La musique adoucit les coeurs - Best of C à Vous
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On est ravis de vous accueillir pour présenter ce nouvel album. 9 ans qu'on l'attendait. On l'a aimé à "C à vous".
Il est difficile d'en parler sans penser à J.Dutronc et à F.Hardy.
Je peux comprendre votre frustration d'être si souvent ramené à la disparition douloureuse de votre mère. Pourtant, cet album, cette pochette, ce titre, "Il n'est jamais trop tard", ça a une résonance particulière. C'est votre 1er album en 9 ans et le seul que votre mère n'a pas pu écouter. -Vous avez tout dit.
Je suis toujours content de parler de mes parents, mais parfois, je me suis livré peut-être trop. Je n'avais pas l'impression. J'étais sincère.
Je racontais ce qui m'était arrivé à quelques journalistes. Après, c'est plutôt les sites Internet qui reprennent une phrase et ça fait des choses putassières, "putaclic". Je n'ai jamais voulu être people.
Je ne critique pas les people. -A.-E.Lemoine: Vous ne voulez pas alimenter la machine. -Je veux qu'on parle de ma guitare, mes paroles, mes musiques. -A.-E.Lemoine: Justement, les paroles... "Il faut le plus souvent possible faire la liste des petits bonheurs." "Laisse pas passer les petits bonheurs.
C'est trois fois rien, le bonheur. Il y a tant de larmes, tant de malheurs. C'est quoi, les petits bonheurs? -Vous allez voir, il y a toute la liste dans la chanson. -A.-E.Lemoine: Chanter des conneries dans les bouchons, vous le faites souvent? -Oui.
De moins en moins, parce que je ne conduis plus qu'en Corse... -A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de bouchons en Corse? -Non, jamais. -Ca peut arriver l'été.
Maintenant, il y en a partout. -A.-E.Lemoine: Un peu de musique, de guitare, ça fait toujours du bien. -Oui.
On est à une époque où il y a beaucoup de violence, d'antagonisme. On est des résistants, des Gaulois qui essayons de garder une bonne humeur, un plaisir de faire de la musique, de partager des mélodies. -A.-E.Lemoine: Cet album a été créé dans la joie avec l'objectif de nous faire danser, bouger, avec aussi des rythmes de salsa.
Danser comme un acte de résistance. Pour résister à quoi? -A mon avis, pour résister...
On dirait qu'on est dans un avion qui part à la catastrophe. Tout va beaucoup plus vite par rapport à mon tempérament. Quelquefois, je n'ai pas envie de prendre l'avion.
C'est aussi un hymne à la liberté. Régulièrement, dans la musique que je fais, mon ambition, c'est que les gens puissent sortir un peu... -A.-E.Lemoine: Des chemins de traverse. -Oui.
On appelle ça les pérégrinations romantiques. Aller voir ailleurs, quoi. Je crois que quand on fait de la musique, c'est pour s'évader, évader les gens.
Je pourrais faire des choses qui ressemblent au mainstream, mais j'aime bien la poésie, les Belges, les jeux de mots, qu'on s'amuse. Je cherche toujours d'autres choses. -P.Cohen: Comme souvent, vous avez mis de la famille Chedid dans ce disque, pas toute la famille, mais vous avez mis Emma, votre femme, Anna, plus connue sous le nom de Nach, votre fille, pour des choeurs, et votre fils Matthieu pour un solo de guitare à la M. -Je suis là... ...
Je suis là. ...
Je suis là... -Ca fait vivre le truc...
C'est incroyable. -Ca raconte une histoire. -Bon petit gars, toi. -P.Cohen: Matthieu dit qu'il y a au moins un conseil que vous lui avez donné pour sa carrière musicale, sa carrière de chanteur: si une chanson ne tient pas sous la forme d'un guitare-voix, ce n'est pas une bonne chanson. -C'est sûr.
Toutes les bonnes chansons qui peuvent être jouées piano-voix, parfois, elles ont encore plus d'intimité et de chaleur qu'avec une orchestration énorme. J'ai fait une expérience...
