Congrès de l'AMF : réaction de David Lisnard au discours d'Elisabeth Borne
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Elle a commencé avec une véritable déclaration d'amour au maire. Vous l'entendez ? Vous êtes satisfait ? Vous l'avez dit, les relations sont un petit peu réchauffées avec l'exécutif.
Disons qu'il y a une relation avec la Première Ministre, en tout cas, qui est une relation de dialogue. Maintenant, les déclarations d'amour, nous, on les accepte toujours. On est toujours très heureux de les recevoir. Je crois que dans nos vies privées comme dans notre vie publique, ce que l'on veut sont des actes d'amour et surtout des actes de respect, et notamment de respect de la parole de l'État sur la partie financière. Et on voit qu'il y a quand même beaucoup de chemin à faire encore. On a obtenu des choses. Il faut quand même le dire. C'est un peu technique, mais l'intégration de l'année 2023 pour l'indemnisation de la CVAE.
En revanche, 2020, ce n'est pas acceptable, et 2021, surtout parce que ça repose sur une année de chute des recettes. Enfin, tout ce qui est technique. Et puis, je ne suis pas sûr qu'on ait encore une rupture avec le conformisme étatiste, mais on y travaille, on dialogue. Et l'AMF continue de faire son travail.
Alors, parmi les annonces faites par la Première Ministre, il y a l'idée qu'il n'y aura pas de contrat de Cahors. Ça avait été dit sur tous les tons. Mais alors, elle dit tout de même qu'il va y avoir besoin d'un engagement des collectivités et de l'État pour une trajectoire des finances publiques crédibles au même rythme. Est-ce que ça, c'est satisfaisant pour vous ?
Non, ce n'est pas satisfaisant. Je vais le dire très clairement. C'est-à-dire que, d'une part, bien sûr, le fait qu'il n'y ait pas de contraintes, c'est une avancée considérable obtenue par l'AMF. Voilà. Mais le principe est contestable. Et surtout, la petite phrase qui a été ajoutée après, comment va-t-elle se traduire ? C'est-à-dire de dire qu'il y aura, je ne sais plus quel est le terme exact, une équivalence ou une symétrie d'effort. Sauf que nous, on fait déjà l'effort. On vote des budgets à l'équilibre. Nous sommes excédentaires. Nous ne sommes pas un problème pour les comptes publics.
Et là, je crois qu'il est temps maintenant de sortir de cette fiction, d'une problématique de compte public pour la France par les collectivités. Je l'ai dit, chiffre à l'appui. On n'a jamais de contre-argument, à la fois de façon macroéconomique et de façon juridique. Nous respectons la règle d'or. Parce que si, dans l'esprit de l'État, c'est de dire une trajectoire parallèle, parallèle sur quoi ? Nous représentons 9%, toutes les collectivités confondues, de la dette publique. Les communes, c'est 4%. Donc si c'est 50-50, on est déjà, en acceptant même le principe qu'on a une responsabilité sur la dette, c'est déjà inéquitable.
Et je rappelle que cette dette des communes, ce n'est que sur l'investissement, là où l'État emprunte sur du fonctionnement. Donc il faut faire très attention. Il faut décrypter tout le discours. Il y a une forme qui est bien meilleure qu'avant. Il y a des dispositions qui sont bien plus respectueuses, et je l'ai dit en objectivité, mais sur le principe même d'une vision très bercie, si vous voulez, qui consiste à penser que les collectivités peuvent être ponctionnées, je ne suis pas sûr qu'on ait encore l'inflexion nécessaire et attendue.
David Lisnard