Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 5 mai 2026 21 min

Pierre Jouvet : « Je ne sais pas si l’union fait gagner, mais je sais que la division fait perdre »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Pierre Jouvet, merci beaucoup d'être notre invité, vous êtes député européen, secrétaire général du Parti Socialiste. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserredon du groupe Ebra. Bonjour Fabrice.

0:24
Invité

Bonjour Ariane, bonjour Pierre Jouvet. Bonjour.

0:26
Présentateur

Pierre Jouvet, on va l'augment revenir avec vous sur la politique, ce qui s'est passé hier soir puisque la gauche non-mélenchonniste qui prône unité était réunie à Paris. Comment vous allez faire face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? On va longuement en parler, mais d'abord l'actualité, c'est cette interview ce matin à Sud-Ouest. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, qui dit qu'il ne pourra pas maintenir son plafonnement en cas de taxes des super profits pétroliers. Comment vous qualifiez cette attitude et ses propos ?

0:52
Pierre Jouvet

D'antipatriote. Et je trouve que Patrick Pouyanné, dans cette interview ce matin, est tout bonnement irresponsable. On a vu ces dernières semaines, et notamment au cours du dernier trimestre, les profits, je dis bien les profits, de Total explosés. 51% d'augmentation de leurs profits, c'est-à-dire de leurs résultats de ce que les actionnaires vont gagner. Quand dans le même temps, les prix à la pompe pour les Français ont augmenté de 41%. Aujourd'hui, chez moi à Saint-Vallier, celles et ceux qui vont aller faire le plein vont payer 2 euros à 2,20 euros le plein de litre de diesel ou d'essence. Et M.

Pouyanné, qui fait des profits records depuis des années, qui va encore aller distribuer des dividendes à des actionnaires qui, eux, n'ont pas de difficulté. Que le plein soit à 2,20 euros ou 2,50 euros le litre, ça ne leur pose pas de difficulté.

1:40
Présentateur

Mais sauf que Total, ils plafonnent les prix. C'est-à-dire que les Français qui vont faire leur plein dans les stations Total, ils payent moins cher. Est-ce que ce n'est pas une manière, justement, de redistribuer ces bénéfices et d'en faire profiter les Français ?

1:51
Pierre Jouvet

Non, parce qu'aujourd'hui, la réalité, c'est que Total, dans un moment de crise, a pu augmenter ses marges et a pu augmenter ses super profits. Et aujourd'hui, quand on est dans un moment de grande difficulté pour les Français, on doit être en capacité, quand on est un grand groupe comme Total, quand on est une grande entreprise, de redistribuer et d'en donner plus. C'est-à-dire d'en donner plus par les impôts. C'est-à-dire d'en donner plus par les super profits et par la taxe sur les super profits que les socialistes proposent. Donc, M. Pouyanné…

2:18
Présentateur

Mais vous la proposez encore ce matin, malgré le fait qu'il dise qu'il y a cette taxe sur les super profits, il n'y a plus de plafonnement ?

2:23
Pierre Jouvet

Oui, oui, mais nous le proposons encore. Et moi, je dis très clairement à M. Pouyanné que dans des moments difficiles, pour celles et ceux qui nous écoutent, il est de la grande obligation, obligation, des grands patrons de ce pays de faire preuve de patrie.

2:40
Présentateur

Non, mais Pierre Jouvet, pour les Français qui nous regardent, est-ce que ce n'est pas plus important et plus efficace pour leur porte-monnaie de payer moins cher leur essence à la pompe que de savoir que Total va payer des taxes sur les super profits ?

2:50
Pierre Jouvet

Mais vous savez, la pression qui est mise par M. Pouyanné, qui depuis des années, par le jeu du contournement fiscal, essaye de faire croire qu'il ne fait pas de gains nets pour Total en France. – Mais qu'est-ce qu'elle va changer pour le porte-monnaie des Français de la taxe sur les super profits ? – C'est une redistribution qui sera donnée de manière immédiate. Écoutez, quand vous voyez, par exemple, dans les territoires ruraux ou périurbains, les infirmières libérales, les aides-soignantes, les chauffeurs de taxi qui, depuis le début de cette crise, n'ont droit à rien, sont pris à la gorge par l'augmentation des prix de l'essence qu'ils n'ont pas demandé.

