérie Hayek et à qui on pourra poser la question justement de ce fédéralisme. Parce qu'effectivement, sur ce point, il y a une résolution.
Ça ne veut pas dire que pour l'instant, c'est quelque chose qui rentre dans les faits, mais ça veut dire que c'est une des options envisagées pour l'avenir, avoir un peu moins de dossiers sur lesquels le droit de veto puisse être appliqué. Oui, mais c'est une résolution qui est soutenue par les macronistes. Alors il faut bien préciser, une résolution, ça ne veut pas dire une loi. Bien sûr, mais ils la soutiennent. Ils veulent aller dans ce sens-là. Ils veulent aller dans le sens dans lequel la France n'aurait plus la capacité à s'opposer, en dehors des sujets fiscalité et affaires étrangères, n'aurait plus la capacité à s'opposer.
Mais si vous voulez, leur vision des choses, ils ont du mal à l'assumer lorsqu'ils sont devant les Français. C'est l'effacement, on l'a déjà dit, de notre pays, c'est le fait de faire tomber les frontières, c'est le fait de donner moins de puissance à la France. C'est-à-dire que l'inverse de ce que nous, nous souhaitons. Nous, on souhaite qu'il y ait des frontières pour se protéger, pas pour se rabougrir, pour se protéger et notamment une double frontière comme on l'a imaginé. Mais sur ces questions, la double frontière, puisque vous en parlez, nous on est contre la fiscalité européenne.
C'est-à-dire effectivement, Gabriel Attal a expliqué que ce serait, pardon, Jordan Bardella a expliqué que ce serait deux lignes en quelque sorte, comme quand on arrive à l'aéroport, une ligne pour les ressortissants de l'Union Européenne, une ligne pour les autres, mais ça marchera partout, tout le temps ? Ça veut dire rétablir forcément des frontières physiques partout autour de la France ? Des frontières extérieures d'abord. L'Europe doit se protéger. Aujourd'hui, c'est une passoire.
On a sur notre liste, sur la liste de Jordan, il y a Fabrice Leggeri, qui a été directeur de Frontex, et qui est parti parce qu'il a considéré qu'on ne lui permettait pas de protéger les frontières extérieures de l'Europe. Première mission, protéger les frontières extérieures de l'Europe en faisant effectivement, en repoussant les bateaux de migrants, je dis en secourant les gens qui tombent à la mer aussi. Parce que vous savez, nous, on a une conscience sociale très prononcée. Quelqu'un qui tombe à la mer, on lui tend la main, on le nourrit, on le secoue, on le ramène dans son pays d'origine ou dans un autre pays, si un autre pays veut l'accepter, mais on ne le laisse pas mourir.
Je veux dire, nous sommes des gens responsables, mais fermes. Donc, les frontières extérieures. Et puis, Schengen, la réforme de Schengen, c'est ça la double frontière. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous arrivez par l'Italie, vous arrivez par l'Espagne, vous êtes non-européen. Eh bien, grâce à Schengen, vous pouvez, si vous arrivez dans un pays européen, vous balader sans contrôle dans l'ensemble des pays européens. Donc, nous nous disons, il y aura des contrôles avec tous les moyens, pas uniquement, j'allais dire, des moyens physiques en homme, mais également des moyens en contrôle. On peut imaginer... Ce que vous voulez dire, c'est qu'il n'y aura pas forcément des guichets partout.
Bien sûr, il n'y aura pas des douaniers, même si, d'ailleurs, la suppression des 6 000 douaniers par la droite, parce qu'on entend toujours M. Bellamy pleurnicher, etc. Enfin, il doit assumer, lui aussi, le bilan des années où sa famille politique a été au pouvoir. Donc, des douaniers, évidemment, mais aussi des contrôles de frontières avec tous les moyens, aujourd'hui, qu'une société moderne peut avoir et qui seront sanctionnés. C'est-à-dire que si vous avez franchi les frontières intérieures de votre pays sans y être autorisé, eh bien, vous serez sanctionnés. Ce n'est pas du tout la logique qu'il y a aujourd'hui. Ça n'existe pas aujourd'hui.
