Dominique Besnehard est auditionné sur les violences dans le secteur du cinéma à l'Assemblée
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 21 %Attaque 35 %Défensif 38 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:20OuverteRéponse directe
Quel est votre regard sur le mouvement MeToo en France ?
- 13:37RelanceRéponse directe
Pourquoi avoir viré Brissot avant sa condamnation ?
- 14:14RelanceRéponse partielle
Quels sont les critères pour juger qu'un homme est fréquentable ou pas ?
- 20:39RelanceRéponse partielle
Avez-vous changé de regard sur les femmes accusant Depardieu depuis 2018 ?
- 30:19OuverteRéponse directe
Les castings sauvages ont-ils amené des pratiques dangereuses ?
- 37:11RelanceÉludée
Vos propos aident-ils à libérer la parole des victimes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 14:46InvitéFait
« Jean-Claude Brissot, je l'ai viré bien avant qu'il soit en correctionnel. »
- 17:03InvitéFait
« J'ai signé la pétition et je regrette de l'avoir signée. »
- 21:51IntervenantFait
« À quel moment ces apprentis comédiennes arrivistes vont-elles cesser de proférer des accusations pour se faire connaître ? »
- 34:43InvitéFait
« Quand un jeune se retrouve, il n'a pas de formation, on le prend parce qu'il est sincère, il a une personnalité. »
- 45:47InvitéFait
« Avec Bruxelles, il n'y a plus de lois. »
- 55:48InvitéFait
« On parlait de 37 films à 37 degrés le matin. »
- 1:04:01InvitéFait
« Il a fait un signalement. »
- 1:08:36InvitéFait
« Moi, à mon époque, c'était plutôt les réputations de la drogue. »
- 1:14:04PrésentateurChiffre
« il y a une femme qui est violée toutes les 7 minutes en France »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur16 %
- Intervenant12 %
- Intervenant 210 %
≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mes chers collègues, nous poursuivons cette journée d'audition en recevant Monsieur Dominique Bessner. Bonjour Monsieur. Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs et les majeurs dans le secteur du cinéma, de l'audiovisuel et du spectacle vivant notamment. Vous avez débuté votre carrière en 1975 aux côtés de Jacques Doyon en tant qu'assistant puis directeur de casting, avant de devenir l'un des plus importants agents artistiques de Paris à partir de 1986 chez ArtMedia. En 2006, vous fondez votre propre société de production et vous continuez d'apparaître au cinéma et à la télévision.
Vous avez également créé en 2008 le festival du film francophone d'Angoulême. Très bien. Pour toutes ces raisons, il nous a paru indispensable de vous entendre aujourd'hui à la fois comme mémoire du cinéma français et de ses pratiques, et je l'espère témoin de l'évolution des mentalités, mais nous allons en parler, mais aussi professionnel aux multiples facettes, qui a encore une grande influence dans le cinéma français. Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.
Avant de vous laisser la parole et d'entrer dans nos échanges pendant environ une heure et demie, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vous invite donc à allumer votre micro, à lever la main droite et à dire je le jure. Devant, je vais devant. Au pied du micro, d'ailleurs, un petit bouton.
Voilà, excusez-moi. Oui, je le jure.
Merci beaucoup. Je vous laisse la parole pour un propos luminaire, si vous le souhaitez.
Alors, quand j'ai appris que j'allais être entendu par la commission, je me suis dit, mais à quel titre ? Parce que j'ai été, comme vous l'avez rappelé, Madame la Présidente, casting director. À l'époque, on disait directeur de casting, agent pendant 20 ans, 10 ans comme casting director et depuis 17 ans, producteur. Donc, ça fait presque 50 ans que je suis dans ce métier. Non, non, non. Donc, ça vous faut un coup de mou. J'ai réalisé ça hier en faisant mes petites notes. Dans 50 ans d'une vie où j'ai, bien sûr, rencontré des gens extraordinaires, j'ai eu de la chance parce que je viens de Normandie. Mes parents n'étaient pas du tout dans ce métier.
Donc, c'est ma passion qui m'a conduit à faire ça. Et c'est une époque où on pouvait faire des rencontres, on pouvait réaliser ses rêves. Je ne dis pas que c'est, mais c'est beaucoup plus compliqué maintenant. Je vois quand les jeunes viennent me voir, c'est beaucoup plus dur. C'était un autre monde et j'appartiens à cet ancien monde. On me l'a fait reprocher. Il y a un an, quand il y a eu un papier assez terrible dans Télérama, je le dis même, pour dire, ben voilà, c'est pas normal qu'il soit là depuis 50 ans. Obligatoirement, il nous cache des choses. Il n'a pas parce que tout d'un coup, le fait que le fait qu'on puisse être à mon niveau.
Et c'est vrai, mais j'ai travaillé, j'ai travaillé, j'ai fait des rencontres, j'ai découvert des acteurs, j'ai rencontré des grands metteurs en scène. Et puis après, j'ai eu une idée qui était quand même et qui a bousculé un peu même les rapports avec entre les femmes, entre les gens. C'est avec 10%. Tout d'un coup, on a parlé d'un métier qu'on ne connaissait pas et du monde du cinéma. Et dans cette série, on aborde plein de problèmes. On aborde le sexisme, on apporte la violence aux femmes, on apporte, on donne un aperçu de ce métier. Donc, c'est pour ça que je me suis senti, ben, je pensais être en groupe. J'étais seul parce que ça fait 50 ans que je suis là, voilà. Et donc, voilà.
Alors maintenant, je suis prêt. Alors, est-ce que je commence comme ça? Pendant ces 50 ans, donc ces 10 ans de casting, j'étais plutôt spécialiste des enfants, puisque, comme vous dites, j'ai commencé avec Jacques Doyon et Claude Berry, avec le sac de billes. Donc, j'ai cherché les enfants du sac de billes. J'en ai trouvé un. J'avais 20 ans. C'était mon premier tournage et c'est un tournage absolument fabuleux. Et puis, pendant un certain temps, après le sac de billes, on s'est dit, ben, lui, il est capable de trouver des enfants. Donc, j'étais pendant des années, enfin, pendant des années, quelques années, la personne qui pouvait trouver les enfants.
J'ai la vie devant soi, le petit arabe de la vie devant soi. C'est moi qui l'ai trouvé, l'enfant du jouet de Francis Weber. Donc, à un moment donné, j'ai été côtoyé avec des enfants et les parents de ces enfants. Et à l'époque et du reste, quand il y a eu certains problèmes sur le sur le fait qu'on ne respectait pas les enfants, qu'il y avait une violence même dans le comportement des mettaux en scène avec les enfants. Moi, j'ai vu et j'ai travaillé avec Piala quand même, avec Piala, ce n'était pas toujours simple. Donc, c'est vrai que ça, ça doit changer et ça a changé. N'empêche qu'à l'époque, on s'est battu. Pourquoi?
On s'est battu pour que les enfants soient payés, pour qu'après un certain moment, ils aient de l'argent, parce que pendant un certain temps, c'est les parents qui prenaient l'argent. Donc, ça, j'ai combattu pour ça. Mais alors ensuite, ça, c'était quand j'étais. Et ensuite, après un certain temps, des grands metteurs en scène comme Claude Sauté, Pierre Grenier de Fer, Félini m'ont demandé de faire des travaux avec eux. Et c'est vrai qu'en temps de casting, j'ai vraiment, j'ai vraiment travaillé et j'ai été nourri par des univers incroyables.
Ensuite, quand je suis devenu agent, c'est là où j'ai vu des des plutôt des problèmes par rapport au comportement, parce que quand on est agent, on est plus dans la dans la réalité. Quand on est quand on fait du casting, on envoie des acteurs, on voilà, on est un peu dans un. Moi, je dis toujours, c'est là, c'est presque un peu l'adolescence. Quand on devient agent, on est confronté à la réalité économique et puis comment on défend l'intérêt d'acteurs. Et puis, quelque part, on sent des choses un petit peu compliquées. C'est plutôt là et comme producteur, comme producteur, voilà, je fais ça fait 15 ans, je fais des films, des téléfilms.
Et puis, c'est vrai que 10% fait le tour du monde et c'est une idée quand même qui plaît, puisqu'il y a eu tellement d'adaptations. Ben voilà, je ne peux pas parler de moi pendant 25 minutes.
Très bien, merci pour ce propos liminaire, monsieur le rapporteur. Oui. Erwann Malenon.
Ah oui, alors quand vous avez appuyé dessus, voilà, merci. Merci, merci. Bon, votre, vous l'avez dit, vous avez fait plusieurs métiers, puis vous avez, vous êtes dans ce métier depuis très longtemps. Donc, vous avez vu un certain nombre d'évolutions et des évolutions qui sont des mutations profondes dans la façon dont le métier se déroule, dans la façon dont le métier tolère ou ne tolère plus un certain nombre de choses. J'aimerais avoir comme première question votre regard sur le mouvement MeToo que vous avez vu, j'imagine, comme nous tous, émerger, arriver des États-Unis.
Et puis en France, continuer et continuer jusqu'à maintenant, jusqu'aux dénonciations récentes d'un certain nombre de comédiennes.
Alors, le mouvement MeToo, moi, je vais vous dire, j'ai eu la chance de rencontrer des grandes dames féministes, mes meilleurs amis, quand même, Jeanne Moreau. J'étais son agent et Jeanne Moreau était une féministe hors pair, très protectrice des jeunes actrices. Et en même temps, voilà, j'ai Anouk Aimé, il y a François Giroux. Donc, j'étais baigné dans cet univers de femmes responsables qui défendaient le principe des femmes. Donc, je n'ai jamais été dans un milieu où les hommes, j'étais plus avec des femmes qu'avec des hommes. Ça peut paraître bizarre, mais c'est comme ça. Et donc, j'ai toujours été porté par leur courage, par leur...