C'est une intervention unilatérale des États-Unis et d'Israël contre l'Iran qui, aujourd'hui, bloque 20% du flux pétrolier avec le détroit d'Ormous et qui a des conséquences extrêmement graves. Quand on entend que les Français, pour 10% d'entre eux, en plus de l'année dernière, ont déjà annoncé qu'ils ne partiraient pas en vacances cet été. Quand on sait qu'aujourd'hui, tout augmente, sauf les salaires. Quand on voit les gens compter au centime près quand ils vont faire les courses. Mais écoutez, tout ça n'est plus supportable quand, dans le même temps, vous avez des grands dirigeants du CAC 40 comme M.

Pouyanné, quand vous avez des actionnaires qui voient leurs marges, leurs profits augmentés, leurs dividendes augmentés d'année en année et que vous voyez des gens qui ont gagné de plus en plus d'argent ces dernières décennies, qui se sont enrichis, quand la classe moyenne et la classe travailleuse, c'est, elles, appauvri.

4:11
Présentateur

Et vous n'avez pas l'impression de ne pas être patriote, c'est ce qu'on reprochait à Patrick Pouyanné, et d'affaiblir une entreprise française avec ces propos ?

4:17
Pierre Jouvet

Moi, je ne crois pas que Total soit affaibli par une taxe sur les super profits quand vous avez fait 51% d'augmentation sur vos dividendes en l'espace de trois mois.

4:26
Présentateur

Cette question du pouvoir d'achat, pour vous, ça doit être la thématique majeure de la prochaine campagne présidentielle ?

4:31
Pierre Jouvet

Mais c'est la thématique majeure et au-delà même du pouvoir d'achat, je vais vous dire. On parle beaucoup de pouvoir d'achat, mais la question, c'est le pouvoir de vivre, en vérité. Aujourd'hui, les gens n'en peuvent plus, les gens ne vivent plus, les gens se restreignent sur tout. Je le disais, il suffit d'aller dans un supermarché. Moi, j'ai fait mes courses tous les week-ends en famille. Je vois bien, quand je vais au supermarché à côté de chez moi, comme les gens sont en très grande difficulté parce que les salaires stagnent et que tout augmente. Le prix de l'énergie a explosé. Les prix des logements continuent d'augmenter. Le prix à la pompe est devenu insupportable. Tout coûte cher.

Et donc, on est dans un moment où, en réalité, on ne prend plus le sujet de l'augmentation des salaires comme un sujet politique. Et on doit prendre ce sujet de l'augmentation des salaires comme un sujet politique. Moi, je considère aujourd'hui que les Français qui gagnent entre le SMIC et jusqu'à 2000-2200 euros nets par mois sont dans des grandes difficultés pour vivre et que nous devons augmenter les salaires. Comment est-ce qu'il faut augmenter les salaires ? Il faut mener un débat sur la table. Les salaires, on sait comment ça se passe. Ce sont des cotisations sociales, des charges patronales. Et comment est-ce qu'on arrive à rapprocher le salaire net du salaire brut ?

Et dans les propositions qui sont faites par le Parti Socialiste, qui a présenté son projet il y a quelques semaines, nous disons notamment qu'il faut augmenter le SMIC pour pouvoir tirer tous les salaires vers le haut, lancer ensuite des discussions avec l'ensemble des branches salariales de ce pays pour tirer les salaires vers le haut, amener notamment des allègements de cotisations et de charges pour permettre une augmentation de tous les salaires, notamment sur la classe moyenne qui ne s'en sort plus.

6:04
Invité

On est à un an de la présidentielle. Est-ce que ce point que vous abordez, qui est celui du pouvoir d'achat, des salaires, est-ce que c'est la priorité absolue de la gauche socialiste ?