J'étais venu vous voir avec Y.Cassar, piano-voix. Ca a été un grand moment de faire des concerts juste piano-voix.
Au début, on s'est demandé si les gens allaient s'embêter. En fait, non, pas du tout. -A.-E.Lemoine: Ca fait ressortir le texte et la mélodie. -Dénuder les choses et les objets artistiques, ça peut faire du bien.
Je suis là. Je suis là, ici ou tout là-bas. Je suis là.
Je suis là, jamais bien loin de toi. ...
Envers et contre tout. Pour la vie, jusqu'au bout. Je suis là. ... -J'aime les chansons qui mettent les gens ensemble.
Je n'aime pas les chansons qui disent: "C'est de ta faute." Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente. J'aime beaucoup Brassens.
Toutes les chansons que je fais, "Parking des anges", "Le Pont Mirabeau"... "Le Protocole", la nouvelle chanson sur l'album c'est une chanson sur le climat.
J'essaie de toucher un point qui rassemble les gens autour d'une idée simple, celle de passer cette séquence difficile, compliquée. Je n'essaie pas de mettre les gens les uns contre les autres. Ca ne sert à rien.
Le ressentiment ne sert à rien. On ne construit rien dessus. J'essaie de faire des chansons d'amour. -P.Cohen: Vous aimez toujours parler de l'époque et essayer de la saisir, l'attraper, la caractériser. "Mami Wata, c'est la cata..." -"On est dans le big data." -P.Cohen: "Sophie a eu un temps partiel.
Elle jubile, c'est fantastique, puis elle est virée, remplacée..." -"Par une caisse automatique." Cette histoire est vraie.
J'allais dans un magasin pas trop loin. A un moment: "Vous pouvez le faire tout seul, monsieur." Elle me disait ça avec un grand sourire. "Je vous explique." Tu es en train de scanner ton truc...
Quelques mois après, elle n'était plus là. Elle a formé tout le quartier à se débrouiller seul et j'imagine qu'elle n'a plus d'emploi. Ce n'est pas un exemple générique, mais c'était surtout le sourire qu'elle avait en disant: "Regardez cette modernité, vous êtes seul, vous pouvez le faire." Il n'y a eu plus personne, sauf le dimanche. -P.Cohen: Et elle était elle aussi "que des données dans le big data". -Une compression de personnel potentiel.
En tout cas, on ne la voit plus. Je ne sais pas si c'est le monde d'aujourd'hui, la maximisation des profits...
Je ne sais pas exactement ce que c'est, mais cet humain qui était en face de nous est parti en faisant quelque chose et elle ne se rendait pas compte de l'échelle de l'acte qu'elle faisait. -A.-E.Lemoine: Il y a un groupe français qui a énormément compté dans votre carrière, les Daft Punk, avec lesquels vous avez décroché un Grammy, celui du meilleur enregistrement, pour leur dernier album.
Ce Grammy vous a fait pleurer parce qu'à cette époque, vous étiez une machine à tubes. Avec les Daft Punk, vous vous êtes reconnecté à votre âme d'artiste. -Tout à fait.
C'était très touchant. Ce que j'ai appris ce soir-là, c'est d'être reconnaissant, de savoir apprécier ce que les autres pouvaient faire pour moi. Si on est ouvert, si on est reconnaissant, on peut toujours reconnaître cette bénédiction.
On a tellement l'habitude des choses qu'on trouve que tout ce qui nous arrive est normal. Mais à cette époque...
Vous me voyez dans cette scène...
Je suis frappé de plein fouet par cette expérience. Je dis à l'univers entier: "Ce n'est pas moi qui maîtrise les choses." Les choses m'arrivent.
Je peux maîtriser ce que je fais, mais pas toutes les opportunités qui me sont présentées. Merci pour ça. Je le reconnais.
Je ne suis pas la cause des choses. Je suis un récepteur. C'est moi qui reçois. -A.-E.Lemoine: Votre équipe est composée à 70 % de vos amis du lycée et de la fac.