J'ai été en plus un agent énormément de femmes mettant en scène. Catherine Corsini, Claire Denis, Claire Devers, Charlotte Silveira, José Dayan. Elles ont toutes été mes clientes. Marion Vernou. Donc, j'étais presque le spécialiste des femmes mettant en scène. C'est moi qui... Elles se tournaient vers moi parce qu'elles savaient que je les écoutais. Voilà. Alors, le mouvement MeToo, moi, je vais vous dire, la première fois que j'ai été... Et là, à l'époque, la fille, elle était courageuse. C'est sur le tournage de Jean-Claude Brissot. Parce que j'étais l'agent de Jean-Claude Brissot. Et il avait déjà eu un comportement assez bizarre sur le film Noche Blance avec Vanessa Paradis.
Et en même temps, elle était jeune. C'était son premier film. Mais il avait quand même un peu dépassé sur l'irrespect, sur la façon peut-être de la faire tourner nue. Enfin bon. En même temps, il avait du talent. Et à l'époque, il était un metteur en scène extrêmement respecté. Et quand une actrice s'appelle Noémie, je préfère dire son prénom, elle aura le courage de le dire parce qu'elle va sortir, elle écrit un film. Noémie, sur un film qui s'appelle Les choses secrètes, a attaqué Brissot pour violence sexuelle, pour violence sexuelle, pour peut-être, je ne sais pas, jusqu'à ce qu'elle a reproché.
En tout cas, il a été passé en correctionnel et à l'époque, tout le métier a défendu Jean-Claude Brissot en disant Jean-Claude Brissot. Mais comment on peut attaquer Jean-Claude Brissot? Et on a fait, il y a eu des pétitions pour défendre Jean-Claude Brissot. Et Noémie Cocher, c'est la première à avoir, c'est la Jeanne d'Arc du mouvement MeToo. Et elle l'a fait discrètement. Elle a été presque considérée comme une hystérique. Et Noémie Cocher, et après ça, j'ai viré Brissot parce que je me dis, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible ce que j'entends. Mais n'empêche que c'est pour ça, et ça rejoint ce que vous dites, le monde a changé.
Parce qu'à l'époque, c'était elle qui a combattu et c'était elle qui était regardée comme une hystérique. Alors qu'elle est ensuite, donc ça, c'est dans les années 2000. Donc la première fois où j'ai entendu, où j'ai entendu quelqu'un qui se battait contre les violences sexuelles et contre le patriarcat d'un metteur en scène, c'est grâce à Noémie. Il y avait aussi une autre alerte qui m'avait choqué. Et quand j'étais casting director sur un film, sur un film avec Jean-Jacques Bénex, ça s'appelait Diva. Moi, j'avais 19, peut-être 22, 23 ans. Donc je faisais le casting avec Jean-Jacques.
Et après, je vous dirai une chose qu'a fait Jean-Jacques, à quel point cet homme pouvait être classe par rapport à beaucoup de choses qu'on a dit pas sur lui. Mais c'était en scène un peu qui se croyait, qui avait envie de chair fraîche. Je vais vous dire une histoire qui m'est revenue tout à l'heure. Donc la première fois, je vais voir le directeur de production pour dire voilà, on va prendre cette actrice. Il dit oui. Alors un peu caricatural, le directeur de production, combien on doit la payer? J'ai dit elle commence à bien marcher. Je ne sais plus, ça devait être en franc, même si ce n'était même pas en euros.
Et il me dit mais vous t'es fou, Dominique, t'es fou, c'est beaucoup trop cher. Mais j'espère qu'on la baise à ce prix là. C'est la première. Et je dis moi, je viens de ma province. On ne parlait pas des femmes comme ça. Et c'est la première à la première alerte. Donc, j'ai été voir Bénex. Je me suis dit mais ce n'est pas possible. On ne parle pas des femmes comme ça et des actrices. Et donc, il y a eu l'histoire de Brissot et par rapport à Bénex. Je vais vous dire. Quand Béatrice Dalle, qui a quand même été une actrice qui a marqué par son sa liberté, par même par rapport à son corps, alors que c'est la femme la plus pudique que je connaisse.
Quand elle a fait 37 degrés le matin, le comment, elle est beaucoup, elle est nue. Vous l'avez vu, toute la première scène, elle est nue. Et bien Bénex, vous voyez, c'est après que ça a dû changer parce que Bénex a dit. Il n'a jamais vu nue avant la première scène. Et c'est la costumière qui a fait les polaroïdes pour lui montrer. Donc, ça, moi, j'ai connu cette époque-là. Donc, je ne peux pas. Quand ça s'est mal passé, que j'ai trouvé que les gens dépassaient les bornes. Mais c'est toute la différence. Brissot était un fou. Et Bénex, un seigneur.
Monsieur le rapporteur.
Vous nous dites avoir arrêté de travailler avec Brissot. Pourtant, vous avez continué à soutenir Gérard Depardieu. Juste, oui, mais moi, je vous pose la question. Gérard Depardieu, aujourd'hui, est accusé. Il y a un procès en cours. Il y a un certain nombre de personnes qui prennent des distances vis-à-vis de Gérard Depardieu. Alors, attendez, attendez, attendez. Chacun son tour, il faut en parler. Il ne faut pas. On va essayer de ne pas s'énerver tout de suite. Parce que je peux m'énerver aussi très fort. Et ça peut être embêtant.
Personne ne s'énerve.
Monsieur le rapporteur. Donc, monsieur Bessner, je vous pose cette question. C'est tout simplement, Brissot, est-ce que c'est parce qu'il a été condamné ? Ou est-ce que... Parce que ce n'est pas ce que vous nous avez dit. C'est ce que vous nous avez dit. Il était en correctionnel. Et vous avez cessé de l'embaucher. Vous l'avez viré. Vous l'avez dit. D'ailleurs, ça peut poser question. Puisqu'il n'était pas votre salarié. Il était sous mandat avec vous. C'est un peu différent. Donc, pourquoi la différence avec Depardieu ou avec d'autres aujourd'hui ?
Alors déjà, Jean-Claude Brissot, je l'ai viré bien avant qu'il soit en correctionnel. Voilà, déjà, vous croyez que quand j'ai su choses secrètes, déjà, choses secrètes, je crois que je l'avais bien. J'étais même en choses secrètes. C'est dans les années, c'est 2000, moi, c'est 2006 que je suis devenu producteur. Je l'ai viré avant. Et l'histoire de choses secrètes, c'est dans les années 2000, je ne me souviens plus, mais je l'ai viré après.
Quand il a été en procès, j'ai même été interrogé, monsieur, par la police, parce qu'on se disait que ce n'est pas normal que la productrice et l'agent, alors qu'on avait fait un film avant qui s'appelait avec Sylvie Vartan, Lange Noir, c'est à ce moment-là où j'ai vu les trucs qui étaient délirants. Donc, c'est bien avant choses secrètes. Alors, quand vous dites que je l'ai viré à cause du fait qu'il était en correctionnel, donc ça, c'est faux. Deuxièmement, Gérard Depardieu, moi, j'ai commencé ce métier. Gérard Depardieu était au firmament. J'ai fait La lune dans le caniveau. J'ai fait Martin Guerre. J'ai fait plein de films avec lui.
Ce n'est pas du tout le même homme que j'ai vu après se transformer. Gérard Depardieu, quand j'ai fait Je vous ai, mais tout le monde voulait travailler avec Gérard Depardieu. Et moi, Gérard Depardieu, j'ai fait Martin Guerre pendant trois mois dans les Pyrénées et à Saint-Giron. Il n'était pas l'homme qu'on a vu après. Et sinon, vous croyez, c'était l'acteur de Truffaut. Vous croyez que Truffaut aurait pris un quelqu'un de malade ? Alors là, après Gérard Depardieu, moi, je suis très, très translucide. Pourquoi Gérard Depardieu, il a commencé à vriller après la mort de son fils ? Et même dans les comportements.
Moi, j'ai vu, j'ai fait un film avec lui qui s'appelait Bonne Pomme, où il arrivait. Il faisait des blagues un peu salaces, rablaisienne et tout ça. Et là, Gérard s'est déplacé. Mais tout le monde était là. C'était la cour. Et n'empêche que Gérard Depardieu, moi, pourquoi ? Et j'ai signé la pétition et je regrette de l'avoir signée. Parce que quand j'ai su qui faisait, mais on ne savait pas, il n'y avait pas eu l'histoire déjà avec Anne Moix et tout ça. Pourquoi j'ai signé ? Parce que je me suis dit, tout le monde est après lui. Toutes les actrices ont signé. Nathalie Baye, elles ont toutes signé. Après, on a vu le documentaire.
Mais n'empêche que Gérard, moi, l'erreur, c'est d'avoir signé, fait par un type du Front National. Ça, je l'ai su après. Mais quand je l'ai fait, j'en avais marre de voir Elisabeth Depardieu, de voir tout le monde se dire. Mais c'est alors, et tout le métier, c'est enrichi. Tout le monde lui a tourné le dos. Alors moi, c'est peut-être une fidélité, mais je ne regrette pas. Mais par contre, je n'ai pas voulu enlever mon nom. Même quand j'ai su que c'était un pourri qui avait fait le, comment, que je n'ai jamais rencontré. Et là aussi, ça a été léger de ma part. J'aurais dû faire une enquête.
Mais dès l'instant où c'est Julie Depardieu qui me dit, on fait un truc sur mon père, je dis oui, voilà.
