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interviewyoutube.com· 15 juin 2021 70 min

Grand entretien avec Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour, Xavier Bertrand. Bonjour. Bonjour, M. Bertrand. Bonjour. Merci de consacrer ce contre-entretien dans le cadre des élections régionales en France. On va d'abord parler du bilan et ensuite on va parler des grands thèmes de ces élections régionales. J'ai une première question à vous poser. On va revenir en 2015, lors de la précédente élection. Vous affirmez souvent que vous avez été profondément marqué par cette campagne de 2015. Vous a-t-il changé dans vos convictions politiques et dans votre façon d'aborder les dossiers ?

0:33
Xavier Bertrand

Dans mes convictions politiques, non. Mais dans ma façon d'aborder les dossiers, oui. Parce que ce que j'ai vu en 2015, c'est des gens qui ne voulaient pas m'écouter, pas me parler, ou encore moins voter pour moi, ce qui était leur droit, mais qui disaient de toute façon la politique, on n'y croit plus. Vous avez été ministre, vous avez été député, tout ce qu'on vit, vous en êtes responsable. Alors dehors. Et là, ce que j'ai vu, c'était à mes yeux la mort de la politique, la fin de la politique. Et j'ai été réélu dans des circonstances exceptionnelles.

Il ne faut pas se raconter l'histoire, notamment le retrait, totalement républicain, de Pierre de Saint-Ignon, sans négociation, sans condition. Et là, je me suis dit qu'il fallait absolument que la politique apporte des résultats. Vous pouvez faire tous les discours du monde. Pour les gens, c'était du blabla. Il n'y avait que les résultats qui comptaient. Et dès le lendemain de cette élection, c'était le dossier Pender, une usine qui devait fermer, abandonnée par ses actionnaires. Ça a été proche emploi. Aussitôt, on s'y est mis avec cette obsession des résultats.

1:31
Présentateur

Est-ce que vous estimez avoir réussi votre mandat ?

1:35
Xavier Bertrand

Je ne suis pas forcément le mieux placé, ou en tout cas celui qui peut avoir le regard le plus indépendant. Je ne sais pas si vous croyez au sondage, vous. Il y a les sondages pour l'avenir. Ça, on peut être plus réservé. Et puis, il y a les sondages où on demande aux gens ce qu'ils pensent du bilan. Et aujourd'hui, deux habitants sur trois de la région disent « il a bossé, ils ont bossé. » Parce que je n'ai pas bossé seul. Et quand il y en a deux sur trois, ça montre qu'au final, quand on est concentré sur l'intérêt général, quand on est concentré sur les priorités, qu'on est encore une fois avec cette idée fixe des résultats, ça peut changer le regard des gens sur la politique.

Donc, je pense qu'en matière d'emploi, on n'a pas tout réussi. Je ne suis pas superman, je n'ai pas de baguette magique. Mais en revanche, il y a quand même une idée. Le chômage a reculé dans la région. Ce n'est pas moi qui le dis. L'INSEE, ce n'est pas le conseil régional, c'est l'INSEE. On était à 12,3% de taux de chômage. On est aujourd'hui à 9,3%. Il s'est passé quelque chose. Ça a baissé plus vite qu'au niveau national. Donc, encore une fois, si ça avait augmenté, alors là, je sais qu'il aurait été le responsable, c'est moi. Si ça a baissé, on y est peut-être pour quelque chose, en n'oubliant pas que ce sont les entrepreneurs qui créent de l'emploi, pas les politiques.

Mais d'ailleurs, les pourcentages, ça veut dire qu'il y a 350 000 personnes dans la région qui sont encore privées d'emploi. Et donc, c'est la raison pour laquelle je suis à nouveau candidat et que l'emploi n'est pas devenu la cinquième ou la dixième priorité. Ça reste la première priorité. Avec d'autres, mais la première priorité.

3:09
Présentateur

Alors, lors de votre mandat, quels ont été les moments les plus forts, les plus intenses pour vous ?

3:14
Xavier Bertrand

À ce qu'au val, à ce qu'au val, quand on réussit à bousculer tout le monde et qu'on réussit aussi à mettre un terme au cynisme d'État. Parce qu'on était sur une chronique d'une mort annoncée. L'apprent-entendu personnel avait beau à l'armée, les élus locaux avaient beau mettre leur force avec les leurs, il n'y a rien qui bougeait. Et il faut qu'on ait une réunion dans l'hémicycle où je parle d'un assassinat politique, du cynisme d'État, pour que là, l'État se dise, on ne peut pas le laisser faire comme ça, ça va finir par se voir qu'on veut la mort d'Ascobal. Et là, tout change. Puis, je l'assume également.

La visite du président de la République dans la région, où je sais qu'il va venir et où je décide de remettre le sujet sur la table. Et c'est comme ça que le regard de l'État change. Et que parce que les gens qui sont là-bas bossent de façon remarquable, parce que les représentants du personnel ont été top, les élus locaux, plus confondus ou presque, décident d'aller sur ce dossier, qu'on réussit aujourd'hui à ce qu'Ascobal, ça produise, et que ça soit toujours ouvert. Puis il y a le canal aussi. Le canal, c'est pareil également. Vous savez, je veux dire qu'on se bat. Ça a été notre marque de fabrique et ça restera notre marque de fabrique. Mais le canal est l'Arlésienne.

L'Arlésienne, depuis 30 ans, plus personne n'y croyait. Et pourquoi ? Parce que l'État n'y croyait pas. Bercy, les cordons de la bourse, qui disent que ça coûte cher pour faire passer les péniches, ils n'ont rien compris. Ils n'ont pas compris que c'est de l'emploi. Pour construire le canal. Puis derrière, sur les fameuses plateformes, les ports intérieurs, Dunkerque, l'île Saint-Sauve, des ports intérieurs, et un port extérieur Dunkerque, qui vont en bénéficier. 20 000 emplois, on ne va pas trouver ça sous le sabot d'un cheval. Et donc, l'idée, c'était de se battre sur ce projet.

Au bout d'un moment, en voyant que tout avait été à nouveau enterré, c'était là l'enterrement de première classe. C'était terminé. Oulah, je dis, dans ces cas-là, vous n'y croyez pas, vous ? La région, les départements, on y croit. On prend les clés de la péniche, les clés du canal. Et là, encore une fois, le président de la République qui vient à Amiens, je me dis que c'est l'occasion. On a réuni tout le monde, toutes les forces économiques et politiques, un vrai consensus. On prend une page entière dans la presse, et on dit, les engagements, ça se tient. Et là, le gouvernement fait marche arrière et nous confie les clés. Ça, c'est des moments très forts, très, très forts.

5:33
Présentateur

D'accord. Concernant la fusion, estimez-vous avoir réussi la fusion des deux régions, Picardie et Nord-Pas-de-Calais ?

5:41
Xavier Bertrand

Il peut toujours faire mieux, mais en tout cas, nous, on a préservé l'équilibre. C'est un Picard qui est à la tête de cette région. Donc, moi, je ne risque pas d'oublier cet équilibre. Je suis Saint-Quantinois, j'habite toujours Saint-Quentin. La première vice-présidente, c'est Brigitte Fourret, mère d'Amiens. Donc, on a voulu symboliser cela. On a ouvert des antennes dans toute la région. On a gardé également des missions importantes au sein du conseil régional. Et puis, le barreau Amiens-Crey-Roisy, négocié, décidé avec Bernard Cazeneuve. Ça profite à qui ? Nord-Pas-de-Calais ou à la Picardie ? La Picardie. La mise à deux fois deux voies de toute la route nationale 2.

Paris, Soissons, Lens, Hirson, La Capelle. Ça profite à qui ? Beaucoup à la Picardie. Puis, le canal Seine-Nord-Europe, il commence par où ? Il ne commence pas par Lille. Il commence par la Picardie. Ce qui montre bien, on n'aurait pas été une seule et même région. On ne l'aurait jamais eu. Mais surtout, on n'aurait pas été une seule et même région. La Picardie n'aurait jamais bénéficié de ces investissements-là. D'ailleurs, ça n'avait jamais eu lieu. On en parlait depuis longtemps. Il n'y avait pas le début du commencement, du départ, des travaux. Donc là, aujourd'hui, c'est parce qu'on est une grande région qu'on y arrive.

Mais il faut toujours faire attention à ce que les gens ne se disent pas. Lille, c'est loin. Loin des yeux, loin du cœur. Jamais. Et c'est aussi pour ça que je suis si peu dans mon bureau à Lille. Parce que la région, c'est partout. Et la région, ce n'est pas dans le bureau du président du conseil régional.

7:08
Présentateur

Est-ce que vous considérez sur le terrain que les habitants, une communauté de destin qui s'est créée entre les habitants de Picardie, les habitants du Nord-Calais ?

7:15
Xavier Bertrand

Plus, ça ne fait pas un siècle, mais ça fait quand même maintenant bientôt 5 ans. Même si, quand je dis sur les 5 ans, il y a un an et demi où tout le monde a eu la tête à la gestion, comme on traverse la crise Covid. Oui, mais je pense qu'on a réussi à faire une région. Et puis, je pense que même si chacun se sent Picard ou Chetille, on a le sentiment que les Hauts-de-France s'accomptent. On est devenu la troisième région de France. Il y a une fierté. Mais on n'a jamais parlé autant de la région de France. Jamais. Et puis, quand même en bien, en mieux.

Et je ne parle pas seulement de la victoire du LOSC, avec la une d'un de vos confrères, l'équipe, qui le lendemain titre avec une photo magnifique, où ils sont tous sourires, il dit « les plus hauts de France ». C'est aussi une fierté. Ce nom renvoie à ce qu'on a en nous. On n'est pas des gens qui, comme on dit parfois, on ne se ramène pas, on ne se la joue pas. Les gens d'ici sont plutôt des faiseux, des idées. Mais quand même, cette fierté qui est légitime chez nous, je trouve qu'il est bien qu'elle puisse s'exprimer. On est fiers de la région. Et moi, je suis fier d'être à la tête de cette région.

8:26
Présentateur

Au cours du mandat, lors des séances plénières, il y a eu de nombreux incidents de séance. Hélas. Parfois, partir en pleine séance, où on sentait que l'ambiance était parfois irrespirable. En tout cas, je l'ai vécu comme ça. Moi aussi. Vous avez engagé un bras de fer avec votre opposition ARN. Quelle a été votre ligne de conduite face à cette opposition ?

8:45
Xavier Bertrand

J'ai voulu voir au départ quelle a été leur attitude. Alors, on peut très bien dire que les tors sont partagés. Mais quelqu'un d'objectif qui regarderait les séances ou les incidents, allez, à lui de se faire juge de qui porte la responsabilité. On n'a pas la même conception des choses. En politique, on a le droit d'avoir des oppositions. C'est même totalement légitime. Non, c'est même simple. C'est même simple d'avoir des oppositions. Mais je crois que quand on pratique l'amalgame, les mensonges, quand on s'en prend aux personnes, là, je ne suis pas d'accord, ce n'est pas ma conception de la vie démocratique. Et puis, c'est les électeurs qui l'ont voulu.