6:14
Pierre Jouvet

Ah oui, c'est la priorité absolue de la gauche et du Parti Socialiste. Mais je vous le dis encore une fois, c'est la priorité absolue parce qu'il suffit de sortir de nos débats, de nos plateaux télé, parfois dans des polémiques un peu futiles et inutiles, pour voir que les gens ne s'en sortent plus. Moi, vous savez, j'ai été maire à Saint-Vallier d'une ville qui est une ville très populaire. Je discute tous les jours avec des habitants de chez moi et je vois bien la vraie galère dans laquelle ils se trouvent quand vous êtes vraiment... Je le redis parce que, vous savez, c'est parfois des angles morts qu'on a dans tous les débats, qui sont parfois envolés dans nos discussions, etc.

Mais les gens sont au centime près, vous le voyez bien, vous le savez, vous n'êtes pas déconnectés ni l'un ni l'autre. Donc, on doit faire ce choc de pouvoir d'achat, ce choc de pouvoir de vivre. Et c'est impératif parce que sinon, en fait, on crée des effets d'explosion dans le pays. Vous avez des gens qui sont devenus ces dix dernières années, notamment avec les cadeaux fiscaux d'Emmanuel Macron, de plus en plus riches. On a vu les 10% des Français les plus riches augmenter leur capacité de salaire, leur capacité de pouvoir d'achat. Et dans le même temps, la classe moyenne et la classe travailleuse, voir son niveau de vie baisser.

Eh bien, dans la septième puissance mondiale, ce n'est pas possible.

7:22
Invité

Pour revenir une seconde sur la fiscalité et les cadeaux fiscaux que vous évoquez, est-ce que, comme Jean-Luc Mélenchon, vous diriez que Total doit passer à la caisse ?

7:30
Pierre Jouvet

– Ah oui, je considère que Total doit évidemment passer… – Ça vous fait un point commun avec Jean-Luc Mélenchon ? – Oui, mais j'en ai beaucoup des points communs sur le fond avec Jean-Luc Mélenchon. C'est normal, c'est la gauche.

7:37
Invité

– Revenons aux priorités du Parti Socialiste. Je voudrais qu'on parle des territoires ruraux.

7:43
Pierre Jouvet

– Oui.

7:44
Invité

– On est à un an de la présidentielle. Les territoires ruraux souffrent aussi. – Bien sûr. – Parlez des déplacements, du prix du carburant. Quelle est votre priorité pour les territoires ruraux ?

7:52
Pierre Jouvet

– Aujourd'hui, je crois qu'on doit reprendre une véritable politique de planification et d'aménagement du territoire dans ce pays qui a été abandonné depuis des décennies. Moi, je peux vous en parler longuement. Je vis dans la Drôme, qui est un territoire rural. J'habite à Saint-Vallier, qui est une ville dont j'ai été maire de 4 500 habitants. Qu'est-ce qui se passe dans ces territoires ruraux ? Vous le savez aussi parfaitement avec le groupe EBRAS. On a des services publics qui ont reculé. On a des capacités liées à l'emploi et à l'offre d'emploi qui est en diminution. On a des aides aux collectivités qui sont de plus en plus faibles. On a des départements qui sont à l'os.

On a des mairies qui sont en grande difficulté. Donc, on doit réaménager le territoire en faisant profiter de la richesse, notamment nationale, qui peut arriver dans un certain nombre de métropoles et de grandes métropoles, en lien avec les territoires ruraux. Moi, je pense qu'on doit créer des partenariats nouveaux. Je vous donne un exemple. Moi, j'avais une grande difficulté à l'hôpital public à Saint-Vallier, dans la Drôme, qui devait fermer. Eh bien, on a passé un partenariat avec les Hospices Civils de Lyon, qui est un grand CHU lyonnais, pour avoir des liens entre les médecins des Hospices Civils de Lyon qui viennent faire des vacations pendant deux jours à l'hôpital de Saint-Vallier.