Et sur tous ces points-là, les différents candidats, têtes de liste des européennes, pourront justement en débattre ensemble. Ce sera donc l'un d'histoires. Sébastien Chenu, à l'instant, Gabriel Attal, accorde une interview à l'agence France Presse sur la question de la justice des mineurs. C'est l'une des réponses à ce qui s'est passé les émeutes de juillet dernier. Et il dit même que cette réponse qu'il va apporter, c'est, je le cite, la seule bonne manière de répondre au RN. C'est donc directement à vous qu'il s'adresse avec cette loi qui va être plus ferme vis-à-vis des mineurs. Pas vraiment. En fait, bon, ils sont obsédés par le RN. On a bien compris. Leur obsession, c'est le RN.
Ce n'est pas de rétablir la sécurité pour les Français. Ce n'est pas de donner davantage de pouvoir d'achat aux Français. Ce n'est pas de protéger notre pays. C'est s'opposer au RN. C'est ce qu'on peut faire en même temps, là, je veux dire, avec cette réponse. Mais la réalité, c'est que cette réponse, elle est très faible. Comme d'habitude, à petites réponses, petits résultats. Il passe à côté, à mon avis, de deux options excessivement importantes. Attendez, on va regarder ce qu'il propose. Gabriel Attal, il propose d'abord une comparution immédiate possible pour un mineur de 16 ans. Aujourd'hui, il fallait avoir 18 ans pour passer en comparution immédiate.
Il promet d'ailleurs une loi avec un vote d'ici la fin de l'année. Ensuite, il propose des stages courts en foyer jusqu'à 15 jours en foyer relativement ouvert, mais dans lesquels ils pourront avoir des échanges, notamment avec des figures d'autorité. C'est ce qui est écrit. Et puis, troisième volet, les deux parents devront payer les dégâts de leurs enfants mineurs. Là, c'est une réponse aussi à la question de l'absence des pères. Les deux parents et pas juste la mère, puisque la plupart des cas, c'est la mère avec qui ils sont. Et une sanction scolaire pour les élèves qui perturbent les cours, des points en moins au brevet ou au bac. – Bon, tout ça est très faible.
Est-ce que je faisais que ces histoires de rencontres avec des figures d'autorité ? C'est quoi ? C'est rencontrer Éric Dupond-Moretti ? C'est ça une figure d'autorité ?
– Non, ce sont des policiers, des gendarmes, des juges.
– Moi, je vous dis, ils passent à côté de trois enjeux majeurs. D'abord, l'audience unique. L'audience, elle doit être immédiate, vous le dites, mais elle doit être aussi unique. – C'est pas un fini, c'est le Premier ministre. – Oui, pardon. Mais aujourd'hui, vous passez en audience d'abord concernant vos faits, puis vous repassez quelques mois après concernant la sanction de ces faits-là. – C'est la question de la distinction, effectivement, de la justice. Ça, c'est la dernière loi qui remonte seulement il y a deux ans, de justice des mineurs, dans laquelle on a distingué deux choses.
La comparution la plus rapide possible pour vous dire vous êtes coupable, mais on vous dira dans un deuxième temps quelle est la fonction. – Je pense qu'il faut revenir là-dessus, c'est d'ailleurs une demande d'un certain nombre de magistrats, je pense notamment, je crois, à Force Ouvrière, magistrature, qui ont fait la demande, une audience unique. La deuxième chose, c'est évidemment le débat sur l'âge de la majorité pénale, a baissé à 16 ans. Le gouvernement ne veut pas ouvrir ce débat. – Il ne veut pas ouvrir ce débat qu'on appelle le débat sur l'excuse de minorité. – Oui, mais c'est important.