Votre manager, c'est votre meilleure amie. C'est le meilleur des garde-fous. -Lucie, c'est ma meilleure amie du lycée.
Mon meilleur ami du lycée est aussi en tournée. Tom, mon batteur, vient du lycée...
La plupart des gens dans mon équipe viennent du lycée. Quand ils ne viennent pas du lycée, ils viennent des années juste après. On vient de commencer une tournée de Zénith.
On est passés à 40 dans l'équipe. On n'a pas que des amis. Ce serait bizarre d'avoir tous les métiers au lycée.
Mais ça devient des amis aussi. Il y a une ambiance très bande de potes, colonie de vacances qui me plaît énormément. -M.Bouhafsi: Vous vous souvenez de la 1re fois où vous avez découvert la scène de l'Olympia?
C'était en 2021. -Complètement. J'étais tétanisée. ... -M.Bouhafsi: Il n'y avait pas de mot.
Vous étiez ébahie. En revanche, vous avez retrouvé l'énergie très vite. En plus de cette énergie folle que vous avez sur scène, vous avez une présence magnifique.
J'ai assisté à un de vos concerts. Je crois que vous avez passé un certain temps à regarder des vidéos de J.Brel en concert et à vous inspirer de son magnétisme.
Vous regardez les gens droit dans les yeux. -C'était un truc qu'on m'avait dit, d'imaginer une ligne et de regarder au loin. J'ai essayé à un concert et je me suis dit: "Quelle horreur!" Très vite, je me suis sentie bien mieux à regarder les gens dans les yeux.
Je pense que les gens recherchent ça. Il y a des fois où ils ne sont pas prêts. "Putain, il m'a vu!" Ce qui est important, c'est casser cette barrière entre le public et soi.
C'est la seule manière de se lâcher et d'être complètement soi-même. Je le fais en regardant les gens dans les yeux et en disant: "Veux-tu faire l'amour avec moi?" C'est une méthode un peu particulière...
J'aime trop les concerts et les gens. J'aime chanter mes chansons...
Je crois que c'est aussi ce besoin de savoir ce qu'ils en pensent. Les regarder et me dire si ça va ou pas...
Je vais les chercher. On a fait tellement de 1res parties avant de faire des Zénith... -A.-E.Lemoine: Où il faut aller chercher les spectateurs. -Au début, ils sont en mode...
A l'époque, c'était J.Armanet. "Je vais voir J.Armanet, je m'en fous." Petit à petit, tu te dis: "Tu vas passer 30 minutes avec moi.
Il va falloir que tu te les fasses. Juliette arrivera juste après. Pour l'instant, je vais t'imposer ma folie." Je vais les chercher.
Ce qu'il y a de plus génial, c'est quand tu vois quelqu'un qui commence comme ça et qui finit...
Là, je me dis que j'ai tout gagné. -A.-E.Lemoine: C'est une histoire de dingue.
Vous vous retrouvez avec N.Rodgers... -J'hallucine, avec une légende vivante de la musique.
Je suis trop honorée. -A.-E.Lemoine: Vous vous êtes croisés sur le plateau des 30 ans de "Taratata". -Dans les couloirs, les coulisses.
J'ai la chance que mon manager connaisse son manager. Ils nous ont présentés. J'ai ensuite eu cette chance extraordinaire d'avoir cette proposition pour le Zénith et La Seine Musicale. -A.-E.Lemoine: Nile, parlez-nous de cette guitare.
C'est celle que vous tenez entre vos mains qui vous accompagne depuis 1973? -Exactement. J'étais en tournée avec les Jackson 5.
Il se trouve que mon partenaire voulait que je sois un peu plus funk. Je suis allé acheter cette guitare en 1973, et je la garde. -A.-E.Lemoine: Elle a un surnom, cette guitare? -C'est vrai.
On l'appelle "la créatrice de tubes". Il y a eu D.Ross, Sister Sledge, Daft Punk, D.Bowie, Duran Duran, Sheila...