Qu'est-ce que ça a permis de sauver un hôpital ? Quand vous avez un hôpital de proximité qui reste ouvert, c'est un service public qui est là. Et ça permet aussi de dire à ces habitants des territoires ruraux que l'État est là pour les accompagner, pour les soutenir et que ce ne sont pas des territoires déclassés. Et c'est là aussi un combat politique majeur qui est porté par les socialistes, qui dirigent de nombreuses collectivités dans ces territoires.

9:19
Présentateur

Pierre Jouvet, Fabrice le rappelait, on a un an de la présidentielle et la gauche hors insoumis était réunie hier soir à la Bellevilloise à Paris. Il a été beaucoup quand même question de Jean-Luc Mélenchon. C'est lui désormais qui dit que le tempo à gauche ?

9:31
Pierre Jouvet

Non, mais moi, vous savez, j'essaye de parler le moins possible de Jean-Luc Mélenchon. On y est contraint parce qu'on nous pose des questions.

9:38
Présentateur

Enfin, c'est surtout parce qu'il a déclaré sa candidature. Est-ce qu'il ne nous y a pas contraint lui-même ? Oui, mais quelle surprise.

9:43
Invité

Et qu'il a freiné le deuxième tour à la dernière présentation ?

9:44
Pierre Jouvet

Oui, mais en réalité, quelle surprise. Jean-Luc Mélenchon, depuis la dernière élection présidentielle à 20h03, malgré ses déclarations de fait mieux, il n'avait qu'une obsession, c'était de préparer la prochaine élection présidentielle. Tout le monde le sait, c'était un secret de polichinelle.

Aujourd'hui, ce que je constate, c'est qu'il a voulu accélérer sa déclaration de candidature, sans doute parce qu'il voit bien aussi que le reste de la gauche et des écologistes est en train de travailler et de s'organiser et qu'il sait très bien une chose, c'est que notre responsabilité à tous les leaders de la gauche et des écologistes de ce pays, elle est de se rassembler et de proposer aux Françaises et aux Français un candidat commun de la gauche et des écologistes parce que sinon, ce sera quoi ? Ce sera un duel entre la droite et l'extrême droite. La gauche n'aura pas voix au chapitre et c'est des millions de Français qu'on laisse rendu.

10:30
Présentateur

Sauf que là, il y a un candidat de la gauche désormais. Il s'appelle Jean-Luc Mélenchon.

10:32
Pierre Jouvet

Oui, il y a un candidat de la gauche radicale. Et vous, vous en êtes en train

10:34
Présentateur

à vous organiser, à essayer de trouver un projet, à essayer de trouver un candidat, à essayer même de trouver un mode de désignation.

10:39
Pierre Jouvet

Oui, c'est vrai. Mais vous avez un candidat de la gauche radicale comme ça a toujours existé dans le pays et moi, je considère qu'il y ait deux offres à gauche qui soient proposées au premier tour d'une élection présidentielle n'est pas illogique.

Qu'il y ait plus de deux offres politiques qui soient proposées à gauche est une erreur funeste qui, dans le moment politique dans lequel nous sommes, quand l'extrême droite cumule des records dans les sondages en cumulé entre le Rassemblement national et Reconquête à plus de 40% dans le pays, quand on voit la progression notamment idéologique, eh bien, ce serait une faute politique et majeure pour la gauche et les écologistes de ne pas se rassembler au premier tour de la présidentielle. Donc, moi, je me battrais jusqu'au dernier moment.

11:16
Présentateur

Mais deux candidats contenus du paysage politique actuel d'un Rassemblement national qui est donné très haut, est-ce que ce n'est pas déjà trop ? Comment la gauche, elle arrive au second tour avec deux candidats ?

11:25
Pierre Jouvet

Eh bien, la gauche, elle arrive au second tour en mettant des idées dans le pays et sur le débat. Aujourd'hui, on est dans un moment où le débat politique est surtout structuré et matricé par des idées notamment et de droite et d'extrême droite parce qu'on ne parle plus suffisamment de nos propositions de fond.

