Éric Zemmour à Chambéry : Meeting sur la paix
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs, il a donné son parrainage aujourd'hui à Eric Zemmour. Il est maire de Saint-Jeoire. Merci d'accueillir monsieur Antoine Valentin !
Mes chers amis, c'est un immense plaisir pour moi. C'est une formidable fierté pour moi que de pouvoir m'adresser à vous, ici, dans NOS pays de Savoie. Ce soir vous êtes merveilleux.
Ce soir vous êtes 4 000. Ce soir vous n'êtes plus seuls. Ce soir vous êtes la Reconquête !
Alors vous le savez, je suis le maire Les Républicains d'une petite commune de Haute-Savoie. Personne n'est parfait, et je ne suis pas venu avec Douglas ce soir. Je suis le maire d'un de ces villages attaché à son histoire, attaché à son clocher, attaché à ses racines et ses patronymes.
Un de ces villages français qui constellent nos montagnes et donnent sa grandeur à nos territoires et à notre nation. Ici, sur cette terre, les hommes sont forgés par la rigueur de l'hiver alpin, par la dureté d'une histoire qui mille fois ne nous a pas épargnés, par un caractère et un tempérament rude et solide qui mille fois nous a permis de nous relever. Chez nous, on ne se plaint pas.
Chez nous, on ne se lamente pas. Nous sommes cette France besogneuse et silencieuse, cette France si souvent oubliée par nos politiques professionnels. Sauf peut-être en ces moments d'élections, où subitement, le bon souvenir des électeurs de la France des territoires, de la France réelle, remonte à l'esprit de nos politiciens, quelques mois avant l'élection présidentielle avant d'immuablement se retirer au lendemain de l'élection législative... ...ne laissant dans nos campagnes que quelques embruns d'un espoir amer à jamais déçu.
Sauf que ce soir mes amis, la vague de la marée s'est formée au beau milieu de nos montagnes, à l'ombre du Mont Blanc, à l'orée de nos espoirs. Alors non, jamais, jamais elle ne va retomber, parce que ce soir nous sommes des milliers ici à Chambéry, nous sommes des millions partout en France, et parce que ce soir cette déferlante magnifique, puissante et inarrêtable, portera enfin vers la victoire celui dont le destin est grand, tellement grand : Eric Zemmour ! Cette victoire est nécessaire pour ne pas dire obligatoire.
Car oui, il s'agit de notre dernière chance : notre dernière chance pour la France. Chez nous, la "start-up nation", c'est d'abord et avant tout : la fin des services publics, la délocalisation de nos usines, la fermeture de nos gendarmeries, le démantèlement de nos joyaux industriels. Chez nous, la France du "en même temps", c'est l'impunité pour les dealers et l'extrême rigueur pour les automobilistes.
C'est le matraquage des PME et l'optimisation fiscale des multinationales Chez nous, c'est la France du deux poids deux mesures d'un Etat si faible avec les forts, et si fort avec nous les faibles ! Ici à Chambéry où siégeaient jadis les Ducs de Savoie, ici à quelques kilomètres du plateau des Glières, à quelques kilomètres de la nécropole de Morette, ici nous refusons la fatalité et nous nous engageons tout entier dans la Reconquête ! La reconquête de notre sécurité car nous ne tolérerons plus de savoir nos femmes et nos filles en danger le soir dans nos rues.
La reconquête de notre dignité, car nous n'accepterons plus jamais de baisser les yeux devant les dealers et les racketteurs. La reconquête de notre pouvoir d'achat car nous n'acceptons pas non plus - et nous n'allons pas nous en contenter, un chèque de 100 euros lancé par Emmanuel Macron, tel un seigneur à ses gueux ! La reconquête de notre identité car nos n'avons pas à avoir honte, jamais, de notre histoire glorieuse et millénaire, de nos rois, de nos empereurs, de nos soldats, de tous ceux qui ont fait la grandeur de notre nation !