Mais du coup, quelle est la différence entre Brissot, que vous virez de votre portefeuille, et Depardieu ? Parce que Brissot, vous dites, il y a une pétition sur Brissot. Les filles ont été considérées, enfin, Noémie a été considérée comme mystérique. Là, finalement, Charlotte Arnoux a été considérée un peu de la même manière. Vous dites, vous avez viré Brissot avant qu'il y ait le jugement Depardieu. C'est pareil. Donc, en fait, quels sont les critères à l'aune desquels vous jugez qu'un homme est fréquentable ou pas ?
Madame la Présidente, c'est 20 ans, c'était Brissot, c'est dans les années 2000, même avant les années 2000. Moi, j'ai viré dans les années où ce n'était pas à la mode. Maintenant, moi, je ne suis plus du tout, je n'ai plus de contact avec Gérard Depardieu. Mais moi, je n'ai pas envie. Il y a toujours la présomption d'innocence, même s'il y a des choses, des reportages, des choses. Vous êtes victime aussi, madame, comme politique. On lance des alertes. N'empêche que si demain, il est condamné, ça sera, je ne sais pas, mais pour le moment, il n'est pas condamné.
Mais Brissot ne l'était pas non plus. C'est ça que je ne comprends pas.
Non, non, excusez-moi, Brissot, il a été condamné, madame.
Après que vous l'avez viré.
Oui, mais je l'ai viré parce que je trouvais qu'il avait dépassé les bornes. Alors, ça veut dire que je vire quand la personne est condamnée. Non, mais j'ai viré Brissot. Je suis logique parce que ce que je voyais ne me plaisait pas.
Parce que vous l'avez vu, en fait. C'est ça que vous avez vu.
Je l'ai vu, j'ai vu, j'ai su des choses. Et puis, je l'ai viré même avant Noémie Cauchère. Parce que Noémie Cauchère, elle a, elle a, elle a, elle a, quand vous me dites à quel moment, MeToo, pour moi, la première, la personne qui a été la plus, la plus extraordinaire, la plus courageuse. Il y avait une autre actrice aussi qui ont condamné Brissot. C'est ces deux-là. On n'en parle jamais. Ah ben tant mieux. Elles ne vous ont pas dit la même chose ?
Alors, Madame Legrin a une question.
Bonjour, Madame.
Merci beaucoup, Madame la Présidente. Oui, du coup, dans cet enchaînement-là, une première question, puisqu'on parle de cette affaire de Paris. Donc, bonjour. Sarah Legrin, députée de Paris, vice-présidente de la délégation en droit des femmes, membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation et membre de cette commission d'enquête. Merci pour votre présence. Merci pour 10% qu'on est nombreux à apprécier comme série. Et malheureusement, ici, on ne vous écoute pas seulement sur la question du talent, dont je pense que nous ne doutons pas forcément beaucoup, mais nous vous interrogeons sur la question du traitement des violences sexuelles.
Donc, mon questionnement au sujet de Depardieu, j'ai eu un peu la même réaction que mes collègues. C'est-à-dire de me dire, finalement, vous nous montrez que quand vous avez connu, vous avez eu à voir des faits, en fait, vous n'avez pas attendu. Et vraiment, c'est quelque chose qui n'est pas systématique. Vous n'avez pas attendu une décision de justice. Vous vous êtes dit, moi, j'ai déjà des informations. Alors, est-ce qu'au moment où des choses sortent sur Gérard Depardieu et où vous signez cette tribune, est-ce que vous avez une démarche pour vous dire, finalement, est-ce que je ne vais pas aller voir derrière ce que je sais ?
Parce qu'à ce moment-là, quand même, il y a de nombreuses personnes qui disent connaître Gérard Depardieu. Et moi, j'aimerais vous lire une expression que vous avez eue à ce moment-là et vous interroger dessus, sur votre regard que vous avez maintenant. Donc, c'était en 2018. Vous avez exprimé sur un réseau social. Et cela continue. Et maintenant, c'est Gérard Depardieu qui est accusé de tentative de viol. À quel moment ces apprentis comédiennes arrivistes vont-elles cesser de proférer des accusations pour se faire connaître ? On connaît tous Gérard Depardieu. C'est un personnage rablésien, baroque, mais aussi attentionné.
De mon temps, les jeunes comédiennes apprenaient le théâtre dans un cours et n'attendaient pas un rendez-vous professionnel au domicile d'une star pour l'accuser de gestes déplacés. Je suis confiant que tout cela va se terminer par un pchit. Alors, je ne vais pas vous... Enfin, vous pouvez nous dire, si vous êtes toujours confiants que ça se termine dans un pchit, mais ça, ça relève de ce que dira la justice.
Mais du point de vue de ce que vous dites, spontanément, des femmes qui accusent Gérard Depardieu à ce moment-là, de ce réflexe de considérer que ce sont des arrivistes, des comédiennes dont vous dévalorisez directement le talent, dont vous expliquez qu'elles se sont mises elles-mêmes quelque part dans la situation qu'elles dénoncent ensuite. Est-ce que vous avez changé de regard là-dessus depuis 2018 ? Est-ce que vous avez quelque chose à nous en dire ? Je vous remercie.
En tout cas, il y a des propos que je continue. Une actrice qui va prendre des cours... Le reste, le père est un... D'après ce que je sais, je n'ai pas trop suivi, le père de cette comédienne est un ami de Depardieu. Donc, elle y va, tout ça. Bon, moi, généralement, les cours de théâtre, on les fait dans des cours de théâtre. On ne va pas à domicile chez un... Comment ? Un acteur. En plus, comme on connaît Gérard Depardieu, il y a des bruits qui... Donc, elle pouvait... Elle y est allée deux fois, on m'a dit.
Ah non, là, vous dites qu'elle ne devait pas aller à son domicile parce qu'il y avait des bruits. Est-ce que vous pouvez préciser ?
S'il vous plaît, c'est... Merci. Monsieur Bessner, allez-y.
Je le sais dans sa marche. Son père le connaissait, Gérard Depardieu. Donc, moi, je ne sais pas. En tout cas, c'est vrai que dans certaines... Alors, peut-être plus à mon... Quand j'ai été producteur, quand j'ai été... J'ai trois vies, donc. Quand j'ai été agent, moi, j'ai quand même vu des actrices un peu dépasser les bornes. On ne va pas dans un hôtel avec un metteur en scène. Excusez-moi. Weinstein, qui allait à Cannes. Et toutes les actrices, quand même, certaines actrices, allaient dans sa chambre pour peut-être faire une carrière américaine. Je l'ai vu, ça. J'ai même des actrices dont je me suis occupé qui sont allées. Alors, à un moment donné, c'est peut-être...
Ce n'est pas une histoire de talent. C'est qu'elles veulent réussir. Mais par contre, on reparle de Béatrice Dahl, qui est une femme courageuse. Béatrice Dahl, Weinstein lui a proposé de monter dans... Elle a dit, mais vous rigolez ou quoi ? Vous rigolez ? Et voilà, il y a un moment donné, je ne dis pas. Et moi, je connais peut-être... Je suis la personne qui connaît peut-être le mieux les actrices. Entre les divas que j'ai fréquentées, Nathalie Baille, Isabelle Adjani, je les connais toutes. Je ne crois pas que Isabelle Huppert, jeune comédienne, monte dans un hôtel avec un metteur, un producteur qui a déjà une mauvaise réputation. Je suis désolé.
Donc, juste pour qu'on comprenne bien, la personne qui invite...
Je ne sais pas si je compréhensis, mais...
La personne qui invite dans une chambre d'hôtel une actrice pour lui proposer un casting ou je ne sais quoi d'autre, ou de travailler le scénario, où elle n'est pas responsable. C'est-à-dire qu'en fait, à vos yeux, c'est l'actrice qui monte qui est responsable. C'est ça ?
Non, je veux dire... Je vais vous dire une chose. Moi, quand je parle à Nathalie Baille, quand je parle qui est une autre génération, Mardenne Jobert ou Anouk Aimé, elles ont fait des carrières, elles ont débuté. J'en parlais il y a trois jours, parce que j'ai dit à Nathalie Baille que je venais ici. J'ai dit, est-ce que toi, elle me dit, une fois un qui, par exemple, j'ai dit, basta. Voilà. Et elle ne serait jamais allée dans une chambre. Surtout à mettre... Enfin, Weinstein, il avait quand même une réputation. Quand il montait les marches de Cannes, il y avait toujours une actrice différente. Voilà.
Et moi, alors, je vais même vous dire quelque chose, je ne l'ai jamais dit, puisqu'on parle beaucoup de l'affaire de Maria Schneider et de Bertolucci à la cinémathèque. Quand et moi, Bertolucci, je l'ai un peu connu, comme je connaissais tout le monde, mais je n'ai jamais été ami avec lui. Mais Bertolucci, et j'ai très bien connu Maria Schneider, et Maria Schneider, c'est avec le temps, et c'est normal qu'elle s'est plus exprimée. Quelques années après, quand ça s'est passé, elle était beaucoup moins précise, et du reste, elle est tombée dans la drogue. C'est peut-être la raison pour laquelle elle est tombée dans la drogue, d'avoir été violée.
Mais je vais vous dire, moi, ma filleule, c'est Eva Green. Eva Green, on lui propose le film de Bertolucci qui s'appelait Dreamers, où elle n'a que des scènes nues. Moi, je l'ai pris à part, et sa mère aussi. On lui a dit, mais tu sais, c'est courageux. Il n'était pas question de l'histoire de Maria Schneider, on n'en parlait pas. Elle vient de tomber là récemment. Et depuis la mort de Maria, en fin de compte, et depuis le livre de sa cousine. Eh bien, je vais vous dire, je dis, fais gaffe, parce qu'on peut ne pas s'en remettre. Et moi, je lui ai dit, Beatrice Lalle, elle est quand même dans 37 degrés maltais, très souvent nue, elle a eu du mal à s'en remettre.