Je vous disais tout à l'heure quand les socialistes ont présenté leur projet « Vivre libre » qui est un projet de 600 propositions qui sont faites, 645 pages et j'invite nos téléspectateurs à s'en saisir, à regarder, à l'amender aussi à faire des propositions quand on parle de la question du pouvoir d'achat, quand on dit que la question des services publiqués est prioritaire, quand on propose des mesures sur le logement, quand on dit qu'il va falloir s'adapter à l'intelligence artificielle et que par exemple on pourrait repenser la façon de travailler dans nos entreprises et pourquoi pas d'imaginer des nouveaux aménagements du temps de travail.

Je crois que ce sont des débats qu'il faut mettre dans la société qu'aujourd'hui on ne fait pas parce qu'on pense notre temps à se parler entre nous des questions de la gauche, qui va avec qui, qui fait quoi donc aujourd'hui. Moi je constate – Oui mais pardon

12:22
Présentateur

mais hier c'est de ça dont vous avez discuté à la baie de Liloas – Mais qu'est-ce qu'il en est sorti ?

12:27
Pierre Jouvet

Est-ce que les choses avancent ? – Oui les choses avancent pour une raison simple. Moi je constate qu'il y a aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon qui avait décidé depuis bien longtemps de se présenter à l'élection présidentielle. C'est son droit, il le fait. Je dis au passage que Jean-Luc Mélenchon a prouvé ces dernières années qu'il était plutôt celui qui fracturait la gauche, qui lui mettait un plafond de verre et je ne suis pas sûr y compris pour les insoumis que ce soit la meilleure solution et le meilleur choix mais ils font ce qu'ils veulent je mets ça de côté. – Mais il ne peut pas faire gagner la gauche. – Non, il ne peut pas faire gagner la gauche au deuxième tour pour vous.

– Non, il ne peut pas faire gagner la gauche.

12:58
Invité

– Donc il n'est pas envisageable une seconde qu'il travaille avec lui dans ce qu'il est envisagé

13:02
Pierre Jouvet

de gagner avec lui au deuxième tour. – Non mais il ne fera pas gagner la gauche. Un, il ne sera pas qualifié au deuxième tour et deuxièmement le pire c'est que s'il était et les enquêtes d'opinion le démontrent c'est que s'il était qualifié au deuxième tour d'une élection présidentielle c'est même le meilleur moyen de faire gagner

13:21
Présentateur

– Vous n'avez pas de doute sur la présence du RN au second tour ?

13:23
Pierre Jouvet

– Si j'ai des doutes parce que je pense que Jordan Bardella est un mauvais candidat en vérité et que personne n'ose le dire parce que c'est politiquement incorrect mais je le dis sur votre plateau je pense que Jordan Bardella n'est pas prêt que c'est une baudruche politique je crois qu'en réalité les français sont des gens très politisés qui dans le moment du débat politique vont aussi arriver et voir ce que les uns et les autres ont dans le ventre et qu'en fait une élection présidentielle ce n'est pas simplement une accumulation de vidéos sur TikTok mais pour répondre à votre question précédente ce que je constate c'est que dans la gauche que vous appelez non-mélenchoniste pour la simplifier chacun dit aujourd'hui quel qu'il soit qu'il faudra un processus pour permettre d'avoir un candidat commun que le morcellement fera la dispersion et fera la défaite chacun se rappelle qu'en 2002 la division au premier tour de l'élection présidentielle a empêché Lionel Jospin d'être au second tour et donc d'être président de la République chacun se rappelle qu'en 2017 la division a fait aussi que nous n'avons pas été qualifiés au deuxième tour qu'en 2022 nous n'avons pas été qualifiés au deuxième tour toujours par les mêmes effets tout le monde dit une chose simple que je vais redire et ça peut vous paraître basique je ne sais pas si l'union ça fait gagner ce que je sais c'est que la division ça fait perdre tout le monde se battra pour avoir un candidat commun et si ce ne sont pas les appareils