Et puis aussi, le fait que Pierre de Saint-Ignon ait retiré sa liste, c'est quand même pas bon que l'hémicycle du Conseil Régional ne représente pas toute la société politique de la région. Et donc, c'est aussi pour ça que je pense que dans les années qui viennent, il y aura une opposition qui sera différente, plus large, pas représentée par le seul Front National. Et je pense que c'est mieux comme ça.

9:45
Présentateur

J'ai une dernière question concernant 2015. On parlera de votre projet ensuite. Vous avez été élu avec votre électorat traditionnel, mais aussi avec les voix de la gauche au second tour. Est-ce que vous l'avez pris en compte dans les choix que vous avez pu prendre au cours de ce mandat ?

9:58
Xavier Bertrand

À titre personnel, déjà. Pierre de Saint-Ignon, vous étiez en opposition. Et après les élections, j'ai fait ce que j'avais dit. Donc, Pierre a été là avant les sessions du Conseil Régional. J'expliquais ce que nous allions présenter, ce que nous allions délibérer. Et il y avait son regard sur ces choses-là, sur les délibérations du Conseil Régional. Et puis, on a réussi ensemble à faire prendre une autre dimension à Eurotechnologie. C'était son idée. Et moi, je voulais que ça ait sème dans la région. C'était son idée depuis un moment. On l'a fait. On l'a fait. Saint-Quentin, notamment, est une formidable réussite pour Eurotechnologie. Et puis, il y a aussi un autre aspect.

J'ai des défauts, mais je ne suis pas sectaire. Je ne l'ai jamais été. Mais là, j'ai imposé à mon équipe que jamais il n'y ait de réflexe sectaire. On m'a dit, oui, mais alors on est des communes. Ce n'est pas de notre bord. On s'en moque. Ce n'est pas que ce soit de notre bord. C'est de notre région. Et donc, certains se disent, oui, mais avant, ça ne se passait pas comme ça. Je me moque de ce qui se passait avant. Même si c'était en sens inverse, il y a des bons projets, on les aide.

Et donc, on a aidé des mairies socialistes, des mairies centristes, des mairies communistes, des mairies gaullistes, des mairies indépendantes, même Villers-Cotterêts, même Énim-Bomont, ont bénéficié de financements de la région. Ce que je vous dis, j'ai des défauts, mais je ne suis pas sectaire et je ne serai jamais. Et on a aidé tout le monde. C'est ma conception de l'intérêt général.

11:22
Présentateur

Venons-en à une des compétences fortes de la région, c'est le développement économique. Et qui dit développement économique, dit emploi. Vous avez créé Proche-Emploi. Alors déjà, quel bilan en tirez-vous ? Et quels de vos efforts peut-on mener en termes de formation ?

11:35
Xavier Bertrand

Quels efforts ? Un pilotage unique. Vous êtes demandeur d'emploi. Vous êtes entrepreneur à qui vous vous adressez. Il faut que les choses soient simples. Si ce n'est pas simple, ça ne marche pas. Si c'est simple, ça peut mieux marcher. Et donc, très clairement, moi je plaide pour les formations qu'il y ait un pilotage unique. Je ne veux pas devenir le patron de Pôle emploi, je ne veux pas que disparaisse Pôle emploi, mais je voudrais par exemple que pour les formations, regardez, je forme 60 à 70 000 à la région demandeur d'emploi. Pôle emploi en forme aussi. Pourquoi il n'y a pas un seul pilotage ? Ça serait beaucoup plus simple.

Pour financer les aides au permis, des aides individuelles, il faut que les choses soient simples. Et je plaide pour ça. Pourquoi j'ai créé Proche emploi ? Parce que je voyais bien qu'il y avait des offres d'emploi que n'avait pas Pôle emploi. Et on a voulu, c'était aussi d'ailleurs, les plateformes pour l'emploi et l'idée de Père de Saint-Ignon que j'ai développées dans toute la région. Et d'ailleurs, on a bossé avec des intercommunalités, quelle que soit leur sensibilité politique. Et derrière, on a plus de 21 000 personnes qui ont retrouvé un boulot uniquement avec Proche emploi, uniquement avec ça. Ça valait la peine.

Quand j'ai lancé, j'ai dit, écoutez, si une personne retrouve du boulot, ça vaudra la peine. On est à plus de 21 000. Plus que la population de Denain ou d'Abbville. C'est comme si toute la population était au chômage et qu'on réussisse en 5 ans parce que toute la population a retrouvé un emploi. Ça valait la peine. Alors on me dit, ouais, mais le rapport de la Cour des Comptes dit que c'est pas génial. Non, c'est pas ce qu'ils disent. Ils disent que c'est pas assez connu. C'est normal. On est les seules régions à en parler quasiment. Il faut faire des campagnes. Pourquoi ? Parce que les autres acteurs, comme c'est pas à eux, ils en parlent pas comme nous on en parle.

Il y aurait un pilotage unique, encore une fois, c'est la recherche d'efficacité. Donc après, on peut me faire tous les procès du monde et me dire, mais Bertrand, quand il a été élu, il avait dit qu'en septembre, il y aurait 60 000 personnes qui retrouveraient un emploi. J'ai moi-même fait un point presse le jour venu en me disant, écoutez, je ne suis pas à 60 000, je suis à 51 000. Et mon objectif, 54 000, 54 000. L'objectif, il est atteint à 90 %. J'ai joué carte sur table. Je joue la vérité. Maintenant, on dit oui, mais 60 000, 21 000. Non, non, il ne faut pas confondre. J'avais pris un engagement sur 60 000. On a été à 54 000 à l'époque.

Aujourd'hui, on est bien au-delà des personnes qu'on retrouve un emploi, mais ça me prend une chose. C'est quand un politique donne des objectifs chiffrés, personne n'y croit. Sauf vos adversaires et les journalistes qui retiennent bien pour vous les ressortir. Donc, il faut faire son boulot, mais clairement, il faut moins la ramener et un peu plus se retrousser les manches. Bonne leçon.

14:13
Présentateur

Alors, l'emploi industriel a ce qu'on a souffert. Quels sont vos projets du côté de l'emploi industriel et de l'emploi industriel ? L'emploi industriel, oui, pardon. Et surtout, faire en sorte que la création d'emplois industriels arrive à une dynamique un peu plus positive, contrairement aux années précédentes. Est-ce que vous confirmez le chiffre de M. Chenu qui dit que pendant le mandat, on a perdu 20 000 emplois industriels ?

14:36
Xavier Bertrand

Je vois surtout ce qu'on a créé, moi. Ce que je demande... M. Chenu, c'est tout va mal. Tout va mal. Il n'apporte pas de solution, mais tout va mal. Moi, je vois bien les difficultés, mais moi, je trouve des solutions. C'est la différence entre lui et moi. Moi, je pense qu'un politique, un responsable politique, il est là pour apporter des solutions aux problèmes. Pas pour dire qu'il y a des problèmes, il y a des problèmes, il y a des problèmes. On le sait qu'il y a des problèmes. Ça fait des décennies qu'on sait qu'il y a des problèmes dans la région, sauf que c'est une région qui a le potentiel pour se relever, pour rester droite, pour être fier. Donc, on prend sur l'emploi industriel.

L'emploi industriel baisse en toute la France depuis des années, des années. Sauf que depuis 4 ans, ce ne sont pas les chiffres, ce ne sont pas les chiffres de Xavier Bertrand et de son équipe, ce sont les chiffres de Business France, organisme indépendant, d'un cabinet indépendant à un autre qui s'appelle RCNU, ça fait 4 ans de suite qu'on est la région de France qui attire le plus d'industries, de projets industriels. Un emploi industriel sur 5 en France et dans la région, 20%. On est 10% de la population de la France, on a 20% de l'emploi industriel créé. Et ça ne doit pas être le fait du hasard non plus.

Ils n'ont pas fermé les yeux en faisant tourner une boule en disant « Tiens, on va dans les Hauts-de-France ». Pourquoi ? C'est parce qu'on croit l'industrie, on met aussi des moyens sur l'industrie, on prend des exemples précis, concrets, là, tiens, parce que ça, je ne pense pas qu'on puisse réfuter. Quand Toyota vient d'initiative de Jean-Louis Borloo à Valenciennes, on produit combien de voitures là-bas ? Une. On en produit combien maintenant ? Deux. Pour produire la deuxième, il faut des investissements importants. La région a mis de l'argent. Maubeuge, MCA, ça devait être rayé de la carte. Renault, on va plutôt mettre ça sur Douai.

Non, non, nous, on ne voulait pas Douai à la place de Maubeuge, on veut Douai et Maubeuge. On s'est battu, non seulement on s'est resté, mais en plus, 300 recrutements. Et Douai, on va en plus des voitures fabriquer les batteries. Ça, c'est du concret. C'est du concret. On n'a pas gagné à tous les coups, parce que j'ai en mémoire un combat, notamment, qu'on avait avec Bernard Baudou, maire de Noémerie, sur Akers, où on avait fait une offre, elle n'a pas été retenue par le tribunal, parce qu'on pensait qu'il y avait un potentiel sur Akers. Et vous prenez dans l'Aisne, NMLK, sur tout ce bassin, Choni, Ternier-Laffaire, on n'a pas pu trouver le repreneur.

J'ai essayé avec des repreneurs même russes, on n'a pas réussi, mais au moment où je vous parle, il y a un repreneur sur l'activité et qui reprenne des salariés. Encore une fois, on ne peut peut-être pas gagner à chaque fois, mais on doit se battre à chaque fois. Et c'est vrai sur l'industrie, parce que je continue à croire à l'industrie, et même si la région a déjà des résultats, une grande partie des solutions, c'est aussi au sommet de l'État. Il faut aller beaucoup plus loin sur la graisse des impôts de production. Et ça, c'est mon cheval de bataille. C'est aussi trouver le personnel, c'est simplifier les différentes formalités. Non, on a eu de vraies réussites.

Et sur l'industrie, ce qui est très important, c'est de soutenir l'industrie d'aujourd'hui, et c'est préparer l'industrie de demain. La batterie électrique, c'est pareil. C'est aussi beaucoup d'argent qu'on a mis sur la table en travaillant avec les intercommunalités, mais l'usine ACC à Dourin, c'est 2000 à 2400 emplois. Et la deuxième usine de batterie avec Renault, c'est aussi des emplois en plus. L'alimentation animale, les insectes. Il y a des entreprises qui étaient des start-up qui deviennent des entreprises industrielles. C'est dans les Hauts-France, ce n'est pas ailleurs. Ça devait partir ailleurs. On s'est battus pour les avoir.