Et elle m'a dit, mais non, j'ai tout compris, mais j'ai envie de le faire, et je me protégerai. Alors, voilà, il n'y a eu aucun problème. Mais pour dire qu'on peut alerter, mais pour ça, j'ai dit ça, en fait.
Nous-mêmes, on ne sait pas trop. Parce qu'en fait, vous étiez partie sur l'idée qu'il y avait, d'après ce que j'ai compris dans votre propos, qu'il y avait des femmes fortes, des femmes qui disaient oui, des femmes qui disaient non, et des femmes qui jouaient de l'ambiguïté. En fait, c'est ça, je pense, le fond de votre pensée, c'est qu'il y a des femmes qui jouent de l'ambiguïté et qui, après, quand elles n'ont pas eu les rôles ou quand les choses tournent pour elles, d'une manière ou d'une autre, eh bien, elles dénoncent.
C'est tout à fait ça. Mais en même temps, il y a aussi, mettez-vous à la place d'une jeune actrice qui rêve d'être actrice. Elle arrive à Paris, elle prend des cours, elle est bonne actrice, et tout d'un coup, alors, c'est là, c'est aussi la formation. C'est-à-dire que, quand on va au conservatoire ou qu'on va dans une école, on a quand même averti, mais une jeune fille qui débarque, qui va dans un cours privé, et tout d'un coup, elle voit une annonce pour aller faire un film, elle y va, elle est très contente, et à un moment donné, peut-être que le metteur en scène ou la personne sent sa fragilité, ça, c'est extrêmement condamnable. Mais, et que la fille, à la limite, c'est une victime.
Mais quand on a la connaissance, en plus, alors, c'est là où le mouvement MeToo est important, c'est que maintenant, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas. Vous êtes d'accord ?
Je suis heureuse de vous entendre dire que le mouvement MeToo est important, monsieur Wessner.
Oui, non, mais attendez, parce qu'on a pensé que j'étais contre MeToo.
Je ne sais pas pourquoi on l'a pensé, vu le nombre de tweets que vous avez fait de déclarations pour dire que les féministes étaient... Non, non,
madame la présidente, c'est parce que j'ai défendu Gérard Depardieu, comme je vous l'ai dit, et voilà, mais je n'ai pas, d'abord, je n'ai pas de tweets, je n'ai que sur Facebook, donc il n'y a pas, comme madame la députée, elle les a tous relevés.
On a fait un petit travail avant cette audition, monsieur le rapporteur et Erwin Molen.
Ah oui, pardon. Vous avez, on dit de vous, que vous avez modernisé la façon de faire les castings en les rendant plus ouverts, plus éclectiques, et on dit de vous aussi que vous avez inventé ce qu'on appelle aujourd'hui les castings sauvages et je vois là un paradoxe avec ce que vous venez de nous dire avant, justement, sur les précautions que devraient ou devaient prendre les actrices pour faire un casting, c'est-à-dire aller dans une chambre d'hôtel. Effectivement, ce n'est pas ce qu'il y a de plus prudent, mais est-ce que les castings sauvages n'ont pas amené aussi des pratiques, si elles étaient mal faites, qui pouvaient être dangereuses pour les comédias, comédiennes ?
Vous parlez d'il y a 30 ans, les castings sauvages, parce qu'à l'époque, les metteurs en scène m'ont appelé, je vous ai dit, pendant très longtemps, vu que j'avais trouvé des enfants, après, c'était les adolescents, quand j'ai travaillé avec Piala sur Anos Amour ou sur Passe ton bac d'abord, c'était des adolescents. Voilà. Et donc, c'est une époque et ça, c'est peut-être mieux aussi, parce qu'il y a quelque chose de très grave de cette époque et vous n'en parlez pas, c'est la drogue. Moi, j'ai combattu contre la drogue, pas forcément pour les violences sexuelles, parce que je n'en ai pas été autant témoin, mais la drogue. Et toute cette génération, c'est drogué.
Toute cette génération d'acteurs Kleenex, comme on a inventé, eh bien, souvent, ils n'ont pas été formés, ils ont eu des rôles principaux et ils ont été, c'était les fantasmes des acteurs, les fantasmes des metteurs en scène d'avoir, moi, j'ai trouvé mon acteur, mon actrice, voilà, et se dire, et là, je veux dire, il y a eu des dégâts, mais il y a eu aussi des dégâts, et puis il y en a, quand vous voyez, il y a eu un livre qui est sorti sur tous les jeunes acteurs qui avaient été un peu trouvés dans la rue, il y en a qui ont très bien réussi, et puis il y en a, mais ça, ça, ce n'est pas de ma faute, parce que, il y a, quand vous avez interviewé Francis Renaud, à ma place, c'est le premier interview que j'ai vu, je n'en revenais pas, je n'en revenais pas, alors vous l'avez, c'est parlé, ce qui est normal, comme vous le faites, mais quand ce que j'ai entendu, c'était, mais n'importe quoi, il attaquait toute la profession, n'importe comment, bon, certainement, moi, je le connais, Francis Renaud, et quand il se permet de faire un sous-entendu, en disant, qu'est-ce qu'il est devenu, Simon de Labrosse, parce qu'il s'est suicidé comme si c'était moi qui étais responsable, mais c'est très grave, Simon de Labrosse, je l'ai accompagné jusqu'à la fin de sa vie, son frère et mon ami, quand il parle de Vadek Stanzak, Vadek Stanzak, quand il a vu ce dossier, il m'a téléphoné, et il ne veut plus ce métier, il m'a dit, Dominique, c'est honteux, alors il y a un moment donné, il ne faut pas croire, c'est tout ce qu'on dit, moi je ne dis pas la vérité, mais dans mon métier, je sais qui est qui, et voilà, et Francis Renaud, et je me permets de le dire, parce qu'il a humilié plein de gens, il a attaqué Annole-Mess, il a attaqué tout le monde, c'est son problème, moi j'ai fait un film avec lui, ça s'est très bien passé, qui s'appelait Joueuse, avec Sandrine Bonner, il avait un très beau rôle, et à un moment donné, j'ai dit, Francis, c'est le moment, tu as un beau rôle, de faire de la promotion, il n'a pas fait, et à un moment donné, il ne faut pas, il ne faut pas en vouloir à tout le monde, de son propre échec.
Francis Renaud a témoigné ici, et a témoigné de son vécu, et il a témoigné aussi de choses, qui ont fait l'objet de procédures judiciaires, je tiens à le préciser, donc voilà. Monsieur le rapporteur, vous aviez je crois une question, après j'enchaînerai sur...
Vous avez commencé à répondre, sur les castings sauvages, mais bon, déjà, est-ce que vous pensez que c'est une pratique, qui doit encore exister, parce que vous avez dit, c'était il y a 30 ans, donc est-ce que vous estimez que maintenant, ce n'est plus une manière de faire, et comment on peut sécuriser, cette façon de faire, parce qu'on peut parfaitement, continuer à imaginer, que quelqu'un qui est un directeur de casting, ou un agent, voit un personnage, une personnalité dans la rue, et puisse l'aborder, pour lui en parler, moi ça ne me dérange pas, mais comment on peut sécuriser la suite, pour qu'il ne se retrouve pas, comme justement une comédienne, ou dans un chambre d'hôtel, avec...
Voilà. Sans parler de la chambre.
Quand un jeune se retrouve, il n'a pas de formation, on le prend parce qu'il est sincère, il a une personnalité, on le met dans le film, et puis à un moment donné, il y a eu quelques exemples, dernièrement, ce garçon dans un film, qui est en prison maintenant, et qui est dans un film qui s'appelait « Ça va me revenir », qui a été présenté à Angoulême, il est venu avec la jeune actrice, et c'était deux... Attendez, « Ça va me revenir », c'est... Chérazade.
Chérazade, c'est deux jeunes qui n'étaient pas, qui sont de Marseille, qui ne sont pas de ce métier, qu'on a pris, parce qu'ils étaient doués, qu'ils ont du charisme, et bien le petit, il a pourtant pris un agent, on sentait qu'il était fragile, et puis il est en prison. Et la petite, je pense qu'elle a peut-être pour dire aussi qu'il faut être que... En fait, contre, moi, je vais vous dire, toutes les actrices dont je me suis occupé, les jeunes actrices, et moi, je me suis copié de Vaina Gioquante, quand même, la pauvre, qui est quand même allée dénoncer son père aux assises. Et elle, elle a un courage extraordinaire, elle a fait un livre merveilleux dont on n'a pas assez parlé.
Pardon, excusez-moi, parce que je parlais en aparté, mais je disais, j'ai du mal à saisir qui a du courage et qui n'en a pas dans votre esprit.
Du courage d'aller dénoncer son père qui a manqué de... il ne faudrait pas que c'est du courage, ça ?
Absolument, mais moi, je trouve aussi que les femmes qui parlent dans le cadre de MeToo, y compris celles que je suis qualifiée d'ambitieuse, ont du courage aussi de parler.
Mais attendez, je ne dis pas que... Attendez, dès l'instant... Mais attendez, moi, je trouve que dans MeToo, il y a... Mais quelquefois, il y a des actrices qui ont peut-être plus souffert qui n'osent pas, justement. Et donc, un courage, c'est quand même important. Et la petite Vaina Gioquante, elle a quand même dénoncé son père, elle en a fait un livre et quand vous la voyez maintenant, c'est une fille quand même, elle est incroyable. Et moi, j'ai connu petite, j'étais son agent et quand elle me racontait, et même moi, je peux vous dire une chose, j'ai dit, écoute, fais attention, t'es sûr et tout ça, c'est ton père. Elle y est allée. Elle était presque plus courageuse que moi.