Vous vous rappelez? -A.-E.Lemoine: Votre maman aimait les mélodies.
Vous avez écouté beaucoup de musique avec elle, des chansons qu'elle aimait, certains titres de votre père, des chansons à vous aussi parce qu'il n'est jamais trop tard pour dire qu'on s'aime? -Oui...
Je ne sais pas quoi dire à ça. L'influence de mes 2 parents a été très importante pour moi. J'ai entendu leurs musiques toute mon enfance.
J'ai aussi entendu Souchon, E.Mitchell, V.Sanson, M.Berger et d'autres.
Je me suis fait ma propre culture. A 12 ans, j'ai écouté du Elvis, du Hendrix, du rap, du disco, du Motown. Après, j'ai découvert Django, Brassens.
Ca m'a permis de tuer mes parents. Par rapport à Django, Brassens ou J.-S.Bach, même eux ne tiennent pas le choc!
Tout me passionne. J'adore G.Benson, Paco de Lucia...
J'espère qu'il y a un peu de toutes mes passions dans ce disque. -A.-E.Lemoine: Le jazz est votre ADN.
Il souffle encore sur cet album. -Ouais...
C'est quand même un album très pop. -P.Lescure: Incroyable, le mouvement. -C'est peut-être l'influence de ma mère.
Quand j'étais petit, de 4 à 10 ans, elle me faisait écouter toutes ces musiques des années 78, début 80 où il y avait beaucoup d'accords assez riches. C'est ça qui rejoint un peu le jazz, des accords assez riches, des belles harmonies. Ca me plaît.
Là, il n'y a pas tellement de belles harmonies. C'est des chansons assez simples. Mais il y a quelques belles guitares qui enrichissent, mais pas partout...
Pour moi, c'est un album qu'on a essayé de faire dans la générosité, le plaisir. Même si ça parle parfois d'amour...
Il y a des sentiments...
Il n'y a pas que de la joie ou de la déconnade. Il y a un peu de profondeur, j'espère. Même ces chansons plus dures, qui racontent des ruptures ou des amours, un besoin d'indépendance...
On a créé toutes ces chansons avec beaucoup de plaisir. La plupart, je les ai faites avec mon camarade David Chiron. Si c'était ça, le bonheur, juste un instant, un coup de coeur.
Il y a tant de larmes, tant de malheurs. Laisse pas passer les petits bonheurs. -M.Bouhafsi: Une belle histoire, celle de cette petite fille atteinte de cécité.
Elle a été victime d'une amaurose congénitale de Leber révélée à 3 mois. Pour qu'elle vive comme n'importe quelle petite fille, ses parents ont fondé Les Yeux de Vic, une association. Malgré son handicap, elle aime tout faire, notamment du karaoké, ce qui est possible aujourd'hui grâce à une nouvelle technologie d'un appareil électronique révolutionnaire, qui lui permet de lire les paroles en braille.
Nous avons voulu vous faire découvrir cette graine de chanteuse accompagnée de sa maman. -C'est Sophie. -C'est Vic. -On est à "C à vous". -Les mains serrées, ça, c'est facile.
Fermer les yeux... -Il y a 3 mois, on a mis une vidéo sur TikTok.
Ca a eu un effet assez inattendu. -Avec l'ordinateur, je peux lire des livres. J'adore lire.
Avant, je ne pouvais pas. Surtout, je peux chanter. Un jour, j'ai reçu un message de G.Montagné.
Je ne m'y attendais pas du tout. Ca m'a touchée. J'aimerais bien participer à "The Voice Kids".
Après, faire des concours, plein de choses... -M.Bouhafsi: On espère que la production de "The Voice Kids" prendra la candidature de Vic.
Comme beaucoup d'entre nous, peut-être aussi pour vous, Clara, son idole, c'est Céline Dion. -Le feu des mots d'amour au berceau de l'histoire. L'enfant qui, chaque jour, t'appelle à ma mémoire.