Innovafeed, Insectes, c'est des emplois demain pour demain, mais ça a déjà commencé aujourd'hui.

18:10
Présentateur

Pour le tissu économique local, je parle des PME, des commerces, de l'artisanat, des ETI, des indépendants, vous en parlez beaucoup. On voit qu'il y a un projet de loi qui est en cours pour pouvoir les sécuriser pour faire en sorte que les indépendants...

18:21
Xavier Bertrand

Enfin, c'est en décembre que je demande à M. Griset à Saint-Quentin qu'on mette en place un plan d'action pour les sécuriser, les protéger. Il aura fallu combien ? Attendre combien pour le faire ? Ce n'est pas normal. C'est en décembre à Saint-Quentin, Palais de Ferval, que je lui fais des propositions concrètes. Et on va parler du texte là pendant l'été, avec tout le temps perdu pour les professionnels. Parce que vous voyez, j'ai parlé des industries. On pourrait se dire oui d'accord, il parle de Toyota, de Renault, de PSA. Mais pour moi, tout compte. Un groupe qui a des dizaines de milliers de salariés, ça compte. Mais un entrepreneur avec un salarié, ça compte également.

Et je veux, comme on l'a fait pendant la crise Covid, qu'on soit à côté des artisans, des commerçants, des professions libérales. Parce que, très clairement, le tissu économique de la région, c'est eux aussi. TPE, PME, les ETI, comme on dit, entreprises de taille intermédiaire, et les grands groupes. Moi, je veux l'ensemble. Et là où il faut aussi qu'on fasse très attention, et c'est pour ça qu'on prévoit un nouveau plan de relance régional, plan de relance, plan de soutien, on va en parler, à la rentrée, c'est parce que je veux les garder. Je veux les garder.

19:29
Présentateur

Alors justement, pour ce tissu économique, quelles sont vos nouvelles propositions pour consolider leur activité ? Déjà, la mise en place

19:37
Xavier Bertrand

d'un fonds régional très important qui pourra mobiliser un milliard d'euros pour les années qui viennent. Un milliard d'euros. La région, 300 millions d'euros avec l'effet levier, un milliard d'euros. C'est-à-dire une entreprise, quelle que soit sa taille, qui a des projets, elle aura accès à ce financement. Elle a des problèmes, elle pourra avoir accès à ce financement. Ça va du fonds premier secours au nouveau fonds qu'on vient de mettre en place sur la transformation. Un milliard d'euros. Il y a le rôle des banques, il y a la région. Le deuxième phénomène, c'est que quand on voudra s'implanter ou quand on voudra s'étendre dans la région, on met en place une task force.

Je ne vais pas trouver de mots plus difficiles, plus clairs, mais c'est quoi l'idée ? Une task force politique, les élus, économique, le monde économique et administratif pour pouvoir faire en sorte que sur tout projet, on gagne du temps dans la région. Et que vous transformez le parcours du combattant pour s'implanter en tafis rouge pour s'implanter. Un exemple, soyons concrets, Yvalet. Yvalet, c'est un projet, quand je suis arrivé, François-Xavier Villain me dit qu'on aurait besoin d'un coup de main, on ne va pas y arriver.

Je vois le dossier, la base aérienne de Cambrai, elle me parle, ce n'est pas parce que j'ai fait ma préparation militaire, mais je voyais bien que ça pouvait être le symbole d'une reconversion économique réussie. Et qu'est-ce qu'on décide de faire ? De dire avec le préfet, moi je vais mettre de l'argent sur le projet. Mais il faut franchement que ce ne soit pas le parcours du combattant, les fouillers archéologiques, les différentes enquêtes et tout ça. Résultat, si y est, il y a quelques semaines, on n'a pas fait un colloque pour parler d'Yvalet.

21:12
Locuteur

Non.

21:13
Xavier Bertrand

On a inauguré des locaux avec des gens à l'intérieur. Et il y aura, l'année prochaine, 1300 emplois, il y en a déjà 300-400. C'est du concret. Donc ça veut dire que ce qu'on a fait à l'époque pour Toyota, là pour Yvalet, je le veux sur tous les projets d'implantation ou d'expansion. Et puis, pour 1300 emplois, non, non, même pour 13 emplois, même pour 13 emplois, il faut qu'on soit capable de dérouler justement cette logique de tapis rouge. Parce que faire gagner du temps aux entreprises, ça ne coûte pas un euro aux collectivités ou à l'État, mais ça fait gagner de l'argent. Troisième sujet, la partie RH, le capital humain.

De la formation initiale à la formation des demandeurs d'emploi, à la formation continue professionnelle, à l'orientation. Je veux qu'un chef d'entreprise puisse se dire « je trouverai la main d'œuvre dans l'éotrance » et que quelqu'un puisse se dire « mes enfants ont de l'avenir et si moi j'ai un problème, je pourrais rebondir. » C'est Bridgestone. Bridgestone, il n'y a pas... On n'a pas réussi à convaincre les Japonais de rester. Mais alors, on leur a tordu le bras, je l'assume, pour qu'il y ait un meilleur PSE. Oui.

Et puis surtout, pour qu'on puisse trouver des repreneurs et qu'ils filent un coup de main et qu'ils ne mettent pas le bâton dans les roues parce que c'était parti comme ça au début. Aujourd'hui, sur les 800-900 salariés qui ont perdu leur emploi, 300-400, déjà des solutions, mais il faut qu'on aille jusqu'au bout. C'est ça. Je veux qu'on soit une région dans laquelle il y a de l'avenir mais que quand on a un problème, on puisse rebondir. Et c'est ça qu'on est en train justement de faire en permanence.

22:44
Présentateur

Sur la dynamique Rêve 3, la troisième révolution industrielle, alors si je ne m'abuse, vous allez me corriger si je me trompe, 20 millions d'euros ont été inscrits au budget 2020 sur Rêve 3. Est-ce que c'est suffisant ? Il ne faut pas mettre plus de moyens dans cette logique et dans cette dynamique Rêve 3 ?

22:58
Xavier Bertrand

Non, Rêve 3 en tout, c'est près de 80 millions d'euros parce qu'il y a le livret Rêve 3, il y a Cap 3 RI et il y a le propre budget de Rêve 3. Et le propre budget annuel de Rêve 3, c'est 40 millions d'euros plus l'argent disponible avec le livret d'épargne. Il y a des milliers de personnes qui ont souscrit ce livret d'épargne et c'est de l'argent frais. Et ensuite, c'est aussi Cap 3 RI qui donne un plus sur les financements. C'est 1300 projets. 1300 projets.

23:26
Présentateur

Ce n'est pas 1400 projets ?

23:27
Xavier Bertrand

1300, 1400 parce que les autres, pour arriver à 1400, ils sont déjà inscrits. Mais tant que ce n'est pas des projets avec des emplois concrets, il y a plus d'une centaine de dossiers qui sont aujourd'hui déjà en cours d'aboutissement. Mais je vais dire 1300, 1400 quand ils seront justement aboutis. Il y a donc de l'argent. Mais revenons à ce qui est Rêve 3. Rêve 3, c'est la transition, la transformation de l'économie régionale avec le digital et l'environnemental. Une grande intuition de Daniel Percheron et aussi de Philippe Vasseur, président de la région à l'époque et Philippe Vasseur, président de la chambre de commerce régionale.

Et moi, cette idée-là, elle vient de mes prédécesseurs, si c'est une bonne idée, on garde et on développe. Donc, Philippe Vasseur est resté à la tête de Rêve 3 et c'est ce qui nous a permis de l'étendre à toute la région, à toute la région, y compris à la Picardie. Et c'est ce qui nous a permis également de lui donner cette dimension concrète avec ses 1300, 1400 projets. Et derrière, c'est des emplois. Mais ça veut dire que ma conception de l'environnement, de l'écologie, c'est qu'elle soit compatible avec le développement local et le développement économique. La décroissance, à moi, ce n'est pas mon truc. Donc, il me faut des emplois et je reste mort de faim en matière d'emploi.

C'est pour ça que dans les priorités de ce mandat, on va certainement parler d'autres priorités, la santé, la sécurité, l'environnement, mais l'emploi, je n'ai pas le droit d'oublier que dans une région où il y a tant de personnes privées d'emploi et de travail, il me faut de l'emploi et du travail en premier.

25:00
Présentateur

Alors, concernant la relance, vous avez annoncé il y a un peu plus d'un an, j'étais présent à la conférence de presse, un plan de relance qui a eu 3 milliards d'euros. D'après ce qu'a dit M. Coulon dans un débat que vous avez organisé, 790 millions d'euros ont déjà été dépensés. Vous avez annoncé un nouveau plan de relance. Alors, est-ce que vous pouvez nous dire justement quels sont les montants et quel est l'effort de relance qui doit être mené dans les mois et les années à venir ?

25:24
Xavier Bertrand

Bon, déjà, le débat écrit sur Coulon, c'était déjà il y a quelques semaines.

25:26
Invité

Oui.

25:28
Xavier Bertrand

Au moment où je vous parle, on a dépassé le milliard d'euros qui a été investi dans l'économie auprès des entreprises, quasiment 12 000 entreprises directement aidées, directement auprès des collectivités locales, les communes. Près de 670 communes directement aidées, des communautés de communes en plus. Et on a fait le pari d'aller vite pour qu'il y ait un maximum d'argent injecté dans l'économie. Et d'ailleurs, si la région résiste mieux en termes d'emploi, parce que tout le monde a joué le jeu, mais parce qu'il y a cet argent qui arrive dans l'économie. Donc, normalement, c'était un plan qui allait jusqu'en décembre 2021.

Mais là, on est déjà allaité qu'il y a un milliard sur le milliard 3 qui a déjà été investi. Nous sommes en train de préparer, mon frère sera aussi aux habitants de la région de nous dire c'est vous qui continuez. Avec nous, il y aura un nouveau plan de relance, de soutien, de soutien à l'économie. Où il y aura une partie sur les entreprises, quelle que soit leur taille, une partie sur les hommes et les femmes de la région, notamment en possibilité de rebond et de formation, et aussi de soutien au pouvoir d'achat.

26:33
Présentateur

Pour les entreprises, ce sera des investissements remboursables ?

26:35
Xavier Bertrand

Pas forcément. Ça peut être directement du financement, ça peut être directement de la subvention et je vais aussi vous donner un exemple. J'ai un secteur que je veux absolument aider. C'est le secteur, on dit les CHR, café, hôtel, restaurant. Parlons des restaurants. Je pense qu'avec les mesures enfin, enfin de déconfinement, je pense que l'été qui s'annonce sera un été où on a envie de sortir, de consommer. Est-ce que ce sera pareil à la rentrée ? Je le souhaite. Mais nous sommes en train de préparer avec eux tout un plan de soutien pour permettre de soutenir cette activité parce que je veux les garder. C'est des emplois non délocalisables.