Madame Legrin.
Merci. Oui, ce qui fait un peu réagir là, c'est effectivement, je pense que dans votre métier, dans vos différents métiers que vous avez exercés, vous avez été amené à distribuer des bons et des mauvais points entre les talents, les personnes avec talent, les personnes sans talent. Ça, on peut le mettre de côté. Mais là, on a l'impression, moi, j'ai l'impression que vous distribuez un peu des bons et des mauvais points entre des victimes qui seraient les victimes courageuses, ou celles qui n'ont pas été victimes finalement parce qu'elles ont réussi à dire non à une proposition qui a été faite, etc., et que les autres, en réalité, ne le seraient pas.
Donc, vu que vous venez de nous dire là, ce qui est un peu contradictoire avec ce qu'on avait pu lire ou entendre, mais tant mieux, que MeToo, c'était utile parce que plus personne ne pouvait ignorer. plus personne ne peut ignorer. Qu'est-ce que vous pouvez dire aux personnes qui sont aujourd'hui, par exemple, à des femmes qui auraient aujourd'hui subi des pratiques qu'elles n'avaient pas à subir dans le cadre professionnel du cinéma ? Vous nous expliquez que le casting sauvage, c'était à l'époque et que maintenant, ce n'est plus ça. Qu'est-ce que... Oui, mais que c'était une... Ma question, c'est... Est-ce que quand vous tenez le discours de dire que les filles qui sont...
Que vous appelez-vous des filles qui sont montées dans les chambres d'hôtel avec des hommes qui avaient des réputations, elles savaient ce qui allait leur arriver et qu'elles ne sont pas des victimes, est-ce que de quelle façon ce discours-là aide à libérer la parole de femmes qui auraient été victimes et qui auraient été victimes, y compris par leur vulnérabilité, par le fait que, justement, elles n'étaient pas en position de force et en position de pouvoir refuser des propositions professionnelles qui tournent finalement à des violences sexuelles ? Monsieur Bessner.
Je ne comprends pas la question, excusez-moi.
La question, si je peux me permettre de la reformuler, c'est... Vous avez eu des propos multiples pour... de dénigrement, quand même, des femmes qui parlaient... Non, mais arrêtez là. Non, non, mais je vous le dis. Non, je...
En fin de compte, vos sources, c'est la presse. C'est que la presse.
Et même là, vous venez d'en dire, en fait. Et la question, c'est un peu... Quel... Parce que vous êtes un homme de pouvoir, vous êtes un homme important dans le cinéma français, vraiment important. Et ça, de multiples auditions, nous en ont fait part. Donc, en fait, votre vision de la place des violences, de la manière dont on doit réagir aux violences, de celles qui ont du courage, de celles qui en ont moins, etc., façonne, d'une certaine manière, le cinéma français. Et donc, c'est en cela que nous avons des questions à vous poser sur comment...
Parce que, évidemment, que quand vous avez des propos dénigrants sur les personnes qui parlent, eh bien, derrière, vous envoyez un message à l'ensemble du cinéma.
C'est quoi les propos dénigrants ? Dites-moi, vous racontez des histoires que vous voyez dans la presse. Moi, d'abord, je n'ai pas de tweet. Et des choses que j'ai dites à une époque, quand Gérard Depardieu, c'est il y a combien d'années ? Il y a un moment donné, ça va. Si c'est mon procès, je me taille tout de suite. Mais déjà,
vous êtes dans une commission d'enquête, M. Bessner.
Non, non, mais une commission d'enquête, on a l'impression que vous voulez me faire dire quoi ? Que Gérard Depardieu, je ne dois pas dire que je l'ai apprécié à une époque. Non, non, non. Vous voulez dire... Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
La question, en plus, vous avez le droit encore de l'apprécier.
J'ai le droit d'avoir mon opinion. Vous n'êtes pas là pour me faire la morale. Je suis désolé, madame.
Absolument.
Et vous arrêtez de faire la morale à tout le monde.
Est-ce que je peux vous poser une question, M. Bessner ?
Comment ça veut bien faire ?
Je peux vous poser une question, M. Bessner ? Oui. En tant que présidente de cette commission ?
Oui.
Merci. Donc, vous venez de dire de Charlotte Arnoux que...
Mais Charlotte Arnoux, je ne sais même pas qui c'est.
Très bien.
Alors...
Très bien. Madame Charlotte Arnoux, vous dites, son père connaissait Gérard Depardieu, donc vous laissez la suspicion. Ce que je vous... La suspicion sur les motivations pour lesquelles elle est allée chez Gérard Depardieu. Moi, la question que je ne sais pas...
C'est ça qui vous intéresse dans le truc MeToo ? C'est que Gérard Depardieu ?
Non, puisque je viens de...
Bah si, vous ne parlez que de Gérard Depardieu.
La question que je souhaite vous poser, M. Bessner, c'est que quand vous avez... On peut parler de... On peut parler de... En effet, M. Doyon. Quand vous parlez, votre parole a de l'importance. A de l'importance.
Pas tellement, parce que...
Si, elle en a. Elle en a. Elle en a sur le monde du cinéma. Elle en a sur les acteurs que vous connaissez. Elle en a sur les réalisateurs avec lesquels vous travaillez. Elle en a sur le monde de la production. Elle en a. Votre parole, elle a de l'importance. Elle a du poids. Et quand vous avez des propos sur la libération de cette parole qui est MeToo et que vous avez des propos minimisant le courage des femmes, eh bien, derrière, ça envoie peut-être un message, et c'est la question que je vous pose, à l'ensemble du monde du cinéma, de dire je vous protégerai. Je protégerai le monde du cinéma de la parole des femmes.
Et nous, notre commission, elle est finalement de dire dans quelles conditions la parole des femmes et des hommes, d'ailleurs, parce qu'il y a des hommes victimes, on va y venir, mais la parole des victimes peut se déployer, être entendue, instruite et avoir de l'importance dans ce monde.
Je comprends ça, mais ça fait quand même dix minutes qu'on parle de la même chose. Ça veut dire que quoi ? Je pense que MeToo est inutile. Ça va, franchement, je n'ai jamais dit ça. Mais le problème, c'est que vous, vous voulez réduire des choses par des petites phrases. C'est quelque chose... Alors que, excusez-moi, s'il y a bien quelqu'un qui est féministe, c'est moi. Je peux vous le dire, toutes les personnes vous diront que je traite les femmes comme personnes. Comment se fait-il que j'ai eu toutes les actrices quand j'étais agent ? Que là, sur le festival d'Angoulême, je mets toujours devant les actrices. J'ai fait un jury que de femmes à une époque où MeToo n'était pas.
Et quand je vous dis que pour moi, MeToo, ça a commencé avec l'affaire de choses secrètes, voilà. Et ça, MeToo, ça n'est pas venu que depuis qu'on en parle aux Etats-Unis. En tout cas, moi, je me suis rendu compte que ce jour-là, quand j'ai su cette histoire avec Brissot, ce que j'ai vu, ce qu'il faisait, je lui dis, là, pour moi, ça a été décisif.
Monsieur le rapporteur.
Rassurez-vous, on a fait beaucoup d'auditions, on a vu beaucoup de monde et on se pose un certain nombre de questions. Moi, je voulais vous poser des questions sur un de ce qui a été de votre vie, votre deuxième, si j'ai bien compris, quand vous étiez agent et de savoir aujourd'hui un petit peu comment est structuré le secteur économique de la représentation artistique. Une question qu'on se pose, c'est de savoir s'il y a assez de concurrence dans ce secteur. Est-ce qu'aujourd'hui, un talent qui est mécontent de son agent peut facilement en trouver un autre ? Est-ce qu'aujourd'hui, on peut se passer de travailler avec les deux grands leaders qui sont adéquats et U, de B, A ? Voilà.
Et je ne savais plus comment on disait. Oui, U, B, A, pardon. Et par rapport à votre expérience, est-ce que vous pouvez nous dire si aujourd'hui, une agence, elle peut négocier l'embauche d'un ou plusieurs talents sur des rôles secondaires en échange d'un talent de premier plan ? C'est-à-dire, est-ce que ce sont des pratiques qui peuvent se faire ? Par exemple, quand on voit sur le film L'amour ouf, la plupart des talents sont représentés par la même agence qui est adéquate et idem pour Montecristo.
Et donc, la question que je vous pose aujourd'hui, est-ce que le métier d'agent est suffisamment concurrentiel et suffisamment libre de pression économique pour qu'un acteur puisse changer facilement d'agent s'il estime que l'agent ne le protège pas assez bien ou ne fait pas suffisamment valoir ses intérêts ?
Alors, ça, c'est des bonnes questions. Le métier a beaucoup changé aussi de cette façon. C'est que moi, quand j'étais agent, ça dépendait du ministère du Travail. Il fallait une licence. Sans licence, on ne pouvait pas être agent. Avec Bruxelles, je ne sais plus comment. Et il y avait, c'était assez contrôlé. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas être agent, si on avait un casier judiciaire compliqué. On ne pouvait pas être agent. Il y avait une enquête de moralité, une enquête même par rapport à pouvoir tenir une économie d'une agence. Et puis, avec Bruxelles, il n'y a plus de lois. Et c'était un peu la liberté totale.