La folie des grandeurs, ses effets secondaires. Le pire comme le meilleur. -M.Bouhafsi: Elle nous a dit que c'était la musique qui l'avait sauvée.
Au-delà de la voix, la performance technique, c'est extrêmement touchant... -C'est incroyable.
Si "The Voice" ne la prennent pas, moi, je la prends avec plaisir avec moi sur la tournée. -P.Lescure: Cet album, c'est aussi l'histoire d'une équipe autour de vous que vous avez connue avant la "Star Ac" et qui vient de votre Normandie natale.
Il y a la chanteuse Daysy qui participe à presque tous les albums, il y a J.Kamel sur 4 titres. Il est venu à "C à vous" il y a pas longtemps.
Vous l'avez peut-être vu. On va le revoir. Il nous racontait l'histoire de ce fameux single "Ceux qu'on était". -Pierre, c'est avant tout un copain de Caen.
Il est venu un jour dans ce studio avec Daysy, une très bonne amie de Caen. -P.Cohen: Une écriture rapide? -Très vite.
En une heure, on avait une chanson. -A.-E.Lemoine: Ecrite en une heure et c'est devenu le single d'or le plus rapide de l'histoire, hors rap. -C'est fou.
Tout le parcours...
Je vois ça...
J'ai assisté à tout son parcours dans la "Star Academy". Je vois tout ce qui lui arrive depuis. Me dire que j'ai pu contribuer de près ou de loin à ce succès, c'est un honneur. -P.Lescure: C'est maintenant single de diamant.
Vous bossez avec lui sur le prochain album. -On a bossé ensemble sur l'album qui est sorti, avec Daysy aussi, avec des personnes en qui j'ai confiance. Après cette aventure, je trouvais ça cool de revenir un peu aux sources et faire un album avec les gens que je connais.
Je me sentais peut-être plus en confiance à dire ce que j'avais envie de faire, ou pas envie, donner mon avis...
Ca s'est très bien passé. -A.-E.Lemoine: A vos côtés dans un instant, un DJ, chanteur, au double disque d'or, figure de la scène électro française, qui a composé pour Bruel, Louane, Grand Corps Malade et qui, depuis 7 mois, demande à des personnalités leur sons préférés pour réaliser le track de leur rêve.
Il a composé le track de vos rêves. ... ... ... -A.-E.Lemoine: Salut, Mosimann. -Bonsoir. -A.-E.Lemoine: Ces tracks de rêve, vous en avez fait pour M.Pokora, Lorie, L.Thilleman, M.Theuriau, qui vous a demandé d'intégrer le rire de son mari J.Debbouze dans sa track de rêve...
C'est une sorte de portrait en musique que vous composez. -Une sorte de portrait en musique. Sur les réseaux sociaux, il y a des photographes qui discutent avec des gens dans la rue.
Et puis, il y a une petite relation, ça discute...
A la fin de cette séquence, il y a une photo. Je me suis demandé comment je pouvais traduire ça. J'ai fait des tests avec des amis.
A force de rencontrer des personnalités, de rencontrer des gens comme Florent, je leur ai demandé s'ils étaient d'accord que je réalise leur track rêvée. -A.-E.Lemoine: Ca dit quoi, Florent, cette track? -Qu'il aime l'eau, a priori, qu'il aime faire la fête, ce que j'ai découvert le même jour... -On parle beaucoup de fête pour moi en ce moment...
Mais c'est vrai. -Ca permet de montrer un autre aspect des personnalités. Il y a des gens très différents.
On parlait de M.Theuriau. La première chose qu'elle m'a dit, c'est: "J'aimerais bien avoir le rire de Jamel".
Ca en dit long. -A.-E.Lemoine: Vous m'avez proposée de réaliser ma track de rêve.
Dans laquelle, forcément, il y a les "youhou-hou-hou" de "C à vous". -Je ne vous cache pas que c'était un des plus compliqués jusqu'ici. Déjà, on ne se rend pas compte, mais c'est beaucoup de temps de préparation.