C'est des emplois, il faut les aider à trouver du personnel. Et puis, il y a un sujet. Vous vous souvenez que l'an dernier, nous avions mis en place une aide Covid, un chèque vacances pour les personnes qui avaient dû travailler physiquement pendant le Covid, qui n'avaient pas pu télétravailler, qui n'étaient pas restées chez eux. Les caissières, les transporteurs routiers, les ouvriers, les ouvriers de l'industrie agroalimentaire, de l'agriculture et pas seulement. Ceux qui n'avaient pas eu de prime de leur employeur ou de l'État, j'avais dit on va les aider. 200 jours. Près de 75 000 familles en ont bénéficié.

Et nous avions mis en place un chèque vacances de 200 euros, mais valable soit pour l'été 2020, soit pour l'été 2021. On a aujourd'hui plus de 10 millions d'euros qui sont prêts à être consommés cet été, et j'en suis persuadé, dans la région. Ça, c'est un soutien direct à l'activité parce que ce n'est pas seulement pour les cafés, les hôtels, les restaurants, c'est aussi pour les clubs de vacances, c'est aussi pour les espaces de loisirs, pour que ceux qui ont travaillé, on ne se contente pas de leur dire merci, mais qu'on voit aussi concrètement comment on les récompense de leur travail. Ça, c'est un élément clé.

Donc, vous l'avez compris, des secteurs clés, je pense qu'on aura besoin dans les mois et les années qui viennent de soutenir notre commerce physique. Moi, je n'ai pas envie que tout le commerce dans la région comme en France se fasse sur Amazon, se fasse sur l'Internet. je veux garder des commerçants en chair et en os dans des commerces où on rentre physiquement. Ça, ça fera partie des éléments du plan de relance et puis encore une fois la transformation. Les nouvelles activités, la nouvelle industrie, cette nouvelle économie, il me faut cet ensemble, mais les entreprises, c'est bien, aider également les gens de la région, ça fera partie du plan de relance et de soutien.

Ceux qui n'ont pas compris qu'il y a un sacré problème de pouvoir d'achat en France devraient sortir un petit peu de leur bureau, de leur ministère et d'aller sur le terrain. C'est la raison pour laquelle il va y avoir une aide concrète à la prise en charge de la mutuelle pour les seniors, pour les étudiants et pour les apprentis.

29:21
Présentateur

Ça, ça fait partie des nouvelles mesures que vous avez réconcées

29:24
Xavier Bertrand

pour le pouvoir d'achat. On se bat sur l'emploi parce qu'un emploi, c'est déjà une première réponse de pouvoir d'achat et on va aider notamment en termes de pouvoir d'achat à prendre en charge une partie de la mutuelle étudiants, apprentis et aussi pour les seniors. Et même si c'était 10, 15, 20 euros par mois, certains, ça peut les faire sourire mais ça ne fait pas sourire ceux qui en bénéficient. Surtout, on sait qu'il y a quand même beaucoup de Français, beaucoup d'habitants des Hauts-de-France qui sont à moins de 10 euros sur leur compte à la fin du mois et à la fin du mois, ce n'est pas forcément le 25 du mois. C'est beaucoup plus tôt.

29:57
Présentateur

Passons au transport. Le transport, c'est une autre compétence importante de la région. Ça représente un tiers du budget de la région ce qui est considérable. On critiquait souvent la technostructure SNCF et notamment les faiblesses de l'offre de services des TER. Est-ce que le bras de fer que vous avez mené avec la SNCF a apporté des améliorations ?

30:15
Xavier Bertrand

Quand on a vu venir quand même le président de la SNCF, le directeur général des TER en urgence pour bousculer un peu le fonctionnement, oui, ça servait à quelque chose. Appelez-vous la gare de Cambrel. Je reçois un jour un appel à la gare de Cambrel. On dit, la gare de Cambrel va être fermée pendant des semaines et des semaines parce qu'il y a un problème d'excavation. Je fais mon téléphone, j'ai dit tout simplement que ce n'était pas admissible et que s'il fallait se faire entendre publiquement d'aller le faire, c'est amusant, mais on a trouvé des solutions. Et la gare de Cambrel n'a pas été impraticable comme prévu.

Et puis, c'est aussi la région qui a permis de maintenir les liaisons Paris-Pompiègne, Saint-Quentin-Maubeuge. Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est un rapport, le rapport Duron qui disait, ce n'est pas rentable. Donc, de moins en moins de trains, puis quand il y a de moins en moins de trains, qu'est-ce qui se passe ? De moins en moins de gens qui le prennent. Puis c'est un cercle vicieux. Ben, regardez, vous l'avez dit qu'il n'y avait personne. Ça s'arrête. Paris-Amiens-Boulogne, pareil. C'était une extinction programmée. C'est quand même la région qui les a reprises, ces lignes. Ça nous coûte de l'argent. Mais encore une fois, on a pris nos responsabilités.

Alors, c'est vrai que j'estime que à chaque fois, l'étoile de Saint-Paul, par exemple, la région, elle paye 71% de la facture. Est-ce que c'est anormal, vous ? Est-ce que c'est anormal ? Une chose est certaine, il n'y a pas une ligne dont j'ai décidé ou je déciderai la fermeture. Il n'y a pas une gare dont j'aurais décidé ou je déciderai la fermeture. Tant que je serai à la tête de cette région, je garde toutes les lignes et toutes les gares. Alors, quand j'entends certains dire, c'est pas vrai, il y a des lignes qui sont fermées. Ben oui, quand il y a des travaux à faire, elle est fermée, la ligne. Et des trains, ce n'est pas un train électrique qu'on fait circuler.

31:47
Présentateur

Vous faites référence à Karim Adéli qui parle de l'île-Cobine.

31:50
Xavier Bertrand

Oui, d'ailleurs, elle ferait bien de rappeler quand est-ce que les décisions ont été prises. Il y a des décisions qui ont été prises dans le mandat précédent. En 2014. Voilà, donc ce n'était pas nous. OK, mais en attendant, ce n'est pas parce que c'est les autres qui avaient décidé la fermeture. On est en train de voir avec la main, la métropole européenne de l'île, pour que l'on puisse peut-être avoir le tramway. Et vous savez quoi, si c'est le tramway, c'est quand même la région qui mettra au pot et qui paiera une partie. Donc, oui, j'assume. Et l'étoile de Saint-Paul, ça a été fermé sous Bertrand. Pourquoi ? Pour faire des travaux. Et ça viendrait ouvrir.

Donc, je veux bien qu'on fasse tous les procès du monde, mais quand même, un peu moins de mauvais espoids, ça aidera tout simplement les gens à mieux s'y repérer. Mais tiens, vous voulez me dire, je suis un râleur. Oui, c'est vrai. C'est vrai, je suis un râleur. J'assume. Mais pourquoi ? Parce que c'est aussi une façon de se battre pour les gens. La SNC m'avait proposé de faire des économies sur la Convention. Vous savez comment ? Plus de contrôleurs dans les trains. Rah, M. Bertrand, vous faites une économie de 62 millions d'euros par an. Ah oui, pour la sécurité, sacré progrès. On a maintenu tous les contrôleurs dans les trains. Tous les contrôleurs dans les trains.

C'est bon pour la sécurité, et puis aussi un truc, c'est aussi de l'humain qu'on maintient. Je ne sais pas si vous avez lu dernièrement, j'ai vu ça. La région des Hauts-de-France a refusé l'expérimentation des trains sans conducteur. Un peu, mon neveu, oui. Ah oui, je vous le confie, moi. Vous m'avez proposé. Non, mais puis des robots partout, puis tout va bien. Non, non, hors de question. Pas dans ma région. Pas dans ma région. Donc, en revanche, on a mis en place ces trains. ETER, cette opération l'été, pour un ticket symbolique, il peut aller en... Oui, on peut aller au littoral. Pas seulement au littoral. C'est l'intérieur, bien sûr. Bien sûr.

C'est une réussite formidable qui va encore être très tendue cet été, plus tôt et avec plus de monde, parce que c'est aussi des vacances populaires pour ceux qui ne peuvent pas se payer de vacances. Et puis, il ne faut pas l'oublier aussi, on a des trains qui, pour les jeunes, les boursiers, sont totalement pris en charge. C'est aussi les transports scolaires gratuits parce que quand on habite à la campagne, parfois, on n'a pas le choix pour que les enfants soient scolarisés. Comme on n'a pas le choix, ça doit être pris en charge par la région. C'est les voitures à 1 euro et ces voitures à 1 euro, il va y en avoir plus.

on va multiplier par 2, 3 ou par 4 le parc pour les installer dans les intercommunalités rurales, pour que le dispositif soit mieux connu et qu'il soit plus facile pour avoir accès aux voitures à 1 euro pour un chômeur qui reprendra un boulot pendant sa période d'essai. Il ne faut pas une voiture pendant sa période d'essai pour 1 euro par jour parce que je ne pense pas qu'il faut du tout gratuit. Et encore une fois, ça permettra de lui remettre le pied à l'étrier. Ça pourrait concerner

34:24
Présentateur

quel volume de chiffres maintenant ?

34:27
Xavier Bertrand

4 à 5 véhicules par intercommunalité rurale candidates. D'accord. 4 à 5 véhicules qui seraient placés dans les intercommunalités et plutôt que de prendre son téléphone et se dire « Faudra-je aller chercher un mien ou à l'île ? » Les gens le font aujourd'hui. Mais ça serait beaucoup plus rapide. On va travailler avec les taxis pour voir quels sont ceux qui peuvent offrir des services dans la ruralité et on va mettre en place ces dispositifs de voiture à 1 euro mais gérés directement par les communes rurales et par les intercommunalités.

34:56
Invité

D'accord.

34:56
Xavier Bertrand

Ce que je veux, c'est que les gens ne se disent pas « Je suis dans la ruralité, je suis condamné. » Non, non. Pas avec nous. On garde tous nos lycées, on garde toutes nos gares, on garde toutes nos lignes et on met en place de nouvelles solutions.

35:10
Présentateur

Alors, pour revenir au train, vous êtes pour l'ouverture de la concurrence. Pourquoi l'ouverture de la concurrence peut-elle améliorer l'offre de services ?

35:18
Xavier Bertrand

Parce qu'au bout d'un moment, râlez, ça ne suffit pas. Si on veut vraiment que les choses s'améliorent, il faut sortir du monopole. Il faut sortir du monopole. La SNCF continuera à gérer une bonne partie des lignes. Mais il y a une autre partie qui est remise en concurrence. Et vous savez ce que je veux, c'est les réveiller là-haut à la SNCF. C'est qu'ils comprennent que le tout TGV, ça ne suffit pas. Moi, dans la région, j'ai des TGV, mais j'ai aussi des TER. Et ce que je veux très clairement, c'est qu'on considère aussi bien les lignes TER que les lignes TGV. Je voudrais tiens aussi que Gare du Nord, quand on arrive à Gare du Nord, le tiercé ou le quarté, aujourd'hui, on le connaît.