Et donc, ça a créé un peu, moi, je trouve, beaucoup de nouvelles agences sont arrivées, mais sans vraiment avoir de fondation. Et c'est vrai qu'il y a une concentration. Et c'est vrai que ce qui est compliqué, et par rapport à mon époque, quand on était, quand on était, des jeunes agents indépendants, eh bien, ils pouvaient garder leurs clients parce que moi, voilà, c'était... Il y avait plein de petites agences qui vivaient très bien. Et maintenant, elles ont du mal, elles ont du mal à vivre parce que des fois, justement, il y a des grandes agences qui, qui, quelquefois, les font venir dans leur agence, mais quelquefois, prennent leurs clients.
Et comme il y a autrefois, quand on avait un acteur, on lui signait un mandat. Si le mandat, si au bout d'un an, il était... On le reconduisait s'il avait envie. Mais... Et si l'acteur allait dans un autre agent, il devait quand même avoir un contact avec l'agent qui quittait, redistribuer une partie de la commission. Tout ça, ça a changé. Alors, c'est peut-être la concentration. Mais... Et en même temps, moi, j'ai beaucoup de jeunes agents qui viennent me voir parce que, comme si j'étais, voilà, pour avoir des concitants, des conseils, eh bien, souvent, je sens que c'est compliqué pour eux. Dès qu'ils ont quelqu'un de bien, ils devraient... Moi, je serais pour revenir à...
à une législation beaucoup plus sévère par rapport aux agents.
pour rebondir sur cette question. Est-ce que vous ne pensez pas, justement, dans cette situation un peu paradoxale, d'ailleurs, parce qu'on a libéré les modalités pour devenir agents. Donc, on pourrait s'imaginer qu'il y ait plus d'agences. Et en fin de compte, le secteur s'est ultra concentré. C'est ce que vous venez de dire aussi. Mais est-ce que vous ne pensez pas que parfois, il y a une sorte de conflit d'intérêt qu'il peut y avoir sur la protection de l'acteur par rapport à l'agent qui sait qu'il va être rémunéré si l'acteur joue ?
Et par exemple, quand on sait qu'aujourd'hui, prendre la parole, et on l'a vu dans votre discussion juste d'avant, ce n'est pas toujours simple pour les comédiennes et pour les comédiens de dénoncer des faits dont ils ont été victimes. Est-ce que vous pensez que les agents ont suffisamment de capacité aujourd'hui à protéger leurs talents sur ces sujets-là justement du fait de leur lien de subordination qui est économique ?
Intérieurement, je pense qu'à mon époque, on était peut-être moins au courant de ça. Donc, je pense que maintenant, il doit y avoir des protections par le CNC. Tout le monde protège. Maintenant, on est au courant. On ne peut pas dire qu'on ne le savait pas. Moi, je connais très bien Laurent Grégoire, je connais très bien Cécile. C'est des gens qui, voilà, que si tout d'un coup, du reste, ils ont des acteurs un peu, comme je disais, pris dans la rue et je sens qu'ils les protègent beaucoup mieux. Je ne dis pas que moi, je ne les protégeais pas. Mais là, on sent qu'avec tout ce qui s'est passé, si on ne fait pas attention, ça ne sert à rien de faire ces commissions. Vous êtes d'accord ?
Donc, il va en sortir quelque chose. Je pourrais avoir un verre d'eau.
Bien sûr. Bien sûr. Merci. On vous l'amène tout de suite. Madame Legrin. Monsieur Balanant.
Juste une question pour... Voilà. Est-ce que vous avez connaissance de situations dans lesquelles un comédien ou une comédienne a dû continuer un film alors qu'il avait été victime et qu'il avait des difficultés sous les conseils ou sous la pression d'un agent ?
C'est-à-dire que quelqu'un qui... Il y aurait un metteur en scène ou un employeur qui aurait manqué de respect ou qui aurait dépassé le cadre et tout d'un coup que le... que l'agent dit tout continue, tout continue. Récemment, peut-être à une autre époque mais maintenant, je crois... Enfin, je crois pas. Ça veut dire que les gens ne sont pas... Enfin, c'est des gens responsables, les agents. Ce n'est pas des... Enfin, je ne sais pas si vous en avez vu mais Elisabeth Tannère, c'est quelqu'un de responsable. Voilà.
Pour continuer juste sur les agents parce qu'il y a une question qui a... Je pense qui était dans l'esprit de monsieur le rapporteur et à laquelle on souhaiterait avoir une réponse. C'est en fait, quand dans un film, il y a une agence qui fournit l'ensemble des comédiens qui jouent dans ce film. Les rôles essentiels et les seconds rôles. Comment ça se passe très concrètement la négociation ? C'est-à-dire, est-ce que vous dites, par exemple, voilà un talent et derrière, est-ce qu'on peut prendre aussi des seconds rôles de mon agence ? Comment ça se passe très concrètement ?
D'abord, vous oubliez que c'est quand même le metteur en scène qui décide. Alors, vous avez raison, les vedettes, elles aident à monter le film. Mais le second rôle, je ne pense pas et je connais quand même Laurent et Cécile Felsenberg et même Tanner, dire il faut prendre... Ce n'est pas vrai. C'est-à-dire que si tout d'un coup, il est là où je vous rejoins, c'est comme ces agences attirent tout le monde. ils ont peut-être... Si vous voulez, dans toutes les légendes dont ils s'occupent, il y a peut-être des acteurs qui peuvent correspondre. Mais c'est surtout le metteur en scène avec le casting director qui ensuite propose. Mais je ne pense pas...
Alors, ce n'est pas des discussions de marchands de tapis. Je ne vois pas... Laurent Grégoire me dit voilà, tu me prends comme tu as les rôles. Je ne crois pas du tout. Ça ne se fait pas du tout comme ça.
Non, mais est-ce qu'un agent de casting a... Non, il y a deux choses.
Il y a agent et casting. Non, pardon,
un directeur de casting, est-ce qu'il a contact avec plusieurs agents de...
Ah, bien sûr. Si vous allez demain faire votre vie, chère madame la présidente, eh bien, voilà. Donc, vous aurez le rôle principal. Donc, on prendra quelqu'un qui vous ressemble le plus. Dans le second rôle. Et puis, dans les seconds rôles, les gens que vous... Vos partenaires, eh bien, à ce moment-là, vous savez, c'est la mode des biopiques, hein. On ne sait pas... C'est vrai.
Je suis sûre que vous allez pouvoir produire ce film, monsieur Bétner. Ah non, mais j'aimerais bien. Je sens une appétence de votre part. Madame Legrin.
Oui, ça s'enchaîne, justement, pour arriver à des choses très concrètes, parce que l'objectif de cette commission d'enquête, c'est d'évaluer ce qui existe déjà, ce qui a parfois été mis en place récemment, et puis de préconiser des choses. Sur le volet production, donc, ce qui a été mis en place, c'est les formations CNC, qui étaient d'abord pour les producteurs, puis maintenant, qui sont généralisées à l'ensemble des tournages. Donc, je voulais avoir votre retour là-dessus. J'imagine que vous en avez déjà suivi une, savoir, ou plusieurs, je ne sais pas, savoir si vous avez un retour spécifique, des recommandations sur ces formations, un regard. C'était ma première question.
On est tous allés là-bas au CNC. Moi, j'étais au tout début. Ce n'était pas très, très bien organisé. Et moi, je vous fais une confidence. Il n'y avait que des hommes, il n'y avait que des producteurs hommes. Il n'y avait pas de femmes. Et la personne qui a mené les débats, elle était, c'était même assez touchant. Tous ces hommes avaient peur. Ils avaient entendu, parce que tout d'un coup, on l'aura vu défiler tout ce qu'il ne fallait pas faire et tout ça. Et je trouvais que les films étaient bien. La présentation de la dame qui faisait ça, on sentait que ce n'était pas au point. Mais par contre, les films présentaient très bien le montage, les fêtes de fin de film. Donc, c'était bien.
Et moi, je pense que depuis, tout le monde a fait cette initiation. Et c'est très bien. Et même moi, j'ai le festival francophone d'Angoulême. on l'a fait et tant mieux.
Madame Legrin, vous avez une deuxième question ?
Oui, sur les autres préconisations. Est-ce que vous avez un regard sur la question des coordonnateurs et coordonnatrices d'intimité, par exemple, qui est un rôle qui se développe ? Est-ce que vous, vous avez été amené à travailler avec des coordonnateurs et coordonnatrices d'intimité ?
Et puis, la question du rôle des référents, je vous mets tout d'un coup parce que vu qu'il y a des problèmes de micro, les questions des référents VHSS, est-ce que vous, vous avez déjà été amené en fait à réceptionner, puisque vous nous avez parlé d'un exemple antérieur où vous avez pris des décisions en tant qu'agent, mais est-ce qu'en tant que producteur, vous avez déjà réceptionné une alerte donnée par un référent ou une référente VHSS ? Et sur toutes ces procédures, est-ce que vous avez un regard à nous donner ?
Il faut dire qu'on ne tourne pas puisqu'on prépare le tournage de 10% qui se tournera. Donc là, on est en préparation. Et le dernier téléfilm que j'ai fait, c'était avec Marie-Christine Barraud et il n'y avait bien sûr pas de scène de nu. Donc, je n'ai pas... Personnellement, dans ma société, on n'a pas encore eu à faire. Mais moi, je sais que ça se passe bien d'après ce que j'entends dans les échos. Et ça, c'est important. Mais par exemple, on parlait de 37 films à 37 degrés le matin. Maintenant, s'il n'y avait pas quelqu'un sur le plateau comme référent, ça ne serait pas possible. Mais rendez compte... Voilà.
Merci. Monsieur le rapporteur.