14:41
Présentateur

pardon mais sur la primaire il n'y a pas tout le monde Raphaël Luxman par exemple qui est quand même à l'heure actuelle dans les sondages en tête de la gauche non-mélenchoniste il n'en veut pas de cette primaire

14:49
Pierre Jouvet

oui mais en fait c'est quand même tout le monde

14:51
Présentateur

sauf le mieux placé

14:52
Pierre Jouvet

mais vous savez en réalité ils seront celles et ceux qui ne veulent pas d'un processus et moi je ne suis pas un aficionados de la primaire ils y seront contraints à un moment ou un moment

15:01
Présentateur

y compris Raphaël Luxman

15:02
Pierre Jouvet

oui mais parce que pourquoi ils se rencontrent

15:03
Présentateur

y compris François Hollande

15:04
Pierre Jouvet

oui François Hollande je crois qu'il pense lui-même qu'il est dans un moment où il sera peut-être candidat si justement tout s'écroule donc c'est peut-être celui qui a le moins intérêt à ça mais peu importe mais vous vous pensez qu'il peut être le candidat du PS François Hollande non je n'y crois pas non je n'y crois pas pour une raison simple là aussi excusez-moi j'essaye d'être le plus simple et le plus pédagogique possible non je n'y crois pas parce que je ne crois pas qu'il y ait de retour en arrière moi dans la vie politique contrairement à ce que peuvent croire certains je ne crois pas qu'il y ait une volonté dans le pays de reproposer François Hollande comme président de la République je pense qu'il a malheureusement et sans doute de manière assez injuste parfois été trop critiqué pour pouvoir revenir donc je n'y crois pas un instant mais ce que je veux vous dire c'est que le peuple de gauche nous regarde et nous attend et qu'en réalité celles et ceux qui prendront la responsabilité dans les semaines et dans les mois qui viennent de maintenir la désunion artificielle de la gauche non-mélenchoniste prendront une responsabilité historique devant le pays je le redis quand l'extrême droite est à ces niveaux-là quand on est dans un moment où les français sont pris à la gorge si nous ne sommes pas capables nous en responsabilité de nous mettre d'accord autour d'une table avec un projet politique qui est un projet partagé avec un processus de départage entre nous quels qu'ils soient qui permettent d'avoir un candidat

16:22
Présentateur

Justement Pierre Jouvet sur ce processus de départage vous maintenez la date du 11 octobre pour la primaire

16:27
Pierre Jouvet

pour l'instant la date du 11 octobre est maintenue mais je le redis parce que moi je vois bien vous savez mais pour l'instant pardon

16:33
Présentateur

la candidature de Jean-Luc Mélenchon elle pourrait vous faire avancer cette date

16:35
Pierre Jouvet

non mais vous savez moi je vais vous dire depuis un certain nombre d'années vous le savez je m'efforce et c'est parfois complexe dans la gauche d'essayer de parler et de rassembler toutes les familles de la gauche même quand elles ne se parlent plus même quand elles sont divisées et moi je maintiens les ponts les liens avec tout le monde donc mon objectif l'objectif du Parti Socialiste l'objectif d'Olivier Fort c'est d'arriver à trouver un chemin qui permette à la fois de partager sur le fond un projet commun et ensuite une méthode qui convienne à tout le monde moi j'entends que certains aient des doutes sur la primaire je peux le comprendre je leur dis simplement que proposez-vous par ailleurs puisque vous me dites que l'objectif politique est le même que le nôtre c'est-à-dire d'avoir un candidat commun au premier tour si c'est pas une primaire et bien envisageons autre chose un conclave une convention citoyenne un vote de tous les partis de gauche qui se retrouvent des discussions entre nous faisons-le trouvons le chemin je crois je considère pour ma part qu'il y a un moment on doit trancher de manière aussi démocratique donc si c'est pas une primaire qu'on m'explique ce qu'on fait d'autre

17:36
Présentateur

le candidat du PS ce sera Olivier Fort ça s'est acté ?