Allez, Thalys, Eurostar, tapis rouge. Ah, ça c'est sûr. TGV, tapis encore rouge. Train de banlieue, tapis qui a encore la couleur rouge. Et nous, là, les TER, on est la dernière roue du carrosse, ça aussi, je veux que ça change. Et je suis persuadé que si on montre à la SNCF qu'elle a pour tout et que d'autres peuvent aussi prendre des parts de marché, ils vont changer d'attitude et de comportement. Chaque année, on fait un chèque d'un demi-milliard d'euros à la SNCF. Et j'ai le droit de quoi de râler ? Non, au bout d'un moment, ça va. Donc, je prends un exemple. Un exemple sur l'ouverture à la concurrence, c'est l'Allemagne.

L'Allemagne est ouverte à la concurrence, ce n'est pas des miracles, mais plus de fréquentation, je crois plus de 25% de fréquentation en plus dans les trains, c'est-à-dire qu'ils sont passés d'un âge moyen des trains qui était à plus de 10 ans à 7 ans. C'est ça l'exemple. Alors, je le dis tout de suite, les prix n'augmenteront pas. Oui, ça c'est l'exemple. En regardant aussi ceux qui nous regardent, les prix n'augmenteront pas. En revanche, les prix n'ont pas vocation à baisser. Tous les gains seront réinvestis dans la régularité parce que je suis convaincu que si davantage de trains arrivaient à l'heure, avec plus de garantie d'exactitude, il y a plus de gens qui prendraient le train.

Mais ça, c'est une question d'organisation. Ce n'est pas les cheminots, ce n'est pas les personnes derrière les guichets, ce n'est pas notamment ceux qui font la maintenance ou qui interviennent quand il y a un problème, quand il y a des tempêtes. Franchement, les agents de la SNCF qui réparent les voies hautes, chapeau. C'est une organisation de la SNCF qui doit comprendre qu'il n'y a pas le roi TGV d'un côté et puis les TMR qui sont loin derrière. Mais vous pensez que la concurrence peut investir sur les petites lignes qui souffrent ? Ça sera dans le cahier de charge. Ils ne veulent pas les petites lignes, ils n'ont pas le marché.

Ce n'est pas seulement les grandes lignes qui font des bénéfices, c'est aussi les autres. C'est pour ça qu'on a fait des lots. On a fait plusieurs lots et puis ça va nous permettre également, parce que je suis persuadé que ce sera aussi efficace, d'avoir enfin un Paris-Beauvert en une heure. Il y a des travaux à faire, notamment sur les tunnels, on le sait, mais c'est l'objectif. Tout le monde avait dit, tiens, Paris-Amiens, une heure. On aurait pu faire Paris-Amiens du jour au lendemain. Oui, c'est normal. Ils ne se seraient plus arrêtés entre les deux gares. Et les gens entre les deux continuent à exister. Donc, ce que j'ai voulu, c'est des trains en plus.

C'est compliqué, toujours compliqué, parce qu'encore une fois, ce n'est pas des trains électriques. Il faut des sillons utilisés, c'est très compliqué, mais on a réussi à les avoir. On avait pris cet engagement, il est pris.

38:22
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, une jeune femme qui prend un TER à 10h30, 11h du soir, circule en toute sécurité sur le TER du réseau de France ?

38:31
Xavier Bertrand

C'est pour ça qu'on a recruté des agents de la SUGE, c'est la police ferroviaire. C'est aussi pour cela qu'on a passé une convention avec la gendarmerie pour avoir des patrouilles de réservistes. C'est aussi pour cela qu'on a voulu donner la gratuité des transports aux policiers, aux gendarmes, aux agents régaliens de l'État. Et c'est aussi pour cela qu'on fait le déploiement de la vidéoprotection dans les gares et aussi dans les trains. Mais si je peux me permettre, ce que vous posez, c'est la question de la sécurité au sens large. Oui, bien sûr.

C'est de la responsabilité de l'État en premier, mais compte tenu des situations dans le pays, j'estime aujourd'hui que la sécurité est devenue un domaine dans lequel la région doit aller plus largement parce que les résultats aujourd'hui au niveau de l'État ne sont pas là. En 2015, ça a moins d'importance. Quand j'en parle à l'époque en 2015, les gens me disent pourquoi ils veulent mettre des caméras ?

39:27
Présentateur

Vous aviez moins de retours ?

39:28
Xavier Bertrand

Les gens me disent qu'ils veulent recruter du personnel en plus, c'est ce qu'on a vraiment besoin.

39:32
Présentateur

Vous vous sentez une attente aujourd'hui là-dessus ?

39:33
Xavier Bertrand

Oui, une attente là-dessus même si on voit bien que beaucoup se disent qu'on n'est pas comme d'autres régions. Non, non. Il faut toujours anticiper et il vaut mieux prévenir.

39:44
Présentateur

Et vous êtes prêt à mettre les moyens lorsque une commune veut armer sa police municipale ? Vous êtes prêt à financer ?

39:49
Xavier Bertrand

C'était une demande qui n'existait pas ou quasiment pas à une commune rurale en 2014-2015 quand on fait le projet. Aujourd'hui, la réponse est très claire, c'est oui. Pourquoi ? Parce que les maires voient bien que la délinquance se déplace des villes qui sont équipées en caméras de vidéoprotection avec des polices municipales vers le milieu rural en disant là-bas qu'ils ne peuvent intervenir. Donc, moi, ce que je veux, c'est éviter ce déplacement de la délinquance et donc, ce que je leur propose, c'est clairement un, vous avez des dépenses de vidéoprotection, on finance avec vous. Vous décidez d'équiper un garde-champêtre pour lutter contre les dépôts sauvages ou une police municipale.

On finance des équipements, certains disent gilet pare-balles, oui, ça peut être des équipements de télétransmission, ça peut être une transmission, ça peut aussi être un véhicule. Donc, clairement, on va sur ce domaine parce que la sécurité, aujourd'hui, c'est devenu une des priorités pour nos concitoyens. Mais nous ne racontons pas d'histoire parce que l'État, aujourd'hui, n'apporte pas la réponse qu'il faut et puis, c'est un sujet, c'est que tout ne peut pas reposer sur les épaules des policiers ou des gendarmes.

40:51
Présentateur

C'est la réponse pénale. C'est la réponse pénale, évidemment. Sur le sujet autour des territoires, je voudrais vous parler du bassin minier, je ne vais pas vous étonner. Violette Spilbout, qui fait partie de la liste de Laurent Petrachet, ce qui dit que vous vous êtes désintéressé de ce territoire, du bassin minier, en refusant de rencontrer un neveu qui était délégué à un ministériel de l'engagement du renouveau du bassin minier. Il y a effectivement LCTN aussi de ne pas avoir vous entendu parler du réseau express Grand Ligue pendant tout le mandat et maintenant, vous le mettez sur la place publique.

Alors, est-ce que le bassin minier a été une priorité, qu'est-ce qu'il faut faire pour le bassin minier pour les prochaines années ? Mais pourquoi cette dame manque ? Pourquoi elle manque ? Vous avez rencontré la dame.

41:32
Xavier Bertrand

On a... Mais pourquoi ? Pourquoi, quand on est en campagne électorale, on pense qu'on a le droit de raconter n'importe quoi ? Qu'est-ce qui fait que les campagnes électorales, ça transforme les gens à ce point-là ? Non, mais, évidemment, c'est quand même une question démocratique, quoi. On n'a pas le droit de raconter n'importe quoi dans une campagne électorale. Sur le RL ? Monsieur Neveu. Monsieur Neveu. Bien sûr qu'on l'a. Pour ça, j'ai même fait des réunions à côté de lui. Côté de lui. Voilà. Elle n'était pas là, cette dame. Mais moi, j'étais là. On a mis de l'argent là-dessus. J'étais même présent quand, tiens, encore une fois, Bernard Cazeneuve.

Lui, on a pu compter sur lui dans la région. L'évacuation de la jungle de Calais, Médatacha Bouchard l'obtient de qui ? Bernard Cazeneuve. Le barreau. Le barreau. Amiens-Crayoissy. De qui on l'obtient ? Il y a besoin de vous aider. L'État est au rendez-vous. 100 millions d'euros. Oui. Combien ? Plus que ça, le projet. Et même nous, ce que met la région, c'est plusieurs centaines de millions d'euros. Ce qui est vrai, c'est que ça ne va pas assez vite. Ce qui est vrai, c'est que j'ai râlé plus d'une fois en disant écoutez, la rénovation des logements, ça ne peut pas aller à la vitesse d'un escargot. Il faut que ça aille beaucoup plus vite parce que les gens seront mieux chauffés, mieux logés.

Ça leur coûtera moins cher en charge et nous, ça va donner du boulot. Et plus d'une fois, j'ai aussi dit aux grands bailleurs sociaux « Le boulot, ce n'est pas des entreprises d'autres régions, c'est des entreprises de la région. » Bien évidemment, tout ça me concerne. Et les projets culturels, là, on va être sur l'extension du Louvre-Lens. C'est où ça, au fait ? Ce n'est pas sur la Côte d'Azur. C'est dans le bassin minier. C'est dans le bassin minier. Donc, sur tous ces sujets-là, bien sûr que ça me concerne parce que j'estime toujours qu'il y a à la fois une part de dette vis-à-vis du bassin minier, ce qu'il a donné à la région et à la France. Et puis, il y a un potentiel d'avenir. Alors,

43:17
Présentateur

qu'est-ce qui était raconté d'autre, là, comme n'enchant ? Elle a expliqué que pour le réseau d'Express en ligne aussi, que vous avez mis ce projet entre parenthèses, que vous en parlez maintenant et que vous auriez dû vous en occuper dès le début du mandat. Mais pourquoi

43:28
Xavier Bertrand

ils ne regardent pas les délibérations du Conseil régional ? C'est transparent, c'est à la télé, il suffit de dire dans la presse, pas seulement la PQR, mais aussi la PHR, je le dis pour ceux qui ne connaissent pas bien, voilà, de voir, on a financé des études et pas hier, c'est de là quelques mois. Ça a été inscrit où ? Dans toute la stratégie nationale des réseaux Express. Ce n'était pas hier, c'était de là quelques mois. Et c'est inscrit dans le contrat de plan État-région. Je n'ai pas bricolé ça. Hier, rendu son cachet dans le bureau du préfet, ça a été fait de là quelques mois. Ils ne s'y intéressent pas.