Voilà. Pardon. Bon, question un peu délicate. Vous aviez, dans un article au Télérama, suite à des accusations qui vous avaient été portées, cette agression sexuelle, vous aviez déclaré, quand je faisais du casting, j'étais certainement entreprenant. Il a pu m'arriver de mettre la main sur la cuisse d'un beau garçon et qu'il me dise non. Dans ce moment-là et dans ce temps-là, quelles conséquences ça pouvait être sur vos choix ? Est-ce que ça pouvait influencer vos choix ? Et je le dis, on était dans un autre moment. et je pose la question parce que vous avez été accusé et comme ça, vous pouvez y répondre.
Parce que moi, je vais tout vous dire ce qui s'est passé sur ce truc de Télérama. Parce que moi, j'ai envie de déverser aussi. Télérama, qui a défendu tous les grands cinéastes qui sont condamnés maintenant. Moi, j'ai fait 50 ans que je fais ce métier, que j'ai senti qu'on faisait une enquête à Paris sur mon compte. Parce que moi, j'ai plein d'amis qui me téléphonaient. Mais j'ai dit, pourquoi Télérama ? Pourquoi ? Voilà. Parce qu'ils veulent essayer de trouver quelque chose. Ils l'ont fait sur d'autres personnes. Il se trouve qu'ils n'ont rien trouvé. Et que la personne qui m'a téléphoné un jour, vous savez, là, c'est filmé, mais je vais dire un peu ce que je pense.
Il y a une femme, un jour, me téléphone à cause de Téchiné et de Téchiné. Elle me dit, voilà, vous avez été, toute la conversation qu'on fait aujourd'hui, vous avez été un agent et un casting dans les époques où les metteurs en scène étaient des... Comme ça, se sentaient tout permis. Donc, on aimerait avoir votre témoignage. Et je sens que la journaliste que je ne connaissais pas cherchait, cherchait, essayait de faire du buzz. Je m'attendais sur André Téchiné. Moi, je connais bien André Téchiné. André Téchiné, il a sa sexualité. Je n'ai jamais, je n'ai jamais entendu quoi que ce soit. Je n'ai pas travaillé directement avec lui. Et elle me dit, mais je vous parlais.
Je lui dis, mais pourquoi ? Parce que moi, je vais vous dire quoi ? C'était une autre époque. Il ne faut pas regarder cette société. On dit ça très facilement, mais ce n'était pas la même époque. Moi, j'ai fait les nuits fauvres. Et là, l'histoire dont vous parlez avec le garçon, c'est le soir des nuits fauves où tout le monde était parti. On faisait la fête, peut-être un peu trop. Et bien, elle me dit, bon ben, vous ne voulez pas me parler, vous allez vous en souvenir. Voilà. Voilà. Ce n'était pas une journaliste d'un journal un peu, voilà, tous les journaux à sensation. Journal sérieux. Et là, je lui dis, mais c'est quoi ce truc ?
Et donc, ensuite, ce n'est pas cette journaliste qui n'était pas de Télérama. Et ensuite, Télérama, j'ai senti qu'il faisait une enquête, essayait de trouver. Et donc, je dis, mais moi, je les appelle, je vais les voir. C'est Béatrice Dalle qui m'a prévenu. Elle me dit, il y a des fouilles merde qui s'entendent parce qu'elle parle comme ça, qui vont te dire que voilà. Et donc, je les ai vues. Et le jour, là, c'est quand même un peu, ce n'est pas facile de venir parler devant vous quand on connaît la personnalité de Madame Rousseau. On sait que, c'est vrai, on a, tout le monde a peur, je peux vous dire. Vous êtes venus à Grippine. Et donc, et donc, je vais vous dire une chose.
Les deux personnes qui m'ont contacté, ça a été terrible. Elles ont essayé de trouver tout. Elles n'ont rien trouvé. Et ce garçon qui a 10 ans, il y a 30 ans, j'ai voulu l'embrasser, qu'il n'a pas voulu, certainement, c'est vrai. Mais qu'il ose dire, je ne sais même pas qui c'est, qu'il ose dire que je l'ai traité de cafard le lendemain. Mais enfin, c'est hallucinant. Et donc, ils n'ont rien trouvé. Ils ont cherché. Et alors, sur Facebook, Madame, vous devriez plutôt regarder Facebook parce que mon Facebook, quand il y a eu ce papier, il y a eu 2000 personnes qui ont l'hacké en disant, moi, Dominique, je n'ai jamais fait travailler. Jamais il y a eu cette chose-là.
Il n'y a pas un acteur sur la place de Paris qui peut lui dire que je lui dis, si tu me fais des faveurs, tu auras un rôle. Jamais. Jamais. Et un jour, vous demandez à Vincent Lindon comment s'est rencontré. il a un sketch extraordinaire. Ça me permet de parler, en fin de compte.
Alors, en tant qu'Agrippine, je vais continuer.
C'est un personnage très fascinant, Agrippine.
Absolument, comme bien d'autres. Pardon ? Comme Néron, comme d'autres. En fait, moi, parce que vous dites plusieurs fois dans votre audition, c'était mon temps, c'était avant. C'était mon temps.
C'est vrai.
Vous avez utilisé cette expression plusieurs fois. Mais en fait, ce qui me fascine, c'est que vous êtes dans ce temps aujourd'hui aussi, puisque vous êtes un des acteurs très importants du monde du cinéma aujourd'hui. Donc, en fait, quand vous dites c'était mon temps, vous faites référence à une période passée, mais aujourd'hui, vous faites partie des gens qui ont du pouvoir dans le cinéma. Et c'est en cela que, évidemment, enfin, comment je peux dire ça ? Tout ce que vous faites est regardé avec attention. Donc, ce que vous dites sur les nuits fauves, par exemple, sur le fait que, parce que, je salue votre honnêteté, vous dites, je lui ai sans doute demandé d'en tracé. Mais heureusement,
à 20 ans, si on ne drague pas. C'est pour ça que je salue
tout à fait votre honnêteté là-dessus. Est-ce que vous le feriez encore aujourd'hui ?
Non. Alors, je vais vous raconter une chose. Vous me faites beaucoup parler, vous. En fait, vous êtes très forte. Je vais vous dire à quel point, non, mais c'est vrai que ça a beaucoup changé, tant mieux. mais moi, vous savez, quand on est casting et quand on est casting ou agent, qu'on essaye de séduire un garçon dans cette époque et que le type, il dit, je ne veux pas, c'est son droit et tant mieux et c'est mieux pour moi parce qu'il n'y a rien de tel que, vous voyez, on a envie d'être aimé quand même. On a envie que ce soit un échange. Je vais vous dire à quel point ça a changé et tant mieux.
Et donc, moi, j'ai fait un tournage récemment et alors, bon, les gens me connaissent, donc j'arrive sur le tournage trois jours avant la fin, un très beau film et il y avait, je n'avais jamais vu un drone et tout d'un coup, je prends un drone dans mes mains et je dis, il y avait un jeune assistant machino électro, un jeune qui, je dis, vous pourriez faire la photo prendre la photo ? Il m'a dit, ben oui, il prend la photo. Deux jours après ou trois jours après, il y a la fête et je n'avais pas revu Sabine Oudpin et Marc-Christine Barraud depuis longtemps, c'était la fête de fin de film, je suis producteur du film et je vois, j'ai dit, ça serait bien qu'on garde cette photo.
C'était une fête à Angoulême sur une terrasse et je vais voir, je reconnais que le jeune, celui qui a fait la photo et je lui dis, Coco, tu pourrais faire une photo ? Et il vient là et le lendemain, il fait un signalement. Donc, je me dis, ça a changé. C'est-à-dire que moi, le fait que je lui ai dit Coco, comme ça. Donc, heureusement que je, voilà, mais heureusement que j'étais en groupe, imaginais que le type, je ne sais pas, mais il a fait un signalement. Il pouvait me dire, Dominique, c'est terminé, on n'a pas à faire ça, je ne suis pas votre employé, c'est votre employé, mais je ne suis pas. Donc, j'ai compris.
Et j'ai compris aussi qu'à la fête de fin de film, à l'époque, les nuits fauves, on se... Et là, maintenant, les fêtes de fin de film, d'un côté, il y a les garçons, de l'autre côté, les filles. Ils viennent au milieu et c'est faginant. On se croirait en Bretagne. Eh bien, je me dis que la vérité, Madame la Présidente, elle est entre les deux. Peut-être que c'était un peu trop avant. Elle est au milieu du feste nose. Et avant, c'était trop avant et maintenant, c'est un peu...
C'est pas tout à fait les échos qu'on a dans cette commission, quand même, un des fêtes de 20 ans en âge. Il n'y a pas la table des garçons à la table des filles et le feste nose au milieu avec les petits doigts et comme ça, on est dans quelque chose de beaucoup plus convivial. Voir même un lieu de danger d'exposition à des violences puisque nous avons eu plusieurs témoignages en ce sens. Madame Legrin, vous aviez une autre question ? Oui ?
Justement, pour comprendre ce que dans cette époque d'aujourd'hui, ce que vous trouvez, ce que vous, vous considérez normal ou pas. Et par exemple, est-ce que vous... Là, vous avez mentionné un signalement. Je ne savais pas que vous alliez raconter ça, mais si aujourd'hui, un jeune acteur ou une jeune actrice signalait le fait qu'un directeur de casting ou un producteur lui avait proposé de le rejoindre chez lui alors qu'il y a le cadre d'une relation professionnelle ou d'un casting pour un tournage futur.
Et si cette personne le signale, vous, vous considérez que ça va trop loin ou est-ce que vous considérez que ça fait partie des choses qu'on ne peut plus accepter maintenant dans la profession ?