Alors maintenant mes amis, il ne nous reste que 44 jours pour défendre nos villages, notre histoire, nos vallées séculaires, mais surtout, surtout, pour faire vivre la France que nous aimons. Ce matin, c'est en maire Les Républicains que j'ai remis mon parrainage à Eric Zemmour ! Cette après-midi, c'est en ami que je l'ai conduit derrière les grilles fermées de la dernière usine de mon village, fraîchement délocalisée en Pologne...
Et ce soir c'est en soutien que je m'adresse à vous et que je vous demande d'acclamer de toutes vos forces, de toutes vos tripes, notre candidat : Eric Zemmour ! Pour que vive la République, mais surtout, surtout... pour que vive la France !
Mesdames et messieurs, il est votre candidat pour être le prochain Président de la République française, merci d'accueillir monsieur Eric Zemmour ! Merci, merci mes amis ! Bonsoir à tous !
Bonjour et merci, merci, mille fois merci pour votre présence en ce jour si important pour notre campagne, et en cette heure si importante dans l’histoire de notre continent. Merci d’être venus si nombreux, de Savoie, de Haute-Savoie et de toute la région. Vous êtes ce soir 3 500 dans cette salle et je vous remercie vivement.
Tous nos meetings jusqu’ici ont été de grands moments de mobilisation, de sérieux, mais aussi de joie, car nous respirons ensemble l’air pur de la vérité. Celui-ci, chers amis... - On vous aime !
Merci ! Moi aussi ! Merci.
Moi aussi, je vous aime. Ce meeting mes amis, sera empreint de davantage de gravité que les précédents. Mais merci avant tout à Antoine Valentin, le maire de Saint-Jeoire qui m’a si chaleureusement accueilli et à tous les élus ici présents qui m’ont apporté leur parrainage !
Tout à l’heure, mon cher Antoine, dans ton village de Saint-Jeoire, je respirais l’air pur, je regardais ce ciel si clair, immaculé. Quelle atmosphère paisible. Comment ne pas chérir ce cadeau, ce cadeau si rare et qui est si vite repris aux hommes : la paix.
Et nous autres, Français, avec une si longue et tumultueuse histoire derrière nous, nous savons à quel point la paix est fragile et à quel point la préserver est un combat. C’est Jean de la Fontaine qui écrivait : "Ô Paix ! source de tout bien, Viens enrichir cette terre, Et fais qu'il n'y reste rien Des images de la guerre." Oui, vous pouvez applaudir Jean de la Fontaine.
Voilà plusieurs jours que j’avais prévu de placer ce déplacement savoyard sous le signe de l’espoir. De l’espoir que cette campagne suscite dans tout le pays. L’espoir, ce désir qui brûle en nous de refuser l’abandon et les remords, cette envie d’offrir un autre avenir à nos enfants et à notre patrie.
L’espoir, ce formidable moteur qui peut renverser le cours de l’Histoire et changer nos vies. Voilà plusieurs jours que je voulais vous dire à quel point vous, les Savoyards, avez su incarner l’espoir pour notre pays. Il y a soixante-deux ans, ici, à Chambéry, le général de Gaulle venait à votre rencontre pour commémorer l’anniversaire l’entrée de la Savoie dans notre pays.
Il venait prononcer ces mots : « À chaque fois que la France s'est trouvée dans des difficultés graves, les Savoyards furent en tête de ceux qui l'ont secourue ». Le général de Gaulle pensait à l’espoir porté par la Résistance. Il pensait à l’espoir incarné par le réseau des Glières.
Ils étaient jeunes, ils étaient courageux, ils étaient résistants, et pour la France, ils sont tombés. Isolés sur le plateau alpin, encerclés par l’ennemi et condamnés à une mort certaine, ils ont mené le combat dans le silence de la neige. La France était bâillonnée, enchaînée et étouffée : mais si certains étaient prêts à mourir pour elle, c’est qu’elle vivait encore.
Les Glières ce n’était pas seulement un sacrifice, c’était aussi un message d’espoir. Oui, pour moi, il était naturel de venir ici, chez vous, en Savoie pour vous parler de l’espoir et du refus du renoncement. Mais l’histoire, justement, en a décidé autrement.
Car une fois de plus dans son histoire, l’Europe est frappée par les bombes, les tirs, les larmes, les blessés, les morts, les civils évacués et les familles séparées. Cet orage qui gronde à l’Est du continent et qui nous inquiète tous. Hier, la Russie a attaqué l’Ukraine.