J'ai fait ma petite liste de ce qu'on s'était dit au téléphone. Utiliser les voix du générique, la voix de B.Chameroy qui chante a cappella pendant le Festival de Cannes la chanson de Slimane, la voix de C.Dion pour faire une petite dédicace à V.Pécresse sur "I'm Alive", les violons du thème "Parade" de V.Le Masne, "Pat'Patrouille"...
Là, je n'ai pas trop compris pourquoi. -A.-E.Lemoine: C'est comme ça qu'on appelle P.Cohen.
On l'appelle la "Pat'Patrouille" parce qu'il vérifie toujours si on dit quelque chose de vrai ou de faux. Donc il faut le générique de la "Pat'Patrouille". -Histoire de compliquer encore plus le tout, il fallait réussir à mettre tout ça en mode disco house.
J'ai commencé à sampler des choses... ...
J'ai commencé à assembler les JO, le fameux... *-I'm alive... -Pour les gens qui nous regarde, c'est votre responsabilité si ce n'est pas bon. -A.-E.Lemoine: Merci pour la solidarité... -Ca donne quelque chose comme ça. ... ... -A.-E.Lemoine: Ah!
Ca marche hyper bien. -M.Bouhafsi: Mais là, vous le faites bien chanter, Bertrand.
Et le côté disco house, pour vous, Babeth. -A.-E.Lemoine: C'est vachement bien.
Et c'est grâce à moi, donc. Bravo! Vous n'avez jamais voulu être un faiseur de chansons.
Hors de question de devenir un professionnel en la matière. Votre chanson, c'était un amusement? Vous écriviez en dilettante? -Non, c'est mon journal.
Dès qu'il m'arrivait un événement, quelque chose, une chanson arrivait. -A.-E.Lemoine: Mais vous n'avez jamais voulu apprendre à lire ou écrire la musique. -Non.
J'ai pris une guitare, j'ai trouvé 2 accords... "Le Tourbillon", c'est 2 accords.
Mes chansons sont sur 2 ou 3 accords. J'apprends par les musiciens qu'elles sont très compliquées, musicalement. -P.Cohen: Vous leur avez donné votre charme, à ces chansons, ces dizaines de chansons qui séduisent encore aujourd'hui la jeune génération.
Helena est là. V.Dedienne, qui nous regarde et nous écoute, vous adore.
Il vous a chanté dans le disque paru l'an dernier chez Canetti. On a tout à l'heure entendu "Ma ligne de chance", de "Pierrot le fou". Dans ce même film, il y a une chanson qui est absolument formidable, qui est l'une de vos préférées, qui a été chantée par A.Karina. -Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours.
O, mon amour. Jamais tu ne m'as promis de m'adorer toute la vie. -P.Cohen: "Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours." Godard est venu vous trouver et il vous a dit: "Je veux pour mon film des chansons sublimes." "Le Tourbillon" lui avait tapé dans l'oreille. -Il est arrivé le matin, comme ça, à l'improviste. "J'aimerais bien avoir des chansons." J'avais 2 ou 3 chansons sur mon magnétophone que je lui ai fait entendre. "C'est celle-là." "Vous êtes très paresseux!" "Mais non, c'est totalement les chansons qu'il me faut." -Elle avait des bagues à chaque doigt, des tas de bracelets autour des poignées, et puis elle chantait, avec une voix qui, sitôt, m'enjôla.
Elle avait des yeux, les yeux d'opale qui me fascinaient, qui me fascinaient...
Il y avait l'ovale de son visage pâle de femme fatale, qui me fut fatal, de femme fatale, qui me fut fatal. -A.-E.Lemoine: Cette chanson va changer votre vie.
Pourtant, j'ai appris qu'à la Sacem, longtemps, elle a été attribuée à un autre que vous. -Oui, S.Reggiani. -P.Cohen: Reggiani au lieu de Rezvani!
Serge Rezvani! -J'avais pris un pseudonyme. -On s'est connus, on s'est reconnus.