On fait d'accord maintenant. Non, mais je vous racontais cette histoire de signalement qu'à une autre époque, dire coco, Claude Sauté, il faisait toujours coco. Alors, au coco, ça va ? Il y aura un signalement maintenant. Alors, c'est pour vous dire que c'est vrai qu'il faut faire attention. donc maintenant, tu restes sur tous les tournages. Il y a un technicien chargé de dire les problèmes et voilà.
Et aujourd'hui, si une femme vous faisait part d'un comportement inapproprié, une femme ou un homme d'ailleurs, vous faisait part d'un comportement inapproprié sur un de vos tournages, comment réagiriez-vous ?
C'était un autre acteur. J'irais voir l'autre acteur en disant écoute, tu te calmes parce que franchement, tu étais dans une autre époque et puis même, sans en parler d'une époque, tu n'as pas de conduire comme ça. Et si c'est, je ne sais pas, le signalement, ça peut être que justement, il y a aussi, on oublie aussi, mais il y a aussi le verbe. On peut très mal parler à un acteur, à une actrice et ça non plus, ce n'est pas possible d'accepter ça.
Madame Legrin.
Bon, là, parce que là, on est flou dans les discours parce que les signalements, ça peut toucher plein de types de choses, mais si quelqu'un vous dit, enfin, ce comportement inapproprié, parfois, c'est des choses qui relèvent, qui peuvent relever de la loi, voilà, ou de l'obligation, on va dire au moins du point de vue du code du travail, de l'obligation de l'employeur de prendre des mesures de précaution.
Donc, par exemple, vous avez déjà eu recours à des enquêtes internes ou est-ce que, dans quel cas, à partir de quel moment, vous pouvez, si quelqu'un vous dit, par exemple, vous avez un acteur ou une actrice qui vous dit, cette personne a été lourde et m'a fait à plusieurs reprises des allusions sexuelles, est-ce que, du coup, vous allez voir l'acteur pour dire maintenant les allusions sexuelles, ça suffit, ou est-ce que vous pensez qu'on est déjà dans le stade de quelque chose qui est répréhensible par la loi et qui peut donner lieu à une enquête interne ?
Ben, s'il l'a fait à plusieurs fois, ça vaut... Mais même dès la première fois, elle est venue se plaindre, fais attention quand même, tu ne peux pas, ou alors, je veux dire, ça va se savoir très vite. Et maintenant, ça se sait vite parce que maintenant, il y a des réputations... Moi, à mon époque, c'était plutôt les réputations de la drogue en disant, attention, lui, il se droit. Maintenant, on parle moins de la drogue et plus des conférencements inappropriés.
Madame Legrin.
C'est pour ça que j'étais un peu précise sur la question de l'enquête. C'est-à-dire que ce n'est pas la même chose d'aller voir quelqu'un pour dire, fais attention, que de considérer que là, il y a des signalements qui relèvent de choses qui sont répréhensibles par la loi et qui font qu'on passe... Enfin, parce que normalement, tout le sens de la formation maintenant pour les producteurs, c'est d'apprendre des moments où ça ne se règle pas avec la personne mise en cause, mais ça se règle à travers des procédures, des enquêtes internes et des décisions parfois justement de mise à l'écart des personnes concernées après enquête, par précaution.
Je vais vous dire, moi j'appartiens au groupe MediaOne au niveau de la protection, je vais vous dire, la moindre chose, ça c'est tant mieux. Et sur les tournages, si par exemple, je ne suis pas sur les tournages tout le temps, s'il y a un problème comme ça, la directrice de production, le directeur de production, à un moment donné, nous prévient et peut-être qu'à ce moment-là, on n'a pas encore eu ça. Donc si, voilà.
Alors, je dois, parce que là, dans les auditions, ça fait plusieurs fois, c'est bientôt fini, monsieur, vous avez encore un quart d'heure. Dans les auditions qu'on a eues, il y a souvent, la question est posée de licencier la personne, de la virer ou pas. Mais en fait, il y a quand même une gradation, je le pose là pour les personnes qui peuvent nous écouter, c'est qu'il y a un avertissement, un rappel à la loi, il peut y avoir un blâme, un écrit. En fait, il y a quand même...
Il y a déjà un signalement. Non, mais le signalement,
évidemment, suite à un signalement, il peut y avoir avertissement, blâme, etc. C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé, parce que là, on a l'impression que c'est du tout ou rien, mais en fait, il y a quand même une gradation des sanctions. Et je pense que c'est important de le rappeler parce que cette question de l'avertissement, par exemple, n'a jamais été posée alors qu'en droit du travail, on peut poser des actes avant le licenciement et c'est même heureux de le faire. Monsieur Malanant.
Ce n'est pas génial.
Je l'enlève là. Non, je n'ai plus le droit. Ça y est, voilà. Bon, votre troisième vie, c'est producteur maintenant, aujourd'hui. Vous avez été directeur de casting, agent, et aujourd'hui, vous êtes producteur. Donc là, vous l'avez dit, vous êtes en train de préparer 10%. Comment est-ce que vous prenez, est-ce que vous avez décidé, par exemple, au début de 10%, maintenant dans le cadre des nouveaux accords, il y aura des obligations de formation avant le début du tournage, mais vous, en tant que producteur, est-ce que vous avez l'intention, vous n'êtes pas producteur sur 10% ? Non ? Co-producteur. Oui, oui, non, mais d'accord, d'accord, vous êtes co-producteur.
Est-ce que vous engagez, justement, à avoir un discours sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et d'avoir une, par rapport à votre expérience, votre vécu, ce que vous nous avez dit aujourd'hui, la volonté de dire, maintenant, c'est tolérance zéro sur mes tournages et sur nos tournages. Et est-ce que vous avez la conviction, d'ailleurs, parce que c'est ça qui est plus important que de dire tolérance zéro, est-ce que vous pensez que ça peut même être plutôt bénéfique à tout le groupe et au film qui sera produit à la fin de ce moment ?
Pour le moment, on est en train d'écrire le scénario. On est à la fin, là. Mais n'empêche que sur 10%, je vous rappelle qu'il y a un épisode où Juliette Bénoche et on était déjà... Ce n'était pas MeToo, on n'en parlait même pas. On a été... Il y a plein... Même le fait que l'héroïne soit lesbienne, je veux dire, on était très en avance sur 10%. Et je peux même vous dire, comme on est... Je suis extrêmement... Moi, je suis toujours sincère et transparent. J'ai eu un peu des conflits avec la scénariste Fanny Herrero parce qu'elle me disait « Mais toi, tu parles... C'est un peu l'ancien monde. » Et là, à l'époque, il n'y avait pas encore eu l'article de Télérama. Et elle me disait...
Elle me dit « Mais Dominique, arrête. Ce n'est plus comme ça. » Et elle a été... Et s'il y a tout le côté un peu provocateur en se disant et même en bousculant certains tabous, c'est grâce beaucoup à Fanny Herrero parce que moi, j'étais un peu dans la nostalgie du cinéma et voilà. Et donc, c'est pour ça que cette série, elle a fait le tour du monde. et là, maintenant, il y a des adaptations dans le monde entier. Et donc, ça veut dire que cette série parlait de quelque chose dont on n'avait pas encore parlé. Moi, quand j'étais môme, à l'époque, il y avait une... Du reste, c'était bien parce qu'à l'époque, c'était courageux. Il y avait « Les Saintes Chéries » avec Mille Chineprelle.
C'était une femme qui avait décidé de prendre sa vie en main que le « Comment ça s'appelle ? » son mari qui disait... C'était peut-être la première série féministe avec Mille Chineprelle. Eh bien, ça avait fait le tour du monde. Donc, vous voyez, 50 ans après, est-ce que j'ai répondu ?
Vous avez parfaitement répondu. Je vous propose qu'on termine cette audition juste en vous disant que MeToo est un mouvement social d'ampleur et qu'il est important ce mouvement-là parce que je rappelle qu'il y a une femme qui est violée toutes les 7 minutes en France et que toutes les victimes que nous avons reçues ici, hommes comme femmes d'ailleurs, alors évidemment, il y avait plus de femmes que d'hommes, mais il y a eu aussi des hommes, nous ont tous relaté des agressions multiples, en fait, pas juste une fois, pas juste sous... dans un tournage qui s'est mal passé, mais vraiment de manière régulière dans leur carrière.
Et en fait, c'est ça à quoi on s'attèle dans cette réunion et loin d'être de la morale, comme vous l'avez qualifiée tout à l'heure, la question est de savoir comment on fait respecter le droit et le corps des personnes parce qu'en fait, c'est essentiel parce qu'il y a plein de gens qui ont quitté le cinéma à cause de ça et sans doute, le cinéma a-t-il perdu des talents à cause de cela parce qu'il y a plein de personnes qui ont subi des choses qu'elles n'avaient pas à subir et il y a eu une forme, je pense, quand même de complaisance et c'est ce qu'a dénoncé aussi Judith Godrech quand elle dénonçait le fait que quand elle avait 15 ans, 14 ans, et bien personne, finalement, n'a trouvé ça anormal qu'elle puisse être avec.
Et c'est normal qu'elle le dise et c'est bien qu'elle le dise parce que ça fait avancer les choses. Alors vous qui dites tout le temps que vous êtes de l'ancien temps, et bien peut-être que je conclurai cette commission en disant soyez de ce temps-là M. Besnéard parce que nous avons aussi besoin de vous.
Merci beaucoup Mme la Présidente. Et ça c'est filmé. Je vais avoir un procès Télérama à mon avis. Télérama à mon avis.