Hier, la Russie est venue porter la guerre en Europe. J’aimerais que nous pensions aux victimes et à nos compatriotes qui sont encore sur place. Alors aujourd’hui, plus que jamais, nous devons vouloir la Paix.
La Paix en Europe. La Paix en France. La tranquillité pour nos vies et le calme à nos frontières.
Mais la paix est si fragile. Souvenez-vous, il y quelques temps nous étions nombreux à penser qu’aucun camp ne laisserait la situation s'envenimer jusqu'à la guerre, et notre gouvernement était sûr d’avoir convaincu les Russes de ne pas intervenir. Et nous avions des raisons de penser qu’on éviterait la guerre.
Car la catastrophe qui coûterait des milliers de vies ukrainiennes aurait pu être évitée. Je le répète depuis des années : l’expansion ininterrompue de l’OTAN à l’Est est un motif d’inquiétude pour les Russes et ils sont prêts à se battre pour l’empêcher. Les États-Unis le savent très bien, eux qui poussent chaque fois plus loin les frontières de l’OTAN, et ils savaient aussi très bien qu’ils n’interviendraient pas pour aider les Ukrainiens ensuite.
Depuis des années, je tiens la même position : si la France ne se démarque pas diplomatiquement des États-Unis, c’est la parole de la France qui n’aura plus aucune valeur. Car dans l’Histoire, on ne négocie qu’entre seigneurs, jamais avec un vassal. C’est ce que le général de Gaulle savait mieux que personne, lui qui a toute sa vie cherché à se rapprocher de la Russie, justement pour contrebalancer le poids de nos alliés américains.
C’était justement le moyen de nous protéger, pour n’être inféodé ni à l’un ni à l’autre. Car la France ne doit être soumise à personne : La France ne doit être soumise à personne : ni aux États-Unis ni à la Russie ni à aucun autre pays du monde. Je l’ai dit au Mont-Saint-Michel la semaine dernière, et je ne savais pas que mes propos auraient bientôt une actualité si brûlante : la France a un devoir de puissance.
Et pour nous, Français, être puissants, c’est aussi être indépendants. Remarquez-vous à quel point le monde manque aujourd’hui d’une voix indépendante ? En 2008, encore, Nicolas Sarkozy arrivait à s’interposer et la France... mettait fin à la crise géorgienne en obtenant un cessez-le-feu immédiat.
Quelle fierté ! C’est cela le rôle de la France que nous voulons. Mes amis, souvenez-vous : en 2008, les Géorgiens désirent ardemment entrer dans la sphère d’influence américaine.
Réaction immédiate de Moscou qui envahit son voisin et reconnaît l’existence de deux républiques sécessionnistes. Cela ne vous rappelle rien ? Tout était déjà là : les mêmes raisons, le même manque de confiance, les mêmes rancunes enfouies depuis la fin de la guerre froide.
Comme en Ukraine, l’échec diplomatique et l’escalade militaire tragique. Mais en 2008, c’est la France de Nicolas Sarkozy qui amène la Russie à négocier la paix en quelques jours. Une France qui était encore crédible aux yeux des Américains et aux yeux des Russes.
En quelques jours, la France réussit l’exploit d’apporter une paix que ni les Américains ni les Russes ne voulaient au fond. Mais aujourd’hui lorsque notre Président de la République tente de négocier avec Vladimir Poutine, il n’est pas écouté et Poutine se joue de lui, car Poutine se dit qu’il n'est que l’émissaire des États-Unis et de l’OTAN. Croyez-moi, je ne m’en réjouis pas.
Je ne me réjouis pas de l’humiliation de la France et de la perte de son rang. Au-delà de la politique, au-delà de la campagne, c’est la place de la France qui est en jeu. Alors maintenant, que fait-on ?
D’abord, l’urgence. La guerre est là. Ses conséquences peuvent être terribles pour les Ukrainiens et peut-être terribles pour tous les Européens.
La guerre est là et l’urgence est qu’elle s’arrête vite. Dans cette situation, seule la France peut rapidement proposer une sortie de crise. Les Anglais sont alignés sur les Américains et les Allemands dépendent du gaz russe.
Alors que nous, les Français, nous sommes une puissance nucléaire. Nous sommes membre du conseil de sécurité de l'ONU au même titre que la Russie et les Etats-Unis. Nous avons toute légitimité pour nous interposer et créer les conditions d'un dialogue équilibré.
Nous espérons faire taire les armes au plus vite. Mais nous voulons ensuite traiter les causes profondes de cette guerre car nous devons garantir une paix durable sur le continent. Si nous ne comprenons pas les causes, nous ne sortirons jamais de ce guêpier, ces tensions pourraient encore durer des décennies.
Nous devons préserver la paix, préserver la vie des jeunes européens et préserver l’avenir de l’Europe, de toute l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural. Garantir une paix durable, c’est priver les Russes d’un prétexte pour menacer leurs voisins européens. Et c’est donc empêcher les Américains de s’installer militairement aux frontières de la Russie.
C’est sortir de ce cercle vicieux de la confiance brisée. C’est pour cela que depuis le 14 février, je propose un traité de paix signé par les Américains, les Européens et les Russes pour inscrire dans le marbre la fin de l’extension de l’OTAN à l’est de l’Europe, et comme corollaire immédiat, le cessez-le feu, évidemment. Et comme corollaire immédiat, le cessez-le feu, évidemment, mais aussi le retrait des troupes russes des zones séparatistes et le respect par les Russes de l’intégrité territoriale de ses voisins.
Que proposent les autres pour garantir une paix durable ? Pas grand-chose, et malheureusement, toutes les autres solutions sont des voies sans issue. Voulons-nous vraiment nous engager dans une guerre à vie contre la Russie ?
Croyons-nous que les sanctions économiques réussiront à arrêter les Russes ? Elles gêneront la Russie, peut-être, mais elles affaibliront avant tout l’Europe. Elles touchent directement nos intérêts.
Et la Russie répliquera. Surtout, il ne faut pas que les sanctions deviennent un alibi de l’impuissance. Je le redis : les sanctions en elles-mêmes seront inefficaces car elles ne traitent pas le problème de fond : celui de la sécurité en Europe.
Ce traité de paix, c’est donc la seule solution qui nous permettra d’obtenir une paix durable. C’est pour cela que les deux plus grands conseillers diplomatiques américains de l’après-guerre, Kissinger et Brzezinski, ont tous deux proposé depuis des années que l’Ukraine accepte un statut de neutralité et s’engage à ne jamais rentrer dans l’Otan. Et pourtant, Kissinger était un Républicain américain, en pleine guerre froide !
Et pire, Brezinski était un Démocrate d'origine polonaise foncièrement anti-russe. Les deux hommes pensaient tout de même que la paix sur le continent dépendait de cet engagement. Vous savez, mes amis, avec la Russie, c’est une longue Histoire. - D'amour ! - Pas seulement.
Depuis des siècles, nous nous sommes souvent fait la guerre et nous avons parfois combattu ensemble : nous connaissons les Russes et les Russes nous connaissent. Nous savons nous en méfier, car nous savons qu’ils peuvent surprendre, trahir, qu’ils peuvent agresser et qu’ils n’hésitent pas à faire la guerre. La Russie de Poutine vit au 19ème siècle, et conçoit la guerre comme un moyen de défendre sa vision stratégique.
Nos pays de l’Europe de l’Ouest, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, ont tiré des leçons différentes des deux guerres mondiales en bannissant la guerre comme moyen d'action politique. Cet état d’esprit n’est pas partagé par tous les pays du monde. Nous devons en tirer des leçons.
Nicolas Sarkozy l’a dit ce matin en sortant de l’Elysée et il a raison : seule la diplomatie peut nous permettre de protéger la paix. Ce n’est pas en ostracisant la Russie, ce n’est pas en sanctionnant ses ressortissants, ce n’est pas en ignorant ses enjeux que nous y arriverons. Talleyrand disait que la diplomatie, c’était savoir se mettre à la place de son interlocuteur pour comprendre l’intérêt qui le guide.
Emmanuel Macron lui-même a tenté en recevant Vladimir Poutine en grande pompe à Versailles, au début de son mandat, mais il n’a pas pu construire une relation d’égal à égal, car il n’est pas allé au bout de la logique de l’indépendance française, en restant empêtré dans les logiques de l’OTAN et de la chimérique défense européenne. Mes amis, tout ceci peut vous paraître lointain et éloigné de votre quotidien. Mais j’ai tenu à venir vous voir quand même ce soir, pour vous dire que cette tragédie met en lumière des sujets cruciaux pour notre avenir et capitaux pour notre pays.
Cette tragédie peut aussi avoir des conséquences sur nos vies. Oui, cette tragédie doit pousser un homme d’Etat à tirer les leçons qui lui servent à mieux protéger son pays. Cette crise sonne le grand retour de trois notions que l’on croyait dépassées, que nos élites avaient enterrées, trois notions qui symbolisaient le monde d’avant, un monde prétendument révolu : le tragique, les frontières, la souveraineté. le tragique d’abord, car nous étions censés vivre dans une ère de paix et de jouissance matérielle.
Les frontières ensuite, car nous devions vivre dans un monde sans frontières, un monde de ponts et d’ouverture à l'autre. La souveraineté enfin, car elle était censée être obsolète avec la mondialisation et l’Union européenne. Eh bien mes amis, nos élites se sont une fois de plus lourdement trompées et ceux qui ont défendu ces notions depuis 30 ans avaient raison.
Le tragique est revenu dans le fracas des armes sur notre continent. Nous prenons conscience que nous vivons dans un monde dangereux. Les frontières sont désormais regardées comme inviolables.
Avec cette guerre, elles sont désormais enfin perçues pour ce qu’elles sont : d’indispensables garants de la liberté, de la sécurité et de la paix des peuples. La souveraineté des nations est de nouveau perçue comme la preuve qu’un peuple est libre et peut choisir la voie qui lui convient. Le prochain président de la République... - C'est toi !
Merci ! Le prochain président de la République devra en être persuadé pour mieux protéger son peuple. Il devra rétablir sa souveraineté partout où elle est nécessaire.
Il devra protéger ses frontières comme un trésor précieux. Il devra renforcer son armée mais aussi sa police et sa justice, tout ce qui relève du régalien, tout ce qui peut nous éviter le tragique, car le tragique peut survenir n’importe où, n’importe quand, à l’extérieur mais aussi sur notre sol et nous en avons des souvenirs douloureux ces dernières années...
Je répète depuis des années une citation que vous connaissez j’en suis sûr : “N'oublions pas que l’Histoire est tragique.” disait Raymond Aron. L’histoire est tragique et nous assistons au retour des grands empires humiliés par l’Histoire.
Les Chinois, les Russes, les Turcs : tous veulent prendre leur revanche. Alors dans un tel monde, nous ne pouvons pas désarmer notre nation, nous ne pouvons pas fragiliser notre peuple. Car le monde qui vient sera celui des États forts et des nations puissantes.
Aujourd'hui nous savons ce que nous avons hésité à savoir depuis 30 ans : la lucidité d’Huntington l’a emporté sur l’illusion de Fukuyama. Car malheureusement, la fin de la guerre froide n’a pas donné lieu au paradis libéral du doux commerce, de la démocratie et de l’entente cordiale entre les peuples. Désormais, tout ce qui était gelé par le rideau de fer remonte brutalement à la surface : les rancunes de l’Histoire, les rivalités idéologiques, les tensions religieuses, les guerres de civilisations.
D’abord dans les Balkans, puis au Moyen-Orient, maintenant à l’est de l’Europe. Et demain l’Asie : de Taïwan au Cachemire, de la mer de Chine à la Corée. Ce grand retour de l’Histoire tragique et redoutable, nos élites ne l’ont pas vu et ne l’ont pas cru.
Cela ne rentrait pas dans leurs études statistiques. Cela n’existait pas dans leurs univers de pensée. Et si on ne le comprend pas, on ne peut pas être à la hauteur des enjeux qui nous attendent.
Car nos adversaires, eux, l’ont compris. Le monde qui vient sera rude : nous allons affronter des crises politiques, des crises migratoires, des crises énergétiques, des crises économiques. Je l’ai dit au Mont-Saint-Michel et je le répète à Chambéry : nous avons un devoir de puissance !
Voilà pourquoi j’ai proposé de porter le budget de nos armées à 70 milliards d’euros par an dès 2030. Pour moderniser notre armée. Pour fournir à notre aviation de nouveaux chasseurs et de nouveaux bombardiers.
Pour équiper nos troupes au sol de nouveaux armements et du nouveau matériel. Pour offrir à notre marine de nouveaux navires et de nouvelles ambitions. Une nation qui a les moyens de se défendre est une nation respectée et une nation écoutée.
Nous n’avons pas le choix : si nous voulons la paix, nous devons consolider notre armée. Mes amis, je vous le dis, nous ne sommes protégés par personne, ni par les Etats-Unis ni encore moins par l’Union européenne. Alors, nous devons nous protéger nous-mêmes de manière suffisante et autonome.
Et soyez certains que l’Histoire pourra nous surprendre à l’avenir comme elle l’a fait par le passé. Notre devoir de puissance est aussi un devoir de prudence. En plus du devoir de puissance nous avons un devoir d’indépendance !
Dans cette guerre, où est l’intérêt national ? Nous avons le droit en tant que citoyen, et j’ai le devoir en tant que candidat à la Présidence de la République, de penser que les intérêts des Français sont le but ultime de toute politique. Alors, l’intérêt national, c’est de tout faire pour éviter les conséquences de cette guerre et des sanctions qui l’accompagnent : alors que nous sortons à peine de la crise sanitaire, le prix du gaz va exploser, le prix du baril d’essence va augmenter, le prix des céréales va s’envoler !
Dans votre assiette, dans votre entreprise, à la station essence, les conséquences peuvent être lourdes et terriblement concrètes. L’intérêt national, c’est de protéger la France et les Français ! L’intérêt national, c’est de ne pas créer une deuxième guerre froide !
Je ne veux pas que la France soit le spectateur impuissant et la victime d’une nouvelle guerre froide. Nous ne voulons pas ressusciter un monde découpé en deux blocs, avec d’un côté l’Occident soumis aux intérêts américains et de l’autre une alliance entre la Russie, la Chine, voire demain l’Iran. C’est tout ce que l’Europe et la France doivent éviter.
Car c’est un monde dans lequel les pays européens se précipitent sous la protection des Etats-Unis, renonçant à leur indépendance. Rejeter la Russie vers la Chine, c’est isoler l’Europe et la soumettre chaque jour davantage aux Etats-Unis. Or la France doit rester indépendante !
Voilà pourquoi je réclame la sortie du commandement militaire intégré de l’OTAN. Parce que tant que la France ne porte pas une voix indépendante, elle ne peut plus jouer son rôle d’arbitre. Et tant qu’elle ne joue pas son rôle d’arbitre, elle ne peut pas préserver la paix.
Dans la tradition qui va du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy en 2008, en passant par Jacques Chirac et le non à l’Irak, la France a scrupuleusement veillé à s’émanciper de toutes les tutelles. C’est ce que nous appelons la France puissance d’équilibre. Alors retrouvons la puissance et retrouvons l’équilibre !
Depuis le général de Gaulle, nous avons vocation à rester libres ! Notre vocation, c’est de ne jamais être l’instrument d’un impérialisme, et ce mot d’ordre sera par moi respecté à la lettre. Nous ne serons les obligés de personne, ni des Américains, ni de l’OTAN, ni des Russes, ni des Chinois, ni de l’Europe... ni même de l’ONU.
Les décisions du Président français doivent être prises uniquement en fonction des intérêts de son peuple et dans le plus grand respect de l’indépendance de son pays. Si nous voulons reconquérir notre puissance, si nous voulons ce que j'ai appelé ce gaullisme de la reconquête, ce n’est pas pour faire la guerre, non. C’est pour nous assurer un avenir serein et paisible.
Oui, nous sommes le camp de la Paix. Voici donc ce que je vous propose pour sortir de la guerre et rétablir la paix. Une attitude souveraine qui tourne le dos aux vassalités de l’Est ou de l’Ouest, de la guerre froide, de l’Europe impuissante, des mots forts qui cachent des actes faibles.
Afin que cesse cette terrible guerre entre la Russie et l’Ukraine, je demande au Président de la République de refuser tout à la fois l’hégémonie américaine et l’hégémonie russe, et de proposer la médiation de la France afin d’engager un cessez-le-feu et d’aboutir à un traité de paix qui garantirait les frontières de l’Ukraine et la sécurité de la Russie. La paix sera retrouvée lorsque les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations Unies dialogueront à nouveau ensemble et c’est l’initiative que la France doit prendre. Je vous le redis, avec autorité et avec espérance aussi : je redonnerai à la France sa force et sa puissance, une France qui ne se soumet ni aux Américains, ni aux Russes mais qui, par son indépendance, redeviendra la nation qui défend la souveraineté, les frontières, la sécurité et donc la paix.
Nous sommes ceux qui assureront la sécurité des Français à l'extérieur de nos frontières par l’équilibre diplomatique et la puissance militaire. Mais nous sommes aussi ceux qui assureront la tranquillité des Français sur notre sol. Nous sommes le camp de la paix car nous sommes le camp de la fraternité retrouvée.
Nous sommes le camp de ceux qui veulent vivre en paix, travailler en paix, éduquer leurs enfants en paix. Nous sommes la France des villages paisibles dont les portes des maisons n’ont pas besoin d’être verrouillées. Nous sommes la France où les filles peuvent sortir librement.
Cette France éternelle qui a toujours su qu’il n’y avait pas de tranquillité sans fermeté. Nous sommes ceux qui veulent vivre dans une France en sécurité et dans une Europe en paix Oui mes amis, la paix, c’est un tout, c’est un ensemble cohérent. On ne peut pas promettre la paix à des kilomètres de nos frontières sans chercher la paix dans nos rues.
On ne peut pas compter sur nos soldats sans compter sur nos policiers. La paix dans nos zones rurales, la paix dans nos villes, la paix à nos frontières, la paix en Europe. Et n’oubliez pas les mots du général de Gaulle : «À chaque fois que la France s'est trouvée dans des difficultés graves, les Savoyards furent en tête de ceux qui l'ont secourue.» Ami savoyard, entends-tu le chant du pays qui t’appelle ?
Soyons à la hauteur des espérances des prochaines générations, soyons à la hauteur du sacrifice de nos anciens ! Rendons au pays sa douceur de vivre et sa tranquillité. Rendons à la nation sa sécurité et les moyens d’accomplir son destin !
La France nous appelle et l’Histoire nous donne rendez-vous ! Nous refusons le renoncement ! Nous refusons les abandons, nous refusons les compromissions !
Nous nous engageons pour la France, pour sa grandeur, pour son épopée, pour son devoir dans le monde et sa gloire dans les siècles à venir. Nous nous engageons pour nos enfants, pour qu’ils puissent vivre en paix, en sécurité, en tranquillité, et qu’ils soient confiants dans leur avenir. Mes amis, une nouvelle page de l’Histoire s’est tournée, à nous de l’écrire.
Je compte sur vous ! Je compte sur vous pour résister aux défaitistes et à tous ceux qui ne croient plus en la France ! Nous ne laisserons rien ni personne faire de notre pays la marionnette d’un autre !
Nous ne laisserons rien ni personne nous soumettre, nous remplacer ou nous détruire ! Il faudrait nous arracher le cœur, mais ils n’y arriveront pas ! Parce que le peuple qui n’a pas dit son dernier mot, c’est nous !
Le pays qui n’a pas renoncé à sa grandeur, c’est nous ! La nation du général De Gaulle, c’est nous ! Le devoir de puissance, c’est nous !
La souveraineté, c’est nous ! La sécurité, c’est nous ! La paix, c’est nous !
Vive notre vieux continent, vive la France au cœur de l’Histoire, vive notre indépendance, vive notre liberté, vive la paix, vive la République, et surtout, vive la France !
Éric Zemmour