On s'est perdus de vue, on s'est reperdus de vue. On s'est retrouvés, on s'est réchauffés, puis on s'est séparés. Chacun pour soi est reparti dans le tourbillon de la vie.
Je l'ai revu un soir, aïe, aïe, aïe. Ca fait déjà un fameux bail. -M.Bouhafsi: Votre autre actu, c'est celle d'un jouet, un soldat rose inoxydable depuis plus de 15 ans.
Vous créez ce conte musical qui raconte les aventures de plusieurs jouets d'un grand magasin en 2006, avec M, A.Souchon, V.Paradis, Sanseverino.
Ca fait quoi, d'avoir écrit une histoire musicale aussi emblématique pour des générations d'avance? Ca doit être une fierté particulière. -Oui.
C'est une fierté. Ce n'est pas évident à faire. Ce qui est beau, c'est que tous les artistes...
Ca date d'il y a presque 20 ans, en 2006...
Tous les artistes qui y étaient à l'époque, qui faisaient les personnages, chantent encore aujourd'hui. C'est pas mal. Ca prouve qu'il y a une continuité et une pérennité dans l'histoire.
C'est vrai que ça a tellement rencontré son public, qu'il y a tellement de gens qui ont 25 ans et qui ont découvert "Le Soldat rose" quand ils avaient 5 ans. C'est très touchant. Quand on va dans les spectacles, qu'on voit les parents...
Ce qui est très rare, c'est de réunir les parents et les enfants dans les spectacles musicaux. En général, les parents vont souvent dans des spectacles musicaux en se disant: "Bon, c'est ma BA de la journée..." Mais là, je voyais des parents avec la bouche ouverte qui regardaient ça, qui étaient émus par V.Paradis...
Ca perdure. C'est ça qui est beau, dans les choses qu'on fait. C'est de faire des choses qui peuvent traverser des décennies. -M.Bouhafsi: Votre 1er tube est né grâce à la colère.
Nile, vous êtes refoulé du Studio 54, célèbre boîte de nuit new-yorkaise, alors que vous vouliez rejoindre Grace Jones avec votre ami bassiste Bernard Edwards. Le célèbre "ah, freak out" vient en fait du "ah, fuck off" que vous avait lancé le vigile. -Mais oui.
C'est une histoire vraie. Si on avait pu entrer dans cette boite de nuit, on n'aurait jamais écrit cette chanson. C'est parce qu'il nous a fermés la porte au nez qu'on s'est dit "fuck off".
C'était la naissance de cette chanson. On est rentrés chez nous et on a écrit cette chanson. Grâce au videur de Studio 54, on a voulu en faire quelque chose de positif.
On a dit "freak out", car c'est une chanson de danse qu'on appelait le freak. -M.Bouhafsi: Là, le génie s'ajoute à la chance.
Vous avez ajouté "le fric, c'est chic". Vous aviez l'idée de vous faire passer pour des Français pour éviter le racisme qui pouvait exister? -Mais oui.
C'est totalement ça. En Amérique, c'était assez difficile pour nous de passer à la radio la plus connue en tant qu'artiste noir. Les musiciens...
Si on était Français, par contre, on était exotiques! Les gens se disaient: "C'est sympa." En Amérique, à l'époque, la France représentait une forme d'élégance, de sophistication.
On voulait représenter ça. -A.-E.Lemoine: On sait scientifiquement pourquoi certaines musiques font instantanément danser? -Il y a eu des études qui ont montré...
Dans la musique, il y a des syncopes, des ruptures de rythme. Apparemment, avec un tempo particulier correspondant au rythme cardiaque, ces coupures de rythme donnent envie de se lever. Si c'est trop lent, ça ne donne pas envie.
Si c'est trop rapide, ça ne donne pas envie. On parlait de 120 battements par minute pour avoir envie. C'est ce qu'on appelle des syncopes.
C'est marrant, car c'est médical... ... ... -WE ARE FAMILY...
Xavier Bertrand