17:39
Pierre Jouvet

non c'est pas acté il y aura un vote c'est pas forcément

17:43
Présentateur

si il y a une primaire le 11 octobre c'est pas forcément le candidat

17:45
Pierre Jouvet

les militants voteront vous savez le Parti Socialiste est un grand parti démocratique qui vote qui a ses débats en interne et là nous on a pris les choses là aussi de manière précise Chloé Rydel a présenté le projet des socialistes le projet des socialistes est soumis au débat de tous nos militants il sera voté le 25 juin ensuite nous continuons de construire cette stratégie de rassemblement qui veut permettre d'unifier toutes les familles de la gauche des écologistes et forces citoyennes comme la réunion d'hier en était une initiative ensuite nous aurons le choix de la candidate

18:17
Présentateur

Est-ce que ça peut être celui qui est en tête des sondages à gauche qui est votre candidat est-ce que les sondages vont être une équation importante ?

18:24
Pierre Jouvet

Oui les sondages évidemment peuvent être une équation ce que je constate néanmoins et là aussi soyons directs et lucides c'est que vous savez on voit que les sondages un peuvent se tromper ça arrive et ça leur arrive malheureusement souvent deuxièmement on voit aussi que la différence entre les uns et les autres à gauche n'est peut-être pas suffisamment grande pour laisser trancher simplement dans des sondages si vous avez des candidats qui ont deux ou trois points d'écart que vous êtes dans la marge d'erreur comment vous trancher et je considère aussi et surtout et c'est ça la vertu du débat de la primaire du débat gauche parfois on peut trouver qu'on est trop long qu'on tranche pas assez vite etc mais c'est aussi de mettre des idées dans le débat public la politique une élection présidentielle c'est qu'est-ce qu'on veut faire pour le pays je considère que la dernière élection présidentielle a été une élection présidentielle qui a été escamotée dans le débat et qu'on n'est pas allé au fond des sujets et que là on a devant nous des sujets importants on a parlé des territoires ruraux on pourrait parler du système de financement de notre protection sociale qu'on pourrait parler des retraites on doit aller dans le fond de ces débats parce que la France en a besoin et c'est la gauche

19:25
Invité

qui doit les porter vous le disiez le débat politique c'est considérablement droitisé et au-dessus de tout ça ce sont essentiellement les voix radicales que l'on entend quels sont les signes qui aujourd'hui peuvent vous laisser avoir un espoir d'une présence de gauche non-mélenchoniste au deuxième tour

19:44
Pierre Jouvet

je pense que les français sont fatigués de notre cirque et vous savez moi je me réfère à ce que les gens me disent je vous l'ai dit vous le savez j'ai été longtemps un élu local et je reste attaché à mon territoire et je discute beaucoup avec les gens mais les gens en ont ras-le-bol de notre cinéma ils en ont ras-le-bol vous savez samedi après-midi je croisais un responsable d'une auto-école à côté de chez moi qui me disait mais je sais pas comment tu fais moi des fois quand j'allume la télé que je te vois la télé dans des débats je éteins la télé c'est insupportable en fait on comprend rien à ce que vous dites vous vous invectivez toute la journée il y a des polémiques une polémique chasse une autre polémique mais en fait les français en réalité s'en foutent de tout ça donc on veut cristalliser du débat de la tension permanente qui justement forme ces espèces de pôles de radicalité mais je pense que que veulent les français c'est un débat dans le fond sur quel avenir nous leur proposons quel avenir pour leurs enfants quel avenir pour la France en Europe quel avenir pour la France dans le monde moi c'est ça que je veux qu'on aborde pendant l'année qui arrive

20:45
Présentateur

Dernière question très rapide est-ce que si Jean-Luc Mélenchon a du mal à obtenir les 500 parrainages de maires le PS l'aidera ?

20:51
Pierre Jouvet

Non je crois pas mais pourquoi aurait-il du mal à les obtenir ?

20:55
Présentateur

Le Rassemblement National a eu du mal à les obtenir la dernière fois ?

20:57
Pierre Jouvet

Puisqu'a priori il est si fort et s'y installer dans le pays

21:00
Présentateur

On a compris Merci d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat