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interviewRTL — L'invité de 7h40· 18 mars 2026 10 min

Christian Estrosi : "Marine Tondelier a fracassé le front républicain"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Il a été élu maire de Nice en 2008 et espère le rester dimanche soir prochain, même si au premier tour des municipales, il est arrivé presque 13 points derrière son ennemi juré Éric Ciotti. C'est Christian Estrosi qui est l'invité d'RTL Matin en direct de sa permanence électorale de Nice. Bonjour et bienvenue sur RTL, Christian Estrosi.

0:18
Christian Estrosi

Bonjour.

0:19
Présentateur

Dimanche soir, les Niçois semblent vous avoir dit Estrosi, ça suffit. Est-ce qu'après trois mandats de maire, Christian Estrosi, vous ne vous dites pas peut-être que j'ai fait le match de trop, peut-être que les Niçois ont besoin d'une respiration démocratique ?

0:31
Christian Estrosi

Non, absolument pas. Lorsque je vois qu'il y a 100 000 abstentionnistes dimanche soir, c'est énorme 100 000. Ce sont beaucoup de Niçois par milliers qui me disent dans les rues, tout simplement le matin, on a pris une gueule de bois au réveil. On n'imaginait pas, après tout ce que vous avez fait pendant ces 18 ans, où Nice est devenue sans doute une des villes de France reconnues comme des plus attractives, des plus transformées, des plus embellies, qui a pris des années d'avance sur d'autres en matière de mobilité, de verdissement, récompensé encore la semaine dernière par l'Union européenne comme le plus beau verdissement de cœur de ville d'Europe.

Et c'est pour cela que je suis très confiant dans ce deuxième tour et leur mobilisation.

1:19
Présentateur

Vous avez parlé de vos supporters qui ont pris une gueule de bois au réveil. Vous l'avez eu aussi, vous la gueule de bois au moment des résultats. Comment vous l'avez vécu ? Parce qu'on parle des politiques comme si c'était des machines, mais humainement. Comment vous avez ressenti ça ?

1:30
Christian Estrosi

Je ne vais pas vous cacher que j'ai ressenti une déception, avoir donné ma vie entière à ma ville, quelles qu'étaient mes activités. Lorsque j'étais sportif de haut niveau, j'avais Nice dans mon cœur. Lorsque sur tous les podiums du monde, je faisais sonner la Marseillaise. Lorsque j'étais ministre, j'avais Nice dans mon cœur. Lorsque j'étais membre du Parlement, j'avais Nice dans mon cœur. Lorsque j'étais président de la région, j'avais Nice dans mon cœur. Là, vous n'avez pas peur de plus être dans le cœur des Niceois ? J'ai sacrifié 18 ans de ma vie à ne pas me laisser entraîner vers tel ou tel autre mandat et à dire que c'est ici que je sers et que je sers exclusivement ma ville.

Là où d'autres se sont cognés la tête dans tous les murs pour briguer tous les mandats et qui aujourd'hui, 3 mois, 6 mois avant, après avoir vécu 20 ans au Parlement, 18 ans à la présidence d'un conseil départemental, se disent, après tout, la ville est bonne à prendre, puisque Estrosi a tout fait.

2:26
Présentateur

Vous visez Éric Ciotti, votre adversaire principal pour dimanche. Vous êtes 3 dimanche, Éric Ciotti, vous Christian Estrosi et l'écologiste PSPC Juliette Chesnel-Leroux. Vous en avez appelé au Front Républicain, sauf que la candidate de gauche, Juliette Chesnel-Leroux, vous a dit non. Après tant d'années de banalisation d'idées racistes et xénophobes, Estrosi a tracé le sillon de l'extrême droite. Est-ce qu'il peut réellement constituer un barrage ? C'est-elle interrogée à haute voix. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

2:50
Christian Estrosi

Oh, je lui réponds que quand on a 11%, et si c'était mon cas, c'est-à-dire juste un tout petit pourcent pour se maintenir au deuxième tour et qu'on a des valeurs républicaines, moi, à la seconde près, je me serai retiré. Mais, puisque vous parlez de l'écologiste qui est sous la tutelle de Mme Marine Tondelier, qui était hier matin sur votre chaîne...

3:14
Présentateur

Oui, elle a dit que ce n'est pas un duel, c'est un duo Ciotti et Estrosi hier, Marine Tondelier.

3:18
Christian Estrosi

Oui, mais Marine Tondelier a fracassé le Front Républicain et les valeurs républicaines dont on pensait qu'elle y était attachée en devenant une alliée directe du Rassemblement National et de l'extrême droite, tout simplement. Hier, elle a fait voler en éclats, et Mme Tondelier, comme Mme Chesnel, qui est sa tête de liste ici, porterait, si, et ça ne sera pas le cas, le Rassemblement National a emporté dimanche toute leur vie politique, la responsabilité d'avoir donné la cinquième ville de France à l'extrême droite et au Rassemblement National.

3:53
Présentateur

Christian Estrosi, elle vous a aussi reproché d'être mise en examen dans six affaires, vous attaquez sur votre image. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

4:00
Christian Estrosi

Je réponds à ça que la première qui aura à répondre devant les tribunaux, c'est Mme Tondelier elle-même. Vous allez porter plainte ? Naturellement, je porte plainte, puisque depuis 18 ans où je dirige cette ville, je n'ai jamais été mis en examen sur quoi que ce soit. Je n'ai jamais été poursuivi. J'ai toujours géré cette ville avec transparence, intégrité, sincérité, morale.

C'est Mme Tondelier qui a dépassé les bornes, qui aujourd'hui, en lançant ces accusations qui sont fausses, là où nous savons qu'il y a beaucoup d'affaires dans la dernière ligne droite, au bout de 18 ans, lancés par ses partenaires et ses alliés, Mme Chesnel-Leroux et sa liste, simplement pour faire des signalements qui donnent toujours lieu à des ouvertures d'enquête préliminaires qui se terminent toujours par rien. Eh bien, Mme Tondelier devra répondre de ses propos devant les tribunaux. C'est elle qui est aujourd'hui l'accusée. Là où je suis totalement victime de ses propos, je n'ai jamais été mis en examen de quoi que ce soit.

5:06
Présentateur

Bon, ce qui est sûr, et vous l'avez dit, c'est que la campagne est sale et a été sale à Nice. Christian Estrosi, cette histoire de tête de cochon clouée sur votre porte avec le mot juif et suite à laquelle l'enquête qui a déjà débouché sur quatre mises en examen, dont un proche de votre épouse, s'oriente vers une manipulation menée par des membres de votre entourage à votre insu. Chaque mot est important.

5:28
Christian Estrosi

Non, c'est faux ce que vous dites. C'est faux puisque ma femme a été entendue hier en tant que victime.

5:34
Présentateur

Bien sûr, je ne mets pas en cause de votre femme, je dis quatre mises en examen, dont un proche de votre épouse, et je parle d'une manipulation. Les enquêteurs parlent d'une manipulation menée par des membres de votre entourage à votre insu. Est-ce que vous pensez que certains de vos proches ont pu monter un stratagème pour faire de vous la victime sans vous en avertir ?

5:51
Christian Estrosi

Alors d'abord, ça n'est pas le procureur de la République qui dit ça. Ce sont des sources qui viennent de je ne sais où. Et vous reprenez ces sources qui ne sont pas avérées, et qui ne sont pas fiables et qui ne sont fondées sur rien. Il y a un communiqué du procureur de la République qui dit très clairement « Monsieur et Madame Estrosi sont victimes d'une manipulation. Nous avons eu une tentative d'insu. » Mais Monsieur Estrosi, pardon, je n'ai pas dit le contraire.

6:20
Présentateur

Je n'ai pas dit le contraire. Je vous demande si vous pensez que des personnes de votre entourage, je ne parle ni de vous ni de votre épouse, ont pu organiser ça, en gros pour vous victimiser. Éric Ciotti a comparé ça au faux attentat de l'Observatoire en 59, que Mitterrand a organisé.

6:34
Christian Estrosi

Vous savez, lorsque l'on tient de tels propos, on peut s'interroger pourquoi on prononce de tels propos. Et dans quelle direction doivent se tourner les regards, aussi pour se demander qui est à l'origine de quelque chose qui est un choc. Quand on rentre à 23h avec son épouse et que l'on voit ça sur le portail d'entrée de son immeuble et que l'on sait notre engagement contre le racisme, l'antisémitisme et toute forme de discrimination, je peux vous dire que le choc est extrêmement violent.

7:09
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Vous pensez que le coup peut venir du camp d'en face de chez Éric Ciotti ?

7:12
Christian Estrosi

Moi, je ne désigne personne. Il y a une enquête qui est en cours. Je fais confiance à la justice et je vous demande d'accorder la même confiance à la justice qui dira les choses et cette vérité pourrait surprendre beaucoup de monde lorsqu'elle éclatera au grand jour. Il y a toujours des gens, et j'ai peur, qui sont dans la nature et qui ne sont pas interpellés au moment où je vous parle. Il y a un individu qui a été relâché, certes sous contrôle judiciaire, mais qui est un ancien de l'ADST et qui a appartenu à des réseaux identitaires, à des réseaux d'extrême droite. Vous craignez pour votre sécurité, Christian Estrosi ? Non, je ne crains jamais pour ma propre sécurité, peu importe.

Vous savez, avec toutes les menaces de mort que j'ai connues pendant ces 18 ans pour garantir la sécurité des Niçoises et des Niçois, mon devoir, c'est de ne pas avoir peur. C'est d'avoir peur pour Nice, c'est d'avoir peur pour les Niçois, c'est de devoir les protéger. Mais oui, j'ai des craintes pour ma famille, pour mon entourage, et de cela, je ne m'en cache pas.

8:17
Présentateur

Christian Estrosi, est-ce qu'Éric Ciotti a réussi finalement l'union des droites qu'appelle de ses voeux Jordan Bardella ? Est-ce que ce n'est pas ce à quoi on est en train d'assister aujourd'hui à Nice ?

8:27
Christian Estrosi

Nous le dirons dimanche soir, mais c'est parce que j'appelle un électrochoc, c'est parce que je suis sûr que les seules 15 000 voix, vous savez, ce n'est pas grand-chose, quand vous avez 100 000 abstentionnistes, que vous avez une gauche qui trahit ses électeurs et qui me disent eux-mêmes, on a voté au premier tour à gauche, on se sent tellement trahi par ceux pour lesquels nous avons voté et qui ne respectent pas les valeurs républicaines, ça plus ça, 15 000 voix, ce n'est pas grand-chose à remonter.

J'ai été candidat contre Marion Maréchal-Le Pen pour empêcher celle-ci de prendre la région en 2015, j'avais près de 300 000 voix de retard au premier tour, j'ai remonté 300 000 voix alors que personne n'y croyait. Et dites-vous une chose, c'est que 15 000 voix à Nice, avec l'électrochoc que nous sommes en train de lancer et cet élan que je sens dans les rues depuis lundi matin où je ne lâche pas un pouce de terrain, je suis convaincu que nous allons aller beaucoup plus loin pour que Nice puisse encore rayonner et ne pas plonger dans un précipice. Vous savez, j'ai des contrats signés pour que de grandes écoles s'installent dès lundi matin à Nice.

Elles ne s'installeront pas, si nous ne l'emporterons pas, nous perdrons des milliers d'emplois dans cette ville et cette ville plongera dans l'ombre, là où nous nous avons mis dans la lumière. Merci.

9:46
Présentateur

Merci beaucoup Christian Soury d'avoir été en direct.