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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 16 juillet 2026 6 min

Présidentielle 2027 : François Hollande sur la route de la candidature

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Autre sujet, la présidentielle de 2027. Écoutez Carl Meeus, rédacteur en chef du Figaro Magazine sur les multiples candidatures à gauche, il était sur Europe 1. C'est curieux ce besoin chez les gens de gauche de vouloir tous être candidats à la présidentielle.

L'espace politique le plus petit concentre le nombre de candidats le plus élevé. Toutes ces personnalités appartiennent à ce qu'on appelle la social-démocratie, le centre-gauche, la gauche non mélenchoniste ou pour reprendre leur expression la gauche de gouvernement. Ils répètent tous qu'il ne doit y avoir qu'un seul candidat pour avoir une chance d'y arriver et pourtant ils organisent le trop-plein en s'ajoutant chacun à la liste.

Tous pensent qu'Édouard Philippe va libérer un espace politique au centre-gauche, obligé qu'il sera de partir sur sa droite pour contrer la candidature de Bruno Retailleau. La politique, c'est une course de chevaux couplée à un poker menteur. Le plus faible peut imposer ses conditions au plus fort s'il arrive à lui faire croire que son ralliement est indispensable pour l'emporter.

Voilà, dans la course de chevaux, il y en a un qui pourrait se rajouter. François Hollande, il a réuni ses soutiens, ils étaient environ 150 hier au Sénat. Il y avait par exemple le maire de Paris Centre Ariel Weil, l'ancien patron de Libération Laurent Joffrin, l'ancienne maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, les sénateurs Rachid Temal, Patrick Kanner aussi, Jean-Christophe Cambadélis et leurs plusieurs petites phrases.

Il a rappelé subtilement qu'il avait déjà été président, qu'il connaissait la fonction puisqu'il l'avait remplie. Je peux être utile mais je ne peux pas être un candidat de témoignage. Ça veut dire quoi selon ?

Ça veut dire que si en octobre ou novembre les sondages ne décollent pas, François Hollande ne sera pas une candidature de témoignage et qu'en revanche s'il passe la barre des 10 % peut-être qu'il tentera de s'imposer. Au-delà de la blague, ça dit quand même deux choses. Déjà un pas si c'est une blague hein d'ailleurs.

Oui non, mais vous avez raison. Déjà ça dit quelque chose quand même sur la drogue qu'est la politique. C'est-à-dire que cet homme-là qui a été président de la République qui aurait très bien pu se prélasser, profiter de ses beaux jours, passer à autre chose, surtout après le mandat qu'il a qu'on qu'on a connu.

Mais cette cette volonté de tous les hommes politiques, tous, parce que Giscard d'Estaing l'a fait, Nicolas Sarkozy a tenté de le faire, j'ose imaginer que qu'Emmanuel Macron le fera à son tour, ces hommes-là, une fois qu'ils ont goûté au pouvoir, ils ont beau avoir déçu, ils sont incapables d'avoir le recul nécessaire pour comprendre qu'il faut passer à autre chose. Et donc cet homme-là est quand même passé par la case euh euh législative en passant en profitant du Nouveau Front populaire et donc de la France insoumise pour réintégrer l'Assemblée pour ensuite tenter de se dégager de la France insoumise. Tout ça pour tenter peut-être de retrouver le pouvoir.

Enfin, je trouve que c'est complètement lunaire. En attendant, il a une popularité qui rebondit. Vous avez vu le baromètre le dernier baromètre de Paris Match pour euh Sud Radio notamment, il bondit de six places, il est juste après Michel Édouard Leclerc.

Donc il est l'homme politique préféré des Français. Est-ce que ça peut se traduire en intention de ? C'est pas totalement improbable.

Euh déjà, ça dit euh et ça confirme cette idée que la nostalgie présidentielle est extrêmement forte dans ce pays. C'est-à-dire que quand Jacques Chirac a quitté le pouvoir en 2007, c'était un homme fatigué, malade, euh très impopulaire, extrêmement impopulaire. À l'époque, le plus impopulaire de la 5e République.

Euh [grognement] cinq ans plus tard, c'était l'homme préféré des Français, Jacques Chirac. Donc en fait, on aime les présidents quand ils ne sont plus à l'Élysée, c'est ? le plus impopulaire de la 5e République, à égalité au presque avec Emmanuel Macron désormais, personne donnait un kopeck à François Hollande une fois qu'il a quitté le pouvoir.