Nous, nous considérons aujourd'hui, il suffit de regarder les chiffres, qu'il y a beaucoup de mineurs qui sont mis en cause. Si on n'ouvre pas ce débat, alors on passe à côté. Et puis, il y a la responsabilisation des familles. Là aussi, le gouvernement refuse d'ouvrir ce débat, c'est-à-dire la suspension totale ou partielle, définitive ou temporaire d'un certain nombre d'allocations. Nous nous proposons d'ouvrir ce débat. Ça n'a jamais été tenté dans notre pays. Il y a des élus de tous bords qui y sont favorables.
Eh bien, nous, nous considérons que l'audience unique, la responsabilisation des familles et la majorité pénale à 16 ans, qui sont trois vecteurs excessivement importants du rétablissement de l'autorité, mais aussi de la sanction par rapport à la délinquance des mineurs, eh bien, le gouvernement passe à côté. Donc, petite proposition, ils auront de petits résultats. Mais précisément, Sébastien Chenu, on a bien compris que vous voudriez aller beaucoup plus loin, mais qu'il y a quand même des points dans ces propositions qui vont quand même dans le même sens que vous, et notamment cette idée de comparution immédiate possible pour un mineur dès 16 ans.
Il dit qu'il y aura une loi et un vote d'ici la fin de l'année. Est-ce que vous le voterez ? Même si ça ne va pas assez loin, c'est quand même un pas dans la même direction que vous. Est-ce que vous voterez ? Nous avons voté la loi sur l'immigration, qui était une toute petite loi, nous l'avons dit, et qui n'a pas eu beaucoup d'effet. Mais tout ce qui peut un tout petit peu améliorer les choses, nous le votons parce que nous ne sommes jamais pour la politique du pire. Mais simplement, je vous le répète, C'est mieux que rien, mais sur une échelle de 0 à 10, on est à 1 et nous on propose qu'on soit à 10. Donc vous voyez, la marge de progression est importante.
Nous avons réfléchi depuis longtemps avec Marine Le Pen sur tous ces sujets-là. Le gouvernement n'ose pas s'attaquer, n'ose pas avoir ce choc à la fois de responsabilité, d'autorité. On le voit, ils n'assument pas leurs résultats, ils n'osent pas aller au bout. Et donc la réponse qui est proposée n'apporte pas les résultats escomptés. Alors on a regardé ce qui s'était passé dans les prisons avec ce récit assez hallucinant de la réalité du séjour en prison et notamment à la prison de la santé de Mohamed Amra. Mohamed Amra qui est donc toujours en cavale, qui est ce prisonnier qui a été libéré par des complices dans une libération sanglante il y a donc 9 jours.
Sa vie en prison, il avait jusqu'à 9 téléphones portables, réussissait à se faire livrer un certain nombre de repas, se faire livrer du cannabis, il disposait d'une chicha et il continuait semble-t-il à mener ses affaires, y compris parfois l'enlèvement d'un homme commandité depuis la prison, voire même suivi en direct par téléphone portable. Sébastien Chenu, le secrétaire général du syndicat pénitentiaire une sage justice dit « Tout le monde a l'air surpris de découvrir que nos prisons sont des passoires. » Oui, enfin nous, nous n'en sommes pas surpris d'abord parce que les agents de la pénitentiaire qui sont bien méritants nous le disent.
Les députés du Rassemblement national visitent souvent les prisons dans leur circonscription, sont au contact de la pénitentiaire qui nous le disent. D'abord, ils sont mal rémunérés, ils sont souvent en danger et les prisons en tant que telles, à partir du moment où on a laissé tomber les fouilles obligatoires, à partir du moment où il y avait toutes ces politiques de transferment, qui pourraient être remplacées parfois par des visios avec des magistrats. Eh bien, tout ça, ça fait des années que ça dure. Et puis, moi je le vois à la prison de Valenciennes, il y a les détenus qui reçoivent depuis l'extérieur, au feu rouge devant la prison, des colis qui sont balancés au-delà des murs.