Et au moment de la campagne, voilà qu'ils s'y intéressent, nous, nous, nous, on a dû avancer plus vite. Déjà, je rappelle plusieurs choses quand même, c'est que, bon, sur les cinq ans, et je ne parle pas de l'année et demie où c'est que du Covid, le Canal Center Europe, la Grande Arlésienne, c'est devenu réalité. Et les travaux, cette année, cette année, pas en 2031, 2021. Et le creusement, l'année prochaine, pas dans 20 ans, l'année prochaine, on ne voit pas comment on peut aller plus vite. On s'est occupé aussi de la RN2. Vous le savez bien, sur ce territoire sans bravée noix tirage.

À la fin, l'État a failli nous faire la blague de dire que ce ne serait pas tout le temps, deux fois deux voies, qu'il y aurait des créneaux de dépassement. Trop bon avec nous, vous pensez bien, vous aurez le droit de temps en temps de doubler les camions. Et là,

44:45
Présentateur

vous n'avez-tu pas tapé le poids sur la table ?

44:47
Xavier Bertrand

De toute façon, cinq minutes avant la signature, je dis, je ne signe pas. Vous avez menacé de ne pas signer le bloc. Oui, c'est peut-être pas bien, mais bon, ce n'est pas bien non plus de nous considérer comme des citoyens de seconde zone. C'était pendant l'itinérance mémorial avec le président de la République. et donc dire, vous ne pouvez pas faire ça, vous ne pouvez pas... Je vais me gêner. Parce que si on avait signé avec les créneaux de dépassement, jamais on n'aurait eu deux fois deux voies. Jamais. Et on n'est pas des citoyens de seconde zone. Ni en Sambre-Avénois-Tirache, ni dans le Haut-de-France. On est la troisième région de France et on doit être respecté.

Donc, derrière, on a fait tout ça pendant les cinq ans, moins un an et demi. Alors oui, c'est vrai que je n'ai pas pu tout faire avancer parce que ce n'est pas non plus un petit coup de 200 ou de 1000 euros. Le réseau Express Haut-de-France, Haut-de-France, c'est 5 milliards d'euros. L'équivalent de ce qu'on a fait sur le canal Seine-Nor-Europe. Alors, jusqu'à preuve du contraire, je ne vais peut-être pas tout regarder, mais je n'ai pas trouvé de mine d'or dans les sous-sols du conseil régional. Donc, ce qui veut dire, le barreau Amiens-Cré-Rouassi, le canal Seine-Nor-Europe, le doublement de la RN2, c'est ce qu'on a fait pendant ces cinq ans.

Donc, on a fait avancer parallèle le réseau Express-Grand-Lire, on décide des études, on décide de le faire inscrire par l'État dans la stratégie nationale des réseaux Express, et maintenant, je suis en train de regarder comment on va pouvoir le financer. Donc, ils sont bien beaux aujourd'hui à me dire, non seulement que je n'ai rien fait, je n'ai rien pensé, mais ce n'est pas vrai.

46:11
Présentateur

Est-ce que c'est en mesure de régler les problèmes pour les pendulaires qui vont travailler à la métropole lilloise et qui habitent au bassin ligné ? On voit là, qui est complètement saturé. Est-ce que c'est en mesure, justement, de fluidifier les relations entre la métropole lilloise

46:22
Xavier Bertrand

et le bassin ligné ? C'est pour ça, ce n'est pas seulement le bassin minier Lens, ce n'est pas seulement lui. Pour moi, c'est tout le bassin minier. Et ce que je vois derrière, pourquoi je l'appelle Réseau Express Hauts-de-France, ce n'est pas parce que la région a changé de nom, c'est parce que, tout simplement, je vois la façon de pouvoir connecter à la métropole lilloise tout le bassin minier et puis aussi le Nord-Picard. Saint-Quentin, Lille, si je ne choisis pas le bon horaire, c'est une heure et demie, voire plus.

Si on avait la possibilité de se relier nouveau pôle ferroviaire avec des grands parkings de covoiturage, ce n'est pas très compliqué de faire une demi-heure de route, de laisser sa voiture dans un endroit sécurisé et là, de rejoindre la métropole et tout ça en moins d'une heure. Pour le réseau express. C'est ça qui m'intéresse. Et puis aussi, d'autres choses, je veux desservir l'équin. Je veux desservir l'équin avec ce réseau express. Voilà pourquoi il coûte plus cher que prévu au début, mais ça, c'est le projet des 5-10 ans qui viennent.

47:29
Présentateur

Vous voulez aussi connecter la Rajou

47:30
Xavier Bertrand

et le Cambresie, on est d'accord ?

47:31
Présentateur

Oui,

47:31
Xavier Bertrand

c'est pour ça qu'il y a tout le bassin minier du Douaisy bien évidemment au bassin de Lens, mais ce que je veux c'est pouvoir connecter le reste. Donc vous me dites Cambresie, n'oubliez pas le nord de la Picardie.

47:41
Présentateur

Oui, le nord Picardie, le Nord de Lens. On sent une fracture territoriale en région de France. On a le sentiment que les territoires ruraux, périurbains ont du mal à suivre la dynamique de la métropole lilloise qui attire les investissements privés et publics. Comment réparer cette fracture territoriale ? Qu'est-ce que vous comptez faire par exemple pour la Vénois et le Nord de Lens et le Désentiel ? Vous en avez un petit peu parlé avec la RN2.

48:03
Xavier Bertrand

Je pense que c'est la clé. Si on veut maintenir des activités économiques des entreprises ensemble à Vénois et en tirage, s'il n'y a pas la perspective de la RN2 à deux fois deux voies, beaucoup justement n'investiront plus. Donc pour moi c'est la clé. Et puis il y a le développement local, les financements. Dans ce premier mandat, on a eu 200 millions d'euros au titre de la politique régionale d'aménagement du territoire qui ont été consacrés au développement local, territorial. Ça, il n'y a pas un euro des 200 millions qui est allé sur la métropole. C'est en plus. Donc c'est surtout

48:37
Présentateur

les territoires ruraux qui ont été concernés

48:38
Xavier Bertrand

par ces opérations. Bien sûr. Et là nous avons décidé de maintenir les financements intercommunaux mais d'aider également en direct les communes rurales. Moi vous savez, j'ai deux métropoles. J'ai l'île et l'Amiens qui sont des formidables locomotives. Mais j'ai besoin d'avoir tout le monde dans le train et tout le monde ne monte pas dans une locomotive. Donc il me faut l'ensemble. Mais on concentre beaucoup d'investissement sur l'île. Mais il ne faut pas oublier la vitalité d'autres secteurs, le Dunkerquois, le Hainaut, le Grand Hainaut. On a aussi le Douaisy, la Rajoy, Amiens, je vous en ai parlé, on a tout un pôle également sur l'Oise et sur l'Aisne.

Mais moi je dois faire attention à ce que personne ne soit oublié. Cette logique de développement local, j'ai bien conscience qu'il y a un message qui est passé vu que ça. On va revenir un peu en arrière, tiens, juste après l'itinérance mémorielle du Président de la République. La crise des Gilets jaunes mais la crise des ronds-points. Je ne parle pas de ceux qui, avec les Black Blocs, ont cassé à Paris, ont massacré la rade de Triomphe. Non, je parle du message du début. De ceux qui n'ont rien cassé. Rien cassé. Et qui disaient « C'est pas normal que quand on travaille, on n'arrive pas à s'en sortir.

C'est pas normal que quand on n'habite pas des très grandes villes, on soit des citoyens de seconde zone. » Ce message-là, j'ai voulu y apporter des réponses par le pouvoir d'achat au titre de la région, l'aide au transport pour ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. Et j'y apporte aussi des réponses en faisant en sorte qu'on maintient les lignes, on maintient les gares, on maintient les lycées et on fait en sorte que partout où on habite dans la région, on ne soit jamais un citoyen de seconde zone. ça passe par des investissements de la région, ça passe par des antennes de la région, ça passe par des nouvelles politiques, il y a la mobilité.

Tout jeune, tout jeune, dans la région, en formation ou en recherche d'emploi, on prendra en charge le permis à 90%. 90%. Parce que pour les jeunes, il y a le logement, il y a l'emploi, il y a la mobilité. Et pour les parents, pour beaucoup de parents, même des parents qui travaillent, les 1 500 euros du permis, quand en plus il y a aussi la première voiture, même si elle ne coûte pas des 1 000 et des 100, si on n'a pas ça, vous pouvez faire tous les grands discours sur la mobilité et l'accessibilité. Donc moi, je veux y apporter des réponses concrètes, pas du blabla, pas des discours, mais du concret.

50:54
Présentateur

Sur les centres-bourgs, on a vu que Salvatore Castiglione était en charge de cette politique, vous avez soutenu des politiques de soutien à l'attractivité des centres-bourgs. Est-ce que vous allez continuer dans ce moment ?

51:04
Xavier Bertrand

Oui, parce que je veux garder des commerces avec des commerçants en chair et en os dans des commerces physiques. Et pour ça, il y a quand même dans ces centres-bourgs, nous ne racontons pas d'histoire, moins de monde qui va parce qu'il y a moins de population. Donc si on ne les aide pas, ça ne peut pas marcher. Et je n'ai pas envie qu'on fasse ces courses que sur Internet et que sur Amazon. Donc on va continuer à les aider, mais là aussi, je pose des critères, des conditions. Lesquelles ? Vous voulez l'argent de la région ? Alors vous ne mettez pas d'argent sur les zones périphériques.

Si c'est pour votre centre-bourg, excusez-moi, je ne viens pas remettre de l'activité dans le centre-bourg et vous vous mettez de l'activité en périphérie. Tout le monde est cohérent, on est conforme avec la logique de la région, on met le paquet sur le centre-ville et le centre-bourg. Donc on continue ces politiques au-delà de ce qui était prévu, c'est-à-dire sur le prochain mandat, sur l'ensemble du mandat. Et puis on va aussi continuer, ce n'est pas seulement les centres-bourgs. Ce sont des politiques qui sont innovantes, je n'ai pas trouvé ça tout seul. C'est à force de faire des marchés et des marchés en dehors des campagnes électorales quand on fait ses achats.

Si on aime les marchés, on n'y va pas pendant la période des élections. Nous rénovons, nous finançons la rénovation, le remplacement des véhicules, des véhicules, des commerçants non-sédentaires parce que quand le véhicule est ancien, quand vous voyez l'investissement que ça représente, vous ne gagnez pas des fortunes sur les marchés. Et bien dans ces cas-là, si vous n'avez plus de véhicules, vous arrêtez de faire les marchés. Et moi, il y a des exposants sur un marché, un jour le marché s'étiole. Et s'il y a moins de choix, il y a moins de clients, il y a moins de clients, il faut le faire, mais je ne veux pas de ça.

Je veux garder les marchés, donc on aide aussi les commerçants à réinvestir. Vous voyez, c'est ça qui est très intéressant, c'est que dans le rôle qui est celui du président de région, c'est un peu comme le maire. Il y a l'avenir et il y a le quotidien. Et c'est ça qui est très important. Comment les jeunes vont trouver leur place dans la région et comment au quotidien on aide les jeunes, leurs familles, aussi les aînés, à pouvoir trouver leur place et à s'en sortir. J'avais dit, voilà, cinq ans, je serai le maire de la grande région. Oui, c'est vrai. À l'époque, Mme Le Pen avait dit, ah, quel manque d'ambition, le maire, pour une grande région de six millions de personnes. C'est vrai.

Mais c'est vrai que, je pense que, ce n'est pas parce que j'ai été maire, maire un jour, toujours, mais cet état d'esprit, c'est, on s'occupe de l'avenir et on s'occupe du quotidien. On s'occupe de la ville, de la région et on s'occupe des gens. Et c'est un tout.

53:24
Présentateur

Alors, justement, un mot, s'il vous plaît, sur la santé, qui est une préoccupation majeure des habitants et qui est, in fine, un enjeu dans l'équilibre des territoires. Chaque candidat a des propositions pour la santé, pour améliorer la santé et notamment lutter contre les déserts médicaux. Qu'est-ce que vous proposez ?

53:44
Xavier Bertrand

Il y en a plein qui parle de la santé pour cocher la case en disant que ça a l'air d'être important pour les gens, donc j'en parle et puis comme ça. Non, il faut être sérieux. Alors, c'est vrai que j'étais ministre de la santé et que ce sujet m'a toujours passionné. Bon, regardons clairement comment on apporte des solutions. Parce que c'est ça la seule chose qui compte. Bon, déjà, si on veut être vraiment efficace, moi, je demande à ce que les régions pilotent les agences régionales de santé.

54:07
Présentateur

Une décentralisation de l'encore sûre.

54:09
Xavier Bertrand

Les agences régionales de santé, les agents veulent faire le mieux possible, mais ils sont coincés entre les contraintes administratives et la pression budgétaire, pression de fou qui leur est mise par l'État, par le ministère de la santé et par Bercy. Moi, ce que je veux, c'est que les ARS soient pilotées par les élus et qu'on puisse décider, comme je l'ai fait dernièrement, notamment avec la Ligue contre le cancer, comment on mène des actions de prévention, comment on finance, par exemple, les espaces ressources contre le cancer. Mais là, aujourd'hui, les associations sont, par exemple, ballotées, qui s'en occupent. Moi, j'aime bien que les choses soient claires.

Je propose que le pilotage soit celui des élus, celui du conseil régional. Mais attendez, pas qu'on propose une présidence de conseil d'administration. Non, je veux qu'on pilote et qu'on décide. Si ça va bien, les gens diront OK, c'est bien géré. Et si ça ne va pas, ils nous sanctionneront. Mais qu'on l'assume. Et dans ces cas-là, ce que je voudrais, c'est qu'on puisse aller beaucoup plus vite et on ira beaucoup plus vite pour financer des maisons de santé pluridisciplinaires. La région, on a financé, il y en a une cinquantaine qui ont été ouvertes. On en a 20 encore aujourd'hui en projet. Dont 13 dans l'Ais et 12 dans l'Oise. C'est trop long.

55:16
Locuteur

Bien sûr.

55:18
Présentateur

Il faut quasiment 20 réunions. Il faut au moins deux ans pour ça. Il faut que l'ARS habilite le projet pour qu'il y ait des professionnels de santé.

55:24
Xavier Bertrand

Et les professionnels de santé, ils ont autre chose à faire que d'être obligés de participer à 20 réunions. Ils sont là pour soigner les gens, pas pour faire de la réunion. Faut-il que ça l'arrête ? Et puis deux ans après, deux ans après, qu'est-ce qui se passe ? Vous les avez plus sous la main vos professionnels de santé. Parce que beaucoup disent « Oh là là, attendez, moi ça m'intéressait de venir. Mais c'est tellement compliqué votre histoire. Je vais m'installer autrement. » Parce que ce qu'ils veulent, les professionnels de santé, en milieu rural, ils gagnent leur vie. Il y a beaucoup de patients.

D'ailleurs, c'est même difficile de trouver un médecin qui vous prend comme médecin traitant. Absolument. Qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent soigner les gens. Ils veulent pas de paperasse. J'étais à Chaumont, en Vexin, dans le sud, sud-ouest, pas de la France, des Hauts-de-France. Je rencontre un médecin, il était médecin généraliste, il est devenu médecin dans un hôpital de proximité. Je lui dis « Pourquoi vous êtes ici ? » Il dit « C'est simple, j'avais 60% de mon temps à soigner les gens, le reste c'était de la paperasse, et là j'ai 90% de mon temps à soigner les gens.

» Et donc ce que je propose, surtout si on rencontre le pilotage, c'est que nous puissions leur proposer d'exercer dans des maisons de santé, cofinancées par la région, mais que sur leur exercice, la région puisse prendre en charge toute la partie gestion administrative, avec un secrétariat organisé. C'est un peu ce qui se fait en Saône-et-Loire. Là-bas, ils décident de salarier des médecins, mais là on peut très bien proposer « Qu'est-ce que vous préférez ? » Quel statut ? Vous restez libéraux ? Très bien. On vous prend en charge des relations avec la sécu. D'accord.

Et si c'est le cas, là vous allez voir, c'est qu'on en aura sur les 6 ans qui viennent, plusieurs centaines de médecins qui s'installeront dans ces... Ils veulent soigner, ils veulent se former, ils ne veulent pas être submergés par la paperasse. Et encore une fois, je n'ai pas inventé ça tout seul, ce n'est pas parce que j'étais ministre de la Santé, c'est parce que j'en parle avec eux. Et j'essaye de trouver les solutions qui fonctionneront vraiment. Comme je souhaite également que nous utilisons la logique des minibus pour faire de la prévention du dépistage en milieu rural.

57:28
Présentateur

D'accord. Faut-il un deuxième CHR en région Hauts-de-France ? Je sais que Philippe Pourré, le directeur du centre hospitalier de Valenciennes, se bat pour avoir... Un CHU, je veux dire. Oui, un CHU, pardon.

57:37
Xavier Bertrand

Il y en a déjà deux.

57:38
Présentateur

Avec Amiens ? Bien sûr. Il faut un troisième.

57:40
Xavier Bertrand

Il y a Amiens. Faut-il un troisième CHU ? Écoutez, la promesse qui aura été faite, c'est une promesse qui ne sera pas tenue par le gouvernement. Elle ne sera pas tenue. Qu'est-ce qui est important ? Si c'est la dimension universitaire, est-ce que c'est des moyens renforcés ou est-ce que c'est la partie universitaire et de recherche ? Et c'est la question que j'aurais déjà posée. Ils veulent être reconnus comme un centre hospitalier vraiment de niveau CHU. Mais ce n'est pas forcément la partie universitaire et recherche qu'ils souhaitent.

Et donc, moi, je pense qu'il faut renforcer l'hôpital de Valenciennes parce que, honnêtement, le travail qui est fait par le directeur qui s'entend vraiment bien avec l'ensemble des professionnels de santé, je pense que c'est un exemple. Le travail qui est fait là-bas à Valenciennes est un exemple. Donc, est-ce qu'il faut le renforcer ? Oui. Est-ce sous quelle appellation ? Ils sont prêts à faire la partie universitaire et recherche ou pas ? Si ce n'est pas le cas, c'est le renforcement au titre de ce qu'il est.

58:35
Invité

D'accord.

58:35
Xavier Bertrand

Mais attendez, on a aussi un autre sujet les hôpitaux de proximité. Je pense que ce qu'il faut dans les hôpitaux de proximité, c'est de renforcer les possibilités d'intervention d'urgence. Nos concitoyens aujourd'hui, l'une des craintes qu'ils ont, c'est si demain j'ai un vrai problème d'urgence. Un AVC, crise cardiaque, comment et en combien de temps je suis pris en charge ? Tout le monde dit oui, mais les gens ils voudraient être tout près de chez eux. Mais non, ce n'est pas ça. Une opération de la hanche, elle est programmée. Vous savez très bien qu'il faut aussi qu'il y ait des professionnels de santé qui en pratiquent régulièrement souvent. Mais c'est l'urgence qui les inquiète.

Moi, c'est à ça que je vous réponds.

59:11
Présentateur

Alors, un autre sujet, je vous réponds des passements et des intérêts un peu, l'énergie. Vous vous opposez très clairement au développement de l'éolien, vous dites basta. Mais si on se prit de l'énergie éolienne, comment peut-on respecter les objectifs de réduction d'émissions de celles de l'eau ?

59:29
Xavier Bertrand

Le nucléaire. L'énergie la plus décarbonée, c'est le nucléaire. Or, on sait qu'on aura Graveline, 2000 emplois, quand même, qui aura une durée de vie limitée. Il faut l'anticiper. Il faut l'anticiper. Donc, moi, je suis d'ores et déjà candidat. Je souhaite que la région puisse être candidat à l'installation d'un, voir deux EPR. Deux EPR ? Oui, deux EPR.

59:50
Invité

On me dit,

59:51
Xavier Bertrand

mais la région, elle n'a pas son moyen. Ah, bien sûr que si. Est-ce que si la région est contre, EDF choisira une autre région. Si la région est pour, EDF étudiera. La Normandie a déjà fait savoir que c'est intéressé. Moi, je le fais savoir. Je le fais savoir. Mais derrière, il faut aussi qu'au niveau de l'État, les choses soient claires. Le nucléaire, c'est stop parce que c'est l'énergie la plus décarbonée qui soit. C'est ce qui garantit pour les entreprises la facture la plus basse. Pour les particuliers, la facture la plus basse. L'augmentation aujourd'hui, tout le monde dit que c'est les compteurs Linky. Il faut bien regarder le détail.

C'est les jardins renouvelables qui font gonfler la facture. Et dans les énergies renouvelables, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ? L'éolien en premier. Moi, j'aimerais bien qu'on mette notre nez là. Dans ce scandale de l'éolien et de ce que ça nous coûte aujourd'hui. Je ne me suis pas réveillé un matin en ayant fait un cauchemar en me disant « Oh là là, l'éolien, je ne suis pas bien dormi, je suis contre l'éolien. » Ce n'est pas ça. Mais c'est qu'il y en a trop. On est la région où il y en a le plus. Et les projets continuent à affluer. Vous savez ce qui va se passer ? C'est qu'un jour, il y aura des affrontements.

Et je veux les éviter entre les promoteurs de l'éolien et des gens qui ne supportent plus. On leur impose des éoliennes sans leur demander leur avis. Alors c'est vrai.