D'ailleurs, il était tellement impopulaire qu'il a même pas pu se représenter, ce qui était un fait inédit pour un président sortant. Il y avait le chômage aussi, il avait lié sa candidature à la courbe du chômage. 10 ans plus tard, c'est l'homme politique préféré des Français.

Vous voyez à quel point la nostalgie présidentielle fonctionne. Et c'est pour ça d'ailleurs que si on élargit un petit peu la discussion, euh euh j'imagine je vois très bien Emmanuel Macron revenir parce que la nostalgie présidentielle fonctionnera aussi avec Emmanuel Macron. Et parce qu'il est encore jeune.

En plus. Ensuite, évidemment, il y a la question électorale. Quel est l'espace politique et électoral de François ?

Bah, c'est terrible à dire, ça paraît improbable, fou, mais il y a un espace. Il y a un espace dans ce centre-gauche entre monde dans cet espace-là, hein. Oui, mais enfin, le problème, c'est qu'il y a aucune incarnation dans cet espace-là.

Euh, vous avez Gabriel Attal qui vient de cette famille politique du centre-gauche, de la social-démocratie, mais qui aujourd'hui est affilié euh au bloc central et qui peine à se départir de son mano à mano avec Édouard Philippe. Vous avez les Raphaël Glucksmann, euh les François Ruffin, euh les Bernard Cazeneuve il y a un nouveau candidat toutes les semaines. Personne arrive réellement à s'imposer et donc en effet, l'hypothèse de d'imposer un ancien chef d'État dans une période de conflit international, il connaît très bien la géopolitique, tout ça, ce sont des arguments qui fonctionnent.

Donc ça paraît complètement fou, mais sur le papier, il y a un espace pour lui. Maintenant, cet espace, ça veut dire ? Ça veut dire entre 8 et 12 % sur le papier.

Ça paraît pas énorme, mais euh commencer une campagne à 10 ou 11 % vous pouvez très bien finir à 16 ou 18 et aujourd'hui, le seuil d'accession au second C'est la faute de François Hollande, il était très populaire, je vous rappelle Bien sûr. Donc en réalité, c'est possible. Le problème, c'est que euh François Hollande, aux yeux des la majorité des électeurs de gauche, il n'est plus de gauche.

C'est un traître. C'est la c'est le social-traître. Euh, aujourd'hui, ses électeurs de gauche, pour une partie, ils ont même pour beaucoup, ils ont voté pour François Hollande en 2012, ils ont cru à cette promesse initiale "Mon ennemi, c'est la finance" et cetera, d'un programme de rupture et François Hollande, en réalité, il a fait un euh un un mandat de centre-gauche plutôt libéral, d'ailleurs.

Et donc ça, ça a déçu les électeurs de gauche. Et je pense que la gauche aujourd'hui, dans son ensemble, s'est radicalisée dans tous les points de vue, d'un point de vue sociétal, mais aussi d'un point de vue économique. Euh euh la social-démocratie qui est quand même beaucoup plus faible, la gauche est dans une période de rupture et François Hollande n'incarne absolument pas la rupture.

Alors, il en a conscience, hein, certainement, puisqu'il dit que pour tenter de l'emporter, il faut se préparer sur le fond, mais aussi dans les formes que doit revêtir une nouvelle campagne présidentielle. Pour être au second tour, il va falloir aller chercher des électeurs au-delà. Ah bah oui, au-delà c'est le cas.

C'est ça j'allais dire. cas pour tout le monde d'ailleurs. J'allais dire François Hollande, hormis pour Marine Le Pen qui n'a que se qu'à se projeter sur le second tour, tout le monde va devoir convaincre au-delà de sa base.

Euh maintenant sur la forme, j'ai aucun doute que François Hollande pourrait faire une très bonne campagne. Il faut quand même pas oublier que cet homme-là est un roublard de la politique comme on en a fait très peu sous la 5e République, qu'il est devenu président de la République alors qu'un an avant, il était à 2 % dans les sondages. Alors en effet, il a bénéficié de circonstances, il a bénéficié de l'élimination de fait de DSK, mais c'est un vrai roublard.

Il a été 1er secrétaire du PS pendant plus de 10 ans, il connaît très bien les arcanes. J'ai aucun doute qu'il puisse faire campagne. Le problème c'est que où sont les électeurs derrière ?

Ça sera la longue