C'est exactement ça, c'est les jeteurs, comme on dit, qui jettent donc les colis au-dessus de l'enceinte de la prison. Je l'ai dit, la prison de Valenciennes, vous êtes au feu rouge devant la prison, vous les voyez faire. Donc, il faut des filets de sécurité qui empêchent justement qu'on puisse jeter ça, qui empêchent l'arrivée de drones, qui pourraient même empêcher dans des tentatives d'évasion des arrivées d'hélicoptères. Mais vous dépendez immédiatement, Sébastien Chenu, les gardiens de prison. Est-ce qu'eux-mêmes n'ont pas une forme de responsabilité ? Ah non, mais les gardiens de prison sont victimes, ils sont empêchés, ils sont entravés. D'abord, leur statut, leur rémunération.
Si eux n'y arrivent pas, alors qu'ils souhaitent, ils ne souhaitent pas que ces téléphones rentrent. Il faut faire baisser la population carcérale. Il y a plus de 100% dans toutes les prisons françaises d'occupation. Ah, vous voulez mettre moins de monde en prison ? Non, non, non, il faut plus de place. Ce n'est pas moins de monde, c'est plus de place. Il faut arrêter les aménagements de peine, il faut plus de place. Il y a des gens qui n'ont rien à y faire. 22,5% de délinquants étrangers dans nos prisons. C'est-à-dire que vous avez quasiment un quart des places qui sont occupées par des étrangers, qui n'ont rien à y faire.
Vous avez aussi des gens qui sont dans des situations de détresse psychologique, qui sont des malades mentaux, qui sont incarcérés. Leur place n'est pas en prison. Emmanuel Macron avait indiqué qu'il construirait 15 000 places de prison. C'était déjà très faible. On est très, très, très loin de ce résultat. Mais vous, vous en voudriez combien ? Mais il faut aller jusqu'à 30 000 places de prison dans notre pays. C'est un objectif qu'on doit essayer d'atteindre. Simplement, on en est aujourd'hui très loin. La pénitentiaire est maltraitée. Les moyens techniques que je vous ai cités ne sont pas mis en avant. Mais ça fait des années que ça dure. On ne le découvre pas.
On le découvre malheureusement avec M. Amra, qui est en fuite aujourd'hui et qui a tué deux agents de la pénitentiaire, mais parce que c'est un fait sanglant, épouvantable. Mais les agents de la pénitentiaire crient à corps et à cri depuis des années sur leur situation et sur la situation de nos prisons. Et puis, il y a la question de la responsabilité politique. Je veux dire, à quel moment le garde des Sceaux assume aussi ses responsabilités en considérant que tout va bien, qu'il faut attendre des faits aussi importants que ceux-ci pour pouvoir se remettre en cause, et notamment sur les visios pour éviter des transferments.
– Est-ce que ça veut dire que vous allez jusqu'à dire qu'Éric Dupond-Moretti doit en tirer les conséquences, doit démissionner ? – Il y a bien longtemps qu'Éric Dupond-Moretti aurait dû tirer les conséquences s'il n'est pas à sa place. Il refuse de mener une politique qui soit ferme. D'ailleurs, quand on a un garde des Sceaux qui arrive dans les prisons et qui est acclamé par les prisonniers, parce qu'il se revendique lui-même comme l'avocat des prisonniers, l'avocat des voyous, vous ne pouvez rien attendre de lui. À quel moment, avec la situation que nous connaissons dans la pénitentiaire, le garde des Sceaux peut-il continuer à se maintenir ? – Il vous appelait donc à la démission ?
– Mais bien sûr, mais ça fait bien longtemps qu'on appelait à la démission d'Éric Dupond-Moretti, qui, je vous le redis, n'a rien à faire, place Vendôme. – Sébastien Chenu, Emmanuel Macron, est en train de rentrer de Nouvelle-Calédonie. Il y est resté une journée, il a rencontré tous les acteurs locaux, il dit que ça ne doit pas être le Far West, et il laisse ouverte l'idée qu'il faut repousser le Congrès pour appliquer la loi de dégel du corps électoral. Est-ce que c'est une bonne chose ? Est-ce que ça va permettre de retrouver le calme ? – Non mais, un petit tour et puis ça va avec Emmanuel Macron. – Oui, mais oui, vous voyez lever les yeux au ciel. – Sur RMC, vous levez les yeux au ciel.
– Emmanuel Macron n'a pensé ni le jour d'après, ni le jour d'avant. Le jour d'avant, Marine Le Pen lui avait dit il y a quelques mois, elle l'avait dit à Gérald Darmanin, « Ce que vous faites en acceptant le dégel du corps électoral que nous avons voté, parce que nous sommes favorables à cela, mais sans un accord global, qu'il soit institutionnel, politique, économique, amènera des violences. » Ils n'y ont pas pensé, ils ont refusé de le prendre en considération. Ils n'ont pas pensé au jour d'avant. Le jour d'après, c'est ce que Marine Le Pen propose. Emmanuel Macron dit, et j'ai repris ses propos. – Enfin, le jour d'après, d'après, après, demain, elle propose un référendum dans 40 ans.
– Oui, enfin, Emmanuel Macron, l'objectif est un nouveau référendum. Voilà ce qu'il a dit concrètement hier. Donc il dit, il s'aligne sur les positions de Marine Le Pen. La réalité, c'est que parce que… – Marine Le Pen qui précédemment disait que le référendum de 2023 était un référendum définitif. – Parce que la situation évolue beaucoup en Nouvelle-Calédonie, parce que la situation économique, et vous le voyez bien, avec la filière du nickel qui est en train de s'écouler, parce qu'avec le départ de 10 000 à 12 000 de nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie, la situation s'est aggravée. Donc il faut bien prendre les choses en main et tracer des perspectives.
– Finalement, c'est quand même étonnant, parce qu'en fait, vous critiquiez Emmanuel Macron, et ensuite vous dites, il en arrive à nos positions. – Je vous dis simplement, il n'a rien anticipé, il n'a pas traité ni la méthode, ni le timing, ni le sens du temps, plutôt avec anticipation. Et sur le fond, il a refusé de prendre en considération nos propositions. Qu'est-ce qu'on n'a pas entendu ? Quand Marine Le Pen a dit, il faudra, pour donner des perspectives, redonner la parole aux Calédoniens d'ici 40 ans. Eh bien Emmanuel Macron dit la même chose, il dit, il faudra un nouveau référendum à un moment ou à un autre. Donc oui, il s'aligne sur nos positions.
Eh bien, dans ces cas-là, j'ai envie de dire, laissez faire ceux qui connaissent ce sujet-là. Marine Le Pen connaît le dossier des Outre-mer, et elle a une infinie tendresse, un infini respect pour les Outre-mer. Nous savons ce qu'il faut faire. C'est un dossier sensible, difficile. Emmanuel Macron l'a traité avec désinvolture. Sébastien Chenu, vous êtes vice-président de l'Assemblée nationale. Cette loi a donc été votée. Il faut un congrès, normalement, pour qu'elle passe en application. Si, comme le laisse entendre Emmanuel Macron, ce congrès est repoussé, vous direz, c'est bon, on attend. Mais nous avons dit que nous n'étions pas à six mois.
Qu'est-ce que c'est que cette volonté de brutaliser les Calédoniens ? Donc sur tous ces points, vous êtes d'accord avec lui, finalement ? C'est Emmanuel Macron qui, parce qu'il n'avait pas réfléchi, est en train de s'aligner sur nos propositions. Que de temps gagné, si on avait écouté Marine Le Pen encore sur le dossier calédonien. Merci Sébastien Chenu d'être venu répondre à mes questions ce matin. Député du Nord, vice-président du Rassemblement national. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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