1:00:59
Présentateur

La gauche dit que vous avez créé l'anarchie dans ce sujet. Vous n'avez pas essayé justement de faire en sorte que le développement de l'éolien se fasse en toute harmonie.

1:01:05
Xavier Bertrand

Mais en toute harmonie. Et quand vous êtes encerclé par des éoliennes, comme c'est le cas notamment en certaines communes de la Somme ou de l'Aisne, elle est où l'harmonie là ? Et tous ceux qui sont hyper pro-éolien, les promoteurs de l'éolien, je n'en ai pas beaucoup vu des promoteurs de l'éolien voir leur maison de campagne au pied de l'éolien. Je n'en ai pas eu beaucoup moi. Franchement là, c'est toujours bien chez les autres mais pas chez soi. Donc un, il y en a trop. Donc systématiquement maintenant, un avis défavorable. Alors, le problème, c'est que ce n'est pas nous qui avons le dernier mot.

Mais, en mobilisant tout le monde, on s'est opposé à 166 projets d'éolien qui ne sont pas les autres. Ce n'est pas 166 marques, c'est beaucoup plus que ça. Mais, il faut que la réglementation change. Le gouvernement avait essayé de nous mener en bateau en disant que ça changerait et qu'au final, il n'avait pas l'intention de faire quoi que ce soit. Et donc, très clairement, nous, on passe à autre chose. Nous allons financer des fédérations d'associations et qui, avec ces financements, pourront soit financer des études environnement santé. Il n'y en a pas beaucoup des études environnement santé.

Et d'autre part, si elles le décidaient, elles pourront s'engager en justice pour bloquer des projets. Je l'assume. Mais là, c'est à l'État de changer les choses. Et encore une fois, vous l'avez compris, une partie de la solution, c'est au niveau de la région. Une grosse partie de la solution, c'est au sommet de l'État. Et encore une fois, la règle doit changer et on ne peut plus continuer à imposer des implantations d'éoliennes comme c'est le cas aujourd'hui. Elle est là, l'anarchie. Dans le développement de l'éolien aujourd'hui, je veux éviter des affrontements parce que je vois les tensions qu'il y a. Et puis, je vois aussi autre chose.

Dans la région de Haute-France, on est en train de la défigurer avec les éoliennes. La défigurer. La France, c'est aussi des paysages. Ça fait partie de ce qu'est la culture française, les paysages. Et aujourd'hui, on est en train de tout nous massacrer. De tout nous massacrer. Je le refuse. Et puis, il y a d'autres possibilités. La biomasse, le photovoltaïque, on le fait dans les lycées. Les lycées vont être à la pointe de cette transition écologique. nous avons aujourd'hui dans la région, alors je sais bien où on fait les procès, Bertrand, la nature. Non, non, non.

C'est tout simplement parce que nous avons un partenariat avec les chasseurs en oubliant que les chasseurs, ce sont des écologistes, mais des écologistes de bon sens, populaire. Et je le dis, je n'aime pas la façon dont certains montrent du doigt les chasseurs. Et les agriculteurs aussi. Dont on montre du doigt les agriculteurs. Il faut arrêter avec la gribaching de dire qu'ils produisent n'importe comment. Ce sont des gens qui sont respectueux de la nature et ils nourrissent avec les familles avec ce qui vient de leur production. Pensez qu'ils vont faire n'importe quoi. Puis c'est globalement le problème des ruraux. Les urbains ont un mode de vie. Les ruraux ont un mode de vie.

Ce que les ruraux ne supportent plus, c'est qu'on les oublie pour les projets et que pour leur mode de vie, on leur dit, c'est bon, vous, maintenant, vous allez changer de mode de vie. Non, non, on respecte les gens. Et moi, j'entends le message des ruraux et je dis à tous ceux qui voudraient imposer un dictat aux ruraux qu'on leur fiche la tête. Qu'on les aide dans leurs projets face à leurs problèmes mais pour leur mode de vie, qu'on le respecte. Petite question encore

1:04:09
Présentateur

sur le mythe énergétique et très piquant. Je voudrais que vous me disiez un mot sur la méthanisation. La biomasse. Bien sûr. Alors, il y a 50 méthaniseurs programmés à l'horizon 2025 rien que dans l'Ouest. Et certains projets ont suscité beaucoup d'inquiétude auprès des riverains. Non, non, pas de cas aussi. Pour reprendre l'Ouest, par exemple, une vive opposition à l'Évue du Temple dans le pays de l'Est. Alors, d'un côté, ça suscite l'inquiétude, mais de l'autre, c'est un vrai relais de croissance pour les agriculteurs.

1:04:40
Xavier Bertrand

Faut-il encourager ou freiner ces projets ? Non, il faut encourager, mais à une condition. La transparence du début jusqu'à la fin. Nous, on le dit très clairement, aujourd'hui, il y a tout un process qui doit être suivi. Et les promoteurs de ces projets doivent jouer la transparence avec les élus locaux et la population. C'est quoi la crainte ? C'est que ce soit juste à côté qu'il y ait des odeurs. Qu'ils aillent visiter les méthaniseurs et qu'ils vont voir ce qu'est la réalité. Et puis aussi de dire si c'est trop près, on va avoir beaucoup de passages de camions. Là aussi, c'est la question de la localisation.

Mais tous ceux qui pensent qu'on pourrait porter un projet en catimini, ça n'est pas vrai. Et puis ensuite, il faut aussi voir la façon dont, quelles sont les récoltes qui sont utilisées justement pour la méthanisation. Mais la biomasse, j'y crois. Le problème qu'on a aussi, c'est qu'il ne faudrait pas que le gouvernement continue à nous changer tous les quatre matins les tarifs. Mais la région des Hauts-de-France peut devenir la première région en Europe. Cela dit, c'est un vrai relais de croissance pour les agriculteurs. Et puis au titre du mix énergétique, je ne peux pas dire que l'éolien et je ne veux rien d'autre. Je continue à croire aux photovoltaïques aussi.

Je crois aussi à ces autres modes. Mais une règle, il doit y avoir un mode opératoire. On doit informer les populations et jouer la transparence. J'ai eu un projet sur le Saint-Quantinois dans mes fonctions précédentes où des gens ont été réfractaires à l'idée d'avoir un métalliseur. Et on leur a proposé d'aller en visiter un qui était en activité. Quand ils sont revenus, le point de vue avait changé. Il faut jouer la transparence.

1:06:06
Présentateur

J'ai deux dernières questions. Plus politiques, celle-là. Vous dites que vous êtes le seul capable de battre le Rassemblement national, ce qui est vrai dans les sondages. Moi, j'ai envie de savoir si vous avez un message à adresser aux électeurs de Marine Le Pen. Que serait-il aujourd'hui ?

1:06:25
Xavier Bertrand

Si vous votez pour les extrêmes, c'est parce que vous avez certainement plus de problèmes que la moyenne et que vous êtes en colère, vous ne croyez plus en rien. Mais regardez bien, qu'est-ce qui est important ? C'est qu'on vous dise que vous avez des problèmes ou qu'on vous dise qu'on va apporter des solutions aux problèmes. Moi, j'estime que le rôle du politique, c'est d'apporter des solutions aux problèmes. à Calais, tous ceux qui habitaient à côté de la jungle de Calais étaient confrontés à ces problèmes de ces migrants exploités par les passeurs. Neuf filles migrants en l'intérieur. Avec Natacha Bouchard, on a obtenu le démantèlement. Les problèmes ne sont plus les mêmes à Calais.

Quand le chômage recule, ce n'est pas une affaire de statistiques, c'est plus de gens qui reprennent un emploi parce qu'on s'est battus pour retrouver un emploi. À Scoval, on a sauvé. D'autres entreprises, on va redonner des perspectives, redonner de l'emploi. Quand on sort des problèmes, quand on sort de la misère, quand on sort de la colère, peut-être que la politique, ça sert à quelque chose. Il y a ceux qui ont besoin des malheurs pour prospérer. C'est le Front National. Et il y a ceux qui essayent de trouver des solutions aux problèmes. C'est ce que je m'efforce de faire. Et vous savez, les sondages, on verra ce qu'ils seront les 20 et 27.

Mais aujourd'hui, on connaît une progression importante par rapport à 2005. Nous étions à 24-25%. Les sondages nous disent peut-être, peut-être, 34-35%. 10% plus supplémentaires. Le Front National était à 41% la fois dernier. Il est aujourd'hui à... On est à un truc 2, à peu près. Je pense que ces chiffres-là sont peut-être un petit peu l'image des résultats que nous avons obtenus dans la région. Je suis convaincu que quand on apporte des solutions aux problèmes des gens, ils ont moins de raison d'être en colère. Et je crois que c'est ça que je veux continuer à apporter à un carnet. Quand les gens ont des problèmes, il faut apporter des solutions. Et puis, il y a la notion de l'espoir.

Au-delà des difficultés qu'on rencontre soi et pour ses enfants, est-ce qu'il y a de l'avenir ? Est-ce qu'il y a de l'espoir ? Et tout ce que je fais dans la région, c'est pour qu'on montre encore une fois, on a des problèmes au quotidien, comment on s'en sort, comment on rebondit ? Et pour ses enfants, est-ce que la région a de l'avenir ? Je vous dis ça, je suis très loin de ce que fait le Front National qui est de dire vous avez des problèmes, on est là. Non, je suis là pour régler les problèmes, pas pour en profiter.

1:08:41
Présentateur

Toute dernière question, c'est un sujet qui revient régulièrement, notamment dans le débat d'hier soir, c'est le sens de votre double candidature. Comment vous l'expliquez, comment vous pouvez expliquer à nos téléspectateurs le sens politique de cette double candidature ?

1:08:57
Xavier Bertrand

Je viens de vous l'expliquer. Je suis prêt à faire plus pour la santé, mais il faut que les règles du jeu changent, mais au niveau national. La sécurité, on va financer davantage dans les transports, vous abordez les lycées, dans les communes, mais c'est la réponse pénale et c'est au sommet de l'État que les choses doivent changer. Les éoliennes, je m'y oppose par tous les moyens, il y a encore des projets qui arrivent. C'est au sommet de l'État qu'on prendra la véritable décision.

Mais en revanche, je sais une chose, c'est que ce que j'ai appris dans la région, l'expérience que j'ai acquise, le bon sens que je vois autour de moi, ça je pense que c'est particulièrement utile pour qu'au sommet de l'État les choses changent vraiment. Les deux sont liés, c'est la même élection. Je viens de vous dire ce que je fais pour l'industrie, il faut aller beaucoup plus loin sur la baisse des impôts de production, pour revoir des règles européennes qui font que la concurrence est déloyale. Ça, c'est pas le président de région qui peut faire ça, c'est au sommet de l'État que ça change. C'est la même élection, c'est exactement la même élection.

Grand entretien avec Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France — Xavier Bertrand · Pourquijevote